QatarGate : lobbying des ONG dans les institutions européennes, financement et transparence
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:03Invité politiqueFait
« Que dit le QatarGate, fondamentalement ? Il montre la réalité d'un écosystème extrêmement dangereux qui implique des parlementaires, des collaborateurs parlementaires, d'anciens parlementaires issus du groupe socialiste dans ce cas précis, et puis des ONG dont l'une d'entre elles, qui s'appelait ironiquement “Combattre l'impunité” (Fight Impunity), servait en réalité de caisse noire à des opérations de corruption au bénéfice du Qatar. »
- 3:33Invité politiqueFait
« nous avons vu, malheureusement, la gauche unie, s'opposer à la possibilité même d'un débat sur ce sujet, et nous n'avons pas pu modifier l'ordre du jour à cause de ce vote. »
- 4:17Invité politiqueFait
« sur les questions migratoires, nous voyons aussi des ONG en pointe pour assumer la dernière étape du travail des filières des passeurs dans la route des migrants vers l'Europe. »
Temps de parole
- François-Xavier Bellamy100 %
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Bonjour à tous, Vous voilà plongés dans cette ambiance de fin de session plénière, ici à Bruxelles. Et je voudrais vous raconter une petite histoire qui a marqué le début de notre session. Au tout début, lorsque les députés se retrouvent, nous votons sur l'ordre du jour et sur les débats qui peuvent être éventuellement ajoutés à l'agenda de la session plénière. Avec notre groupe, le PPE, nous avons proposé, cette fois-ci, que, dans le cadre du QatarGate, qui est toujours au cœur des préoccupations de l'institution, nous puissions ajouter un débat à l'ordre du jour de notre session plénière, sur la nécessaire transparence des organisations non-gouvernementales.
Les ONG sont très nombreuses dans le lobbying, ici au Parlement, elles sont omniprésentes. Et je le vois, par exemple, en commission de la pêche ou bien en commission de l'Industrie, nous avons l'occasion d'échanger avec des acteurs économiques, des entreprises, mais aussi beaucoup avec des ONG qui viennent défendre, par exemple, la cause de l'environnement ou des droits sociaux. Ces ONG, évidemment, sont souvent légitimes dans leur engagement, et il m'arrive d'ailleurs de partager des points d'accord avec certaines d'entre elles.
Mais la difficulté à laquelle nous sommes confrontés, c'est que si nous faisons l'effort de faire de la transparence dans le mandat parlementaire, nous devons déclarer nos revenus, nous devons, évidemment, publier absolument toutes les sources de financement qui concourent, par exemple, à une campagne politique, ou à la vie d'un parti politique, eh bien, il n'en est pas de même de ces ONG qui, elles, pour le coup, souvent, cultivent une opacité, ou en tous les cas, parfois, une opacité extrêmement préjudiciable à la qualité, à la sécurité des travaux que nous pouvons mener ici au Parlement, en étant en relation avec beaucoup d'entre elles. Et on l'a vu très bien dans le QatarGate.
Que dit le QatarGate, fondamentalement ? Il montre la réalité d'un écosystème extrêmement dangereux qui implique des parlementaires, des collaborateurs parlementaires, d'anciens parlementaires issus du groupe socialiste dans ce cas précis, et puis des ONG dont l'une d'entre elles, qui s'appelait ironiquement “Combattre l'impunité” (Fight Impunity), servait en réalité de caisse noire à des opérations de corruption au bénéfice du Qatar. Et il est donc nécessaire, si nous tirons les conséquences de cette situation, que nous exigions des ONG, qu'elles aussi soient transparentes !
Ça ne veut pas dire qu'elles soient illégitimes par principe, mais la moindre des choses, c'est qu'elles aussi publient leurs comptes, leurs sources de financement. Nous l'avons bien vu dans des cas bien différents du Qatar. Il est très clair, par exemple, que le lobbying déterminé contre l'industrie nucléaire a été mené, en particulier ici au Parlement européen, par des ONG environnementales qui disaient défendre l'énergie renouvelable, mais qui, en réalité étaient financées par de grands intérêts gaziers et de grands intérêts étrangers.
Le premier mécénat de NordStream II, ce pipeline de gaz qui reliait la Russie à l'Allemagne, [...] ce premier mécénat du pipeline NordStream II, était dédié d'abord au WWF, une association environnementale qui, active essentiellement en Allemagne, concentrait le cœur de son message sur la lutte contre l'énergie nucléaire. Et on comprend bien pourquoi. Parce que si l'Allemagne sortait du nucléaire, elle allait, on le voit très bien aujourd'hui, acheter de plus en plus de gaz, et se rendre de plus en plus dépendante de la Russie en particulier.
Il était parfaitement logique que les Russes et que les intérêts gaziers financent ceux qui allaient rendre l'Europe encore plus dépendante de leur capacité de production et d'exportation. Donc vous voyez, je crois que c'est très, très important que la transparence soit garantie, et c'est la raison pour laquelle nous avons proposé ce débat. Et à mon grand étonnement -je dis cela avec un peu d'ironie, nous avons vu, malheureusement, la gauche unie, s'opposer à la possibilité même d'un débat sur ce sujet, et nous n'avons pas pu modifier l'ordre du jour à cause de ce vote.
J'ai vu ma collègue Manon Aubry, de La France Insoumise, se lever pour dire clairement qu'elle s'opposait à la tenue de ce débat. Voilà qui en dit beaucoup sur la transparence à géométrie variable que la gauche essaye de nous imposer. Nous, députés, nous faisons tout ce qu'il faut pour pouvoir publier ce qui est nécessaire pour la confiance des citoyens dans le mandat que nous exerçons. Mais il faut absolument, si nous tirons les conséquences de ce qui vient de se passer dans le QatarGate, que cette transparence soit aussi, évidemment, imposée à tous ceux qui, autour de nos institutions, contribuent à influencer leur travail, et je pense en particulier au travail de ces ONG.
Nous aurons le même débat sur les questions migratoires, et le sujet a également été à l'ordre du jour de cette plénière, puisque sur les questions migratoires, nous voyons aussi des ONG en pointe pour assumer la dernière étape du travail des filières des passeurs dans la route des migrants vers l'Europe. Et là encore, il faut absolument contribuer à une réglementation beaucoup plus ferme, beaucoup plus stricte du travail de ces de ces ONG. C'est ce que fait aujourd'hui le gouvernement italien, et c'est ce que devrait faire, j'en suis convaincu, l'Union européenne toute entière. Nous ne manquerons pas d'y revenir, et je vous en reparlerai. Merci beaucoup et à très bientôt.
François-Xavier Bellamy