Cultiver l’égalité : les femmes face au patriarcat agricole | #Amfis2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:14MathildeChiffre
« Ma mère, elle est chef d'exploitation donc elle fait partie des seulement 26 % des femmes qui sont chefs d'exploitation. »
- 4:39MathildeFait
« C'est un héritage c'est un héritage de d'un mécanisme c'est un mécanisme structurel. »
- 8:53CélineChiffre
« un/art des chefs d'exploitation sont des femmes. Donc il reste quand même 3/4 d'hommes. »
- 12:55CélineFait
« il y a une taxe rose que les paysanes subissent. »
- 13:37CélineFait
« malgré le fait qu'il y ait des lois qui doivent normalement nous garantir de pas d'inégalité lors des héritages et des divorces dans les faits les l'écart de richesse entre les hommes et les femmes continuent de s'accroître. »
- 15:35CélineFait
« C'est seulement depuis 2019 que les paysanes ont un congé maternité, l'équivalent du régime salarié »
- 16:14CélineChiffre
« en zone rurale, donc il y a 30 un/ers des Françaises, elles habitent en zone rurale. Donc c'est pas la moitié et pourtant ça représente la moitié des féminicides. »
- 23:29VirginieFait
« il y avait quatre femmes et donc voilà le reste en homme et on s'est dit ben et on nous disait mais ça correspond à le pourcentage de femmes qu'il y a dans l'agriculture. »
- 35:05VirginieFait
« le statut de conjoint collaborateur souvent c'est utilisé pour les pour les femmes »
- 35:45VirginieChiffre
« si quand tu fais ça toute ta vie, tu es à peu près à de mémoire 30 % de ce que peut cotiser le chef d'exploitation. »
- 37:21MathildeChiffre
« il y a 40 % euh des salariés agricoles qui disent que il y a pas accès à des toilettes sur leur lieu de travail. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Et ben bonjour à toutes et à tous. Est-ce que vous allez bien ? Oui. Bon ben moi je suis très très heureuse de vous retrouver pour ces magnifiques h dynamique qui va nous porter jusqu'à la présidentielle, jusqu'à la victoire et plus encore. Donc merci à vous d'être là et de porter cette énergie qui va qui va tous qui est comment dit euh euh communicative.
Avant de commencer notre conférence, donc cultiver l'égalité les femmes face au patriarcat agricole, moi j'aimerais d'abord apporter mon soutien aux paysanes et aux paysans qui ont subi cet été une canicule et une sécheresse qui a eu des impacts sur les productions, mais aussi sur le moral des paysans et des paysanes, sur le moral de celles et ceux qui nous nourrissent. Alors, s'il vous plaît, quand il pleut, réjouissons-nous. Et voilà, soutien à elle et à eux et je pense qu'on peut les applaudir.
[applaudissements]
Et donc c'est dans ce contexte que nous avons le plaisir d'accueillir deux paysanes. Donc Céline Bertier, paysane en Ardèche et membre de la commission femme de la confédération paysane.
[applaudissements]
Virginie Roussell, paysane enévilen sur ma circonscription et présidente de Agrobio 35.
[applaudissements]
et je laisserai Virginie présenter à Grobio 35 mais vraiment les remercier parce que je sais que c'est pas facile de se libérer quand on est paysane. Et donc vous avez fait cet effort là de venir et donc un grand merci à vous pour ça et pour le trajet [rires][souffle coupé] le déplacement jusqu jusqu'aux enfilles jusqu'à Valence. H avant de commencer, qu'est-ce que j'ai écrit ? [grognement] Je voulais euh bah vous parler euh un peu de de moi et d'où je viens. Donc bah pour celles et ceux qui ne savent pas, donc moi je suis fille de paysan et paysane. Je suis la première ouvrière agricole élue à l'Assemblée nationale. [applaudissements][acclamation]
[applaudissements]
Et du coup, je porte bah dans mon mandat aussi mon parcours et et je crois que j'ai commencé à être à comprendre ce que c'était le féminisme et à être féministe au moment où j'ai été élu et au parce que du coup je en tant que femme venant du milieu agricole avec un bagage d'études enfin bac agricole. Voilà, je me suis aussi confrontée à du mépris de classe, à du sexisme et en tant que mère de famille de deux jeunes enfants, je me trouve aussi avec ces injonctions que l'on a nous en tant que femme et mère. Mais je voulais aussi vous parler euh vous prendre un enfin vous raconter un peu l'histoire de mes parents de Béatrice et Jean-Paul qui du coup sont installés depuis 30 ans maintenant.
Et donc ma mère, elle est chef d'exploitation donc elle fait partie des seulement 26 % des femmes qui sont chefs d'exploitation. Euh et mon père est conjoint collaborateur. Donc Béatrice, elle est euh elle gère la ferme. Euh elle s'occupe de ses quatre enfants. Euh elle gère l'intendance quand il y a des gros chantiers de ramassage de pommes de terre, ce genre de choses. Bah ouais, il faut euh préparer à manger et tout ça et c'est elle qui le fait. Euh et elle gère aussi l'administratif. Euh et pourtant euh quand il y a un client qui vient, un commercial, qui vient sur la ferme, ben souvent il dit "Oui, bonjour, il est où le patron ? Euh oui, je voudrais parler au patron, s'il vous plaît.
Euh quand elle reçoit un coup de téléphone. Euh c'est euh "Oui, bonjour. Est-ce que je pourrais parler à Jean-Paul s'il vous plaît ?" Et euh ou alors euh parfois c'est une demande un peu particulière euh d'un client, de quelque chose qui dira "Non mais t'inquiète pas, je verrai ça avec Jean-Paul." Et et donc ça c'est des choses que moi j'ai vécu, que j'ai vu et euh ben j'ai je pense que du coup ben forcément en grandissant et en me politisant, bah j'ai essayé aussi d'analyser euh qu'est-ce qui d'où ça vient tout ça. Est-ce que euh parce que finalement j'en veux pas à mon père et j'en veux pas à ma mère.
Euh c'est simplement que c'est un héritage c'est un héritage de d'un mécanisme c'est un mécanisme structurel.
et un héritage d'un modèle agricole qui a été historiquement construit autour d'une figure masculine euh et euh dans un système patriarcal et autour d'ailleurs de de de certains euh on va dire clichés de voilà l'agriculture c'est un travail de force euh voilà c'est le travaux dans les champs, c'est alors s'il y a des paysans et des paysanes, vous vous vous allez ça va vous faire écho hein le coup de pied là qu'on met le dernier coup de pied qu'on met pour réaxer quand on est en train d'atteler un outil derrière le tracteur là le le coup de force qu'on donne à la fin parce que bah parce que je sais pas pourquoi parce que le matériel est pas adapté [grognement] euh et puis bah ouais la conduite du plateau de paille tout ça bah c'est les hommes souvent qui font ça euh le matériel qui pète bah la soudure hein hein, c'est souvent bah moi c'était mon père qui s'engargeait quoi de faire la soudure.
Euh et donc bah je vous donne un peu ces ces exemples parce que euh bah je je trouve que voilà, c'est assez parlant de de quel dans quel mécanisme euh le le monde agricole s'est construit. Euh et puis je rajouterai aussi que ben il y a tout le travail à la faire mais il y a aussi euh les la participation au conseil d'administration de certaines associations euh des groupements de producteurs, ce genre de chos et qui y va, qui est visible euh dans ces espaces là. Bah chez nous, c'est mon père qui allait, c'est Jean-Paul qui allait. Euh j'ai pas j'ai pas j'ai pas demandé à mes parents si j'avais le droit de parler de tout ça. Bon tant pis, c'est fait.
[rires] Euh mais voilà, encore une fois pour dire que aussi il y a ces espaces-là où en fait c'est souvent les hommes qui sont visibles. Euh et euh euh ce que ce que je voulais vous dire aussi que c'est que en fait historiquement euh c'est les hommes qu'on voyait dans euh dans la figure d' figures d'engagement dans le monde rural. Moi, je fais partie d'un mouvement qui s'appelle l'UMRJC. C'est un mouvement de de jeûne qui est euh géré par des jeunes de 13 à 30 ans en milieu rural et c'est euh la historiquement c'était la Jac, la jeunesse agricole catholique. Et la JAC en fait ça a structuré beaucoup le monde agricole en milieu rural et c'était structuré par qui ?
Par les curées, donc par des hommes. Voilà, ça donne un exemple aussi de sur quelle base sur quelle base le monde agricole c'est structuré. Voilà, je vais pas en dire beaucoup plus parce que je vais laisser la parole à à Céline et Virginie. Moi, j'avais une question euh à vous poser. Bon, plusieurs en fait. La première, c'est l'agriculture paysane est-elle féministe ? Et j'en avais eu d'autres sur bah comment les inégalités de genre se manifestent dans le monde agricole. Alors bah moi j'ai donné un peu un exemple pour donner une base mais vous allez compléter.
et comment les agricultrices elles s'organisent aussi pour combattre ces inégalités de genre et ensuite on terminera par quelle transformation politique, économique et social sont utiles pour combattre ces inégalités. Voilà.
[applaudissements]
D'ailleurs, il est où le patron, c'est devenu le titre d'une BD très célèbre en tout cas dans la Drome et dans l'Ardèche parce qu'on a entendu tout le temps cette phrase, tout le temps. Je pense que toutes les polles m'ont entendu une fois dans leur vie, même si elles sont pas installées avec des gars. C'est mon cas. Moi, je suis associée du coup à Marceline qui est en train de s'occuper des chèvres aujourd'hui. Donc, je la remercie de me permettre d'être là. Et effectivement, comme l'a dit Mathilde, être une femme en agriculture, c'est jamais neutre.
Soit vous êtes une super woman parce que vous arrivez faire à faire un métier d'homme puis qu'aujourd'hui en fait il y a que un/art des chefs d'exploitation. C'est le statut suprême que j'ai réussi à voir aussi. un/art des chefs d'exploitation sont des femmes. Donc il reste quand même 3/4 d'hommes. Et là, on vous attend au tournant. Surtout si vous arrivez avec un tracteur. Surtout si vous arrivez avec le seul tracteur de la manifant la préfecture et que vous arrachez le plot devant la préfecture.
Soit vous êtes jugé directement et on vous relègue à les tâches qu'on dit molles mais qui sont quand même nécessaires au fonctionnement de nos fermes comme la transformation, l'administratif et comme ça on est bien nos chauds parce que effectivement on adore faire les papiers et les mails. La fromagerie comme ça on nous voit pas et voilà. Donc on a cette double soit si vous y arrivez c'est parce que vous êtes une femme. Si vous y arrivez pas, c'est parce que vous êtes une femme. Et c'est pas toujours de rememballer avec humour, surtout quand on subit une espèce de double contrainte ou double domination notamment.
Enfin là, c'est deux censures que moi je me suis faite dans la BD Il est où le patron ? Et on n pas parlé des chasseurs, on n pas parlé des propriétaires terriens parce qu'en fait ça je le frécocherai à la retraite je pense je un autre tome. Et les clients et par exemple moi on m'a souvent dit "Ah mais si tu vends beaucoup de fromage c'est parce que tu as des beaux yeux." Bon c'est c'est pas de bol. Je suis hyper miop en fait. J'ai les entilles ou bien avec un si beau sourire c'est sûr qu'on vient sur votre stand. Donc j'ai fait quand même 3 ans d'orthodie pour qu'elle rentre toute dans ma bouche. C'est pas toujours évident de trouver des réponses.
Ou bien j'ai pas non plus la carrure des superers mecs qu'on voit sur les pubs du Crédit Agricole. Du coup, on m'a déjà dit que j'étais trop maigre pour faire ce métier. Est-ce que quand vous allez voir votre bouchée, vous lui dites "Eh, vous êtes un peu rouge, vous devez manger un peu trop de viande rouge ma fois." Non, en fait, on fait pas ce genre de chose. On le se permet parce qu'on est des nanas.
Et [applaudissements] en fait la norme est très masculine et parce que aussi je pense que les paysans et je pense qu'il y en a sous le barnom il souffrent aussi de cette norme masculine en fait cette injonction viriliste dans le monde paysan et finalement il y a quand même quelque chose de on prendre soin de nos corps en fait nos nos corps c'est nos outils de travail dont on prend soin en dernier sur nos fermes aussi parce qu'on est aussi installé souvent dans des déserts médicaux enfin à privat c'est quand même pourtant c'est la préfecture c'est quand même assez compliqué d'avoir des rendez-vous notamment avec des gynécologues ou des optalmaux et donc si on a un peu mal au dos bah on continue quand même de bouriner et je pense que tout le travail queon fait les paysannes ça pourra aussi aider messieurs les paysans à durer un peu plus dans le métier un peu plus longtemps.
Il y a quand même aujourd'hui 70 % des paysanes qui se font opérer à un moment dans leur vie d'une descente d'organe parce qu'en fait on bourine trop et messieurs, vous avez aussi un périné donc faites attention. Et du coup maintenant, on réfléchit à faire des formations sur comment prendre soin de nos corps au travail par exemple pour pas finir complètement cassé. Et la division des tâches, comme tu l'as expliqué Mathilde, quand c'est un couple hétéro qui gère la ferme et cette division genrée des tâches, elle est quand même très très classique et aujourd'hui je crois que 3/4 3/4 des fermes sont encore gérées par des couples hétéro.
Et en fait cette division genrée, il a été montré qu'elle est vraiment renforcée à l'arrivée de la maternité. Et donc par exemple en fait quand la nana elle se retrouve enceinte, bah elle se retrouve finalement faire la fromagerie parce comme ça elle peut mouler une bassine, remonter, lancer un plat au four, redescendre, mouler une bassine, remonter, vérifier si les enfants ça va.
Je pense que les enfants de paysan sont très autonomes assez rapidement et du coup c'est pas évident ensuite pour un souci d'efficacité de sortir de ce schéma là de répartition genrée des tâches et même moi par exemple qui suis pas installé dans un modèle hétéro et je je une fois on en discutait donc avec Marion la coautrice de la BD qui m'inspire beaucoup sur tout ce réflexion sur le féminisme paysan de les petits garçons. Ils ont eu le temps de se tromper en fait les petits garçons 6 quand ils étaient petits. Nous on l'a pas fait en fait. Moi mon père, il m'a jamais fait monter sur le tracteur. Il m'a jamais montré comment on faisait des choses.
Il m'a dit que il fallait que je fasse des études. Donc c'est chouette. J'ai pu faire des études et aussi m'ouvrir l'esprit sur d'autres choses. Mais dans le fond, ben maintenant je galère à reculer avec une remorque quoi. Et et à passer devant la préfecture avec le tracteur. Ça ça restera. Il y a aussi un sexisme très institutionnalisé et ça Virginie en parlera plus sur les installations, les banques, les propriétaires. On a montré à la commission femme de la Conf qu'il y a une taxe rose que les paysanes subissent. Donc il y a tout un groupe de maréchères dans le nord de la France qui ont envoyé plein de devis à des fournisseurs de matériel.
Elles avaient fait d'un devis avec des noms de paysans et des devis avec des noms de paysane. Et comme par hasard, les devis adressés à des femmes étaient toujours un peu laisés. les délais de livraison étaient plus longs, c'était plus cher, il y avait pas les mêmes petits avantages.
Et puis il y a on a quand même encore prouvé grâce à des sociologues par exemple qui ont écrit le livre Le genre du capital, donc Céline Baissière et sa coî j'ai oublié le nom, sur les inégalités en fait malgré le fait qu'il y ait des lois qui doivent normalement nous garantir de pas d'inégalité lors des héritages et des divorces dans les faits les l'écart de richesse entre les hommes et les femmes continuent de s'accroître.
Et dans les le cas des des divorces en tout cas et peut-être Virginie, tu nous parleras un peu des statuts quand même un quelque chose de hyper important les statuts agricoles parce qu'on a encore beaucoup de sous-statuts qui sont majoritairement représentés chez les femmes parce qu'en fait donc monsieur s'installe le statut de chef d'exploitation ce qui sous-entend payer des cotisations à la MSA et c'est souvent vu comme une charge au lieu d'un droit en fait d'accès à des droits sociaux et bah du coup madame elle prend les restes donc elle a pas souvent le statut de chef d'exploitation elle aussi comme la ferme dans son ensemble et du coup surtout monsieur fait des économies sur les charges.
Elle a aimé ça et du coup quand madame veut divorcer ben elle a plus rien. Il y a des spécificités du travail des paysanes. La frontière donc tu en as parlé un peu. La frontière entre la vie perso et la vie pro est très très floue. Il y a des sociologues qui parlent du concept de maisonner. C'est-à-dire que encore donc dans le cas d'un couple hétéro qui gère la ferme en fait la famille la ferme les enfants, tout est mélangé. Ce qui fait aussi que c'est très difficile de s'en sortir en cas de violence sexis et sexuelle, mais j'en parlerai un petit peu plus tard. Les équipements non adapté, donc ça tu en as parlé, on essaie de travailler là-dessus et sur les droits sociaux aussi.
En fait, c'est seulement depuis 2019 que les paysanes ont un congé maternité, l'équivalent du régime salarié et notamment la possibilité de toucher une indemnisation et de passer obligatoirement par le service remplacement. Ça c'était un gros frein qu'on a identifié à la commission femme de la conf parce qu'en fait il y avait pas souvent des salariés qui étaient disponibles et formés pour remplacer quelqu'un enfin pour remplacer en notamment la personne enceinte sur sa ferme. Et du coup malgré ces lois aujourd'hui encore en France il y a 40 % des paysanes qui s'arrêtent pas pendant leur grossesse.
Donc ce qui est assez c'est déjà en fait c'est déjà un régime précaire d'être à la MSA parce que si vous êtes malade vous touchez 28 € dans des journalières mais encore plus quand vous êtes une femme parce que vous avez d'autres maladies spécifiques au fait d'être une femme. Bah par exemple, la descente d'organe, mon sujet préféré. Donc les femmes qui se font opérer de ça, après elles peuvent pas soulever plus de 6 kg et du coup souvent mais c'est là qu'elles se retrouve aussi rélégué à des tâche bah qu'elles avaient pas forcément choisi plutôt que de revoir comment l'ergonomie de la ferme. Et à la commission ferme, on parle beaucoup de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
D'ailleurs, j'ai vu que vous avez un dispositif pour cet événement. C'est bien. [rires] Et en fait, malheureusement en zone rurale, donc il y a 30 un/ers des Françaises, elles habitent en zone rurale. Donc c'est pas la moitié et pourtant ça représente la moitié des féminicides. Donc il y a quand une surprésentation de ces crimes à la campagne. Et en fait c'est lié au fait qu'on à la campagne, vous avez pas du tout d'anonymat, tout le monde se connaît. Espèce de boys club qui gère au conseil d'administration du crédit agricole, de la SAFER, du CER, de la coopérative agricole et cetera.
C'est hyper dur en fait de dénoncer son agresseur et encore plus quand l'agresseur en question ou le criminel est votre conjoint du fait de ce que j'ai expliqué tout à l'heure. Donc on est en train de travailler là-dessus à la commission femmes et de réfléchir à un protocole de lutte contre les violences sexistes et sexuelles au sein du syndicat mais aussi prenant on est parti du principe que la confédération paysane est responsable de ce que subissent ou commettent leurs militants et leurs militantes. On n'est pas les premiers à avoir inventé ça. Il y a d'autres collectifs comme Attaque, Sud, Solidaire, CGT, ils ont travaillé aussi sur des protocoles comme ça.
On est plutôt à la bour là via Campina, mais c'est quelque chose, je pense, qui fera quand même du bruit dans nos campagnes et qui nous permettra ben de lever la parole quoi, et de voir après comment les accompagner. Et là-dessus, on s'est placé d'un point de vue de la justice transformatrice, de pas juste dénoncer et exclure quelqu'un de la confédération paysane ou d'un territoire, mais aussi de réfléchir pourquoi c'est arrivé en fait, quels sont les le contexte qui fait les conditions socio-économiques qui font que on en est arrivé là et comment est-ce qu'on est un peu tous complices aussi. Et en fait, j'ai commencé avec le petit sexisme ordinaire et quotidien.
Et en fait, c'est pas si petit parce que c'est à la base du grand continuum qui monte jusqu'au viol et au féminicides. Et ça, les féministes de nous toutes l'ont bien prouvé. C'est une espèce de pyramide. On commence avec ces remarques sexistes merdiques et on finit quand même par des agressions voire des crimes. Et le on a on travaille pas mal à la commission femme qu'on renommera commission féministe je pense pour la rendre un peu plus inclusive par rapport au à la diversité de genre qu'on a de plus en plus quand même aujourd'hui à la campagne là-dessus. La via Campestina est beaucoup plus en avance.
On travaille pas mal aussi sur comment accéder au poste et ça je pense tu as pas mal de choses à nous raconter là-dessus sur le fait qu'il y a pas beaucoup de femmes décisionnaires en fait dans les instances décisionnel les conseils d'administration et tout qu'on a mis en place un système de marinage c'est-à-dire de se faire coopt par d'autres femmes qui ont déjà pris du pouvoir pour pas arriver la fleur à la bouche. Mettre en place la parité des règles de réunion par exemple. Je sais pas si vous connaissez le langage macho.
C'est des féministes américaines des années 70 qui ont mis ça en place qui ont détecté que il y a plein de de postures dans les réunions qui font que les femmes ou les minorités de genre ou les jeunes ont pas la ou les personnes racisées ont pas la place de parler dans les réunions. Et par exemple, c'est couper les cheveux en quatre, jouer au coq, reformuler. Bah il y en a toute une liste, il y en a moins une trentaine. Je vous encourage à les afficher dans vos salles de réunion quand vous repartirez des amphis après les vacances sûrement. On travaille aussi sur les droits sociaux et ça Malti nous en parlera. On a travaillé ensemble sur une proposition de loi et sur les et voilà.
Et après, je voulais faire un petit pas de côté pour vous parler en fait à la commission femmes et là-dessus, je voudrais rendre un petit hommage à Véronique Léon qui nous a transmis l'affaire mais qui m'a quand même beaucoup tiré vers le féminisme paysan. On est aussi des éleveuses et en fait ces réflexions en omixité, elles nous permettent de réfléchir à c'est quoi faire un métier d'éleveuse en tant que femme et en tant que féministe ? Comment est-ce qu'on revoit nos pratiques d'élevage ? Comment est-ce qu'on respecte le corps de nos animaux là en l'occurrence de nos chèvres ? Comment on attend que le petit chevreu il sorte plutôt de lui tirer dessus ?
Comment on les respecte aussi dans la mort, dans la naissance ? et c'est quand même un métier du soin. Alors, je voulais pas en vous disant ça essentialiser les femmes en disant que c'est parce qu'on est des femmes qu'on fait ça trop bien. Non, c'est sûrement parce qu'on était socialisé sociabilisé avec beaucoup d'empathie qu'on fait attention. Mais moi en fait, j'ai jamais eu d'enfant. Je suis nulle y part comme on dit en élevage et pour autant ça je fais quand même très attention au MBA de nos chèvres quoi.
Et on avait écrit un tout petit un petit texte, je vais vous en lire un extrait de la commission femmes pour replacer notre féminisme parce qu'en fait quand on parle de féminisme, il y a plein de féminismes différents. Une fois on avait organisé une table ronde avec d'autres commissions femmes, des autres syndicats agricoles et en fait je me au début je me suis dit ouais on va se retrouver, ça va être un point commun. En fait pas du tout, on a vraiment des approches très différentes du féminisme selon d'où on parle. Bon, il y avait aussi un syndicat qui disait qu'il y avait pas de problème pour les femmes. Notre féminisme à la Confédération paysane est écologique, paysan et populaire.
Il comprend que l'exploitation des femmes et de leur corps est liée à l'exploitation industrielle des animaux, de la nature et de ses ressources par le capitalisme et le patriarcat. Il se veut solidaire des opprimés, des exploités. Comprend profondément que l'exploitation des femmes et de leur corps est intrinsèquement liée à l'exploitation industrielle de la nature et de ses ressources. Il se veut avant tout célébrer la vie, notre rapport sensible au monde, se reconnaître comme vivante parmi le vivant pour amener à une entière valorisation d'une agriculture autonome, durable, nourrissière et résiliente qui régénère les sols et mis sur les alliances et les coopérations interespèces.
C'est ça l'agriculture paysane. Et on vient de d'introduire l'année dernière au congrès de la Conf. Donc l'agriculture paysane, c'est un projet politique qui est porté par la Conf et la DAR. C'est un réseau qui émane de la confe qui aide les paysans à s'installer ou à transmettre leurs fermes. Et donc il y a plusieurs principes, la souveraineté alimentaire, l'autonomie, tout ça. Mais il y a aussi un 7e principe qu'on a introduit l'année dernière sur justement la lutte contre les oppressions. Et tout ce féminisme paysan, il a permis ce 7e pétale à la fleur d'agriculture paysane.
[applaudissements]
Merci. Merci Céline, je vais laisser la parole maintenant à Virginie. Euh voilà, pour nous parler de plutôt euh la place des femmes dans les institutions et puis concrètement aussi qu'est-ce qui se met en place dans les réseaux euh pour lutter contre les inégalités de genre. [grognement] Merci Mathilde. Bonjour à toutes et à tous. Euh moi je suis ravie d'être ici. Je suis partie de Rennes ce matin. Il faisait 10°gr avec un bon brouillard. Donc je me suis dit là, comment ça va être là-bas ?
Ici, il fait un temps magnifique avec des températures idéales pour pour pouvoir discuter des sujets qui nous tiennent tout à cœur souvent, qui sont notre place justement dans dans ce dans ce monde agricole qui euh qui a des fois la vie dure, mais qui nous mène des fois la vie dure. Euh moi, je vais vous parler un peu de du parcours à l'installation et également du du réseau dans la dans laquelle moi je suis présidente de mon Gab. Donc le Gab, c'est le groupement des agriculteurs bio. Donc moi, je suis dans le 35, donc en Il vilaine et on fait partie d'un réseau national qui s'appelle la FNAB qui est la Fédération nationale de l'agriculture biologique.
Euh et nous dans le réseau en fait, on enfin du moins dans le dans notre département, on a choisi euh il y a maintenant 7 ans d'instaurer la parité dans notre conseil d'administration. Quand je suis arrivée sur 21 membres, 21 membres, il y avait quatre femmes et donc voilà le reste en homme et on s'est dit ben et on nous disait mais ça correspond à le pourcentage de femmes qu'il y a dans l'agriculture. On se disait mais si on part de ce principe là, en fait on évoluera jamais parce que si on nous laisse à 25 % alors qu'on représente souvent plus de plus de la moitié de la population, on va jamais y arriver.
Et on et on s'est aussi dit que avec le renouvellement des générations, il fallait compter sur tout le monde et pas juste 75 % de la population. Donc du coup, pour faire ça, on s'est dit on s'est donné 3 ans pour euh pour aboutir à la parité. Alors, on a ça ça a pas été un combat que euh de femmes. On a été beaucoup épaulé par des hommes parce qu'on se rend compte que pour arriver à ça, il faut pouvoir avoir du soutien euh et des femmes et des hommes. Et au bout de 3 ans, euh on est arrivé à 11 femmes et 10 hommes. Et la fois d'après, on est arrivé à à 10 à 10 femmes et 11 hommes. En tout cas, on on est arrivé à la parité. Comment ?
C'est-à-dire que à chaque homme qui sortait du conseil d'administration, il fallait qu'il soit renouvelé par une femme jusqu'à atteindre la parité. Et si ça on n'y aboutissait pas au bout de 3 ans, on aurait instauré ça dans les statuts. C'est-à-dire qu'on ne pouvait pas enfin le conseil d'administration aurait été réduit si on trouvait pas suffisamment de femmes pour prendre ses places. Et comme quoi quand on met euh quand quand on veut quelque chose, on l'obtient. Et donc aujourd'hui, ça fait euh ça fait 5 ans qu'on est euh qu'on est à 5050 et ça fait deux mandats où ce sont des femmes qui sont à la présidence euh de notre groupement.
Donc moi, j'ai pris la présidence cette année derrière une collègue éleveuse et euh et pour enfin et en plus de ça, ce qu'on a ce qu'on se rend compte en fait c'est que dans les réunions, tout à l'heure tu en tu en parlais Céline, c'est que pour prendre la parole, c'est souvent compliqué quand on est dans des réunions agricoles avec des partenaires agricoles de syndicat, d'autres syndicats. C'est à celui qui crie le plus fort et le dernier qui a la parole, c'est celui-là qu'on retient. Et nous dans dans nos instances, on a mis en place ce qu'on appelle la sociocratie.
Alors, je saurais pas vous expliquer le d'où ça vient euh mais en tout cas c'est que toutes les personnes qui sont autour de la table ont le droit à la parole à tour de rôle sur tous les sujets. même que vous ayez un avis ou que vous que vous en ayez pas, on vous on vous demande enfin on vous donne la parole et soit vous vous abstenez parce que vous avez rien à dire, soit vous avez quelque chose à dire et tout ce qui est tout ce qui est dit est entendu et personne n'a le droit de rebondir sur ce que vous avez dit. En sachant queune parole, elle appartient à la personne qui l'a dit.
On n pas à remettre en question ce que dit les personnes et on se rend compte en fait que en tant que femme dès qu'on se sent écouté, on prend beaucoup plus la parole et qu'on a toujours des choses à dire comme les hommes d'ailleurs, mais qu'on a des choses à dire quand on nous donne la parole. Et en ayant obtenu ça, du coup, on on se rend compte également que euh on arrive souvent à des solutions euh plus stables et qui sont pas remises en cause en fait avec le temps.
Et on a ainsi réussi à mettre en place des groupes de non mixité, donc au niveau de notre département pour pouvoir bah par exemple faire des formations tronçonneuses parce que souvent on se rend compte que sur les fermes, quand il s'agit de faire du bois, il y a toujours un homme pour vous montrer comment fonctionne la tronçonneuse. Donc on le regarde et une heure après, on se dit "Bah, en fait, j'ai toujours pas mis la main sur de la tronçonneuse parce qu'en fait en voulant nous montrer, il a fait le boulot à notre place en disant que bah ça irait plus vite." Donc voilà.
Donc on s'est dit ben en étant en groupe de non mixité, on a'urait pas ce comment ce biais là et ça permettrait souvent à certaines femmes d'être plus à l'aise et de et de comment de se dire elles peuvent y arriver parce qu'elles vont pas avoir de regard tout bienveillant qui soit d'un homme mais qui va avoir cette petite phrase qui tue en disant euh Ah Ouais, mais on va je vais le faire comme ça, on va on va aller manger plus vite. OK. Euh et effectivement, tout à l'heure, Céline disait "Les femmes, on est souvent en plus relégué à des à des postes invisibles." Alors, il y a des fois on le veut mais pas tout le temps.
Faut on est aussi responsable de ce qu'on de ce qu'on de ce qu'on a de ce qu'on a comme poste. Parce que certains vous diront "Oui, mais moi je suis contente dans ce que je fais. J'ai moi j'aime bien faire les papiers, j'aime bien faire le fromage mais pas toutes. Et euh et donc il faut respecter chacun et en respectant chacun, il faut absolument leur donner enfin donner la possibilité à à toutes de faire ce qu'elles ont envie. Et pour ça, il faut pouvoir en discuter. Et nous aussi, on a mis à travers ça ce qu'on appelle un diagnostic égalité dans les fermes.
Donc en fait, c'est une c'est des c'est des salariés de nos structures qui viennent discuter avec les chefs et chefs feu d'exploitation, les salariés et qui à qui on raconte ce qu'on fait dans nos fermes et qui fait quoi.
Et en fait, on se rend compte que de par la société, on a des biais sur ce qu'on prend en charge, ce qu'on prend pas en charge et que souvent quand on nous met ça devant les yeux, on se dit "Bah ah oui, je m'étais pas rendu compte effectivement que à mon retour de maternité, j'avais glissé beaucoup plus sur la comptabilité que sur aller faire les moissons alors que j'adorais ça avant." Et le fait d'en parler, ça remet aussi les choses en visibilité et les choses peuvent se mettre en place. pour évoluer. Mais pour ça, il faut du soutien.
Et nous souvent ce qu'on demande c'est que c'est bien de le faire dans son coin mais on a aussi besoin de soutien politique par exemple pour mettre ça en place de façon automatique. En fait, quand on s'installe en tant que qu'agricultrice, en tant que paysane, on devrait pouvoir demander obligatoirement ces ces choses de ces diagnostics égalité pour se rendre compte d'où on part et où on veut aller et du coup être accompagné.
les moi les résistances que j'ai pu euh que j'ai pu rencontrer en en en m'engageant en fait dans le réseau des agriculteurs et des agricultrices biologiques, c'est c'était souvent euh c'était moi-même qui me les mettait ces résistances en me disant bah ah je suis pas sûre que je vais être capable de parler devant euh sans personne en me disant "Ben, je suis pas sûr d'être d'être compétente. Je je connais deux trois trucs, mais comment je vais faire pour en discuter pendant pendant des heures ?" Et en fait ces choses-là, il y a que des femmes qui se posent la question.
Vous demanderez à un homme, vous lui dites vous tu "Tu veux venir parler ?" même s'il connaît qu'à moitié de la réponse, il va dire "Ah oui, oui, pas de problème". Et en fait, on a ce on a ce syndrome de l'imposteur chez nous, les femmes qui souvent nous empêche d'accéder à des à des niveaux de responsabilité qu'on aimerait atteindre mais dont on ne se sent pas capable. Donc, je pense qu'il y a des fois, il faut juste qu'on se mette un peu des coups de pieds aux fesses et se dire "Bah, je vais essayer." Les hommes essayent, ils y arrivent, pas tous, mais il y certains y arrivent. Alors, pourquoi pas moi ?
Aujourd'hui, on est on est identique donc il y a pas de raison que nous on n'y arrive pas. Et pour ça, il y a des choses qui existent, notamment des sites internet qui s'appellent les expertes. Et donc c'est c'est un site dont j'invite toutes les toutes les femmes à s'inscrire pour pour noter quelles sont les expertises qu'on a dans nos vies de tous les jours et qui aujourd'hui sont utilisées par les journalistes pour aller trouver des experts dans c dans tous les domaines qu'il soient. Et donc que ça soit en agriculture ou autres, ces sites-là sont les sont sont faits pour nous visibiliser et il faut s'en servir. Que vous racontez d'autre sur le les femmes en agriculture ?
On a mis en place également au niveau national et on a on a été aussi accueilli par Mathilde à l'Assemblée nationale une pépinière de femmes. Alors maintenant ça c'est devenu plus qu'une pépinière, maintenant c'est un groupe de femmes et on se retrouve deux trois fois par an pour pouvoir discuter de tous les sujets qui nous qui nous préoccupent sur la politique agricole.
Et donc entre femmes, on essaie de construire des de construire des discours, de construire des solution et de pouvoir les les éparpiller un peu partout en France pour montrer que on est là et on n'est pas que 25 % du monde agricole parce que on est 25 % de chef d'exploitation, mais il y a aussi toutes les salariés qui sont là, il faut pas les oublier même si elles sont loin d'être majoritaires, elles sont quand même là et dans et certaines fois alors moi je parle notamment en maréchage on trouve finalement beaucoup de salariés femmes qui n'ont pas forcément euh peur de faire du travail physique et qui se disent en maréchage ce sera moins compliqué parce que je serais pas obligé de monter sur un tracteur.
Alors, c'est vrai mais c'est pas totalement vrai parce que il faut se dire qu'en maréchage aussi on utilise des tracteurs et il faut pas avoir peur de monter sur un tracteur. C'est pas un objet masculin, même si c'est fait avec des dimensions masculines. Aujourd'hui, tout le monde conduit une voiture alors que ça a été conçu par des hommes. Aujourd'hui, tout le monde conduit une voiture.
Et ben, j'ose espérer que dans quelques années, toutes les femmes se diront "Bah moi aussi, je peux conduire un tracteur." Et pour ça, il faut se faire se faire épauler et montrer au centre de formation dans laquelle souvent on passe pour avant de s'installer que il doit y avoir des formations spécifiques pour les femmes et que c'est pas oublier les hommes que de faire ce genre de formation en non mixité. Voilà un peu pour ce qui ce qu' en était de ma partie. Ah oui, il y avait les statuts dont tu dont tu parlais tout à l'heure. Effectivement aujourd'hui, il y a un il y a des statut en agricole qui qui existe. Donc comme tu disais, le Graal c'est le statut chef chef d'exploitation.
Euh et il y a aussi d'autres statut qui sont aide familial, conjoint collaborateur et tous les tous les statuts entre guillemets subalternes sont souvent euh pris dans un temps par les enfants pour qu'ils puissent aider sur la ferme. Euh souvent les garçons qui ont à partir de 13 ans vont pouvoir conduire le tracteur pour pouvoir faire les moissons et cetera. Et le statut de conjoint collaborateur souvent c'est utilisé pour les pour les femmes, pardon. Mais alors moi j'ai un mari comme le père de Béatrice qui est conjoint collaborateur.
Alors non pas parce qu'il enfin parce qu'il vient aider sur la ferme et que moi je trouvais ça normal en fait que quand tu viennes aider, tu puisses être protégé des accidents du travail et que tu puisses aussi cotiser pour la retraite parce que tout ton tout travail mérite d'être récompensé entre guillemets. Sauf que ce ton taux de ton taux de cotisation à la retraite, il est proportionnel à ce que tu payes en cotisation. Et donc si quand tu fais ça toute ta vie, tu es à peu près à de mémoire 30 % de ce que peut cotiser le chef d'exploitation.
Donc ça montre un peu ce que derrière les les les conjoints alors qui aujourd'hui sont principalement des femmes puissent peuvent toucher une fois qu'elles partent à la retraite. Et ce qui est paradoxal par contre c'est que c'est souvent les dernières à partir à la retraite parce que pour prolonger la ferme le mari a commencé avant. Donc une fois qu'il arrive on transmet la ferme à la femme artificiellement parce que c'est tout le temps le mari qui travaille. Donc elles deviennent euh chef d'exploitation pendant 4 5 ans. Mais tout ça suffit pas à compenser en fait toutes les années où elles ont cotisé très peu.
Et ce statut-là, normalement il va il va disparaître ce statut de conjoint collaborateur parce qu'ils se sont rendus compte qu'il y avait beaucoup d'abus. Sauf qu'il y a rien entre guillemets pour pour revaloriser toutes ces toutes ces années d'expérience quand c'était un statut qui avait été choisi justement pour payer moins de cotisation. Donc je pense que une des choses aussi qu'il faudrait pouvoir faire, c'est revaloriser toutes ces années d'expérience au même titre qu'un chef d'exploitation parce que c'est pas normal qu'on qu'on ne puisse pas bénéficier des mêmes des mêmes cotisations. Voilà un peu pour ce qui est de des statuts.
[applaudissements]
Merci Virginie. [acclamation] peut-être compléter sur ce que tu disais par rapport au salariés agricoles. Euh il y a un chiffre qui est assez euh important, c'est que il y a 40 % euh des salariés agricoles qui disent que il y a pas accès à des toilettes sur leur lieu de travail.
Euh et du coup ça c'est un vrai sujet parce que il y a aussi un quelque chose dont on parle pas, c'est des règles euh et bon avec qui fait partie aussi d'un sujet en tant que paysane euh même salarié agricole euh qui n'est pas souvent abordé alors que une femme quand elle a ses règles et ben elle est parfois aussi mal parce que elle a mal au ventre et qu'elle est pas disposée forcément à travailler Euh bah voilà, physiquement voilà ce qui c'est plus difficile. Euh qu'est-ce que je voulais dire ?
Euh euh je voulais aussi dire mais ça que en fait il y a des sujets qu'on a abordé sur le statut par exemple effectivement sur le statut de conjoint collaborateur il va être donc normalement c'est 5 ans et ensuite on aura plus de de de qu'est-ce qui va se passer après ? On en parlait tout à l'heure Céline sur euh euh ben OK, si on arrête le statut de conjoint collaborateur euh qui permettait euh d'avoir un statut précaire, qu'est-ce qu'on fait derrière ? Euh et on se rend compte que il y a certaines fermes qui enfin dans certains cas où euh c'est du coup la question de ben des femmes qui qui ont ce statut là, qu'est-ce qu'elles deviennent en fait ?
Euh qu'est-ce est-ce que elles vont plus avoir de statut ? est-ce que elles vont être elles vont rentrer dans le GAEC si c'est un GAEC ? Et donc toutes ces questionsl elles sont encore effectivement à travailler et ça fait partie des des sujets que nous on a on a travaillé ensemble aussi avec un peu les solutions politiques que qu'on peut mettre en place. Euh euh moi j'ai déposé une proposition de loi euh justement pour euh garantir euh une égalité d'accès aux droits et aux opportunités pour les femmes en agriculture.
Et on l'a travaillé euh bah je l' je l'ai travaillé notamment grâce à tout le travail qui a été fait euh par euh la commission femme de la Fédération paysane par le les Gabes et par toutes le par Oxfam par toutes les structures qui qui ont travaillé sur le sujet.
Peut-être pour vous dire, je veux pas, il y a 11 articles dans dans la proposition de loi, mais pour vous donner quelques quelques quelques articles qui qui qu'on a proposé et qui font écho à des choses qu'on a dit là aujourd'hui, par exemple sur le service de remplacement, euh l'idée c'est que le congé que que qu'une femme qui prendrait son congé maternité puis parental ou un congé enfant enfant malade, elle puisse avoir un service de remplacement qui s'adapte à à ses droits euh et et même davantage parce que sur alors je vous allez me dire he peut-être enfin moi des éléments que j'avais aussi pu entendre, c'est que euh ben le congé maternité euh parfois il est presque trop court pour euh bah pour une femme qui aurait besoin de s'arrêter plus tôt et que le service de remplacement lui il intervient que sur la période du congé maternité.
Or euh le travail en agriculture, bah il faut aussi le temps de former la personne qui va venir travailler sur la ferme. Et donc l'idée c'était aussi de pouvoir adapter le service de remplacement à au congé maternité en agriculture et un peu plus et un peu plus. Euh il y a un autre sujet aussi, c'est euh la lutte contre les inégalités de genre euh qui doit aussi euh se faire euh à travers la formation agricole. Euh moi qui ai fait un qui a été en en lycée agricole euh c'est des choses qu'on n'a pas du tout qu'on a jamais abordé. Bon ben maintenant ça commence à à remonter un peu mais c'est toujours le cas.
Euh et euh par exemple même les temps de formation, de conduite de de tracteur ou ce genre de choses, c'est minime euh dans la formation. Euh donc ça ça fait partie euh des choses qu'on avait porté dans la proposition de loi. Euh et euh avec aussi la création d'un module de formation sur euh sur l'égalité euh femme-homme dans l'enseignement agricole. Euh et euh un une autre mesure qui me semble importante, c'est la création d'un observatoire des inégalités de genre en agriculture.
Euh parce que comme tu l'as dit euh là, on a été beaucoup sur une vision très hétéro, mais voilà, je crois que c'est aussi important de se rendre compte que euh c'est une question de genre plus largement et de la place des personnes aussi LGBTI euh dans le milieu agricole. Voilà un peu moi ce que je pouvais vous dire sur les les suites un peu qu'on a essayé de porter nous à l'Assemblée nationale. Euh je sais je pense qu'on va pouvoir se laisser en temps de questions. C'est Sarah. Sarah qui va juste pour compléter mail sur la la partie congé maternité et service.
Euh en fait, on se rend compte quand quand les les femmes qui passent par là nous disent "Bah c'est bien le service de remplacement, sauf que euh il me faudrait deux voire trois personnes en fait pour me remplacer parce que euh trouver quelqu'un pour me remplacer euh aux soins des animaux, ben je vais trouver." Mais cette même personne, elle va pas savoir faire euh la comptabilité et elle va peut-être pas savoir faire non plus la vente. Et donc en fait le problème du service de remplacement, c'est qu'il il prend un tendeur avec certaines tâches et mais il ne il ne il ne il ne permet pas de cumuler euh avec plusieurs personnes.
Et donc là, ça commence à évoluer mais malgré tout ça reste compliqué parce qu' dans les services de remplacement, on va leur dire, j'ai besoin de trois personnes, ah ben moi je vais je veux bien vous donner quelqu'un pour le soin des animaux mais pour le reste bah j'ai pas ça. Donc débrouillez-vous par vous-même.
Et donc du coup tout ce travail là de recherche qu'on fait pendant qu'on travaille avant de d'être en congé quand tout se passe bien et qu'on n'est pas en arrêt de travail et ben c'est du temps supplémentaire et aujourd'hui ça ça devrait pouvoir enfin il devrait pouvoir y avoir des structures qui qui ont un panel de personnes pour pouvoir remplacer non pas un pour un ou ou deux pour un mais sur certaines tâches et c'est sur une évaluation de temps passé sur les tâches qu'on devrait pouvoir remplacer et parce que c'est c'est sinon c'est trop discriminatoire et souvent les femmes se disent "Bah, j'ai pas vraiment été en congé parce que finalement j'ai continué à faire la compta et puis bah là il manquait quelqu'un à la vente donc bah je suis descendu 2 heures faire la vente quoi.
Et en cas de accident du travail ça ça devient du coup compliqué. Oui, maintenant il y a certains départements où la MSA a reconnu ce que vient d'expliquer Virginie et que du coup une personne enceinte peut se faire remplacer par deux temps plein par exemple pour reconnaître que on fait pas un boulot à 35 he mais il y a des grosses disparités départementales et on n pas réussi à la commission femme à comprendre les règles de la MSA au niveau national sur pourquoi c'est disparité. M.