Vers une guerre commerciale entre l’Europe et les États-Unis ?- C à Vous - 07/11/2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 30 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse partielle
C'est un drôle de signal envoyé par l'Europe: organiser la riposte à l'élection de D.Trump...
- 2:00RelanceRéponse directe
Parce qu'elle ne s'est pas préparée?
- 4:00OuverteRéponse directe
Comment on riposte aux tarifs douaniers que D.Trump veut imposer aux produits européens dès qu'il arrivera à la Maison-Blanche?
- 5:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on doit taxer les produits américains?
- 6:00OuverteRéponse directe
Si on n'est pas offensifs, on risque un choc économique?
- 8:00OuverteRéponse directe
K.Harris a tardé avant de concéder sa défaite. Ca été l'essentiel de son axe de campagne. C'était une erreur?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00P.LescureChiffre
« Il a la Cour suprême. Il est majoritaire à la Cour suprême. Il a sans doute remporté le Congrès. Il a emporté le Sénat et le vote populaire. Il y a plus de 50 % des Américains qui votent pour lui. »
- 4:00P.CohenChiffre
« Entre 10 et 20 %. Il veut financer avec ça des baisses massives d'impôts. »
- 6:00R.LescurePromesse
« On peut le faire comme au moment de la covid, par un financement européen, de l'endettement européen qui finance les investissements de demain. »
- 7:00R.LescureChiffre
« 600 milliards d'euros. »
- 11:00R.LescureFait
« On a ouvert plus d'usines qu'on en a fermé tous les ans depuis 5 ans. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Un mot sur le cadre de ce sommet. On voit le magnifique stade Puskas Arena, du nom du légendaire footballeur Ferenc Puskas, le meilleur attaquant des années 50. C'est un endroit où il est possible de marquer des buts contre son camp. - A.-E.Lemoine: C'est un drôle de signal envoyé par l'Europe: organiser la riposte à l'élection de D.Trump... - P.Cohen: C'était prévu avant. - A.-E.Lemoine: Le symbole est terrible. - P.Lescure: Jouer à l'extérieur, ça peut être possible.
V.Orban préside l'UE jusqu'à la fin de l'année. C'est pourquoi le sommet européen est organisé chez lui demain.
La CPE a été organisée la veille. D.Trump ne s'embarrasse pas de symboles.
Il va agir et il va falloir réagir. L'Europe, en général, avance plutôt dos au mur. Là, elle va sans doute être dos au mur. - A.-E.Lemoine: Parce qu'elle ne s'est pas préparée? - P.Lescure: Les chancelleries s'étaient préparées.
Je ne suis pas sûr que quiconque s'attendait à une telle victoire. Là, il a tout gagné. Il a la Cour suprême.
Il est majoritaire à la Cour suprême. Il a sans doute remporté le Congrès. Il a emporté le Sénat et le vote populaire.
Il y a plus de 50 % des Américains qui votent pour lui. - P.Cohen: S'il avait gagné de justesse, il aurait eu les manettes de la même façon. - R.Lescure: Il aura sans doute plus les manettes qu'il y a 8 ans.
Il a pris la main sur le Parti républicain. Tous les élus de la Chambre lui doivent leur élection. J'ai connu ça en 2017.
En général, on suivait le chef. Concernant l'Ukraine, il a dit qu'il réglerait la guerre en 24 heures. La régler en 24 heures, c'est donner les clés à V.Poutine.
Il ne le fera pas. Son image serait entachée. Quand il s'agira de faire voter des budgets en baisse pour le soutien à l'Ukraine, ils feront ce qu'il demandera.
Le risque est que le soutien américain s'étiole. La nécessité, c'est que l'Europe soit au rendez-vous et qu'on y mette plus d'argent. - A.-E.Lemoine: Elle n'est pas tétanisée? - R.Lescure: Quand on est tétanisé, il n'y a rien de tel qu'un bon coup de taser pour vous réveiller.
Là, on a été tasé assez fortement. Je l'ai senti sur place. Les Français qui vivent à New York votent tous démocrate.
Juste avant le sommet de Biarritz, le G7 en août 2019, la veille, D.Trump a annoncé de manière unilatérale que les visas des Français entrepreneurs aux Etats-Unis passent de 5 ans à un an et demi, comme ça. C'est pour montrer que c'est lui qui tient les rênes.
Le risque, c'est qu'ils prennent des décisions très rapides sur l'immigration. Tous mes électeurs sont des immigrés. Il y a une vraie inquiétude des gens qui seront directement concernés.
Ca veut dire que l'Europe a perdu d'avance? Non. Elle n'avance que quand elle est dos au mur.
On est dos au mur. Peut-être qu'on a des leaders affaiblis. - A.-E.Lemoine: Qui va prendre le leadership de cette riposte? - R.Lescure: En général, elle avance quand elle est dos au mur et quand la France et l'Allemagne s'entendent.
O.Scholz est affaibli. - A.-E.Lemoine: E.Macron aussi. - R.Lescure: Peut-être moins fort qu'il ne l'était il y a 7 ans.
Il est sur un sujet sur lequel la France est assez unie. Vous avez entendu la réaction de M.Le Pen hier.
Elle a complètement tourné casaque sur l'Europe. Elle dit que c'est une occasion en or pour qu'on soit plus souverains et plus unis. C'est quelqu'un qui disait qu'on allait sortir de l'Europe, de l'euro, qu'on allait faire des référendums.
On a gagné ce combat idéologique en France. - A.-E.Lemoine: Pour l'instant. - R.Lescure: Maintenant, il faut agir. - A.-E.Lemoine: Comment on riposte aux tarifs douaniers que D.Trump veut imposer aux produits européens dès qu'il arrivera à la Maison-Blanche? - P.Cohen: Entre 10 et 20 %.
Il veut financer avec ça des baisses massives d'impôts. On baisse les impôts aux Etats-Unis en augmentant massivement les tarifs douaniers. - A.-E.Lemoine: Est-ce qu'on doit taxer les produits américains? - R.Lescure: Il faut réagir.
Ce qu'on n'avait pas fait en 2018, quand il avait taxé dans un 1er temps l'Airbus et le vin. A l'époque, il avait taxé le vin français et le vin espagnol mais pas le vin italien. Du jour au lendemain, s'il applique des tarifs, il faut qu'on réagisse et qu'on en applique autant. - P.Cohen: Tout le monde est perdant, à ce moment-là.
Si le commerce mondial s'effondre... - R.Lescure: C'est pour ça que le programme économique de Trump, America First, n'est pas bon. - A.-E.Lemoine: Pas dans une économie mondialisée. - R.Lescure: Même dans une économie qui l'est de moins en moins, on peut faire des subventions à l'industrie américaine.
J.Biden l'a fait. Il a investi massivement dans l'industrie américaine avec déjà du protectionnisme.
Si vous ajoutez des tarifs douaniers là-dessus, on a un vrai sujet. On peut réagir. Il faut qu'on investisse.
Il faut qu'on fasse nous-mêmes ce qu'ils font et ce qu'ils ne faisaient plus. La Chine était l'atelier du monde pendant des années. Il faut que l'Europe soit l'atelier de l'Europe.
Ca ne va pas se faire avec 3 euros. M.Draghi, ancien gouverneur de la Banque centrale, ancien homme politique italien, a publié un rapport.
On a une recette de ce qu'il faut faire. 600 milliards d'euros. Un autre dirigeant italien a expliqué comment il fallait que le marché européen soit beaucoup plus ramassé.
Aujourd'hui, aux Etats-Unis, il y a quelques opérateurs téléphoniques. En Europe, il y en a 100. Il dit qu'il faut faire un vrai marché des télécoms pour avoir une quinzaine ou une vingtaine d'opérateurs européens pour qu'ils soient plus efficaces et qu'on paie moins nos communications.
On a des banques dans tous les pays. Si on rassemble les marchés de capitaux européens, on pourra financer la transition écologique qu'on doit mettre en oeuvre. - A.-E.Lemoine: 600 milliards.
La France va donner combien, elle qui cherche à faire des économies? - R.Lescure: C'est un des messages que je fais passer au gouvernement dans le cadre de ce budget.
Economiser sur les dépenses, oui, économiser sur les investissements, non. On a une des plus grandes aciéries d'Europe, à Dunkerque, opérée par Arcelor. Elle est très carbonée.
Demain, on pourra faire de l'acier à partir de l'hydrogène. Ca coûte 2 milliards de décarboner Arcelor à Dunkerque. Aux Etats-Unis, ils décarbonent les aciéries.
Il faut qu'on fasse ça aussi. Sinon, monsieur Mittal ira faire son acier aux Etats-Unis. Comment on le finance?
On peut le faire comme au moment de la covid, par un financement européen, de l'endettement européen qui finance les investissements de demain, qui financent surtout les emplois de demain, à Dunkerque et ailleurs, et qui nous permettent de répondre de manière offensive à l'attaque américaine. - A.-E.Lemoine: Si on n'est pas offensifs, on risque un choc économique? - R.Lescure: On va devenir des herbivores.
Ce sont des consommateurs. On est le plus grand marché de consommateurs au monde. On va continuer à consommer.
On continuera à mettre de l'acier dans nos voitures. L'acier sera fait aux Etats-Unis et les voitures au Maroc. Les téléphones, c'est déjà le cas.
Si on n'investit pas dans l'innovation, l'IA sera totalement américaine, on la paiera et on l'importera. - A.-E.Lemoine: La victoire de D.Trump est très nette.
Hier soir, K.Harris a tardé avant de concéder sa défaite. Il y a 2 heures, J.Biden s'est adressé aux Américains. - A.-E.Lemoine: K.Harris, dont la campagne a été marquée par des attaques en direction de D.Trump.
Ca été l'essentiel de son axe de campagne. C'était une erreur? C'était une leçon à retenir? - R.Lescure: On ne combat plus les populistes en les diabolisant.
C'est même contre-productif. Quand vous insultez D.Trump, ceux qui envisagent de voter pour lui se sentent aussi insultés. - A.-E.Lemoine: Lui ne se gênait pas pour insulter K.Harris. - R.Lescure: C'est la différence entre les populistes et les démocrates.
C'est pour ça que c'est compliqué. C'est compliqué de combattre les populistes. Le président et la vice-présidente des Etats-Unis donnent comme une nouvelle le fait qu'on va faire une transition pacifique.
La dernière ne l'a pas été. Ca s'est traduit par une invasion du Congrès. La démocratie en est là.
Elle est en danger aux Etats-Unis. Il a tous les pouvoirs. Elle l'est aussi ailleurs dans le monde.
V.Orban, ça fait des années qu'il joue avec les institutions hongroises. Ce risque est présent.
Il y a à peu près 4 milliards de gens sur la planète gouvernés aujourd'hui par des autocrates. Ils ne sont pas tous heureux de l'être mais ils le sont. Notre combat doit être d'éviter de le faire.
Il faut convaincre les électeurs qu'on les entend. Derrière, il y a des colères et des angoisses réelles. Il faut leur proposer des solutions j'espère plus efficaces que celles que propose D.Trump à l'emporte-pièce. - E.Tran Nguyen: Une partie de l'Amérique a peur, au point qu'hier soir, l'animateur J.Kimmel a ouvert son talk show en ne cachant pas son émotion.
Applaudissements. - E.Tran Nguyen: Il est au bord des larmes.
Hier matin, en se déclarant vainqueur, D.Trump a promis d'aider le pays à guérir. En est-il vraiment capable? - R.Lescure: C'est l'un de ses discours les plus apaisés qu'on a eus.
Il était un peu improbable. Par rapport à tout ce qu'il a fait pendant la campagne, il avait un ton apaisé. - P.Cohen: C'était complètement décousu. - R.Lescure: On a beaucoup parlé de Fox News.
Il y a aussi Twitter...
Je ne suis pas sûr qu'il en soit capable. C'est la victoire de la peur contre l'espoir, cette élection. Je vais rester dans le camp de l'espoir jusqu'au bout.
Ayant gagné de manière flagrante, ayant pris une revanche énorme sur les événements et sur ses adversaires, qu'il se calme un peu et qu'il savoure sa victoire... - P.Cohen: Qu'il soit assouvi... - R.Lescure: Exactement.
Le problème avec ça, c'est qu'il n'est pas aussi bien entouré qu'il y a 8 ans. - A.-E.Lemoine: Il n'y a plus les fameux adultes dans la pièce. - R.Lescure: Je ne vais pas dire que c'est la cour d'école.
C'est quelqu'un de très intelligent. C'est quelqu'un qui prend des décisions très impulsives, qui peut changer d'avis très régulièrement. Je me souviens de la visite d'Etat en 2018 avec le président.
C'était l'époque des fameux tarifs. Pendant 2 jours, on a eu l'impression qu'on arrivait à les convaincre de surseoir, de ne pas mettre ces tarifs sur le vin. 10 jours après, il a annoncé de manière unilatérale Airbus et le vin.
C'est quelqu'un d'imprévisible. - P.Cohen: Le type qu'il veut nommer comme secrétaire d'Etat est à son image, l'ancien ambassadeur des Etats-Unis en Allemagne, qui a multiplié les scandales quand il était en poste à Berlin.
Un mot sur la fermeture annoncée par Michelin des 2 usines de Vannes et de Cholet: 1254 emplois. Vous avez vu venir ces annonces? Michelin avait adressé des avertissements sur l'effondrement des ventes de pneus pour camions et camionnettes? - R.Lescure: Michelin est une entreprise innovante qui fait des pneus de 8e génération qui se vendent dans le monde entier et de pneus traditionnels de camions et de camionnettes qui se vendent de moins en moins.
Malheureusement, les entreprises ferment. Je le regrette. Le défi majeur des politiques est de s'assurer que les travailleurs et travailleuses de ces usines retrouvent des jobs.
On a annoncé 3 nouvelles usines au Havre qui vont faire des produits modernes. Il faut mettre le paquet sur la requalification. Il faut que les industries soient responsables.
Michelin est une entreprise exemplaire. - P.Cohen: Vous les croyez quand ils disent qu'on ne pouvait pas faire autrement. - A.-E.Lemoine: On ne va pas relocaliser ces emplois ailleurs. - R.Lescure: Je connais bien F.Menegaux.
Ils avaient des alertes sur la compétitivité de l'activité traditionnelle. Je ne connais pas beaucoup de chefs d'entreprise aujourd'hui, qui ferment des usines pour se faire plaisir. On l'a fait pendant des décennies.
On envoyait la production au bout du monde car c'était moins cher. C'est terminé. Pour avoir travaillé avec beaucoup de chefs d'entreprise responsables pendant mon mandat au ministère de l'Industrie, on est beaucoup plus dans l'industrie du contrat entre des acteurs publics qui doivent accompagner l'industrie et les industriels qui doivent le faire.
On a ouvert plus d'usines qu'on en a fermé tous les ans depuis 5 ans. On n'avait pas fait ça depuis 5 ans. Mais on a fermé des usines.
Il faut en ouvrir plus et qu'on s'assure que ceux qui sont dans les usines d'hier puissent aller travailler dans les usines de demain. Aux Etats-Unis, des usines ferment tous les jours. On s'occupe des salariés qui perdent leur job.
On a l'assurance-chômage, de la formation, de l'apprentissage. L'industrie de demain n'est pas celle d'hier. Il faut accompagner les hommes.
Michelin est connu dans le monde entier comme l'entreprise la plus innovante dans le pneu. Il faut continuer à développer Michelin.
Roland Lescure