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InterviewLCP — La Politique et moi (sur Podcast)· 17 janvier 2024 13 minComplaisantPortrait personnelSolidarités & familleInstitutions & électionsÉducation & rechercheTravail & emploi

Prisca Thévenot, une timide devenue porte-parole du gouvernement

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteÉludée

    Mon invité a eu une carrière brillante dans le privé après avoir grandi dans une zepte de Seine-Saint-Denis élevée par des parents immigrés.

  • 0:31OuverteRéponse directe

    Bonjour Prisca Thévenot.

  • 0:31OuverteRéponse directe

    Alors le grand public vous a un peu découverte si on peut dire au mois de janvier 2020 quand vous avez été nommé porte-parole d'En Marche et depuis une grande partie de votre travail politique on va dire consiste en ça.

  • 0:43OuverteRéponse directe

    Là vous nous parliez de la réforme des retraites.

  • 1:18OuverteRéponse directe

    On peut être porte-parole comme ça de la majorité et être à la fois timide et sensible ?

  • 1:36OuverteRéponse directe

    Mais ça veut dire que c'est une souffrance pour vous de faire un plateau télé comme ça ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:49Invité politiquePromesse
    « Oui nous devons revaloriser les pensions minimales de retraite. »
  • 0:52Invité politiquePromesse
    « Oui nous devons prendre en compte les pénibilités. »
  • 0:54Invité politiquePromesse
    « Oui nous devons prendre en compte les carrières longues. »
  • 0:57Invité politiquePromesse
    « Moi je vous dis simplement qu'il faut augmenter l'âge de départ à la retraite pour pouvoir financer cela. »
  • 1:42Invité politiqueFait
    « Ma timidité m'oblige à extrêmement préparer mes sujets. »
  • 1:54Invité politiqueFait
    « mais également les gens de mon quotidien, le boulanger, la boulangère mais également les professeurs, les parents d'élèves que je croise. »
  • 4:01Invité politiqueFait
    « mes enfants, mes deux garçons, que je ne cache pas, qu'on voit assez souvent. »
  • 4:09Invité politiqueFait
    « Mes parents qui, peut-être, m'ont appris la chose la plus importante, c'est qu'on pouvait tout perdre et on pouvait tout nous enlever. »
  • 4:15Invité politiqueFait
    « Sauf peut-être quelque chose de fondamental, c'est l'éducation. »
  • 4:22Invité politiqueFait
    « Qui sont nés à l'île Maurice et qui sont venus en France par amour de la France, qui ont vécu pleinement leur amour. »
  • 5:42Invité politiqueFait
    « on a dit que je ne pourrais pas avoir d'enfant. Pour différentes raisons médicales, je ne pourrais pas être en mesure d'avoir d'enfant. »
  • 6:42Invité politiqueFait
    « Parce que je suis moi-même fille d'immigré. J'ai été élevée dans le 93. J'ai fait ma scolarité en ZEP, à Stain, plus précisément. »
  • 8:37Invité politiqueFait
    « il y a un exemple qui est très bon en ce moment et qui, moi, me guide depuis un certain nombre d'années maintenant, c'est la première ministre de Nouvelle-Zélande, Jacinda Arden. »
  • 10:26Invité politiqueFait
    « c'est dur, c'est compliqué, c'est parfois très complexe, surtout quand on est une femme et on est mère de famille et qu'on est vu comme un peu jeune. »
  • 11:00Invité politiqueFait
    « C'est plutôt complexe. »

Temps de parole

  • Prisca Thevenot67 %
  • Présentateur33 %

4,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Mon invité a eu une carrière brillante dans le privé après avoir grandi dans une zepte de Seine-Saint-Denis élevée par des parents immigrés. Mais un événement inattendu est venu bouleverser sa vie et l'engagement politique est alors devenu une évidence pour elle. Bonjour Prisca Tévenot. Bonjour. Alors le grand public vous a un peu découverte si on peut dire au mois de janvier 2020 quand vous avez été nommé porte-parole d'En Marche et depuis une grande partie de votre travail politique on va dire consiste en ça. Là vous nous parliez de la réforme des retraites.

0:46
Prisca Thevenot

Laissez-moi vous expliquer vous allez voir. Expliquez-moi. Je vais vous dire très clairement. Oui nous devons revaloriser les pensions minimales de retraite. Oui nous devons prendre en compte les pénibilités. Oui nous devons prendre en compte les carrières longues. Moi je vous dis simplement qu'il faut augmenter l'âge de départ à la retraite pour pouvoir financer cela. J'ai bien compris. C'est aussi simple que cela. Donc vous avez compris vous pourrez le répéter à vos camarades.

1:05
Présentateur

Donc là c'est un parfait exemple. Vous passez une grande partie de votre temps à défendre l'action du gouvernement, l'action de la majorité ici à l'Assemblée sur les plateaux télé. On vous voit ici face à Jean-Philippe Tanguy, lui tenir tête, vous ne vous laissez pas déstabiliser. Et pourtant j'ai lu que vous vous définissiez comme timide et sensible. On peut être porte-parole comme ça de la majorité et être à la fois timide et sensible ?

1:28
Prisca Thevenot

Oui je pense qu'on peut l'être. En tout cas je le suis. Donc je ne vais pas me réinventer. Je suis profondément timide et très émotive.

1:36
Présentateur

Mais ça veut dire que c'est une souffrance pour vous de faire un plateau télé comme ça ?

1:39
Prisca Thevenot

Ça pourrait l'être et en fait c'est devenu une force. Ma timidité m'oblige à extrêmement préparer mes sujets. Ça ne veut pas dire simplement relire des fiches et des notes mais aussi aller confronter ces sujets avec mon entourage, ma famille proche bien évidemment tout d'abord. mais également les gens de mon quotidien, le boulanger, la boulangère mais également les professeurs, les parents d'élèves que je croise.

2:02
Présentateur

Vous forcez votre nature un peu ? Vous êtes une autre Prisca Tevenot quand vous êtes porte-parole ?

2:06
Prisca Thevenot

Je ne suis pas une autre Prisca Tevenot. Je m'oblige à me dépasser, à me surpasser. Et je pense que c'est comme ça qu'on avance, c'est-à-dire ne pas rester sur nos acquis, sur nos facilités. Et quelque part on continue toujours à apprendre tout au long de notre vie. Et ça je pense qu'il faut qu'on s'en souvienne en tant que politique.

2:25
Présentateur

On va resituer un peu les choses dans leur contexte. Quand vous êtes nommée porte-parole, vous êtes simple militante en marche. Vous n'avez aucun mandat, vous n'êtes pas députée, vous n'êtes pas élue. Comment on devient porte-parole comme ça, d'un coup, propulsée sur les plateaux télé ? Ça s'apprend ? Vous avez eu une formation ?

2:39
Prisca Thevenot

Non, non, pas du tout. Et je dois le dire, je me permets, je suis toujours une simple militante. Il se passe juste que j'ai une mission particulière. Vous avez un peu plus de bouteilles.

2:47
Présentateur

Vous êtes habituée à être confrontée à des adversaires politiques, à débattre avec eux. Bien évidemment. Vous ne l'aviez jamais fait avant ?

2:53
Prisca Thevenot

Je ne l'avais jamais fait. Par contre, débattre, on le fait toujours, depuis le plus jeune âge. Nos enfants viennent essayer de débattre avec nous pour nous convaincre de certaines choses. Je le fais maintenant, peut-être, de façon plus officielle, plus affermée, devant plus de personnes. Non, il n'y a pas de formation. Et j'ai envie de dire, la meilleure expérience qui soit, c'est celle de la vie. C'est d'être en capacité de se dire qu'on ne sait pas tout par défaut et qu'on va apprendre. Et qu'on va apprendre surtout, pas tout seul, mais avec les autres. Et pas seulement celles et ceux qui pensent comme nous, mais surtout ceux qui ne pensent pas comme nous.

Et je pense que c'est peut-être là la meilleure école de la formation.

3:28
Présentateur

Alors, pendant longtemps, vous êtes resté éloigné de la politique. On peut le dire, vous avez eu une carrière brillante comme consultante dans les télécoms. Et puis, un jour est arrivé ce que vous espériez, sans plus trop y croire, vous êtes devenue maman.

3:41
Prisca Thevenot

Oui, c'est vrai. En réalité, merci pour le portrait que vous dressez, mais en réalité, j'ai un parcours d'une banalité extraordinaire. Et c'est peut-être ça qui fait qu'aujourd'hui, je suis peut-être de temps en temps une députée qui sort de l'ordinaire. Parce que j'attache une grande importance à ma famille. Bien évidemment, mes enfants, mes deux garçons, que je ne cache pas, qu'on voit assez souvent. Mais aussi mes parents. Mes parents qui, peut-être, m'ont appris la chose la plus importante, c'est qu'on pouvait tout perdre et on pouvait tout nous enlever. Sauf peut-être quelque chose de fondamental, c'est l'éducation. Alors, du point de vue de ma mère, ça a été l'éducation par les livres.

4:21
Présentateur

Vos parents qui sont nés...

4:22
Prisca Thevenot

Qui sont nés à l'île Maurice et qui sont venus en France par amour de la France, qui ont vécu pleinement leur amour. Et oui, je vous disais, ma mère, c'est par l'éducation par les livres. Donc, elle prenait des heures carrées à faire du temps avec mes devoirs, reprendre mes leçons, etc. C'était vraiment une chance. Et puis, mon père, ce n'était pas l'éducation par les livres, c'était plutôt l'éducation par la vie. Il travaille de nuit et souvent, j'attendais qu'il rentre parce que j'étais un peu stressée. Et quand il rentrait vers 3h, 4h du matin, j'arrivais discrètement dans la cuisine et je le voyais avec tous les journaux étalés.

parce que lui me disait, c'est bien d'apprendre ce que beaucoup de femmes, beaucoup de grands hommes ont fait dans les livres, mais intéresse-toi à ceux d'aujourd'hui, ce qu'ils font aujourd'hui pour toi, pour moi, pour nous demain. Et je pense que cette éducation, elle est importante.

5:02
Présentateur

Là, vous nous parlez de l'importance de la famille pour vous, qui fait partie de votre engagement en tant que député aussi, l'engagement politique. Moi, en fait, si je me suis arrêté sur la naissance de vos enfants, c'est parce que vous avez eu cette phrase. Vous avez dit, j'ai voulu me lancer dans la politique par envie de faire évoluer le monde dans lequel mes enfants allaient grandir. C'est la naissance de vos enfants qui a été le déclic de votre engagement. Exactement. Et pourquoi ? Parce que ça a changé votre vision du monde ?

5:25
Prisca Thevenot

Ça m'a obligée. En fait, pourquoi je vous parle de mes parents ? Parce que ça s'inscrit dans cette démarche-là, celle de continuer à évoluer. Et celle de continuer à s'inscrire dans le monde dans lequel on est. Il s'avère, et c'est vrai que j'en parle très rarement, mais que pendant très longtemps, tout au long de mon adolescence, on a dit que je ne pourrais pas avoir d'enfant. Pour différentes raisons médicales, je ne pourrais pas être en mesure d'avoir d'enfant. Donc, je me suis attachée à vivre mon existence, pour moi et moi-même, bien évidemment, pour mon entourage, mais sans penser à ce que je laisserais derrière moi. Peut-être égoïstement, vous me le direz.

Mais le jour où j'ai eu la chance de tomber enceinte, d'avoir mon premier enfant, et puis mon deuxième enfant, je me suis dit, non, là, il faut que je m'engage un peu plus. Et c'est là que je me suis effectivement arrêtée de travailler. Bien évidemment, ça ne se fait pas comme ça. Ça se fait aussi grâce à un homme, qui est mon mari, qui m'a toujours soutenue et accompagnée.

6:13
Présentateur

Donc là, vous arrêtez votre carrière dans le privé. Vous créez une association pour venir en aide, je crois, aux jeunes mamans qui reprennent le travail après un projet maternité. Et puis l'engagement politique arrive un peu plus tard, en 2017, avec une rencontre décisive pour vous. C'était le 30 mars 2017, à Saint-Denis.

6:30
Prisca Thevenot

Alors, je vais vous parler, pour être originale, d'éducation et d'accès au marché du travail. Mais en se mettant dans les baskets d'un jeune du 93. Pourquoi j'estime que je suis légitime pour parler de ça ce soir ? Parce que je suis moi-même fille d'immigré. J'ai été élevée dans le 93. J'ai fait ma scolarité en ZEP, à Stain, plus précisément. Et avec ce profil-là, je vous laisse imaginer les quelques difficultés que j'ai pu rencontrer.

6:56
Présentateur

Alors, on parlait de votre timidité tout à l'heure. Je suis désolée, mais quand même, il faut pas mal de culot pour prendre la parole comme ça, en public, devant un candidat à la présidentielle. Qu'est-ce qui s'est joué pour vous ce jour-là ?

7:07
Prisca Thevenot

Ce qui s'est joué ce jour-là, en réalité, je ne devais pas être là déjà.

7:11
Présentateur

Pourquoi ?

7:11
Prisca Thevenot

J'avais entendu parler de cette organisation de manifestation qui se passait pour les jeunes talents des quartiers. Moi, je ne vivais plus dans le 93, mais effectivement, je suis une enfant du 93. Et puis, par hasard, on m'a dit, si t'es là, vas-y, va écouter. C'est l'occasion d'assister à une de ces réunions publiques. C'était un peu le format Grand Débat, déjà à l'époque. C'était en 2017. Et puis, j'entendais les uns passer après les autres. Puis d'un coup, ça m'a pris et je me suis dit, il faut que je lui demande. Il faut que je lui demande, en fait, pourquoi, lui, on doit le croire ? Pourquoi, lui, on doit le croire aujourd'hui ?

7:42
Présentateur

Et sa réponse vous a convaincue et vous êtes portée candidate aux législatives dès 2017. Alors, à l'époque, vous avez été battue, mais vous êtes restée engagée au sein d'En Marche de façon bénévole. Et en plus de cela, vous avez créé Civil Impact. Alors, expliquez-nous un peu ce que c'est.

8:00
Prisca Thevenot

Civil Impact, tout simplement, c'est que je suis partie du principe que moi, j'arrivais de plein fouet dans un monde qui n'était pas le mien, le monde de la politique où il y a des codes. Et ces codes, si on veut un peu les briser, un peu les renverser, ce qui est un peu mon objet, il faut quand même les connaître. Sinon, c'est compliqué.

8:17
Présentateur

Avant de s'en affranchir, il faut les connaître.

8:19
Prisca Thevenot

Bien sûr, c'est la base. Et donc, le principe, c'était de dire, si moi, je pars de ce postulat-là, d'autres aussi. Et c'est faux de dire qu'on va en politique comme on rentre au McDonald's, excusez-moi de la comparaison, mais c'est un peu ça. Donc, il faut pouvoir s'engager et créer cet univers, cette communauté à laquelle on peut appartenir. Et sur ce principe-là, je pense qu'il y a un exemple qui est très bon en ce moment et qui, moi, me guide depuis un certain nombre d'années maintenant, c'est la première ministre de Nouvelle-Zélande, Jacinda Arden.

8:49
Présentateur

Qui a décidé de se retirer.

8:51
Prisca Thevenot

Qui a décidé de se retirer, mais avant de se retirer, elle a décidé de s'engager. Et elle a décidé de s'engager d'une façon très étonnante. C'est-à-dire qu'elle n'a qu'une seule règle, finalement. Celle d'en finir avec les règles du monde politique. Celle d'en finir avec cette vision de la politique qui veut qu'on soit tout puissant, qu'on soit en permanence en train de montrer les muscles pour être dans un bras de fer contre tout, sur tout et en permanence. Quelque part, elle assume qu'il y a peut-être une faiblesse, peut-être la plus belle des faiblesses que nous devons mettre au centre de notre action politique. C'est la faiblesse du cœur.

Cette faiblesse qui nous permet d'avoir une action raisonnée, passionnée, mais surtout audible et qui embarque. Et elle nous rappelle peut-être l'essentiel, et c'est ce que j'essaie d'expliquer dans Civil Impact, mon école d'engagement, c'est que finalement, on ne doit pas être attaché au pouvoir en tant que politique, on doit être surtout attaché à notre devoir. Celle de faire, mais surtout celle de bien faire, non pas pour nous, mais pour celles et ceux qui nous ont donné une mission.

9:47
Présentateur

Est-ce que derrière cette école, il y a aussi l'idée que vous voulez faire bénéficier d'autres jeunes qui sont peut-être issus du même milieu que vous, qui sont confrontés aux mêmes obstacles, leur faire bénéficier un peu de votre propre expérience ?

10:01
Prisca Thevenot

Il s'agit simplement de dire, venez, venez apprendre. L'engagement, il est faux de dire que l'engagement est facile et il est inné. L'engagement est difficile, il est compliqué et il s'apprend.

10:11
Présentateur

Justement, l'engagement est difficile. Moi, je me suis arrêté sur cette phrase que vous avez prononcée. Engagez-vous, mais faites attention, l'engagement est dur, ingrat. Il ne faut pas hésiter à tendre la main en cas de coup dur. L'engagement, ça peut être vécu comme une souffrance aussi. C'est dur. C'est dur, mais dur en quoi ?

10:26
Prisca Thevenot

Je crois que je n'invente rien et je ne surprendrai pas grand monde en disant que oui, c'est dur, c'est compliqué, c'est parfois très complexe, surtout quand on est une femme et on est mère de famille et qu'on est vu comme un peu jeune. Est-ce que c'est insurmontable ? Non, à la seule et unique condition, qu'on accepte de ne pas être seul. Qu'on accepte de tendre la main. Cette main, c'est pour aider les autres, mais aussi pour de temps en temps demander de l'aide.

10:49
Présentateur

Allez, c'est l'heure de notre quiz. Je vous rappelle le principe. Je vais prononcer le début d'une phrase. Ce sera à vous de compléter cette phrase. Être une femme députée, c'est plutôt...

11:00
Prisca Thevenot

C'est plutôt complexe. C'est plutôt complexe. C'est exactement ce que je vous disais avant. C'est qu'en plus d'être une femme députée, je suis une maman députée. Et donc, c'est rock'n'roll. Souvent, c'est passionnant, toujours.

11:13
Présentateur

Et je pense que c'est une force. Vous voulez dire que c'est le regard des hommes politiques sur les femmes politiques qui peut encore poser problème aujourd'hui ?

11:20
Prisca Thevenot

Non, c'est le regard du monde politique.

11:22
Présentateur

Du monde en général ? Vous incluez les femmes dedans ?

11:24
Prisca Thevenot

Bien sûr. Je pense que... Vous savez, moi, je ne suis pas de celles qui disent que les femmes sont par défaut dans une sororité absolue. Ce n'est pas vrai. Et on doit être capable de le dire aussi. Bien sûr que nous sommes bienveillantes les unes avec les autres. Mais il faut aussi affirmer qu'il y a beaucoup de femmes, pour pouvoir exister dans ce monde politique, ont dû faire comme les hommes. Et donc, on reproduit certains schémas. Il faut pouvoir casser cela.

11:47
Présentateur

On poursuit notre quiz. Depuis que je suis députée, ma famille me dit souvent... Mange mieux. Ah ! Il se préoccupe de votre santé ? Oui. Il ne se plaigne pas de vos absences ?

11:58
Prisca Thevenot

Non, parce que je suis... Alors, j'étais déjà avant dans le privé, quand je travaillais dans le privé, pas souvent très présente. Mais c'est vrai que je fais attention à avoir des moments un peu sacrés où je suis présente. Je pose mon téléphone. Exactement. Et je suis là. Mais oui, c'est vrai qu'on a des rythmes infernaux et que du coup, je mange quand je peux et ce que je trouve. Donc, ce n'est pas toujours très bien.

12:17
Présentateur

Dernière phrase. Entre porte-parole, on se dit souvent... Écoute. C'est-à-dire ?

12:23
Prisca Thevenot

Oui, on est là pour parler, pour expliquer, pour peut-être mieux appréhender certains débats sur la sphère médiatique. Mais il faut qu'on apprenne aussi à écouter.

12:35
Présentateur

C'est la fin de cette émission. Une dernière question. On sent que vous êtes passionné par la politique. Pour vous, cet engagement, il est là pour la vie ou c'est une simple parenthèse ?

12:41
Prisca Thevenot

Vous savez, encore une fois, on ne sait pas de quoi demain sera fait. Et vous vous projetez, moi ? Je me projette le plus loin possible en tant que femme, en tant que mère. Ensuite, l'avenir me dira. J'étais salariée. Je suis aujourd'hui en politique. Je n'étais pas censée être maire. Je le suis aujourd'hui. On verra.

12:57
Présentateur

Merci beaucoup, Prisca Thévenot, d'être venue vous confier dans La politique et moi.

13:01
Prisca Thevenot

Merci. Merci. Merci.