Le protocole migratoire entre Bardella et Reform UK "est un accord courageux" (Jean-Philippe Tanguy)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 1:21RelanceÉludée
Le RN, parti anti-immigration, est d'accord pour accueillir davantage d'immigrés en situation illégale?
- 2:42RelanceÉludée
Au nom de quoi la France accepterait de récupérer des migrants qui, dans le droit actuel, iraient en Grande-Bretagne?
- 3:22FerméeÉludée
Pourquoi la France récupérerait-elle des migrants repêchés dans les eaux britanniques?
- 4:06RelanceÉludée
L'application concrète d'un tel accord voudrait dire qu'il y aurait davantage d'immigrés en situation illégale sur le sol français?
- 4:48FerméeÉludée
Que gagnerait la France avec l'application de ce protocole d'accord?
- 5:31RelanceÉludée
Vous ne m'avez pas répondu.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:58J.-P.TanguyFait
« Il faut des règles claires. Nos 2 pays expulseront systématiquement tous les clandestins et les personnes qui n'ont pas leur place dans notre pays. »
- 2:42J.-P.TanguyFait
« La réponse que je vous apporte ne convient pas à la façon dont vous percevez les choses. »
- 3:22J.-P.TanguyFait
« Etre souverainiste, ce n'est pas le droit international à la carte, l'Etat de droit à la carte. »
- 4:06J.-P.TanguyFait
« Le droit international, c'est la même règle pour tous les pays. Comment voulez-vous que la France demande à des pays de reprendre les bateaux qui partent de leurs côtes et que la France ne s'applique pas cette règle à elle-même? »
- 6:47J.-P.TanguyPromesse
« Non, ils seront expulsés. Dans un gouvernement de J.Bardella, présidé par M.Le Pen, les clandestins en France seront expulsés. »
- 7:20J.-P.TanguyFait
« C'est un accord courageux, cohérent. On ne fait pas de la politique à la petite semaine. »
- 8:58J.-P.TanguyFait
« Vous trouvez ça problématique de se faire applaudir par un peuple ami? »
- 9:42J.-P.TanguyFait
« La frontière se gère à deux. Où est la frontière, aujourd'hui, avec les traités du Touquet? Elle est en France. »
- 10:24J.-P.TanguyFait
« On ne se prononce pas sur les élections étrangères. Les Allemands voteront librement. »
- 14:43J.-P.TanguyPromesse
« On continuera le soutien à l'Ukraine, humanitaire, en armes défensives et le soutien que nous estimons bon, mais sans automaticité. »
- 15:24J.-P.TanguyFait
« La France doit savoir comment sont employées ces armes. Nous sommes en situation de cobelligérance. »
- 21:48M.Le PenFait
« Je ne veux pas que mon peuple soit sous tutelle de gens que nous n'avons pas élus. Et puis, je ne veux pas de l'austérité à vie. »
- 23:12J.-P.TanguyFait
« Nous avons totalement assumé ce changement. La tutelle existe déjà. »
- 23:52J.-P.TanguyFait
« Ce serait une règle puissante. L'erreur que nous avons peut-être faite chez les souverainistes, c'est d'avoir sous-estimé la malhonnêteté et l'incompétence de nos adversaires. »
- 24:35J.-P.TanguyChiffre
« Quand on peut présenter un budget à 4,4 % de déficit qui est en fait à 5,8 % de déficit... Quand il y a 40 à 50 milliards d'euros de recettes faussées... »
- 25:19J.-P.TanguyFait
« Non. De la prévarication. »
Temps de parole
- ?100 %
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le nouveau rendez-vous politique du service public. ... - B.Duhamel: Bonjour à tous. Je suis très heureux de vous retrouver pour "Franc-jeu", votre grande émission politique hebdomadaire du service public chaque dimanche, sur France Inter et sur France 2. Nous recevons aujourd'hui le député RN de la Somme, fidèle de M.Le Pen et "monsieur économie" du parti, J.-P.Tanguy. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Dans un moment où vos prises de position au RN en ce début de campagne interrogent, sur l'aide à l'Ukraine,
l'immigration, le voile, je rappelle que c'est vous qui êtes à l'origine du débat politique de la semaine. Vous avez réaffirmé la volonté du RN d'infliger une amende aux femmes portant le voile dans l'espace public. Sur ce thème, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, C.-E.Hafiz, viendra vous interpeller dans la 2e partie de cette émission. Vous pourrez en débattre. Voilà pour le programme. J.-P.Tanguy est l'invité de "Franc-jeu", sur France 2 et France Inter. C'est parti. ... Je voudrais commencer par ce déplacement très commenté de J.Bardella au Royaume-Uni, en soutien à N.Farage,
de Reform UK. Ils ont signé un protocole d'accord qui prévoit, s'ils deviennent tous les 2 Premiers ministres, que les migrants interceptés dans la Manche, même dans les eaux britanniques, seront ramenés en France avant une éventuelle expulsion. Si je résume, le RN, parti anti-immigration, est d'accord pour accueillir davantage d'immigrés en situation illégale? Vous êtes sûr qu'il avait bien lu ce protocole? - J.-P.Tanguy: Absolument. Il faut des règles claires. Nos 2 pays expulseront systématiquement tous les clandestins et les personnes qui n'ont pas leur place dans notre pays. Dans la lutte contre la submersion migratoire, il y a l'enjeu de ramener les bateaux qui partent des côtes africaines, des côtes libyennes, algériennes, tunisiennes, vers le continent français. Il faut les renvoyer vers leur pays d'origine. En droit international, on ne peut pas réclamer l'application d'une règle pour les pays africains
et ne pas l'appliquer pour la France. Comme nous allons l'appliquer farouchement contre les passeurs, contre ceux qui exposent la vie de ces pauvres gens contre de l'argent, nous allons appliquer cette règle de droit international. - B.Duhamel: Pour être précis, sur ce protocole d'accord, aujourd'hui, le droit veut que quand un migrant essaie de traverser la Manche et est repêché dans les eaux britanniques, il revienne sur le territoire britannique. - J.-P.Tanguy: Ca dépend d'où il est repêché. - B.Duhamel: Avec cet accord, la personne sera immédiatement reconduite en France. Au nom de quoi la France accepterait de récupérer des migrants qui, dans le droit actuel, iraient en Grande-Bretagne? Vous êtes un souverainiste. N'y a-t-il pas là la plus absolue fracture
avec le principe de souveraineté? - J.-P.Tanguy: Absolument pas. Etre souverainiste, ce n'est pas le droit international à la carte, l'Etat de droit à la carte. On ne peut pas demander aux pays du pourtour méditerranéen de bloquer les bateaux et de les reprendre avec les migrants du pays d'origine. On ne peut pas dire à la Libye: "Reprenez les bateaux qui partent de Libye." - B.Duhamel: Pourquoi la France récupérerait-elle des migrants repêchés dans les eaux britanniques? - J.-P.Tanguy: La réponse que je vous apporte ne convient pas à la façon dont vous percevez les choses. Nous considérons que les gens qui traversent la Méditerranée...
Le droit international, c'est la même règle pour tous les pays. Comment voulez-vous que la France demande à des pays de reprendre les bateaux qui partent de leurs côtes et que la France ne s'applique pas cette règle à elle-même? Ca n'a aucun sens. Le fait que tout le monde nous tombe dessus, les macronistes en particulier... - B.Duhamel: B.Retailleau dit que c'est de "l'amateurisme". - J.-P.Tanguy: Ceux qui ont multiplié de manière exponentielle le nombre de titres de séjour et qui n'ont pas lutté contre l'immigration clandestine, c'est les macronistes. Ils utilisent les migrants et les personnes en situation clandestine dans des jeux sordides avec le Royaume-Uni. - B.Duhamel: Je vois bien que vous souhaitez ne pas répondre
à cette question et que vous allez sur la politique migratoire ou sur la question de l'immigration qui vient des pays d'Afrique. Que gagnerait la France avec l'application de ce protocole d'accord? - J.-P.Tanguy: C'est protéger la France de tous les bateaux qui passent en Méditerranée. - B.Duhamel: Là, on parle d'un accord entre la Grande-Bretagne et la France. Que gagnerait la France avec ce protocole d'accord? - J.-P.Tanguy: Un pays qui n'applique pas les propres règles qu'il demande aux autres n'a aucune crédibilité sur la scène internationale. Vous êtes tellement habitués à ne plus être crédibles avec monsieur Macron, monsieur Attal, monsieur Retailleau, sur la scène internationale...
- B.Duhamel: Vous ne m'avez pas répondu. - J.-P.Tanguy: Quel est le problème de la France, aujourd'hui? C'est que les bateaux traversent la Méditerranée et que nous devons accueillir... - B.Duhamel: Je vous parle de la Manche. - J.-P.Tanguy: D'où viennent les migrants qui traversent la Manche? Ils sont nés en France? Non, ce sont des clandestins. Une part considérable de ces gens ont traversé la Méditerranée ou vont traverser l'isthme turc. Vous réduisez un sujet à une anecdote, à savoir
le dernier passage des migrants. Ceux qui traversent l'Asie et entrent en Europe par la mer, par les côtes turques, les migrants qui viennent d'Afrique et qui traversent la Méditerranée, ne sont pas nés en France. - B.Duhamel: Restons sur les faits. L'application concrète... - J.-P.Tanguy: Vous faites croire à ceux qui nous écoutent que les clandestins sont apparus sur le territoire français. Ils viennent d'autres pays. - B.Duhamel: L'application concrète d'un tel accord voudrait dire qu'il y aurait davantage d'immigrés en situation illégale sur le sol français parce que ceux qui seraient repêchés
dans les eaux britanniques seraient immédiatement reconduits en France. - J.-P.Tanguy: Non, ils seront expulsés. Dans un gouvernement de J.Bardella, présidé par M.Le Pen, les clandestins en France seront expulsés. Ils ne resteront pas sur le territoire. Ils ne pourront pas se balader librement. - B.Duhamel: Vous engagez le RN là-dessus en cas de victoire. - J.-P.Tanguy: Bien sûr. C'est un accord courageux, cohérent. On ne fait pas de la politique à la petite semaine. C'est très peu dit dans les médias, mais les gouvernements britannique et français se livrent à un décomptage sordide. Quand les Anglais reprennent des illégaux qui viennent de France, il y a des échanges. C'est un migrant pour un autre. On propose de les récupérer pour les expulser.
On propose d'appliquer la loi. Ces échanges sordides mènent à quoi? Je suis heureux que le débat ait lieu maintenant. On va voir qui est humaniste et qui est sordide. Il y a en ce moment un bateau avec près de 200 personnes qui est en train de traverser la Manche. Tout le monde le sait, et c'est dangereux. Les équipes de secours sont là, mais personne n'ose les intercepter. Ils savent que le droit ne sera pas appliqué et qu'ils ont un intérêt à mettre leur vie en danger, car les politiciens britanniques et français ne sont pas courageux, n'appliquent pas le droit, le tout avec des bons sentiments. Ca fait 20 ans que ma région, le Pas-de-Calais, subit la lâcheté du système.
Quand ça concerne le RN, ça ne vous intéresse pas. - B.Duhamel: Il y a la question du fond et celle de la forme. Voir J.Bardella aller signer un tel accord avec un responsable d'un parti politique étranger, sous les applaudissements de la foule... Vous venez du souverainisme. N'y a-t-il pas quelque chose d'un peu humiliant pour le RN à signer un tel accord dont on a du mal à voir ce que la France y gagnerait? - J.-P.Tanguy: Absolument pas. Vous trouvez ça problématique de se faire applaudir par un peuple ami...
Vous avez donc un problème. Le peuple britannique est l'allié principal de la France depuis l'entente cordiale. Nous avons affronté ensemble les pires crises du continent européen. Nous sommes parmi les 2 seules démocraties à défendre l'Etat de droit contre tous les dangers. Votre journal parlait du film sur de Gaulle. Sans le Royaume-Uni, il n'aurait pas pu faire son oeuvre salvatrice pour la France. - B.Duhamel: Vous pensez que le général de Gaulle aurait accepté de déléguer sa frontière comme vous le dites? - J.-P.Tanguy: La frontière se gère à deux. Où est la frontière, aujourd'hui, avec les traités du Touquet? Elle est en France.
La frontière pour les migrants est en France, pas au Royaume-Uni. Là, vous n'êtes pas de bonne foi. Il y a quelque chose d'important dans ce qu'a signé J.Bardella. On va enfin partager le fardeau financier. Ce sont les Français, aujourd'hui, qui paient directement, par leurs impôts ou indirectement par la souffrance des habitants de Calais, et aussi de la baie de Somme... Elle est aujourd'hui submergée par les clandestins. La Basse-Normandie est aussi submergée, aujourd'hui. Ca n'intéresse personne. - B.Duhamel: On vote aujourd'hui en Allemagne,
dans la région de Saxe-Anhalt. L'extrême droite pourrait obtenir la majorité absolue, ce qui serait une première depuis la Seconde Guerre mondiale. Vous avez rompu avec leur parti car vous étiez en désaccord avec leur projet de remigration, d'expulsion des immigrés dits "non assimilés". Souhaitez-vous la victoire de l'AfD? - J.-P.Tanguy: On ne se prononce pas sur les élections étrangères. Les Allemands voteront librement. S'ils veulent choisir l'AfD compte tenu de l'échec dramatique des partis allemands...
- B.Duhamel: Est-ce un danger pour l'Allemagne et aussi pour l'UE de voir l'AfD gagner? - J.-P.Tanguy: Je ne pense pas que l'Allemagne laisse un parti dangereux dans son pays. Vous pouvez avoir des désaccords, et nous en avons, sans diaboliser un parti. - B.Duhamel: Considérer que chez les SS, il n'y avait pas que des mauvaises personnes, c'est bon pour vous? - J.-P.Tanguy: A titre personnel, j'étais totalement en soutien de cette rupture. Mais c'est à l'Allemagne, et pas à un parti français, de décider si un parti peut se présenter ou pas aux élections. On parle beaucoup d'ingérences dans notre pays. Mais visiblement, vous n'appliquez pas à tous les partis politiques des principes qu'ils devraient tous partager.
La France n'a pas à se mêler des élections chez les autres, et inversement. - B.Duhamel: M.Le Pen est allée soutenir V.Orban en Hongrie. - J.-P.Tanguy: Parce que c'est notre allié. On n'a pas donné de leçons au peuple hongrois. On a juste soutenu un allié. M.Le Pen n'a pas fait une allocution à la télévision. Quand le président de la 1re puissance du monde venait expliquer qu'il fallait faire barrage à M.Le Pen, vous trouviez ça tous formidable. - B.Duhamel: Parlons de l'aide à l'Ukraine. Plusieurs déclarations ont semé le trouble cette semaine sur la position du RN là-dessus. Ecoutons successivement le maire de Perpignan, L.Aliot,
et le président de votre parti, J.Bardella. - L.Aliot: On coupe le robinet, le système de santé, éducatif, l'ensemble de l'économie... Tout le monde est à l'os et on trouve de l'argent pour aller encore financer des armes pour défendre l'Ukraine? - J.Bardella: La France continuera d'engager sa responsabilité à l'international, mais nous n'engagerons rien dans le futur. La France est ruinée sur le plan financier. - B.Duhamel: On coupe le robinet ou on respecte les engagements de la France? C'est contradictoire. - J.-P.Tanguy: Absolument pas. C'est intéressant. Pour ceux qui n'ont pas suivi l'excellente interview de L.Aliot, il y a des mots avant, de S.Mabrouk.
- B.Duhamel: On pose la question de savoir s'il faut couper le robinet. - J.-P.Tanguy: On repart sur la question que nous a posée le journaliste. Vous savez très bien que ça existe. Le fait que vous ayez coupé l'entretien est très intéressant. Vous avez aussi coupé tout ce que dit... - B.Duhamel: L.Aliot reprend cette idée de couper le robinet. - J.-P.Tanguy: Vous avez coupé son interview. Il explique qu'il est un soutien à l'Ukraine. Il est allé sauver... J'ai beaucoup de mal à finir une phrase sur des sujets complexes
qui parlent de tragédies, et pas de sujets anecdotiques. C'est compliqué pour celles et ceux qui nous regardent et qui s'intéressent au fond. L.Aliot est allé récupérer 300 familles ukrainiennes, qui sont toujours, pour une grande partie d'entre elles, accueillies à Perpignan. Il a toujours pris position en défense du peuple ukrainien. Il a rappelé le soutien que nous devons au peuple ukrainien. - B.Duhamel: Si M.Le Pen est élue présidente de la République, continuerait-on les aides à l'Ukraine ou couperait-on ces aides?
- J.-P.Tanguy: On continuera le soutien à l'Ukraine, humanitaire, en armes défensives et le soutien que nous estimons bon, mais sans automaticité. - B.Duhamel: Qu'est-ce qui est fait aujourd'hui et qui ne sera plus fait si M.Le Pen est élue présidente? - J.-P.Tanguy: La France ne doit plus s'engager directement sans que le Parlement français vérifie l'engagement financier, à quoi on s'expose, les garanties et à quoi sert cet argent. Il n'y a pas de contrôle démocratique du peuple français sur ces aides, aujourd'hui. - B.Duhamel: Au Parlement européen, si. - J.-P.Tanguy: On considère que l'UE n'a pas le droit d'engager les finances de la France. Je vous le rappelle, si ça vous avait échappé. On ne peut pas nous reprocher de défendre les intérêts français, notamment financiers,
et ensuite le fait que nous contestons le fait que le Parlement européen puisse le faire sans que nous ayons consenti à cette délégation de souveraineté. A l'Assemblée nationale, on n'est au courant de rien. On vote des résolutions. - B.Duhamel: C'est une réponse précise. - J.-P.Tanguy: On vote des bouts de papier qui mélangent le soutien à l'Ukraine à l'entrée à l'Ukraine dans l'UE. On fait en sorte que les agriculteurs français soient ruinés pour favoriser des entreprises ukrainiennes qui n'ont rien à voir avec le soutien du peuple ukrainien. On veut de la transparence. On ne peut pas favoriser les intérêts américains via ces opérations. - B.Duhamel: Vous continuerez d'envoyer des armes défensives,
mais c'est quoi? - J.-P.Tanguy: Ca a toujours été la position du RN. Il y a des armes défensives, comme les canons Caesar. - B.Duhamel: Est-ce que les missiles Scalp, à longue portée, qui sont très utiles à l'Ukraine pour se défendre, pour aller frapper des stocks de munitions, ça continuera avec le RN? - J.-P.Tanguy: La France doit savoir comment sont employées ces armes. Nous sommes en situation de cobelligérance. Nous n'avons pas contesté les modes de défense du peuple ukrainien, à ce jour. - B.Duhamel: Reparlons des missiles Scalp. - J.-P.Tanguy: On n'a pour le moment pas contesté
l'emploi des armes françaises et la France ne s'est pas retrouvée, comme M.Le Pen le souhaitait depuis le début, en situation de cobelligérance. Je rappelle que c'était la position de M.Le Pen. Je constate que la pression démocratique et politique que le 1er parti d'opposition exerce sur le gouvernement français a limité l'exposition de notre pays dans des opérations qui n'étaient pas à l'avantage du peuple français, des peuples européens et de la sécurité du peuple ukrainien. On nous fait évidemment une mauvaise querelle. Comme on n'a rien à reprocher au RN et en particulier à L.Aliot, qui a été un homme formidable en étant au soutien dès le 1er jour de ces 300 familles ukrainiennes, on nous fait des faux procès. - B.Duhamel: Il y a beaucoup de faux procès, décidément...
Soit c'est la question de l'intervieweur, soit on n'a pas suffisamment compris... Parlons de l'état des relations entre M.Le Pen et J.Bardella. Nos confrères de "Libération" font état de vives tensions, notamment le récit d'une réunion concernant la venue de M.Maréchal à un événement. J.Bardella aurait affirmé: "C'est elle ou moi." Il dément, mais "Libération" maintient ses informations. Le groupe vit bien pour qu'il y ait ce genre de tensions dans des réunions? - J.-P.Tanguy: Bien sûr. C'est sans doute ce que nos adversaires déplorent. Nous avons des primaires à ciel ouvert. Les anciens macronistes se dévorent.
La gauche également. - B.Duhamel: Le fait que J.Bardella se soit agacé de la présence de M.Maréchal à une rentrée parlementaire du RN, c'est faux? - J.-P.Tanguy: J.Bardella a signé l'accord législatif il y a 2 ans avec M.Maréchal, qui a 3 députés alliés au sein de notre groupe, avec qui ça se passe très bien. M.Maréchal a été un soutien déterminant après la condamnation en première instance et jusqu'à ce que M.Le Pen puisse se présenter et soit présumée innocente... Tout va bien. - B.Duhamel: Il n'y a donc pas l'ombre d'une feuille de papier à cigarettes? Il n'y a pas le moindre agacement? Vous allez encore dire qu'on n'a pas bien compris la séquence, mais quand on voit, sur la question de la réforme des retraites, J.Bardella pousser pour une évolution de la réforme, ce qui ne sera finalement pas le cas pour M.Le Pen candidate,
quand on voit sur l'interdiction du voile dans l'espace public que J.Bardella n'était pas très allant et que la proposition a été rappelée... N'y a-t-il pas, au fond, la volonté de la part de M.Le Pen, maintenant qu'elle est candidate, de "débardelliser" le RN et d'affirmer que la cheffe, c'est elle? - J.-P.Tanguy: Absolument pas. J.Bardella devait être notre candidat parce que le système pariait sur le retrait ou la condamnation de M.Le Pen. J.Bardella avait tous les défauts, et M.Le Pen toutes les qualités. Depuis que c'est M.Le Pen, notre candidate, c'est tout l'inverse.
Cette mauvaise foi est tellement outrancière que j'en ai parlé avec mes électeurs de la Somme, hier. Ca ne fonctionne pas très bien. Tout le monde envie le fait que ce tandem fonctionne parfaitement. J.Bardella n'est pas un clone de M.Le Pen. Et inversement, d'ailleurs. Ils apportent tous les deux quelque chose de différent. Sinon, le tandem ne servirait à rien. Ils s'autodévoreraient. S'ils N'étaient pas d'accord sur tout et qu'ils étaient des clowns, on nous dirait que c'est une secte. On a toujours le mauvais rôle. On est bien loin des préoccupations des Françaises et des Français. L'essence a passé un record historique avec le détroit d'Ormuz. Le diesel est à un niveau très élevé.
Les gens sont inquiets pour se chauffer au gaz cet hiver puisque le gaz, au 1er septembre, a pris 5 %. C'est le sujet. La une de "Libération", c'est une honte. Le fait d'aller fouiner... - B.Duhamel: "Libération" fait son travail. Parlons d'une nouvelle rubrique. Vous parlez du quotidien des Français et de ce à quoi ressembleraient les 1res semaines du RN au pouvoir. Les 100 Jours, pour tenter de comprendre ce à quoi ressembleraient les 100 premiers jours de M.Le Pen au pouvoir. M.Le Pen veut inscrire dans la Constitution l'interdiction d'un déficit. On ne sait pas à quel niveau.
Voici la position de votre parti il y a quelques années. - M.Le Pen: Je ne veux pas que mon peuple soit sous tutelle de gens que nous n'avons pas élus. Et puis, je ne veux pas de l'austérité à vie. Ce traité est le traité de l'austérité à vie. - B.Duhamel: Un traité qui instaurait une règle d'or, c'est "l'austérité à vie". Finalement, les règles de Bruxelles, ça a du bon? - J.-P.Tanguy: Ce ne sont pas les règles de Bruxelles. Ca fait partie de la campagne de diffamation contre le RN. - B.Duhamel: Décidément! - J.-P.Tanguy: "Le Monde" a fait un article sur des règles qui n'existent pas dans notre projet.
- B.Duhamel: Quelle est votre règle d'or? - J.-P.Tanguy: M.Le Pen l'expliquera le moment venu, en même temps que la trajectoire des finances publiques. On ne peut pas annoncer une règle d'or sans la trajectoire budgétaire. Monsieur Philippe a annoncé une règle d'or sans aucune économie, mais comme c'est monsieur Philippe... - B.Duhamel: Vous avez considéré que toute règle contraignante sur les finances publiques était une sorte d'obstacle au primat du politique.
Finalement, vous vous êtes converti à l'idée qu'il fallait contraindre le politique avec une règle qui empêche de créer du déficit. C'est un changement que vous assumez? - J.-P.Tanguy: Nous avons totalement assumé ce changement. La tutelle existe déjà. Compte tenu de l'aggravation de l'endettement par E.Macron, puisque nous sommes à plus de 3500 milliards de dette... 90 milliards, c'est l'entièreté de l'impôt sur le revenu. Si les Français n'accordent pas leur confiance à M.Le Pen, les macronistes nous emmèneront vers un destin à 150 milliards d'euros d'intérêts par an, ce qui mènerait à la faillite de la France. - B.Duhamel: Que se passe-t-il si cette règle d'or
n'est pas respectée? Ca veut dire que ce serait censuré par le Conseil constitutionnel? - J.-P.Tanguy: Ce serait une règle puissante. L'erreur que nous avons peut-être faite chez les souverainistes, c'est d'avoir sous-estimé la malhonnêteté et l'incompétence de nos adversaires. Je ne pensais pas qu'un gouvernement démocratiquement élu qui vient devant le Parlement était capable de maquiller, pour ne pas dire truquer, les comptes de la nation. Les médias n'en ont pas fait beaucoup écho.
Quand on peut présenter un budget à 4,4 % de déficit qui est en fait à 5,8 % de déficit... Quand il y a 40 à 50 milliards d'euros de recettes faussées... Quand, en pleine période électorale, à savoir les élections européennes et les élections législatives, le gouvernement a acheté des voix en dépensant de l'argent qu'il n'avait pas... Oui, nous sommes face à un gouvernement qui s'est très mal comporté, qui a été incompétent, qui a mis en danger les comptes de la nation. Tous ces gens qui ont faussé les comptes de la nation ne pourraient pas se représenter, dans un autre pays, mais en France, ça passe crème. - B.Duhamel: Vous parlez d'acheter des voix. C'est de la corruption?
- J.-P.Tanguy: Non. De la prévarication. - B.Duhamel: Ils sont passibles de poursuites. - J.-P.Tanguy: J'ai fait des articles 40. J'ai été au bout de ma pensée. J'ai fait des articles 40 contre monsieur Attal pour dénoncer son comportement. Quand vous êtes Premier ministre, que vous avez été ministre du Budget, que vous dépensez de l'argent que vous n'avez pas pour gagner les élections européennes... Ce qui a été vain, puisque J.Bardella a fait 2 fois plus de voix que le candidat de monsieur Attal. Lorsque vous continuez à financer des dépenses qui n'existent pas pour ne pas assumer votre bilan, c'est de l'achat de voix.
Le gouvernement n'a toujours pas rétabli les comptes. Si M.Le Pen n'est pas élue, ils veulent faire payer les gens, comme avec les soins dentaires, l'augmentation de la franchise médicale... C'est ce qui attend les Français avec E.Philippe et G.Attal. - B.Duhamel: Je vous demande de répondre aux prochaines questions en un mot. Oui ou non à un gouvernement RN avec S.Knafo comme ministre? - J.-P.Tanguy: Je suis sans voix. Ca n'a pas d'intérêt. - B.Duhamel: Donc, plutôt non?
- J.-P.Tanguy: Je ne suis pas aspirant Premier ministre et encore moins candidat à la présidentielle. Je siégerai avec tous ceux que décident M.Le Pen et J.Bardella. - B.Duhamel: Est-ce que la chroniqueuse X.Fedorova pourrait obtenir un titre de séjour si vous accédez au pouvoir? - J.-P.Tanguy: Le droit sera appliqué. - B.Duhamel: Si vous deviez voter à la primaire de gauche, est-ce qu'il y a un candidat qui vous paraît intéressant, ou dont vous ne seriez non pas proche, mais le moins éloigné possible? - J.-P.Tanguy: France Inter a validé la TVA à 0 % sur les produits de première nécessité, proposition de F.Hollande.
- B.Duhamel: Il n'est pas candidat à la présidentielle. - J.-P.Tanguy: Il est candidat à tout, comme il l'a toujours été. Quand vous me disiez que baisser la TVA sur l'énergie, c'était illégal et impossible à faire, vous ne lui avez pas dit ça. - B.Duhamel: Vous m'avez mal écouté. - J.-P.Tanguy: Ce ne sont pas les mêmes questions pour Tanguy que pour Glucksmann ou Hollande... - B.Duhamel: Les médias ont le dos large, aujourd'hui. - J.-P.Tanguy: On est responsables, en étant dans l'opposition. - B.Duhamel: Un mot pour qualifier M.Pigasse? - J.-P.Tanguy: Fripouille. Il a insulté M.Le Pen. Pareil, ça a été mis sous le boisseau. Il a relayé des insultes. On ne peut pas dire ça? - B.Duhamel: Il a insulté M.Le Pen au festival Rock en Seine.
- J.-P.Tanguy: Il a relayé les insultes "fuck M.Le Pen". En France, c'est des faux-culs partout. Le fait que monsieur Pigasse insulte M.Le Pen avec son argent privé en pleine campagne électorale, c'est normal. - B.Duhamel: Un mot pour qualifier V.Bolloré?
Jean-Philippe Tanguy