Compte-rendu du Conseil des ministres du 19 juin 2019
Gabriel Attal Au micro : Laurence Benhamou, Mathieu Coache, Anne Bourse, Sibeth NdiayeSource d'origineTranscription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 5:00RelanceRéponse directe
Les jeunes en uniforme chantant rappellent les années 30, quel rapport avec le militarisme ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Quel est le rapport exact avec le côté militaire ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Quels sont les critères de sélection des candidats ?
- 11:00OuverteRéponse directe
Qui finance le SNU ?
- 13:00OuverteRéponse directe
Quels sont les malaises d'Evreux ?
- 16:00OuverteRéponse directe
L'idée est-elle de redonner un sens patriotique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00J.-M. BlanquerFait
« depuis dimanche soir a commencé la 1re expérimentation du service national universel »
- 3:00J.-M. BlanquerChiffre
« Cela concerne plus de 2 000 jeunes de 16 ans »
- 4:00J.-M. BlanquerFait
« il y a des Guyanais, c'est important de le souligner »
- 6:00G. AttalChiffre
« 1 encadrant pour 5 jeunes, ce qui est un taux d'encadrement qui est très élevé »
- 10:00G. AttalChiffre
« 50 jeunes en situation de handicap qui sont présents parmi les volontaires »
- 12:00G. AttalFait
« nous sommes arrivés à une parité, il y a autant de jeunes filles que de jeunes garçons au sein des volontaires »
- 25:00S. NdiayeChiffre
« 4 millions et quelques de signatures qui sont nécessaires à la poursuite du processus »
- 32:00S. NdiayeFait
« nous considérons que le droit d'asile est l'honneur de la France »
- 35:00S. NdiayeFait
« la position du gouvernement n'est pas d'aller vers une légalisation du cannabis »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
-S. Ndiaye : Bonjour à tous. Merci pour votre présence si nombreux à ce nouveau compte-rendu du Conseil des ministres.
Je suis aujourd'hui accompagnée du ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer et du secrétaire d'Etat en charge de la jeunesse Gabriel Attal, parce que l'un des points principaux de l'ordre du jour de ce Conseil des ministres a été consacré au lancement de l'expérimentation sur le service national universel. Et donc, comme à l'accoutumée, lorsque je suis accompagnée de mes collègues, je leur laisserai en 1er lieu la parole pour vous faire un point exhaustif sur les discussions que nous avons eues en Conseil des ministres sur ce sujet du service national universel. Jean-Michel, je te laisse la parole. -J.-M.
Blanquer : Merci, Sibeth. Merci beaucoup, Sibeth. Quelques mots et puis je laisserai la parole à Gabriel Attal pour rentrer dans tous les détails de ce qui est en train de se passer et qui est très important, puisque depuis dimanche soir a commencé la 1re expérimentation du service national universel.
Comme vous le savez, c'est une phase pilote. C'est un moment important, c'est un moment un peu pionnier, qui doit nous permettre de monter progressivement en puissance. Cela dure 2 semaines.
Cela concerne plus de 2 000 jeunes de 16 ans. Gabriel Attal et moi, nous étions, dimanche soir, à Tourcoing pour accueillir une des premières cohortes dans le Nord. Et tout de suite, 2 premières choses sont à souligner dans ce qu'on a pu observer, aussi bien dimanche, que depuis les 14 endroits de France où se passe le SNU en ce moment même.
C'est d'abord une bonne réussite logistique, tout ceci suppose de faire déplacer ces jeunes depuis toute la France, puisque l'une des choses très importantes, c'est le brassage républicain, qui est aussi un brassage géographique et social. Et donc, ce sont des jeunes qui vont dans des régions qui ne sont pas les leurs, qui sont brassés avec d'autres jeunes, y compris des Ultra-marins, puisque dans cette 1re phase d'expérimentation, il y a des Guyanais, c'est important de le souligner. Et puis cette réussite logistique s'accompagne à nos yeux aussi d'une réussite en termes d'état d'esprit, puisque ce que nous voulons, c'est un véritable creuset républicain qui permette aux jeunes, à la fois de sentir cette appartenance à la République et en même temps de partager leurs expériences différentes, leurs différences.
C'est exactement ce qu'on a pu constater depuis dimanche. C'est-à-dire des jeunes, premièrement, qui sont heureux d'être là, évidemment, qui se mélangent, qui apprennent à se connaître et qui commencent à apprendre des choses qui d'une part leur sont utiles, puisque notre but, vous le savez, c'est d'en profiter pour qu'il y ait une dimension par exemple bilan de santé, pour qu'il y ait une dimension connaissance des enjeux de défense, de sécurité civile, de secourisme, etc. Donc des choses qui leur sont utiles et puis des choses qui sont bonnes pour la République avec, et le président de la République a tenu à le souligner, une dimension de patriotisme de tous pour tous.
Le patriotisme n'est pas le monopole d'un quelconque secteur de la France. Le patriotisme, c'est pour tous les citoyens et pour tout notre jeunesse, et le Service national universel est un moment de patriotisme, au sens fort de ce terme, et les jeunes sont très heureux de voir cette incarnation de la République dans cette institution. On l'a vu, ils ont leurs uniformes, leurs activités et ce mode de vie pendant 15 jours, qui est quelque chose de très inédit et qui permet des découvertes vraiment bonnes.
Donc un début que nous considérons comme réussi et je voudrais dire, pour terminer, qu'il y a une dimension de prototype dans ce qui est en train de se passer. C'est-à-dire que nous vivons au cours de ces 2 semaines une expérimentation. On va regarder les forces, les éventuelles faiblesses, et s'en servir pour la montée en puissance qui suivra au cours des prochaines années de façon à façonner ce projet qui était, vous le savez tous, dans les engagements présidentiels et que nous considérons comme très important pour le pays et pour cette dimension de creuset républicain qui définit le Service national universel.
Je remercie publiquement Gabriel Attal puisque, comme vous le savez, à mes côtés, il est secrétaire d'Etat en charge tout particulièrement de la jeunesse et à ce titre, il a fait tout un travail pour que tout ceci s'accomplisse et il va évidemment, maintenant, vous en dire beaucoup plus, mais comme je partirai dans quelques instants, je profite pour dire tout de suite à quel point je considère que c'est un magnifique travail qu'il a accompli. -G. Attal : Merci, Jean-Michel.
Merci, Sibeth. Bonjour à tous. Effectivement, avec Jean-Michel Blanquer ce matin a été prévue au Conseil des ministres une communication sur les débuts du Service national universel, qui a été lancé ce dimanche avec 2 038 jeunes appelés venant de 13 départements pilotes, qui ont commencé cette expérience et ce séjour de cohésion.
Ce qui est frappant dans les échanges que nous avons pu avoir avec les jeunes sur le terrain, c'est de mesurer ce qu'ils sont venus rechercher à l'occasion de ce Service national universel. D'abord, un moment de cohésion et de mixité. Ils sont venus rechercher la rencontre avec des jeunes qui viennent d'autres territoires, d'autres horizons géographiques, sociaux, et le partage avec ces jeunes autour des valeurs de la République.
Et puis une recherche de sens et de capacité à s'engager avec des jeunes qui ont envie de s'engager, de donner de leur temps au service des autres, au service de l'intérêt général, qui ne savent pas toujours comment le faire, qui veulent qu'on leur apporte les codes, qu'on leur apporte des voies pour s'engager et c'est bien l'objectif du Service national avec les nombreux échanges qui ont lieu, avec l'ensemble des partenaires que je veux saluer, les mouvements d'éducation populaire, les animateurs qui sont présents, les représentants associatifs qui participent, évidemment les personnes issues du monde des armées, ou des corps en uniforme, plus largement. L'objectif, c'est bien de donner à voir à la jeunesse qu'elle a quelque chose à apporter au destin de la France en s'engageant et de lui donner à voir toutes les possibilités qui existent aujourd'hui pour s'engager, qu'il s'agisse du bénévolat associatif, qu'il s'agisse du service civique qui est un formidable outil que nous souhaitons conforter, pour que plus de jeunes puissent y participer, qu'il s'agisse, évidemment, des pompiers volontaires ou des réserves opérationnelles dans les armées ou dans les différents corps en uniforme. Donc ce Service national va se poursuivre jusqu'au 28 juin.
Comme l'a dit Jean-Michel Blanquer, c'est une phase pilote de préfiguration. Nous testons des organisations, nous testons des modules dans les différents départements. Les différents départements ont des agendas et des calendriers différents.
Nous testons toutes ces organisations et nous allons procéder à une véritable évaluation de ce Service national, de cette phase pilote, puisque nous avons missionné l'INJEP, l'institut de recherche et d'études statistiques du ministère de la Jeunesse avec des chercheurs, des sociologues qui sont présents dans tous les centres, qui évaluent le contenu des modules qui sont apportés aux jeunes, qui évaluent aussi l'expérience vécue par les jeunes. Des jeunes qui seront suivis par ces sociologues, ces chercheurs dans les mois et années qui viennent pour mesurer l'impact qu'a eu sur leur trajectoire ce Service national universel. Nous attachons évidemment une grande importance à la sécurité des jeunes.
Tous les soirs, un compte-rendu, un bilan nous est adressé, qui relève toutes les situations qui ont été constatées sur le terrain. A ce stade, aucun événement grave n'a été relevé. Il y a eu quelques malaises à Evreux, au cours d'une cérémonie du 18 juin et on pourra revenir sur ce point, éventuellement, s'il y a des questions.
Pas d'événement grave, pas de difficulté majeure, des jeunes qui sont motivés pour poursuivre cette expérience du Service national universel, qui sont parfaitement encadrés, je le rappelle. 1 encadrant pour 5 jeunes, ce qui est un taux d'encadrement qui est très élevé, quand on connaît l'accueil collectif de mineurs. Les normes à cet âge-là en termes d'encadrement sont plutôt de 1 pour 12.
Là, nous sommes sur 1 pour 5. C'est donc un encadrement avec des animateurs, des éducateurs, des personnes issues du monde des armées qui est extrêmement nourri, précisément pour garantir, à la fois la sécurité et surtout, l'atteinte des objectifs qui ont été fixés en matière de cohésion, de lever des freins à l'engagement et de formation sur un certain nombre de points. Je vous remercie. -Bonjour, Laurence Benhamou, Agence France Presse.
Je ne sais pas si vous avez vu sur les réseaux sociaux, de voir tous ces jeunes en uniforme qui chantent, il y a eu pas mal de commentaires sur le thème "Oui, ce sont vraiment les années 30", en estimant que ça pouvait rappeler des états d'esprit guerrier. Et 2e question, quel est le rapport exact avec le côté militaire, puisqu'il y a des personnes issues du monde des armées qui sont là, quel rapport ça a avec l'aspect militaire de la chose ? Merci. -G.
Attal : Alors, comme vient de le dire Jean-Michel Blanquer et comme ça a été rappelé par le président de la République ce matin, il ne faut pas confondre militarisme et patriotisme. Le drapeau, "La Marseillaise", c'est des éléments, des symboles de la République qui rassemblent les Français, bien au-delà des armées et des questions de défense. La comparaison que vous venez de faire, je n'y souscris pas du tout.
On ne l'entend pas, d'ailleurs, quand dans les stades de football à l'occasion de la Coupe du monde, les supporters chantent "La Marseillaise", c'est un vecteur de rassemblement et de cohésion. S'agissant de la place et du rôle des armées, les choses ont toujours été claires sur ce point depuis la campagne présidentielle, puisqu'encore une fois, il s'agissait d'un engagement du président de la République. Les armées participent à la fois en termes d'intervention, pour apporter aux jeunes un certain nombre de modules sur les questions de défense, sur les questions de sécurité, comment réagir à une catastrophe naturelle, mettre en place un poste de secours, intégrer un poste de secours, comment se protéger en cas d'accident grave, en cas d'inondation, en cas de situation qui appelle à se protéger et protéger les autres.
Et puis dans l'encadrement puisque, sur l'ensemble des encadrants des jeunes au Service national universel, il y a 1/3 de personnes qui viennent du monde des armées, 1/3 qui viennent de l'éducation populaire, de l'associatif, et 1/3 qui viennent de l'Education nationale et ce triptyque est absolument respecté partout dans les centres, parce qu'il s'agit de marier, finalement, ces cultures pédagogiques, ces expériences pédagogiques qui sont différentes mais qui ont en commun d'accompagner la jeunesse, d'avoir une expérience de l'accompagnement de la jeunesse et donc, ces différentes cultures qui se retrouvent, finalement, au sein d'un esprit du Service national universel. -J'ai 2 questions. La 1re, quels sont les critères ?
Vous avez dit que c'était accessible à tous, donc quels sont les critères de sélection des candidats directement ? Et les 14 lieux qui ont été choisis pour pilotes, qui finance ça ? Est-ce que c'est les collectivités locales, territoriales ou si c'est l'Etat ?
Merci. -G. Attal : Alors, 1re question, qui est appelé, finalement, au Service national universel.
Je rappelle que dans "universel", il y a "universel". C'est-à-dire que tous les jeunes doivent pouvoir y participer. Et dès la phase pilote, où nous sommes d'abord sur une étape avec des volontaires, nous avons tenu à ce que la diversité de la jeunesse soit représentée au sein de cette phase pilote, ce qui veut dire que nous avons été mobiliser, chercher des volontaires qui, spontanément, n'auraient peut-être pas candidaté par eux-mêmes parce qu'ils auraient pu se dire que ce Service national pouvait ne pas être fait pour eux.
Ce qui veut dire qu'il y a des jeunes scolarisés, évidemment en lycée général, professionnel, technologique. Il y a aussi des jeunes en apprentissage que nous avons sélectionnés avec les CFA, il y a des jeunes décrocheurs qui se sont portés volontaires via les missions locales et des jeunes en situation de handicap qui se sont portés volontaires au travers des maisons départementales des personnes en situation de handicap. C'était pour nous absolument fondamental que cette diversité de jeunes soit représentée et précise singulièrement que des jeunes en situation de handicap puissent participer, puisque l'objectif, encore une fois, c'est de faire cohésion.
Et donc, il faut que le Service national universel n'écarte personne et que chacun y trouve sa place. Vous avez donc, dès cette phase pilote, 50 jeunes en situation de handicap qui sont présents parmi les volontaires. Evidemment, selon le handicap, il peut y avoir une adaptation sur les différents modules, si certains ne peuvent pas y participer, mais ce qui est très important de constater, c'est que d'ores et déjà, il y a une cohésion très forte qui se fait avec les autres jeunes et que finalement, ils sont pleinement investis, pleinement engagés au sein du Service national universel et donc, ce point est évidemment central.
La 2e question, excusez-moi...
Il y a la parité femmes/hommes, absolument. Au départ, quand les 1res candidatures sont arrivées, on avait noté qu'il y avait beaucoup plus de jeunes filles que de jeunes garçons qui candidataient. Et finalement, nous sommes arrivés à une parité, il y a autant de jeunes filles que de jeunes garçons au sein des volontaires.
Sur le financement, le Service national universel, c'est un projet, une politique publique qui est pris en charge par l'Etat. Il n'y a pas, pour répondre à votre question, de demande de financement aux collectivités locales. Les collectivités locales, elles peuvent intervenir et être partenaires si elles sont volontaires pour le faire.
Et c'est sur la base du volontariat que des collectivités peuvent s'engager. Ce que nous constatons à l'occasion de cette phase pilote, c'est que les collectivités, qu'il s'agisse des communes, des départements, des régions, sont très mobilisées et ont eu envie, finalement, de porter, de participer à ce projet de Service national universel, par la mise à disposition d'espaces. Ca peut être des internats de lycée, s'agissant des régions, la mise à disposition de gymnases, de salles municipales par les communes ou un soutien pratique, aussi, concret par les départements.
C'est donc sur la base du volontariat qu'elles peuvent participer, si elles le souhaitent. Ce que nous constations dans les 13 départements pilotes, c'est qu'elles sont pleinement investies. -Bonjour.
Est-ce que vous pourriez revenir, justement, sur les malaises d'Evreux ? Je crois qu'il en a 26, c'est ça ? Et dans quelles conditions ont-ils eu lieu ? -G.
Attal : Alors, je disais tout à l'heure que nous avions tous les soirs un compte rendu qui nous est adressé et qui fait état de toutes les situations qui se sont présentées dans les différents centres. Encore une fois, la sécurité des volontaires, c'est une exigence absolue pour ce Service national universel, et c'est pour cette raison que nous avons un très haut taux d'encadrement, je l'ai rappelé tout à l'heure. Les jeunes au Service national universel participent tous les matins à la levée des couleurs, au chant de "La Marseillaise" à travers une cérémonie.
Et hier, pour le 18 juin, il y avait, dans tous les centres du Service national universel, dans les communes où se trouvent les centres, une cérémonie du 18 juin comme elles sont toujours organisées par les communes et les jeunes de Service national universel étaient invités à participer à ces cérémonies dans les communes. Il ne vous aura pas échappé qu'il faisait très chaud hier et notamment à Evreux, où la cérémonie s'est conduite dans des conditions de grande chaleur et la cérémonie était assez longue puisqu'il y avait, visiblement, 5 interventions d'autorités locales, ce qui a allongé la cérémonie. Ce qui a pour effet d'avoir un coup de chaud pour un certain nombre de participants.
Il y a notamment une sénatrice qui a dû s'écarter. Quelques jeunes qui étaient là dans le cadre des Cadets de la Défense et s'agissant des jeunes volontaires au Service national universel, 22 jeunes volontaires se sont écartés de la cérémonie, précisément, pour ces raisons de coup de chaud. J'ai eu un compte-rendu venant du SDIS et de la préfecture de l'Eure sur cette situation.
Ce que je peux vous dire, c'est que sur ces 22 volontaires qui se sont écartés de la cérémonie pour aller s'abriter au sein de la mairie, aucune situation de gravité n'a été notée. 10 d'entre eux se sont vu remettre un sucre, les autres un verre d'eau. Il n'y a pas eu, contrairement à ce que j'ai pu lire, d'hyperventilation ou de perte de connaissance.
Aucune hospitalisation n'a eu lieu et l'ensemble de ces jeunes, dès la cérémonie terminée, a repris les activités normales avec les autres volontaires dans des conditions tout à fait normales. Mais évidemment, j'ai bien conscience que cette situation et ces images peuvent être impressionnantes. Je redis que nous apportons une grande vigilance à ce que la sécurité soit garantie en toutes circonstances.
J'ai donné pour consigne aux différents chefs de projet du Service national dans les départements d'adapter les agendas, d'adapter les horaires à la situation des centres, évidemment, et notamment au rythme et au repos des jeunes pour garantir que les jeunes soient bien reposés à l'occasion des activités ou des cérémonies, puisque comme vous le savez, comme je l'ai dit tout à l'heure, selon le centre où l'on se trouve, le calendrier n'est pas le même. Ce qui fait que par exemple, à Tourcoing, le séjour a commencé par une série de bilans individuels, bilan de santé, bilan de compétences, bilan de maîtrise de la langue française, ce qui est relativement peu fatiguant pour les jeunes, là où, dans le Cher, ça a commencé par une marche de 18km, donc ce qui est beaucoup plus fatiguant. Donc on a redonné consigne aux départements de pouvoir adapter le calendrier, les horaires, au rythme des jeunes et au repos des jeunes et ces recommandations vont évidemment être suivies et nous resterons tout à fait vigilants. -Je reviens sur la levée des couleurs, les uniformes.
Ma génération, on avait vu disparaître le Service militaire. A l'époque, les gens étaient contents. Est-ce que l'idée, c'est de redonner un sens patriotique, est-ce que le président trouve que les jeunes Français ne sont pas assez patriotes, est-ce que c'est l'un des buts de ce service ?
Merci. -G. Attal : Vous l'avez rappelé, le Service militaire a été suspendu par Jacques Chirac, il y a maintenant plus de 20 ans.
Il a été suspendu parce qu'il a été décidé de professionnaliser l'armée et de ne plus avoir besoin de 400 000, à l'époque, jeunes garçons formés au maniement des armes chaque année. L'engagement du président de la République, dans le cadre de la campagne, ce n'est pas de remettre un Service militaire, c'est de créer un Service national universel avec les objectifs que j'ai évoqués sur la cohésion, la mixité, la formation à un certain nombre de réflexes et évidemment pas le remaniement des armes ou aller faire la guerre, ce n'est évidemment pas l'objectif. Ce que le président de la République a rappelé ce matin, c'est son attachement au patriotisme.
Le patriotisme, encore une fois, n'est pas réservé à qui que ce soit. Le patriotisme peut s'exercer et doit s'exercer au-delà évidemment des armées, les Français dans leur ensemble ont un attachement aux symboles de la République, à "La Marseillaise", au drapeau. Et l'objectif avec ce Service national universel, c'est encore une fois d'avoir un moment de brassage, de creuset républicain autour des valeurs de la République et autour de cette notion d'engagement.
C'est ça qui est vraiment au coeur de ce Service national, c'est l'engagement. S'engager, c'est donner ce qu'on a de plus précieux, c'est-à-dire son temps, au service de l'intérêt général et d'une cause à laquelle on croit. Et beaucoup de jeunes s'engagent, beaucoup de jeunes sont engagés et notre conviction, c'est que la majorité des jeunes, presque tous les jeunes, ont envie de s'en engager.
On a vu d'ailleurs, on les a vus défendre un certain nombre de causes ces derniers mois, notamment s'agissant de l'environnement et du climat. Et la volonté avec le Service national, c'est de leur donner les clés, de créer des ponts pour que davantage de jeunes puissent s'engager, puisque tous les jeunes ne se projettent pas aujourd'hui dans l'engagement, ne mesurent pas qu'ils ont une utilité, qu'ils ont quelque chose à apporter. Ce que nous voulons, c'est le leur montrer.
Il y a ce séjour de cohésion, il y a une mission d'intérêt général qui va être réalisée durant 2 semaines par les jeunes à l'issue de ce séjour de cohésion dans une association, auprès d'une collectivité ou auprès d'un corps en uniforme. -Bonjour, Anne Bourse, France 3. Juste pour reprendre vos termes, vous dites que le but, c'est la cohésion, la mixité, la formation à certains gestes, etc.
Ce n'est pas tant, justement, le côté militaire. Ca veut dire que l'école, l'Education nationale, ne parvient pas à cela, à la mixité, la cohésion et la notion de patriotisme, finalement ? -G.
Attal : J'entends parfaitement votre question. C'est un moment complémentaire à celui de l'école. L'école, c'est un lieu de mixité.
Ca doit le rester et on fait tout pour le renforcer, notamment pour renforcer les moyens qu'on apporte à l'école et à l'Education nationale dans des lieux, dans des territoires où on sait qu'il en manque, ou en tout cas on sait que les jeunes n'ont pas les mêmes chances dans leur environnement familial, peut-être avoir un certain nombre d'accompagnements, un accompagnement, et donc, il faut que l'école soit renforcée dans ces conditions-là et que la mixité à l'école soit renforcée. Mais la cohésion des territoires, le fait pour un jeune de rencontrer un jeune qui vient d'un autre territoire. Ca, par définition, au sein de sa classe, au sein de l'école, ça n'est pas possible.
De même que l'un des objectifs très fort avec ce Service national universel, c'est aussi l'expérience de mobilité. Il y a trop de jeunes qui naissent et grandissent en France et qui ne sortent jamais de leur territoire, qui ne quittent jamais le domicile familial ou qui ne quittent jamais leur territoire et qui, plus tard, lorsqu'il s'agit de faire des choix en termes d'orientation, en termes de formation, en termes d'emploi, se ferment des portes, s'autocensurent, parce qu'aller chercher une formation, des études, un emploi dans un autre territoire, ça apparaît comme un horizon parfois infranchissable parce qu'on n'a jamais l'occasion de quitter son territoire. Donc c'est aussi une expérience de dépaysement et l'objectif, c'est aussi qu'ultérieurement, puisque c'est des jeunes qui ont 15-16 ans, lorsqu'il s'agira d'envisager son avenir, des jeunes puissent se projeter davantage vers une mobilité puisqu'ils auront eu cette expérience de mobilité.
Je rappelle que pour la plupart d'entre eux, c'est la 1re fois qu'ils quittaient leur département. C'est la 1re fois que la majorité de ces jeunes prenaient le train, ça nous a été dit par les jeunes. Et la capacité à découvrir un autre territoire, à quitter momentanément le domicile familial, c'est aussi un élément d'émancipation des jeunes pour la suite.
D'autres questions ou je remets... ? -Bonjour, Sehla Bougriou pour TF1-LCI.
Est-ce qu'on pourrait avoir une idée précise du coût total du SNU ? -G. Attal : Alors, le coût total du SNU, c'est-à-dire le coût, lorsque le Service national universel sera généralisé, c'est bien ça la question, j'imagine ?
Quand 800 000 jeunes seront appelés au Service national universel, par définition, il va dépendre des choix que nous ferons à l'issue de la phase pilote. Cette phase pilote, ça a été dit tout à l'heure, Jean-Michel Blanquer a utilisé le terme de "prototype", cette phase pilote, elle vise à nous permettre de tester nos organisations, de faire des choix, de tester un certain nombre de décisions. Nous allons prendre, à l'issue de cette phase pilote, des décisions sur la manière concrète dont nous envisageons le Service national universel lorsqu'il sera généralisé à tous les jeunes.
Et ces choix, ces décisions que nous ferons, elles auront évidemment un impact sur le budget. Donc faire aujourd'hui...
Annoncer aujourd'hui un coût budgétaire, ça a finalement, assez peu de sens ou alors, ça ne servirait à rien d'être pragmatique, économe de nos moyens en nous lançant dans une phase pilote pour nous tester, si on pouvait dès à présent annoncer un budget, puisque ça voudrait dire que les choix ont déjà été faits. Ce que je veux dire, c'est que d'abord le budget se situera bien en dessous d'estimations qui ont été réalisées par certains élus, certains responsables politiques, qui allaient jusqu'à 7 milliards d'euros. On sera bien en-deçà de cela.
Si on projetait aujourd'hui ce que nous coûte le Service national universel pour cette phase pilote avec 2 000 jeunes en faisant une règle de 3 sur 800 000 jeunes, cela reviendrait à environ 1,5 milliard d'euros, mais on sait bien qu'il y aura des économies d'échelle quand il y aura plus de monde, que des organisations vont être améliorées, que donc ce sera probablement moins. Je veux aussi insister, puisque le président de la République l'a fait à plusieurs reprises, sur le fait que ce Service national universel, ce sera un coût, et c'est assumé, mais c'est aussi un investissement. Parce que quand vous faites un bilan de santé complet à tous les jeunes, vous pouvez potentiellement détecter des pathologies qui, si elles n'avaient pas été détectées, se seraient aggravées et auraient coûté plus cher à la Sécurité sociale.
Quand vous permettez à des jeunes d'avoir des informations sur leurs droits, sur les possibilités d'insertion qui existent, vous, on l'espère, limitez le nombre de décrocheurs. On sait qu'il y a environ 100 000 jeunes qui décrochent chaque année du système scolaire, sans emploi, ni formation, ni qualification. Un jeune décrocheur en moyenne, ça été chiffré par des études, en accompagnement global, c'est environ 240 000E pour la collectivité sur la durée de son décrochage.
Et donc, si on arrive à réduire le nombre de décrocheurs, en plus d'apporter du bien pour les jeunes en question qui vont trouver leur voie, on fait aussi un investissement pour l'avenir de la collectivité. Donc je pense que c'est important de le regarder aussi dans cette dimension. On va peut-être rendre la parole à Sibeth Ndiaye que vous attendez avec impatience.
Merci beaucoup. -S. Ndiaye : Merci beaucoup, Gabriel.
Evidemment, merci également à Jean-Michel Blanquer qui a participé à l'introduction de ce point sur le Service national universel. Je reprends donc le compte rendu habituel de l'ordre du jour du Conseil des ministres. Vous le savez, nous avons accueilli aujourd'hui Heiko Maas, le ministre des Affaires étrangères de la République fédérale d'Allemagne, qui a eu l'occasion de faire une déclaration conjointe avec Jean-Yves le Drian à laquelle, évidemment, je vous renverrai sur le contenu de notre échange.
Je voudrais simplement souligner que c'est la 5e fois qu'un ministre allemand participe au Conseil des ministres français et que cette participation est désormais largement, non seulement prévue, mais également encouragée par le traité d'Aix-la-Chapelle qui a été signé en janvier dernier avec la République fédérale d'Allemagne et dont nous avons examiné le projet de loi de ratification le 3 juin dernier et qui, d'ici l'été, passera au Parlement français. Jean-Yves le Drian avait, pour sa part, participé lui-même à un Conseil des ministres allemand à la fin du mois de mars et le président de la République a d'ailleurs souligné dans son introduction l'importance de cette présence qui symbolisait en quelque sorte, à travers le traité d'Aix-la-Chapelle, une nouvelle étape dans la relation bilatérale entre la France et l'Allemagne à la fois sur la signature symbolique du traité d'Aix-la-Chapelle qui n'a, je le rappelle, pas vocation à remplacer le précédent traité de l'Elysée, mais plutôt à le compléter et à indiquer le chemin d'une mise en oeuvre d'une nouvelle étape de notre relation bilatérale. Il a également souligné dans son introduction l'impact positif que cette convergence organisée par le traité d'Aix-la-Chapelle entre nos 2 pays notamment d'un point de vue économique, social, mais aussi sur les sujets éducatifs et culturels, pouvait avoir comme bénéfices communs à la fois pour chacun des 2 pays mais aussi au service de l'Europe tout entière.
Au-delà de la présence d'Heiko Maas à notre Conseil des ministres, nous avons évidemment évoqué les différents points de l'ordre du jour. Le président de la République, pour vous faire un détail sur son introduction, a essentiellement insisté et souligné l'importance de la poursuite des efforts sur la réforme de l'Etat, tant au niveau de la déconcentration que des discussions que nous avons entamées sur la décentralisation, considérant que l'un et l'autre ne peuvent pas aller sans l'autre. Il a également insisté sur son souhait de voir des réflexions autour de la réforme de l'action publique, la réforme du fonctionnement de l'Etat.
C'est des sujets que nous avions déjà eu l'occasion d'aborder en Conseil des ministres. Il y a demain un CITP qui sera présidé par le Premier ministre qui aura vocation à s'inscrire dans cette dynamique de réflexion autour de la réforme de l'Etat avec des objectifs clairs. A la fois rendre visibles les résultats qui sont obtenus dans les politiques publiques, être capable de les objectiver et de les présenter de cette manière objective aux Français, mais également permettre aux citoyens d'interpeller les services publics et donc de poser des questions sur leur fonctionnement, d'interroger leurs performances et puis avec un 3e objectif également, d'organiser une plus grande proximité, à la fois dans la prise de décision, et donc c'est le mouvement de déconcentration de la décision, notamment la décision individuelle administrative que nous avons entamée et d'une plus grande proximité à travers la diffusion de ces guichets France service dont le président de la République a vraiment insisté sur le fait qu'il ne souhaitait pas qu'il s'agisse de recyclage de l'existant, donc des maisons de service au public qui existent aujourd'hui, mais au contraire, d'un projet ambitieux qui permette de s'appuyer sur les MSAP les plus performantes existantes, d'enrichir leur bouquet de services pour qu'elles deviennent des services de haute performance et de haute qualité au service, justement, de nos concitoyens.
Voilà l'essentiel de l'intervention du président de la République au début du Conseil des ministres. Nous avons, comme à l'accoutumée, en partie A de ce Conseil des ministres, examiné différents projets de lois et ordonnances, et c'est ainsi que le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a présenté un projet de loi qui ratifie un accord entre le gouvernement français et le gouvernement allemand au sujet de la coopération franco-allemande dans le domaine du transport tactique aérien. Pour résumer, il s'agit de la création du renforcement de notre coopération bilatérale sur les sujets du transport tactique aérien dans le domaine militaire et notamment de la création d'une unité binationale qui aura vocation à pouvoir intervenir de manière conjointe.
Cette unité s'installera sur une base militaire ad'hoc avec une montée en puissance à compter de 2021 et un dispositif pleinement opérationnel à partir de 2024. La base aérienne à laquelle je fais référence est celle d'Evreux dans l'Eure. La ministre des Armées a ensuite présenté une ordonnance qui est prise à la suite de la loi de programmation militaire.
Cette ordonnance a vocation à harmoniser la terminologie sur la désignation et la classification de l'armement entre 2 codes qui coexistent aujourd'hui, qui sont, d'un côté le code de la Sécurité intérieure, et de l'autre côté le code de la Défense. Ces 2 codes n'utilisant pas les mêmes terminologies, nous avons là un effort de simplification qui est ainsi réalisé à travers cette ordonnance. Nous avons également, au cours du Conseil des ministres eu un point présenté conjointement par le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères mais également par le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, en l'occurrence Jean-Yves le Drian et Jean-Baptiste Lemoyne, sur à la fois l'attractivité de la France et les résultats du commerce extérieur.
Ce point avait à la fois pour objectif de rappeler ce qui était notre ambition en termes de commerce extérieur. Vous savez que la balance commerciale de la France nous est aujourd'hui défavorable et que, à travers les mesures que nous avons prises pour renforcer l'attractivité du pays et la compétitivité de nos entreprises, nous souhaitons inverser cette tendance. Et donc, ils nous ont présenté, y compris d'ailleurs, je me permets, j'avais oublié, avec le ministre de l'Economie et des finances, Bruno Le Maire.
Ils nous ont présenté les différents dispositifs qui avaient été mis en place, en particulier la mise en place de ce que nous appelons désormais la "Team France export" qui, dans chaque région, a vocation à permettre de bien s'adapter aux réalités économiques du territoire pour accompagner le développement de nos entreprises à l'international. Il s'agissait de créer des guichets uniques qui rassemblent sous l'égide des Conseils régionaux, à la fois les équipes de Business France, les chambres de commerce et d'industrie, mais également les équipes de BPI France, de manière à avoir des équipes capables, filière par filière, d'accompagner nos entreprises à l'international. 11 régions ont d'ores et déjà formalisé leur engagement pour la création de ces Team France export.
D'un autre côté, les ministres ont également souligné le dispositif de soutien qui est mis en place à l'étranger et qui s'appuie sur des partenariats entre public et privé, l'objectif étant dans une centaine de pays à travers le monde, d'offrir un accompagnement de qualité aux entreprises françaises qui souhaitent s'implanter. Ils nous ont également fait état de la réforme qui a eu lieu sur les outils de financement à l'export, avec une modernisation des principaux outils de soutien financier publics existant et ils ont également réalisé un point sur le nombre d'ETI et de PME, donc d'entreprises de taille intermédiaire et de petites et moyennes entreprises, qui ont ainsi pu bénéficier d'un financement ou d'une garantie par BPI France et la proportion de ces entreprises qui ont pu ainsi bénéficier d'un accompagnement financier a augmenté de 15% en 2018. Nous avons également eu une présentation sur les bons chiffres de l'attractivité en France.
Vous le savez, un certain nombre de baromètres ces dernières semaines, ou ces derniers mois, ont souligné le fait que la France consolidait, sans doute grâce aux mesures qui ont été prises pour améliorer la compétitivité de notre économie et de nos entreprises, en particulier au plan fiscal, la France regagne des points d'attractivité dans les différents classements internationaux et les ministres ont eu l'occasion de s'en féliciter. Voilà ce que je pouvais vous dire sur le contenu de ce Conseil des ministres et je suis désormais à votre disposition pour répondre à toutes vos questions. -Yannick Falt, France Info.
Que pensez-vous du meeting organisé contre la privatisation des Aéroports de Paris qui a réuni un panel assez large, allant des Insoumis aux Républicains en passant par des Socialistes ? Et si le nombre de signatures requises est atteint, est-ce que le gouvernement s'engage à ne pas privatiser ADP ? -S.
Ndiaye : Alors, vous connaissez le processus qui est à l'oeuvre depuis que le Conseil constitutionnel a été saisi de ce référendum d'initiative parlementaire. Nous sommes aujourd'hui dans la 2e étape du processus. La 1re étape consistait à recueillir un nombre suffisant de signatures de parlementaires.
Ca a été le cas et désormais, nous sommes dans la période du recueil des signatures de nos concitoyens en soutien à cette demande de référendum d'initiative parlementaire. Ce processus va se dérouler pendant encore 9 mois. A l'issue de ce processus, le gouvernement a le choix, soit de faire un réexamen parlementaire du sujet de la privatisation, soit de convoquer un référendum.
C'est le contenu de la Constitution qui donne ces 2 possibilités-là et donc, il faut d'abord attendre l'évolution du processus et voir, dans un 1er temps, si les 4 millions et quelques de signatures qui sont nécessaires à la poursuite du processus sont réunies. Vous le savez, par ailleurs, notre conviction sur le sujet d'ADP est celle que nous avons affichée à travers le projet de loi Pacte qui porte sur la croissance de... un projet assez vaste, qui porte sur le nombre de sujets, en particulier qui autorise la privatisation, non seulement d'ADP, mais également de la Française des jeux.
Si nous avons fait le choix de le mettre dans un projet de loi et de le faire adopter par le Parlement français et donc, par la présentation nationale, c'est bien que nous avons une conviction fortement établie sur l'intérêt de cette privatisation pour notre pays, et donc nous n'avons pas dévié de cette conviction. -Et sur le meeting de ce soir ? -S.
Ndiaye : Ecoutez, il appartient à ceux qui soutiennent cette initiative de faire campagne sur cette initiative et donc je n'ai pas de commentaire particulier sur ce meeting. -Bonjour, Mme la Ministre. Mathieu Coache, BFMTV.
Une question, justement, sur ce processus au sujet d'ADP. Des élus trouvent que le système est très compliqué, qu'il est laborieux, à vrai dire, sur le site du ministère de l'Intérieur qui a eu des bugs, aussi au début. Qu'est-ce que vous répondez à cela ?
Est-ce qu'il n'y a pas une façon de simplifier, justement, la signature de cette pétition ? -S. Ndiaye : Eh bien, écoutez, vous le savez, c'est la 1re fois que nous mettons en oeuvre ce référendum d'initiative citoyenne.
Le ministère de l'Intérieur agit ici comme un opérateur, en quelque sorte, du Conseil constitutionnel. Nous avons pris, dès lors que la décision du Conseil constitutionnel a été notifiée le 15 mai dernier, nous avons pris toutes les dispositions pour faire en sorte que le recueil des signatures soit possible. Nous avons eu quelques difficultés à l'ouverture de la plateforme.
Mais évidemment, les équipes du ministère de l'Intérieur n'ont eu de cesse de pouvoir rectifier les dysfonctionnements que nous avons connus, en particulier sur l'un des serveurs, et nous mettons tout en oeuvre pour que, dans la plus stricte transparence, puisse se dérouler de manière correcte ce recueil et que tous les citoyens français qui le souhaitent puissent participer à ce recueil. Nous avons eu d'ailleurs mis non seulement en place une procédure numérique dématérialisée, mais il existe également une procédure physique où, dans les villes de taille la plus importante à l'intérieur de chacun des cantons, il peut y avoir un recueil du soutien à cette initiative, à ce référendum, qui est possible. -Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, a relancé le débat sur les quotas d'immigration.
Est-ce que le sujet a été discuté au Conseil des ministres ? Comment est-ce que le gouvernement compte s'emparer du sujet ? Et que répondez-vous aux critiques, notamment de la gauche, qui disent que cela, in fine, profitera surtout au Rassemblement national ? -S.
Ndiaye : Alors, nous n'avons pas évoqué le sujet de l'immigration en tant que tel au Conseil des ministres de ce jour. Le ministre de l'Intérieur a eu l'occasion, y compris hier, au cours des questions au gouvernement, de répondre à des questions sur ce sujet. Nous considérons qu'il est important dans notre pays, compte-tenu des enjeux mondiaux, à la fois des enjeux du réchauffement climatique, mais aussi des enjeux de l'instabilité dans un certain nombre du monde, de tenir compte sans doute dans les années, ou peut-être même dans les mois, on ne sait pas, à venir, des vagues migratoires qui peuvent arriver sur le territoire national.
On a vu dans les années passées notamment pour la République fédérale d'Allemagne que, lorsque nous n'étions pas bien préparés en France, en Europe ou dans d'autres pays, à ces vagues migratoires, lorsque nous n'avions pas forcément eu le débat sur la manière dont nous pouvions accueillir ou ne pas accueillir les personnes qui souhaitent venir en France ou dans d'autres pays européens, que nous allions au-devant de grandes difficultés. Et donc, nous avons souhaité qu'un débat annuel puisse se tenir au Parlement. Ce débat aura lieu en septembre prochain, car il est important que, pour une grande politique comme celle de l'asile et de l'immigration, d'une part, mais aussi pour un enjeu qui préoccupera le monde dans les années à venir, que la représentation nationale soit à la fois informée de la situation de l'immigration et du droit d'asile en France, mais aussi soit parfaitement autorisée à mener le débat sur notre politique migratoire.
Je tiens également à rappeler, et c'est ce que le ministre de l'Intérieur a eu l'occasion de faire hier, que nous considérons que le droit d'asile est l'honneur de la France et qu'en aucun cas des quotas ne pourront s'appliquer sur les personnes qui souhaitent venir en France et qui choisissent la France comme pays de refuge. Et nous leur devons d'avoir un examen rapide de leur situation et d'ailleurs, quand vous examinez les chiffres du nombre de demandes d'asile qui ont été accordées par la France l'année dernière, ces chiffres sont en augmentation. Il est aussi important de réfléchir à la manière dont nous souhaitons accueillir ou ne pas accueillir des personnes qui souhaiteraient venir dans d'autres cadres, et donc c'est pour ça que nous avons souhaité qu'il puisse y avoir au moment, une fois par an, justement, ce débat parlementaire qui permettra d'éclairer le débat public à travers le débat qu'entretiendra la représentation nationale. -Bonjour, Greg Viscusi de l'agence Bloomberg.
Demain, il y aura un rapport du Conseil d'analyse économique sur si ou non la France devrait légaliser le cannabis, quelle est la position du gouvernement ? C'était dans la campagne du président de légaliser le cannabis pour l'utilisation personnelle. Depuis...
Je pense qu'il n'a jamais parlé du sujet depuis, donc quelle est la position actuelle ? -S. Ndiaye : La position du gouvernement n'est pas d'aller vers une légalisation du cannabis.
Après, il peut y avoir des réflexions sur le sujet thérapeutique, mais ça, c'est des réflexions... je vous renverrai plutôt vers ma collègue Agnès Buzyn.
Mais dans un cadre qui soit un cadre parfaitement défini à vocation thérapeutique. Mais l'usage du cannabis à vocation récréative ne fait pas partie, aujourd'hui, des projets du gouvernement. Est-ce qu'il y a d'autres questions ?
Eh bien, je vous remercie pour votre participation. Je vous retrouve la semaine prochaine, en soulignant que la semaine prochaine, le Conseil des ministres aura lieu, si je ne m'abuse, mardi matin compte tenu du déplacement du président de la République au Japon, où il effectuera à la fois une visite bilatérale mais également un G20, de mémoire. Voilà, exactement.
Je vous remercie. Je vous souhaite une bonne journée et un bon appétit.