Nicolas Dupont-Aignan sur LCI: "Il faut que l'Allemagne arrête de vouloir diriger la France"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 72 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:41OuverteÉludée
Quelle sera la position de M. Dupont-Aignan lors du second tour de l'élection présidentielle ?
- 3:25RelanceRéponse partielle
Comment peut-il être candidat alors qu'on annonce systématiquement Marine Le Pen au second tour ?
- 4:23RelanceRéponse directe
On a besoin de clarté à un moment ou à un autre.
- 4:36OuverteÉludée
Imaginons que vous ne soyez pas présents au second tour. Pour qui appellerez-vous à voter ?
- 8:15OuverteRéponse directe
Comment réagissez-vous à la prise de parole d'Angela Merkel sur l'immigration ?
- 11:19FerméeRéponse directe
Est-ce qu'il faut abandonner l'euro pour sauver l'Europe ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:16Locuteur 5Chiffre
« En 2012, il recueille 1,79% des suffrages. »
- 0:21Locuteur 5Chiffre
« Tête de liste au régional en 2015, il rassemble près de 7% des voix au premier tour en Ile-de-France. »
- 3:15Invité politiqueChiffre
« Il y a 20 millions de Français, la moitié des électeurs, qui ont refusé ce piège au Régional. »
- 5:48Invité politiqueChiffre
« 7% des voix. 7 mois avant l'élection présidentielle. »
- 9:22Invité politiquePromesse
« 2 millions de chômeurs en moins et un pays qui va mieux. »
- 11:49Invité politiqueFait
« Dehors, ça suffit. »
- 16:55Invité politiqueChiffre
« Ça nous coûte 8 milliards d'euros, cette plaisanterie. »
- 20:20Invité politiqueChiffre
« 20 milliards d'euros, la moitié des 40, par la lutte contre la grande fraude fiscale. »
- 22:12Invité politiquePromesse
« Je supprime toutes les aides sociales sur les étrangers tant qu'ils n'ont pas travaillé 5 ans dans notre pays. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan70 %
- Présentateur17 %
- ?5 %
- Locuteur 54 %
- Locuteur 13 %
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Nicolas Dupont-Aignan, candidat Debout la France à l'élection présidentielle. Son statut a changé depuis 2007, où il n'avait pu se présenter faute de parrainage. En 2012, il recueille 1,79% des suffrages.
Tête
de liste au régional en 2015, il rassemble près de 7% des voix au premier tour en Ile-de-France. Entre-temps, son discours a évolué. Membre de l'UMP jusqu'en 2007, il a depuis glissé vers la droite de la droite et est désormais dragué par le Front National, comme le 3 septembre dernier, courtisé en direct par Florian Philippot.
Quelle
sera la position de M. Dupont-Aignan lors du second tour de l'élection présidentielle ? Est-il envisagé que nous puissions discuter pour les élections législatives
?
Ne faites pas comme les autres partis politiques, laissez le premier tour se dérouler parce que je crois qu'entre ceux qui ont échoué et que je combats, vous avez raison, et vous aussi M. Philippot, et je vous en félicite là-dessus, et le Front National et ses ambiguïtés, ses difficultés, son programme qui n'est pas assez sérieux, il y a des millions de Français qui veulent un autre choix.
Gaulliste revendiqué, eurosceptique en dehors du système, Nicolas Dupont-Aignan veut incarner une voix différente pour la présidentielle.
Il
a refusé de participer à la primaire de la droite et du centre. Son défi ? Parvenir à exister sur la scène médiatique et se faire une place entre les Républicains et le Front National.
Bonsoir Nicolas Dupont-Aignan, merci d'être avec nous en direct. Bonsoir. Je vais venir d'ailleurs à la dernière idée qui a été exprimée il
y a
quelques instants et qui fera l'objet de ma première question. On se dit, comment peut-il être candidat à
l
'élection présidentielle alors qu'on a une Marine Le Pen qu'on nous annonce systématiquement au second tour de l'élection, un Nicolas Sarkozy, on l'a vu hier soir, s'il était désigné candidat de la droite et du centre, qui assume de faire une campagne très à droite, et on se dit, il n
'y a
pas d'espace pour lui, comment va-t-il faire entendre au savoir ? Mais
d'ailleurs, pourquoi voulez-vous, j'entendais le reportage, me placer entre les Républicains et le Front National ? Parce
que tout
ce qu'on entend de l'ensemble de vos prises de parole, vous situe peu au pot dans cet espace. Mais dans l'idée que vous vous en faites, vous les journalistes, et je ne dis pas méchamment, quand on analyse mon programme économique, c'est un programme économique qui n'est pas du tout le même que les Républicains, si on va au fond des choses, je suis un gaulliste, un gaulliste, ça parle de la France, comme j'aime la France, que je la défends, que je n
'ai
jamais participé à tous ces gouvernements qui ont ruiné le pays, on veut m'assimiler au Front National. Il y a beaucoup de gens de gauche qui viennent dans mon parti, il y
a
des centristes,
il
y
a
des gens de droite, il y a parfois des gens du Front National. Ce que je veux dire
aujourd'hui...
Ils sont tous gaullistes aujourd'hui.
Ah oui, ça c'est clair.
Ils ont trahi le pays,
ils
l'ont vendu à l'Union Européenne, et ils se disent gaullistes. Mais aujourd'hui, la question
qu
'attendent les Français, c'est quelle crédibilité et quelle solution pour résoudre les problèmes. Alors qu'on me classe à droite, à gauche, ou ailleurs, ou au centre, je m'en fous complètement. Ce que je veux, c'est dans cette élection présidentielle, attendez la suite, sortir de ce piège. Soit on a échoué, soit on va avec ceux qui ont échoué, républicains, socialistes, qui font le même programme, soit on part au Front National. Il y a 20 millions de Français, la moitié des électeurs, qui ont refusé ce piège au Régional. Eh bien moi, je leur offre une manière de rupture, de rompre, sans les excès du Front National.
J'ai envie de vous dire qu'il est trop facile de refuser de se situer sur l'axe politique droite-gauche. Mais
parce qu'il est mort cet axe.
Il est peut-être mort,
mais...
C'est vous qui
le créez.
Très bien, mais les institutions existent. Moi, je ne les ai pas inventées, c
'est
le général de Gaulle.
Oui, mais justement, l'élection présidentielle... Eh bien, la vie
politique
française,
pardonnez-moi, fonctionne avec un cadre institutionnel qui fait qu'on a des élections à deux tours et qu'à un moment, il faut dire qui on est. Et qu
'il
ne suffit pas de dire je suis gaulliste.
Je
vais vous dire une chose. Vous parliez des institutions, c'est intéressant. Le général de Gaulle, justement, a créé l'élection présidentielle au suffrage universel pour dynamiter les partis politiques qui avaient tué la France. Et le drame avec la Ve République depuis 30 ans, c'est que ces partis politiques ont kidnappé la Ve République et kidnappé l'élection présidentielle. Or, l'élection présidentielle, c'est le choix d'un homme libre
par
un peuple libre.
Et
je dis à ceux qui m'écoutent, vous n'êtes pas obligés de choisir entre des incompétents et des aventuriers.
Entre les deux,
il y a une
marge.
Et je l'incarnerai. Alors,
on
a besoin de clarté...
Oui, je
serai clair sur le programme.
On a besoin de clarté à un moment ou à un autre. Je reviendrai sur les éléments de programme ensuite, notamment concernant l'Europe. On se projette dans l'avenir. On est au second tour de l'élection présidentielle. Imaginons que vous ne soyez pas présents au second tour.
Pour
qui appellerez-vous à voter ? Ou pour qui n'appellerez-vous pas à voter ? Qui vous inquiète le plus ? Ou de
qui vous sentez-vous le plus proche ?
Je suis candidat pour éviter ce face-à-face Sarkozy-Le Pen ou Hollande-Sarkozy ou Hollande-Le Pen. Je suis candidat parce que j'en ai assez de cette vie politique. Et je vous dis une chose. Quand M. Trump a commencé sa campagne,
quand
M. Trump aux Etats-Unis a commencé sa campagne, il y avait des gens comme vous qui lui demandaient pour qui il allait voter au second tour ? Au second tour,
c
'est-à-dire quand il aura été éliminé de la primaire. Je vous dis une chose. Je suis candidat pour être au second tour et pour bouleverser ce jeu politique. Voilà la réalité.
Et il y a 20
millions d'abstentionnistes qui ne veulent pas rentrer dans le schéma que vous voulez leur imposer. Donc laissez-les choisir. On se voit au lendemain du premier tour si par malheur je n'étais pas au second tour. Il n'y a pas une once de mépris dans ce que je veux dire.
Mais la probabilité... La
probabilité que vous soyez... Ah mais c'est clair. Au moment où nous parlons est infinitisimale.
Non, pas infinitisimale. Et donc on a besoin de savoir qui
vous êtes. Alors attendez,
un
instant. Pas infinitisimale. Je suis aujourd'hui dans les sondages alors que j'ai mille fois moins d'expressions médiatiques que les autres. 7% des voix. 7 mois avant l'élection présidentielle. Jamais je n
'ai
eu un tel score si longtemps à l'avance. Les Français ne me connaissent pas bien. Ils ne connaissent pas bien ceux qui m'accompagnent. Ils ne connaissent pas bien mon projet. Je vais leur offrir enfin un nouveau choix. Et bien laissez-les
réfléchir.
Laissez-les choisir. Et puis on se reverra au soir du premier tour. Et si vous avez eu raison, je vous dirai ce que je voterai. Et si
les
Français,
à
un moment de leur vie, se disent notre pays est en danger, on ne
va
pas continuer à se laisser manipuler par les sondages, par ce qu'on nous dit liberté
de
voter. 7 mois de réflexion. Le pays est dans un tel état qu'on doit avoir le droit de choisir en toute liberté. C'est tout ce que je vous demande. Et je vous remercie de m'inviter pour ça.
Entre celles qui fuient votre famille politique pendant une vingtaine d'années, en l'occurrence l'UMP, et Marine Le Pen qui ne cesse régulièrement, non mais pardonnez-moi, dans la voix encore de son vice-président, de vous faire des appels du pied objectif parce qu
'ils savent qu'ils auront besoin d'alliance. Eh bien
alors, ça prouve que je ne suis pas si... Entre les deux, vous ne choisissez pas.
Mais
je me présente pour offrir la voix d'une rupture claire sans les excès du Front National.
Ou
les ambiguïtés. C'est clair. Sinon, je serai au Front National. Je n'y suis pas. Je suis gaulliste. Et je suis certain qu'on peut rassembler des Français de gauche, de droite et d'ailleurs pour sauver la France. Et
la
sauver
avec
un beau projet politique. Vous pouvez peut-être nous dire ce soir en affinité avec votre projet politique que vous ne serez jamais, par exemple, un allié
du
Front National.
Mais
je n
'ai
pas à vous répondre puisque je ne sais pas ce qu'il y aura demain. Posez la question à M. Sarkozy aussi. Pourquoi moi ? Je vais vous donner un exemple. Allez. J'entendais M. Valls... Généralement,
Nicolas
Sarkozy, quand on lui pose des questions, il répond. Bon, ça dépend. J'entendais M. Valls récemment avoir des propos très durs sur l'islamisme radical. Quasiment identiques à ceux de Mme Le Pen. Et c'est curieux. Aucun journaliste ne lui dise qu'est-ce que vous pensez de Mme Le Pen. J'aimerais qu'on laisse la liberté aux Français de choisir. Voilà. Maintenant, je suis Nicolas Dupont-Aignan, j'ai un beau projet pour la France et je n
'ai
pas à répondre sur les autres. Les autres, posez-leur la question. Et peut-être que Mme Le Pen me soutiendra au second tour ou M. Sarkozy.
On ne sait jamais.
Comme dit Nicolas Dupont-Aignan, concernant l'avenir de l'Europe et la place de notre pays dans cette Europe, au moment, et on vient de l'apprendre, où Angela Merkel annonce avoir fixé l'objectif de... Annonce, nous allons, elle parle de l'Europe, nous allons fixer l'objectif de stopper l'immigration irrégulière et de combattre les causes profondes des migrations. C'est-à-dire un programme qu'elle annonce en lien avec, bien entendu, le sommet de Bratislava, qui est le premier sommet, je le rappelle, post-Brexit, sans les Britanniques. Et à 27, comment réagissez-vous à cette prise de parole de la chancelière allemande ? D'abord, pour moi, la chancelière
allemande ne doit pas être la patronne de l'Europe. Et c'est très intéressant de ce que vous avez dit, parce que ça traduit la réalité de l
'effacement de la France. Elle le fait en accord
avec François Lohan.
Ah oui !
Le majordome est à ses côtés et la patronne dit les choses. D'accord. Je ne l'accepte pas, je veux une France libre. Et c'est la différence entre moi et le système politique, socialiste, républicain, qui a abaissé la France et en a fait le valet de
l
'Allemagne. C'est
le premier point. Oui, et bien exactement. Il faut
avoir des bons comptes. Mais pas vis
-à-vis des Allemands. Public, financier. Mais je n'ai pas
de leçon à recevoir de personne ni des Allemands ni d'ailleurs. Je veux une France libre. Et je peux vous assurer que si on était libre de cette Union européenne, on aurait des comptes en meilleur ordre, 2 millions de chômeurs en moins et un pays qui va mieux. Ça,
c
'est le premier point.
Deuxième point. Ils sont d
'accord pour stopper ensemble l'immigration
régulière. Mais personne ne le croit. Parce
que le problème de la vie politique aujourd'hui, c'est ça qui est intéressant, et j'ai écouté M. Sarkozy à la télévision. C'est que ceux qui ont mis l'Europe dans le pétrin, maintenant disent on va faire ci, on va faire ça. Ils n'ont plus aucune crédibilité. Mme Merkel, c'est elle qui a en fait ouvert les portes à plusieurs millions de migrants, un million et demi, peut-être deux, et qui aujourd'hui nous dit je vais faire l'inverse.
Ce
n
'est
pas vrai. Elle ne le fera pas. La seule solution, c'est que les Français reprennent leur destin en main, contrôlent leurs frontières nationales, et là, je lui donne raison, pourquoi pas, avec les autres pays d'Europe, parce que je ne suis pas contre l'Europe, je suis pour une autre Europe, avec les pays d'Europe, organisent la prospérité de l'Afrique, du Maghreb. Mais c'est curieux, c'est Mme Merkel qui avait refusé le plan pour la Méditerranée de M. Sarkozy pour aider les pays du Maghreb. Donc, je n'ai aucune confiance dans ces hommes politiques carbonisés qui nous ont mis dans la difficulté. Il faut en changer. On
va écouter Nicolas Sarkozy parler d'Europe et vous lui répondrez.
Européen, je suis, Européen, je resterai parce que je crois à la civilisation européenne.
Il
y a 7 milliards d'habitants sur la planète.
Il
y en a 4 en Asie. Vous additionnez les États-Unis d'Amérique et l'Europe, on est moins de 800 millions. Ce n'est pas le moment de faire exploser l'Europe. Ce n'est pas le moment de se diviser. Je crois à la logique du continent, je crois à la civilisation européenne. On a des racines judéo-chrétiennes, je ne laisserai pas détruire l'Europe. Naturellement, il y
a
des tas de choses qui ne me plaisent pas en Europe.
Mais
l'Europe, ça nous a quand même amené la paix.
Ça
nous amène une civilisation européenne
et
je ne laisserai pas briser cela de la même façon que j'ai des tas de points de désaccord avec les Allemands.
Mais
c'est trop grave.
La
division entre l'Allemagne et la France, jamais. Je ne dis aux Français
si
l'euro explose, c'est toute l'Europe qui explose. Et croyez-moi,
le
monde d'aujourd'hui a besoin de rassemblement et d'Europe.
Est
-ce qu'il faut abandonner l'euro pour sauver l'Europe, Nicolas Dupont-Aignan ? Tout ça,
c'est du baratin que plus personne ne croit. Un homme qui a été au pouvoir 10 ans, qui a été aux responsabilités et qui a fait la directive travailleur détachée du moins qu'il l
'a
appliqué et qu
'il
n
'a
pas rompu,
qui
a supprimé les quotas laitiers pour nos agriculteurs, qui a ouvert les frontières, qui a fait l'interdiction de la double peine, c'est-à-dire qui n'a pas voulu renvoyer les délinquants étrangers dans leur pays,
qui
vient nous raconter ses fadaises mais ras-le-bol, ça suffit, dehors, ça suffit. Et je peux vous l'assurer, les Français n'en peuvent plus. Ce sont des discours convenus, il enfile les perles. On est tous pour le continent européen. On ne
va
pas isoler la France, la prendre et puis la mettre au milieu de
l
'Atlantique, bien évidemment. Mais la question majeure, c'est comment on remet de l'ordre en Europe,
c
'est-à-dire retrouver nos frontières nationales pour contrôler notre pays, annuler la directive travailleur détachée, je suis très précis sur des points précis, annuler la directive travailleur détachée pour éviter la concurrence déloyale et revoir le fonctionnement de l'euro pour que notre industrie puisse se développer et offrir des emplois aux Français. C'est ça l'enjeu. Ça n'empêche, moi je veux du concret, ça c'est du baratin. Mais nous avons signé des accords
avec nos partenaires européens.
On va les rompre. Du jour au
lendemain, unilatéralement. Oui,
unilatéralement. Et les Français vont le décider pour leur liberté et pour leur prospérité et leur survie. Parce qu'il y
a
un moment dans la vie, vous savez, quand une femme reçoit des coups de son mari, il faut qu'elle divorce.
Quand
l'Union Européenne, qui n'a rien à voir avec l'Europe, donne des coups à la France, elle doit, à un moment, la France doit dire stop, je divorce. En revanche, ce divorce ne veut pas dire ne pas se remarier un jour. Ce divorce ne veut pas dire qu'on ne
va
pas refaire notre vie autrement avec des amis européens.
Nicolas Dupont-Aignan, on ne peut pas tourner le dos à l'ensemble des liens financiers, économiques et des échanges.
Parce
que l
'Europe
est un marché.
Mais le
monde
est un marché.
Pardonnez-moi, la richesse de la France aujourd'hui continue de se faire essentiellement en Europe. Mais non, c'est complètement
faux. La mondialisation a été plus vite. Il y a plein de pays qui ne participent pas à l'euro qui sont dans l'Europe qui marchent très bien.
Il
y a plein
de pays... On vend des Renault
aux
Espagnols.
Mais
bien sûr, et on vend des Renault dans le monde entier. Ce que vous n'avez pas compris, c'est que la mondialisation a été plus vite et que le libre-échange n'a rien à voir avec l'Europe aujourd'hui. Vous vendez des voitures au Japon, vos voitures aux Etats-Unis, au Brésil. Nous importons... Ça n'a rien à voir avec... Les
anciennes de nos échanges sont
quand même... Nous sommes d'accord. Et alors ? Mais je n
'ai
jamais dit qu'on allait mettre des barrières douanières gigantesques. J'ai dit
qu
'au lieu de... Par exemple, je vais vous donner des exemples précis. Au lieu d'accepter, par exemple, des travailleurs détachés qui viennent de Pologne et de Hongrie qui payent des charges sociales qui sont la moitié des charges françaises dans leur pays et qui font faire faillite à nos artisans. Moi, je veux bien qu'un Polonais vienne travailler en France, mais il paye les charges sociales françaises. C'est tout ce que je demande. Un autre exemple, très simple. Regardez des projets de coopération. On peut très bien faire des avions. J'ai pris l'exemple d'Airbus. Pourquoi on n'a pas fait, par exemple, sur les trains, des trains européens
? On
n
'est
pas obligé d'être dans l'Europe. Regardez la Suisse et la Norvège. Ils vivent très bien. Ils ont des échanges. Ils ne
sont
pas derrière des murailles. Il
n'y a
pas des barbelés à la frontière de la Norvège. Tout ça marche.
Vous prenez une association, je reprends vos termes, une association d'États souverains. Oui. Quand on le dit comme ça, on dit, ah tiens, oui, c'est sympathique. Concrètement, ça
veut dire quoi ? Eh bien, j'ai publié un traité. Je suis le seul homme politique français, parce que j'essaye d'être un peu différent, qui, quand il critique quelque chose, propose une alternative concrète, écrite. Nous avons publié un très beau traité alternatif que nous avons travaillé avec d'autres partenaires, des Danois, des Suédois, des Finlandais, des Anglais, des Italiens. Il ne s'agit pas de jeter l'Europe, il s'agit de corriger ses défauts et de revenir à des nations libres, démocratiques, qui travaillent ensemble sur des projets. En gardant la monnaie européenne ? En l'adaptant. C'est-à-dire, en ayant une monnaie commune,
ça
sera un euro marque, un euro franc, on gardera les avantages de l'euro, mais on n'aura plus la rigidité de l'euro.
Les
monnaies pourront évoluer au gré de la compétitivité. Donc vous voulez un euro franc ? Un euro franc, un euro marque, un euro qui marchera... Un euro lire ? Exactement. Ce sont des grands économistes, et notamment d'ailleurs Stiglitz vient de le dire, ça ne peut pas durer. Vous ne pouvez pas avoir la même monnaie pour la Grèce, qui est ruinée par cette monnaie trop chère, et pour l'Allemagne. Il faut garder une coopération monétaire, mais j'ai écrit tout ça des années, et ça viendra, vous verrez, parce que vous ne pouvez pas vivre ensemble
dans
un système qui vous étouffe. Il faut de la liberté, de la flexibilité entre les nations, et elles s'aimeront davantage et vous feraient aimer davantage l'Europe.
Nos
rapports avec les Allemands aujourd'hui sont compliqués, parce qu'en fait, il y a une forme de domination allemande qui ne prend pas au sérieux la France. Est-ce que vous en souffrez ? On dit qu'à Berlin, régulièrement, ils disent, de toute façon, on ne
peut
pas leur faire confiance, ils ne
sont
pas capables de gérer leur compte. Ça vous
choque ? Ils ont raison ? C'est normal ? Non, je vais vous dire, ce qui ne va pas, c'est qu'on ne s'est jamais aussi bien entendu avec les Allemands dans la réconciliation franco-allemande quand, d'abord, on avait un président français qui était Charles de Gaulle et qui défendait son pays, qui tapait du poing sur la table, qu'on n'avait pas des ectoplasmes qui allaient à Bruxelles. Premier point, et ça a été la politique de la chaise vide qui a permis de créer la politique agricole commune qui était une politique qui défendait nos agriculteurs. Donc, il faut déjà avoir un président français qui défend son pays. Dans des
proportions que
plus aucun pays européen ne trouve normal.
Et alors ? Sinon, on prendra notre politique nationale et ça ira très bien puisque ça nous coûte 8 milliards d'euros, cette plaisanterie, et ça devient cher. Donc, moi, je vous le dis, ça allait bien la réconciliation franco-allemande quand la France était la France et défendait ses intérêts. Et quand on n'avait pas une réglementation tatillonne européenne qui nous interdit d'agir, ça allait bien aussi quand les Français géraient mieux leur compte public et dépensaient moins. Donc, les torts sont partagés. Il faut que l'Allemagne arrête de vouloir diriger la France, il faut que la France fasse le ménage chez elle,
et
il faut peut-être aussi que l'Allemagne fasse des enfants parce que, vous savez, j'ai beaucoup plus de soucis pour l'Allemagne qui n'a plus d'enfants que pour la France qui a beaucoup d'enfants et qui est tout à fait capable de réagir si elle défend son pays et qu
'elle fait le ménage dans ses comptes. C'est peut-être parce que nous ne vous interrogeons pas assez sur ces questions, mais en effet, régulièrement, on vous parle du Fonds National, de votre situation sur l'axe politique et de l'Europe. Prenons un cas très précis qui est au cœur de l'actualité économique française. Qu'est
-ce
que vous faites d'Alstom
?
D'abord, premier point, j'aurais refusé la vente de la branche énergie aux Américains et à Général Electric. Le scandale du siècle. J'ai demandé une commission d'enquête à l'époque, je ne
suis
pas le seul, il
y
a d'autres parlementaires qui l'ont demandé, parce que là, la France a vraiment bradé un de ses joyaux. Premier point. Et a affaibli la branche ferroviaire. Deuxième point, au jour d'aujourd'hui, 30 milliards de commandes
dans
les carnets d'Alstom ferroviaire. Donc,
il
est inacceptable de fermer Belfort, l'une des usines, j'ai été hier, les plus productives du monde.
Donc,
j'aurais immédiatement augmenté la participation de l'État à une minorité de blocage, puisque vous savez qu'on a 20% temporairement, je l'aurais passé à 33% de manière à bloquer et à négocier avec les dirigeants d'Alstom. Troisième point, j'aurais arrêté d'acheter des trains étrangers
alors
que nous avons les meilleurs trains du monde.
Et
comment
on fait pour vendre nos trains à l'étranger ?
Si nous, on les vend, on achète
autre chose à l'étranger. On achète des voitures, des machines outils aux Allemands, etc. Je remarque, je remarque que nous sommes
l
'un des seuls pays au monde
où
la commande publique
ne
sert pas les entreprises françaises. L'Allemagne commande à ces entreprises. Le maire de Bellefort me disait hier, si, si, le maire de Bellefort me disait hier, quand les Allemands font un appel d'offres, c'est curieux, ils mettent des conditions que ne peuvent remplir que Siemens
et
ils n'achètent que des trains Siemens.
Quand
les Américains font des achats, ils exigent que la production soit aux États-Unis. Je me félicite d'ailleurs qu'on produise un TGV aux États-Unis. Et pourquoi la France accepte-t-elle que l'argent public des Français fasse vivre des
entreprises
étrangères ? Eh bien, puisqu'on est dans l'argent public des Français, qu
'est
-ce qu'on fait en matière d'impôts ? On baisse, on garde, on...
plusieurs
choses. En matière d'impôts, d'abord,
pour
baisser les impôts, il faut réduire la dépense publique
et arrêter
le concours de démagogie. Je pense que la priorité absolue en matière d'impôts, c'est de baisser aujourd'hui les charges salariales qui pèsent sur les salaires. Vous savez la différence entre le brut et le net. Je propose dans mon programme présidentiel 40 milliards de baisses
qui
permettront une revalorisation du salaire net de tous les Français. Comment vous financez
les retraites ?
De 10%.
10
% de salaire net en plus pour relancer la machine économique. Avec, à côté de ça, des mesures de relocalisation économique. Parce que si c'est pour acheter des produits étrangers, ça ne va pas aider. Comment je finance ? J'ai écrit... J'ai été élu député de l'année sur mon projet, sur mon rapport parlementaire sur la fraude fiscale. 20 milliards d'euros, la moitié des 40, par la lutte contre la grande fraude fiscale.
Fraude
à la TVA. On peut les récupérer.
Et
les autres 80 milliards par la fraude sociale et la fin de la cistana. Je veux que chaque titulaire du RSA travaille une journée par semaine pour la collectivité. Je veux qu'à chaque prestation sociale,
il
y ait une compensation par un travail d'intérêt général.
Il
faut arrêter
de
donner des prestations sociales sans compensation.
Et
je peux vous dire qu'avec mes deux mesures... Il y a des Français qui souffrent et qui ont
besoin de prestations, oui. Qui souffrent, qui ont besoin de prestations et qui ne sont probablement pas à même aujourd'hui de donner une journée de leur vie.
Je
suis maire d'une ville, je peux vous le dire, et ils n'attendent que ça. Parce que quand vous touchez le RSA, si vous touchez que le RSA, ça ne vous aide pas. Quand on les balade de faux stage en faux stage, quand ils demandent
de
passer une journée dans la collectivité, on n'a pas le droit de le faire.
si
on veut remettre sur pied quantité de gens qui sont à l'écart de la société, il faut leur donner une chance d'intégration. Je suis convaincu qu'il faut garder les prestations sociales. Je suis un gaulliste social, donc je ne
suis
pas un ultra-libéral. Il faut garder les prestations sociales, mais il faut changer la manière de les donner. On ne peut pas continuer comme ça. La différence entre le travail
et
la prestation n
'est
pas assez forte. Donc je propose de revaloriser les salaires et je propose de mieux contrôler les prestations.
Et que devient le français à qui vous ne versez plus son RSA parce qu'il n'a pas pu ou n'a pas voulu donner cette journée par semaine de travail ?
On
ne peut pas avoir un bien de l'argent public si on ne donne pas une contrepartie. Ça veut dire qu'il ne veut pas faire un effort pour la collectivité. Il faudrait être très précis sur ce que vous appelez la contrepartie. La contrepartie, c'est une journée par semaine en échange d'un argent important. Autre mesure qui va vous faire hurler, c'est que je supprime toutes les aides sociales sur les étrangers tant qu'ils n'ont pas travaillé 5 ans dans notre pays. J'estime qu'un étranger qui arrive en France n'a pas le droit d'obtenir des aides sociales quelconques tant qu'il n
'a
pas donné à la France 5 ans de travail. Ça ne veut pas dire qu'une fois qu'il a donné, il n'aura pas d'aide. C'est la différence avec Mme Le Pen. Moi, je considère qu'un étranger qui s'intègre, qui bosse pendant 5 ans a le droit d'être intégré dans notre société. Mais il doit travailler.
Et
il n'aura une aide sociale que quand il aura cotisé pendant 5 ans.
Dans un pays où il y
a
actuellement 6 millions de chômeurs. Je vous le fais remarquer. Eh oui.
Et alors ? Ça peut paraître
contradictoire.
Vous savez, l'appel d'air des cotisations sociales pour les étrangers est considérable en France. Nous sommes le seul pays du monde qui donne autant à des étrangers en situation irrégulière ou régulière. Ça ne peut pas continuer.
Merci Nicolas Dupont-Aignan d'avoir été l'invité d
'Else.
Et merci d'avoir invité
avec un peu de temps ce qui permet d'aller un peu plus loin.
Émission qui sera rediffusée à partir de 22h comme chaque jour. On se retrouve lundi avec grand plaisir. Merci de votre fidélité et bon week-end.
Nicolas Dupont-Aignan