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Discours / meetingyoutube.com· 18 octobre 2026 16 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleJusticeEurope & international

Fabien Roussel à Châteaubriant : « Soyons dignes des 27 fusillés ! »

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:58Invité politiqueFait
    « le révisionnisme a pour but d'effacer les responsabilités des coupables, de brouiller les frontières entre bourreaux et victimes »

Temps de parole

  • Fabien Roussel100 %

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Fabien Roussel

Monsieur le préfet, mesdames et messieurs les parlementaires, monsieur le maire de Château Brillant, madame la présidente de l'amicale de Château Brillant Vauv Rouiller un cours, cher Karine, madame la secrétaire générale de la CGT, chère Sophie, mesdames et messieurs les maires les élus, mesdames et messieurs les représentants des associations les portes drapeaux Mesdames et messieurs venus nombreux mais aussi les lycéens et les lycéennes que j'ai rencontré tout à l'heure.

Nous voici réunis dans cette clairrière de château brillant à l'endroit même où le 22 octobre 1941 27 hommes amoureux de la France à en mourir tombèrent sous les balles de leur bourreaux allemands condamnés à mort par le gouvernement du maréchal Pétin et son ministre de l'intérieur Pierre Pucheux. Ils étaient 27, ouvriers, militants communistes, responsable de la CGT, tous engagés, tous partisans de la fraternité humaine. Ils avaient des convictions, des camarades, des familles, des rêves et une vie devant eux. Ils avaient cette certitude fondée par leur engagement politique et syndical.

qu'il ait des heures où détourner les yeux devient une trahison insupportable à soi-même et ils sont morts debout. Et nous sommes ici 85 ans plus tard pour leur dire que leur mort n'a pas eu le dernier mot. Car une commémoration ne saurait être un refuge dans le passé. Nous ne sommes pas réunis pour nous donner à bon compte le beau rôle de ceux qui savent reconnaître le courage d'hier. Nous sommes ici parce que leur histoire nous met en demeure de regarder la nôtre. Les morts de château brillant ne nous demandent pas de nous souvenir. Il nous demande ce que nous faisons de leur héritage. Et cette question, elle doit nous accompagner chaque jour, aujourd'hui plus que jamais.

Car les discours de haine sont de retour en France comme en Europe comme sur tous les continents et il s'accompagne d'une autre menace plus insidieuse mais tout aussi dangereuse celle du mensonge, celle du révisionnisme historique. cette entreprise de déconstruction de la mémoire qui réécrit le passé pour rendre acceptable ce qui ne l'était plus, ce qui ne devrait jamais l'être. Le révisionnisme a pour but d'effacer les responsabilités des coupables, de brouiller les frontières entre bourreaux et victimes, entre résistants et collabo, entre ceux qui ont combattu le fascisme et ceux qui lui ont ouvert les portes. Cette volonté de réécrire l'histoire ne date pas d'aujourd'hui.

Et la justice en France d'ailleurs condamne leurs auteurs comme ceux qui ont pu déclarer et parfois déclar même encore que les chambres à gaz étaient un point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Ma présence ici comme secrétaire national du Parti communiste français participe de ce combat pour l'histoire et pour notre mémoire collective. Car ceux que nous honorons aujourd'hui sont bien des dirigeants et des militants du parti communiste français tomber au côté de responsables syndicaux de la CGT oage de gendarmes français et ils ont été fusillés dans cette clairrière par des soldats nazis. L'histoire est constituée de faits.

Ils sont ici à Château-Brillant implacables et sans appel. Car la folie criminelle de l'occupant a bien été secondée par des Français, par l'État français. Ici comme partout en France, du Montval Valérien au Veldive, beaucoup de sang. a coulé le sang des victimes civiles parce qu'ils étaient juifs zigan ou homosexuel celui des résistants parce qu'ils s'engageaient pour la France et pour notre liberté ils étaient de confessions et d'origine politique diverses du général de Gaul à Pierre Brosselette de Germaine Tillon à Edmond Michel. Les hommes et les femmes qui se sont engagés dans la résistance ont fait un choix. Ils étaient métallo, ouvriers, paysans, journalistes, préfet.

Ils ont fait un choix tandis que d'autres choisissaient la collaboration avec l'ennemi et les communistes français ont fait le choix de la résistance. eter les premières heures de la guerre. Que la nation toute entière se souvienne de toutes celles et ceux dans la diversité de leurs opinions, de leurs confessions qui ont fait ce choix. Et ne laissons pas les ingénieurs de la grande confusion salir leur mémoire, piétiner leur vertus, car ils n'étaient pas nombreux. celles et ceux qui courageusement ont pris les armes dès les premiers jours de l'occupation contre les bourreaux de la France.

Mais ils n'étaient pas nombreux non plus, celles et ceux qui combattaient l'idéologie fasciste dès le début des années 30 en Europe, en 1922 contre Mussolini en Italie, contre Hitler en Allemagne en 33, contre les ligues faxieuses en France dès 1934 ou contre Franco et ses armées en 36. Mais à chaque fois, les fascistes ont trouvé sur leur route les communistes. Et à chaque fois dans ces pays, les partis communistes ont été interdits. Leurs militants pourchassés, torturés, condamnés, ouvriers, paysans, intellectuels, étudiants. Des milliers de nos camarades européens ont perdu la vie avant que l'Allemagne n'envahisse la France. Puis ce fut le tour de la France.

Et là aussi, il n'était pas nombreux en septembre 1938 à l'Assemblée nationale à refuser les accords de Munique signés en septembre 38 par Hitler, Mussolini, Chamberlin et le président du conseil des ministres Édouardier. 75 députés seulement dont 73 communistes refusèrent la honte et la trahison. Et c'est le même daladier qui fit interdire le journal le journal l'humanité puis le parti communiste français et toutes les organisations qui en dépendaient. Malgré ces interdictions, les communistes français font le choix de la résistance et appellent le peuple à l'unité, à l'action.

À l'image de l'appel lancé par le député communiste déchu Charles Tillon le 17 juin 40, quelques heures avant l'appel du général de Gaul. Dans les semaines qui suivirent, la résistance s'organisée, communiste, socialiste, gauliste, patriote, une France combattante, courageuse, minoritaire sortait de l'ombre et multipliait les sabotages. C'est notre fierté devant l'histoire à nous communistes d'avoir avec d'autres mener ce combat pour la République et pour la liberté. Et c'est notre patrimoine inaliénable aussi que d'avoir permis avec la section juive de la MOI et l'Union des juifs pour la résistance d'avoir pu sauver des centaines d'enfants juifs de la déportation.

C'est l'honneur de Marcel Paul et d'Henri Krazuki que d'avoir protégé à Buckenwald au camp de concentration l'ingénieur de l'aéronautique du nom de Marcel Bloc qui par la suite s'est appelé Marcel d'Assu pour préparer la renaissance de la France libre. C'est notre fierté. La mémoire est une responsabilité envers les morts, mais aussi envers les vivants. Et nous ne pouvons pas accepter que les morts soient privées de leur combat et que les bourreaux soient absus par l'oubli. Ici à Château Brillant, nous savons, nous qui sommes réunis, qui furent les victimes et nous savons qui les livra.

Et aujourd'hui, nous savons quelles sont les forces politiques qui sont les vraies héritières de ce combat et fier de ce qu'ils sont faits. Et nous savons aussi quelles sont les forces politiques aujourd'hui qui sont héritières de Vichi, de la collaboration et qui ont été fondés par d'anciens Vafenesses et qui sont toujours animés par la haine, par le racisme et l'antisémitisme. Nous le savons. C'est pourquoi la fidélité au fusiller de château brillant ne se mesure pas seulement à la sonalité de nos cérémonies. Elle se mesure à notre capacité à faire vivre ce pourquoi ils se sont battus. la liberté, la paix, la justice sociale.

Et dans ces heures sombres où l'on voudrait nous convaincre que les idéaux sont naïfs, que la guerre serait éternelle et que la fraternité appartient au rêve d'un autre siècle, nous devons tenir bon. Faisons vivre cette France qui choisit justement la fraternité humaine plutôt que la haine, le racisme et l'antisémitisme. Faisons vivre cette France qui respecte son peuple et protège ses enfants et il y a urgence. et je ne pouvais pas m'exprimer devant vous aujourd'hui sans revenir sur ce qui se passe en ce moment dans notre pays. Car depuis plusieurs semaines et notamment hier soir, notre pays bouillonne et vient même s'embraser dans un tourbillon de violences inqualifiables.

Au bâtiment public privé s'ajoutent des petits commerçants qui ont tout perdu, pillés et saccagés. Et à ce vandalisme, il faut compter maintenant des dizaines de blessés chez les manifestants comme chez les forces de l'ordre. Mais c'est le peuple tout entier qui saigne et c'est la France qui s'abîme et se déchire. D'où vient cette violence ? Il est urgent d'y trouver des réponses et bien sûr, il faudra savoir condamner les voyou qui devront répondre de leurs actes.

Mais mais prenons garde d'associer cette violence à un mouvement populaire qui s'exprime depuis plusieurs semaines venant de toutes les professions, de toutes les générations et qui s'exprime avec clté contre la vie chère, contre des services publics saccagés et qui réclament dignité. Dignité. Il est urgent de trouver des réponses aux mobilisations exceptionnelles des centaines de milliers de lycéens, de lycéennes, d'étudiants, de travailleurs, de retraités qui ont manifesté pacifiquement. Et c'est à elle, à eux qu'il faut savoir répondre sereinement et sérieusement.

Oui, il est urgent de faire vivre cette France qui sait s'écouter, se respecter, se mettre autour de la table pour trouver les réponses au mots de notre pays, aux revendications légitimes de notre jeunesse. La République est grande quand elle sait s'unir pour refuser la haine, la violence, le chaos, tout en écrivant en même temps et dans le respect des opinions de chacun les réponses ambitieuses, audacieuses que notre pays, que notre peuple attend à l'image du programme des jours heureux écrit par le Conseil national de la Résistance dont nous sommes fiers d'y avoir participé aussi.

Alors, avec la même volonté, la même ambition que réclame la crise dans laquelle nous vivons, soyons capable nous aussi de faire vivre cette ambition aujourd'hui pour reconstruire une France libre, indépendante, heureuse, une France en paix. garantissant à chacune et à chacun de pouvoir vivre dignement. Merci à vous. Merci à vous toutes, à vous tous. Merci à toi Karine de faire vivre cette voix qui nous rappelle que la nuit n'effacera jamais l'horizon.

Devant vous et devant leur mémoire, 85 ans plus tard, nous réaffirmons l'immense promesse de ne jamais jamais abandonner les valeurs de la République et de toujours défendre la liberté et l'espoir de toujours résister à la violence et à la haine. Soyons dignes des 27 de Château Brillant. Vive la France ! Vive la République et vive la paix.