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Podcast / conversationLe Média (sur YouTube)· 3 octobre 2025 24 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleÉconomie & entreprises

MENACES, MAGOUILLES... COMMENT LA MACRONIE A LIVRÉ L'ASSEMBLÉE AU RN POUR SAUVER MACRON ET LECORNU

Source d'origine 6 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:47OuverteRéponse directe

    Le RN triomphe à l'Assemblée.

  • 8:43OuverteRéponse directe

    Ce pacte macroniste-RN, c'est vrai ou fake news ?

  • 13:24OuverteRéponse directe

    La décision de dealer avec le RN a-t-elle été acceptée par tous les macronistes ?

  • 15:14OuverteRéponse directe

    Ce sondage qui donne Glucksmann gagnant à gauche, c'est fiable ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:54InvitéFait
    « C'est le grand retour de l'extrême droite au bureau de l'Assemblée nationale. »
  • 3:49InvitéFait
    « En théorie, ça se fait selon un système de points répartis proportionnellement, selon la taille des groupes. »
  • 4:06InvitéFait
    « Les plus nombreuses sur le papier, on rappelle, c'est le groupe le plus important de l'Assemblée nationale. »
  • 9:21InvitéFait
    « Ce n'est pas du tout une fake news. »
  • 9:58InvitéFait
    « Comme par hasard, le hasard fait bien les choses. »
  • 11:36InvitéFait
    « Il est rapporteur général du budget. »
  • 14:50InvitéFait
    « Une sorte d'indemnité de licenciement financée par l'État lui-même. »
  • 15:31InvitéFait
    « C'est un sondage IFOP, fiducial, alors pour le journal L'Opinion, qui vient d'être acheté par Bernard Arnault. »
  • 15:44InvitéChiffre
    « Glucksmann arrive en tête des candidats de gauche testés. »
  • 16:12InvitéChiffre
    « Ils sont à 33-35%. »
  • 16:20InvitéChiffre
    « près de 6 Français sur 10, 58% approuveraient un fonds anti-insoumis, selon ce sondage. »
  • 16:31InvitéChiffre
    « 51% des Français, donc à peu près la moitié, affirme qu'il voterait contre Mélenchon, quel que soit l'adversaire en face. »
  • 17:40InvitéFait
    « Jean-Luc Mélenchon n'est plus en tête à gauche. »
  • 20:56InvitéFait
    « Marine Tandonnier n'est même pas testée dans le panel. »

Temps de parole

  • Invité68 %
  • Présentateur23 %
  • Locuteur 92 %

≈ 5,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour tout le monde et bienvenue pour un nouvel épisode des Indiscrets sur le Média. Votre rendez-vous politique hebdomadaire avec Nils. Grâce à son carnet d'adresses sans égales et sa connaissance fine des acteurs politiques de tous bords, Nils nous permet d'arpenter chaque semaine les coulisses de la politique. En bref, il va chasser pour nous les indiscrétions et on doit l'avouer, on aime beaucoup ça.

Une émission permise grâce à votre soutien, alors soutenez notre projet, ça s'appelle Ripost, une campagne citoyenne pour bâtir une chaîne d'info indépendante et populaire sur les réseaux sociaux, mais aussi sur la TNT francilienne et pour contrer tous ces médias d'extrême droite aux mains des milliardaires. Ça se passe dès maintenant sur campagne.lemédiatv.fr. Mais tout de suite, c'est parti pour les indiscrets. Au sommaire, cette semaine, le RN fait son grand retour au bureau de l'Assemblée. La gauche se retrouve en minorité alors qu'elle faisait la loi depuis un an. Alors comment expliquer cette débâcle ? Eh bien Nils a enquêté sur le rôle toxique encore une fois de la Macronie.

Et puis on parlera également d'un sondage qui rend fou la gauche. Elle a fait sous-estimer les écolos censurés. Autant le dire, c'est le psychodrame de la semaine, mais qui recèle des enjeux bien plus importants qu'il n'y paraît. Là aussi, Nils a enquêté. Là-dessus, Nils, bonjour.

1:41
Invité

Bonjour Amira, salut à toutes et à tous.

1:44
Présentateur

J'espère que tu vas bien aujourd'hui.

1:45
Invité

Merveilleusement bien.

1:47
Présentateur

Alors Nils, le RN triomphe à l'Assemblée.

1:49
Invité

Oui, c'est le grand retour de l'extrême droite au bureau de l'Assemblée nationale. Les députés Sébastien Chenu et Hélène Laporte retrouvent leur siège de vice-président à la Chambre basse. Alors on me demande souvent pourquoi les médias se passionnent pour ces élections internes à l'Assemblée. C'est vrai qu'au premier abord, on pourrait penser que c'est un truc de journaliste politique qui n'intéresse pas grand monde. Mais c'est sous-estimé le bureau, que ce soit à l'Assemblée nationale ou au Sénat. Ce sont un peu les instances suprêmes. Elles ont un rôle organisateur sur le fonctionnement de l'institution, le déroulement des débats parlementaires, mais aussi disciplinaire.

Regardez la définition qu'en donne l'actuelle présidente de l'Assemblée, la bien nommée, Yael Brunpivet.

2:28
Présentateur

Ça vous choque ? Moi aussi. Vous avez certainement vu la nouvelle ici, ici ou ici. Je vous explique. Le bureau, c'est un peu le syndic de copropriété de l'Assemblée nationale. Il a deux grands rôles. D'un côté, il veille à la vie de l'Assemblée et des 3400 personnes qui y travaillent quotidiennement. La gestion des locaux, de la restauration et du budget, par exemple. De l'autre, il encadre la vie parlementaire des députés. Il autorise la création des groupes d'études, des groupes d'amitié. Il s'assure du respect par les députés de nos règles, conflit d'intérêt, utilisation des frais de mandat, tenu dans l'hémicycle.

Il peut aussi prononcer des sanctions disciplinaires en cas d'infraction à nos règles.

3:03
Invité

Voilà, d'aucun jugeront que comparer le bureau de l'Assemblée à une assemblée de copropriété. C'est un peu osé, mais en tout cas, l'idée est là, voilà. Alors, les députés peuvent être sanctionnés pour leur comportement dans l'hémicycle ou dans l'enceinte de l'Assemblée. Et d'ailleurs, sous le règne de Yael Brown-Pivet, d'une main de fer, les sanctions pleuvent. On en a déjà parlé plusieurs fois dans l'émission et les fidèles abonnés s'en souviennent. Auparavant, quand les macronistes avaient la majorité à l'Assemblée, ça ronronnait gentiment. Il y avait peu de débat, car en cas de contestation des accords, il y avait un vote en hémicycle. Et bien sûr, les macronistes décidaient.

Parce qu'effectivement, chaque année, 21 des 22 membres du bureau de l'Assemblée sont renouvelés à chaque début de session. Alors, en théorie, ça se fait selon un système de points répartis proportionnellement, selon la taille des groupes. Mais c'est vrai que la dernière session, 2024-2025, a dérogé à la règle. Les représentants macronistes et la gauche s'étaient entendus pour empêcher les troupes de Marine Le Pen. Les plus nombreuses sur le papier, on rappelle, c'est le groupe le plus important de l'Assemblée nationale. Effectivement, ils les avaient empêchés d'accéder à ces postes prestigieux.

Il s'agissait de poursuivre effectivement ce fameux front républicain observé pendant les législatives, qui avait d'ailleurs permis à de nombreux macronistes d'être réélus. Et évidemment, ça n'a pas beaucoup plu au RN. Et puis, surtout, ça avait quand même embarrassé les macronistes qui comptaient sur le maintien de l'extrême droite pour se maintenir au gouvernement.

4:30
Présentateur

D'ailleurs, Nils, on va rappeler le sort peu enviable de Bayrou et Barney. Ils se sont fait censurer, notamment grâce au RN.

4:37
Invité

Voilà, bye bye. Et donc, depuis, chaque poste, chaque privilège est devenu l'occasion d'une bataille rangée. Et alors, c'est vrai que les vice-présidences, par exemple, ça permet d'avoir une voiture avec chauffeur. C'est plutôt pratique, c'est plutôt prestigieux. C'est pas négligeable. C'est pas négligeable. Voilà, donc pour les Insoumis, leur élection à la tête des vice-présidentes a été une véritable révélation. Regardez par exemple la fierté d'une Clémence Guettet quand elle préside sa première séance avec le rituel républicain.

5:03
Locuteur 9

Bonjour à toutes et tous. La séance est ouverte. L'ordre du jour appelle en application de l'article 48 de la loi organique du 1er août 2001 relative aux lois de finances, un débat sur la trajectoire, les conditions de financement et la soutenabilité de la dette publique. La parole est à M. Antoine Armand, ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie.

5:35
Invité

Voilà, donc tambour, garde républicaine, au garde à vous, c'est pas mal quand même. Alors au passage, on peut trouver ce protocole un peu ridicule, mais il symbolise la soumission de l'armée au Parlement. C'est donc quand même un rituel assez important. Même fierté pour Nadej Abomangoli, qui devient la première femme noire à présider l'Assemblée, ce qui n'est pas rien, c'est quand même très symbolique. Notez que ça lui a peut-être permis de ne plus être confondu avec d'autres collègues noirs. Séquence souvenir avec Yael Brown-Pivet.

6:02
Locuteur 6

On est sur la défense des amendements maintenant. Allez-y, Madame Kéké, vous avez la parole. Excusez-moi. Je vous prie de m'excuser. Allez-y. Tous les noirs ne se ressemblent pas.

6:14
Invité

Voilà, on ne s'en lasse pas. Alors c'est vrai que quand la gauche a pris de la majorité au bureau, ça a été quand même un gros choc psychologique et politique pour les macronistes, qui n'avaient pas l'habitude de partager le pouvoir. D'autant que nos insoumises ont pris leur tâche au sérieux et se sont rapidement imposées comme de très bonnes présidentes de séance. Parce qu'évidemment, les vice-présidentes remplacent Yael Brown-Pivet au perchoir. Ah oui, il faut bien se nourrir ou dormir parfois, notamment lors des séances de nuit. Regardez, lors du vote du budget maudit, c'était en 2024, elle ne se laisse pas faire.

6:46
Locuteur 5

Monsieur Jernigaud, vous ferez vous rappel au règlement après monsieur Jernigaud, qui avait commencé à défendre. Dans le cadre de la remise en cause de la présidence. Puisque chacun ici a lancé une remise en cause de la présidence. Et donc je le redis, un vote acquis tel que procrévé par le président de séance ne peut être remis en cause.

7:08
Présentateur

Oui, comme tu le disais, Nils, ça ne s'est vraiment pas ferme. Autant dire, désormais, l'atmosphère est devenue très tendue.

7:14
Invité

Oui, fini la tranquillité, les réunions pépères pour Yael Brown-Pivet au bureau. Désormais, avec la gauche, alors certes, qui respecte les règles, évidemment, ils sont légalistes et la France Insoumise l'est aussi. Il n'empêche que les réunions hebdomadaires au bureau ont parfois viré à la guerre psychologique ou à la foire d'empagne. Alors c'est vrai qu'en public, Yael Brown-Pivet fait passer le retour du RN au bureau pour un simple respect des règles institutionnelles. On l'écoute.

7:38
Locuteur 6

Oui, je suis toujours, moi, personnellement, politiquement, farouchement, en faveur du barrage républicain.

7:45
Présentateur

Je m'opposerai toute ma vie au RN et à ses idées. Pour autant, je dis qu'à l'Assemblée nationale, sur le plan institutionnel, les Français ont voté pour eux et il doit avoir leur juste place. Ça veut dire que Yael Brown-Pivet, est-ce qu'on peut aujourd'hui encore faire la différence entre les deux ?

7:59
Invité

Voilà, le barrage républicain, pour Yael Brown-Pivet, c'est le barrage républicain, mais sans la gauche. Parce qu'on rappelle quand même à la présidente de l'Assemblée nationale que la France Insoumise n'est pas considérée comme d'extrême gauche par l'intérieur lors des élections. Mais bon. Vous ne voulez pas du rassemblement national au bureau de l'Assemblée. Pourtant, Yael Brown-Pivet, la présidente de l'Assemblée, estime que c'est une anomalie démocratique. Qu'est-ce que vous lui répondez ? Qu'elle voyage, qu'elle aille en Allemagne, au Bundestag, et qu'elle observe comment ça se passe.

En Allemagne, ils savent ce que c'est que l'extrême droite, ils savent son danger et le danger de l'institutionnalisation de l'extrême droite. Qu'elle aille au Parlement européen, où de la même manière, il y a un cordon sanitaire et l'extrême droite n'a pas accès aux postes à responsabilité.

8:39
Présentateur

Alors Nice, on a beaucoup évoqué, ça fait des semaines qu'on en parle, de ce pacte que les macronistes auraient conclu avec le RN. Que faut-il en penser ? Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que c'est une fake news ? Dis-nous, t'enquêtez là-dessus.

8:50
Invité

En tout cas, selon Yael Brun-Pivet, ce serait une fake news. Écoutez-la. Il y a un an, vous ne vouliez pas de ça parce que c'était le Front Républicain. Et aujourd'hui, vous faites un deal avec le RN. En fait, le Front Républicain, c'est quand ça vous arrange ? Alors c'est un contresens absolu.

9:04
Présentateur

En fait, nous, au Bureau et à l'Assemblée nationale, on veut le respect des règles et la juste représentation des partis qui sont à l'Assemblée nationale et qui ont été élus par les Français. Donc on est dans un fonctionnement institutionnel où chacun doit trouver sa place.

9:18
Invité

Alors on va être clair, ce pacte en réalité est réel. Ce n'est pas du tout une fake news. Tout le monde le sait à l'Assemblée. Je crois que même la concierge est au courant. J'ai interrogé mes sources, que ce soit dans les oppositions, mais aussi en Macronie et même une source très proche de Yael Brun-Pivet. Elles me l'ont toutes confirmé, ces sources, pour au moins deux raisons. D'abord, il n'y a pas que l'élection des vice-présidents et des secrétaires qui préoccupent les macronistes. Il y a aussi les présidences des commissions permanentaires. Par exemple, il y avait les affaires économiques, la commission des affaires économiques.

C'était l'insoumise Aurélie Trouvé qui était présidente de cette commission. Et comme le RN n'a pas présenté de candidat cette semaine, c'est un macroniste, Stéphane Travers, qui l'a emporté. Comme par hasard, le hasard fait bien les choses.

10:01
Présentateur

Donc là, il y a eu alliance.

10:02
Invité

A priori, il y a eu alliance, sauf à être vraiment très naïf ou candide, ce que ne sont pas les macronistes. Le poste de rapporteur général du budget obsède aussi le socle commun. En principe, le poste devrait revenir à un allié du gouvernement. C'est vrai que c'est la tradition. Sauf que la dernière fois, c'était le centriste Charles de Courson, député Lyot, bien connu désormais dans cette émission, qui a remporté l'élection. Alors Charles de Courson, il est connu pour son expertise budgétaire. Ça fait 30 ans qu'il est au Parlement. Il a aussi un caractère très indépendant. Il ne mâche pas ses mots bien souvent.

Et c'est vrai qu'avec Éric Coquerel, qui avait été élu président de la Commission des Finances, qui d'ailleurs a été réélu, il formait, il faut bien le dire, un duo redoutable. On se souvient de leur descente à Bercy pour réclamer des informations sur le budget à TAL. C'était à l'été 2024. Ça chauffait. Les macronistes à l'époque n'avaient pas du tout apprécié cette incursion, qui pourtant est prévue par les textes, puisque le rapporteur général de la Commission des Finances et son président ont évidemment le droit de faire des contrôles sur pièces, comme on dit, donc de se rendre dans les institutions pour vérifier les documents budgétaires.

11:17
Présentateur

Là, on est plutôt sur... Ça s'apparente un peu à Laurel et Hardy, quand ils mettent en scène comme ça pour aller chercher des lettres de la fond, où tout le monde sait qu'en fait, elles ne seront pas prises en compte.

11:29
Invité

Ce que Eric Coquerel de la France Insoumise essaie de faire le maximum de bruit ne m'étonne pas, mais je le suis davantage par Charles de Courson. Il est rapporteur général du budget. On a une difficulté financière importante cet automne et on attendrait, lui, dans cette période, qu'il fasse des propositions, plutôt que de se donner ainsi en spectacle. Enfin, c'est vrai que c'était un peu le seum pour les macronistes qui étaient placés face à leur responsabilité sur la situation budgétaire, qui est quand même assez catastrophique.

11:53
Présentateur

Bref, en tout cas, les macronistes ont décidé quelque chose. Eh bien, j'irais Courson.

11:58
Invité

Oui, alors, pour te dire à quel point c'était important, à quel point ce poste est important, c'est que le sujet a été évoqué en réunion de groupe, lors d'un dîner de groupe, en fait, entre Sébastien Lecornu et les parlementaires Renaissance. Alors, il est vrai que le Premier ministre a aussi souhaité que les députés élus au bureau ou en commission ne rentrent pas au prochain gouvernement. Parce qu'il y a eu le cas, en fait, lors du dernier bureau, c'est-à-dire que des députés peuvent être nommés ministres, ça arrive, c'est d'ailleurs même une condition sine qua non, bien souvent de rares exceptions près.

Sauf que là, évidemment, s'ils sont élus président de commission, vice-président du bureau ou secrétaires et qu'ils doivent partir au gouvernement, il faut les remplacer. Et ça, ça demande une nouvelle élection. Autant dire que le Premier ministre, effectivement, préférait s'abstenir de les nommer. Donc, effectivement, il y a aussi des députés qui ont préféré lâcher leurs ambitions parlementaires. C'est le cas, par exemple, de la députée Horizon Naïma Mouchou ou du macroniste Laurent Lescure. Ils sont donnés comme possible ministre lors du remaniement. Et donc, c'est vrai que le Cornu a aussi attendé cette élection du bureau pour nommer ses ministres.

Alors, je n'ose pas faire de pronostics sur le remaniement. Mais enfin, en principe, la semaine prochaine, on devrait quand même être fixé sur l'équipe gouvernementale. Enfin, alors par contre, il ne faut pas s'attendre à des surprises renversantes. Manifestement, on prend les mêmes et on recommence. Tout change pour que rien ne change.

13:20
Présentateur

Alors, un point qu'il faut quand même relever, c'est que la décision de dealer avec le Rassemblement national à l'Assemblée n'a pas été acceptée par l'ensemble des macronistes.

13:31
Invité

Oui, c'est vrai. Il y a eu des tensions. Il y a eu des désaccords au sein du groupe. Certains ont fait de la résistance. On a vu Eric Bottrel. Alors, c'est vrai que député de Bretagne est connu, disons, pour son franc-parler, et une ligne un peu franc-tireur au sein du parti. Ce n'est pas la première fois qu'il n'est pas en accord, disons, avec la ligne générale. Plus surprenant, il y a eu quelqu'un comme Charles Zinstenstuhl, par exemple, que je connais bien, qui est député du Barin. Donc, c'est ma circonscription.

Et c'est vrai qu'il a même fait un entretien dans Mediapart pour dire que le fait de réserver des postes aux députés du Rassemblement national, c'était un effondrement moral-politique pour les macronistes.

14:05
Présentateur

Alors, il n'y en avait pas beaucoup au sein des macronistes qui étaient contre ça.

14:07
Invité

Oui, ils ont été mis en minorité, notamment lors d'une réunion de groupe. La réunion de groupe des macronistes, je crois que c'est le mardi. Et donc, effectivement, il y a eu un accord général pour réserver ces postes au RN. Et au bureau, en tout cas comme vice-président, et pour les commissions, pour laisser effectivement les macronistes récupérer des postes. On a vu, par exemple, le député Patrick Juvin, qui a été élu rapporteur général du budget à la place de Courson. Alors, c'est un médecin, il n'a aucune expérience budgétaire. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'est pas du tout le même profil.

Sa première intervention, ça a été pour annoncer qu'il fallait passer à la moulinette les effectifs des fonctionnaires, alors qu'il disait précisément le contraire il y a 4 ans. Et pire, sa brillante idée, c'est de proposer aux fonctionnaires de démissionner en leur versant 70% de leur salaire pendant 10 ans pour qu'ils abandonnent leur emploi. Une sorte d'indemnité de licenciement financée par l'État lui-même. Alors, il n'a pas osé chiffrer le coût, quand même. Il a été prudent et on comprend mieux en période de disette budgétaire qu'il n'ose pas donner un chiffre.

15:07
Présentateur

Nils, c'est l'heure de passer au deuxième sujet. Je me frotte déjà les mains. On va parler de ce tout nouveau sondage qui fait scandale à gauche, notamment chez LFI et chez les écolons. Parle bien évidemment du sondage qui donne Glucksmann, grand gagnant.

15:23
Invité

Oui, alors c'est vraiment le sujet qui a occupé les discussions politiques de la semaine. Tu l'as dit. C'est un sondage IFOP, fiducial, alors pour le journal L'Opinion, qui vient d'être acheté par Bernard Arnault. Et pour la radio Sud Radio, qui a un côté quand même très réac assumé, publié le 29 septembre, effectivement Glucksmann arrive en tête des candidats de gauche testés. En tout cas, on va y revenir, 14-16% selon les hypothèses, devant un Jean-Luc Mélenchon qui fait quand même 12-13%. Mais c'est vrai que Glucksmann, comme je l'appelle, fait plus du double de fort qui plafonne à 7% quand celui-ci est testé à sa place. Alors dans cette enquête, il y a d'autres enseignements.

Edouard Philippe est donné entre 16 et 19%. C'est très très loin derrière un candidat du RN. Alors c'est un peu la nouveauté aussi, que ce soit Bardella ou Marine Le Pen, ils sont à 33-35%. Et c'est vrai que Mélenchon apparaît un petit peu dans ce sondage comme étant en difficulté. En cas de dissolution et de nouvelles législatives, près de 6 Français sur 10, 58% approuveraient un fonds anti-insoumis, selon ce sondage. Et pour la présidentielle de 2027, 51% des Français, donc à peu près la moitié, affirme qu'il voterait contre Mélenchon, quel que soit l'adversaire en face, toujours selon cette étude.

16:36
Présentateur

Donc le front anti-insoumis, c'est qu'on préfère le RN à LFI.

16:39
Invité

C'est ça exactement, plutôt Hitler que le front populaire. Mais alors, bon, c'est vrai que c'est pas glorieux comme résultat. Alors, on va se le dire franchement, la France insoumise a un peu l'habitude des mauvais sondages. C'est pas la première fois qu'il y a des études qui les sous-estiment, ou qui les donnent perdants, ou qui s'en prennent à Jean-Luc Mélenchon. Mais cette fois-ci, la direction des insoumis a été quand même assez braquée.

17:01
Présentateur

Bon, il y a beaucoup, Nils, beaucoup de personnes qui remettent en doute la fiabilité de ce sondage qui tombe à point nommé, il faut le dire. Et il y en a un qui a vraiment remis en cause cette fiabilité publiquement, c'est Bompard.

17:13
Invité

Oui, c'est vrai que c'est une mauvaise nouvelle pour LFI, qui a hurlé toute la semaine. Et Bompard s'est empressé de remettre en doute la fiabilité de l'étude, comme tu l'as dit. Il a rebaptisé l'IFOP au pif pour l'occasion. Voilà, c'est drôle, c'est vrai que c'est divertissant. Bon, en vrai, une partie de l'état-major de LFI n'a pas ri du tout en lisant les conclusions de l'étude. Eh bien, parce que pour la première fois, Jean-Luc Mélenchon n'est plus en tête à gauche. Et ça, c'est nouveau depuis 2012. Il se fait, on l'a dit, devancé par Raphaël Glucksmann, son ennemi juré de 1 à 3 points selon les situations de vote. On se souvient qu'en 2022, ce n'est pas l'EPS qui pouvait en dire autant.

Regardez.

17:53
Présentateur

Je dis du début à la fin jusqu'à mon dernier meeting que Mélenchon était une impasse pour la gauche. Je le redis. Vous le redis, évidemment. Pourquoi ? Parce que Mélenchon, d'abord, il a une rupture avec la gauche démocratique. Il est parti dans une gauche populiste.

18:09
Invité

Voilà. Et on sait comment ça s'est fini pour les socialistes.

18:13
Présentateur

Je vous appelle avec gravité à voter le 24 avril prochain contre l'extrême droite de Marine Le Pen en vous servant du bulletin de vote Emmanuel Macron.

18:24
Invité

Alors oui, ce n'est pas glorieux. C'est vrai que ce n'est pas la première fois que la France insoumise joue à contre-emploi dans les sondages. Qu'est-ce qui a changé ? Alors pourquoi est-ce que Jean-Luc Mélenchon et ses lieutenants sont aussi fébriles ? Alors un élément de réponse, et bon, c'est vrai que ça ne va pas plaire au capitaine, mais Jean-Luc Mélenchon aura 75, 76 ans en 2027. C'est un peu quand même sa dernière chance de se présenter pour tenter de devenir président de la République. Remarquez, je dis ça, je ne dis rien, puisqu'on a vu que Biden et Trump ont bien été élus, beaucoup plus vus. Donc il ne faut jurer de rien en politique.

Il n'empêche, c'est vrai que la politique, c'est une occupation qui use, les campagnes aussi. Et alors l'autre problème, c'est quand même le déficit de popularité de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages. Il a une vraie popularité, il a un vrai socle parmi les sympathisants de la France insoumise ou les militants de la France insoumise. Mais c'est vrai qu'au-delà, c'est quand même, ça reste difficile. Alors certes, dans l'entourage de Jean-Luc Mélenchon que j'ai interrogé, on me rappelle que les médias ne sont pas tendres. On avait parlé de cette fameuse campagne, je crois que c'est notre ami Mourad qui en avait parlé dans son émission, du fameux brûlot la meute.

Mais enfin, il y a quand même un souci de popularité, de charisme, là où Jean-Luc Mélenchon avait quand même réussi à afficher une certaine rondeur en 2022. Tout cela semble bien loin.

19:42
Présentateur

En clair, c'est l'homme à abattre.

19:44
Invité

Oui, c'est ça. Il y a aussi, bon, il y a eu d'autres épisodes. Il y a eu la guerre menée par Israël à Gaza qui polarise la gauche. Il y a eu ces accusations d'antisémitisme qui visent la France insoumise et en particulier, tout particulièrement la France insoumise. Alors, j'ai quand même posé la question à l'un de ses très proches. Voilà sa réponse qui s'affiche. Voilà, donc, en tout cas, dans l'entourage de Jean-Luc Mélenchon, on me dit, ouais, un sondage, même pas peur. En tout cas, c'est un peu le leitmotiv de la France insoumise. Le sondage n'a pas non plus fait plaisir à Olivier Faure, qui plafonne à 7% quand même. Regardez, sa réaction, c'était l'heure de la manif du 2 octobre.

Moi, je ne commande pas les sondages de cette nature qui, finalement, donne une indication à un moment donné. Et c'est vraisemblable qu'aujourd'hui, Raphaël soit celui qui, à gauche, va le mieux placer. Tant mieux s'il le demeure pour lui. Ça n'est pas le candidat des socialistes, ça n'est pas le candidat du reste de la gauche. Il est pour l'instant le candidat de place publique.

20:40
Présentateur

Il s'est bien fait huer, d'ailleurs.

20:42
Invité

Voilà, effectivement, il s'est fait huer. Remarquez, les écolos, ils ne seront pas mieux lotis. Ils sont vers de rage. Désolé pour la mauvaise blague. Encore plus humiliant, Marine Tandonnier n'est même pas testée dans le panel. Donc là, c'est carrément gênant. Et donc, comme Antoine Léoman, le député LFI de l'Essonne, un proche de Jean-Luc Mélenchon, Tondelier a écrit une missive très courroussée au président de la commission des sondages. Et oui, ça existe pour dénoncer la méthodologie de cette enquête d'opinion. Enfin, un point d'union entre les partis de gauche. Les sondages, c'est pourri, surtout quand ça donne des mauvais chiffres aux intéressés.

21:18
Présentateur

C'est quoi ce genre de sondage où les gens sondés écrivent au patron ?

21:23
Invité

Alors, j'ai quand même essayé d'interroger Frédéric Dhabi, qui est le patron, enfin la figure médiatique et le patron de l'IFOP, par mail. J'ai posé trois questions, notamment sur la fiabilité, sur son engagement politique à lui, parce qu'on sait qu'il est extrêmement pro-israélien, qu'il a participé notamment au meeting Elnette, qui était au Dôme de Paris, référence au Dôme de Fer israélien à l'époque. Donc, tout ça, effectivement, alimente un peu les soupçons insoumis d'une manipulation. Il n'a pas répondu à l'heure où nous enregistrons cette émission.

21:53
Présentateur

De toute façon, s'il t'avait répondu, tu sais très bien ce qu'il t'aurait dit.

21:56
Invité

Oui, que les sondages sont indépendants, que les articles de sondage commettent le moins d'erreurs possibles, évidemment. C'est ce qu'on souhaite, c'est ce qu'on souhaite tous dans un monde idéal. Bref, en tout cas, pour les écolos et pour la France insoumise, le sondage IFOP, c'est surtout une opération pour propulser médiatiquement le candidat Glucksmann. Et c'est vrai qu'on ne peut pas leur donner tort. Regardez d'ailleurs la réaction ironique de Jean-Luc Mélenchon hier.

22:17
Locuteur 3

Moi, je suis très content pour M. Glucksmann. Ça doit lui faire plaisir. Moi, M. Fort, c'est certain, mais au moins, il y a une personne qui est contente. Et vous, ça vous inspire quoi ? Ça ne vous fait pas plaisir, ce sondage ? Mais vous avez faute. Non, je suis très contrarié, comme vous pouvez le voir. Non, ce qui m'ennuie, c'est qu'ils ont oublié les peaux verts, quoi, quand même, ils méritent pas ça.

22:36
Invité

Voilà, donc, sans surprise, évidemment, Glucksmann, lui, pas voix après ce sondage. J'ai contacté ses proches, donc, pour préparer cette émission. L'un d'eux me dit qu'il est le seul à assumer un positionnement de gauche, selon lui, sans la France insoumise. Et puis, c'est vrai que Glucksmann est aussi le seul à refuser de participer, pour le moment, en tout cas, à une primaire de gauche. Évidemment, ça, c'est la marotte d'Olivier Faure. Et puis, ça ne fait pas les affaires de ses petits camarades. Alors, il y a au moins une information de ce sondage que personne ne conteste, en tout cas, pour le moment.

L'extrême droite apparaît plus puissante que jamais, avec un score cumulé de 40% d'attention de vote. Et la preuve que pour les électeurs du RN, ou en tout cas, les électeurs potentiels sondés, Marine Le Pen et Jordan Bardella, c'est pareil. Icara colle tous les deux en tête à 33-35% d'attention de vote. Alors, si vous rajoutez, effectivement, reconquête avec Éric Zemmour et Marion Maréchal et d'autres éléments, par exemple, les souverainistes d'extrême droite comme Dupont-Aignan, ça fait un joli 40% pour l'extrême droite en France. Une info quand même assez déprimante.

23:37
Présentateur

Bon, en tout cas, Nils, conclusion, les sondages, on doit s'en méfier. On rappelle que quand même Jean-Luc Mélenchon, au dernier sondage, avait été largement sous-estimé. Éric Zemmour, très surestimé. Exactement. On s'en méfie, cap de la place.

23:50
Invité

Les sondages ne sont pas une science exacte.

23:52
Présentateur

Merci en tout cas, Nils, pour cette émission.

23:54
Invité

Merci à toi. Merci à vous tous. Et puis, on se retrouve la semaine prochaine. Avec grand plaisir. Avec de nouvelles indiscrétions. Évidemment.

23:59
Présentateur

Et peut-être la nomination du gouvernement.

24:01
Invité

Mais...

24:02
Présentateur

Donc, soyez là, vendredi prochain, on ne sait jamais. Merci, Nils, en tout cas.

24:06
Invité

À bientôt.

24:07
Présentateur

Et merci à vous d'avoir regardé cette émission. N'oubliez pas de nous soutenir, de soutenir le média, votre média indépendant. Merci à vous et à vendredi prochain.