Procès de l’assassinat de Samuel Paty : Gaëlle Paty témoigne - C à vous : l’intégral - 19/12/2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
Très heureuse de vous retrouver. On est ensemble jusqu'à 21h avec toute l'équipe. - E.Tran Nguyen: Après la fin du procès historique des viols de Mazan, demain, on attend un verdict.
Il y a aussi un verdict attendu, celui pour l'assassinat de S.Paty. - A.-E.Lemoine: On en parle avec la soeur de S.Paty et V.Le Roy, avocate de G.Paty et des parents de S.Paty.
La Story? - M.Bouhafsi: D.Pelicot avait drogué et livré sa femme à plus de 50 hommes.
On revient sur un procès historique. - A.-E.Lemoine: G.Pelicot s'est adressée à toutes les victimes non reconnues de ces violences sexuelles, notamment.
Patrick? - P.Cohen: Le paradoxe français sur la dette.
Tout le monde considère que c'est grave mais personne ne veut prendre la part de l'effort. Ca symbolise le blocage politique actuel. - A.-E.Lemoine: Quel est le regard sur ce sujet du gouverneur de la Banque de France?
Il est notre invité. - F.Villeroy de Galhau: Bonsoir. - A.-E.Lemoine: Merci d'avoir accepté notre invitation. - L.Sénéchal: E.Macron est à Mayotte.
Il a passé une journée éprouvante et émouvante auprès des sinistrés. - A.-E.Lemoine: Exceptionnellement, pas d'OEil de Pierre, mais il y en aura un demain. - P.Lescure: Ce seront les 40 ans de "Last Christmas", le tube de G.Michael. - A.-E.Lemoine: On connaît par coeur. - P.Lescure: Que vous chanterez et danserez. - A.-E.Lemoine: Je le promets.
Nous recevrons S.Schwab, qui a une centaine de voix de chanteuses à son actif. Elle est sur scène, notamment les Folies-Bergère.
On est heureux de célébrer T.Estanguet, président du Comité d'organisation des Jeux olympiques et Jeux paralympiques. Son mandat prend fin le 31 décembre.
Quelle va être sa nouvelle vie? Il va nous manquer. On s'était habitués à le voir si souvent à la télévision!
On fêtera la pluie de médailles et cette parenthèse enchantée. Les comptes sont bénéficiaires, dans le vert. En ce moment, c'est un exploit quasi olympique.
Tout de suite, l'édito de P.Cohen. Sur le front économique et financier, vous nous annoncez quelques bonnes nouvelles. - P.Cohen: En creusant bien, on en trouve. 1re bonne nouvelle, la loi spéciale qui va permettre de continuer à prélever l'impôt et à emprunter pour faire tourner le pays a été définitivement adoptée.
Il n'y aura donc pas de shutdown. Personne n'en doutait. Mais ce n'est qu'un expédiant.
Le budget 2025 est toujours en plan. Le ministre des Finances démissionnaire a adressé cette mise en garde hier. - Notre déficit est toujours là.
Notre dette est toujours là. L'urgence budgétaire est toujours là. Avec les semaines, elle ne fera que s'aggraver.
Nous devons, en tant que responsables politiques, y apporter une réponse. - P.Cohen: L'urgence d'adopter un budget, dit A.Armand.
Le plus tôt sera le mieux pour donner de la visibilité aux acteurs économiques. C'est l'un des enjeux des discussions politiques en cours. La charge de la dette doit peser pour environ 55 milliards d'euros l'an prochain.
C'est ce qui était prévu dans la loi de finances présentée en octobre. On n'est plus très loin des 63 milliards de l'Education nationale, qui reste le 1er budget de la nation. L'autre bonne nouvelle, pour vous, qui vous inquiétez du déni budgétaire, c'est que les Français semblent en être sortis.
Voici une étude dont le titre doit vous ravir. Bon...
Ca se gâte un peu. Grave ne veut pas dire prioritaire. Les Français se disent davantage préoccupés par l'avenir du système de santé, le maintien de leur pouvoir d'achat et même par le niveau de l'inflation, dont vous dites pourtant que la bataille est gagnée ou en passe d'être gagnée.
On y reviendra. Signe de cette inquiétude: vous trouvez une majorité de répondants, 57 %, qui ont le sentiment qu'une faillite de l'Etat pourrait survenir en France dans les années qui viennent. - A.-E.Lemoine: La faute à qui? - P.Cohen: Les décideurs.
C'est le choix le plus cité. Les choix de certains gouvernements, 68 %, loin devant des causes structurelles, le nombre de fonctionnaires, les dépenses sociales...
Quelle solution? On retrouve les contradictions, les divisions et les blocages qui caractérisent la situation politique. 78 % préfèrent la baisse des dépenses à la hausse des impôts, sauf quand ça ne les concerne pas, les impôts pour les plus riches, les entreprises...
Leurs choix d'économies paraissent éloignés de la réalité. 62 % des Français souhaitent que soient baissées en priorité les dépenses liées au fonctionnement de l'Etat et des services publics, loin devant les dépenses liées aux prestations sociales, 14 %. Les Français sont d'accord pour faire des économies mais sans qu'on touche aux 35 heures ou aux retraites ni au nombre de jours fériés, etc.
Or, les dépenses sociales représentent près de la moitié des dépenses publiques. C'est un quart seulement pour les retraites. La demande des Français reste massive, d'après B.Teinturier, de chez Ipsos, qui a réalisé ce sondage.
Comment sortir de ces contradictions? - A.-E.Lemoine: C'est toute la question.
On veut s'attaquer à la dette, mais sans toucher au modèle social. C'est le coeur du paradoxe français qu'illustre bien cette étude. - F.Villeroy de Galhau: C'est bien qu'il y ait des contradictions en démocratie.
Les débats politiques sont normalement faits pour régler ça. L'un de nos problèmes, c'est que le débat politique ne fonctionne pas, pas assez bien. Si on revient sur l'étude que commentait P.Cohen, je pense qu'elle montre de la part des Français une vraie lucidité.
C'est vrai que nous avons un problème de dette. Je ne pense pas que la France soit en faillite. Si nous ne réglons pas ce problème de dette... - P.Cohen: Vous ne dites pas que c'est impossible? - F.Villeroy de Galhau: Je ne vois pas de scénario où la France fait faillite.
Par contre, nous sommes menacés d'un enfoncement progressif. Petit à petit, on perd du poids en Europe et dans le monde. Petit à petit, on perd des marges de manoeuvre.
Les Français étaient très attachés au financement du système de santé. Si on n'a plus d'argent pour financer la santé, parce qu'on devra payer trop d'intérêts de la dette, on sera moins bien soignés. Vous avez cité un exemple...
Je ne vais pas reprendre tous les chiffres que je partage, mais il y a un exemple frappant. On va se retrouver, d'ici 2 ans, dans une situation où on va dépenser plus pour la dette que pour l'Education nationale. C'est la dépense d'avenir pour l'excellence.
C'est une illustration de l'enfoncement progressif. Nous avons les moyens de traiter ce sujet. Il faut simplement être capable de dépasser un peu les zizanies politiques. - A.-E.Lemoine: Et arrêter de penser qu'il suffit de toucher aux dépenses de l'Etat pour faire baisser ce déficit? - F.Villeroy de Galhau: Je crois que globalement, il faut essayer d'être plus efficaces sur les dépenses dans leur ensemble.
Vous pointez un point essentiel. Il y a l'Etat mais à côté, il y a les dépenses sociales et les dépenses locales. Le total, ça fait 1600 milliards.
C'est une grosse somme. Quand on compare ça aux autres pays d'Europe, ça fait beaucoup plus en France. Je crois au modèle social européen, mais si on compare à taille égale, ce chiffre représente 260 milliards de plus que dans les autres pays européens.
Je ne dis pas qu'on peut gagner ces 260 milliards d'un claquement de doigt, mais il faut regarder ce qui marche mieux chez les autres. P.Cohen le disait: il faut un effort juste, et partagé un peu partout.
Si je pointe le voisin en disant que c'est à lui de faire des économies et que je n'en fais pas, on ne va pas y arriver. Il faut faire des économies sur l'Etat, mais il faut aussi une meilleure efficacité côté dépenses locales ou dépenses sociales. - A.-E.Lemoine: Il faut augmenter les impôts? - F.Villeroy de Galhau: A titre complémentaire, et je le dis depuis quelques mois, notamment pour démarrer le redressement...
On est dans une situation budgétaire difficile. Notre déficit est supérieur à 6 %. On s'est aperçus que le déficit dérivait.
Si vous voulez un redressement qui commence vite, il faut une part de hausses d'impôts. Ce sera au gouvernement et au Parlement de décider. On peut faire des impôts qui ne touchent ni les PME ni l'ensemble des classes moyennes.
Certaines grandes entreprises peuvent faire des efforts, comme certains gros revenus. - A.-E.Lemoine: C'est ce que vous avez plaidé devant F.Bayrou, que vous avez rencontré samedi? - F.Villeroy de Galhau: J'ai vu le nouveau Premier ministre.
Il a aussi vu le président de la Cour des comptes. Nous avons parlé de la situation économique et budgétaire. J'ai dit qu'il fallait une étape de redressement.
Il faut arriver à un déficit arrondi à 5 % l'an prochain. C'est important pour la confiance de ceux qui nous prêtent. Quand on mesure les taux d'intérêts que paye la France, malheureusement, avant la dissolution, on était près de l'Allemagne et loin de l'Italie.
C'est l'inverse aujourd'hui. On s'est rapprochés de l'Italie. Il faut un redressement en 2025 pour inspirer la confiance. - A.-E.Lemoine: Une dissolution et une instabilité politique qui expliquent les prévisions que la Banque de France a publiées, les prévisions de croissance?
C'est abaissé à 0,9 contre 1,2 et une prévision en 2026 prévue à la baisse. - F.Villeroy de Galhau: On voit une croissance ralentie.
Je crois que l'incertitude dont vous parlez joue un grand rôle. Je parlais de la confiance des prêteurs internationaux, mais il y a aussi la confiance des acteurs économiques à l'intérieur de la France. C'est les entrepreneurs qui diffèrent leurs investissements.
C'est même les consommateurs, nous qui différons nos achats. Nous épargnons plus. Si on redonne de la confiance par rapport à cette inquiétude sur la dette, en ayant une trajectoire de redressement budgétaire, c'est plutôt bon pour la croissance.
Quelquefois, on dit que quand on fait un redressement budgétaire, ça va freiner la croissance. Je n'y crois pas. Après ce ralentissement, on voit plutôt une reprise vers 2026-2027.
Ce sera facilité par une chose. On aurait pu ajouter ça dans les bonnes nouvelles que P.Cohen a dites au début.
C'est la victoire en cours contre l'inflation. On avait une inflation à plus de 7 %. C'était très mauvais pour le pouvoir d'achat.
Tout le monde l'a senti passer. On est revenu sous les 2 % en France. Ca veut dire du pouvoir d'achat.
Ca veut dire que nous, banques centrales, pouvons baisser les taux d'intérêts. Ca va aussi aider la reprise. Elle a été un peu différée.
Il faut contrer ce problème d'incertitude. Nous, Français, quand on se met ensemble...
Vous parliez de T.Estanguet. On a étonné le monde entier avec les JO.
On est capables de restaurer Notre-Dame en 5 ans. A cause de nos zizanies politiques, alors qu'on connaît les remèdes...
Il y a des intérêts partisans, des intérêts personnels...
J'ai envie de le dire avec force parce qu'on adore notre pays. C'est l'intérêt national qui est en cause. Il faut essayer d'activer ce chemin. - A.-E.Lemoine: Vous pourriez participer à l'activation de ce chemin, par exemple en occupant une fonction à Bercy? - F.Villeroy de Galhau: Les hommes et les femmes de la Banque de France essayent d'être réducteurs d'incertitudes.
Ils essaient de donner de la confiance et de la durée dans un pays qui en a besoin. Les portefeuilles ministériels, j'ai trop vécu...
Je sais qu'il faut prendre ce qui se dit avec recul. - A.-E.Lemoine: La proposition ne vous a pas été faite? - F.Villeroy de Galhau: Je pense que je lis ça dans le journal, toujours avec un peu d'étonnement.
Je fais un petit sourire. Il faut rester sage. Je suis au service de mon pays avec les 9000 hommes et femmes de la Banque de France.
On peut participer à cette remobilisation. Il faut se ressaisir. Il faut que nos élites et élus politiques contribuent à ce ressaisissement. - P.Cohen: Vous avez eu un engagement ancien dans un parti disparu, le CDS, le Centre des démocrates sociaux de J.Lecanuet. - F.Villeroy de Galhau: J'ai eu cet engagement il y a 40 ans.
Je peux vous raconter toute ma vie...
C'était il y a très longtemps. La Banque de France est indépendante des partis politiques et du gouvernement. Pour notre pays, je souhaite du succès au nouveau Premier ministre.
Encore une fois, il faut trouver ce chemin. Il est difficile mais possible. - A.-E.Lemoine: F.Bayrou a réuni les partis de gouvernement, hors RN et LFI, pour leur proposer d'intégrer son gouvernement, éventuellement. 2e proposition: reprendre sur la suspension de la réforme des retraites adoptée en 2023 pour aboutir d'ici septembre à des solutions nouvelles.
Si ces solutions se révélaient infructueuses, on restaurerait la réforme actuelle. Cette proposition a fait réagir les partis politiques. - Il dit qu'il est prêt à rediscuter de la réforme des retraites et à mettre l'ensemble des partenaires sociaux autour de la table.
Très bien. Les écolos ont toujours été en soutien des syndicats. Nous serons là. - O.Faure: Nous voulons pouvoir suspendre cette réforme des retraites dès à présent.
On veut que ceux qui veulent partir le puissent. Il faut une discussion pour ouvrir la voie d'autofinancement. A la suite de cette conférence, en septembre, on voudrait une abrogation de la réforme. - A.-E.Lemoine: Faut-il remettre sur la table la réforme des retraites, mais sans toucher aux 64 ans? - F.Villeroy de Galhau: Ce n'est pas à la Banque de France d'en décider.
J'ai insisté sur l'indépendance face à des choix qui relèvent du débat démocratique, donc du gouvernement et du Parlement. - A.-E.Lemoine: Mais ça a des conséquences économiques qui pourraient concerner la Banque de France. - F.Villeroy de Galhau: Il y a peut-être d'autres façons de financer.
Ce n'est pas à nous d'en décider. La Banque de France doit garantir la confiance dans la monnaie et dans le bon fonctionnement de l'économie. Nous pouvons apporter de l'expertise sur l'économie.
On veut réduire l'incertitude. Nous faisons des prévisions. Il est tout à fait sain que ceci fasse partie du débat politique.
Il faut peut-être relever que sur beaucoup de ces sujets, comme les retraites, la santé, le logement, l'éducation...
On essaie de développer un peu plus la comparaison avec nos voisins européens. On parle assez peu de l'efficacité de nos dépenses. Les Français souhaitent qu'on dépense de la façon la plus efficace possible.
L'impératif du redressement budgétaire et de solidarité se joue. On entretient l'incertitude et nous léguons aux générations qui viennent...
Il faut regarder ce qui se passe chez nos voisins européens et qui est assez efficace. - E.Tran Nguyen: Mardi, un communiqué a été signé pour appeler au retour de la stabilité et de la sérénité.
Il y a notamment F.Asselin parmi les signataires. - F.Asselin: La confiance, c'est important.
Ca s'appuie sur la stabilité et la lisibilité. Quand vous n'avez pas de budget, vous ne savez pas quel va être votre environnement en matière fiscale, en matière d'investissements. Tout ce qui est investissements des collectivités territoriales, ça va s'arrêter...
On a toutes les bonnes raisons pour ne rien faire. Pendant ce temps-là, les entreprises souffrent beaucoup. - E.Tran Nguyen: Les plans sociaux se multiplient.
Vous craignez une augmentation du chômage? - F.Villeroy de Galhau: Je voudrais saluer la démarche des partenaires sociaux.
Ca me paraît exemplaire. Voilà des représentants qui ne sont pas spontanément d'accord. Ils représentent des catégories différentes.
Ils ont des opinions différentes mais arrivent à se mettre autour de la table pour l'intérêt national. Le dialogue politique est difficile dans notre pays. J'espère que ça va s'améliorer, mais le dialogue social est actif.
Il y a eu cette déclaration que je salue. Souvenez-vous, il y a un mois, il y a eu un accord sur l'assurance-chômage et l'emploi des seniors. On peut peut-être s'inspirer de cette méthode.
Ca ne veut pas dire qu'on est d'accord sur tout, mais on cherche des compromis sur l'intérêt national. On parlait de nos voisins européens. Ils le font presque tous.
Dans mon métier, je rencontre beaucoup de collègues européens ou internationaux. Presque partout, il y a des coalitions. Ca ne veut pas dire de l'alignement, de la compromission.
Ca veut dire qu'on sert l'intérêt du pays, pas les intérêts personnels ou partisans. Sur le chômage, on a régressé sur la dette...
On a progressé sur le chômage depuis 10 ans. Depuis 2014, la France a créé plus de 2 millions d'emplois. C'était déjà le précédent ralentissement économique.
Le chômage était supérieur à 10 %. Aujourd'hui, on est à 7,4 % de taux de chômage. Nous prévoyons une remontée limitée entre 7,5 et 8.
Il y a des plans sociaux. Effectivement, c'est difficile. En face, il y a des entreprises qui continuent de recruter.
Dans nos enquêtes, un tiers des entreprises disent avoir des difficultés de recrutement. Elles souhaitent recruter. Nous voyons une remontée limitée et temporaire avant de redescendre vers 7 % avec la reprise économique dont on parle. - P.Lescure: A l'autre bout du monde ou presque, candidat, il promettait de réduire les dépenses publiques à la tronçonneuse, engin en main, quand il était en campagne.
Il est devenu président de l'Argentine. J.Milei s'est félicité d'une hausse du PIB de son pays de 3,9 %. ... - P.Lescure: Le pays a subi une cure d'austérité sévère, moins 30 % de dépenses publiques.
C'était quasiment à la tronçonneuse. Baisse des subventions énergétiques et du budget des provinces régionales. Diminution des pensions de retraite.
Arrêt des travaux publics et suppression d'un grand nombre de postes de fonctionnaires. Vous croyez à la tronçonneuse? - F.Villeroy de Galhau: Attendez...
L'Argentine, c'est le mélange de plusieurs choses. C'est une histoire économique. Il y a un siècle, avant la guerre de 14, c'était l'un des cinq pays les plus riches de la planète.
C'est une longue histoire d'enfoncement. C'est loin d'être l'un des pays les plus riches. C'est un style, la tronçonneuse.
On en pense ce qu'on veut. Ce n'est pas tellement mon genre. Il reste une politique économique.
C'est une thérapie de choc. Je crois qu'il est trop tôt pour dire...
Il y a des résultats sur la baisse de l'inflation ou la diminution des déficits. En face de ça, il y a un coût social qui paraît élevé. Il y a une croissance qui va peut-être repartir.
C'est ce que disait le président argentin. Il est trop tôt pour le dire. Il y a une leçon pour la France au-delà de la leçon sur un siècle, c'est que c'est une thérapie de choc.
Je plaide pour que notre pays redresse...
Et il a énormément d'atouts! Il faut redresser la trajectoire et les finances publiques avant d'arriver à une thérapie de choc. Celle-là est douloureuse.
On verra si elle marche. Je pense que la France, c'est la France. Pardon de le dire, mais je suis passionné de mon pays, comme nous le sommes tous.
Nous, Français, et nos dirigeants politiques aussi, on a les moyens pour redresser la trajectoire. - A.-E.Lemoine: Réagir avant d'être contraints de faire appel à la thérapie de choc.
Merci, F.Villeroy de Galhau, directeur de la Banque de France. C'est l'heure de la Story de M.Bouhafsi. ... - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'un verdict historique, d'une affaire devenue un symbole mondial des violences sexuelles faites aux femmes.
D.Pelicot, accusé d'avoir violé sa femme Gisèle et de l'avoir livrée à plus de 50 hommes pendant 10 ans, a été reconnu coupable de tous les faits reprochés. Il a été condamné à 20 ans de prison, la peine maximale encourue.
G.Pelicot s'est exprimée avec dignité au bout de 3 mois et demi de procès. - G.Pelicot: C'est avec une profonde émotion que je m'exprime aujourd'hui devant vous.
Ce procès était une épreuve difficile. A cet instant, je pense en premier lieu à mes 3 enfants. Je pense aussi à toutes les autres familles touchées par ce drame.
Je pense enfin aux victimes non reconnues dont les histoires demeurent souvent dans l'ombre. Je veux que vous sachiez que nous partageons le même combat. J'ai confiance, à présent, en notre capacité à saisir collectivement un avenir dans lequel chacun, femmes et hommes, puisse vivre en harmonie dans le respect et la compréhension mutuelle. - M.Bouhafsi: Il y a une période de sûreté des 20 ans de réclusion de D.Pelicot.
Plus de 200 viols dénombrés sur G.Pelicot. Il a été aussi condamné pour tentative de viol aggravé sur la femme d'un co-accusé mais aussi pour la captation d'images à caractère sexuel concernant sa fille Caroline et ses anciennes belles-filles.
D.Pelicot n'a pas exprimé la moindre émotion. - Monsieur D.Pelicot n'était pas forcément le chef d'orchestre.
Les autres n'étaient pas forcément les musiciens. Avec ce verdict, le chef d'orchestre a été condamné en faisant une différence entre lui et les musiciens qui composent cet orchestre. Il est quelque peu hébété de la période de sûreté prononcée à son encontre.
Nous allons mettre à profit le délai qui nous est accordé pour savoir si nous faisons appel. - M.Bouhafsi: G.Pelicot a reçu le soutien de nombreuses personnes.
Ces femmes ont vu l'état d'esprit de G.Pelicot évoluer avec le temps. - Quand elle est arrivée, elle était inconnue de tout le monde.
C'était une anonyme. Elle ne savait pas comment les gens allaient réagir. On sentait que l'appréhension diminuait par rapport au soutien et qu'il y avait aussi une appréhension qui montait avec toutes les plaidoiries.
Quand on est dans la salle, il y avait un déséquilibre avec le nombre d'accusés et d'avocats. Elle n'a jamais été totalement seule. Des inconnus, qui peuvent vivre des choses qui peuvent être plus graves...
Elle avait des messages d'espoir de ces personnes. Ca donne de l'espoir pour soi. - M.Bouhafsi: Cette affaire aura eu un retentissement mondial. 200 journalistes assistaient aux délibérés aujourd'hui.
Plus de 85 médias internationaux aussi. - On parle souvent dans les JT de ce procès, pas seulement des violences sexuelles. Ce n'est pas une chose française.
Ca apparaît dans toutes les sociétés. ... - M.Bouhafsi: Dans cette affaire emblématique, les peines des 50 coaccusés étaient très attendues.
Ils ont été condamnés à des peines allant de 3 à 15 ans, en dessous des réquisitions. Les 3 enfants Pelicot sont déçus par ces condamnations. Sur le parvis de la cour criminelle, un sentiment de colère régnait. - Les peines sont trop petites, à part pour D.Pelicot. - C'est la honte de considérer un violeur et de dire: "OK, tu vas prendre 3 ans, dont 2 avec sursis." - Ce n'est pas représentatif de ce que Gisèle a subi. - Elle sera marquée toute sa vie.
Qu'est-ce que c'est, 20 ans, pour lui? - Il y a des photos et des vidéos. Qu'est-ce qu'il faut de plus? - On se demande comment les autres vont être traités. féministes, mais aussi à des journalistes.
Notre journaliste sur place a été visée. ... - M.Bouhafsi: Une tension qui aurait pu basculer en violence physique.
Un avocat de la défense a perdu ses nerfs ce matin face au public venu soutenir G.Pelicot. ... - Regardez-les.
Ce sont des furies. Vous savez qui sont les tricoteuses? Pendant la Révolution, c'étaient les femmes qui étaient assises en face de la guillotine, qui tricotaient et qui attendaient que la guillotine tombe.
Je suis misogyne? Je ne comprends pas ces préjugés. Vous trouvez normal que ces gens demandent 20 ans pour tout le monde alors que la plupart des gens, à part le mari, sont des pauvres personnes? - M.Bouhafsi: 18 accusés vont rester en détention. 23 vont dormir ce soir en prison. 6 accusés ressortent libres avant leur aménagement de peine. - A.-E.Lemoine: Merci à nos journalistes qui ont suivi cette journée et ce verdict.
Patrick? - P.Cohen: Ce que vient de dire Mohamed résume largement la tonalité des décisions du tribunal.
Tous les condamnés vont en prison, y compris ceux qui comparaissaient libres. Les peines sont à peu près conformes à ce qui est délivré dans ce type d'affaire, même si certaines peines sont inférieures aux réquisitions demandées par le procureur. D.Pelicot va mourir en prison.
C'est une certitude. Il a 70 ans, et il fera 15 ans... - M.Bouhafsi: 13 ans minimum. - P.Cohen: Je pense qu'il faut respecter aussi la parole de la principale victime, G.Pelicot, et ne pas aller au-delà de ce qu'elle-même a déclaré après l'audience. - A.-E.Lemoine: Un autre procès emblématique s'achèvera demain après 7 semaines d'audiences devant la cour d'assise spéciale de Paris, le procès de l'assassinat de S.Paty.
Dans le box des accusés, 8 adultes jugés pour leur implication présumée dans cet attentat et contre lesquels le Parquet national antiterroriste a requis des peines de 1 à 16 ans de prison. Depuis le 4 novembre dernier, G.Paty, la soeur du professeur, a assisté à l'intégralité des débats, accompagnée, le 1er jour, des parents de S.Paty.
Bonsoir, G.Paty. Merci de votre présence ce soir aux côtés de maître V.Le Roy, qui vous représente et représente vos parents.
Ce procès éprouvant s'achèvera demain, mais vous avez tenu à le suivre dans son intégralité. Vous étiez présente à chacune des audiences tous les jours, pendant 7 semaines, parfois avec vos enfants, parce que vous en aviez besoin. - G.Paty: C'était au-delà du besoin.
C'était une nécessité. Ca s'est imposé. Ca m'est tombé dessus l'année dernière quand j'ai assisté au premier procès du tribunal pour enfants.
En sortant, je savais que je serais là cette année tous les jours. Il fallait quelqu'un représente Samuel en permanence. - A.-E.Lemoine: Pour vos parents, c'était une épreuve insurmontable.
Vous-même, au début, vous avez craint de ne pas pouvoir supporter d'être dans la même salle, dans la même pièce que les accusés. - G.Paty: Oui.
C'est forcément impressionnant. Ce sont des gens qui, de près ou de loin, ont conduit à l'assassinat de mon frère. J'avais peur.
Je les ai côtoyés pendant 7 semaines. J'ai appris à faire avec. - A.-E.Lemoine: Parfois à être choquée de leur attitude, notamment la contestation violente de ce qui leur est reproché. - G.Paty: Oui.
J'attendais quand même des réponses, comme toutes les parties civiles. J'attendais des réponses. Mes parents attendaient des réponses, une vérité de ce qui s'est réellement passé, au-delà de ce que l'enquête a pu démontrer.
J'avais besoin d'entendre les choses. On se rend compte que, tant que ça reste des papiers, ce n'est pas vraiment arrivé. J'avais besoin d'entendre de leur voix ce qu'ils avaient fait pour le matérialiser dans ma tête, matérialiser l'enchaînement de ce qui s'était passé. - A.-E.Lemoine: B.Chnina, le père de la collégienne qui a menti, est apparu prostré, éteint, comme écrasé.
Il a dit avoir conscience d'avoir commis l'irréparable. Il vous a même demandé pardon. Vous n'acceptez pas ses excuses? - G.Paty: Non, parce que je ne le sens pas sincère.
C'est une posture, pour moi, une posture de victime. La preuve: il a commencé le procès en disant qu'il était lui aussi victime de terrorisme. Une posture de victime quand on est accusé dans un procès, c'est insoutenable pour la famille.
Oui, sa fille a menti. Le début, c'est un mensonge de sa fille. Par contre, il ne faut pas oublier que c'était un adulte, comme tous les autres accusés.
Ils ont fait le choix de faire cette vidéo, d'envoyer ces messages à des milliers et des milliers de personnes. Je n'accuse pas directement...
Evidemment, sa fille a menti. Elle est en partie responsable. Elle a été jugée.
Ca ne le dédouane pas de ses responsabilités. - A.-E.Lemoine: Avec le prédicateur A.Sefrioui, il a, pendant 9 jours, alimenté cette campagne de haine en ligne.
Malgré cela, ses avocats ont demandé sa relaxe. - Il y a eu près de 2 mois d'audiences pendant lesquels on s'est fortement mobilisés pour pouvoir démontrer qu'A.Sefrioui n'avait aucun lien avec cet attentat.
Pour nous, il n'y a pas d'autre décision possible qu'un acquittement. Nous n'accepterons aucune autre décision qu'un acquittement. Nous n'accepterons pas une requalification.
Nous n'admettrons pas une autre qualification. A.Sefrioui, il est impensable qu'il soit condamné ne serait-ce qu'à un jour de détention, au regard du fait qu'aucune infraction pénale n'a été commise. - A.-E.Lemoine: 10 et 12 ans ont été requis respectivement, pour les 2 accusés.
J'imagine que ces mots sont difficiles à entendre pour vous. - V.Le Roy: Les vidéos ne sont pas anecdotiques.
On est au coeur du sujet. C'est le coeur de leur discours contre Samuel. On est sur 9 jours où il ne se passe pas un jour...
Je l'ai plaidé. J'ai plaidé l'acharnement. C'est un acharnement, et pas n'importe lequel.
Il y avait chacun des leviers dont on sait pertinemment qu'ils apportent une réaction et une réaction violente. La discrimination des musulmans, le blasphème, le prophète, et tant d'autres...
On retrouve tout ça, notamment dans la vidéo d'A.Sefrioui. Ca n'avait pas été soulevé.
Vous mettez sa vidéo...
Il n'y a pas 36 moments dans le dossier où parle président Macron. - P.Cohen: Il n'y avait pas d'interaction directe entre les deux? - V.Le Roy: Non.
La défense a dit qu'il était prouvé qu'il n'avait pas vu la vidéo. - P.Cohen: On ne sait pas s'il l'a vue. - V.Le Roy: Voilà.
Ce que je vois, c'est que la revendication répond directement à la vidéo. De toute façon, ça participe de la campagne de haine qu'ils ont menée tous les deux, de concert. Ils se tiennent régulièrement informés de ce qu'ils font l'un et l'autre.
C'est trop facile de dire ça aujourd'hui. - A.-E.Lemoine: Vous parlez d'acharnement, de fatwa numérique.
Le verdict fera jurisprudence, d'où votre plaidoirie en forme de réquisitoire, dans laquelle vous avez rappelé que S.Paty avait bien compris que chaque petit renoncement était un cataclysme. C'est ce que vous craignez, un renoncement et un cataclysme? - V.Le Roy: On verra demain.
Evidemment, je ne l'espère pas. On en a beaucoup parlé avec Gaëlle. Ce n'est pas commun pour une partie civile de faire un réquisitoire.
C'en était un. On ne peut pas regarder les trains passer. Il faut agir.
Le dossier de Samuel montre qu'il faut agir. Il a fallu donner une parole forte, structurée. On m'a dit que c'était chirurgical.
Ca l'était parce qu'il fallait que ça le soit. Il n'y aura pas de renoncement, s'agissant de cela. Je pense que la décision est attendue.
Elle n'est pas attendue que pour la famille. Evidemment qu'elle est attendue pour la famille, mais elle est aussi attendue pour l'école et pour notre pays. Cette lutte ne doit pas se terminer.
On voit les nouvelles formes d'une fatwa numérique. C'est très juste. La propagande et ce que vous avez derrière, ces petites graines qui sont semées, elles sont aujourd'hui semées par les réseaux sociaux.
On en arrive à un professeur décapité dans la rue. Il faut prendre la parole. - A.-E.Lemoine: Justement, en parlant de pédagogie... - E.Tran Nguyen: Il y a des lycéens parisiens qui ont pu assister à une audience au procès de l'attentat contre l'enseignant. - Les élèves étaient en classe de 4e l'année de l'assassinat.
Ca signifie qu'ils ont l'âge exact de la collégienne qui a menti et des collégiens qui ont reçu de l'argent pour désigner le professeur. Le monde enseignant a besoin que cette génération apporte sa réflexion à ce qui s'est passé. - On est vraiment ancrés dans cette affaire.
C'était important pour nous d'être ici. - Les avocats de la défense, parfois, je les ai trouvés agressifs. Ils essayaient de débusquer la moindre petite faille de procédure. - A quel moment on est passé d'une rumeur à la décapitation d'un professeur? - E.Tran Nguyen: Gaëlle, vous étiez venue avec vos enfants, qui étaient ados aussi au moment des faits.
C'est important? - G.Paty: C'est un procès important pour la famille, mais aussi pour l'école, pour tous les collégiens, lycéens et enseignants de France.
Je tiens vraiment à appuyer là-dessus. Aujourd'hui, les enseignants sont sidérés. Ils sont encore sous le choc 4 ans après.
Ils n'ont pas bougé. Ils ont besoin...
Ils sont dans l'attente de ce procès et du résultat de ce procès. Ils en attendent beaucoup. J'ai peur qu'ils soient déçus, comme j'ai peur d'être déçue moi-même.
Eux, collectivement, ressentent une peur grandissante... - A.-E.Lemoine: Que le signal soit le contraire de ce que vous avez plaidé?
Que la liberté pédagogique soit non négociable? - G.Paty: Et qu'elle soit encore plus négociée.
Aujourd'hui, j'ai des chiffres du ministère qui montrent que les négociations de contenus pédagogiques sont de plus en plus fréquentes. Ca ne concerne pas que certaines religions ou certaines communautés. De toutes parts, pour tous types d'opinions ou de convictions, on s'attaque aux différentes matières de l'école.
Les parents s'immiscent de plus en plus dans les choix pédagogiques, dans la discipline, dans l'éducation. Aujourd'hui, les enseignants sont très seuls sur le terrain pour gérer ça. - V.Le Roy: Et c'est l'enseignement républicain.
Que faisons-nous de notre démocratie? C'est un acte de résistance, quelque part. - A.-E.Lemoine: Peut-être que vos parents assisteront au verdict demain? - G.Paty: Non.
Ils ne seront pas là. - A.-E.Lemoine: Votre mère a été la première à témoigner.
Elle a rappelé à quel point la barbarie et l'injustice qu'avait subies son fils rendaient tout deuil absolument impossible. Est-ce que, malgré tout, la fin de ce procès douloureux sera le point de départ d'un début de reconstruction? - G.Paty: C'est difficile de parler à leur place.
Ils ne seront pas là. Ils avaient prévu d'être beaucoup plus là au procès, mais les conditions médicales de mes parents leur ont empêché d'être là. Ils ne seront pas là demain.
Le deuil, pour eux, ce n'est pas ce qui va se produire après le procès. Je pense que ce n'est pas ça. Je pense qu'on est au-delà du deuil.
Même tout le reste de la famille...
Il y a un deuil impossible à faire. Quand on perd quelqu'un qui passe dans le domaine public, qui devient le symbole d'une lutte, de l'école ou de la laïcité, plus généralement des valeurs de la République...
C'est toutes les valeurs de liberté, de fraternité et d'égalité...
Quand on a un frère, un fils, un père qui meurt décapité contre ces valeurs, on n'est plus sur le deuil. C'est assez récent, ça, dans ma tête. A force d'aller chercher un deuil qui ne viendra jamais...
Il faut apprendre à vivre avec ce poids et en faire quelque chose. Si on vit sous ce poids, on ne vit plus. - A.-E.Lemoine: Un combat pour les valeurs républicaines.
Merci à toutes les deux d'être venues sur notre plateau ce soir. Le verdict de ce procès est attendu demain. Vous restez avec nous pour le reste de l'actualité? - G.Paty: Je pense que je vais y aller.
Sinon, je vais tousser. - A.-E.Lemoine: C'est l'heure du 5/5 de L.Sénéchal.
E.Macron face au désarroi des Mahorais. - L.Sénéchal: Il a annoncé tout à l'heure une journée de deuil national ce lundi.
Tous nos drapeaux seront en berne. Il y a une heure à peine, il était ému après une journée auprès des sinistrés. - On vous a vu prendre des personnes dans les bras, des enfants aussi.
Il y a des journées qui comptent. Quelle image vous garderez de cette journée? - E.Macron: Il y a des journées qui comptent, oui.
C'est cette image-là. Une immense détresse et une immense attente à l'égard de la France. - L.Sénéchal: L'avion du président a atterri ce matin à l'aéroport de Mayotte avec, à son bord, 4 t d'aide humanitaire.
Le président a laissé les pompiers et la Sécurité civile descendre avant lui. Il est ensuite allé à la rencontre des Mahorais sur le tarmac. Il a immédiatement été interpellé. - Mayotte est démolie.
Il n'y a plus nulle part...
Je ne sais même pas où vous allez dormir ce soir. Il n'y a pas de toits, pas d'eau, pas de nourriture, pas d'électricité. On n'est pas à l'abri. - L.Sénéchal: Le chef de l'Etat s'est rendu auprès des sinistrés et a échangé avec des habitants qui manquent de tout, d'abord et avant tout d'eau.
Beaucoup de frustration et de colère chez les Mahorais. - E.Macron: Vous venez là pour engueuler tout le monde? - Je ne vous engueule pas, monsieur.
Je vous dis que les secours ne sont pas là. Nous, on fait des choses. - E.Macron: Monsieur, je ne vous promets rien. - On n'a pas besoin de promesses.
On a besoin d'actes. 6 jours après, on doit avoir de l'aide. Je ne suis pas en train de vous manquer de respect. - L.Sénéchal: Heureusement, tout à l'heure, une petite pluie presque miraculeuse est tombée, de quoi permettre à ces enfants de boire à leur soif.
L'eau manque partout, alors il faut en profiter. - On sait tous qu'ici, il n'y a pas assez d'eau pour tout le monde. On se serre les coudes. - L.Sénéchal: Le bilan sera difficile à évaluer.
Ca prendra sans doute des semaines ou des mois. Une trentaine de morts pour l'instant. Près de 1400 blessés.
L'hôpital de Mamoudzou est fortement endommagé. Un hôpital de campagne sera opérationnel demain. En attendant, à l'hôpital de Mamoudzou, on fait avec les moyens du bord. - L'eau et le vent a frappé ici.
On a le toit qui s'effondre. On n'est pas très en sécurité. Même moi, je ne me sens pas en sécurité. - Nous avons continué à fonctionner malgré les inondations.
On a la réanimation et les urgences qui fonctionnent en mode dégradé. - L.Sénéchal: 5 jours après le passage du cyclone Chido, la Sécurité civile cherche toujours à se frayer un chemin parmi les débris.
Il y a aussi le débat politique qui s'est immédiatement installé dans le sillage du cyclone. B.Retailleau, ministre démissionnaire de l'Intérieur, avait choqué la gauche en évoquant rapidement la question de l'immigration.
Il faudra prendre en compte cette question dans la reconstruction, selon E.Macron. - E.Macron: Il y a une telle pression migratoire que, malgré tout l'investissement qu'on a fait, notamment sur l'hôpital, c'est très dur.
Vous avez une pression migratoire. On a la maternité la plus importante d'Europe. C'est lié à la pression migratoire. - L.Sénéchal: Le chef de l'Etat restera jusqu'à demain soir à Mayotte. 14 millions d'euros ont été récoltés par la Fondation de France, notamment grâce à la soirée spéciale de France Télévisions. - A.-E.Lemoine: V.Poutine s'est exprimé pendant 4 heures à la télévision russe. - L.Sénéchal: C'est le show de fin d'année du président russe.
C'est aussi une émission de télé de 4 heures pendant laquelle Poutine a parlé aux Russes. Il a fini par reconnaître un point noir en matière économique. ... - L.Sénéchal: Préoccupations sur l'inflation, qui est de 9 % en Russie.
Des taux directeurs à 21 %. L'économie russe souffre des sanctions occidentales. Poutine joue à fond la fibre patriotique avec même un happening.
Il a reconnu cette bannière dans le public, l'une des brigades qui participent à la guerre en Ukraine. On a demandé à ce qu'on vienne la brandir derrière lui. Poutine continue de menacer l'Occident de représailles.
Et ce, pour les frappes Ukrainiennes sur le territoire russe. Il se dit prêt à rencontrer D.Trump à tout moment.
A la veille de cette conférence de presse, E.Macron a rencontré V.Zelensky, le président ukrainien.
La France accuse la Russie d'ingérence, notamment via des influenceurs. Ils seraient payés par le Kremlin, selon le chef de la diplomatie française. Ce sont les mêmes craintes qui ont poussé la Cour suprême de Roumanie à annuler le 2e tour de la présidentielle, après une campagne quasiment exclusivement sur TikTok, où ce candidat prorusse était arrivé en tête des sondages. - Nous avons des nouvelles qui nous viennent de la région de Koursk, de très bonnes nouvelles pour le côté russe, bien entendu. ... - L.Sénéchal: Voilà le genre de vidéos qui circulent chez nous, sur TikTok. - A.-E.Lemoine: La facture du voyage d'A.Hidalgo à Tahiti a encore grimpé. - L.Sénéchal: 30 000 euros de hors forfait téléphonique pris en charge par la Mairie, d'après "Le Canard enchaîné", et qui viennent s'ajouter aux 41 000 euros de transport et 19 000 euros d'hôtels et restaurants.
C'était un voyage mi-privé, mi-professionnel. A.Hidalgo était censée visiter le site de surf des JO, mais elle ne s'y est jamais rendue.
Elle a fini par des vacances avec sa fille, qui habite en Polynésie. L'opposition demande de la transparence. - Ce que nous demandons, c'est s'il y a d'autres frais qui ont été engagés et cachés aux Parisiens.
Ca a été payé avec l'argent des Parisiens. Nous demandons aussi à savoir si cet argent a été remboursé. Nous demandons aussi la publication de toutes les factures liées aux déplacements d'A.Hidalgo. - L.Sénéchal: On a contacté la Mairie de Paris, qui n'a pas souhaité nous répondre. "Le Canard enchaîné" accuse aussi le RN de contourner les règles fiscales de dons aux partis politiques pour doper les ventes du livre de J.Bardella.
Il est offert pour tout don supérieur à 50 euros au parti d'extrême droite. Ces dons sont défiscalisés à 66 %. Vous pouvez vous faire rembourser une partie du livre, mais à condition qu'il n'y ait pas de contrepartie au don versé.
Les députés écologistes, notamment, en appellent à la justice. - P.Cohen: Ils ont arrêté il y a quelques jours.
Ils ne le font plus. C'est manifestement hors des clous. - L.Sénéchal: Ca a duré 3 semaines. - A.-E.Lemoine: Une partie des Britanniques s'inquiètent.
Une célèbre bière vient à manquer. - L.Sénéchal: Une bière brune irlandaise qui commence par G.
Il y a une pénurie. ... - L.Sénéchal: La consommation de cette célèbre bière a augmenté de 20 % en un an et le brasseur n'avait pas anticipé cette hausse.
Ce qui explique le succès, c'est en partie cette photo: K.Kardashian au milieu avec une bière. ... - L.Sénéchal: Pour éviter que les clients s'empoignent, il y a carrément des tickets de rationnement qui ont été mis en place. ... - L.Sénéchal: Tout ça à cause de K.Kardashian.
A boire avec modération. L'alcool est dangereux pour la santé. - A.-E.Lemoine: Merci.
Anne Hidalgo