Éoliennes en mer et biodiversité : mettre fin au déni de réalité
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:22Invité politiqueFait
« La mer est le seul milieu que l'homme n'a pas encore radicalement transformé »
- 2:01Invité politiqueFait
« Est-ce que nous serons les premiers à défigurer ce milieu ? »
- 2:42Invité politiqueFait
« Il y a aujourd'hui trop d'opacité qui s'est installée sur ce débat pourtant nécessaire »
Temps de parole
- François-Xavier Bellamy100 %
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Merci Monsieur le Président. D'abord je voudrais commencer par remercier très sincèrement notre collègue Peter van Dalen pour ce rapport qui me semble être en réalité un moment essentiel pour notre commission de la pêche.
Ce rapport en effet constate de manière factuelle pour la première fois l'impact environnemental majeur de ces technologies éoliennes en mer, l'impact connu – et de fait ce n'est pas qu'une question théorique : des parcs marins existent aujourd'hui et nous pouvons documenter l'impact qu'ils ont eu sur les écosystèmes et sur les espèces – mais aussi l'impact inconnu – car nous n'en sommes qu'au début de cette technologie et le plus grave est encore que nous ne savons pas tout de ce que nous laisserons derrière nous si nous laissons se faire ces projets qui sont aujourd'hui sur le point d'être massifiés.
Impact sur les espèces marines, sur les oiseaux, impact sur les écosystèmes dans leur ensemble... et je ne comprends pas que notre collègue et Catherine Chabaud qui vient de s'exprimer puisse défendre à la fois par exemple les aires marines protégées et l'implantation de l'éolien en mer, lorsque l'on sait à quel point ces deux objectifs semblent absolument contradictoires. Les pêcheurs, eux, tirent la sonnette d'alarme et depuis longtemps.
Il me semble qu'ils ne le font pas parce qu'ils auraient été les premiers sur place ou par intérêt personnel ; ils ne défendent pas seulement leur métier, même s'ils ont bien sûr aussi le droit de défendre leur métier, mais ils défendent d'abord la mer qui est le milieu qu'ils connaissent par leur métier comme personne d'autre. Rien qu'en France, des échanges que nous avons avec les pêcheurs français, nous voyons se multiplier les inquiétudes : au large de Fécamp, dans la Baie de Saint-Brieuc qui est une zone essentielle pour la biodiversité et la reproduction des espèces, entre l'Île d'Yeu et Noirmoutier ou encore dans l'Estuaire de la Gironde qui est un site classé par l'Unesco...
Nous le savons bien, mes chers collègues, la mer est le seul milieu que l'homme n'a pas encore radicalement transformé, le seul milieu qui, lorsque nous posons sur lui notre regard, ressemble à ce que voyait nos aînés il y a des millénaires de cela. Est-ce que nous serons les premiers à défigurer ce milieu ? Est-ce que nous serons les premiers à laisser dans ce milieu – au nom d'une écologie qui devient idéologie, au nom d'un travestissement de la légitime et nécessaire préoccupation pour l'environnement – est-ce que nous serons les premiers à défaire cet héritage si singulier que la nature nous laisse ?
Il faut que notre commission se fasse le relais de l'inquiétude des pêcheurs, car comme le disait Søren Gade, si nous ne parlons pas pour eux, qui le fera ? Pendant ce temps, dans le silence, dans l'indifférence, du fait de l'aveuglement volontaire de certains, qui persistent par idéologie dans une voie sans issue – pour d'autres, par cupidité – il y a aujourd'hui trop d'opacité qui s'est installée sur ce débat pourtant nécessaire. Enfin grâce au rapport de Peter van Dalen, ce déni de réalité est sur le point de s'achever. La question qui se pose maintenant, c'est la question de savoir, dès lors que le constat est posé, quelle traduction législative nous pourrons lui donner.
Je crois que ce rapport est un premier pas fondamental. La question qui se pose aujourd'hui, c'est la question de savoir quelle décision nous en déduirons pour préserver cet héritage pour les générations qui viennent, et pour les pêcheurs, et avec les pêcheurs, bien sûr. Il est temps qu'enfin nous rappelions ici au sens de la raison, au sens du long terme et au sens, bien sûr, du bien commun – en particulier de ce bien commun que constitue cet environnement exceptionnel que nous voyons sur le point d'être aujourd'hui dénaturé. Merci encore.
François-Xavier Bellamy