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ChroniqueBLAST (sur YouTube)· 17 novembre 2022 11 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsJusticeÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

E. MACRON OU LA RÉPUBLIQUE DES CASSEROLES

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 95 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Fait
    « Au coeur de la mise en examen d’Alexis Kohler, ses liens avec l’armateur MSC, fondé et dirigé par les cousins de sa mère. »
  • 1:00Fait
    « Les lois pour la confiance dans la vie politique, promulguées le 15 septembre 2017, ont d’ailleurs été les premières grandes lois de son premier quinquennat. »
  • 3:00Fait
    « Emmanuel Macron lui a pourtant maintenu toute sa confiance après lui avoir parlé “d’homme à homme”, et l’a par conséquent maintenu dans ses fonctions. »
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    « Il a été mis en examen pour prise illégale d’intérêts par la Cour de justice de la République, pour avoir ordonné des enquêtes administratives contre des magistrats. »
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    « Emmanuel Macron, qui avait promis en 2017 que tout ministre concerné par une mise en examen devrait immédiatement démissionner, lui a maintenu toute sa confiance. »
  • 7:00Chiffre
    « Cette entreprise familiale détient en outre plus d’un million d’euros dans des paradis fiscaux. »
  • 7:30Fait
    « Emmanuel Macron a maintenu toute sa confiance à cette ministre distraite, et l’a maintenue dans ses fonctions. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Envisager, qu’en s’étant rendu coupable de telles fautes, on peut accepter dans nos pratique, de continuer d’aller devant les Français, de leur dire qu’on sera le garant de nos règles, qu’on représentera le pays, ça n’est plus possible. Au coeur de la mise en examen d’Alexis Kohler, ses liens avec l’armateur MSC, fondé et dirigé par les cousins de sa mère. Ca n’est pas la peine d’aller expliquer à nos Français qu’on va faire une 6e République, qu’on va tout changer, qu’on va limiter le mandat du président de la République, qu’on va faire tout ce qu’on n’a jamais fait mais qu’on leur a toujours promis, mais qu’en même temps, dans nos pratiques, aujourd’hui, sans même changer le droit, nous allons continuer de faire l’inacceptable, que nous allons continuer de ne pas nous indigner quand ces choses-là sont faites au sommet de l’Etat.

Une crise institutionnelle sans précédent, un contre-exemple de probité, les syndicats de magistrats littéralement indignés après le maintien d’Eric Dupond-Moretti a son poste de garde des Sceaux. Que nous allons continuer à expliquer à nos concitoyens que le monde change pour eux, qu’on leur demande tous les sacrifices mais que nous, dans la classe politique, nous n’avons aucun sacrifice à faire, que nous, dans la classe politique nous allons toujours nous arranger avec le droit. Ca n’est plus possible !

Le candidat Macron l’avait promis en 2017 : il allait enfin moraliser la vie politique. On allait voir ce qu’on allait voir. Les lois pour la confiance dans la vie politique, promulguées le 15 septembre 2017, ont d’ailleurs été les premières grandes lois de son premier quinquennat.

Elles contenaient notamment plusieurs mesures relatives à la probité et à l’exemplarité des élus, et de nouvelles mesures pour prévenir les conflits d’intérêt. La loi pour la confiance dans la vie politique et la loi organique pour la confiance dans la vie politique que je viens de signer, qui sont donc aujourd’hui promulguées. Ces deux lois se sont des engagements de campagne importants qui constituent une vraie rénovation de notre vie politique.

De quoi montrer l’exemple aux jeunes gens qui font l’apprentissage de la vie publique et que l’école de la République assiste dans cette découverte de la citoyenneté. Quand on se promène sur le site du ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, on découvre en effet une page dédiée à l’enseignement moral et civique au lycée. L’enseignement moral et civique a pour objectif, je cite, “de permettre aux élèves de saisir les enjeux moraux et civiques de l'appartenance à un État de droit garant de l'égalité entre tous les citoyens, et à une société démocratique contemporaine”.

Pour les classes préparant au certificat d’aptitude professionnelle, par exemple, cet enseignement propose aux élèves de réfléchir à la manière de concilier l'intérêt général et les droits de la personne avec les contradictions qui peuvent survenir. Il insiste notamment sur le fait que les questions éthiques et civiques sont étroitement liées et qu’aucune de ces deux dimensions ne doit par conséquent être négligée. Pour mieux identifier et expliciter les valeurs éthiques et les principes civiques en jeu, ces lycéens et lycéennes sont invités à étudier des situations réelles ou fictives, piochées par exemple dans l'actualité, pour analyser les contradictions entre obligations juridiques et morales et les rapports entre les individus et l'État.

Et il leur est fortement conseillé de se constituer un dossier documentaire. Par ailleurs, ils sont également initiés au fonctionnement de la justice, et notamment, pour ce qui concerne la justice pénale, à ce que sont une instruction, un procès, les droits de la défense, ou encore l’exécution d’une décision de justice. Les élèves de première de la filière générale sont quant à eux formés aux enjeux moraux et civiques de la société de l'information : il leur est là encore demandé d’identifier et expliciter les valeurs éthiques et les principes civiques en jeu, et de réfléchir notamment à la spécificité et au rôle des différents médias.

Tout cela est extrêmement intéressant, et il faut évidemment se féliciter que l’Éducation nationale forme ainsi les lycéens et lycéennes à ces grands et beaux principes que sont l’éthique, le civisme et la justice, et qu’il leur apprenne aussi la critique des médias. Mais lorsqu’après avoir assisté à ces cours, ces lycéens et lycéennes quittent leur établissement, que découvrent-ils ? Ils découvrent Emmanuel Macron, ses ministres, et son plus proche conseiller.

Et là, c’est un véritable festival. La République exemplaire ce n'est pas la République qui fait zéro faute, ça n'existe pas de faire zéro faute, on en fait tous. Prenons-les dans l’ordre : il y a d’abord Gérald Darmanin, qui a été embauché comme ministre de l’Intérieur après avoir proclamé, en 2013, à l’époque où il était encore à l’UMP, que s’il était élu maire de Tourcoing, il ne marierait jamais personnellement deux femmes ou deux hommes.

Il est toujours visé par une plainte pour viol : il a bénéficié d’un non-lieu au mois de juillet dernier, mais la plaignante a fait appel de cette décision. Emmanuel Macron lui a pourtant maintenu toute sa confiance après lui avoir parlé “d’homme à homme”, et l’a par conséquent maintenu dans ses fonctions. J’ai eu une discussion avec lui parce que c’est un responsable politique qui est intelligent, engagé, qui a été aussi blessé par ces attaques.

Il y a aussi une relation de confiance, d’homme à homme si je puis dire. Le président de la République a ministre nommé sur la réalité de ces faits et leurs suites. Il y a ensuite l’avocat Éric Dupond-Moretti, qui a été nommé garde des Sceaux et ministre de la Justice au sein de gouvernement Castex en 2020, puis reconduit dans ses fonctions en 2022 au sein du gouvernement d’Élisabeth Borne.

Pourtant, au mois de juillet 2021, il a été mis en examen pour prise illégale d’intérêts par la Cour de justice de la République, pour avoir ordonné des enquêtes administratives contre des magistrats qu’il avait mis en cause dans des affaires où il plaidait comme avocat. Sur votre conception des choses, si vous étiez mis en examen, est-ce que vous renonceriez à être candidat ? Oui, de la même façon que dans le principe un ministre doit quitter le gouvernement lorsqu’il est mis en examen.

Mais Emmanuel Macron, qui avait promis en 2017 que tout ministre concerné par une mise en examen devrait immédiatement démissionner, lui a maintenu toute sa confiance, et l’a par conséquent maintenu aussi dans ses fonctions. Car il voyait dans la mise en examen de son ministre de la Justice une contestation de son autorité. Mauvaise pioche : le 3 octobre dernier, la Cour de justice de la République a ordonné le renvoi en procès d’Éric Dupond-Moretti pour prise illégale d’intérêts.

Le garde des Sceaux s’est immédiatement pourvu en cassation. Monsieur le ministre, est-ce que vous allez démissionner ? Ça n'est pas à l’ordre du jour.

Merci beaucoup. Merci. Et là encore, et une fois de plus : Emmanuel Macron, qui avait promis en 2017… Dans le principe un ministre doit quitter le gouvernement lorsqu’il est mis en examen. lui a maintenu toute sa confiance.

Et l’a par conséquent maintenu dans ses fonctions. Le projet de moralisation de la vie publique que nous porterons, consiste d’abord à éradiquer les conflits d’intérêts qui aujourd’hui parfois, trop souvent, existent. Continuons avec le secrétaire général de la présidence de la République depuis 2017, Alexis Kohler, qui est unanimement considéré comme le plus proche collaborateur d’Emmanuel Macron.

Le 23 septembre dernier, il a lui aussi été mis en examen pour prise illégale d’intérêt. Il a aussi été placé sous le statut de témoin assisté pour trafic d’influence, après avoir notamment siégé au sein du conseil d’administration d’une entreprise dont le principal client est une société avec laquelle il a des liens familiaux dont il avait bêtement omis de faire état. Mais bien sûr : Emmanuel Macron, qui avait promis en 2017… Dans le principe un ministre doit quitter le gouvernement lorsqu’il est mis en examen. lui a maintenu toute sa confiance.

Est-ce que c’est tout ? Bah non, ce n’est pas fini. Le 8 novembre dernier, le site Disclose, dont on ne saurait trop recommander la fréquentation, a révélé qu’Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition énergétique au sein du gouvernement d’Élisabeth Borne, est liée à une société détenue par son père et ses enfants mineurs.

Cette entreprise familiale, précisait Disclose, partage des intérêts financiers avec Perenco, numéro 2 du pétrole en France, dont Blast a révélé les agissements en Tunisie. Cette entreprise familiale détient en outre plus d’un million d’euros dans des paradis fiscaux. Le père de la ministre a ainsi voulu faire en 2016, une donation de plus d’un million d’euros à ses trois petits-enfants, alors âgés de 5 ans, de 10 ans et de 13 ans, tout en évitant qu’ils n’aient à payer des droits de succession après son décès.

Ce n’est pas une punition, c’est pour ton pays, c’est pour la magie, et c’est ça que vous pouvez rendre possible. Ici, il faut dans un premier temps se rappeler qu’en 2017, Emmanuel Macron, peu de temps après son élection à la présidence de la République, et en même temps qu’il supprimait l’impôt sur la fortune et distribuait très libéralement des sommes gigantesques au patronat, s’était fait une gloire d’avoir baissé de 5 euros le montant des aides personnalisées au logement. Cette mesure avait durement impacté de très nombreux foyers modestes et donc de très nombreux enfants : c’est pour ça qu’il est intéressant de relever d’abord que les enfants des ministres d’Emmanuel Macron peuvent éventuellement débuter dans la vie avec plus d’un million d’euros.

Mais surtout, et comme l’a très justement souligné Disclose, malgré le risque évident de conflit d’intérêts, la ministre de la transition énergétique, qui est donc chargée d’assurer la décarbonation de l’industrie française par une sortie des énergies fossiles, n’a jamais rendu publique l’existence de cette entreprise familiale liée à une société pétrolière. Résultat : la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, qui est notamment chargée, depuis 2013, d’une mission de prévention des conflits d’intérêts, a décidé de se pencher d’un peu près sur le cas d’Agnès Pannier-Runacher. Mais bien sûr, Emmanuel Macron a maintenu toute sa confiance à cette ministre distraite, et l’a maintenue dans ses fonctions : nous venons d’apprendre qu’elle serait juste priée de se déporter si elle avait à traiter de dossiers impliquant la société Perenco, nous voilà complètement rassurés.

Au bout du compte, cela fait beaucoup d’affaires encombrantes. Beaucoup de ministres et autres collaborateurs d’Emmanuel Macron impliqués dans de très considérables scandales. Mais la presse et les médias ne s’en formalisent guère, et se gardent bien d’interpeller ces personnalités, ou d’exiger par exemple qu’elles soient, en cas de mise en examen, écartées du gouvernement.

Dans le principe, un ministre doit quitter le gouvernement lorsqu’il est mis en examen. En somme : pendant que l’Éducation nationale apprend aux lycéens et lycéennes à mieux saisir les enjeux moraux et civiques de l’égalité entre citoyens et des relations de ces mêmes citoyens avec l’État ? Pendant qu’elle leur apprend à réfléchir au fonctionnement de la justice et au rôle des médias ?

Pendant qu’elle les abreuve de magnifiques principes, civisme, éthique, morale, justice ? Mais en même temps… Ce même État, soutenu tacitement par des médias dont les silences sont autant de consentements, saute à pieds joints sur ces mêmes principes.