Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationyoutube.comComplaisantPortrait personnelCulture, médias & sportImmigration & asile

Manal Salamé : Beyrouth, mon amour - La Grande Librairie

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    J'aimerais vous demander quelques nouvelles qui vous parviennent de vos proches là-bas.

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Dans votre livre, le personnage s'appelle Amal. Elle revient à Beyrouth après 20 ans d'absence et la nuit, elle entend des bombes dans sa tête.

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça raconte de ce que c'est, le Liban, comme pays?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Votre héroïne va renouer avec ce pays qu'elle a déserté pendant longtemps, avec sa famille, avec un amour de jeunesse, avec des paysages, des récits, ceux de ses parents.

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Où est-ce que vous vous sentez chez vous, M.Salamé?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Vous êtes prête à traduire! Ce domicile du traducteur, on se demande où il est.

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

J'ai voulu que le lecteur soit terrifié. - Pendant que ses pensées vagabondent, il a écrit comme un automatisme impensable à tracer les grands majuscules lisibles. "A bas Big Brother". - "A bas Big Brother". - Ainsi de suite sur une demi-page. - Il est tenté de tout arracher et d'abandonner son projet. - Il sait qu'il est inutile.

Qu'il écrive "A bas Big Brother", aucune importance ou différence. - A.Trapenard: On est en direct pour une émission à la gloire de la langue française et des langues au pluriel, mais aussi d'ouverture.

Le roman dont j'aimerais vous parler maintenant est un premier roman signé M.Salamé. C'est l'histoire d'une jeune Franco-Libanaise, photographe, qui revient au Liban après 17 ans d'absence, un an après l'explosion du port de Beyrouth.

On ne sait pas très bien au début ce qui l'amène à revenir dans ce pays où vivent encore ses parents et sa soeur. On va découvrir avec elle la découverte de la société libanaise contemporaine. Beyrouth est un personnage à part entière de ce roman.

Il fait plus l'actualité en ce moment. Pour beaucoup, c'est le centre du monde. Beyrouth tremble sous les frappes israéliennes.

Ce n'est pas la première fois que cette ville se retrouve bombardée. J'aimerais vous demander quelques nouvelles qui vous parviennent de vos proches là-bas. - M.Salamé: Merci.

Il y a une récurrence dans ces guerres, qu'on disait civiles par le passé ou encore aujourd'hui...

Ce cycle qui se répète de manière indéfinie, à l'infini...

Je vous avoue que c'est se réveiller tous les matins pris entre la nausée à la vue des images qui nous parviennent par les réseaux sociaux et par les informations, mais également le soulagement, ce premier message qu'on reçoit de ses proches le matin en lisant "on va bien"...

Après, la vie continue malgré tout. Il faut bien qu'elle continue. - A.Trapenard: Dans votre livre, le personnage s'appelle Amal.

Elle revient à Beyrouth après 20 ans d'absence et la nuit, elle entend des bombes dans sa tête. J'ai tremblé en lisant ça. Il y a 15 jours, sur ce plateau, une autrice nous disait la même chose. "J'entends encore les bombes." - M.Salamé: Je me souviens de cette intervention qui a provoqué, au-delà de l'émotion, de la terreur.

Je vous le confirme. C'est quelque chose qui m'arrive dès que je retourne au Liban, dès la première année. C'est quelque chose de très...

Très difficile. - A.Trapenard: Qu'est-ce que ça raconte de ce que c'est, le Liban, comme pays? - M.Salamé: Ca raconte la fragilité de ce pays et une colère que malheureusement, on ne retrouve plus parmi les Libanais.

Il y a une lassitude, une sorte de résignation. Ce n'est pas de la résilience, mais de la résignation. Je suis parfois aussi très en colère contre le fait que les Libanais ne soient pas plus en colère, qu'ils aient l'habitude. - A.Trapenard: Je pense à l'explosion du port de Beyrouth en 2020. - M.Salamé: Il y a aussi bien des sensations de rejet que d'amour qui assaillent le personnage.

C'est quelque chose qui prend souvent quand on retourne dans son pays. Là, en l'occurrence, après 17 ans d'absence...

Il y a quelque chose que je voulais préciser, et ça fera écho avec l'oeuvre de L.Slimani, qui m'a frappée dès les 1res pages. C'est d'abord ce rêve qu'Amal fait et qui lui fait croire qu'elle ne parle plus l'arabe.

L.Slimani, vous devez vous défendre, dans votre livre, et vous ne parlez pas l'arabe. C'est terrifiant, de se dire que mon innocence tient à une langue qui m'échappe. - L.Slimani: C'est quelque chose qui m'a beaucoup touchée dans le livre.

Les gens vont dire que je suis obsédée par Kundera. Je vais encore le citer, dans ce fameux livre sur l'immigration. Les personnages sont observés par des rêves.

La journée, ils ont des rêves positifs de leur pays. Et la nuit, ils font des cauchemars. Il dit que l'émigration, c'est souvent ça.

Que ce qui rapproche les immigrés, c'est l'alternance des rêves. Il y a le cauchemar de ne plus être reconnu quand on revient, de ne plus reconnaître les lieux et d'avoir perdu la langue. - A.Trapenard: Ca résonne avec votre livre, M.Salamé.

Votre personnage a décidé de franciser son nom. Elle est devenue Amélie. Que raconte ce glissement pour vous? - M.Salamé: Il raconte surtout une sorte d'insouciance ou d'ignorance, et une prise de conscience quand elle se rend compte que son pays peut être amené à disparaître de la carte un jour.

Il y a une forme de volonté d'assimilation, au-delà de l'intégration. L'acte...

Quand on décide de franciser un prénom, il y a un acte très fort qui va au-delà de l'intégration. Ce n'est pas forcément demandé, mais c'est un peu l'impression qu'on doit, à un moment, et c'est quelque chose que j'ai vécu à titre personnel...

Pas le changement de prénom, mais cette sensation de devoir se lisser, déguiser aussi bien son allure extérieure, car on a une allure, on peut être racisé, mais également intérieure, de devoir entrer dans un moule de parfait immigré. Mais on finit par se rendre compte qu'on est arabe quand même. - A.Trapenard: Votre héroïne va renouer avec ce pays qu'elle a déserté pendant longtemps, avec sa famille, avec un amour de jeunesse, avec des paysages, des récits, ceux de ses parents.

Ca dessine encore l'histoire du Liban. On apprend aussi beaucoup de choses sur ce pays qu'on connaît, somme toute, mal. Une histoire sur fond de guerre civile et d'exil.

L'exil qui pose une question passionnante: celle du sentiment d'appartenance, du chez-soi. Où est-ce que vous vous sentez chez vous, M.Salamé? - M.Salamé: Très bonne question.

Je dis toujours "je retourne Liban" et "je retourne en France". Naître et grandir dans une multiculturalité, ça nous pousse à faire la paix avec le fait qu'on est partout et nulle part chez soi, qu'on doit vivre dans un entre-deux de manière permanente et dans un flottement, un entre-deux aux parois qui resteront poreuses et qui doivent le rester pour continuer à absorber tout ce qui peut arriver. Il faut faire la paix avec le fait qu'on est partout chez soi mais nulle part aussi.

C'est plutôt le regard de l'autre qui va nous renvoyer à notre "étrangeté", peut-être par rapport à "étranger". L.Slimani, vous le disiez.

Quand vous allez rentrer chez vous...

Moi, j'ai pu apprendre l'arabe et le pratiquer des années durant, mais c'est là où, justement, "Assaut contre la frontière" m'a tendu un miroir dans lequel j'ai vu quelque chose qui m'a effrayée. C'est me rendre compte que plus les années passent et plus j'ai besoin de plus de temps pour trouver les mots en arabe. Il y a des mots qui m'échappent.

La langue évolue. La langue n'est pas immuable. Et se dire "tiens, je ne connais plus toutes les expressions du libanais aujourd'hui", je mets plus de temps à trouver mes mots...

J'ai l'impression que ça m'échappe petit à petit. - J.Kamoun: C'est l'expérience du traducteur, ça!

Vous êtes prête à traduire! Ce domicile du traducteur, on se demande où il est. Je vous assimile au personnage du Mat, dans le tarot, qui est le personnage qui n'a pas de chiffre.

C'est le Fou, le Joker. Il prend la valeur du jeu. Il est opportuniste.

Traversons ces incarnations. Nous sommes poreux. Peut-être l'étions-nous au départ et nous nous laissons pénétrer par cette culture étrangère au point que la nôtre nous devient un peu étrangère. - M.Salamé: J'aurais apprécié que J.Kamoun soit ma professeure de traduction.

Manal Salamé : Beyrouth, mon amour - La Grande Librairie — Selma Labib · Pourquijevote