Valérie Pécresse invitée du BONDY BLOG CAFÉ [INTÉGRALE - Débat 21/02/2016]
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 27 %Attaque 51 %Défensif 22 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:06OuverteRéponse directe
Saturation d'embouteillage. Mais c'est pas la première fois que vous prenez le RER.
- 1:30OuverteRéponse directe
Donc vous inspectez les transports, en fait, à chaque fois que vous pouvez, c'est ça ?
- 2:12OuverteRéponse directe
Vous êtes une femme politique française. Il n'y a pas beaucoup de femmes, en réalité, en France, en tous les cas, qui tiennent la fiche.
- 2:20OuverteRéponse directe
Vous avez vu ce que c'est ? Vous avez vu la guerre, l'UMP ? Est-ce que vous regrettez vos choix de jeunes filles de vous engager dans une carrière politique ou pas, avec ce qu'on voit aujourd'hui ?
- 3:05OuverteRéponse directe
Alors vous faites quoi ? Alors vous restez maintenant ? Vous continuez ? Vous arrêtez ?
- 3:13RelanceRéponse directe
Mais qui est responsable de ce climat, Valérie Pécresse ? Parce que les gens qui sont derrière nous, là, tiennent ces propos-là, mais en même temps, vous faites partie de ce groupe, de cette entité.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:17PrésentateurFait
« Mais s'il y a une présomption d'innocence, pour Jean-François Copé, bien sûr, il y a aussi une présomption de responsabilité de toute l'équipe. »
- 3:29PrésentateurFait
« Mais s'il y a une présomption d'innocence, pour Jean-François Copé, bien sûr, il y a aussi une présomption de responsabilité de toute l'équipe. »
- 3:42PrésentateurFait
« À l'UMP, les Français ont donné à double titre, financièrement et aussi électoralement. »
- 10:51PrésentateurFait
« Et on lui doit l'une des rares grandes réformes qui a été faite sous Nicolas Sarkozy, l'autonomie des universités. »
- 11:29PrésentateurFait
« Et puis, en 2011, elle est devenue, elle a monté encore d'un cran, parce qu'elle est devenue ministre du budget et porte-parole du gouvernement. »
- 17:28PrésentateurFait
« Mais moi, ma façon de résoudre la question sociale, c'est par l'éducation. »
- 18:31PrésentateurFait
« Moi, j'ai fait une réforme. Alors, ça a été le bordel pendant 3 mois dans les universités. »
- 23:40PrésentateurFait
« C'est pour ça que j'ai proposé qu'on démissionne. »
- 24:07PrésentateurChiffre
« 2,5 millions d'euros rien que pour le meeting de Villepinte pour des trains, on se dit quand même que là, il y a un truc... »
- 24:40PrésentateurFait
« Tous les délinquants sont des délinquants. Point final. Et ils doivent respecter la règle. »
- 25:00PrésentateurFait
« La corruption d'un homme politique est juste inacceptable. »
- 34:22PrésentateurFait
« François Hollande a fait perdre 2 ans à la France, ils nous ont supprimé la TVA sociale. »
- 34:25PrésentateurFait
« Ils sont en train de la réinventer avec le crédit d'impôt compétitif. »
- 34:34PrésentateurFait
« Il a fait la banque publique d'investissement. »
- 34:37PrésentateurFait
« Le mariage pour tous aussi. »
- 36:05PrésentateurFait
« Il nous a promis des milliards d'économies. »
- 36:09PrésentateurFait
« Il nous a promis le grand soir. »
Temps de parole
- Présentateur65 %
- Locuteur 49 %
- ?9 %
- Locuteur 67 %
- Locuteur 76 %
≈ 35,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Ici Bondi.
Ici
Bondi, ici Bondi.
B.
B. C. Les V.
C.
Bondi.
Bloc.
Café. Bondi, Bloc Café. Gabriel, garde l'anonyme !
Ici Bondi,
Bloc Café.
Saturation d'embouteillage. Mais c'est pas la première fois que vous prenez le RER. Mais
je
les inspecte. La
semaine dernière,
j'ai inspecté le RER B.
Vous avez
de la chance, vous êtes sur le E.
Ça
va
mieux alors,
avant de parler justement des transports, je vous présente d'abord Nadej. Bonsoir. Bonsoir Nadej. Nadège, qu
'est-ce que vous buvez ? Nadège, elle a une vraie
tenue d'été. C'est pour vous. Un père Yirondel pour commencer.
Et un café pour moi, s'il vous plaît.
Donc vous inspectez les transports, en fait, à chaque fois que vous pouvez, c'est ça ? Mais oui, toutes les lignes,
pour voir si ça marche. Vous n'avez pas de
chauffeur, c'est ça ? Ah si, moi j'ai mes assistants parlementaires qui souvent me convoient. Mais vous savez, le problème, c'est que j'ai planté ma voiture un jour en m'endormant au volant.
D
'accord.
Et depuis, mon mari m'a dit, c'était la campagne de Sarkozy, en fait. On était rue d'Anguin, je venais des Yvelines. Et je m'endormais à minuit, parce que je faisais des meetings.
C'est pour ça que Sarkozy a perdu, en fait.
C'est parce que vous avez
eu un clash avant.
Ah, il a
gagné. Non, non,
il a gagné cette année-là. Non, c'est parce que je m'étais donnée à fond. Non, non, je me suis endormie et j'ai planté ma voiture. Heureusement, rien de grave. Et du coup, depuis, mon mari me recommande, quand je suis fatiguée, de faire attention et plutôt de me faire conduire. Vous êtes une femme politique française. Il n
'y a
pas beaucoup de femmes, en réalité, en France, en tous les cas, qui
tiennent la fiche. Mais c'est très, très
violent. Mais c'est violent. Vous avez vu ce que c'est ? Vous avez vu la guerre, l'UMP ? Est-ce que vous regrettez vos choix de jeunes filles de vous engager dans une carrière politique ou pas, avec ce qu'on voit aujourd'hui
?
De temps en temps, de temps en temps, ça me coûte. Vous savez, quand j'ai commencé la politique, j'avais prévenu mes grands-parents.
Mes
grands-parents.
Et
j'ai appelé ma grand-mère, je lui
ai
dit, je vais faire de la politique parce que j'aime Chirac et que, voilà, il y a eu la dissolution, il est au fond du trou, je vais le rejoindre.
Et
elle m'a dit, mais tu ne peux pas me faire ça ?
Il
n'y
a
que des gens honnêtes dans la famille. Donc déjà,
il
y a 12 ans, 15 ans, ma grand-mère pensait que les hommes politiques n'étaient pas honnêtes. Donc aujourd'hui, vous imaginez ce que je vis ? Alors vous faites quoi ? Alors vous restez maintenant ? Vous continuez ? Vous arrêtez
? Bah oui,
je continue parce que si les gens honnêtes arrêtent, qu
'est
-ce qui restera ? Mais qui est responsable de ce climat, Valérie Pécresse ? Parce que les gens disent, les gens qui sont derrière nous, là, tiennent ces propos-là, mais en même temps, vous faites partie de ce groupe,
de cette entité.
Oui, mais c'est pour ça que la semaine dernière, j'ai demandé qu'il
y ait
une démission collective. De
l'UMP
? Oui. Alors moi, il faut que vous sachiez qu'avant de faire de la politique, j'étais juge. Juge au Conseil d'État.
Et
donc, j'ai dit,
pour
moi, il n
'y a
rien de plus précieux que la présomption d'innocence. Elle doit être garantie pour tout le monde. Mais s'il y a une présomption d'innocence, pour Jean-François Copé, bien sûr, il y
a
aussi une présomption de responsabilité de toute l'équipe. Parce que les Français, ils ont donné. Et puis, ceux qui
n
'ont pas donné à l'UMP parce qu
'ils
ne votent pas l'UMP, ils sont contribuables.
À l'UMP, les
Français ont donné à double titre, financièrement et aussi électoralement. Oui, exactement. On va aborder un big malion et toutes les affaires
qui sont
autour de l'UMP. Mais avant cela, je voudrais vous proposer, Valérie Pécresse, de regarder ça. C'est un peu le sommaire de ce que nous allons développer avec eux. Et ensuite, je vous ferai réagir et surtout, je vous les présenterai.
– Toi,
Valérie Pécresse, pour le dernier numéro du BondiBlog Café, est-ce que vous avez des choses à dire sur Valérie Pécresse ? –
Elle a plein de points communs avec nous. Elle est née en banlieue, à Neuilly. Son père travaille à Bolloroté de Com, Bollaire, avec une fondation qu'elle a mise en place.
Donc
voilà, peut-être qu'elle se
sentira bienvenue en banlieue pour discuter avec nous.
– Quand on regarde son CV, d'un point de vue politique, elle a déjà été députée, ministre, présidente au conseil régional. Et aujourd'hui, elle est secrétaire générale de l'UMP. – Et ce qui est marrant,
c
'est que quand on lit sa biographie, apparemment, à 15 ans, elle aurait été dans un camp d'été des jeunesses communistes. Alors j'aimerais bien savoir si finalement, c'est pas une infiltrée du PCF. – Pécresse, c
'est
les années Sarkozy, c'est-à-dire que c'est les nouveaux visages du gouvernement Fillon. Ramayad était infusible, Rachida Dati était infusible. Je ne sais pas si Pécresse était infusible, mais en tout cas, elle est restée jusqu'au bout.
–
C'est vrai qu'elle est très associée à Sarkozy, on a même l'impression qu'elle fait partie de ces gens qui, pour rester ministre, auraient été prêts à avaler toutes les couleuvres possibles et inimaginables.
–
Est-ce que selon vous, Valérie Pécresse peut avoir un avenir important à l'UMP ? – J'y crois pas trop, parce que c'est un peu la femme qui a trahi. – Tu étais shirakien, normalement tu devais détester Sarko, et c'est la première à danser sur le cadavre de Copé aujourd'hui. Enfin, on sent vraiment que c'est inopportuniste.
– Quand Sarkozy est monté à l'UMP, au moins quand il était président, il a vite fait l'unanimité, c'était un parti uni. Et enfin, je sais pas, peut-être que je ne les connais pas, mais y avait-il un shirakien qui a dit « Non, moi je ne
me
rallie pas à Sarkozy, à cette politique-là, je sais pas ». Elle a eu le parcours classique de tous les militants UMP. –
Je
pense que Valérie Pécresse va avoir du mal à prendre plus de responsabilités. Enfin, je vois pas comment elle peut faire pour tuer Fillon, NKM et tous les autres qui attendent que l'UMP revienne un peu dans l'escarcelle de l'aile, disons, gaulliste sociale.
–
Pour grimper dans l'arène politique de l'UMP, où les choses sont rudes, comme elles le sont dans tous les partis, mais en particulier aussi à l'UMP, pour l'instant je pense qu'elle est trop prudente et qu'elle aura du mal à trouver sa place. –
Son avantage,
c
'est peut-être d'être entourée de gens qui s'écroulent les uns après les autres, donc au final, elle reste droite et tant qu'elle, elle n'aura pas des casseroles qui lui tombent dessus
médiatiquement et judiciairement, elle pourra continuer sur sa lancée.
–
Voilà Valérie Pécresse, vous avez la cote visiblement. – Ah, vous trouvez ? – Ah pas !
–
Je sais pas, non, c'était amusant, il
y avait de l
'humour. – Quand vous aviez 15 ans, vous étiez donc faire un petit stage, c'est ça ? L'été, c
'était dit
par Tom ? – Oui, en fait, moi j'avais une passion, quand j'étais jeune, c'était les langues étrangères et j'adorais les voyages et à l'époque, l'Union soviétique était totalement fermée et j'apprenais le russe parce que j'étais amoureuse
de
Omar Sharif, dans le docteur Jivago, j'avais décidé d'apprendre le russe, donc j'avais pris russe à l'école
et
pour apprendre le russe, il fallait aller dans les camps de jeunesse communiste. Donc je suis allée à Yalta pendant un été, ça m
'a
un peu guéri du communisme quand même,
parce que c'était un embrigadement terrible. – Vous
en êtes revenu, vous savez,
vous
êtes
dans un
département ici où justement les gens commencent aussi à fatiguer du communisme et on le voit d'ailleurs avec les mairies qui deviennent maintenant UDI, MoDem, voire même l'UMP pour certains. – Oui, et puis le communisme à la française, c'est pas le communisme soviétique des années 80. – Finalement, les jeunes considèrent que vous avez une image assez propre et que peut-être vous êtes l'avenir finalement de ce parti. Est-ce qu'une femme peut être l'avenir de l'UMP aujourd'hui
? –
D'abord, je voudrais revenir sur plusieurs choses qui ont été dites. Ils ont dit que j'étais chiracienne et que j'étais ensuite allée avec Sarkozy. Mais moi, j'ai jamais lâché Jacques Chirac. Je suis restée avec Jacques Chirac jusqu'au bout. Je n'ai jamais rejoint Sarkozy avant la fin. – Valérie Pécresse, une dernière question et puis on va rejoindre les trois jeunes du BondiBlog. Il y a tellement de cadavres en réalité autour de vous au sein de l'UMP. Est-ce qu'on peut considérer que dans les mois qui viennent, dans les années qui viennent, une femme comme vous peut être à la tête de l'UMP ? – Oui, moi je crois que l'avenir appartient certainement aux femmes.
Mais ce sera très dur parce que c'est très très violent la politique. Et je voudrais rectifier quelque chose qui a été dit.
– Non mais les femmes
sont violentes aussi en politique. On ne
peut
pas dire que les femmes soient de gentilles petites filles.
–
On est obligé de se faire une vraie carapace. Mon combat aujourd'hui c'est celui d'Île-de-France, vous le savez, parce que c'est un combat d'équipe.
Et
c'est un combat pour lequel je me prépare depuis ma défaite de 2010. – Donc vous serez candidate en novembre 2015 pour les régionales ?
–
Oui, je serai candidate. Et surtout ce que je voudrais essayer de faire, c'est vraiment faire émerger un projet pour ce territoire. Vous savez, c'est mon 30e déplacement en Seine-Saint-Denis depuis janvier. Et je pense que vraiment, on fera baisser le FN, on reconquérera la confiance des Français, des Franciliens, avec la politique par la preuve, du concret. Et moi je veux prouver qu'on peut faire de la politique différemment. Mais vraiment,
pas seulement les mots.
– Je vous
propose de terminer votre
Schweppes, vous terminez votre Schweppes et on rejoint vite
les
jeunes du Bondi-Blog pour évoquer d'ailleurs tous ces sujets, notamment la réforme territoriale, puisque ça va être un sujet très important. – Ah ouais, mais bon.
–
Voilà, vous aviez vraiment soif.
–
Ah ouais, moi je suis une éponge.
– Ici Bondi,
ici Bondi.
– Bondi
fait café.
–
Valérie Pécresse est notre invitée. Merci beaucoup Valérie Pécresse d'être venue à Bondi en RER. Je rappelle que vous êtes députée des Yvelines, conseillère régionale à
l'Ile
-de-France. Vous avez été ministre de l'Anseignement supérieur et du budget, et aussi par ailleurs porte-parole du gouvernement entre 2011 et 2012. Pour vous interroger, c'est Badrou Saïd Abdallah qui est au milieu, qui a donc préparé cette émission avec Mehdi Meklat et Myriam Bokobza. Je vous propose de regarder très vite le portrait qui a été réalisé par Iman Yousfi. Et ensuite, on commence donc les hostilités, comme on dit, de coutume ici à la brasserie Le Murat à Bondi.
En
pleine tourmente, l'UMP traverse une véritable crise. Divisée, désapprouvée, la droite française connaît des heures sombres. Valérie Pécresse a répondu à l'invitation du Bondi Bloc Café pour en parler. Mais qui se cache vraiment derrière cette femme politique ?
Déjà, elle
a
un beau parcours, c'est classique pour l'élite française. Elle a fait de belles études, HEC, l'ENA, les sorties 2e de l'ENA, à partir de ce moment-là, aux fonctionnaires, conseillères d'État. Et elle commence vraiment la politique en 1998. Après la dissolution ratée de Jacques Chirac, elle devient conseillère du président de la République. La politique véritablement active, elle le fait en 2002, quand elle devient députée des Yvelines, une circonscription qui était ancrée à droite. Et puis ensuite, c'est en 2007 qu'elle devient ministre, ministre de l'enseignement supérieur. Et on lui doit l'une des rares grandes réformes qui a été faite sous Nicolas Sarkozy, l'autonomie des universités.
C'était assez compliqué, parce que tout le monde n'était pas d'accord, mais elle a imposé la réforme. Cette réforme de l'université, nous la plaçons résolument sous le signe du dialogue. Elle
était entourée, évidemment, de tous les classiques, les mandarins de l'université, qui souvent sont des gens de gauche. Et il a fallu qu'elle impose quand même des modes de fonctionnement, des idées, des réformes, avec des petites tensions. Il y
a
eu une tentative de reculade qui a
été faite, notamment de la part de Nicolas Sarkozy, à l'époque. Et avec François Fillon, ils ont forcé la main de l'Elysée pour mettre en place quand même cette réforme.
Et puis, en 2011, elle est devenue, elle a monté encore d'un cran, parce qu'elle est devenue ministre du budget et porte-parole du gouvernement, qui est un
post
-exposé, on la voyait beaucoup. Là, elle gère, évidemment, la crise. On est en pleine post-crise financière, et on sait que la grande affaire, c'est la réduction des déficits. Et en fait, elle s'est construite entre ces deux moments, et avec, en même temps,
un
travail politique qui consistait à prendre la tête de l'opposition à la région de France et construire également cette candidature et son réseau politique.
Méthodiquement, Valérie Pécresse s
'est
construite une place de choix au cœur de l'UMP. Mais à quoi pense-t-elle vraiment, tous les matins en se poiffant ?
Il faut se souvenir de ce groupe qu'avait organisé Copé autour de lui, avec la jeune génération, les cadras, le maire Baroin. Et dans Les Mousquetaires, elle était un peu la Milady, c'est-à-dire qu'elle jouait un peu double jeu, elle allait aussi du côté de Sarkozy et aussi du côté de Copé. Puis après, effectivement, elle a choisi plutôt son camp, elle allait du côté de Fillon, Copé,
il
y
en
a toujours voulu. Elle s
'est mise, effectivement, derrière François Fillon, qui semblait un temps favori pour la présidence de l'UMP. Mais en plus, ça correspond clairement à ce qu'elle est, c'est-à-dire une droite assez modérée, européenne, et non pas la droite décomplexée de Jean-François Copé ou de la droite forte. Elle
se vit un peu comme un mix de Michel-Liomari et Ségouane Royal. Elle se vit un peu comme la femme bobo de droite. Le mode d'ascension et le parcours politique de Ségouane Royal ne la laisse absolument pas indifférente, ce qui, déjà, laisse augurer de ce qu'elle a peut-être aussi en tête de manière un peu plus droite.
Alors,
Valérie Pécresse, est-ce que vous êtes un mix de Ségouane Royal et de Michel-Liomari ?
C
'est plutôt original. Non, mais c'est vrai que j'ai regardé le parcours de Ségouane Royal au début de ma carrière politique parce que je me suis occupée énormément de sujets dont la droite ne s'occupait pas. Et je trouve qu'elle a réussi quelque chose, c'est d'imposer la femme politique et d'imposer aussi les thématiques des femmes politiques. Et les thématiques des femmes politiques, c'est des thématiques que les hommes politiques considéraient comme totalement
subalternes.
Vous avez dit tout à l'heure au bar Valérie Pécresse avec Nordine, j'ai appelé ma mamie et je lui ai dit j'aime Chirac. Vous aviez 15 ans, je crois, quelque chose comme ça. Est-ce que la politique...
Non, là, j'en avais une
trentaine
d'années. J'en avais une trentaine d'années. Je l'aimais encore, on va dire
à hasard. C
'est
une grosse histoire d'amour, alors. Est-ce que du coup, la politique, c'est une histoire d'amour pour un homme
? Quand
j'avais entre 15 et 18 ans, franchement, j'étais beaucoup moins catégorique sur mon engagement politique. En fait, j'ai été vraiment séduite par le Chirac de 95, celui de la
facture sociale. Parce que c'est un bogas
ou parce que ça
se commence à ces choses-là ? Parce
qu'il était très
mal.
Non, non, d'abord parce
que... C'est de la compassion,
c'est plus de la compassion, visiblement. Non, c'est pour son tempérament. J'avais l'impression que, si vous me permettez, il ne me pardonnera pas, mais que Baladur,
c
'était un peu l'ordre établi, la préservation de l'ordre établi et que Chirac, c'était celui qui, à droite, portait une espèce de vision de l'homme,
d'humanisme. Mais c'est un vrai
sentiment amoureux
?
Il y a de l'affectif, mais vous savez, c'est un peu pareil pour moi aujourd'hui. Quand mon bébé est né, quand ma dernière fille est née, j'étais députée et les gens de ma circonscription, les habitants de ma circonscription ont appris que j'avais eu un bébé. Ils ont commencé à lui tricoter
des
chaussons, des brassières.
Et
donc, j'ai reçu plein de choses. Là, on peut se dire, mais un homme politique, il n
'a
pas besoin de ça. Je n'avais pas besoin de ça. Il y
a
un sentiment affectif. Vous faites de la politique, c'est affectif. On va arrêter de rêver, Valérie Pécresse. Est-ce que vous ne pensez pas maintenant que la politique, c'est s'accommoder des inégalités
?
Parce qu'au départ, vous nous avez raconté votre histoire d'amour avec Chirac, l'homme qui voulait combattre la fracture sociale. Et vous
avez été aux affaires. Et ce que vous avez vu, c'est que vous avez été incapable, en fin de compte, de changer et de régler toutes ces inégalités.
Du coup...
Alors, moi, je voudrais dire quand même quelque chose.
J
'étais la seule du gouvernement Sarkozy à oser faire l'inventaire de ce qu'on n'avait pas bien fait. Et ça m'a valu pendant,
on
va dire, six mois, une énorme voudrie de Nicolas Sarkozy qui expliquait partout que, voilà, vraiment, c'était minable de ma part. Et je pense encore, aujourd'hui, puisqu'on parle de l'UMP, que tant qu'on n'aura pas fait ce travail d'inventaire, on n'y arrivera pas à reconstruire un projet. Parce que c'est vrai qu'à chaque fois que je rencontre
un
Français,
il
peut s'appeler Badrou, mais il peut s'appeler M. Dupont, M. Durand, il peut habiter la Corrèze ou il peut habiter la Seine-Saint-Denis, il me dit, mais Mme Pécresse, qu'est-ce que vous feriez à la place de François Hollande ? Alors je leur dis, on ferait ça, on ferait ça, on ferait ça. Mais Mme Pécresse, pourquoi vous ne l'avez pas fait avant ? Mais ça veut dire que
vous ne l'avez pas fait. Mais qu'est-ce qu'il me trouve que vous allez faire
après ? Donc c'est les mêmes questions. Vous dites, on savait ce qu'il fallait faire, mais on ne l'a pas fait. Mais pourquoi vous ne
l
'avez pas fait ? Vous aviez tout un mandat pour le faire et vous avez...
10 ans, en l'occurrence, ça lui
est
fait,
t'es là de
2
000 euros. Mais
parce qu'il y
a
des choses qu'on n'ose pas dire. Et je vais rebondir sur la question de Badrou,
à
laquelle je n'ai pas complètement répondu. La lutte contre les inégalités,
il
faut dire la vérité, ça ne passe pas par plus d'assistance et plus d'aide. Ça passe par des réformes qui vont permettre au pays de mieux fonctionner. Et c'est pas...
Vous
voyez, c'est pas extrêmement populaire.
La
question, elle est assez concrète.
C
'est que maintenant, vous êtes... Le parti de l'UMP est déchiré avec plein de courants à l'intérieur. Vous-même appartenez à un des courants. C'est ça le problème ? C'est que maintenant, plus personne ne s'entend au sein du parti
? Mais
il y a toujours eu plusieurs droites. Enfin, il faut relire les lignes
d'histoire. C'est quoi votre droite
à vous ? Une droite cool, quoi.
C'est quoi une droite cool ?
De Gaulle, il était
cool. C'est une droite qui est interventionniste sur le plan économique, même si elle est libérale. Et c'est une droite qui pense qu'il faut mettre quand même le paquet pour résoudre la question sociale. Mais moi, ma façon de résoudre la question sociale, c'est par l'éducation. Et c'est peut-être ce qui fait vraiment ma spécificité à l'UMP. C'est que la plupart de mes collègues considèrent que l'éducation, c'est un sujet second. Pourquoi ? Parce qu
'ils
ne veulent pas être ministre de l'éducation. Parce que c'est horrible d'être ministre de l'éducation. Il n
'y
a que des syndicats de gauche en face, il n
'y a
que des étudiants dans la rue, il y a des jeunes, c'est horrible, il
va
falloir aller leur parler.
Vous avez des vrais problèmes de riches, en fait. Non.
Quand je dis que
je
ne
veux
pas être ministre,
ça
veut dire que, vous savez, les hommes, ils font carrière politique en se disant qu'est-ce que je vais être dans 5 ans, qu'est
-ce
que je vais être dans 10 ans ? Je pense qu'il
y
a une difficulté à penser que c'est juste les hommes qui sont carriéristes, alors que les femmes politiques, en fait,
Ah
non, je ne dis pas,
je ne dis pas les hommes, les
femmes, ah non,
bien sûr. Quand on
étudie les parcours des unes et des autres, on se rend compte que finalement, il y
a
des similitudes. Attendez, je ne vous ai pas dit que je n'étais pas ambitieuse. Je ne
vous
ai pas dit que je n
'avais
pas envie de faire des choses. Nicolas Sarkozy avait, avec un petit sourire et un peu de cynisme, mais il avait raison, il ne
faut
pas se cacher. Il disait, quand on a été ministre, c'est difficile de ne
plus
l'être et de revenir simple député. Et c'est vrai, parce que quand vous êtes ministre, vous faites des choses. Moi, j'ai fait une réforme. Alors, ça a été le bordel pendant 3 mois dans les universités. Pardon, je vais dire gros mots. J
'espère que les jeunes de Bondy ne m'entendent
pas. Mais non, mais j'ai fait des choses. Je me suis retourné, j'avais fait des choses. Alors, je vais vous proposer, Valérie Pécresse, l'édito de Idir Houssini. Justement, il s'est mis dans la peau d'un élu UMP qui fait finalement une espèce d'introspection de ce qui se passe depuis maintenant quelques mois au sein de ce parti. Et puis, on vous demandera de réagir. On demandera surtout à Badrou de poser les questions.
Il
ne
faut
pas faire trop d'introspection
quand
on fait de la politique.
Français, Françaises, municipales, européennes, deux élections qui auraient dû nous filer la banane à l'UNP. La gifle, infligée à Matignon et à l'Elysée, fut si belle qu'on l'entend encore résonner ici en Seine-Saint-Denis, fièvre gaucho autoproclamé.
L
'EPS, resté au pouvoir chez nous à Bondy, découvre un concept politique tout nouveau. L'effet village d'Astérix. Toutes les villes qui nous entourent sont désormais ralliées à la droite. La suite fut si belle.
Le
score familique du Parti Socialiste aux Européennes, la cerise sur mon gâteau d'anniversaire. Un vent nouveau soufflé sur les centres de notre parti, qui avait tout perdu en 2012, mais qui s'apprêtait à renaître, tel le phénix des hôtes de ses bois. Finalement, déception.
L
'UMP va rester encore un bon bout de temps dans une humeur de corbeau.
Les
cigales, qui chantaient à droite de l'hémicycle durant le scandale Cahuzac, se trouvèrent fort dépourvus quand l'affaire Pygmalion fut venue. À gauche, un ministre censé combattre la fraude fiscale, coffre Célias et Sélingo en Suisse. À droite,
les
millions du parti vont dans les poches de bons copains, facturant des prestats et des boulots Star Wars. Et on vous demande à vous, la plèbe, le chiendent, de ne pas mentir au questionnaire des ascédiques, le 27 de chaque mois. L'ENA, école nationale de l'arnaque.
C
'est ce qu'on entend dans les halls des cités, désormais, parmi les gens formés à sciences pauvres. L'UMP apprend la démocratie. C'est ce que nous disait Copé durant son combat des chefs avec Fillon. Devrait-elle aussi apprendre le code pénal ou l'usage de la calculatrice
? Une
société surfacture des prestations loucedée à notre parti parce qu'on nous explique que c'est impossible de faire campagne avec seulement 22 millions d'euros. D'accord.
Et
si je vous dis que c'est impossible de boucler les fins de mois sans vendre du shit, vous allez me répondre quoi
?
Messieurs, vos affaires font leurs affaires. Aux européennes, c'est un parti qui promet de faire exploser l'union du vieux continent qui a gagné. Nos électeurs quittent le navire. Le Front National a beau avoir vendu son paquebot, la vague bleu marine les emportera loin. Très loin.
Au
revoir.
Voilà,
c'était donc l'édito d'Edir Houssini. Est-ce qu'on a conscience au sein de l'UMP que la situation est beaucoup plus dramatique, beaucoup plus tragique que ce qu'il n'y paraît
?
Pour moi, ça a été un choc le score du Front National. Mais en même temps,
je
ne
peux
pas m'empêcher de me dire parce que je suis une incorrigible optimiste sinon je pense que je ferais un autre métier que le Front, il prospère sur nos défaillances. Il prospère quand on est mauvais. Alors effectivement, on n
'a
pas été bons. On n
'a
pas été bons pour plein de raisons.
On
n
'a
pas été bons parce qu'en fait, cette élection européenne,
on
ne s'y est pas vraiment engagée. On n'avait pas un vrai projet qui nous rassemblait tous. On a été divisés. On n'a pas forcément mis les meilleurs candidats partout. Et puis ensuite, il y a eu l'affaire Big Malion, cerise sur le gâteau. Alors là, la totale. Mais je pense que, je ne pense pas moi que
le FF... Ce n'est pas une
cerise. L'affaire Big Malion, c'est une bombe atomique.
Oui, enfin, un bombe atomique en plus. Mais
ce que je veux dire, c'est que je crois que les Français maintenant, ils votent à chaque élection en fonction du candidat et en fonction
de ce qu'ils proposent. Est-ce qu'ils ont raison de
voter Front National quand on voit l'état de l'UMP ? Non, on n'a jamais raison de voter Front National. Moi, je considère que je ne crois pas à la stratégie de banalisation du Front National. Pour moi, le Front National, ce n'est pas nos valeurs. Est
-ce que Valérie
Pécresse,
vous
regrettez certains propos de Nicolas Sarkozy pendant la campagne de 2012
?
Il faut parler aux électeurs du Front National. Si on ne leur parle
pas...
Mais leur
parler
comme Nicolas Sarkozy leur a parlé
? Non, mais il y a certainement eu des rapages que moi,
je
n'aurais pas, des paroles que moi,
je n'aurais pas prononcées.
Je n'en sais rien, je ne me souviens plus parce que moi, quand je n'aime pas quelque
chose, je n'oublie. Moi, quand je n'aime pas quelque chose,
je n'oublie. Mais en revanche, si vous voulez, moi, ce que je peux dire, par exemple, c'est que ça ne m'a pas choqué quand il est allé à la Courneuve et qu'il a dit que je reviendrai avec un Karcher.
Ça ne m'a pas choqué. C'est en
2005, donc là, je vous parle
de quand il était président. Oui, mais
moi, la campagne de 2007 qui était quand même assez musclée, le Sarkozy de 2007 ne
m
'avait plus parce qu'il y avait à la fois de la fermeté
mais il y avait de l'espoir. Pas
celui de 2012.
Il y
avait de l'espoir avec la discrimination positive. Celui de 2012, il ne nous a pas vraiment associés à sa campagne. Il l'a fait un peu tout seul. Moi, je n
'ai
pas vraiment tout compris.
Avec Big Malion.
Vous comprenez maintenant que ça, on n'en sait rien.
On n'en sait rien. Non, parce
qu'il ne
faut
pas croire tout ce
qu'on regarde à la télé. Bien sûr, bien sûr. Il y a des arguments
qui
sont...
Il s'est passé quelque chose et il y a forcément une malhonnêteté quelque part. Ça, je vous
le confirme. Il y a des arguments qui sont un peu malhonnêtes. C'est pour ça que j'ai proposé qu'on démissionne.
Comme il le racontait Idir, dire qu'on n'arrivait pas à boucler la campagne parce que les limites sont trop basses. Ça fait petit voyou, limite. Non,
mais ça, ce n'est pas possible.
De toute façon, il y a une règle et on applique la règle. Moi, quand je fais une campagne,
j'ai un budget. Vous, pendant la
campagne, vous vous êtes rendu compte parfois qu'il y
a
des choses qui ne tournaient pas rond. Quand, par exemple, 2,5 millions d'euros rien que pour le meeting de Villepinte pour des trains, on se dit quand même que là, il y a un truc...
Ça, vous
le savez maintenant parce que c'est marqué dans
le journal. Vous étiez
à la... Ah non, moi,
j'étais au gouvernement. Moi, j'étais ministre du budget.
J'étais en train de faire voter la TVA anti-délocalisation au Parlement. Moi, je n'étais pas
là. Moi, je pourrais réagir sur
ce qui s'est passé il y
a
quelques
jours. Le
groupe UMP et
l
'Assemblée nationale s'est désolidarisée de l'amendement qui a été déposé pour éviter la prison aux
délinquants
financiers. Quel est votre regard sur cela ?
Je ne comprends pas.
Vous
ne
comprenez pas ?
Je ne comprends juste pas.
Je
ne comprends pas. Tous les délinquants sont des délinquants. Point final. Et ils doivent respecter la règle.
On dit souvent les politiques sont des délinquants. C'est tous les mêmes. Qu'est-ce que vous pensez de cette phrase qui est
troublante
? C'est tous les mêmes.
Quand la vie est très dure et qu'en plus, on galère, on attend de ces hommes politiques qu'ils soient exemplaires, pas qu
'ils
s'en mettent plein les poches. Donc, de toutes les façons, la corruption d'un homme politique est juste inacceptable. C'est inacceptable pour Cahuzac.
C
'est inacceptable s'il y
a
eu de la corruption pour ceux qui en ont pratiqué à l'UMP. Et moi, je la dénoncerai de la même façon. Je ne me cacherai pas derrière mon petit... Mais ça ne
vous
donne pas envie de
vous
barrer, sérieusement
?
Si, mais si je me barre, qu
'est
-ce qu'il reste ? Est-ce qu'il faut un homme providentiel pour remettre l'UMP d'Equerre ou pas ? Ou une femme ? Ou une femme providentielle. Il y a plein de sujets qui se posent.
Ça, c'est à vous tout
de suite.
Quand on demande
des noms,
c'est tout de suite...
Non,
non,
mais ce n
'est
pas ça. Mais d'abord, on n'a pas encore... Je vous dis, ni fait l'inventaire, ni, j'allais dire, fait le deuil d'un hypothétique retour de Nicolas Sarkozy parce que Nicolas Sarkozy nous maintient le suspense. Donc, moi, j'ai envie de dire qu'il dise s'il veut y aller, qu'il dise s'il veut revenir. Les militants de l'UMP, ils ont une grande histoire d'amour. Ils ont toujours une nostalgie de Nicolas Sarkozy.
Pas
vous ?
Et... Si,
si, mais je ne suis pas seule à voter. Si j'étais seule à voter, ce serait différent.
Mais
dans les films américains, on voit ça. Le mari est parti à la guerre, il n
'est
pas revenu, on ne sait pas, missing in action, vous voyez, il est parti. Bon, s'il revient, ce n
'est
pas la même situation pour la fiancée que s'il ne revient pas.
Donc, on a besoin de savoir.
Il avait dit il
y
a deux ans que s'il perdait, il arrêterait. Vous n
'entendrez plus parler de moi.
Vous nous avez parlé tout à l'heure de la probité, de l'honnêteté des hommes politiques. Et vous ne pensez pas que c'est une perte de temps d'attendre Nicolas Sarkozy. Mais là,
vous
voyez, Badrou, vous l'avez déjà jugé, Nicolas Sarkozy. Et vous ne pouvez pas le juger parce que vous ne
pouvez
pas le juger sur ce
qu'il dit.
C
'est une déclaration
publique.
C'est une déclaration qu'il a faite. Il n'a plus parlé de moi
si je perds les élections. Ah oui,
non.
Ça, il a le droit de changer d'avis. Il n
'y
a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Mais il a le droit de changer d'avis. De toute façon, il y
a
toujours une déprime après la
défaite. Un baby
blues. C'est ça, un baby blues. Un défaite blues. Et je sais de quoi je parle puisque moi, j'en ai vécu assez dur en 2010. Il n'a pas dit je m'en irai.
Il
n
'a
pas fait comme Jospin, je quitte définitivement la vie politique. Il avait dit vous n'entendrez plus parler de moi avant.
Il a dit je
ferai autre chose.
Oui, justement. C'est pas bon, il n'a pas envie de faire autre chose. Je vais répéter. Pendant ce temps, on n'en sait
rien. Pendant ce temps, le FN s'installe. Je vous propose quelques réactions des jeunes du Bondi Bloc concernant le parti de Marine Le Pen et ensuite, on continue ce débat sur ce parti politique.
Le premier sentiment, c'est choquer de ne pas être choqué déjà par la percée du FN. Pour la première fois, on peut parler de tripartisme. C'est-à
-dire
que le bipartisme n'existe plus en France.
C'était prévisible, mais moi, je me demande plutôt au niveau de la jeunesse, qu'est-ce qu'on attend et quand est-ce qu'on va réagir parce qu'au final, voilà, le FN, tout le monde était
dégoûté, parti en tête aux élections européennes, mais tout le monde est en train de planifier ses vacances, tout le monde continue sa vie quotidienne. Donc en fait,
qu
'est-ce qu'il faut en France pour réveiller la jeunesse ?
On ne marche pas contre un parti qui est numéro un des élections. On le combat sur le terrain idéologique et on arrête d'envoyer des incapables comme Arlène Désir parler du FN et qui font des fautes historiques.
Personnellement, ça ne me fait pas peur de se demander du FN. Le Parlement a tellement peu de pouvoir qu'au final, même si les députés FN sont majoritaires à l'Assemblée aujourd'hui, ça n'impactera pas forcément les politiques qui seront menées au niveau européen.
Valérie Pécresse,
est
-ce que finalement, la réussite du Front National, est-ce qu'il y a plein de choses très intéressantes qui ont été dites et notamment une chose, la dernière remarque qui est de dire finalement les députés européens ils ont tellement peu de pouvoir. Je pense que les Français ont voté FN aussi parce qu'ils pensaient que ça n'aurait pas de vraies conséquences. Or c'est faux, c'est faux, il y aura des conséquences sur le Parlement européen. C'est un vote ras-le-bol, c'est un vote pour nous dire des choses mais c'est aussi un vote dont on minore l'importance.
S'ils avaient dû voter pour un maire d'une ville, je peux vous dire que là ils hésitent beaucoup plus parce qu'un maire FN c'est quand même des conséquences
dans la vie quotidienne. Le FN a été en tête
à Bondy pour les élections européennes,
1 600 votes. Mme Pécresse, pour vous, le FN ? Oui, mais
pas du tout au municipal puisqu
'il n'y
avait même pas de liste. Pour vous, le FN c
'est
un parti républicain
?
Moi, je ne peux pas rentrer dans ce débat. Je pense que ces valeurs, un certain nombre des valeurs que je défends n'ont rien à voir avec celles du FN. À partir du moment où il y a un consensus depuis Mitterrand pour dire que le FN s'inscrit dans la règle du jeu démocratique, on ne peut pas lui faire un procès en anti-républicanisme même s'il défend un certain nombre de valeurs anti-républicaines. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est-à-dire qu'on ne peut pas interdire, il ne
faut
pas aller sur ce terrain-là parce que si on dit ça, les électeurs du FN ils voteront encore plus FN parce qu
'ils
auront l'impression qu
'on
leur interdit qu'on veut
les censurer. Il est
républicain ou pas républicain
?
Moi, ces valeurs, les valeurs qu'il défend un certain nombre n'ont rien à voir avec la République que moi je défends. D'accord. Qui est une République qui n
'est pas
xénophobe
? Est-ce que ça voudrait dire que l'UMP est en manque d'idées
?
Mais bien sûr, mais moi je vous l'ai dit, je pense que, et là aussi je suis tout à fait d'accord avec ce qui a été dit, c'est dans nos mains. Ce n'est pas seulement dans les vôtres, c'est dans les nôtres. C'est dans nos mains,
à nous les politiques. Mais pourquoi vous ne faites rien
alors ?
Ah ben on va faire quelque chose. Non, non,
c'est-à-dire pourquoi il n
'y a
pas un vrai réveil démocratique, une vraie prise de position ? Pourquoi vous ne construisez pas un vrai projet ? Pourquoi vous ne donnez pas des vraies idées ?
J'espère bien qu'on va y arriver.
Mais quand
? Non, mais le problème, c'est qu'on a quelque chose de très difficile à régler qui s'appelle savoir ce que devient l'UMP dans cette période transitoire avant le Congrès, avant l'hypothétique retour. D
'abord on colmate
les brèches et après on
réfléchit au projet. Non,
ce n
'est
pas on colmate les brèches. C'est on fait vraiment, on ouvre les portes
et les placards. Non, parce que depuis deux
ans, Valérie Pécresse,
on a le sentiment que l'UMP ne fait que ça. C'est peut-être ça le
problème
numéro un.
Mais j'en suis convaincue.
Et
d'ailleurs, moi je n'ai pas compris, je l'avais dit à l'époque à Jean-François Copé,
je
lui avais dit maintenant tu es président. Peu importe l'élection, comment tu as été élu, etc. Bon, on a tous notre idée là-dessus mais c'est fini, tu es président. Donc maintenant, tu fais Mandela et tu réconcilies tout le monde
et tu construis un projet.
C'est
un écart énorme.
Non mais Mandela au sens
réconcilier
les clans, etc. Bon, je dois avouer qu'effectivement il y a un énorme écart. Bon, mais j'ai essayé, moi j'ai essayé de jouer le jeu. Non mais ce que je veux dire, c'est que j'ai essayé de jouer le jeu de la direction collégiale. J'ai essayé à un moment de dire, bon allez, on réconcilie tout le monde, on oublie le passé, on fait table rase et on réconcilie.
Ça aurait été mieux avec Fillon
? Le passé, c'est le passé. Certains me disent, oh là là, les trois anciens, Premier ministre, oh là là, vous allez encore aller chercher des sexagénaires pour remonter l'UMP. On va chercher des personnalités qui ont une vraie respectabilité et on leur dit, vous prenez les rênes, le temps, pour
qu'on fasse la transparence.
Moi je suis pour aucun, moi je suis pour l'UMP et pour qu'on sauve l'UMP parce
que je pense que... Je vous crois pas.
Ah bah si.
Vous êtes pour lequel ? J'ai tout fait, mais pour
aucun, mais moi je suis aujourd'hui... Allez pour
Chirac. Vous ne
croyez pas de retour de Juppé ? Non,
non.
Attendez, moi ce que je voudrais, ce que je voudrais, c'est qu'en 2017, il y
ait
des primaires. Ceux qui parlent du retour de Sarkozy disent aussi, il faut qu'ils reviennent pour supprimer les primaires.
Je
pense aujourd'hui que si quelqu'un supprime les primaires ou demande à supprimer les primaires, eh bien c
'est
l'explosion de l'UMP. Parce que c'est empêcher les jeunes d'avoir leur chance et ça, dans le monde d'aujourd'hui, on ne
peut
pas dire à quelqu'un qui a 45 ans ou 50 ans, t'es trop jeune pour diriger
la France. Mais qu'est-ce qui motivera
aujourd'hui un jeune à intégrer l'UMP par exemple aujourd'hui
? Il n'y a pas de renouvellement
de la classe politique.
Oh quand même ! Donnez
-nous un prix de l'UMP. Nathalie Cossusco
-Morizet s'est
présentée à Paris. Myriam par exemple, elle pourrait tomber amoureuse de qui au sein de l'UMP pour devenir
une politique ? À qui je pourrais identifier ? Mais de
plein de gens
!
De qui ? Mais de qui ? De Baroin par exemple
? Ça
dépend quel est votre type et quel est l'âge. On va poursuivre. Alors on a beaucoup parlé de l'UMP et du FN. On va parler du Parti Socialiste et notamment de François Hollande qui est donc le président de la République. On a demandé aux jeunes du Bondi Bloc de réagir sur finalement cette question est-ce que François Hollande est dans une espèce d'impasse politique depuis l'élection des municipales et des européennes ? Réaction et on revient en plateau.
Est-ce
que François Hollande est ou non dans une impasse ? Moi ce qui m'inquiète c'est qu'il a l'air serein
alors
qu'il reste trois ans. Trois ans c'est long. On a l'impression qu'il ne peut plus rien faire, qu'il est totalement impuissant. Ce qui peut le consoler c'est qu'en politique on l'a vu, on n'est jamais mort. Donc même s'il fait une traversée du désert il reviendra de toute façon.
Il ne
faut
pas oublier qu'en politique tout va très vite. La preuve avec Jean-François Copé a sauté en à peine dix jours. Donc François Hollande évidemment dans les médias ça fait du bien de dire bon bah il est terminé, c'est fini. Mais bon,
il
faut aussi laisser le temps. Tout est possible en politique, tout va très vite. Il est surtout au pied du mur en fait et l'échelle qui permettrait de passer cet obstacle c'est que son obsession de voir s'inverser la courbe du chômage se réalise. Là je pense qu'en fait il finira sur une bonne note. Ça ne veut pas forcément dire qu'il aura du succès pour un deuxième mandat éventuel. Mais au moins c'est ce qui pourrait le sauver.
Alors
Valérie Pécresse, est-ce que François Hollande est dans une impasse politique et au fond la deuxième question c'est est-ce que l'UMP n'est pas le meilleur allié actuellement de François Hollande ? François Hollande il est face à une majorité qui est complètement coupée en deux. Et c'est ça son problème. Parce que si vous écoutez le Manuel Valls de la primaire, pas le Manuel Valls Premier ministre d
'aujourd
'hui mais le Manuel Valls de la primaire.
Des
6,8%. Celui des 6,8%. C'est exactement le problème. Celui des 6,8%. Manuel Valls de la primaire lui il avait dit il faut supprimer les 35 heures, il faut faire la TVA sociale,
il
faut baisser les charges sur le travail,
il faut
faire de la compétitivité. Je me demande même s'il n
'était
pas pour les peines planchées à ce moment-là. Enfin bon, donc il était vraiment à la fois sécuritaire, à la fois libéral. Bon, donc il était...
De droite. Il
était un peu UMP. Oui mais moi je vais
vous dire je pense qu'on en est à un stade où malheureusement les seules solutions c'est celles-là. Alors François Hollande a fait perdre 2 ans à la France, ils nous ont supprimé la TVA sociale, ils sont en train de la réinventer avec le crédit d'impôt compétitif. Qu
'est-ce qu'il a fait de bien
François Hollande
? En 2 ans quand même. Qu'est-ce qu'il a fait
de bien en François Hollande ? Il a fait la banque publique d'investissement. Ça, ça marche bien.
Le
mariage pour tous aussi.
Alors
le mariage pour tous, pour ceux qui en voulaient.
Vous
étiez pour,
vous
ou contre ? Non, moi j'étais contre mais j'étais contre parce que je pense que qui dit mariage dit effectivement adoption. Moi j'ai toujours... Mais je pense qu'on n'arrêtera pas là. Je pense qu'on ne
peut pas arrêter. Ça c'est votre côté un
peu catholique un peu.
Ah bah ça, oui mais on se refait pas mais
c'est pas
seulement ça. J'ai défendu l'interdiction des signes religieux ostentatoires à l'école et à l'époque les catholiques étaient vent debout contre parce qu'ils pensaient qu'on allait enlever les petites croix aux petites filles. Ah oui, on enlève aussi les petites croix aux petites filles. Je suis pour l'avortement et j'ai voté la loi égalité hommes-femmes ce qui m'a valu de la part des personnes de la manif pour tous une volée de bois vert parce que vous savez dans cette loi il y avait un amendement sur la loi avortement qui supprimait la clause de détresse. Mais je pense que peu importe ça changera rien à la question de l'avortement en France.
Il
n
'y aura
pas plus
d'avortement. Donc que le mariage pour tous et la
BPI alors ?
Pour
l'instant à sauver...
Non,
non, le mariage pour tous ce n
'est
pas pour moi quelque chose de bien.
J
'ai voté contre. Le mariage pour tous j'ai voté contre parce que je pense qu'on ne s'arrêtera pas là. Je pense que sur cette question de l'adoption j
'étais très
réservé et je pense que de toutes les façons l'adoption c'est forcément un deuxième choix.
Et
donc quand on est un couple on a envie d'avoir
des enfants biologiques. On ne pense que la BPI
du coup
?
Non, la BPI.
Et la réforme territoriale aussi ? Le
Mali, c'était bien. Il
fallait le faire. Là il y a un consensus sur la réforme territoriale. Et
la réforme territoriale aussi il a couché une souris. Il nous a promis que le département avait vécu.
Il
nous a promis des milliards d'économies.
Il
nous a promis le grand soir. En Ile-de-France je vais vous prendre l'exemple de la région parce que c'est quand même le summum. On va avoir les communes, les territoires qui auront en tout cas plein de vice-présidents, plein d'élus. On aura la métropole qui va couper l'Ile-de-France en deux, Paris, la petite couronne. Les départements et la région. Cinq niveaux. Alors peut-être en 2021 ça se simplifiera. Non, enfin il y
a
d'urgence. 2021,
je
ne
sais
pas quel âge vous aurez. Eux
sont encore jeunes,
nous deux peut-être pas.
Et
sur la réforme pénale, en fait l'UMP fait diversion avec l'affaire Nemouch en tapant sur le prosélytisme religieux en prison mais finalement vous n'êtes pas prononcée clairement sur cette réforme.
La
réforme pénale de Tobias.
La contrainte pénale ou l'approbation comme elle dit, ça existe déjà. Ça s'appelle le sursis avec mise à l'épreuve. Donc en réalité elle est soit en train d'inventer ce qui existe déjà soit elle a une vraie arrière-pensée et c'est ce qu'on redoute nous qui est de vider les prisons. Mais franchement...
Oui mais
elle
a supprimé les peines planchées. C'est
quand même une bonne mesure. Supprimer les peines planchées moi je ne suis pas d'accord.
Vous voulez les pécrètes.
Contrairement à ce qu'on pense les peines planchées sont individualisées.
C
'est-à-dire qu'un juge peut à tout moment dire oui vous avez commis trois actes trois actes vous êtes multirécidéviste mais compte tenu des circonstances je ne
vous
condamne pas à la peine planchée. Il peut l'individualiser. Mais personne ne le dit.
Personne ne dit la vérité. Vous ne
pouvez pas être aussi naïf que ça. Vous ne pouvez pas dire elle va vider les prisons. C'est un argument qu'on entend et qu'on écoute à peine ça finalement.
D'autant plus que les
chiffres nous donnent l'exemple inverse.
C
'est-à
-dire
que les prisons sont en surpopulation
permanente.
Moi
je vais vous dire
si j'étais ministre de la justice ce que je commencerais par faire déjà c'est sortir tous les mineurs des prisons pour adultes. Parce que c'est un scandale français. On est le seul
pays pour le monde.
On les met
où
? Alors il faudrait avoir le courage de
dire
qu'il faut des centres pénaux pour les mineurs pas des centres éducatifs fermés. Parce que les centres éducatifs fermés et j'en ai visité y compris en Seine-Saint-Denis ça coûte très cher. C'est pour 5 personnes.
Il y
a 5 éducateurs 24 heures sur 24. En plus ça ne marche pas bien. Oui
mais c'est beau les idées de la justice.
Ça c'est encore des
idées un peu... Mais là pour le coup il faut mettre des moyens. L'UMP n'a jamais défendu
en plus.
Il faut mettre
des moyens c'est plutôt le tout sécuritaire. Moi je l
'ai défendu je la défends ça fait 10 ans que je la défends. Oui mais c'est quand même sécuritaire vous voyez. Mais le dire c'est quand même de protéger les jeunes contre les délinquants.
Moi je veux dire par là qu
'électoralement payant l'UMP n'a jamais eu le courage de dire on peut avoir une alternative à la prison on peut travailler différemment alors que c'est plus facile de vendre le tout sécuritaire et dire remplissons les prisons après tout.
Oui mais
c'est une mesure
qui est à la fois
humaniste à la fois humaniste parce que l'idée c'est de lutter contre la récidive et de faire en sorte que des jeunes qui arrivent en prison à 16 ans, 17 ans ils ne soient pas confrontés avec des caïds de 21, 22 qui eux vont les enrôler pour ensuite voire même faire du prosélytisme islamiste etc. Donc c'est qu'ils ne rencontrent pas des durs qu'on les laisse entre eux mais c'est compliqué à gérer ça et à assumer c'est pas si simple.
Alors on va continuer ce magazine si vous le permettez Valérie Pécresse on va parler de la liberté d'expression vous savez que c'est quelque chose qui est très important pour le Bondi Blog on a demandé à Claire Diaou d'aller faire un petit reportage sur un film qui est actuellement au cinéma on a appelé ça la liberté d'expression est-ce que c'est une fin ou est-ce que c'est un début et ensuite on continuera on abordera notamment la question des réseaux sociaux
Actuellement en salle le documentaire caricaturiste fantasin de la démocratie interroge la liberté d'expression
Dans
un monde dominé par la communication Facebook et Twitter avons-nous conscience que nos libertés peuvent être menacées
?
Moi je trouve que la liberté d'expression est en train de regresser pas que la liberté d'expression la démocratie et c'est dangereux les gens ont peur la peur s'installe un peu partout peur de ne pas avoir du travail peur de te plaire peur de l'autre parce qu'il est d'une culture différente d'une identité différente et alors chacun on reste entre soi et on plie les chines c'est-à-dire on devient lâche et c'est là où le pire arrive et je trouve qu'en France et en Occident aussi il ne faut pas aller chercher trop loin
il
y
a
des pays ou soit ils peuvent être privés de leur liberté privés de leurs revenus
et
il
y a
des gens dont la vie est en danger
c'est
un état des lieux de la démocratie et
de
la liberté d'expression au niveau international parce qu'on voit que dans de nombreux pays la liberté d'expression régresse on subit des pressions des lobbies économiques le pouvoir de l'argent l'américain raconte très bien ils sont dans le conseil d'administration des journaux ils sont dans le conseil d'administration des télés ils font la pluie et le beau temps au niveau de l'opinion après dans des pays où c'est des dictatures il n'y a plus de liberté d'expression du tout on peut bien le dire Oui mais c'est justement dans les pays où l
'on peut s'exprimer que l'on se révolte le moins
Qu
'en est-il au pays des droits de l'homme ?
La
France elle a beaucoup de choses à apprendre parce qu'on dit toujours la patrie des droits de l'homme c'est vrai
mais
à la fois tous ces dessinateurs et dessinistrices que ce soit Raïma qui est en Amérique latine ou les dessinateurs du Proche-Orient les dessinateurs du Maghreb ils ont beaucoup de choses à nous apprendre parce qu'eux ils savent ce que c'est que de contourner les interdits et nous on dit ah on est en démocratie tout va bien c'est super il y a la République qui est là pour nous protéger et bien la République des fois des fois elle s'endort un peu il faut bouger tout ça parce que sinon si on s'endort on peut se faire bouffer par les intolérants qui nous attendent au tournant comme je ne peux pas oublier que je sors de la Roumanie de Ceausescu d'une dictature je me suis juré en tant que citoyen et j'invite tout le monde d'en faire autant de ne plus jamais autant que je puisse par les armes que j'ai moi j'ai une caméra les autres ont un crayon de ne plus jamais de permettre ça
Voilà donc c'était un reportage de Claire Diaou concernant le film Les caricaturistes fantassins de la démocratie un film de Stéphanie Vallé-Atto et Cyril Blanc Valérie Pécresse quelques mots sur la liberté d'expression est-ce qu'on est dans un pays libre en France est-ce qu'on peut tout dire ou est-ce que finalement parfois et on le voit avec certains éditorialistes finalement la dignité des gens est souvent bafouée et que la liberté d'expression pourrait avoir comme frontière finalement cette dignité là Oh il faut être pour la liberté d'expression et pour le droit à la caricature et de manière quand même vraiment très très large je pense pour moi la frontière c'est l'injure objectivement l'injure c'est bas c'est nul et puis la diffamation Eric Zemmour par exemple est-ce que ça vous choque les propos d'Eric Zemmour que
ce
soit sur RTL sur
ITL Ah mais moi Eric
je suis Ah
c
'est un ami
Ah
non vous avez vu plus misogyne qu'Eric Zemmour Je
sais pas Eric
Eric j'ai cru que c'était Ah non Eric Zemmour Eric Zemmour
quand on se retrouve sur un plateau on s'emplafonne la dernière fois je crois que je lui ai dit qu'il ferait mieux d'aller s'occuper un peu de ses enfants plus souvent parce que c'était très dur non mais parce qu'il est très très très virulent contre les femmes il considère que
contre les minorités contre les musulmans
contre
les roms contre les roms
enfin voilà non
mais il y a pas mal finalement il
est très fort avec tous les gens faibles de la société française en réalité il est très faible avec les gens forts je suis pas sûre que ce soit ça son moteur je pense que son moteur c'est de dire des choses qui sont politiquement incorrectes et qu'il veut trouver les choses politiquement incorrectes
mais en disant des choses
politiquement incorrectes parfois il dépasse la frontière
est-ce que c'est lui qui
a condamné ou est-ce que ce sont les chaînes qui lui offrent cette tribune là qui doivent l'être
non
mais attendez ça dépend ce qu'il dit moi je sais pas je condamne jamais il
a été
condamné par la justice pour
un
jure et tout ça quand
il
est condamné par un jure c
'est lui c'est lui qui doit
être condamné et la chaîne le CSA doit veiller à
ce que
la chaîne soit aussi responsable de
ce qu
'il a dit
c
'était parce que j'expliquais à des gens qui se moquaient éperdument du Grand Paris qui étaient les parisiens intramuros les parisiens intramuros je leur expliquais que le Grand Paris était absolument ultra nécessaire y compris pour Paris ils ont sorti la phrase sortie du contexte parce que j'expliquais que nous les banlieusards on était vraiment foudrage d'avoir à traverser Paris et que eux il ferait mieux de réfléchir sur le Grand Paris je dirais pas ce que je pense de celui qui a fait le découpage de la vidéo mais vous êtes journaliste vous savez très bien ce que c'est que de faire de découpage d'une réunion de deux heures de prendre une phrase et
de
réussir à caricaturer
et
ça a été fait
à exprès
et c'est dégueulasse voilà en tout cas vous avez dit ce que vous avez à
dire
là dessus exactement Valérie Pécresse vous vous souvenez quand l'UMP tapait
sur les gens on a
convaincu les parisiens que
le Grand Paris était
important donc
l'objectif vous allez l
'énerver mais dis bonjour non mais
c'était
dégueulasse franchement j'en ai beaucoup souffert
ok donc est-ce que vous vous souvenez quand l'UMP tapait contre les journalistes tapait sur les
journalistes
quand l'UMP tapait sur les journalistes
et quand les journalistes tapaient sur l'UMP honnêtement c'était
la campagne de 2012 Nicolas Sarkozy dans chacun de ses discours de campagne quasiment tapait sur les journalistes sur la façon qu'ils avaient de traiter l'information on
avait des militants qui agressaient verbalement
voire même physiquement des
journalistes la violence je
condamne tout ça c'était
complémentaire je l'ai condamné je
l'ai condamné sur Twitter laissons de côté les dérapages moi je vois pas excusez-moi vous nous critiquez toute la journée on a le droit de vous critiquer aussi on a le droit de vous dire qu'on considère que ce que vous dites c'est pas vrai on a le droit de vous dire qu'on aime pas vos méthodes c'est la liberté d'expression pour tout le monde en France en revanche effectivement là où je suis pas d'accord c'est que un militant n'a pas le droit d'agresser un journaliste physiquement ou même de l'injurier quel est votre point de vue sur le travail de Mediapart aujourd'hui qui depuis 2 ou 3 ans révèle un certain nombre d'affaires est-ce que vous pensez que c'est du journalisme véritable ou est-ce que vous pensez finalement que les autres journaux sont somnolents à côté du travail que fait donc ce petit journal puisqu'ils sont une trentaine écoutez il faut moi ça dépendra des circonstances si
c'est
Karizak c'est bien mais si c'est Karachi c
'est pas bien c
'est
ça
non c'est pas ça si c
'est vrai c'est bien si c'est
faux si c'est faux c'est pas bien le rôle de tous les journalistes d'investigation est un rôle absolument précieux voilà et puis il faut vivre aujourd'hui je vais vous dire et sur Twitter vous pensez que c'est bien ou pas bien c'est vous qui tweetez ou c'est un
collaborateur c'est moi
qui tweet c'est moi qui tweet mais pourquoi
non
parce qu'on vous pose la question
pourquoi
vous souriez parce que je vous imagine en train de tweeter ça me fait rire oui mais attendez j'ai plus 120 000 followers c
'est beaucoup
c
'est à dire que ça en fait un
peu
médiat pour moi 120 000 personnes qui peuvent me lire alors évidemment ça dépend du moment de la journée mais c'est important pour moi de passer des messages même si alors de temps en temps on s'en prend des injures alors là d'ailleurs je bloque tous ceux qui m'ajurent je vous le dis parce que casse toi connasse bon ça va mais en revanche tous ceux qui argumentent c'est intéressant parce que parce que voilà alors question du public tout de suite Charlotte
bonsoir
Valérie Pécresse tout à l'heure vous avez dit que la politique n'était pas un métier qu'est-ce que c'est alors la politique
c
'est un engagement c'est une envie
c
'est c'est quelque chose qu'on porte un peu en soi alors c'est aussi il
y a
un chemin moi je pense que ce qui est dommage dans notre pays c'est qu'on puisse pas faire de la politique à tous les moments de la vie il y a beaucoup de femmes qui se disent il faut que j'ai d'abord élevé mes enfants pour pouvoir aller le soir faire des réunions politiques etc donc on a des femmes qui arrivent en politique à 50 ans et moi j'ai envie de dire vraiment il nous faut des jeunes et il nous faut des femmes alors question Jonathan bonsoir Valérie Pécresse j'ai deux questions en fait la première c'est est-ce que l'UMP finalement ne sait pas être un parti d'opposition et la seconde tout à
l
'heure vous avez dit que la France était le seul pays du monde où les mineurs étaient en prison avec les majeurs je voulais vous demander si vous confirmez je n
'ai
pas dit que c'était le seul pays du monde c'était le seul pays je crois d'Europe vous avez dit du monde
alors
c'est une erreur non il y a une convention alors je retire ce que j'ai dit j'ai dit une bêtise en fait il
y a
une convention mondiale internationale de l'enfance qui dit dans le monde entier on ne devrait pas emprisonner les majeurs avec les mineurs ce qui est choquant c'est que ça se fasse dans le pays qui se veut le pays des droits de l'homme et c'est pas effectivement et je
pense
que c'est une singularité française mais je peux me tromper sur la singularité
européenne la première question pardon l'UMP ne sait pas j'ai dit une bêtise
et sur la première question l'UMP ne sait pas être un parti d'opposition je pense que c'est vraiment la guerre des chefs qui aujourd'hui nous mine et qu'il faut qu'on surmonte ça et qu'on joue collectif et c'est unité probité moi je crois les deux maîtres mots de l'UMP si elle veut survivre avant de vous laisser partir on va vous demander une dernière faveur c'est la dédicace sur l'affiche du Bondi Bloc Café vous savez c'est une coutume et donc vous êtes la dernière invitée de cette saison je voudrais remercier Myriam Badrou et Mehdi ainsi évidemment que toute l'équipe du Bondi Bloc d'avoir préparé cette émission vous savez vous pouvez suivre l'actualité du Bondi Bloc sur bondibloc.fr vous savez que l'EG Lille et le Bondi Bloc ont lancé il y a quelques années une prépa égalité des chances au concours des écoles de journalisme il se trouve que la campagne de recrutement est ouverte donc vous pouvez évidemment tenter les concours des écoles de journalisme vous pouvez vous inscrire sur le site de l'EG avant de vous quitter Valérie Pécresse on a des cadeaux vous savez nous on offre toujours des cadeaux aux gens qui viennent nous rendre visite c'est un recueil de DVD qui s'intitule Bien Différent Bien Ensemble c'est la saison 2 c'est les grands engagements de France Télévisions en matière de diversité ce recueil de DVD est pour vous et contre ça il faut nous lire à l'antenne et à haute voix votre dédicace Madame Pécresse
alors
Jémy merci au Bondi Bloc pour son invitation et surtout bravo pour le professionnalisme la qualité et l'impertinence de ses journalistes Amitié Valérie Pécresse Merci beaucoup Valérie Pécresse d'être venue au Bondi Bloc Sachez qu'il y aura donc une saison 4 du Bondi Bloc Café merci aux équipes de France O et de LCP pour leur confiance c'est important pour l'équipe du Bondi Bloc merci évidemment à Jamar et à Zedic Productions on se retrouve donc au mois de septembre pour un nouveau numéro de Bondi Bloc Café
C'est
très sympa elle dit les choses franchement mais elle n
'a
pas d'idée
Elle
est très critique en fait envers elle-même et envers son parti
On
sent une femme vraiment tétanisée par la situation de son propre parti par la situation de la France
qu'elle a laissée lorsqu'elle était aux affaires et d'ailleurs on ne comprend pas vraiment pourquoi elle est là-dedans encore et pourquoi elle ne
s
'est pas barrée
C
'est quelqu'un qui t'appelle toujours par ton prénom c'est quelqu'un qui te regarde toujours avec le sourire pour gagner quelque chose quoi
qu'il arrive c'est de la séduction La
principale difficulté c'est affronter la démagogie en fait
Avant
on a eu Copé Henri Guénaud Pas
des
gens très sexy
Même Nathalie Kosciusko-Morizé alors que Valérie Voilà