L'Ukraine de retour en grâce auprès de Trump au sommet de l'OTAN?
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- 3:00Sébastien GobertFait
« les alliés ont quand même réitéré un soutien marqué et de long terme à l'Ukraine dans sa résistance face à l'invasion russe »
- 5:00Sébastien GobertFait
« Donald Trump a réussi son coup de force de faire payer tous les autres sauf les États-Unis »
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Le sommet de l'OTAN qui vient de s'achever à la haie ou au Pays-Bas devait être un nouveau camouflet diplomatique pour Vodimir Zelenski et pour l'Ukraine puisque toute l'organisation du sommet tournait autour des questions de dépenses et autour de comment flatter au mieux Donald Trump. Mais même si l'Ukraine n'était pas au cœur des préoccupations des Étatsmembres ces deux derniers jours, elle a quand même obtenu un certain nombre de promesses et d'assurances. Alors, faisons un petit tour.
Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette nouvelle vidéo qui change un peu la tonalité de mes précédentes vidéos puisque j'avais dit et démontrer que l'Ukraine vivait une période très difficile à la fois dans les combats le long des lignes de front, dans les bombardements de ces villes mais aussi sur la scène diplomatique. Et tout ça, ça reste vrai mais à la haie, les alliés ont quand même réitéré un soutien marqué et de long terme à l'Ukraine dans sa résistance face à l'invasion russe. Comme je l'ai dit, les priorités du sommet avaient été vidé tout contenu ukrainien.
Les discussions sur l'Ukraine ne figuraient que dans des réunions annexes. Toutes les réunions de travail étaient réservées aux seuls Étatsmembres. L'idée maîtresse du sommet, c'était de flatter Donald Trump ou en tout cas de ne pas le froisser, tout galvaniser qu'il est après la fin de la guerre de 12 jours contre l'Iran.
Et il fallait avant tout lui accorder la reconnaissance de cet objectif de dépense dans le domaine de la sécurité de 5 % du PIB, ce qui a été fait à l'issue du sommet. Et ça malgré les réticences initiales de pays comme l'Espagne. Ce qu'il fallait avant tout, c'était s'assurer que les États-Unis restent un membre actif de l'Alliance Atlantique et qu'il maintiennent la crédibilité de l'article 5 avec laquelle Donald Trump a déjà beaucoup joué, même si à la fin du sommet, il était visiblement tellement content de lui-même qu'il a assuré que les États-Unis resteront avec les alliés jusqu'au bout.
Bon après, évidemment demain, il dira sans doute autre chose et toutes les flagorneries des Européens n'auront pas servi à grand-chose, mais ça on verra plus tard quand on y sera. Mais je reviens à l'Ukraine. Dès son discours d'introduction, le secrétaire général de l'OTAN, Marc Routeux, a annoncé que il avait sécurisé non pas 20 millions d'euros de soutien pour l'Ukraine comme il le pensait, mais 35 millions d'euros donc en se projetant sur l'année prochaine.
Et il a aussi assuré que les alliés travaillaient à des mécanismes de soutien qui pouvaient jouer jusqu'en 2035. Et ça, quand on parle des alliés, on parle de tous les Étatsmembres, donc 31, sans les États-Unis. Puisque l'administration Trump n'a toujours pas annoncé de nouveaux paquets d'aide militaire en faveur de l'Ukraine depuis le 20 janvier et elle freine même la livraison des derniers lots qui avaient été décidés sous l'administration Biden.
Ça, cette annonce de Marc Routeuse, ça soulligne que Donald Trump a réussi son coup de force de faire payer tous les autres sauf les États-Unis. Et ça c'est encore une victoire pour ces méthodes de promoteur immobilier. Mais ça soulligne aussi donc que 31 États membres sur les 32 que compte l'OTAN sont prêts à soutenir l'Ukraine dans la durée.
Marc Route dans son discours a aussi réitéré la vocation de l'Ukraine à rejoindre l'alliance à un moment donné. Même si en l'état, on sait que ça n'engage pas à grand-chose, mais ça va toujours mieux en le disant et en tout cas, ça met du baum au cœur des Ukrainiens. Le plus grand moment du sommet du point de vue ukrainien, c'était la rencontre entre Volodimir Zelenski et Donald Trump qui était loin d'être garanti après que l'Ukrainien a été snobé par l'Américain au G7 au Canada il y a quelques jours à peine.
Et là, non seulement ils se sont rencontrés, mais en plus l'entrevue s'est bien passé de la vie générale. Volodimir Zelenski a été tout miu. lui-même a beaucoup utilisé de la flatterie qui plaît tant à Donald Trump et Donald Trump lui a trouvé que Vladimir Zelenski a été plus gentil que jamais.
Ce qui fait que à l'issue de la rencontre, le président américain parut vraiment préoccupé par cette guerre en Ukraine et il a même évoqué la possibilité de faire envoyer des batteries patriotes. Les patriotes, c'est un élément clé de la dépendance ukrainienne à l'assistance américaine puisque l'essentiel des systèmes d'armement sont remplaçables et ils peuvent être compensés s'ils ne sont plus livrés par les Américains, par les Européens, les Canadiens ou encore par d'autres pays. Et le fait reste toujours que les Américains disposent à la fois du meilleur renseignement militaire au monde, mais aussi des meilleures technologies militaires au monde comme ils l'ont encore démontré contre l'Iran.
Et des systèmes d'artillerie comme les Haars ou les systèmes de défense antiaérienne comme les Patriotes, ils ne sont pas encore remplaçables par d'autres. Donc pour Kief, il ne s'agit pas de demander que Washington fasse contre Moscou ce qu'elle a fait contre Terran. Ça, évidemment, ça serait le scénario idéal pour Kiev.
Mais Kiev n'est pas Jérusalem. Moscou dispose d'un arsenal militaire, ce dont ne disposait pas Teran. Et Donald Trump recherche toujours l'amitié de Vladimir Poutine, au contraire de son absence de relation avec Laatolar ramené.
Donc les Ukrainiens savent très bien qu'ils ne peuvent pas demander quelque chose de cette ampleur. Vladimir Zelenski sait aussi qu'il marche sur des œufs avec Donald Trump. Et donc s'il lui faut continuer à insister sur au moins une demande, c'est bien sur la livraison de missile patriote.
Puisque les patriotes, c'est le meilleur système de défense antiaérienne au monde qui est à même d'arrêter les missiles balistiques. Et ça, on le voit dans les frappes de ces derniers jours, l'Ukraine en a cruellement besoin. Le bilan des frappes d'hier 24 juin à DNIPro, il s'élève maintenant à 19 morts et plus de 300 blessés.
Les Ukrainiens maintenant ont bien compris qu'ils ne pouvaient plus solliciter l'assistance des États-Unis de la même manière qu'auparavant. Et donc quand il demande des batteries patriotes et des munitions, ce n'est plus sous la forme de donation ou sous la forme de prêt mais bien de transaction commerciale. Et d'ailleurs, une demande d'achat de patriote a déjà été formulée il y a plusieurs semaines mais pour l'instant elle est restée lettre morte et aujourd'hui à la haide, Donald Trump a évoquer la possibilité de faire envoyer des patriotes vers l'Ukraine, mais il n'a annoncé rien de concret, ce qui est toujours dangereux puisque on sait très bien qu'il changera d'avis après la conversation avec une prochaine personne qui lui donnera un autre son de cloche.
Mais bon pour aujourd'hui, toujours est-il que la rencontre s'est bien passée et ça vient un peu réconforter les Ukrainiens quant à la relation avec Washington et avec Maralago et s'assurer d'une relation relativement constructive avec les États-Unis. Ça permet aussi pour l'Ukraine de gagner du temps pendant qu'elle se cherche des alternatives de systèmes d'armement et de systèmes de défense antiaérienne. Évidemment, ces recherches, elles ont déjà commencer et d'ailleurs pendant ce sommet et bien les Européens eux ils ont été relativement concrets sur leur aide à l'Ukraine.
Emmanuel Macron par exemple a parlé d'envoyer plus de Mirage 2000 à l'Ukraine. Ce sont des avions qui ne sont plus de première jeunesse et qui ont été produits en petite quantité. Mais depuis la livraison d'un premier lot au début de l'année 2025, les appareils ont bien fait leur preuve dans le ciel ukrainien.
Le Royaume-Uni a aussi annoncé avoir acheté des munitions pour des systèmes de DCA en se servant de 70 millions de livres sterling d'intérêt dégagé par les actifs russes qui ont été gelés. Et c'est la première fois que le Royaume-Uni source de revenu et ça montre que la question de l'utilisation des actifs gelés, elle bouge petit à petit. Les Pays-Bas ont aussi annoncé investir 500 millions d'euros dans la construction de drones pour l'Ukraine.
On a aussi l'Allemagne, le Danemark, la Norvège, la Lituanie qui ont annoncé des investissements communs dans le secteur de la défense ukrainien, notamment dans le cadre d'un nouveau programme qui s'appelle Build with Ukraine construit avec l'Ukraine et qui consiste à investir des fonds d'origine européenne pour construire en Ukraine avec en échange la possibilité d'exporter des technologies ukrainiennes vers ces pays pour évidemment partager les innovations technologiques de ces dernières années, mais aussi pour assurer des débouchés commerciaux qui permettront de financer les productions futures. Ces investissements européens, ils s'inscrivent dans la montée en puissance des budgets de défense de la plupart des pays du continent. L'Allemagne en tête.
L'Allemagne qui visiblement a l'ambition de redevenir la première puissance militaire du continent européen. En parallèle de ces programmes au niveau nationaux, on compte aussi le plan européen Rearm d'un montant d'environ 800 milliards de dollars qui offre aussi des possibilités de financement qui n'existaient pas il y a encore quelques mois. Tous ces programmes évidemment se conjuguent avec l'effort qui a été décidé au sein de l'OTAN et ce qui fait que les lignes sont vraiment floues au niveau européen puisque on ne sait pas exactement qui va payer pourquoi, quel programme va être comptabilisé, dans quel objectif national, européen ou autant.
On ne sait pas d'ailleurs non plus si les ambitions financières sont effectivement réalisables et on a aussi un peu de mal à cerner la finalité de ces gros investissements financiers puisque dépenser plus ça ne veut pas forcément dire dépenser mieux ou avoir des armées plus efficaces. Mais ce qui est sûr en l'occurrence c'est que l'Ukraine va bénéficier de ses efforts de réarmement d'une manière directe ou indirecte. Après, la grande question en ce qui concerne l'Ukraine, elle reste toujours la même.
Est-ce que ça sera suffisant et est-ce que ça sera suffisamment rapide ? et aussi est-ce que ça va continuer à s'inscrire dans un effort transatlantique pour d'une part soutenir l'Ukraine mais aussi maintenir la pression sur la Russie à travers des sanctions primaires et secondaires ou encore à travers un effort conjoint pour réduire les rentrées financières de la Russie qu'elle tirent des hydrocarbures ? Parce que là-dessus, il faut rappeler que l'Europe, donc ça veut dire les Étatsmembres de l'Union européenne, les institutions de l'Union européenne, des pays comme le Royaume-Uni, la Suisse ou encore la Norvège ont déboursé 156 milliards d'euros depuis 2022 pour soutenir l'Ukraine.
Ça, ce sont les chiffres de l'Institut Kill qui produit beaucoup de statistiques pour tracer le soutien à l'Ukraine. C'est très bien documenté. Mais dans le même temps, les Étatsmembres de l'Union européenne ont versé à la Russie plus de 210 milliards d'euros depuis 2022 pour payer pour ces hydrocarbures.
Donc du pétrole, du gaz naturel et du gaz naturel liquéfié. Là-dessus aussi, les pays européens bougent et par exemple la Commission veut proposer d'interdire des nouveaux accords d'importation d'hydrocarbur russes à partir de 2026-2027. Mais d'une part, ça n'est pas encore accepté.
Il y a des obstacles hongrois ou slova à dépasser, mais en plus de ça, ça va prendre du temps pour avoir des effets concrets sur l'économie russe qui par ailleurs a aussi diversifié ses livraisons d'hydrocarbure à d'autres marchés. Ce qui fait que pour résumer ce qui s'est passé ces deux derniers jours, l'Ukraine continue de bénéficier d'un soutien européen marqué et sur le long terme qui se restructure assez rapidement dans le contexte du désengagement américain. Ce désengagement américain, il paraît irrémédiable, mais il n'est pas non plus immédiat et il n'est pas non plus absolu.
Il est graduel et il est sectoriel et il y a encore moyen pour les Européens de faire quelque chose avec les États-Unis dans le court terme. Et il y a moyen pour l'Ukraine de continuer à manœuvrer pour obtenir soutien politique, système d'armement, système de défense antiérien et aussi pression sur la Russie. On est très loin du soutien quasi inconditionnel dont bénéficier l'Ukraine en 2022.
On est aussi très loin de décisions fermes des Européens qui pourraient s'investir pour défendre l'espace aérien ukrainien pour renoncer beaucoup plus rapidement aux hydrocarbur russes ou saisir les actifs gelés qui se trouvent actuellement en Union européenne. Le soutien européen est continu mais il est lent. Il arrive souvent tard et il est toujours handicapé par le fait que les Européens n'ont pas défini leur but de guerre.
Est-ce que c'est une non défaite de l'Ukraine ou est-ce que c'est sa victoire ? Est-ce que c'est une défaite de la Russie ou est-ce que c'est sa non victoire et aussi pour construire quelle Europe, quelle architecture de sécurité européenne demain. Ce qui fait que d'un sommet à l'autre en fait, on a des ressentis en yoyo et on a des signaux contradictoires, mais on n pas beaucoup plus de réponses à ces dernières questions que j'ai évoqué.
Voilà, je m'arrête ici. Merci beaucoup d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. Je file et je vous retrouve très vite.