Serge Papin, ancien patron de Système U et Nicolas Chabanne, fondateur de C qui le patron ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:19OuverteRéponse directe
Serge Papin, ex-acteur de la grande distribution, vous avez dirigé Système U mais aujourd'hui vous jouez les médiateurs dans ces négociations. Bonjour.
- 0:34OuverteRéponse directe
Nicolas Chabanne, fondateur de l'entreprise C'est qui le patron ? Elle se présente comme la marque des consommateurs qui rémunère les agriculteurs au juste prix. Bonjour à vous.
- 1:15OuverteRéponse partielle
Ces agriculteurs ont réclamé l'application de la loi EGalim mise en place il y a deux ans pour aligner les prix de vente sur le coût de production des éleveurs.
- 4:00OuverteRéponse directe
Nicolas Chaban, vous en avez fait votre fonds de commerce de cette juste rémunération des agriculteurs, des producteurs, avec votre marque « C'est qui le patron ? »
- 6:21RelanceRéponse partielle
C'est-à-dire que tout le monde ne peut pas payer 4 euros de plus par an pour le lait, etc.
- 7:13OuverteRéponse directe
La loi EGalim dont je parlais tout à l'heure qui est censée permettre une meilleure répartition de la production. On a fait le constat de la valeur ajoutée, je veux dire. On a fait le constat qu'elle n'était pas bien respectée aujourd'hui.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:46InvitéFait
« Quand je vois un poulet vendu à 6,95 euros, 8 euros le kilo. Et en fait quand je vois moi combien on me rémunère, ça me fait très mal. »
- 0:55InvitéChiffre
« Moi il me faudrait 10 centimes d'euro du kilo. »
- 1:19PrésentateurFait
« Ces agriculteurs ont réclamé l'application de la loi EGalim mise en place il y a deux ans pour aligner les prix de vente sur le coût de production des éleveurs. »
- 1:48InvitéFait
« Cette loi, elle a été faite pour faire baisser les prix, c'était son objectif. »
- 2:23InvitéPromesse
« c'est de passer de la négociation annuelle à ce qu'on pourrait appeler une contractualisation pluriannuelle. »
- 5:08InvitéChiffre
« en fait, c'était 8 centimes qu'il manquait par litre pour qu'un producteur retrouve le sourire. »
- 5:17InvitéChiffre
« 8 centimes fois 50 litres de consommation annuelle, ça représente 4 euros par an. »
- 5:56InvitéFait
« la grande distribution nous a dit à ce moment-là, vous n'en vendrez pas beaucoup. »
- 9:10InvitéChiffre
« il faut payer l'éleveur aux alentours de 4,50 euros la viande en carcasse, ou 4,80 euros. Alors qu'elle était payée 3,50 euros avant. »
- 9:19InvitéChiffre
« La traduction, c'est 4 centimes d'euros sur le steak de 150 grammes. »
- 10:27InvitéFait
« Quand j'étais gamin, mes parents dépensaient 10% de leur revenu et 30% de leur revenu pour nous nourrir. Aujourd'hui, quand c'est 10% du revenu d'un foyer qui va dans la caisse des hypermarchés, c'est le beau du monde. »
- 14:17InvitéPromesse
« la grande distribution doit faire particulièrement l'effort dans les négociations commerciales sur les produits, notamment sur les produits issus de la première transformation, à ne pas demander de déflation dans les négociations. »
Temps de parole
- Invité38 %
- Invité 229 %
- Présentateur16 %
- Invité 310 %
- ?3 %
- Invité 43 %
≈ 21,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les discussions ont lieu en ce moment, loin des regards. Elles vont pourtant déterminer les tarifs affichés demain dans vos grandes surfaces et les revenus des agriculteurs qui ont produit ce que vous achetez. Ça s'appelle les négociations commerciales et ça a lieu tous les ans. Dernière ligne droite en ce moment pour en parler avec nous deux connaisseurs du dossier aujourd'hui. Serge Papin, ex-acteur de la grande distribution, vous avez dirigé Système U mais aujourd'hui vous jouez les médiateurs dans ces négociations. Bonjour.
Bonjour.
Nicolas Chabanne, fondateur de l'entreprise C'est qui le patron ? Elle se présente comme la marque des consommateurs qui rémunère les agriculteurs au juste prix. Bonjour à vous.
Bonjour.
Et pour poser concrètement ce problème, je voudrais vous faire écouter d'abord ces propos recueillis par France Bleu Gascogne. Manifestation d'agriculteur hier dans les Landes à Mont-de-Marsan. Jonathan Lalondrel est éleveur de volaille à Vielle-sous-Biran dans les Landes.
Quand je vois un poulet vendu à 6,95 euros, 8 euros le kilo. Et en fait quand je vois moi combien on me rémunère, ça me fait très mal. Moi il me faudrait 10 centimes d'euro du kilo. 10 centimes. Voilà, des fois on a des crises, on vend un peu moins pour subir un peu les chocs. Et puis pour pouvoir se sortir un revenu digne, 10 centimes, ça fait mal. Quand on voit les marges qui sont faites, ça nous fait mal. Il est temps qu'ils prennent conscience de ça.
Alors ils,
ce
sont les super et les hypermarchés. Ces agriculteurs ont réclamé l'application de la loi EGalim mise en place il y a deux ans pour aligner les prix de vente sur le coût de production des éleveurs.
«
On doit se battre pour un juste retour de la valeur chez les producteurs » a dit hier Emmanuel Macron. Serge Papin, aujourd'hui les producteurs, ils n'ont pas le juste retour de leur valeur
? Oui,
j'étais avec le président d
'ailleurs hier.
Écoutez, je pense qu'il faut qu'on change la méthode de fonctionnement. Il
faut
savoir qu'on est actuellement, pour que les auditeurs comprennent bien, on est sous le régime de la loi de modernisation de l'économie qui s
'est
mise en place en 2007.
Cette
loi, elle a été faite pour faire baisser les prix, c'était son objectif.
Et
d'une certaine manière, c'est la loi du plus fort.
C
'est un peu, parfois même, je disais, un peu la loi du renard dans le poulailler, puisque le plus faible, donc l'agriculteur qui est le maillon faible, c'est lui
qui
supporte ça. Donc on est rendu au bout de ça. Soit on continue à détruire l'appareil agricole, soit on change les règles. Parce qu'on ne peut même pas faire de reproche, on ne
va
pas chercher des coupables, il faut essayer de trouver des solutions. Et moi, une des recommandations en tant que médiateur que je propose pour sortir de ça, c'est de passer de la négociation annuelle à ce qu'on pourrait appeler une contractualisation pluriannuelle.
Ça donne une
visibilité,
ça permet d'avoir du
dialogue. Et il faut absolument, comme vient de le dire cet éleveur,
que
l'on dissocie
le
prix de la matière première agricole à partir d'indicateurs de coût de production qui seront déterminés
et
que dans le cadre de la négociation commerciale, on garantisse
que
ça aille bien du contrat commercial jusqu'à la cour de ferme et que le prix proposé aux agriculteurs corresponde bien à un prix de revient,
à
une marge, etc. pour qu'ils puissent vivre dignement. Parce qu'aujourd'hui,
il
y
a
quand même des secteurs où je suis complètement effaré parce que tout va bien, le marché va bien, les prix à la consommation sont convenables, les transformateurs gagnent bien leur vie, les distrouveurs gagnent bien leur vie et on dit aux agriculteurs, vous allez te payer encore moins cher. Enfin, qu'est-ce qu'on cherche ? Alors qu'on demande à ces mêmes agriculteurs, il faut quand même le savoir, de respecter le bien-être animal et c'est très bien, de décarboner, d'utiliser moins d'intrants, etc. Donc on veut aller vers quelque chose de plus respectueux de la santé, de plus respectueux de l'environnement, des choses durables.
Donc il faut bien aussi qu'on soit capable de dire « tout ça a un coût pour l'agriculteur » et ce qui est en jeu, c'est tout simplement l'existence de notre souveraineté
alimentaire. Je te laisse mes mots.
Demain, si on apporte à vouloir le prix à tout prix, on risque d'en payer le prix, beaucoup plus cher.
Nicolas Chaban, vous, vous en avez fait votre fonds de commerce, de cette juste rémunération des agriculteurs, des producteurs, avec votre marque «
C
'est qui le patron ? » Mais cette pratique de payer au juste prix les agriculteurs, malgré le succès de votre marque,
elle
ne s'est pas généralisée. Personne n'a suivi votre exemple.
Fonds de commerce, vous êtes un peu durs.
Oh bah si, c'est ça.
On est quand même une coopérative et l'ensemble des bénéfices...
C'est votre marque de fabrique, si vous préférez. C'est ça,
voilà. ...sont redistribués. On y tient beaucoup parce qu'on a pu le faire cette année. Alors oui, on a, à notre niveau de consommateur, créé une série de produits, le lait, le beurre, les
œufs.
Et alors que depuis des années, on nous explique côté consommateur que rajouter quelques centimes est impossible puisque c'est le credo de l'ensemble des consommateurs d'acheter moins cher, on a prouvé que ce n'était pas le cas pour tout le monde. Je veux bien mesurer dans quelle proportion les choses peuvent changer. Le premier prix, il est nécessaire. Surtout dans cette période de crise, il faut qu'il y ait des prix attractifs. Mais, regardez
sur le lait... Donc pas forcément 10
centimes pour le kilo de poulet. Sur
le lait, le succès de C'est Qu'il
Patron avec les 200 millions de litres de lait vendus, en fait, c'était 8 centimes qu'il manquait par litre pour qu'un producteur retrouve le sourire. 8 centimes fois 50 litres de consommation annuelle, ça représente 4 euros par an. Combien sommes-nous à pouvoir mettre 4 euros de plus par an, 33 centimes par mois ? Que tout le monde ne puisse pas le faire, il faut vraiment l'avoir en tête. Mais il faut que ces produits existent. Et lorsqu'ils existent, le lait c'est Qu'il Patron, ça devient une des références les plus vendues en lait alors qu'elle est un peu plus chère. Mais si on parle d'un autre produit emblématique, le beurre bio, je m'arrête une seconde sur le beurre bio.
On crée, nous consommateurs, en soutien aux producteurs, un beurre bio. Et on se dit, on va rajouter des centimes parce qu'il n
'y a
pas assez de producteurs de bio français. Ça va les aider pendant les deux ans ou en conversion. Ils n'ont pas les revenus et toutes les contraintes.
On
a décidé de rajouter 15 centimes par plaquette de beurre bio. Eh bien, la grande distribution nous a dit à ce moment-là, vous n'en vendrez pas beaucoup.
Vous
rajoutez des centimes dont le produit n'a pas besoin, même si ça prépare le bio de demain. 18 mois après, c'était le beurre bio le plus vendu de France. Ça veut dire que quand on met de la valeur dans un produit, qu'on explique concrètement aux consommateurs ce qui se passe et qu'on nous laisse, nous consommateurs, vérifier que les centimes vaut bien au bon endroit, ce qu'on fait tous les mois, à ce moment-là, les choses peuvent changer.
Ça,
ce
n
'est
pas généralisable, Nicolas Chabanne. C'est
ce
que vous dites.
C
'est-à
-dire
que tout le monde ne peut pas payer 4 euros de plus par an pour le lait, etc. Ça,
c'est certain. Surtout en ce moment.
Mais en revanche, quand vous regardez la part de ce que représentent ces produits aujourd'hui d'équitables, elle est trop faible. Si vous mettez 67 millions de Français dans un immense stade et que vous expliquez ce qu'on vient de dire en disant qui pourra ajouter 4 euros pour qu'un producteur ait le sourire et qu'en plus, il enlève les OGM de l'alimentation, il y
ait
du bien-être animal, combien lèveront la main ? Est-ce que c'est les seuls 5% actuels ? Il faut que ces produits existent en rayon et dans ces réunions, c'est ce que je disais tout à
l
'heure aussi à Cherche-Papin, on en parle aussi avec le ministre il y a deux jours, il faut que les consommateurs soient là. Parce que si vous laissez les distributeurs avec les grandes marques s'emparer d'un sujet aussi important d'ailleurs pour les consommateurs, sans qu'ils soient là, on va tourner en rond comme depuis 40 ans sur un système qui ne trouve pas la sortie.
Cherche-Papin, justement, il y
a
la loi EGalim dont je parlais tout à l'heure qui est censée permettre une meilleure répartition de la production. On a fait le constat de la valeur ajoutée, je veux dire. On a fait le constat qu'elle n'était pas bien respectée aujourd'hui. Qu'est
-ce
qu'il faut ? Il faut des sanctions
?
Je pense qu'il faut sans doute revisiter la loi de modernisation de l'économie, l'amender peut-être, de manière à ce qu'on rende obligatoire ce que j'évoquais tout à l'heure, c'est-à-dire que dans les contrats commerciaux, il y ait la matière première agricole qui est de
plus en plus chère
aujourd
'hui. Il y
figure. Alors,
il
y a, par exemple,
il
y
a
une augmentation des cours de l'alimentation animale qui se renchirait un peu. Mais honnêtement, il y a aussi un problème de pédagogie, me semble-t-il. J'en profite pour le dire. Parce que si vous achetez des produits de saison à la saison,
si
vous prenez le temps de faire les courses et de passer un petit peu en cuisine, on ne peut pas dire aujourd'hui que l'alimentation,
que
vous achetez des produits agricoles bruts ou juste de première transformation. Je dis ça avec beaucoup de précaution, bien sûr. On peut dire que ça coûte cher.
Vous
savez, un kilo de légumes de saison, c'est dans les 2 euros le kilo, les patates douces, par exemple. Si vous prenez la volaille dont parlait tout à l'heure notre auditeur, ou éventuellement du porc de bonne qualité, on est 6 ou 7 euros le kilo. Donc, on peut avoir une portion d'une protéine animale de qualité et de légumes qui soit aux alentours de 2 euros, 2,50 euros.
Mais
il faut, bien sûr, prendre le temps d'aller un petit peu à la cuisine. Donc, il y
a
aussi un problème de pédagogie. Mais plus vous achetez des produits transformés,
si
vous achetez des céréales au petit déjeuner de grande marque, des pâtes à tartiner de grande marque, etc., de la biscuiterie, ça coûte cher, c'est sûr. Donc, il y a aussi ce discernement à avoir.
Non, mais donc, ce que vous nous
dites, Serge Papin, c
'est que
les gens vont devoir, les clients, les consommateurs vont
devoir
payer un petit peu plus cher.
Il faut, écoutez, moi j'ai signé, je prends souvent cet exemple, un contrat avant de partir avec la filière bovine, qui est en grande difficulté actuellement. Donc, pour avoir une viande de qualité, dite la belle rouge, il faut payer l'éleveur aux alentours de 4,50
euros,
la viande en carcasse, ou 4,80 euros.
Alors
qu'elle était payée 3,50 euros avant. La traduction, c'est 4 centimes d'euros sur le steak de 150 grammes. Les enjeux, ils sont de quelques centimes.
C
'est ce que vient de dire Nicolas Chabat, c'est ce que vient de dire l'éleveur de volailles. On est à 1 ou 2 centimes, peut-être, sur un pot de yaourt, vous voyez. C'est cette question-là. Donc, il faut que nos concitoyens aussi se disent, peut-être qu'il faut consommer moins. Ça, c'est clair. On a besoin probablement de consommer moins, mais surtout consommer mieux. Il faut qu'on achète des produits de qualité. Il y
a
un enjeu de santé aussi. Il y a un vrai enjeu de santé publique. Il y a, moi, actuellement,
il
y
a
un problème d'obésité. Il y
a
un problème de diabète. Il y a ces maladies dites de civilisation. Donc, il faut aussi qu'on fasse correspondre un petit peu une alimentation saine et une vie agréable.
À ce sujet, on a un appel au standard de Serge à Paris. Bonjour, Serge.
Oui,
bonjour. Votre question à Serge Papin et Nicolas Chaban.
Oui,
merci. Alors, je crois que c'est à Nicolas Chaban que je m'apprécie en premier.
Je
pense que ce monsieur parle d'or. Éric, il faudrait l'entendre un peu plus souvent, mais je ne plaisante pas. Quand j'étais gamin, mes parents dépensaient 10% de leur revenu et 30% de leur revenu pour nous nourrir. Aujourd'hui, quand c'est 10% du revenu d'un foyer qui va dans la caisse des hypermarchés, c'est le beau du monde. Les hypermarchés sont des marchands de prix et non pas des marchands de produits. Donc, là, on a un vrai sujet. Je pense que c'est une affaire de l'État que de se mêler de ça. Par exemple, on devrait empêcher les grandes surfaces de financer et de payer des dividendes à des actionnaires. Parce que ça, ça ne sert à rien. On ne progresse pas dans la façon de produire.
On n'encourage pas les producteurs à produire mieux, à produire plus sain, etc. Parce qu'on les prive des moyens de le faire. C'est une autre chose. Et par ailleurs, pour les consommateurs qui cherchent des prix, ils ont un gros problème. C'est qu'ils ont en général des poubelles beaucoup plus grandes que leur frigo ou que leur congélateur. Ils jettent beaucoup, ils jettent énormément. Acheter mieux en pensant en réfléchissant à ce qu'on va vraiment manger et à ce qu
'on
va laisser de côté, ce serait par exemple une bonne chose à faire. Voilà tout ça. Moi, tout ça m'exaspère.
C'est vos
conseils. C'est des conseils plus qu'une question, je note.
C'est pour encourager que la discussion se poursuive sur cette thématique.
C
'est tout. On ne
peut
pas continuer à manger des choses pas bonnes en privant les producteurs des moyens qui leur sont nécessaires, des ressources, et en les obligeant à vendre à des endards à prix. On
va écouter
la réponse de Nicolas Chabanne.
Merci parce qu'évidemment, je suis tout à fait de cet avis, mais on est tellement nombreux. Il faut imaginer ce que le bon sens collectif, la bienveillance collective peut être comme un rassemblement côté consommateur. Quand je lui ai donné des bonnes raisons de rajouter ces quelques centimes, 80 centimes de plus sur un an sur la farine, 1,60€ sur du jus de pomme pour éviter que les gens arrachent leurs arbres parce qu'il en manque 9 centimes par litre. Voilà la réalité. Il faut la dire. Et en échange, l'équité à une petite sœur, c'est la qualité.
C'est-à-dire que le producteur a le moyen de bien faire, il est capable de faire des produits de qualité, et puis franchement, se nourrir en sachant que le producteur se lève le matin avec le sourire, se couche le soir avec le sourire, c'est une richesse extraordinaire et collective. Donc il y a moyen de le faire. Et ce qui est un petit peu, mais vraiment, on le dit de façon bienveillante, depuis 40 ans, et je sais que Serge Papin peut en témoigner, combien de fois il y a eu dans ces réunions, où au nom des consommateurs, des grandes marques parlaient à des distributeurs, combien de fois des gens comme Serge, comme tous les consommateurs que nous sommes, ont été représentés.
Je vais vous dire ce qui se passe dans ces cas-là. Vous avez une grande marque qui explique à son distributeur qu'elle a besoin des centimes en plus pour payer le producteur. La grande marque le demande, le distributeur dit non, vous allez en faire des bénéfices de fin d'année.
Il
faut un consommateur à un moment donné qui soit là en disant si vous nous garantissez que les centimes supplémentaires vont bien jusqu'au producteur, non seulement on achètera le produit, mais on en fera la publicité. La preuve est faite avec cette initiative de consommateur. Ne restons pas, encore une fois, dans une pièce où la clé n'existe pas. Amenez-nous dans ces réunions. Vous verrez que notre bon sens et notre bienveillance arbitrera différemment la protection des producteurs quand on consomme des produits. On ne veut pas se rendre complice, nous avec notre argent, du fait qu'un producteur souffre à l'autre bout.
Vous défendez votre modèle, Nicolas Chabanne. Serge Papin, vous êtes un ancien de la grande distribution. La grande distribution a fait plutôt des bons résultats l'année dernière avec la crise sanitaire. Il se trouve que ça lui a plutôt bénéficié. Est-ce qu'elle doit faire aussi dans ses négociations commerciales un véritable effort en direction des producteurs
? Oui, d'abord, moi, je représentais un groupe de commerçants indépendants, plutôt des commerçants
de territoire. Systému, en l'occurrence.
Donc, voilà, qui est une coopérative aussi, je signale, parce qu'on ne peut pas mettre non plus tout le monde dans le même panier. Oui, là, je pense que cette année, je dis au sens large, la grande distribution doit faire particulièrement l'effort dans les négociations commerciales sur les produits, notamment sur les produits issus de la première transformation, à ne pas demander de déflation
dans
les négociations.
Pas de baisse
des prix.
C
'est ce
qu'elle fait, pourtant.
Écoutez, on fera le bilan. On fera le bilan. J'espère que pour ce qui concerne les produits agricoles, pour ce qui concerne la première transformation, après, je mets de côté les autres marchés.
J
'espère que ça va être entendu, parce que,
regardez,
il y a, par exemple, la restauration étant fermée, vous avez des filières qui ont 40% de moines débouchés. Donc, il y a des filières qui sont en grande souffrance. Donc, il faut en tenir compte. Je pense que tout le monde a sa part à prendre.
On rappelle que ces négociations doivent s'achever à la fin de la semaine. Serge Papin, ancien patron de système U, chargé de mission par le ministère de l'Agriculture, Nicolas Chaban, fondateur de l'entreprise C'est qui le patron ? Merci à tous les deux d'être venus sur France
Inter. Merci.
Merci.