Dette, vote de confiance, menace étrangère...La prise de parole de François Bayrou en intégralité
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 75 %Attaque 15 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 17:00François BayrouChiffre
« Si nous ne faisons rien, nous dépasserons de loin les 100 milliards de charges de la dette en 2029. »
- 10:00François BayrouFait
« Cet été, c'est évaporé le rêve ou l'illusion d'une Europe qui compte dans le monde. »
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Monsieur le ministre d'État, mesdames et messieurs les ministres, monsieur le président Patrick Martin, mesdames et messieurs les adhérents du MDEF, les chefs d'entreprise qui êtes là et mesdames et messieurs. [Musique] Alors pour le jeune garçon et pris de sport que j'étais et que d'une certaine manière je suis encore parce que vous le savez bien même au long de la vie l'enfance et l'adolescence leurs rêves et leurs enthousiasmes ne s'effassent pas. Pour ce jeune adolescent-là, si on lui avait annoncé qu'il se retrouverait un jour sur le central de Roland Garos, devant un public nombreux, choisi et chaleureux, ce n'est pas à la politique qu'il aurait pensé.
Il aurait eu des rêves d'exploit, de raquettes, de balles et pas vraiment dans le cadre d'une rentrée politique à haut risque. Mais d'une certaine manière, ce sont des rêves semblables de défis qui paraissent hors d'atteinte, de triomphe d'adversaires qui paraissent priori plus puissants et des mobilisations de toutes les énergies. Les entrepreneurs de France et les entreprises de France, tous ceux qui les font vivre depuis leurs créateurs, leurs dirigeants, leur cadre et leurs salariés, tout cela sont confrontés au défi même qui est celui de tous les êtres humains depuis que l'humanité s'est formée en société.
Comment se projeter vers l'avenir ? Ce qui impose de décider de vaincre l'impossible. Se projeter vers l'avenir, c'est exactement notre défi.
La situation du monde, vous la connaissez. La situation de l'Europe et celle de la France. Et en face de cette situation, il y a deux attitudes possibles.
La déploration, ceux qui se plaignent en pensant que c'était mieux autrefois ou que ce serait mieux autrement. Comme disait le grand poète Horas dans la Roma antique, il disait "Laudator temporis". Ceux qui chantent les louanges du bon vieux temps, c'est la première attitude.
Et puis il y a ceux qui comprennent qu'un nouveau monde est en gestation et que c'est ce nouveau monde dans lequel nous devrons trouver les chances qui jusque-là nous paraissaient interdites. Cette projection vers l'avenir, non seulement elle n'empêche pas la lucidité, mais la requière. Tant sont impressionnants les défis qui sont devant nous, qui vont nous obliger à changer d'attitude, à délaisser les réflexes près à l'emploi et à inventer au contraire la carte et la boussole vers notre avenir.
Je dis cela devant vous, monsieur le président Patrick Martin et devant toute votre équipe avec qui nous avons souvent échangé depuis que je suis entré en fonction. J'ai apprécié que nous partagions à chaque instant la même conviction, même si nous n'avons pas toujours eu notamment sur le conclave comme on a dit où je crois nous avons été tout prêts d'aboutir. Mais même à ce moment difficile, j'ai apprécié que vous considériez que le dialogue ne devait jamais être rompu. et j'ai apprécié votre communauté d'engagement avec toutes les entreprises et tous les entrepreneurs français dont vous n'avez jamais cessé, y compris dans les conversations privées que nous avions, de faire vos repères tout au long de nos multiples rencontres.
Alors, vous connaissez ma conviction dont j'avoue qu'elle est peu partagée dans le monde politique français mais qui est pour moi chevillé à l'âme. Il n'y aura d'avenir pour notre démocratie et pour notre pays que si la démocratie sociale s'affirme dans le même mouvement de responsabilité que la démocratie politique. Car le monde dans lequel nous essayons de tracer un chemin, cette jungle constamment renouvelé ne peut pas être dirigé par un poste de commandement unique qui serait la responsabilité politique.
La réalité est tellement diverse, tellement foisonnante, à chaque instant tellement bouleversé qu'il faut plusieurs centres de responsabilité qui dialoguent entre eux, qui s'estiment et se respectent pour que le juste chemin se trouve tracé. Je prends et le gouvernement prend la démocratie sociale non seulement au sérieux, mais nous la considérons indispensable. à l'équilibre qui est la condition de notre avenir.
J'entends bien que ce n'est pas un chemin pavé de rose, mais peut-être m'accorderez-vous ces ans-ci que la démocratie politique non plus n'est pas si facile, ni évidente, ni bienveillante, ni attendrissante. Et si quelques-uns d'entre vous en doute demander au Premier ministre, je suis sûr qu'il aura ces jours-ci quelques éléments à vous apporter. Mais le dialogue n'est pas seulement entre la démocratie sociale et la démocratie politique.
Ces deux univers sont deux univers représentatif. Tous les deux apportent et recherchent entre la réalité souvent brutale entre les réalités souvent brutales de la vie des médiations. Alors dans l'antiquité et notamment dans la Grèce ancienne, c'était le rôle qui était dévenu au théâtre.
On disait que la fonction du théâtre c'était la catarcisse, la purgation des passions. Et aujourd'hui, nous nous vivons dans un univers de plus en plus violent et que cette violence est elle-même désormais institué en principe d'organisation par les grandes puissances de ce monde, par les empires chinois, américains qui ont proclamé la fin d'un monde où la force était celle de la loi pour entrer dans un monde où la loi est celle de la force. Chacun à sa manière, Moscou par l'attaque insupportable contre l'héroïque Ukraine avec la mobilisation de la puissance de toutes les armes y compris contre les populations civiles.
Cette nuit 14 morts à Kief. Pékin avec une stratégie vous y faisiez allusion construite et redoutable dans le domaine technologique, industriel, commercial et des matières premières rares. une stratégie de domination pour faire pendant à la fragilité démographique qui peut frapper même un état d' 1ARD 300 millions d'habitants et les États-Unis dont nul n'imaginait qu'il pourrait ouvertement sans plus aucune précaution de langage affirmer la volonté de domination y compris face à ses plus proches et plus anciens alliés que nous européens avions été sans faille.
Le plus récent épisode de cette volonté de domination par l'instauration de droits de douanes unilatéraux a montré au monde et hélas à nous-même où était la puissance et où était l'hésitation et au bout du compte l'acceptation. On peut développer à l'envie les raisonnements économiques pour expliquer que le résultat de cette négociation à mes yeux humiliante, c'était mieux que si c'était pire. Il demeure un élément déterminant, évident et massif, c'est que l'un a dicté sa loi et que l'autre l'a accepté et que tel est aujourd'hui l'état du monde dans lequel nous avons à choisir un chemin.
J'ai beaucoup aimé, et ce n'est pas la première fois, le discours que Mario Dragui a tenu à la fin de la semaine dernière à Rimini. et notamment sa phrase centrale. "Cet été," a-t-il dit, "cet été, c'est évaporé le rêve ou l'illusion d'une Europe qui compte dans le monde." Mesdames et messieurs, le chemin dans lequel nous sommes engagés est que seul le président de la République française a essayé de détourner pour passer de la faiblesse à la volonté de l'Union européenne.
Ce chemin-là nous pose une question existentielle qui est l'éternelle question de la vie des hommes appliqué à l'Europe aujourd'hui et appliqué à chacune de nos organisations quand il le faut. Cette question que j'hapire a dépouillé jusqu'à l'essentiel to be or not to be. pas être et elle se traduit simplement aujourd'hui si l'Europe continue à choisir de ne pas exister ou de n'exister que partiellement ou de n'exister que véléitairement de ne pas se battre ou de ne se battre que pour faire semblant et une fois que la défaite est actée de se féliciter parce qu'elle aurait pu être pire alors cela emportera la fesse ement de chacune de nos de chacune des parties, c'est-à-dire chacune de nos chacun de nos états, de nos peuples et de nos nations.
Et puisque j'évoquais le témoignage de Mario Dragui, cette question de la volonté comme condition de l'existence, c'est celle-el même qui a été traitée dans le rapport Draggy. Préparer l'avenir impose des efforts de dimension conséquentes, coordonnées qui touche aussi bien aux règles que nous imposerons à nos partenaires et à nos concurrents de respecter comme nous les respectons nous-mêmes, que dans la dimension des investissements nécessaires pour préparer l'avenir, innover et stimuler la productivité. Et cela impose aussi une certaine idée de la France.
Notre nation à vocation universelle parce qu'universaliste. Notre nation certes moyenne par le nombre de ses habitants mais par la vocation au premier rang des nations du monde inséré dans la communauté de civilisation que l'histoire et la culture ont construite en Europe et dont nous sommes comptables aujourd'hui et responsables pour demain. Cela entraîne deux impératifs.
Le premier de ces impératifs est de mesurer nos atout, nos forces à nul autre pareil. Il n'y a pas d'autres puissance moyenne par le nombre qui comme nous et il faut d'abord en rendre grâce aux génération précédentes. Il n'y a pas d'autres nations qui comme nous été capable de construire une capacité scientifique, des capacités technologiques, des démarches industrielles telles que nous existons au premier rang dans l'univers du spatial en produisant des lanceurs et des satellites qui se déploient sur la planète. dans l'univers de l'aviation avec les meilleurs avions du monde aussi bien dans l'univers civil que dans l'univers de la défense avec les meilleurs hélicoptères du monde.
Je le dis avec un soupçon de de fierté régionale des sous-marins nucléaire dans le transport avec de très bonnes automobiles, même si le câ des mutations est difficile à passer notamment en raison des concurrences abusives. une présence reconnue dans tout l'univers intellectuel de la planète dans le domaine des mathématiques, de l'intelligence artificiel, de la physique, de la chimie, de la pharmacie, de la génétique, de l'agronomie, de l'algorithmique, de la robotique et ce déploiement au sommet de la pyramide de l'œuvre humaine. Ce ne sont pas des réussites du passé, ce sont des réussites actuelles qui ont tout pour se déployer dans l'avenir.
Il n'est pas de nation de taille comparable et même de beaucoup plus grandes tailles qui puissent revendiquer des réussites aussi impressionnantes. Et ces dernières années de 2017, grâce à l'obstination du président de la République, grâce à une politique appuyée sur des événements comme choose France et des actions puissantes comme France 2030, ces aptitudes se sont encore développées. Hélas, cette médaille qui devrait être brillante à son revers.
Et ce revers se traduit par exemple dans les chiffres du commerce extérieur. Je me souviens que vous m'aviez invité alors que j'étais commissaire au plan pour analyser ensemble ce que nous dit le bilan produit par produit des commerces extérieurs et le constat que nous sommes obligés de tirer. Nous sommes les plus forts dans ce qui est le plus difficile et nous sommes dépassés dans ce qui devrait être le plus accessible si nous avions une volonté coordonnée.
C'est le cas dans des domaines aussi élémentaires que l'équipement de la maison, l'électroménagé essentiel, le machinisme, les produits transformés. Et ce que le gouvernement affirme devant vous, c'est que le ressaisissement est possible. Alors, disons la vérité, personne ne le croit parce que nous continuons à raisonner comme si nous étions obligé de le comme nous comme nous étions obligés de le faire dans le vieux monde, celui qui est en train d'être submergé par la vague des révolutions technologiques.
Il y a quelques années, la variable essentielle c'était pour les entreprises industrielles, c'était le coût du travail. Tous nous convenions, même à notre corps défendant de mauvais gré plutôt que de bons gré. Mais nous étions bien obligés d'en venir à la conclusion qu'avec un coût du travail 5 8 ou 10 fois moins cher en extrême Orient qu'il ne l'était chez nous, les délocalisations lointaines ou un peu plus proches étaient devenu inéluctable.
Cette variable déterminante, sans doute, elle n'est pas complètement effacée, elle n'a pas disparu complètement, mais elle est en partie en train d'être d'apparaître comme effaçable dans beaucoup de domaines de l'activité de production. l'algormique l'algorithmique les capacités de calcul infiniment multiplié par l'avèement du quantique l'automatisation et la robotique font que nous pouvons entrer de plein pied en vertu de nos capacités scientifiques et technologiques dans la nouvelle ère qui s'avance si c'est bien l'algorithmique et la robotique et l'intelligence artificielle qui devienne le principe d'organisation de la nouvelle ère industrielle. Alors, nous ne sommes pas dominés par d'autres continents.
Le travail jamais interrompu des unités robotique des imprimantes 3D n'est pas plus cher chez nous qu'il ne les sous des latitudes éloignées. probablement même la proximité, la capacité de surveillance, la communauté de langue deviennent-il des atouts par rapport aux habitudes des aux habitudes de travail des capacités de production délocalisée ? Mesdames et messieurs, dans l'ancien état du monde, nous avions perdu la bataille industrielle.
Dans le nouvel état du monde, nous avons tout ce qu'il faut pour la gagner. Cela nécessitera bien des conditions. Je voudrais en énoncer quelques-unes devant vous.
La première de ces conditions, c'est l'édification d'une stratégie nationale de reconquête productive et commerciale. Dans plusieurs rapports au commissariat au plan, j'ai préconisé que l'on bâtisse ardiment une stratégie de filière partant de l'analyse méticuleuse produit par produit. Nous l'avons fait au plan sur plus de 1000 produits.
Analyse méticuleuse produit par produit de nos déficits dans les domaines où nous pourrions déployer nos aptitudes. Cela impose que soit réuni autour de la table dans un travail assidu les pouvoirs publics, état et collectivité locales, les entreprises et particulièrement les grandes entreprises qui ont acquis une connaissance de la production et des marchés et les innovateurs ou candidats à l'innovation. Les pouvoirs publics peuvent fédérer et organiser les grands entrepris les grandes entreprises peuvent partager leur expérience par exemple au plan de la commercialisation et les innovateurs peuvent ouvrir des pistes que l'on croyait jusque la fermée.
Je voudrais insister sur ceci. Nous sommes devant un grand effort national qui impose que le que l'on considère qu'au-dessus des intérêts particuliers, au-dessus même de l'intérêt de l'intérêt social des entreprises. Il existe un intérêt national auquel chacun peut participer de l'endroit où il se trouve avec sa capacité.
Cette entreprise de reconquête exige le dépassement et la mise en commun. des capacités dont les pouvoirs publics seuls, ni les entreprises seules, ni les innovateurs seuls ne peuvent assurer la matérialisation. Cette fertilisation croisée, comme on dit en génétique, c'est la condition même de la reconquête du génie français.
J'introduis une question au passage qui est souvent posée. Est-ce que ce génie français est contré est contrarié par l'impératif européen ? Je crois le contraire.
Là encore, il y a fertilisation croisée. Ce n'est pas parce qu'on bâtit une communauté qu'on renonce à son identité. C'est vrai pour nos cultures et c'est vrai en Europe pour la France.
Il ne s'agit pas, comme aurait dit le général de Gaulle, que les Allemands soient moins allemands, les Italiens moins italiens, les Français moins français pour construire l'Europe. C'est tout le contraire. Il faut que chacun soit soi-même et qu'il assure le rayonnement que l'histoire et la culture ont offert au peuple.
Deuxème condition, il faut que chacun d'entre nous dans ses fonctions, dans ses responsabilités, dans son aventure personnelle soit le garant de la cohésion de notre société, de la nation. Cette idée de cohésion s'est effacé trop souvent. Elle est aujourd'hui presque ruinée par la violence des conflits, par ceux qui refusent tout autre perspective que l'affrontement. intérieur, la guerre des uns contre les autres, la guerre des classes et des castes, la volonté de transformer toute tension en affrontement et tout affrontement en guerre civile.
Ce dévoiement de la juste défense des intérêts des uns et des autres est une menace mortelle pour la nation. La décision que j'ai prise et sur laquelle je reviendrai dans une minute d'engager la responsabilité du gouvernement pour que nous soyons assurés que nous partageons le constat de la situation de notre pays, de sa gravité, de son urgence. Cette décision est une réponse à l'air des mises en accusation, des injures, des blocages dont notre pays, pas plus aujourd'hui que à aucune autre époque de son existence, ne se relèverait.
Le gouvernement, quel qu'il soit et de quelqueorientation qu'il soit, s'il n'est pas défenseur de l'unité nationale, de la cohésion et de la compréhension mutuelle traduit trahissent sa mission. Et c'est la même chose dans l'univers des rapports sociaux. Dans la conception qui est la mienne et j'en suis sûr la nôtre, l'entreprise n'est pas responsable que de l'intérêt de l'entreprise.
Elle est responsable de la cohésion du pays autour de ces entreprises. Les organisations syndicales ne sont pas responsables que de l'intérêt de leurs adhérents, des salariés ou des quatre. Les organisations syndicales sont responsables de la solidarité du pays avec les travailleurs.
L'administration n'est pas responsable que du contrôle et du respect des normes et de la sévérité des sanctions. L'administration est responsable de la reconnaissance que le pays doit construit construire autour de ceux qui font respecter ses règles et ses lois. cette conception de la cohésion et de la coresponsabilité de chacun d'entre nous dans ce que nous devons à la nation qui nous a fait ses héritiers, qui nous a formé et nous a confié la responsabilité de son destin où que nous soyons.
Cette conception partage en réalité en deux les acteurs de l'histoire. Ceux qui veulent qu'on avance ensemble et ceux qui veulent que la société soit un champ clos où nous affrontons. Peut-être y a-t-il eu des époques dans lesquelles chaque pays vivant enfermé dans ses propres frontières, on pouvait considérer que la logique de l'histoire était la lutte des uns contre les autres.
Mais nous savons que la France a failli en mourir. Elle a failli mourir de ses guerres de religion. Elle a failli mourir dans la terreur révolutionnaire en tout état de cause.
Aujourd'hui, l'idée d'un pays fermé sur lui-même dans lequel on s'affronterait pour savoir qui va dominer les autres. Cette idée n'est plus viable car nous sommes dans un monde ouvert et nos divisions internes nourrissent notre faiblesse et notre faiblesse nous met à terme nous pardon nous met à terre dans la compétition internationale. La question n'est pas de savoir qui va gouverner le bateau et n'importe ce qu'on jette à l'eau.
La question est de savoir si le bateau va pouvoir affronter la haute mer arrivé à Bonport et nous sommes tous sur le même bateau. Troisème condition plus matérielle, la question des investissements. Il n'y a pas d'aventure industrielle imaginable sans accès à l'investissement.
C'est vrai dans tous les secteurs et la question pour le gouvernement de la garantie de la facilité d'accès aux ressources qui permettent les investissements est une question centrale. Permettez-moi de dire un mot au passage du secteur du logement. Je sais qu'il y a des approches différentes et des débats, mais dans la crise du logement que nous vivons aujourd'hui, la question de l'incitation à l'investissement est une grande question.
C'est pourquoi j'ai inscrit dans mon discours politique général le sujet de l'investissement privé, le statut du bailleur privé que nous devons définir pour réorienter ou pour apporter une sève nouvelle à un secteur crucial aujourd'hui en difficulté. Quatrièmement et nous abordons ici le sujet même du moment de vérité que j'ai voulu clarifier avec l'ensemble des Français et leurs représentants parlementaires. Nous vivons un moment critique de notre histoire nationale et tous les atouts que j'ai décrit auquels il faut ajouter la chance de cette histoire dont nous sommes les héritiers, de ces paysages que nous avons reçus de la richesse culturelle culturelle de notre pays, tous ces atouts sont menacés et chaque entreprise comme chaque famille se trouve menacé par la dérive de nos comptes publics.
Pas besoin d'insister auprès de vous sur la menace d'asphyxie que nous subissons. 3350 milliards d'euros de dettes accumulé sur les 50 dernières années. Et ces 3350 milliards d'euros de dettes nous oblige à mobiliser des sommes colossales et toujours croissantes, toujours plus importantes pour faire face à nos annuités.
Au début des années 2020, c'est-à-dire hier, nous étions à quelques 30 milliards d'euros de charge de la dette pour notre pays. Nous sommes passés à 40 milliards puis à 50 milliards. L'année dernière, en 2024, c'était 60 milliards.
Cette année, ce sera 67 milliards. l'année prochaine 75 milliards. Et la cour des comptes nous dit que si nous ne faisons rien, nous dépasserons de loin les 100 milliards de charges de la dette en 2029.
Il y a un autre chiffre très simple pour comprendre ce qui se passe. La France à son rythme de croissance actuelle crée chaque année 50 milliards de richesses supplémentaires. L'année dernière, nous produisions 3000 milliards.
Cette année, nous allons produire 3050 milliards. Sur ces 50 milliards, la moitié à peu près sont captés par la dépense publique et par les prélèvement. Et sur les 25 qui restent, 10 sont consacrés à la charge de la dette. 10 milliards de plus.
Et qu'est-ce qui reste pour la vie du pays ? Alors, il y a des gens qui nous disent "C'est pas grave, vous exagérez cette dette, vous inquiétez pas, on la remboursera jamais." Et tout va très bien madame la marquise.
Cela se trompe et en réalité il nous trompe. Il suffit de regarder l'exemple de tous les pays qui nous entourent. L'Espagne, le Portugal, l'Italie sans même aller jusqu'à la Grèce qui ont été obligés dans les années 2010 à consentir des sacrifices sans précédent pour redresser leur compte public.
Et il faut des années pour s'en relever ou pour ne pas s'en relever. Les premiers de ces sacrifices, ils sont immédiats, ils sont parfaitement compréhensibles, parfaitement vérifiables en en passant les frontières. On commence par couper dans les retraites, on coupe dans les salaires de la fonction publique et on crée des pour quatre ou cin points de TVA dans chacun de ces pays.
Et qui pai tout cela ? Mesdames et messieurs, ce sont les plus faibles, ce sont les plus fragiles, ce sont les jeunes femmes qui élèvent des enfants toutes seules. Ce sont ceux qui ont les salaires moyens et plus encore ceux qui sont dans la précarité.
Tous ceux qui n'ont pas voix au chapitre et qu'on condamne parce qu'on refuse d'ouvrir les yeux. Et il y a une deuxième catégorie de population qui est victime et c'est insupportable si on y réfléchit. Ce sont les plus jeunes.
Nous sommes en train d'accepter qu'il soit réduit en esclavage en les obligeant pour des décennies à rembourser les empruns qui ont été décidé le cœur léger par les générations précédentes. Et il y a plus vicieux encore que cet héritage que nous allons leur laisser. Il y a plus obscène.
Un certain nombre de ceux qui sont responsables dans leur génération de cette situation ont réussi à convaincre les plus jeunes qu'il fallait qu'ils manifestent pour demander encore plus de dettes. Ça me rappelle, vous savez, ce grand roman Dorweld qui s'appelle 1984. La liberté, c'était leur devise.
La liberté, c'est l'esclavage. Et cette guerre de génération est un des stigmates les plus révélateurs de la désinvolture de notre époque à l'égard des responsabilités qui sont les siennes. Voilà la question que j'ai décidé et le gouvernement avec moi d'affronter depuis depuis les premiers jours en parlant d'Himalaya des difficultés avec une conviction que je vérifie tous les jours.
Si nous choisissons le redressement, il faut que nous que nous consentions comme peuple des efforts importants mais supportables de freinage de nos dépenses. Ce n'est pas l'austérité, contrairement à ce qu'on dit, c'est un freinage des dépenses supplémentaires pour que le pays se ressaisisse et pour que après encore 3 années supplémentaires, si nous sommes sérieux et respectueux des plus jeunes, nous en reviendrons à l'équilibre de la dette, c'est-à-dire au point où la dette ne grossit plus chaque année. Voilà le plan et voilà ce qui justifie les 44 milliards de maîtrises que nous avons proposé et qui sont l'étape nécessaire sur le chemin du rééquilibrage.
Nous avons indiqué précisément les propositions qu'on pouvait faire, qu'on pouvait imaginer pour arriver à cet équilibre. Ces propositions peuvent toutes être discutées. Elles sont amendables à condition qu'elles ne remettent pas en cause le résultat de l'effort nécessaire.
Mais ma conviction, ma certitude, c'est que cette volonté ne peut pas exister sans prise de conscience des Français. On l'a bien vu depuis des semaines. Au lieu de prendre en considération la nécessité de l'effort, les débats se sont concentrés sur des mesures.
Par exemple, la proposition que j'avais faite des jours fériers que j'avais proposé de transformer en journée d'activité pour le pays. Alors, il faut vous donner la mesure de ce débat pour voir sur quoi on s'est concentré. sur les 44 milliards nécessaires, les jours fériers, c'est à peine plus de 4 milliards.
Si quelqu'un pense qu'on peut chercher d'autres jours fériers, soit si quelqu'un imagine d'autres moyens, je suis ouvert à la discussion mais je pense qu'il y a de grands progrès à faire. par exemple que c'est une remarque de bon sens que le mois de mai est le mois le moins travaillé de l'année en dehors des deux mois de l'été. Une politique nécessaire urgente ne peut pas se mettre en place si les Français n'en partagent pas la nécessité.
Sans ça, c'est l'épreuve de force avec la stigmatisation, la mise en accusation des responsables accusé de défendre des intérêts particuliers, par exemple ceux du patronat ou ceux des riches alors qu'il s'agit de la sauvegarde du pays. Alors qu'il s'agit purement et simplement et élémentairement de la sauvegarde de la France. Et je n'accepte pas que cette sauvegarde soit transformée en guerre du haut contre le bas, des pouvoirs contre les Français.
C'est cet impératif de prise de conscience, de la cohésion du pays nécessaire que permet seul l'effort partagé qui m'a conduit à la décision que vous savez qui sera tranchée le 8 septembre. J'ai dit effort partagés et cohésion du pays. Je veux affirmer devant vous qu'il n'y aura cohésion autour de l'effort que s'il y a justice.
Permettez-moi d'illustrer devant vous deux chapitres de cette justice. Un débat un débat s'est développé autour d'un rapport du Sénat sur les aides publiques aux entreprise. Et j'entends bien que les 211 milliards que le débat a additionné des aides publiques aux entreprises a ajouté les unes aux autres des réalités complètement étérérochènes entre elles. des allègements de charge qui ne sont pas seulement au bénéfice des entreprises mais d'abord au bénéfice des salariés qui autrement n'auraient pas trouvé d'engagement des crédits d'impôts comme le crédit impôt recherche et des prêts de toute nature.
Ce chiffre de 211 milliards est donc largement sujet au débat. Mettons qu'il reste une centaine de milliards qui soit viennent proviennent d'aide directe ou indirecte aux entreprises. Et je pense que nous devons à l'égard des entreprises comme à l'égard de toutes les catégories de français réfléchir à un nouvel équilibre.
J'ai proposé et j'ai été heureux de lire que Patrick Martin était en accord avec cette démarche, qu'on recherche des allègements de ses contributions compensés par des allègements d'obligations paralysantes qui vous sont imposés. simplification, allègement de normes et qu'on se mette tous ensemble à préciser toutes ces décision que j'ai proposé de trancher par ordonnance pour que le débat ne s'en lise pas. Le deuxième impératif de justice et qu'il faut que nous garantissions aux Français que les plus aisés dans la société, les plus favorisés, dont beaucoup, je le sais bien, ont construit pierre à pierre leur situation, que cela vont participer à l'effort national, à la juste mesure de leur capacité.
J'ai proposé que ce soit avec les commissions parlementaires de l'Assemblée nationale et du Sénat que nous précisions cet effort dont je veux simplement affirmer qu'il ne devra pas toucher l'outil de travail. Nous devons considérer l'investissement productif comme un trésor national. Tout ce qui amoindrirait le redressement productif détourne notre pardon tout ce qui amoindrit le redressement productif détourne et le détourne de notre pays tout ce qui pousserait au déplacement des investisseurs.
Nous devons le considérer comme un risque mais nous devons aussi considérer comme un risque un certain nombre de dispositifs d'évasion fiscale d'optimisation multipliée. Je le dis devant vous, dans le budget qui sera examiné cet automne, la justice et la condition même de son acceptation et de son soutien, non pas par les parlementaires mais par les français. Voilà l'essentiel de ce que je voulais soutenir devant vous. importance centrale de l'entreprise, importance centrale de l'innovation dans le nouveau monde où nous allons entrer, importance centrale de la responsabilité partagée au sein de la démocratie sociale et de la responsabilité partagée pour soutenir la démocratie politique lorsqu'elle propose des décisions vitales et essentielles.
Un monde est en train de s'éteindre. Un nouveau un nouveau monde est en train d'apparaître. Dans ce nouveau monde, nous avons décidé non pas de subir mais d'agir.
Et cette impératif de l'action, j'ai été heureux de le partager cet après-midi avec vous. Merci beaucoup. Yeah.
François Bayrou