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interviewbsmart· 13 juillet 2026 5 min

SMART TECH - Anne Le Hénanff mobilise les élus sur l’IA

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:04
Présentateur

Smartech s'est déplacé au congrès des villes de France, c'était il y a quelques jours, pour aller découvrir ce qu'il se passe du côté des collectivités, des moyennes, des petites villes en matière d'adoption de l'intelligence artificielle. Et figurez-vous qu'évidemment, Anne Le Hénanf a fait le déplacement également et elle est même venue sur notre plateau. Alors avec moi, Mehdi Ouass est déjà installé pour l'écouter, président nouveau, président de Numéum. On pourra comme ça commenter ce que nous dit la ministre dans votre grande interview qui sera juste à suivre, mais on l'écoute d'abord. On a écouté avec une grande attention évidemment votre discours.

On a commencé d'ailleurs à le commenter, à le débriefer avec Olivier Gaquer. Moi j'ai noté surtout que vous avez terminé en disant attention, on a besoin que chacun d'entre vous soit mobilisé, chaque élu à sa part, parce que sinon on va décrocher, il y a un risque de décrocher. C'est votre conviction ?

0:56
Anne Le Hénanff

Oui, c'est ma conviction, mais je ne pense pas que ce soit que la mienne. C'est une réalité. Le monde dans lequel on vit va très vite. Énormément de compétitions commerciales. On est coincés nous en Europe entre deux continents ou deux acteurs qui sont un peu offensifs, qui sont prêts à utiliser le numérique comme une arme politique ou commerciale. Et il faut qu'on se fasse cette place dans ce monde qui va vite, qui est technologique. Et aujourd'hui, comme je dis, le numérique c'est de la diplomatie aussi. Donc il faut le faire avec nos valeurs, les valeurs européennes. On n'a pas les mêmes valeurs que les Américains ou les Chinois.

1:36
Présentateur

Oui, et cette importance de s'emparer du numérique, de travailler sur les services publics. Alors là, vous avez à côté de vous le champion, puisqu'il a eu cinq carreaux-bases pour la ville de Béthume comme ville Internet. Voilà, c'est un bon exemple. Mais vous dites aussi qu'il faut être prudent, il faut travailler sa cybersécurité, il faut travailler la souveraineté, même le prisme de la résilience. Travailler son niveau de dépendance technologique. Et on a les moyens, vous dites, de travailler avec le code des marchés publics là-dessus. Oui, on ne peut pas juste se dire, on ne peut pas privilégier les techs françaises si c'est possible.

2:08
Anne Le Hénanff

Le code des marchés publics interdit d'avoir une préférence géographique, par exemple, c'est absolument illégal. Mais par contre, dans le code des marchés publics, mais ça demande effectivement d'une relecture, de le regarder finalement d'une autre manière. On a les moyens, on a des articles qui permettent, sans l'écrire directement, grâce à quelque chose, donc des critères légaux, si c'est bien analysé, bien préparé. Et je pense qu'avec mon équipe, on va le faire dans les mois qui m'en restent, c'est de mettre en avant ces articles qui permettent de privilégier une filière technologique, qui est la nôtre, qui est européenne et française. Donc il faut se réinventer aussi les collectivités.

Et je le dis d'autant plus que j'en suis une, donc je parle de nous, de moi. Je suis une élue locale à Vannes, ville moyenne. Donc en fait, voilà, mais ça demande, il faut se renouveler, se remettre en cause, et puis changer nos pratiques et nos habitudes, parce qu'on est beaucoup dans les habitudes quand même.

3:11
Présentateur

Bon, et puis vous avez reparlé du plan OSEIA, donc c'est un peu votre message ici, c'est allez-y, il faut se lancer. Vous vous dites, on peut gagner du temps, on peut même gagner de l'argent, c'est de l'efficacité.

3:21
Anne Le Hénanff

Oui, oui, oui, l'IA, on n'a pas le choix non plus de l'IA. Si nous ne prenons pas le virage de l'IA, autre facteur de décrochage, et puis surtout, ça veut dire que des acteurs en dehors de notre territoire européen vont prendre le marché de l'IA. L'IA, on ne peut pas l'arrêter. J'entendais un élu tout à l'heure dire, oh là là, il faut freiner, il ne faut pas continuer à développer l'IA comme on le fait, de manière... Mais en fait, on n'a pas ces moyens-là de les ralentir, les acteurs de l'IA. Et moi, je préfère qu'on s'engage totalement dans l'IA, en étant clair sur ce qu'on veut, sur ce qu'on ne veut pas, parce que si nous ne le faisons pas en européen, d'autres le feront chez nous.

Et dans 40 ans, on dira la même chose que pour la suite, enfin, ou le Microsoft, la suite Microsoft, on dirait, mon Dieu, on a laissé faire pendant 40 ans notre dépendance technologique, je ne le veux pas pour l'IA, donc maîtrisons notre IA, imposons-la d'une manière, je dirais, concertée dans les structures, qu'elles soient publiques ou privées. Donc c'est un travail collaboratif, c'est à piloter au plus haut niveau de la gouvernance d'une structure, donc c'est pour le maire, son DGS, voilà. C'est vraiment... Il faut avoir un pilotage, il faut le mener comme un projet. Oui, un sujet, vous dites, de gouvernance, très stratégique. C'est essentiel.

Et il faut qu'il soit safe, pas d'IA sans qu'il soit sécurisé, évidemment. C'est la condition de la confiance des citoyens vis-à-vis de ce qu'on fait au niveau technologique.

4:54
Présentateur

Voilà, c'était donc la ministre du numérique et de l'intelligence artificielle qui s'est arrêtée sur le plateau de Smartech avec parole d'élus, un plateau que nous avions en commun sur le congrès des villes de France. On va commenter notamment ce que nous dit la ministre avec Mehdi Ouas, président de Numéum. Je dis notamment parce que dans votre grande interview, Mehdi, on va parler plus largement de votre stratégie, puisque vous arrivez à la présidence de ce grand syndicat patronal qui représente la filière des professionnels du numérique. Donc on a plein de sujets à aborder. C'est tout de suite après. Sous-titrage ST' 501