Municipales : la percée LFI
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
entre le PS et LFI. D'abord, nous allons passer sur ce qui s'est passé à Roubaix. C'est l'une des villes qui illustrent la poussée de LFI.
D.Guiraud a rassemblé près de 47 % des suffrages. Le parti de J.-L.Mélenchon y voit la validation d'une stratégie de conquête axée sur les quartiers populaires.
Acclamations. - Il n'a même pas attendu la fin du dépouillement pour s'offrir un bain de foule dans le grand hall de la mairie. Quelques minutes plus tard, les résultats tombent.
D.Guiraud, candidat LFI à Roubaix, savoure sa confortable 1re place, près de 47 %. - D.Guiraud: On vous avait dit que c'était pas juste une élection municipale et que c'était le retour de toute une ville!
Acclamations. Ce soir, alors que le pays plonge encore un peu dans l'obscurité, c'est de Roubaix que vient la lumière! ...
C'est Roubaix qui montre le chemin! C'est pas fini! Il reste encore une semaine de mobilisation.
On se bat pas juste pour faire un score, mais pour être élu pour les Roubaisiens et Roubaisiennes. Il faut aller chercher tout le monde dimanche prochain pour envoyer un signal au pays entier. - L'écart creusé par D.Guiraud dans les urnes, un coup dur pour le maire sortant, candidat de la droite.
Au pupitre hier soir, A.Garcin, sonné. - A.Garcin: J'ai entendu le message.
Deux visions s'opposent pour l'avenir de Roubaix. D'un côté, une vision portée par l'extrême gauche...
Huées. De l'autre, la vision que je porte. Je l'affirme avec gravité.
Roubaix ne doit pas devenir le trophée d'un parti ni le marchepied d'ambitions nationales. Notre ville mérite mieux que d'être instrumentalisée par le parti de J.-L.Mélenchon. - Roubaix, une cible prioritaire de LFI depuis plusieurs années.
D.Guiraud réussit son parachutage. Elu député du Nord en 2022 et réélu en 2024.
A l'Assemblée, il joue la stratégie de J.-L.Mélenchon, la confrontation brutale. - D.Guiraud: Vous avez catapulté votre cerveau sur une autre galaxie ou quoi?
Vous croyez que les pauvres n'achètent que du pâté et du riz? - A Roubaix, il applique la stratégie du parti. ... - Avec des cibles bien définies: les jeunes et les habitants des quartiers populaires. ... - Stratégie validée hier soir par les électeurs.
Ce matin, sur le marché, la candidate du RN, arrivée en 4e position, n'a qu'un seul adversaire. C.Sayah rêve d'un cordon sanitaire autour de D.Guiraud. - C.Sayah: Quand on voit les votes au niveau national, contre les propriétaires, les entrepreneurs, cette ambiguïté en permanence avec ce qu'on appelle le communautarisme, évidemment qu'on a peur, ici. - Un front anti-LFI pourrait-il voir le jour?
Le maire sortant refuse l'alliance avec le RN. Le candidat de l'union de la gauche, 3e hier, à peine 17 % des voix, décide de se maintenir. - K.Amrouni: Je suis pas adepte de faire des cordons sanitaires de quoi que ce soit pour qui que ce soit.
Les gens s'expriment. D.Guiraud a fait une campagne dans la rue.
Il a utilisé un verbatim qui n'est pas le mien, des propositions qui ne sont pas les miennes, mais les gens ont voté. Nos concitoyens méritent le respect, qu'on apprécie ou pas. - Roubaix pourrait devenir la 2e ville de 100 000 habitants, après Saint-Denis, à être dirigée par LFI. - C.Roux: Question.
C'est ce qui se passe? - C.Cornudet: Je pense qu'il pense à O.Faure.
Hier, O.Faure prend la parole et il dit: "Pas d'accord national entre le PS et LFI." Là, c'est l'O.Faure qui pense peut-être un peu dans sa tête être un jour candidat à la présidentielle et qui sait qu'il faut mettre un cordon de valeur entre lui et LFI.
Et dans la soirée, en réalité, cette digue saute. O.Faure, c'est aussi le patron du PS.
C'est un parti d'élus. C'est des élus qui, cette nuit-là, font pression sur lui et qui lui disent qu'il ne peut pas les laisser tomber. Il change complètement, sans l'assumer, en disant que les accords locaux...
Ce matin, P.Jouvet, un de ses proches, dit: "On les encourage même, parce qu'il faut faire barrage à la droite et à l'extrême droite." En réalité, on est donc passés dans une sorte de consigne d'alliance non assumée parce qu'il faut pouvoir dire "on a gagné des villes".
Aujourd'hui, il y a eu plusieurs accords, y compris derrière LFI. A Toulouse, le candidat socialiste fusionne les 2 listes et renonce à postuler à la mairie. Il postule à la communauté.
Il y a plusieurs villes où c'est comme ça. C'est totalement le contraire de ce que disait O.Faure quelques heures avant. - C.Roux: Ca laissera des traces? - B.Teinturier: Oui.
C'est destructeur de confiance. Il ne faut pas s'étonner qu'on ait un niveau de défiance aussi fort à l'égard des partis politiques et des responsables nationaux. On voit bien la pression sur O.Faure.
Dans 60 villes, LFI peut se maintenir, en concurrence dans la plupart des villes...
C'était 9 en 2020. O.Faure arbitre. "Je ne veux pas que le solde soit épouvantable pour le PS avec beaucoup de pertes." Donc il laisse faire...
Mais c'est destructeur sur la parole politique. On retrouvera ça sur les débats pour la présidentielle. - C.Cornudet: Il n'y a plus que F.Hollande et R.Glucksmann qui disent qu'il ne faut pas d'alliance. - C.Roux: Il y a des fusions en cours ou faites dans la moitié des villes de plus de 100 000 habitants, selon LFI cet après-midi. - J.Jaffré: La politique LFI continue à la fois d'avoir réussi une percée dans les grandes villes, ce qui est à l'actif de J.-L.Mélenchon...
On disait jusqu'à la veille du vote qu'il allait payer très cher ses faux pas alors qu'en réalité, il a mobilisé un électorat. C'est exactement l'inverse. Et deuxièmement, compromettre le PS dans un système où le PS manque à sa parole, est obligé de quémander des accords avec les insoumis ou de les subir...
C'est affaiblir complètement le camp social-démocrate, éventuellement, en vue de la présidentielle. C'est un coup de fusil à double détente qu'il joue très bien. Du coup, la position dominante de LFI au sein de la gauche sort renforcée de ces municipales alors qu'en principe, c'est un scrutin sur lequel on pouvait penser que le PS allait damer le pion à LFI. - C.Roux: Mais on n'est qu'au 1er tour. - J.Jaffré: Vous avez raison. - S.Quéméner: Surtout, on aurait pu penser que les alliances se feraient facilement s'il y avait un risque RN.
Or, la 1re alliance qu'on apprend ce matin, c'est celle à Toulouse contre J.-L.Moudenc, qui est droite-centre droit.
Donc ça ne fonctionne pas. Regarder ça d'un point de vue national et dire qu'on s'est mis ensemble pour qu'il y en ait un finalement à la tête de la métropole et un autre qui dirige la mairie, c'est difficilement explicable à l'ensemble du peuple de gauche. C'est ce qui me frappe dans cette campagne qui n'a pas eu lieu.
Les débats budgétaires ont duré, la guerre en Iran...
Il y a eu un espace de temps très court. Il en est resté qu'il fallait, ce qu'avait dit J.Bardella et qui était repris d'une façon par une partie de la gauche, un cordon sanitaire autour de LFI.
Mais au soir du 1er tour, on se rend compte que LFI est incontournable dans la plupart des grandes villes. C'est pas pour ça qu'ils gagneront beaucoup de villes, mais ils vont empoisonner l'entre-deux-tours. - B.Teinturier: J'ai souvent exprimé mon scepticisme dans la perspective d'une présidentielle...
J'attendais avec gourmandise ces municipales pour vérifier si cette stratégie marche. Elle marche. L'exemple de reconquête des milieux populaires, c'est typiquement Saint-Denis ou Roubaix.
On voit bien dans les images que c'est aussi représenter des individus délaissés, avec le sentiment que seul LFI est à leurs côtés. Et elle marche auprès de la jeunesse étudiante. Il y a de multiples exemples.
Lille est un exemple assez emblématique. Ca fonctionne également là-bas. - C.Roux: Ca veut dire que le RN n'a plus le monopole
Jean-Luc Mélenchon