Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFMTV· 15 décembre 2025 19 min

Attaque à Sydney, colère agricole... L'interview en intégralité de Marion Maréchal

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:11
Présentateur

8h29 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Marion Maréchal. Vous êtes présidente du parti Identité Liberté que vous avez créé et vous êtes députée européenne. On va en venir à la colère agricole, la ministre de l'Agriculture qui est attendue dans le sud-ouest d'un instant à l'autre. Mais Marion Maréchal, d'abord l'horreur en Australie. 15 morts et au moins 40 blessés dans un attentat terroriste qui visait des Juifs. Les fêtes de Ranouka, fête juive des Lumières sur une plage. L'antisémitisme encore. Est-ce que vous y voyez un lien avec la montée de l'antisémitisme dans le reste du monde ? Et d'abord votre réaction ?

0:49
Marion Maréchal

Évidemment un sentiment d'horreur, d'autant plus que lorsqu'on est français, tout de suite ça fait ressurgir des souvenirs morbides. Nous-mêmes ayant été victimes de ce djihadisme. Djihadisme qui est aujourd'hui une menace mondiale, qui n'a jamais été aussi aiguë. C'est 56 000 morts en 10 ans, le djihadisme. 305 je le rappelle en France. C'est un phénomène aujourd'hui qui frappe tout particulièrement l'Occident au sens large. Puisque les islamistes nous voient comme un bloc civilisationnel, comme les mécréants finalement à abattre. Ils veulent pas seulement nous détruire, mais nous convertir de force d'une certaine manière.

Et tout ce que j'ai envie de dire, c'est que finalement les mêmes causes entraînent les mêmes effets de Paris à Sydney. C'est-à-dire que nous sommes face à des pays aujourd'hui qui accueillent de manière très importante des populations immigrées venant d'un certain nombre de pays musulmans. Parmi cette population immigrée, on trouve une part d'islamistes. Et parmi ces islamistes, on trouve des gens qui passent à l'acte de manière violente. Et donc ça devrait nous appeler à une prise de lucidité, à une rupture radicale avec les politiques d'immigration. Pour vous, il s'agit d'une guerre de civilisation ? Indéniablement.

D'ailleurs, dans les guerres de civilisation, vous savez, c'est l'ennemi qui vous désigne. Et l'ennemi islamiste nous a désignés comme un ennemi à abattre ou à convertir. Et c'est un sujet d'autant plus grave qu'aujourd'hui, c'est vos confrères Dupont qui l'avaient relevé à la suite d'un sondage IFOP qui avait été fait sur l'état de radicalité, si je puis dire, de la communauté musulmane en France. Nous avons à peu près 142 000 personnes en France qui ont des sympathies pour les courants djihadistes. C'est-à-dire 142 000 personnes en France, c'est une armée. Il faut imaginer ce que ça représente.

2:12
Présentateur

Vous avez traduit les pourcentages de cette étude en nombre... Donc vous estimez qu'il y a 142 000 personnes en France qui sont des djihadistes en puissance, c'est comme ça que vous le dites ?

2:22
Marion Maréchal

Ce sont les chiffres d'ailleurs de vos confrères Dupont qui en effet sont partis de ce chiffre terrifiant qui fait que 3% aujourd'hui des musulmans en France ont des sympathies pour le djihadisme. Je rappelle que c'est 42% également des jeunes de 18 à 25 ans qui ont une sympathie pour un courant islamiste au sens large. Donc il y a quand même aujourd'hui un phénomène qui induit que non seulement il y a des musulmans de plus en plus radicaux dans notre pays, mais surtout plus ils sont jeunes, plus ils sont radicaux, ce qui indique que les problèmes sont devant nous.

2:46
Présentateur

Il y a parmi les victimes en Australie un jeune français de confession juive, Dan Elkayam, qui a donc été abattu sur cette plage. C'est donc une nouvelle victime française du terrorisme. Qu'est-ce que vous en dites aujourd'hui par rapport à ces français de confession juive qui pour certains estiment qu'ils n'ont plus leur place en France, mais qui en même temps quand ils voient qu'au bout du monde encore l'antisémitisme touche, ne savent plus forcément où se rendre ?

3:13
Marion Maréchal

Je comprends leur inquiétude, leur désespoir, voient parfois leur besoin de partir, ne se sentant plus protégés en France, puisque de fait il me semble que toutes les mesures ne sont pas prises aujourd'hui pour assurer la sécurité non seulement de nos compatriotes juifs, mais plus largement des français en général.

Quand je vois qu'il y a encore dans notre pays des fichiers pour islamistes clandestins qui sont sur le sol français, des fichiers pour islamistes étrangers qui sont maintenus sur le sol français, quand je vois que nous n'avons même pas été capables de déchoir de leur nationalité, des djihadistes qui étaient partis sur des terrains de guerre tels que celui de la Syrie, quand je vois qu'une fois de plus nous ne prenons pas toujours les mesures de précaution en matière d'immigration pour maîtriser ce flux venant de pays à risque, oui je comprends qu'il y ait cette inquiétude. Donc vous estimez que globalement l'immigration est un risque ?

Je considère qu'indéniablement aujourd'hui l'immigration dans notre pays est un des terreaux privilégiés de recrutement du djihadisme de notre pays.

4:03
Présentateur

Je précise que les deux terroristes présumés, un père et son fils en Australie, étaient de nationalité australienne. Alors le père était arrivé en Australie et avait obtenu la nationalité australienne. Son fils était, semble-t-il, né en Australie, 24 ans. Le père a été abattu. Le fils est blessé, mais semble-t-il conscient. Il était connu des services de police, notamment pour des liens avec Daesh.

Est-ce que ça veut dire qu'aujourd'hui, vous estimez qu'il aurait été considéré en France comme un fichier S, et peut-être même pas resté sous fichier S, puisque l'enquête, certes, qui avait duré six mois sur cet individu, avait conclu qu'il avait eu des liens avec Daesh, mais pas de nature à présenter une menace ?

4:50
Marion Maréchal

Ça interroge d'ailleurs plus largement, c'est vrai en Australie, c'est vrai en France, notre politique d'acquisition de la nationalité, puisque là encore, on est face à des personnes qui étaient fichées par les renseignements. Moi, je défends depuis longtemps déjà la détention administrative des fichiers S et préventive des fichiers S, le temps de faire un état des lieux sur la situation de chacun. Est-ce que ce sont des clandestins et est-ce que ce sont des étrangers et auquel cas ils doivent retourner dans leur pays d'origine ?

Est-ce que ce sont des binationaux et auquel cas on devrait pouvoir en effet se donner les moyens de les déchoir de leur nationalité parce qu'ils représentent des bombes finalement à retardement sur le sol français ? Parce qu'aujourd'hui, en effet, nous avons des gens qui sont prêts à passer à l'acte et dont les services de renseignement ne parviennent pas systématiquement. Mais comment on fait ça ? Est-ce que ça veut dire que chaque soupçon doit être suivi d'une sorte de surveillance accrue ? C'est ce qu'on appelle un principe de précaution.

Si vous voulez qu'on est capable de l'appliquer en matière écologique, je ne vois pas pourquoi on ne serait pas capable de l'appliquer en matière de djihadisme, sachant que c'est une menace existentielle pour la sécurité de la nation, qui menace la vie de nos compatriotes et qu'à ce titre, quand on sait qu'on a des profils dangereux dont tous d'ailleurs n'ont pas la légitimité d'être sur le sol français, oui, il faut pouvoir faire un moratoire finalement sur la politique d'immigration et traiter de manière exceptionnelle ces profils-là pour apporter une réponse politique globale et durable. Comment on fait pour qu'il n'y ait pas d'amalgame ?

Est-ce que vous redoutez qu'il puisse y avoir un amalgame ? Moi, je pense que les Français, y compris de confession musulmane, font parfaitement la différence dans nos propos entre ceux qui aujourd'hui sont intégrés dans la société française et d'ailleurs condamnent sans aucune ambiguïté ce qui se passe de ce point de vue-là et aujourd'hui, la menace islamiste réelle, qui est une menace, il faut quand même oser le dire, de moins en moins minoritaire. Les chiffres que je vous ai donnés tout à l'heure, quand 42% des 18 à 25 ans musulmans dans notre pays ont des sympathies pour des courants islamistes, si on n'est pas capable, si vous voulez, de nommer...

C'est cette étude de l'IFAP que vous citiez tout à l'heure. Absolument, si on n'est pas capable de nommer... Et puis je pourrais vous donner plein d'autres exemples sur l'explosion, par exemple, du port du voile et voilà. Il faut quand même être capable de regarder cette réalité en face pour lui apporter une réponse. Et la réponse, elle passe, pardonnez-moi, par la question de la loi du nombre, bien sûr, parce que plus, évidemment, vous avez des populations... C'est-à-dire quoi la loi du nombre ?

La loi du nombre, c'est que si vous espérez pouvoir intégrer et même assimiler des populations, encore faut-il que ces populations dans un certain nombre de territoires soient au contact de la population native pour pouvoir s'intégrer à cette culture précisément qui est censée être la culture de référence. Si sur des pans entiers du territoire, vous n'avez plus qu'une politique multiculturelle avec des communautés... C'est-à-dire quoi ? En fait, ce que vous dites, c'est qu'il y a une forme de ghetto... Et donc des communautés qui vivent de manière juxtaposée, mais sans se mélanger ? C'est un fait absolu, voilà. Je veux dire, plus personne aujourd'hui ne peut le contester.

Et ce qui fait que nous avons des viviers de recrutement privilégiés, malheureusement, de la part de ces islamistes avec des influences étrangères, sur lesquelles je ne m'étends pas, mais qui sont bien connues.

7:21
Présentateur

On met beaucoup en avant depuis hier cette image inouïe de ce héros qui a sauté contre le terroriste pour le désarmer avec un courage inouï. Il s'agit d'Ahmed Al-Ahmed, un vendeur de fruits de 43 ans, lui-même musulman. C'est important de le signaler ce matin. Et qui est blessé, d'ailleurs.

7:41
Marion Maréchal

Et qui est blessé, qui a pris visible, semble-t-il, deux balles. Deux balles, en effet. Donc c'est un acte absolument admirable. Et d'ailleurs, il faut le rappeler, heureusement, d'une certaine manière, que dans le flux des personnes que nous accueillons, il y a des gens qui se comportent bien et qui se comportent même, de fait, là, en héros, et qui sont des gens, bien sûr, tout à fait admirables. Le problème, si vous voulez, c'est qu'en parallèle de cet homme courageux, il y a les deux autres. Et donc, d'une certaine manière, une fois de plus, le principe de précaution doit nous appeler à remettre la politique d'immigration. En général, j'ai envie de dire presque malheureusement.

Tant pis, tant pis, pour les amènes à la MED. D'accord, mais malheureusement, d'ailleurs, aussi, vous avez raison pour ce monsieur. Mais en tant que responsable politique, nous avons d'abord un devoir de responsabilité vis-à-vis de nos populations. Et quand on sait que ce risque existe aujourd'hui dans la politique telle qu'elle est menée, eh bien, il faut être capable de prendre des mesures importantes et radicales.

8:26
Présentateur

En France, Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, a demandé le renforcement de la sécurité auprès des lieux de culte. Immédiatement, les lieux de culte juifs, avec les fêtes de fin d'année juives de Hanouka. Mais il a aussi évoqué la question du renforcement de la sécurité des églises le soir de Noël. Il parle d'une tension terroriste aiguë en France.

8:49
Marion Maréchal

Est-ce que les mesures vous paraissent suffisantes ? C'est toujours le même sujet. Si vous voulez, nous sommes en train de rentrer dans une logique d'un pays ultra policier, ultra sécuritaire. De fait, puisque nous avons cette menace aujourd'hui, mais j'aimerais qu'on prenne le mal à la racine. Je vous en ai parlé longtemps. Mais c'est vrai que moi, je vais avec mes petites filles et comme beaucoup de parents sur les marchés de Noël. Les marchés de Noël, aujourd'hui, sont des camps retranchés. Ça veut dire qu'avant de voir le sapin, on passe devant les plots en béton. Avant de passer sous les guirlandes, on passe sous les portiques.

Avant de rencontrer le Père Noël, on rencontre des soldats français avec des armes de guerre. Et le pire dans tout ça, c'est qu'on s'y habitue. Ça veut dire que ça devient normal, alors que c'est absolument infernal. Donc de fait, on prend ces mesures en bout de course parce qu'on n'est pas capable de traiter le mal à la racine. Et le mal à la racine, c'est celui dont je vous ai parlé tout à l'heure. C'est-à-dire, un, la question de la politique d'immigration. Deux, la question des fichiers sur le sol français. Trois, la question de la politique de la nationalité.

9:39
Présentateur

Les tensions agricoles sur le terrain. La ministre de l'Agriculture, Annie Gennevar, est attendue ce matin à Toulouse et dans le Sud-Ouest, qui est vraiment le cœur aussi de la contestation aujourd'hui. Avec une question, le monde agricole est lui-même d'ailleurs divisé. Faut-il vacciner ? Faut-il abattre un troupeau entier lorsqu'une bête est malade ? Quelle est votre position aujourd'hui, Marion Maréchal ?

10:02
Marion Maréchal

Alors déjà, il faut comprendre que, comment dire, cette crise agricole qui devient maintenant annuelle, d'ailleurs parce que chaque année, nous avons des grandes contestations et souvent d'ailleurs bien légitimes, s'inscrit dans une région qui a particulièrement souffert ces derniers mois parce que l'Occitanie a eu en cumulé le sujet de la crise climatique, le sujet de la crise viticole avec les droits de douane américains. Je rappelle que cette semaine, nous traitons le sujet du traité de libre-échange avec le Mercosur.

10:23
Présentateur

On va y venir, mais d'abord sur cette question immédiate. On vaccine, on ne vaccine pas, on n'a pas, on n'a pas pas.

10:28
Marion Maréchal

Et je pose le contexte général parce que ça me semble important. Sur la question de fond, qui est la question de la procédure finalement ou du processus sanitaire. Moi, je ne suis pas vétérinaire et je ne suis pas épidémiologique, vous l'avez bien compris. Je ne suis pas en mesure de vous dire quelle est aujourd'hui la procédure la plus légitime ou la plus efficace. Évidemment que s'il existe une procédure assouplie qui permet d'éviter l'abattage de troupeaux entiers, j'espère que le gouvernement se penche sur cette option et qu'elle est efficace. J'espère qu'elle pourra être prise en compte.

Maintenant, ce qui est sûr, c'est que c'est une maladie qui peut avoir des impacts très lourds, à la fois en termes de mortalité sur notre cheptel de 12 millions de bovins, mais aussi en termes de productivité, qu'elle amenaise de la baisse du prix, qu'elle amenaise du risque de blocage des exportations. Donc, il faut prendre ce sujet à bras-le-corps. Moi, ce qui m'ennuie, si vous voulez, c'est la méthode gouvernementale. C'est-à-dire que cette maladie, elle est apparue sur le sol français en juin. Une fois de plus, on a eu un retard à l'allumage extrêmement long sur la question de la vaccination.

Là où il faudrait de l'empathie, de la pédagogie, du dialogue, on a eu un gouvernement qui ne s'est pas adressé aux agriculteurs, qui ne s'est pas appuyé sur les vétérinaires qui font partie souvent de la famille dans les fermes et les élevages.

11:31
Présentateur

Les vétérinaires, souvent, et on l'a entendu notamment sur les reportages ce matin sur AMC et BFM TV, ils sont dans une douleur extrême aussi aujourd'hui, parce qu'ils disent devoir poser ce geste d'euthanasier les bêtes, ne pas être compris par les éleveurs, alors que, disent-ils, ils le font pour protéger les éleveurs.

11:50
Marion Maréchal

Mais évidemment, parce que quand on abat des bêtes, d'ailleurs, on abat pas seulement des bêtes auxquelles ils tiennent, on abat aussi des décennies de travail familiaux, de sélection génétique. Donc, c'est un drame absolu. Mais ce que je veux dire, c'est que face à une profession qui est déjà dans la douleur et dans le désespoir, une méthode gouvernementale qui consiste finalement à être absent pendant des mois, à ne pas mettre de dialogue, à ne pas mettre d'informations, de pédagogie, et d'un coup arriver avec les hélicoptères et les centaures de manière quand même extrêmement violente, disons-le. Ça n'est pas acceptable.

12:20
Présentateur

Mais d'un côté, vous dites qu'il faut respecter en quelque sorte l'ordre et la loi. La décision a été prise du point de vue sanitaire. En cas de bêtes malades, il fallait abattre le troupeau. Soit on remet en cause cette décision-là, soit si on doit l'appliquer, il faut bien la faire appliquer.

12:35
Marion Maréchal

Je dis que les choses n'ont pas été faites dans le bon ordre et avec la bonne méthode. Et c'est vrai que beaucoup de Français se disent, quand on voit aujourd'hui l'absence de l'État à faire respecter la loi face à la désaine mafia, et quand on voit la force de frappe qui est envoyée face aux agriculteurs qui est une profession en souffrance, oui, ça interroge et ça fait mal au cœur. Ça veut dire qu'il faut dire fort avec les faibles et faible avec les faibles ?

De fait, indéniablement, quand on voit très régulièrement, même dans le monde agricole d'ailleurs, que ce soit les cambriolages, le vol de matériel agricole, le saccage des cultures avec des rodéos, quand on voit des occupations illégales de terrain agricole dans lesquelles l'État n'intervient pas, et ce sont les agriculteurs eux-mêmes qui sont obligés d'intervenir avec leurs tracteurs pour faire respecter leur terrain, et qu'on voit que face à cela, là, en effet, il y a des moyens considérables qui sont mis en place. Une fois de plus, moi, je ne vais pas, sur le fond, je ne veux pas jouer aux médecins.

Je ne suis pas en mesure de vous dire, oui, aujourd'hui, il faut vacciner, il ne faut pas vacciner, il faut tuer, il ne faut pas tuer. D'une certaine manière, ça, je m'en remets à la science, pour le coup. Et évidemment, j'aimerais qu'il y ait des solutions alternatives qui soient moins brutales. S'il n'y en a pas, malheureusement, il faudra s'y résigner, parce qu'il y a un vrai enjeu pour l'ensemble de la filière. Mais c'est vrai qu'une fois de plus, est-ce que quand j'entends des agriculteurs témoigner et dire on a contacté le gouvernement, on n'a pas eu de réponse ?

Est-ce que ça apparaît normal, là où il faudrait justement de la pédagogie pour expliquer l'enjeu pour l'ensemble de notre filière ? Et une fois de plus, une énergie d'un gouvernement qui n'est pas mis là et qui n'est pas mis non plus sur le blocage du Mercosur.

13:54
Présentateur

Anne-Marie Gennevard, qui sera sur place tout à l'heure, dit à l'instant qu'elle est ouverte, je cite, à la suspension, si nécessaire, de la procédure de lutte contre l'air dermatose. Ça veut dire que donc, éventuellement, ne pas abattre, vacciner ou vacciner davantage.

14:07
Marion Maréchal

Tant mieux si justement, ils sont mis sur la table des solutions alternatives. Est-ce qu'il peut y avoir des solutions justement de confinement à minima temporaire pour endiguer le développement de cette maladie ? Tant mieux, mais une fois de plus, pourquoi c'est mis si tardivement sur la table ? Et j'aimerais qu'Anne-Marie Gennevard soit aussi, comment dire, impliquée sur ce sujet du Mercosur.

14:23
Présentateur

Sur le Mercosur, à la fois du côté de Matignon, alors qu'un sommet du Mercosur est annoncé pour le 20 décembre, jeudi, enfin le 20 décembre, pardon, mais avec notamment une réunion ce jeudi. Matignon dit, je cite, il est clair dans ce contexte que les conditions ne sont pas réunies pour un quelconque vote des États sur une autorisation de signature de l'accord. Et hier soir, l'Elysée fait savoir qu'Emmanuel Macron a déclaré à ses homologues de l'Union Européenne que, je cite, le compte n'y est pas pour protéger les agriculteurs français. Il demande donc à la présidente de la Commission Européenne un report de l'examen de l'accord.

15:00
Marion Maréchal

Non mais franchement, je suis désolée de vous le dire, mais j'ai l'impression qu'Emmanuel Macron se moque des Français. Parce qu'en fait, en trois ans, on a eu quatre positions différentes. Il y a encore quelques mois, on avait le président qui a expliqué qu'il se félicitait de cet accord lorsqu'il se rendait au Brésil. Qu'a-t-il fait depuis des mois pour tenter d'obtenir une minorité de blocage avec un certain nombre de pays au Conseil Européen qui, eux-mêmes, étaient opposés à cet accord ? Je pense à la Pologne, je pense à l'Italie, je pense à l'Irlande. Rien n'a été fait et la semaine même de l'accord, il se réveille pour expliquer que finalement, ça n'est pas acceptable.

Oui, évidemment, ça n'est pas acceptable. Je rappelle qu'on va importer quasiment 100 000 tonnes de bœuf supplémentaires auxquelles s'ajoutent les 200 000 importations que nous avons déjà, dans un contexte où en 2025, pour la première fois depuis 50 ans, probablement notre balance commerciale agricole va être déficitaire. Nous n'avons jamais été autant dépendants des importations agricoles étrangères. Je ne vais pas m'étendre, on en a largement parlé, sur la situation de désespoir aujourd'hui réglementaire, fiscale, sociale de nos agriculteurs.

Donc, je veux dire, aujourd'hui, ajouter à cela la concurrence de pays qui ne respecteront pas, de fait, les normes sanitaires extrêmement dures que nous imposons à nos agriculteurs, c'est se moquer du monde. Et comme à chaque fois, c'était vrai pour le CETA avec le Canada, c'était vrai pour la Nouvelle-Zélande, on nous fait des promesses qui ne sont jamais tenues en termes d'arche.

16:11
Présentateur

Est-ce que vous y croyez là ? Est-ce que vous pensez, en effet, que le traité du Mercosur va être suspendu, que l'examen du traité va être suspendu ?

16:19
Marion Maréchal

Écoutez, en tout cas, nous, au Parlement européen, nous allons tout faire pour faire en sorte de durcir au maximum les fameuses conditions de réciprocité et de clauses de sauvegarde, même si, pour moi, je préférais qu'ils soient totalement suspendus, pour essayer de mettre dans la balance, comment dire, de ces négociations des contrôles qui soient beaucoup plus importants, et qui, je l'espère, du coup, remettraient en cause la signature de l'accord. Mais je ne suis pas très optimiste, si vous voulez, parce qu'une fois de plus, Emmanuel Macron se réveille à la dernière minute. Et tout a été avancé depuis des années et des années.

Vous le disiez à l'instant, Marion Maréchal, vous êtes députée européenne.

16:47
Présentateur

Vous êtes aussi, je cite, présidente du parti Identité-Liberté. Alors évidemment, je vous présente comme telle, puisque c'est officiellement votre titre. Mais ce parti, vous êtes combien ? À combien d'adhérents, vous voulez dire ?

17:00
Marion Maréchal

Oui, vous êtes combien d'adhérents, on est à peu près 10 000 adhérents. Nous avons trois députés à l'Assemblée nationale, quatre euros députés au Parlement européen, qui siègent en effet dans un grand groupe européen, parmi lesquels on retrouve les Italiens de Fratelli d'Italia et de Giorgia Belloni, qui est notre allié officiel.

17:13
Présentateur

Quel est votre lien avec les autres partis, avec le RN, avec Reconquête, avec le parti d'Éric Ciotti ?

17:19
Marion Maréchal

Comment vous vous situez là-dedans ? Écoutez, moi, sans vous apprendre grand-chose de nouveau, je suis une fervente partisane de l'Union des droites et de la coalition des droites. Donc moi, je fais en sorte, et je fais tout pour que ces partis travaillent ensemble, je l'espère, d'ici 2027. Au Parlement européen, c'est ce que nous faisons. Nous, nous sommes un groupe pivot, nous travaillons à la fois avec le centre droit dans lequel se trouvent les LR de François-Xavier Bellamy et le groupe de Jordan Bardella. Et grâce d'ailleurs à cette situation pivot créée très régulièrement au Parlement européen, nous constituons des contre-majorités de droite.

17:46
Présentateur

Quand vous dites l'Union des droits, vous ne pensez pas juste aux trois autres partis que je viens de citer, mais également au LR ?

17:50
Marion Maréchal

Je pense également au LR, je pense même à Nicolas Dupont-Aignan, je pense évidemment à Reconquête, je pense même...

17:56
Présentateur

Parce que vous êtes de plus en plus nombreux à avoir chacun.

17:57
Marion Maréchal

Oui, et je sais d'ailleurs que ça, parfois, ça fait écarquiller les yeux, mais je pense même à une partie d'horizon. Je pense que nous avons des choses à faire avec une partie des gens qui, aujourd'hui, se trouvent dans ce mouvement. Et d'ailleurs...

18:08
Présentateur

Avec Édouard Philippe lui-même, vous vous sentez parfois en accord ?

18:10
Marion Maréchal

Édouard Philippe, c'est un peu compliqué, parce que tant qu'il continuera d'expliquer qu'il préfère voter communiste que Rassemblement National dans un deuxième tour, ça ne me semble pas très clair, mais je pense, par exemple, à une femme comme Christelle Morancet, qui, aujourd'hui, est présidente des pays de la Loire, et qui a une politique, par exemple, de baisse des dépenses face aux subventions de gauche, que je trouve très intéressante. Et cette majorité, elle a eu lieu, souvenez-vous, à l'Assemblée Nationale, il y a quelques semaines, sur la suspension de l'accord de 68 avec l'Algérie. Donc c'est possible.

18:34
Présentateur

Avec l'Algérie, où ils ont tous, effectivement, voté ensemble contre cet accord. Merci, Marion Maréchal, d'avoir répondu à mes questions ce matin. Président, donc, du Parti Identité Liberté et députée européenne.