Face à Face : Mathilde Panot - 31/08
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, face à face, Apolline de Malherbe. Il est 8h33 et vous êtes bien sur RMC et BFL TV. Bonjour Mathilde Panot. Bonjour. Merci de venir répondre à mes questions ce matin. Vous êtes la présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale. Vous êtes députée du Val-de-Marne. On va revenir sur les questions de régularisation de l'immigration. On va revenir sur la question de la modernisation des institutions, sur qui incarnera La France Insoumise aux Européennes. On reviendra aussi sur la baïa, mais d'abord ce qui s'est passé cette nuit. Ça s'est terminé tard dans la nuit, après 3h du matin, cette réunion à huis clos avec les chefs de parti.
Il y avait pour La France Insoumise Manuel Bompard. Il y avait également d'autres chefs de la NUPES. En sortant, ils se sont dit déçus. Et en même temps, vous n'en entendiez pas grand-chose.
Exactement. Alors déjà, je voudrais dire que l'initiative d'ampleur d'Emmanuel Macron n'avait d'ampleur que le temps qu'il a retenu les participants à l'intérieur de ce huis clos, comme vous dites. 12h. 12h, exactement. Avec de nombreuses propositions qui ont été faites, puisque la NUPES avait élaboré en commun 14 propositions, notamment puisque le président de la République parlait de référendum, un référendum sur les retraites, puisque des 49.3, des manifestations réprimées, le Parlement bafoué, ont empêché le peuple français de s'exprimer sur ses deux ans de vie volées. Ça a été refusé.
De même que sur la vie chère qui étrangle des millions de familles dans ce pays, avec le blocage des prix à la baisse, qui lui aussi a été refusé. Donc, Emmanuel Macron incarne aujourd'hui le pire de la Ve République. C'est le fait du prince. Il réunit des gens, les gens parlent. Et à la fin, comme pour la Convention citoyenne pour le climat, comme pour le grand débat lorsqu'il faisait parler les Français, eh bien, c'est lui qui décidera ce qu'il veut en retour. Vous regrettez d'avoir accepté cette invitation ? Non, je pense que c'est important que les chefs de parti de la NUPES, dont Manuel Bompard, aient été portés jusqu'au bout de nos propositions.
Il y a un document qui existe sur ce que nous avons porté. Et je vais vous dire que je suis particulièrement inquiète de cette rentrée politique dans le pays. Pourquoi ? Le président de la République a commencé par la rentrée politique, par une interview dans Le Point, dans lequel, de nouveau, il utilise les mots de l'extrême droite. Et nous sommes dans une situation recivilisée, décivilisée, et nous sommes de nouveau dans une situation d'un chaos social terrible. Et je le dis, la République est en danger dans notre pays. La République sociale, la République des libertés publiques.
Et donc, nous serons nombreux et nombreuses à aller marcher le 23 septembre à l'appel d'une centaine d'organisations, avec toutes celles et ceux qui sont attachés aux libertés publiques, à la justice sociale, et contre les violences policières.
C'est une marche, notamment contre les violences policières. On y reviendra. Mais reciviliser, déciviliser, c'est l'extrême droite. On ne peut pas dire ces mots.
Écoutez, c'est un titre d'un livre de Renaud Camus qui disait encore... Oui, mais on sait. L'année dernière, sur Sud Radio, il parlait encore de nettoyage ethnique. Donc, je pense qu'il faut savoir d'où viennent les mots.
Oui, mais Mathilde Manot, justement, faisons juste une pause pour expliquer, parce que, justement, certains se sont renseignés, des journalistes ont enquêté. Vous avez tout à fait raison que ces mots ont été utilisés, comme vous le dites. Mais, en l'occurrence, il semble que la veille de l'utilisation de ce mot par Emmanuel Macron, il ait rencontré le politologue Jérôme Fourquet, qui a parlé avec lui et qui a réfléchi à cette question de décivilisation et qui, d'ailleurs, publie un livre dans quelques semaines sur ce concept.
Vous ne pouvez pas dire que Jérôme Fourquet, c'est un fasciste ? Mais les mots ont des poids. Je ne suis pas en train de dire que c'est un fasciste. Je dis, je trouve ça problématique que le président de la République commence sa rentrée politique en utilisant des termes qui ont été utilisés dans l'histoire par l'extrême droite. Et je vais vous dire quelque chose, Madame Apolline de Malar, qui est très important. Vous savez ce qui s'est passé. Vous savez d'où il vient en ce moment. Je vais vous dire quelque chose qui est très important. Vous savez quelle est la base de la civilisation humaine. Vous décidez sûrement de ne retenir que ce qui vous a mangé là. Non, non, non.
Écoutez, c'est un titre d'un livre. Vous pensez au mot que vous utilisez. Attendez. La base de la civilisation, c'est l'entraide. Et je vais vous dire pourquoi nous sommes dans une situation catastrophique. Nous avons un problème urgent avec les enfants dans ce pays. Vous avez la mortalité infantile qui augmente de manière significative dans notre pays. L'année dernière, 2700 enfants sont morts avant leur premier anniversaire. La mortalité infantile, pour que tout le monde comprenne, c'est d'habitude un des niveaux, quelque chose, un indicateur du niveau de développement et de bien-être d'un pays.
De même qu'hier, nous avons appris qu'il y a près de 2000 enfants qui dorment à la rue dans ce pays, dont 25% sont des enfants de moins de 3 ans. De moins de 3 ans. Et c'est en augmentation de plus 20% depuis l'année dernière. Si vous continuez, la moitié des pauvres de ce pays ont moins de 30 ans, dont un tiers sont des enfants. Je le dis ici de manière très forte. Un pays qui ne prend pas soin de ses enfants de cette manière est un pays qui détruit son avenir. Emmanuel Macron est en train de tiers-mondiser la France. Et je suis très inquiète sur cette question.
De même, quand vous voyez, et je terminerai par ce chiffre, qu'un enfant sur 4 en situation de handicap n'a aujourd'hui pas de scolarité digne parce qu'il n'a pas d'AESH, d'accompagnement d'élèves en situation de grand handicap ou parce qu'il n'a pas de place dans un service ou un institut dédié. C'est très grave ce qui est en train de se passer. Nous sommes la 7e puissance économique au monde. Eh bien, j'aimerais qu'Emmanuel Macron parle de ça plutôt que d'utiliser je ne sais quel mot pour parler de l'évolve de ce pays. Est-ce qu'Emmanuel Bombard
en a parlé ? Est-ce qu'il a parlé comme vous le faites ce matin à ce micro à Emmanuel Macron hier soir de ces questions de la mortalité infantile
des enfants qui dorment dans la rue ? Oui, il a parlé de ces questions, il a parlé de l'augmentation des salaires, de la planification écologique, de la 6e république, de la question de la police dans ce pays. Nous avons fait, vous verrez, il y a un document avec 14 propositions sur lesquelles nous nous retrouvons avec la NUPES que nous avons porté en commun et je le dis, il est inadmissible que ce gouvernement ne prenne pas à bras le corps. Je vous redis juste quand même pour qu'on se rende bien compte de la situation, 1980, la France était le 5e pays de l'OCDE avec le taux de mortalité infantile le plus bas.
Aujourd'hui, nous sommes le 20e pays derrière la Lituanie, derrière la République tchèque ou derrière la Grèce. Pour vous c'est dû à quoi ? Eh bien, l'Organisation Mondiale de la Santé...
Parce qu'il y a peu d'explications, y compris du côté de la Santé officielle sur cette hausse de la mortalité infantile. En quoi pour vous c'est une raison politique ? Quel est le lien pour vous entre la présence d'Emmanuel Macron et la hausse de la mortalité infantile ? Je vais vous dire.
L'Organisation Mondiale de la Santé dit que le facteur numéro 1 sur la question de la mortalité infantile c'est la question des niveaux d'inégalité dans les pays plus des systèmes de santé. Quand vous avez des maternités qui ont été fermées à tout va, vous avez, alors je ne sais plus le chiffre exact, mais entre près de la moitié des maternités qui ont été fermées depuis 40 ans et qu'Emmanuel Macron a continué.
Vous avez un effondrement aujourd'hui de l'hôpital public et encore il y a deux jours de cela, je lisais l'histoire d'une femme qui à Bordeaux a failli mourir avec son enfant, lui malheureusement est mort, alors qu'elle était enceinte notamment pour un manque de soins qui n'a pas pu lui être accordé à temps. De même que vous avez des enfants qui sont morts parce que lorsque vous devez déplacer des femmes par hélicoptère en urgence pour pouvoir accoucher lorsqu'il y a des situations compliquées, et bien là aussi vous avez des enfants qui sont morts, je pense notamment aux petites aimées.
Mathilde Panot, est-ce que ça veut dire que vous estimez aujourd'hui que quand le gouvernement, quand le ministre de la Santé dit que certes il y a des tensions partout dans les hôpitaux, que beaucoup d'urgence ferme, mais qu'il n'y a pas pour autant de conséquences sur la santé des Français,
ils mentent ? Oui, et je pense que tous les soignants de ce pays vous le diraient. rappelez-vous toujours, nous avons eu le Covid qui est un choc extrême dans le pays. Le Covid, c'est un moment où tout le monde se rend compte à quel point celles et ceux qui sont essentiels à la dignité d'une nation sont aussi celles et ceux qui sont les moins payés et dans lesquels pendant des années on nous a demandé de faire de l'austérité. Et là, de nouveau, Emmanuel Macron qui annonce-t-il comme horizon aux Français 15 milliards de cures d'austérité, c'est ce qu'ils veulent faire pour ce nouveau budget. Donc pour vous,
une des priorités hier soir ça aurait dû être de dire on rajoute des ambulances, on rajoute des infirmières, on augmente les salaires de des soignants. Et avant le Covid,
c'est ce que j'étais en train de dire, avant le Covid, vous aviez l'ensemble de l'interurgence qui était en grève pour dire il faut arrêter de manière immédiate avec cette politique d'austérité sur la santé parce que la santé est notre bien commun. Et quand vous voyez qu'ils veulent de nouveau dans le budget cette année augmenter les médicaments, faire un nouvel impôt sur les médicaments, un nouvel impôt sur les consultations, parce que vous avez un nouvel impôt sur les médicaments, c'est rajouter une franchise.
C'est rajouter une franchise, concrètement ça reviendrait probablement à 50 centimes par boîte de médicaments qui ne seraient pas remboursées. Conférence sociale, malgré tout, conférence sociale sur les bas salaires, justement, sur toutes les branches où on commence en dessous du SMIC. L'Elysée a confirmé que ça avait été en discussion et que c'était prévu dans les semaines ou les mois qui viennent. Ça c'est quand même
une avancée obtenue hier soir ? Alors on va voir si effectivement elle se concrétise parce qu'il y a eu des discours différents qui ont été entendus mais soit disons que cette conférence sur les bas salaires existe. Eh bien Emmanuel Macron nous fait juste perdre du temps. Depuis combien de temps demandons-nous à la France Insoumise avec Jean-Luc Mélenchon comme candidat à la présidentielle d'avoir une conférence sur les salaires, d'avoir des négociations par branche pour augmenter les salaires par branche depuis combien de temps ? Eh bien depuis au moins trois ans nous demandons cette conférence-là et depuis trois ans l'intersyndicale la demande et il ne se passe rien.
Donc peut-être que Emmanuel Macron sur un sujet est revenu à la raison mais j'attends de voir parce que franchement quand vous voyez ce qu'il a fait par exemple de la Convention citoyenne pour le climat qui avait fait un travail excellent et dont ils ont jeté 90% des propositions à la poubelle je ne suis pas sûre que j'ai envie de faire confiance à Emmanuel Macron sur cette question.
Vous n'êtes pas dupe là-dessus. Mathilde Panot sur la question du pouvoir d'achat vous disiez que ça aurait été l'une des priorités à vos yeux lorsqu'on le voit l'augmentation des prix notamment sur les fournitures vous feriez quoi vous sur les fournitures quand vous entendez Gabriel Attal de nouveau ministre de l'éducation qui dit je vais tenter de trouver une solution pour aider les plus modestes ceux qui travaillent
qui n'ont pas d'aide vous feriez quoi vous ?
Alors vous avez d'un côté un gouvernement qui augmente la location de rentrée scolaire de 5,6% d'accord et l'augmentation des fournitures scolaires c'est 11,3% donc vous comprenez qu'il y a un problème et qu'il y a un mensonge sur le fait que avec cette hausse cette revalorisation de la location mais là il n'y a pas de mensonge ils n'ont jamais dit que ça allait qui disait qu'avec la location de rentrée scolaire on pouvait tout combler ce n'est pas vrai nous nous avons fait une proposition de loi que nous avons déposée à l'Assemblée nationale qui redit nous voulons une école publique entièrement gratuite ça coûterait madame Apolline de Malherbe 7 milliards d'euros 7 milliards d'euros c'est juste 4% de ce que les 500 familles ont accumulé en plus l'année dernière donc ce n'est pas grand chose dans ce pays d'autant plus quand on voit que la France est devenue aujourd'hui le troisième pays au monde avec le plus de millionnaires
quand vous dites les 500 familles c'est un peu un mot à l'ancienne mais ça veut dire quoi
c'est les 500 familles les plus riches de France exactement c'est ce qui est indiqué dans des études les dividendes
la distribution aux actionnaires des groupes ont été effectivement colossales cette année dans un certain nombre de secteurs y compris dans l'agroalimentaire où pour autant les prix ont augmenté et les marges ont augmenté vous feriez quoi là-dessus est-ce qu'il faut créer un impôt spécial est-ce qu'il faut interdire pendant quelque temps le temps de l'inflation
le dividende aux actionnaires là aussi c'est une proposition que nous faisons depuis longtemps et qu'Emmanuel Macron a refusé d'écouter ça s'appelle le blocage des prix à la baisse qu'est-ce que ça crée ?
ce n'est pas un nouvel impôt ce n'est pas la TVA qui joue du coup sur les caisses de l'État c'est justement ça joue sur les marges parce que quand vous bloquez les prix à la baisse c'est les industriels qui doivent réduire leurs marges et l'Institut Laboessi qui a fait des études sur la question de la vie chère a montré qu'en un an et demi qu'un institut qui est proche de la France Insoumise qui est en un an et demi certaine de vos députés en ce moment en un an et demi la marge des industriels de l'agroalimentaire avait été augmentée de 70% donc c'est bien la preuve que la vie chère vient directement pour remplir les poches des actionnaires et d'ailleurs on le voit ils ont pris prétexte pour vous de l'inflation bien sûr et qu'est-ce que ça est donc rétribué les actionnaires ?
exactement d'ailleurs l'année dernière sur le CAC 40 vous avez 10 milliards de dividendes en plus qui sont versés alors que vous n'avez pas une augmentation des profits donc qu'est-ce que ça veut dire ça veut dire que ça a été pris sur la question de l'investissement donc sur l'avenir et sur la question des salaires
les salaires ont augmenté 13%
oui enfin quand vous regardez par rapport à l'inflation ce n'est pas non parce que les français ne le ressentent pas comme une bonne nouvelle je vous assure par rapport à l'inflation qui étrangle beaucoup de gens 18% sur les prix alimentaires par exemple c'est la dernière note de l'INSEE ça veut dire que les salaires réels sont en train de baisser et il y a eu une information qui est parue je crois hier ou avant-hier qui était là aussi dite sur BFM et que je trouve très grave c'est la question de la déconsommation un expert expliquait qu'il n'y avait jamais eu un tel niveau de déconsommation des français depuis 33 ans c'est une très mauvaise nouvelle d'abord parce que les français se privent mais ensuite parce que ça empêche de remplir le carnet de commandes de relancer une consommation populaire et donc de relancer la question de l'ample
vous n'êtes pas pour la déconsommation
alors nous sommes sur la décroissance sur un certain nombre par exemple les ressources fossiles va falloir arrêter au bout d'un moment mais bon il va falloir réfléchir à comment on fait nous nous sommes pour qu'on réponde aux besoins des français ce qui est terrible un instant Mathilde Panot
puisque vous évoquez les questions des énergies fossiles je ne sais pas si vous avez vu cette information assez surprenante d'un certain nombre de jeunes militants écologistes de 5 pays européens qui font un appel dans The Guardian pour que Greenpeace arrête de s'opposer au nucléaire ils disent que c'est démodé et non scientifique votre anti-nucléarisme disent-ils sert davantage les énergies fossiles que l'action climatique et ils parlent notamment des réouvertures des centrales à charbon est-ce qu'il faut changer de doctrine là-dessus ?
alors déjà c'est faux parce que vous regardez la France est le pays en nombre de termes d'habitants le plus nucléarisé au monde et quand vous regardez il se trouve que la France pays le plus nucléarisé au monde a dû importer du gaz de schiste ça ne vous a pas échappé donc ça montre bien que le nucléaire mène aux énergies fossiles nous nous sommes partisans en tout cas vous n'êtes pas pour changer ou pour nourrir cette question de la doctrine sur le nucléaire contrairement à ces jeunes militants et je vais vous dire pourquoi il y a une question bon il y a plein de questions il y a la question du nucléaire on va revenir au pouvoir la chambre évidemment il y a la question de la sécurité mais je vais vous dire il y a une question fondamentale que personne ne se pose c'est l'adaptation du nucléaire au dérèglement climatique et quand vous voyez qu'il faut refroidir les centrales nucléaires et que tous les étés maintenant on arrête des réacteurs nucléaires parce qu'ils ne peuvent pas être refroidis vous savez quel est le fleuve le plus nucléarisé de France le Rhône le Rhône et le GIEC explique qu'il va y avoir une baisse de débit de 40% donc comment voulez-vous continuer avec le nucléaire le nucléaire n'est pas adapté au dérèglement climatique voilà ce que vous répondez en tout cas c'est assez militant il faut faire une sortie planifiée
précisément au moment où vous me dites ça on entend que l'inflation vient de rebondir les chiffres viennent de tomber 4,8% en août un rebond qui s'explique notamment par la hausse des prix de l'énergie
et bien oui et puis alors je vous ai ressorti ça parce que je trouve ça intéressant vous avez vu entendu la première ministre qui il y a quelques jours nous expliquait que nous étions au pic de l'inflation et donc que la situation allait s'améliorer alors au pic de l'inflation c'était aussi Bruno Le Maire qui nous l'avait annoncé en juin 2022 il l'avait redit en juillet 2022 puis en août 2022 puis Mme Borne avait pris le relais en janvier 2023 pour ensuite le refaire vous avez tout un échéancier sous les yeux je sais ce que vous avez bossé vous avez beaucoup de fiches je vous dis ça pourquoi ça veut dire qu'en fait à chaque fois ils nous disent que c'est la fin mais pourquoi ?
parce que ces gens ne font confiance qu'à une chose le marché à chaque fois vous avez Bruno Le Maire qui va inciter demander et bien l'incitation ça ne fonctionne pas donc il faut prendre il faut avoir une volonté politique et je le répète il faut un blocage des prix à la baisse qui est le seul à même de faire en sorte de faire respirer le peuple français
Mathilde Panot la Baya les français sont pour l'interdiction de la Baya à l'école les professeurs sont pour l'interdiction de la Baya à l'école Sophie Binet de la CGT et pour l'interdiction de la Baya à l'école est-ce que vous n'êtes pas en train de vous tromper de combat ?
Alors déjà tout à l'heure je vous parlais de l'inquiétude que nous avions sur la rentrée politique d'Emmanuel Macron je crois que là aussi nous avons affaire à une polémique qui est lancée et qui n'est là que pour fragmenter le peuple parce que le pouvoir en place a besoin de fragmenter le peuple que va-t-il se passer ? Vous allez placer des chefs d'établissement des professeurs dans des situations qui sont inimaginables pourquoi ? expliquez-moi madame Apolline de Malherbe comment vous différenciez une Abaya d'une robe longue ?
Expliquez-moi et d'ailleurs là aussi c'était sur votre antenne je voyais quelqu'un alors avec des photos qui étaient montrées en nous expliquant comment est-ce une Abaya n'est-ce pas une Abaya et à la fin l'interlocutrice qui était là qui défendait la mesure du gouvernement a dit il faut appréhender ça selon bon elle n'a pas dit la couleur de peau elle n'a pas dit mais elle dit selon la personne que c'est selon donc en fait on va être sur un arbitraire quand vous rentrez dans une classe on va être sur un arbitraire
quand vous rentrez dans une classe Mathilde Panot est-ce que le fait de porter une Abaya ou non ne distingue pas ceux qui sont d'une appartenance religieuse par rapport aux autres ? non
d'ailleurs ce n'est pas à nous de dire quand vous avez une religion qui explique que ce n'est pas un vêtement religieux est-ce que vous croyez
ce que vous dites ? là pour le coup quand vous rentrez dans une classe est-ce que vous vous dites que celles qui portent ce type de robe ne sont pas
d'appartenance religieuse musulmane ? que disent certains que ça serait une attaque qui porte la Bahia ? que ça serait beaucoup de gens qui viennent de pays comme des pays d'Afrique du Nord qui sont avec des familles qui sont issues d'Afrique du Nord et qui ne sont pas tous musulmans et musulmanes je vais vous dire quelque chose
alors d'abord ce n'est pas des gens c'est des filles
oui des filles et vous avez raison d'ailleurs c'est toujours sur le corps des filles qu'on s'attaque donc vous avez raison de le préciser
pourquoi est-ce qu'elles le portent ?
alors je vais vous dire quelque chose certains disent que le regard de l'homme
qui se porte sur elle est-ce que ce n'est pas la question aussi de l'égalité
regardez alors déjà vous le savez peut-être mais quand vous êtes par exemple au collège c'est des moments où vous êtes dans des moments de puberté votre corps change et beaucoup de jeunes femmes choisissent souvent d'avoir des vêtements amples que ce soit des abayas des sweats ce qu'elles veulent et d'ailleurs les femmes et les filles de ce pays peuvent porter ce qu'elles veulent première chose deuxième chose si c'est vraiment
donc ce n'est pas des jeunes filles musulmanes qui portent l'abaya ça n'a rien à voir attendez
si c'est vraiment une attaque à la laïcité où on nous explique que ça serait une manière de détourner la loi de 2004 alors vous avez d'un côté déjà le culte musulman qui explique que ce n'est pas un vêtement religieux et ce n'est ni à vous ni à moi de le dire première chose la deuxième chose c'est que regardez quand est-ce que c'est porté
une croix une croix n'est absolument pas demandée par le clergé le clergé ne demande pas aux fidèles de l'église catholique de porter une croix donc si vous demandez au clergé si c'est demandé non mais c'est important c'est un argument qui va dans cette question de comment est-ce qu'on distingue la vérité c'est comment est-ce qu'on distingue quelqu'un quand on rentre dans une classe est-ce qu'à première vue vous dites celles qui portent l'abaïa ne sont pas musulmanes est-ce que vous avez déjà vu des jeunes filles laïques ou des jeunes garçons puisque vous disiez gens non genrés portent des abayas
oui parce que je viens de vous expliquer que vous étiez incapable vous comme moi de distinguer une abaya d'une robe longue donc vous êtes incapable et je vais juste terminer souvent souvent il n'y a pas de doute vous avez donc des abayas qui sont plus portés dans 0,1 je ne sais pas combien pour cent d'établissements parce que là on est en train de parler d'un problème qui est un problème peanuts dans le pays et d'ailleurs la plupart des français ne savent même pas ce que c'est un abaya sont souvent portés en septembre et en mai en juin donc ce n'est pas un contournement de la loi de 2004 c'est adapté à la météo voilà c'est une tenue dans laquelle donc pour vous Sophie Binet est islamophobe ?
mais je n'ai pas du tout dit ça et d'ailleurs quand vous regardez la CGT éducation elle dit il ne faut surtout pas tomber dans ce piège-là quelle est la situation aujourd'hui de l'école publique c'est que je vous parlais des enfants en situation de handicap qui sont déscolarisés je vous parlais des 15 millions d'heures je suis 100% d'accord
vous avez donné des faits sur des réalités très douloureuses face à l'éducation nationale je recevais ici même à ce micro le maire de Grigny hier matin qui disait toutes les difficultés effectivement auxquelles il fait face et notamment l'absentéisme des professeurs la difficulté à recruter des professeurs etc mais ça n'a rien à voir on peut quand même aussi parler de la question de la baïa ou est-ce que du coup
on n'a pas le droit d'en parler mais ce n'est pas une question de ne pas avoir le droit d'en parler c'est qu'on commence une rentrée qui est catastrophique sur beaucoup des aspects et la seule chose que fait ce pouvoir c'est diviser, diviser, diviser et bien je le dis la baïa n'est pas le sujet prioritaire du pays loin de là et la seule chose pour laquelle il crée cette polémique c'est pour fragmenter le peuple Mathilde Panot
présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale merci d'avoir répondu à mes questions ce matin merci
Mathilde Panot