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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 2 mai 2013 63 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalÉconomie & entreprisesSanté

10 raisons de se libérer de l'Union Européenne - 3/4

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 9 %Attaque 80 %Défensif 11 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:44Invité politiqueFait
    « « Pourquoi des sans-papiers ? Voici 20 ans que la situation ne fait qu'empirer. L'augmentation massive du nombre des visas délivrés par les pays de l'UE depuis plusieurs années est à l'origine de l'accroissement de l'immigration illégale dans notre pays ». »
  • 2:49Invité politiqueFait
    « « Les Européens viennent de faire en créant la blue card. C'est écrit en européen – donc vous le voyez –, c'est-à-dire en américain. « The European Union welcomes highly educated professionals ». » »
  • 3:32Invité politiqueFait
    « « L'UE organise désormais le pillage des pays du Sud de leurs highly educated professionals. » »
  • 4:10Invité politiqueChiffre
    « « Selon certains calculs que j'ai vus passer, on estimait ça à 200 000 €, 250 000 €. » »
  • 6:03Invité politiquePromesse
    « « Il faut que la France dénonce juridiquement de nombreux articles des traités européens, notamment les articles 67, 77, 79 du TFUE. » »
  • 11:13Invité politiqueFait
    « « Un producteur de cacahuètes va dire : « Il faut mettre un ruban de cacahuètes sur le bord du toit de votre voiture. Ça sera obligatoire », etc. » »
  • 13:15Invité politiqueChiffre
    « « Il y a des milliers, des dizaines de milliers d'instituts de lobbying qui sont d'ailleurs accrédités à Bruxelles pour nous vendre ça. » »
  • 17:47Invité politiqueFait
    « « La Commission européenne, par sa décision du 5 mai 2007, a décidé d'autoriser l'huile de moteur à hauteur de 10%. » »
  • 55:40Invité politiqueFait
    « la Commission européenne, que l'UE vise à placer constamment les entreprises dans les règles de concurrence »
  • 56:21Invité politiqueFait
    « l'ouverture du marché du gaz en France à JP Morgan ou à Goldman Sachs par le gouvernement Fillon »
  • 56:21Invité politiqueFait
    « les instructions venant de la Commission européenne et des traités, notamment l'article 106 »
  • 56:56Invité politiqueFait
    « la gauche, en ce moment, ne sait plus quoi dire, parce qu'ils sont en train de faire tout ce qu'ils reprochaient à Sarkozy et à Woerth de faire »
  • 56:56Invité politiquePromesse
    « il faut que la France dénonce juridiquement de nombreux articles des traités européens, notamment l'article 106 du TFUE »
  • 56:56Invité politiqueFait
    « les grandes orientations de politiques économiques, les GOPÉ »
  • 57:39Invité politiqueFait
    « toutes les politiques économiques des États de l'UE sont désormais fixées par la Commission européenne en vertu de l'article 121, des GOPÉ »
  • 59:35Invité politiqueChiffre
    « La politique décidée pour la France en 2003, c'était abaisser le déficit public sous la barre de 3% du PIB en 2004 au plus tard »
  • 59:35Invité politiqueFait
    « on nous demande de revenir à l'équilibre budgétaire »
  • 1:00:18Invité politiquePromesse
    « M. Hollande va probablement être obligé de supprimer le concept même de CDI »
  • 1:01:03Invité politiqueFait
    « réformer le marché du travail en simplifiant la protection de l'emploi et en imposant des schémas d'emploi et de carrière plus flexibles »
  • 1:01:03Invité politiqueFait
    « Il avait envisagé de faire des contrats de travail, des CDD à temps partiel de 7 heures par semaine »

Temps de parole

  • François Asselineau100 %

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François Asselineau

Alors cette affaire d'immigration, c'est vraiment le réceptacle de tous les populismes et des propos les plus ahurissants qui soient. Je rappelle cette déclaration qui a 10 ans, mais qui n'a pas (NDLR : pris) une ride, qui était M. Nicolas Sarkozy, qui à l'époque était ministre de l'Intérieur, dans le journal Le Monde, avait publié un point de vue qui était sur le thème « Pourquoi les sans-papiers ? ». Et voilà ce que disait M. Sarkozy. « Pourquoi des sans-papiers ? Voici 20 ans que la situation ne fait qu'empirer. L'augmentation massive du nombre des visas délivrés par les pays de l'UE depuis plusieurs années est à l'origine de l'accroissement de l'immigration illégale dans notre pays ».

Ministre de l'Intérieur qui dit que c'est de la faute des pays de l'UE qui délivrent des visas Schengen. C'est pas moi qui l'ai dit. C'est Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, 18 janvier 2003. Bon ! « Les visas Schengen de court séjour font l'objet de plus en plus fréquemment d'un véritable détournement de procédure ». Très bien. « Il convient, et le temps presse, de définir... »... « Le temps presse », c'était il y a 10 ans. « ...de définir au niveau européen une politique de l'immigration au mieux commune, mais au minimum qui ne serait plus contradictoire ». Parce qu'effectivement, les politiques sont complètement contradictoires entre les différents États.

C'est le schéma du blocage continuel. « En la matière, les chantiers sont innombrables ». Et M. Sarkozy termine sa prose en disant : « Contrairement à ce que je lis trop souvent, l'Europe est un atout dans la lutte contre l'immigration illégale et en aucun cas un handicap ». Alors excusez-moi, mais c'est pratiquement un cas pathologique, un cas psychiatrique. Il faut quand même que vous relisiez ce texte. C'est un article qui s'appelle : « Pourquoi les sans-papiers ? » dans Le Monde du 18 janvier 2003, où M. Sarkozy commence par dire que l'augmentation massive du nombre des visas délivrés par les pays de l'UE est à l'origine de l'accroissement de l'immigration illégale.

Donc c'est l'Europe qui est à l'origine des problèmes. Puisque avant, justement, il n'y avait pas ça. Et il termine en disant : « Contrairement à ce que je lis trop souvent, ... »... C'est-à-dire qu'il avait dû se lire, sans doute, le premier paragraphe. « ...l'Europe est un atout dans la lutte contre l'immigration illégale et en aucun cas un handicap ». Bon, écoutez, c'est vraiment se payer la tête du monde. On prend vraiment les gens pour des imbéciles. Voilà. On prend les gens pour des imbéciles. Je voudrais insister sur un aspect que je trouve également assez sordide dans ces questions d'immigration.

C'est que la Commission européenne veut singer les États-Unis, y compris dans leur côté de rapine sur le bien le plus précieux que possèdent les pays du monde, c'est-à-dire les gens qui sont chez eux. C'est-à-dire que – comme vous le savez – les États-Unis, comme une espèce d'économie négrière, ont décidé d'octroyer des green cards et ont fait de la sélection pour drainer des cerveaux. Eh bien c'est ce que les Européens viennent de faire en créant la blue card. C'est écrit en européen – donc vous le voyez –, c'est-à-dire en américain. « The European Union welcomes highly educated professionals ». Donc ça veut dire : « L'Union européenne accueille des professionnels hautement éduqués ».

C'est un copié-collé de cette green card. L'UE organise désormais le pillage des pays du Sud de leurs highly educated professionals. On a quand même quelque chose d'un cynisme inouï, parce que ça veut dire quoi ? Ça veut dire que tout simplement, des gens ont fait des calculs que ça coûte... Je crois que quelqu'un qui est licencié en droit ou licencié en maths, ça coûte à peu près 250 000 € à fabriquer. Parce qu'il faut avoir une maman qui est enceinte. Donc bon, il y a la Sécurité sociale. Ensuite, elle va prise en charge donc par la Sécurité sociale pendant l'accouchement et puis après, les premières années, les premiers mois.

Et puis ensuite, il va y avoir le bébé qu'il va falloir nourrir, loger, blanchir. Il va falloir des crèches. Il va falloir après ça une école maternelle, puis une école primaire, puis ensuite le collège. Et puis ensuite, il va falloir le lycée, et puis passer le bac, et puis ensuite éventuellement aller à la fac. Bon. Et puis pendant ce temps-là, ça va durer 20 ans, 22 ans à le nourrir, le loger, le blanchir. Bon. Et donc selon certains calculs que j'ai vus passer, on estimait ça à 200 000 €, 250 000 €. Pourquoi se gêner quand ça peut être gratuit ? On n'a qu'à en chercher au Sénégal. C'est ça, c'est ça, la politique d'immigration qui est voulue maintenant.

C'est aller piller les pays du Sud de ce qui fait leur seule vraie richesse, parce que si dans ces pays du Sud, vous leur prenez tous les highly educated professionals à qui s'adresse cette carte, eh bien tout simplement, vous les empêchez de se développer. Voilà le résultat de la situation. C'est pour ça que sur ces sujets, il y a besoin – à mon avis – d'une très grande explication et d'un grand partenariat avec les pays du Sud. On n'a pas à aller piller les pays du Sud. Voilà. C'est une honte. Donc il faut que la France... Si nous voulons maîtriser les flux migratoires afin de ne pas déstabiliser la société française...

Parce que par ailleurs, dans des sociétés où il y a des taux de chômage record, comme c'est le cas en France, il est évident qu'il y a assez facilement le bouc émissaire qui est tout trouvé, qui est les immigrés, qui viennent prendre les emplois. Donc ce n'est pas nécessaire non plus d'agiter la population sur ces questions. C'est un fait objectif. Donc si on ne veut pas déstabiliser la société française, la société des pays d'immigration d'autre part, eh bien il faut que la France dénonce juridiquement de nombreux articles des traités européens, notamment les articles 67, 77, 79 du TFUE. Alors on poursuit avec maintenant la raison n°6.

C'est qu'il faut protéger la santé publique et l'environnement. Je rappelais tout à l'heure au moment où je parlais de l'agriculture que les traités européens favorisent une agriculture hyper-productiviste. Donc de plus en plus de pesticides dans la consommation, parce qu'on en trouve constamment. Et donc on voit de plus en plus se développer des scandales sur les pesticides. Les traités européens imposent une agriculture hyper-productiviste, obligent les agriculteurs – du moins dans certaines zones – à utiliser de plus en plus d'engrais et de pesticides. On voit apparaître de la tératologie, c'est-à-dire des naissances avec des gens qui ont des malformations.

Vous savez que la qualité du sperme des hommes occidentaux est en chute libre. La capacité de se reproduire de la population est en chute libre. On incrimine de plus en plus d'ailleurs les pesticides, etc. Eh bien aucune réflexion n'est autorisée sur le sujet. Vous avez M. José Bové, qui fait des grandes proclamations. Mais il a créé un blog qui s'appelle « Paysans pour l'Europe ». Ce José Bové qui est paysan comme je suis moine tibétain, d'ailleurs. Vous le savez, puisqu'il s'appelle Joseph Bové. Ses parents étaient des chercheurs. Il a passé son enfance en Californie. Il parle parfaitement l'américain. Simplement, c'est au moment de l'affaire du Larzac qu'il y a eu sans doute...

Une agence de com' lui a dit de se faire le look d'Astérix. Bon. Mais M. José Bové, en tout cas, il est maintenant vice-président de la commission agriculture au Parlement européen. Ça, ça rapporte beaucoup beaucoup d'argent. C'est sûr. Pas mal. C'est pas mal. Et M. Bové, alors je l'ai entendu souvent gueuler contre les pesticides. Ça, c'est une chose. Mais faire le rapprochement entre ça et l'agriculture des traités européens, c'est une autre chose. Quant à expliquer – comme je le disais au début de cette conférence – que la probabilité d'avoir une Europe écologiste, c'est à peu près 1,2 seconde par trillion d'années, ça, vous ne l'entendrez jamais.

Et au contraire, il va passer sa vie à vous expliquer que si vous votez pour lui, vous aurez une Europe écologiste, comme si le fait d'élire un député écolo de plus au Parlement européen allait changer quoi que ce soit au vote des Britanniques, des Slovaques, des Chypriotes et autres. Bon. Alors l'UE oblige les États à introduire les OGM – vous le savez – suite notamment au lobbying de Monsanto et de BASF. Je vous ai expliqué au début de cette conférence qu'il n'y a pas de peuple européen et qu'il n'y a pas de changement politique possible, puisqu'on est en situation de cohabitation permanente. Donc nous sommes dans un truc où il n'y a aucun citoyen.

Les citoyens de l'Europe, ça n'existe pas. Ça n'existe pas, le peuple européen. On peut le dire. Ça n'existe pas. Bon. Donc en plus de ça, ça n'intéresse personne. Personne n'y va. Et donc la Commission européenne est peuplée de lobbyistes, c'est-à-dire des gens... C'est très très emmerdant d'aller à Bruxelles. Mais si vous êtes payé pour ça, vous y allez. Si c'est votre job, si vous êtes employé par Monsanto, vous allez voir le chef du bureau Tartemuche à la Commission, au Berlaymont, comme on dit à Bruxelles. Et puis vous allez lui apporter des dossiers en disant : « Voilà. Là, vous on a proposé... C'est un projet de directive. C'est génial. C'est formidable. Regardez tous les avantages ».

Tout le monde fait ça. Le lobby des ascensoristes, le lobby des gens... Vous savez qu'en permanence, si vous avez un appartement dans un immeuble, vous savez que maintenant tombent comme à Gravelotte des nouvelles réglementations, constamment. Alors il faut réparer tous les ascenseurs. Et puis après ça, sur les toits, sur les terrasses, faut mettre des garde-fous. Et puis après ça, il faut... Enfin il y a toujours un nouveau truc qui vient de sortir. Mais tout ça, c'est le fruit des lobbyistes qui sont à Bruxelles. C'est formidable. Vous allez voir des lobbyistes. Alors vous allez voir un chef de bureau, un burlingue au fond de...

Qui doit être – je sais pas, moi – letton, sa secrétaire étant espagnole et puis le chauffeur étant français, ou je sais pas quoi. Et puis ces gens-là sont payés d'ailleurs très grassement. Et puis vous leur donnez clé en main... Vous allez les voir en disant : « Écoutez, il y a un problème de fond dans la société française. C'est le problème des ascenseurs. Donc il faut absolument réformer tous les ascenseurs de France pour qu'ils soient à des nouvelles normes. Et d'ailleurs, – tiens – au fait, on a pensé à vous. Si ça vous intéresse, on fait un séminaire sur le problème des ascenseurs dans le monde occidental. Ça se passe aux Maldives. Vous pouvez venir avec votre épouse.

C'est pendant 15 jours, au moment de Noël et du jour de l'An. Ça vous intéresse ? ». C'est comme ça que ça se passe. Enfin j'exagère. Mais enfin, dans son essence, c'est comme ça que ça se passe. Voilà. Donc on a après ça des directives qui sont pondues. Alors évidemment, c'est assez fascinant. Vous allez faire votre lobbying. Et puis après ça, vous avez un marché de 450 millions de consommateurs qui doit changer ses ascenseurs ou qui doit... N'importe quoi. C'est comme ça, d'ailleurs, qu'il y a eu l'affaire – vous savez – des trucs, il faut souffler dans des ballons, là. Toutes les voitures doivent avoir ça. Et puis il faut avoir le gilet jaune.

Et puis demain, on va vous dire – je sais pas quoi, moi – qu'il faut mettre... Un producteur de cacahuètes va dire : « Il faut mettre un ruban de cacahuètes sur le bord du toit de votre voiture. Ça sera obligatoire », etc. Multiplié par x dizaines de millions de véhicules, vous multipliez votre chiffre d'affaires. Enfin voilà, c'est comme ça que ça se passe. Bon. Alors c'est ce qu'ont fait Monsanto et BASF, par exemple, qui sont constamment, constamment dans les lobbys de Bruxelles pour vendre ou pour promouvoir le maïs génétiquement modifié. En France, il y a en gros 80% – d'après les sondages – de Français qui sont contre les OGM.

Donc si la France était un pays souverain et indépendant, il n'y aurait pas d'OGM, tout simplement parce que les députés, ils se feraient malmener aux élections. Et ils n'auraient pas d'intérêt à cela, d'autant plus que si – comme nous le proposons dans notre programme – on interdit – nous – les activités de lobbying... Parce que maintenant, ça se développe en France. Vous avez des lobbyistes qui sont dans les couloirs de l'Assemblée nationale. Le lobbying, – je suis désolé – c'est une activité qui est une activité dont le nom américain est « lobbying » mais dont le nom français traditionnel était tout à fait autre chose. C'était « trafic d'influence ».

Ce sont des cabinets de trafic d'influence qui viennent derrière la démocratie pour imposer... Parce que tel ou tel lobby, tel ou tel grand groupe a de l'argent pour aller imposer à des élus de voter non pas comme le veut le peuple, mais comme le veulent ceux qui ont de l'argent et qui peuvent se payer ces lobbyistes. Ça s'appelle du trafic d'influence. Point. Donc nous, nous sommes contre le trafic d'influence. Mais ceux qui sont pour l'Europe, à commencer par M. Bové, Mme Joly, Mme Duflot et je ne sais pas qui, eh bien eux, ils sont en faveur d'un système qui est la porte ouverte aux lobbys. Il y a d'ailleurs un site internet qui s'appelle « Lobbyisme en Europe ». Je vous le recommande.

Le nombre... Il y a des milliers, des dizaines de milliers d'instituts de lobbying qui sont d'ailleurs accrédités à Bruxelles pour nous vendre ça. Évidemment, depuis que M. Bové est élu, il ne se passe rien, si ce n'est qu'on a de plus en plus d'ailleurs d'OGM qui sont transcrits en droit français. La Commission européenne, comme vous le savez, a décidé de réintroduire les farines animales, qui étaient pourtant responsables de la maladie de la vache folle. Donc ce sont ces produits délicats, ces mets raffinés qui sont constitués de carcasse, de charogne, de viande et d'os, ou de plumes de mammifères qui seront donnés à manger aux porcs, aux volailles et aux poissons.

C'était pourtant ce qui était responsable de l'ESB, l'encéphalopathie spongiforme bovine. Eh bien ça a été proposé par la Commission. Et le Parlement européen a approuvé la réintroduction des farines animales. Pour la petite histoire, il est intéressant de savoir que sur l'ensemble des députés français au Parlement européen, une très grande majorité des députés français ont voté non à cette réintroduction des farines animales. Il n'y en a que 8 qui ont voté oui, dont d'ailleurs M. Mélenchon. Et puis M. Jacky Hénin et M. Le Hyaric. C'est-à-dire 3 des 8 qui ont voté oui à la réintroduction des farines animales, ce sont les 3 des 5 députés du Front de gauche au Parlement européen.

Paraît-il qu'il faut pas le dire, parce que Mélenchon s'est fâché tout rouge en disant : « Oui, on s'est trompés ! ». Non. Il veut être président de la République. Alors s'il appuie sur le bouton nucléaire, il va dire : « Oui ! Ça va, je me suis trompé ! Ça suffit ! Arrêtez de me... ». Non. De qui se moque-t-on ? Être responsable, c'est : quand on est député, on fait un vote ou on le fait pas. Bon. Il paraît qu'après ça, après coup, il a dit... Il est revenu... « Non. En fait, on s'est trompés ». Non. Bon enfin ça, c'est la petite histoire. Simplement pour dire que ce sont les institutions européennes qui réintroduisent... C'est pas de la nourriture. C'est immonde !

Ce sont des déchets de carcasse, parfois des charognes trouvées dans les champs. Donc alors ils nous expliquent : « Mais oui, mais maintenant, ça va être passé à 180°C pendant x minutes ». Ce qui s'était passé, c'est qu'en Angleterre, il y avait une société qui avait pour faire des économies... Effectivement, au lieu de monter ça à 180°C, ils avaient monté ça seulement à 80°C. Ça n'avait pas tué tous les pryons. Très bien. Bah prions, c'est le cas de le dire. Prions que ça ne va pas recommencer, qu'un autre fabricant de ces farines animales ne va pas avoir la bonne idée de faire passer le chauffage de 180°C à 45°C.

En attendant donc, c'est comme ça que nous sommes en train de réintroduire ces farines animales, avec évidemment les conséquences sanitaires colossales qu'il y a eu derrière. Vous connaissez peut-être cette affaire qui était quand même assez extraordinaire, qui a été révélée par Le Canard enchaîné de mai 2007. Le groupe Saipol, le 21 avril 2007, n°1 français de la transformation des oléagineux, le propriétaire des huiles Lesieur, qui avait acheté des lots d'huile en Ukraine... Et puis ils ont fait des tests quand même pour voir quels étaient les produits qu'on leur livrait. C'était quand même naturel.

Et ils ont découvert que dans l'huile qu'ils avaient achetée, ils avaient acheté un lot donc d'huile en Ukraine. Sur les 2 800 tonnes d'huile livrées en France, qui étaient de l'huile végétale, pour faire de la friture, notamment des frites McDonald's, eh bien ils ont découvert qu'elles avaient été coupées de 19 tonnes d'huile de moteur. L'huile de moteur, c'est un hydrocarbure. Vous savez, c'est à peu près comme si on vous mettait du kérosène ou du fioul lourd, en gros. Et donc c'est évidemment absolument impossible pour la consommation humaine.

Donc ils ont saisi la Répression des fraudes en France, qui a mené son enquête et qui a découvert qu'il s'agissait en fait d'un lot de 40 000 tonnes qui avait été vendu à l'UE, à d'autres pays, notamment la France, donc à Saipol en France, mais aussi aux Pays-Bas, en Italie et en Espagne. Et on a donc découvert que sur les 40 000 tonnes, il y avait en fait 280 tonnes d'huile de moteur qui avaient été introduites en catimini. En gros, ils avaient fait... Vous savez, dans les garages, du côté de Kiev, ils avaient dû racler... — {Du public :} Le carter. — Voilà. Le carter d'automobiles. Vous savez, quand on fait la vidange de l'huile...

Ils avaient raclé ça pour mettre ça dans de l'huile végétale, et ça au consommateur. Non mais c'est dément ! C'est évidemment de la... C'est de la haute criminalité, quand même. Enfin les pays de l'Est sont quand même... Bon, c'est de la haute criminalité dont il s'agit. Eh bien ce qui s'est passé... Si je vous raconte cette histoire-là, c'est que la Commission européenne, par sa décision du 5 mai 2007, a décidé d'autoriser l'huile de moteur à hauteur de 10%. C'est pas moi qui le dis. On a ici par exemples les articles afférents. Pourquoi ? Parce que ce qui a prévalu, c'est toujours le même système, c'est-à-dire la libre circulation dans le marché intérieur. On remet pas en question...

Vous comprenez, ça risquait de créer des problèmes aux actionnaires de Saipol ou de je sais pas quoi. Et donc de façon exceptionnelle, la Commission européenne a autorisé l'huile de moteur, à hauteur de 10% donc, dans les mayonnaises, les plats cuisinés, la vinaigrette industrielle, etc. Voilà. Mais on se moque de qui ? Si nous avions été... Là comme tout à l'heure sur l'affaire des OGM. En France, ce truc était interdit. Il y avait le service de répression des fraudes. Donc normalement, en France, le lot était condamné. Et on pourchassait les gens. Voilà. En fait, de plus en plus... Et comme vous allez le voir et comme je l'ai crié, nous sommes en fait aux mains d'une mafia.

Les européistes, c'est un gang international. Faut nommer les choses telles qu'elles sont. Il n'y a plus aucun souci de quelque façon que ce soit en agriculture, en industrie, sur les questions... On va le voir en questions militaires, les questions de paix, les questions de consommation, de santé. La seule chose qui prime, c'est partout et toujours la loi du fric et l'omerta général. On se protège. Voilà. Alors l'UE a refusé d'introduire et même d'étiqueter la consommation de viande clonée. C'était des députés allemands qui avaient demandé que l'on puisse préciser aux gens... Parce que vous savez que maintenant...

Enfin vous savez ou vous ne savez pas que désormais, les cochons sont de plus en plus clonés. C'est-à-dire ils ne passent pas par la case fécondation. Enfin c'est une fécondation... Je sais même pas si c'est une fécondation in vitro. Non, c'est du clonage. Et donc certains députés allemands disaient : « Ça serait sympa quand on achète une tranche de jambon de savoir si c'est un vrai ou si c'est un cloné ». Bon. Eh bien la Commission européenne a donc répondu qu'elle était hostile. Elle a interdit la proposition d'interdiction de la consommation de viande clonée, puisque certains voulaient interdire ce type de viande. Mais elle a interdit également l'information des consommateurs !

C'est-à-dire qu'il est interdit... C'est comme tout à l'heure. De même qu'elle assure l'absence de contrôle aux frontières, elle assure l'absence d'information des consommateurs pour savoir si vous mangez un porc cloné. Alors par ailleurs, on a eu l'affaire de la grippe porcine. Vous savez, c'est ces histoires de grippe qui reviennent régulièrement. D'ailleurs, je l'avais annoncé... Ceux qui me suivent depuis un certain temps pourront constater que là encore, ce que j'avais dit se révèle exact, puisque je faisais remarquer qu'il y a une espèce de rythme triennal. Rythme triennal, puisqu'on a dans la saison 2005-2006...

On a d'un seul coup d'un seul expliqué aux populations du monde entier qu'il y avait un risque terrible qui était en train de se répandre, qui était le risque de la grippe aviaire. Alors vous aviez des informations qui arrivaient de la banlieue de Mexico. On vous apprenait qu'il y avait eu 52,3 personnes qui étaient mortes de la grippe aviaire. Après ça, c'était dans un chenil avec des dindons en Indonésie, où il y avait eu 17 morts. Alors tout ça circulait à toute allure. Personne ne pouvait vérifier d'ailleurs l'authenticité de ces informations.

On sait maintenant après coup que c'était faux, puisque tout ça était coordonné par Hill & Knowlton, qui est une des grandes entreprises de désinformation mondiales, avec Burson-Marsteller. Ce sont les deux grandes entreprises spécialisées dans la désinformation et la circulation de fausses nouvelles, qui appartiennent à un groupe américain, qui s'appelle WPP, qui possède également l'entreprise de publicité Ogilvy & Mather qui avait été chargée de lancer médiatiquement Mme Ségolène Royal à partir de 2006 dans le but de faire élire M. Sarkozy. Mais ça, c'est une autre histoire. Eh bien donc à partir de 2005, on a eu d'un seul coup d'un seul la grippe aviaire.

Et d'un seul coup, on a dit : « Il y a un remède, un seul remède. C'est le Tamiflu ». Le Tamiflu, fabriqué par les laboratoires Roche. On a appris ensuite que le brevet du Tamiflu était fait par le petit laboratoire pharmaceutique américain qui s'appelle Gilead Sciences, qui ne possède que 10 brevets. C'est un tout petit labo. Mais il se trouve que parmi ses actionnaires figure M. Donald Rumsfeld, qui était à l'époque au gouvernement américain, ancien ministre de la Défense. Donc c'est vraiment du grand banditisme, ce dont on parle. Donc une grande campagne d'information mondiale avait été lancée pour paniquer les populations et pour acheter du Tamiflu.

Et le Tamiflu, donc, en France, a été relayé par l'UE sur la grippe aviaire. Donc ça a duré... La France, à l'époque, a acheté des quantités de doses de Tamiflu. C'est M. Dominique de Villepin qui, Premier ministre, a fait acheter pour – je sais plus combien – 30 millions de doses de Tamiflu. Ça a coûté – je sais plus combien – quelque chose comme 1 milliard d'euros à la collectivité nationale. Ça n'a servi à rien, puisqu'il n'y avait pas du tout d'épidémie. En tout cas, c'est allé dans les caisses du laboratoire Roche, laboratoire pharmaceutique dont on dit d'ailleurs – vous savez – qu'il joue un certain rôle dans l'enrichissement de M. Cahuzac. Bon.

En attendant, ce laboratoire Roche a dû lui-même financer certainement Gilead Sciences. Le problème, c'est que ce Tamiflu... La durée de vie des doses, c'est environ 1 an, 1 an et demi. Donc la France a acheté ça, mais tous les pays d'Europe sur instruction de l'UE. Et puis après ça, évidemment... On achète ça en 2006. Et puis au bout de 2 ans, le truc est périmé. Donc qu'est-ce qu'il faut faire ? Bah faut relancer la machine. Donc vous aviez aimé la grippe aviaire de 2005 et 2006, vous allez adorer la grippe porcine de 2009-2010. Et donc rebelote. En septembre 2009, la Commission européenne a incité les États à acheter en commun des vaccins contre le virus H1N1.

Voilà comment ça s'est passé. Et quand j'expliquais ça voici 2 ans, je disais : « Vous verrez. En 2013, on va avoir l'encéphalite des dindons ». C'est pas l'encéphalite des dindons. Mais vous avez vu que la presse bruisse en ce moment d'une nouvelle grippe aviaire ou porcine. Alors paraît-il qu'il y a eu 20 morts, 25 morts en Chine. Personne n'est allé vérifier ça. Mais on nous ressort le H1N1. Bah oui, tous les 3 ans. C'est un marronnier, comme on dit dans le métier. C'est-à-dire que tous les 3 ans, on va nous expliquer qu'il faut acheter du Tamiflu. Alors je signale à ce propos que la santé publique relève de l'article 168 du TFUE, la protection des consommateurs l'article 169.

Alors on vous fait un truc style Constitution Staline de 1936. « Un niveau élevé de protection de la santé humaine est assuré dans la définition et la mise en œuvre de toutes les politiques et actions de l’Union ». Ça, c'est le genre de truc pipeau. Vous voyez comment au concret, tous les cas que je viens de vous montrer, c'est faux. Ce qui est beaucoup plus important, c'est dans l'article 169, qui précise que tout ce qui concerne la protection des consommateurs s'exerce dans le cadre de la réalisation du marché intérieur. « La réalisation du marché intérieur », c'est un mot codé dans la novlangue des européistes, de cette organisation mafieuse internationale. Ça veut dire le business.

C'est-à-dire que toute mesure qui empêcherait de faire du business et dégager le maximum de fric à l'intérieur de l'Union ou à l'extérieur doit être bannie. Donc à chaque fois que vous avez ça, ça veut dire : « Tout ce qui précède est évidemment sous réserve que ça ne nuise pas aux affaires ». La raison n°6 de sortir de l'Europe, c'est que si nous voulons protéger notre santé, notre environnement, alors il faut que la France dénonce juridiquement de nombreux articles des traités européens, notamment les articles 168 et 169 du TFUE. La raison n°7, c'est d'arrêter le pillage de notre patrimoine national et rétablir de puissants services publics à la française.

Je rappelle qu'il y avait un chef d'État en France il y a déjà un certain temps, en 1965, qui s'appelait Charles de Gaulle, qui avait compris dès le milieu des années 60 le système de racket généralisé que nous allions subir si nous laissons les Américains faire avec le système du dollar, puisque les Américains avaient imposé à l'issue de la Seconde Guerre mondiale une monnaie qui serait acceptée dans le monde entier comme monnaie de règlement et de réserve. Et la contrepartie, c'était que cette monnaie devait être assise sur un stock d'or qui en assurait la valeur.

C'était ce qu'on appelait les accords de Bretton Woods avec le Gold Exchange Standard, enfin l'étalon de change or sur la base d'une once d'or, c'est-à-dire 31,1 grammes = 35 dollars l'once. Ça empêchait donc les Américains de publier, de faire autant de monnaie qu'ils le voulaient. J'en ai parlé tout à l'heure. Il avait donc exigé le respect de cet étalon de change or dans une célèbre conférence du (NDLR : 4 février 1965), parce que c'était l'époque où, suite à Kennedy puis Johnson, les Américains intervenant de plus en plus massivement au Vietnam, dégageaient des déficits de plus en plus importants, y compris des déficits commerciaux et donc émettaient du dollar.

Le déficit budgétaire de l'État américain amenait à la création monétaire. Et il y avait de plus en plus de dollars émis, qui étaient complètement déconnectés des valeurs de l'or qui est détenu à Fort Knox. Bien. Donc De Gaulle, conseillé par Jacques Rueff, avait compris que si on laissait les Américains agir de la sorte, eh bien on pourrait leur donner un pouvoir mondial, puisqu'ils avaient la monnaie mondiale. Et s'ils peuvent en fabriquer autant qu'ils en veulent, qu'est-ce qui pourrait les empêcher ? Alors du temps de De Gaulle, les Américains s'étaient tenus à peu près, n'avaient pas abusé. Mais De Gaulle meurt le 9 novembre 1970.

Et quelques mois après, les Américains brisent les accords de Bretton Woods, le 15 août 1971. Voilà. C'est Nixon qui dit : « President Nixon makes the historical announcement that the United States will stop redeeming dollars for gold », c'est-à-dire que le président Nixon fait l'annonce historique que les États-Unis vont cesser la libre convertibilité du dollar en or. Alors ce qui s'est passé, c'est un coup d'État planétaire d'une importance absolument exceptionnelle. C'est exactement ça.

Depuis 1971, la situation des États-Unis est exactement comparable à celle d'un particulier qui serait assez fort pour imposer de payer tous ses achats avec des chèques sans provision et pour interdire aux commerçants de présenter des chèques émis à sa banque. C'est de ça qu'il s'agit. Ils émettent du dollar en veux-tu en voilà. Et tout le monde est obligé d'accepter, parce que c'est la monnaie internationale d'échange et de réserve. Donc c'est exactement comme si je vous donnais ce pouvoir.

Donc si je vous donne le pouvoir d'avoir un chéquier magique où vous pouvez tout acheter sans qu'il n'y ait rien sur votre compte, mais que les vendeurs sont obligés d'accepter et ne peuvent pas ensuite se plaindre, puisqu'ils ne peuvent pas porter le chèque à l'encaissement, qu'est-ce que vous faites ? Ce que vous faites, c'est que dans un premier temps, vous allez y aller mollo. Vous allez dire : « Est-ce que cette arnaque va marcher ou pas ? Est-ce que je le fais ou pas ? ». Alors on commence à petits pas. Donc vous allez acheter une Clio. Vous allez chez le concessionnaire Renault de Pontarlier et vous lui achetez une Clio. Pof ! Il est obligé. Ça marche. Bon, c'est pas mal.

À ce moment-là, vous avez votre conjoint qui dit : « Oui, c'est une Clio, c'est bien gentil. Mais enfin, une Mercedes, ça aurait été mieux ». À ce moment-là, vous allez acheter une Mercedes. Ça marche. Après, vous allez acheter un studio. Puis après, vous allez acheter un cinq-pièces. Puis après, vous allez acheter une villa à Saint-Barthélémy ou un palais vénitien, et puis etc., etc. Vous pouvez acheter... Qu'est-ce qui vous empêche de vous arrêter ? Donc nous sommes dans cette situation. Cette situation qui a quand même une petite contrepartie. C'est que les vendeurs gardent les chèques que vous leur avez faits.

Et comme ces chèques, par définition, c'est dollars et qu'on peut payer tout dans le monde, les vendeurs peuvent aussi acheter avec ces chèques quelque chose. Et en particulier, peuvent venir vous revoir en disant : « Je vais acheter des choses chez vous », ce que sont en train de faire les Chinois. Et on peut quand même difficilement... Les Américains sont quand même assez gênés de refuser de vendre des choses qui leur appartiennent en dollars. Quoiqu'ils l'ont quand même fait, puisque lorsque les Chinois veulent racheter par exemple par pans entiers Unocal, une société de pétrole de Californie, les Américains ont dit non. Et pourquoi non ? C'est contraire à toute la mondialisation...

« Non ». Ego dominor leo, comme on dit dans les... Ça veut dire : parce que je suis le lion. Voilà. Parce qu'il y a un moment à partir duquel les règles du libre-échange, ça, c'est bon pour ces gogos d'Européens. C'est comme ça que ça marche chez McDonald's. Alors les Américains ont ainsi cru trouver la pierre philosophale de l'enrichissement sans fin et du pouvoir mondial. Vous savez ce que c'était, la pierre philosophale, au Moyen-Âge. C'était l'idée qu'on puisse fabriquer de l'or à partir de formules chimiques.

Le problème qui s'est quand même posé, c'est que si vous pouvez potentiellement tout acheter dans le monde du fait d'une puissance financière illimitée, vous avez encore un problème. C'est qu'il faut que les États étrangers ne vous opposent pas des obstacles réglementaires à la vente. C'est comme si vous alliez avec votre chéquier – par exemple – magique. Vous pouvez tout acheter. Mais vous n'avez pas le droit d'acheter du cannabis ou d'acheter de l'opium, parce que c'est interdit par les réglementations. Donc qu'est-ce que vous faites, comme vous avez plein d'argent ?

Si vous voulez acheter absolument du cannabis et que vous n'avez pas envie de vous faire arrêter par la police, comme vous avez plein plein plein plein plein d'argent, vous allez payer des journalistes, des médecins, des cabinets d'influence pour dire : « Non. Le cannabis, c'est formidable. Qu'est-ce que c'est que ces histoires d'interdire le cannabis ? L'opium, n'en parlons pas. C'est un mets de choix ». Alors c'est ce qui s'est passé non pas sur les stupéfiants, mais les Américains avaient beaucoup d'obstacles qui s'opposaient à l'utilisation maximale de ce pouvoir sans fin. En 1971, il y avait beaucoup d'obstacles à la vente.

Il y avait d'abord la guerre froide et l'existence d'un camp socialiste fermé sur l'étranger. Il y avait d'autre part le contrôle des changes et le contrôle des mouvements de capitaux dans chaque pays occidental. J'en ai parlé tout à l'heure. Et il y avait enfin les droits commerciaux réglementant les échanges de marchandises et de services qui protégeaient certains secteurs industriels. Donc les Américains ne pouvaient pas tout acheter. Ils pouvaient pas acheter par exemple une usine ou installer une usine en Chine. Ils pouvaient pas acheter une usine en Russie, en Union soviétique. C'était interdit par les Chinois, par le gouvernement soviétique, etc.

Ils pouvaient même pas acheter facilement des objets en France, puisqu'il y avait le contrôle des changes. Alors c'est très ennuyeux. Donc qu'est-ce qu'ont fait constamment les Américains ? C'est d'avoir des campagnes constantes médiatiques, etc. pour expliquer qu'il fallait qu'il y ait la mondialisation inévitable, c'est-à-dire le démantèlement de tout ça au nom d'une prétendue fatalité cosmique – n'est-ce pas ? – qui était : « Ah bah oui, il y a la mondialisation. On n'y peut rien ». « Ah bon ? ». « On n'y peut rien ». « Ah bon ? Pourquoi ? ». « On n'y peut rien ». Donc tout ceci s'est traduit par quoi ? L'invention de la politique de mondialisation inévitable au moment...

Bien entendu, avant, il y avait quand même un contrepoids qui était l'Union soviétique. Mais lorsque l'Union soviétique s'est effondrée en 1991, les États-Unis d'Amérique, c'est-à-dire en fait non pas le peuple américain, qui souvent est lui-même bien embarrassé par la situation, mais l'aristocratie des affaires, l'oligarchie financière euro-atlantiste, comme je l'appelle, c'est-à-dire américaine et qui a également toutes ses entrées à la Commission européenne... Donc d'un côté (NDLR : M. Mickey Kantor), le US Trade Representative, et de l'autre côté M.

Sir Leon Brittan, le commissaire européen chargé des négociations commerciales multilatérales, sont tombés d'accord en 1993 sur un accord qui s'appelle l'accord dit de Blair House, qui a débloqué l'accord qui était en suspens depuis quelques années, l'accord du GATT, dit du cycle de l'Uruguay, et a abouti à la création de l'OMC et des accords de Marrakech du 15 avril 1994, au nom desquels – tout simplement – on a décidé d'un seul coup d'un seul que c'était – comme la fin de la guerre froide le permettait – le démantèlement du camp socialiste.

Le contrôle des changes a été supprimé, le contrôle des mouvements de capitaux en Europe sous la pression des institutions européennes et des campagnes de presse. Je rappelle que c'est quand même le gouvernement socialiste, c'est M. Bérégovoy qui est le responsable en chef de ces démantèlements. Je rappelle que le traité de Maastricht a été signé par François Mitterrand, président de la République, et Roland Dumas, ministre socialiste des Affaires étrangères. J'ai d'ailleurs une fois déjeuné avec lui. Et je lui dis : « Mais attendez, c'est quand même une grosse connerie ». Et il me dit : « Mais je suis bien d'accord. Mais je voulais pas le signer ! ». Alors je lui dis : « Mais enfin...

Bon, mais... Et pourquoi donc l'avez-vous signé ? ». Il m'a dit : « C'est parce que c'est Mitterrand qui me l'a demandé. D'ailleurs, moi, j'étais contre. Quand j'étais député en 1957, j'ai voté contre le traité de Rome ». (Bruit de bouche). Voilà. Si M. Roland Dumas m'écoute, je suis prêt à discuter avec lui. Mais je pense qu'il confirmera mes dires. C'est la vérité. En tout cas, c'est ce qu'il m'a dit. En attendant, voilà ce qui s'est passé. C'est-à-dire que nous avons donc décidé... Nous, c'est pas nous. C'est le traité de Maastricht. L'ensemble des pays d'Europe a donc décidé sous ces pressions de... On a dit : « C'est la mondialisation inévitable. C'est dû à Internet ». Ah bon ?

Et pourquoi ? Avant, on avait eu les Boeing 747, la télévision, les satellites. Il n'y avait pas eu de mondialisation inévitable. Et on peut interdire tout ce que l'on veut avec Internet. Il y a plein de choses que l'on peut interdire sur Internet. Donc ça n'a rien à voir. Mais on a utilisé l'outil internet pour faire croire qu'il allait falloir d'un seul coup tout déréglementer. Donc on a mis fin au contrôle des changes. C'est le fameux article 63 : toute restriction aux échanges de mouvements de capitaux est interdite.

Et puis les droits commerciaux réglementant les échanges, eh bien ça a été le démantèlement des droits commerciaux réglementant les échanges de marchandises et de services, grâce à la complicité des institutions de Bruxelles puis grâce à l'OMC réunie à Marrakech. On est passés de 3 feux rouges à 3 feux verts. Le résultat des courses, eh bien c'est ça. C'est que les États-Unis ont pu acheter, acheter, acheter, et développer leur déficit, leur dette, leur endettement à la fois public, privé, du secteur financier et ménages dans des proportions phénoménales. Cette courbe, elle est assez intéressante. Elle vient de chez Bloomberg. Elle a été reprise...

Ici, je l'ai reprise sur le site d'Olivier Berruyer « les-crises.fr ». Elle est un peu mieux faite que la courbe que j'avais trouvée moi-même sur Bloomberg, qui était quelques années auparavant. Donc on voit quoi ? C'est une courbe qui est intéressante, parce qu'elle commence en 1915, jusque donc en 2011. Donc c'est sur une très très longue période. C'est sur un siècle. Et on voit qu'on a eu donc l'ensemble de... L'endettement de la société américaine était aux alentours de 150% : ménages, entreprises non financières, administrations publiques et entreprises semi-publiques, a fait un boom jusqu'à la crise des années 20, en atteignant à peu près 270%, puis a rebaissé.

C'était justement dans la Seconde Guerre mondiale. Et ça, c'est l'effet de la morsure – si j'ose dire – des accords de Bretton Woods, c'est-à-dire la nécessité de ne pas créer de dollars en veux-tu en voilà, parce qu'il y avait le lien avec l'étalon de change or. Et c'est à partir de 1971 et de la fin de l'étalon de change or que l'on va assister à cette explosion phénoménale de l'endettement, endettement de tous les compartiments financiers. C'est l'endettement à la fois des administrations publiques, mais aussi des entreprises semi-publiques, ce qu'on appelle les GSE aux États-Unis, du secteur financier, des entreprises non financières et des ménages.

Au passage d'ailleurs, on insiste continuellement aussi bien en France que dans tous les pays du monde sur la dette publique. On vous dit : « La dette publique », « la dette publique », « la dette publique », « la dette publique ». C'est comme si c'était quelque chose d'effrayant. Mais vous voyez bien qu'aux États-Unis, la dette publique est certes très importante – elle représente à peu près 150% du PIB –, mais la dette des ménages, des entreprises, elle, représente 250% du PIB. C'est-à-dire que tous les acteurs économiques aux États-Unis sont endettés, et hyper-hyper-hyper-endettés.

Donc c'est une économie d'hyper-endettement qui montre à quel point, d'ailleurs, nous sommes en face d'un privilège dollar qui, là, ne vaut plus rien. D'ailleurs, en 1971, une once d'or valait 35 $. Aujourd'hui, une once d'or vaut à peu près 1 600 $, ce qui veut dire que le dollar a perdu par rapport au prix de l'or actuel à peu près 98% de sa valeur, sachant que les cours de l'or actuels sont manipulés et que s'ils n'étaient pas manipulés, ils vaudraient certainement bien davantage encore.

Je signale donc que le total de l'endettement public et privé américain a dépassé 400% du PIB en 2009, pourcentage énorme et très largement supérieur à celui qui avait été atteint lors de la grande crise des années 30. Je signale également que la France, en dépit du track record formidable de M. Sarkozy, qui a augmenté de 600 à 700 milliards d'euros notre dette publique, l'endettement total de tous les agents économiques en France, en dette publique plus ménages plus entreprises, est de l'ordre de 240% du PIB. Il est vrai que M. Sarkozy a fait très fort, parce qu'il y a encore quelques années, on était à 150%. Mais même à 240%, la situation est... La situation est très préoccupante.

Ça, c'est vrai. Mais vous voyez que nous, on nous dit qu'effectivement, c'est la fin des haricots. Mais les États-Unis à 400%, personne n'en parle. D'ailleurs, ce sont en général des ultralibéraux qui nous disent qu'ils veulent tailler dans le vif des dépenses publiques, comme si c'était encore une fois seulement l'État. D'abord, les dépenses publiques, en France, c'est pas seulement l'État. C'est les collectivités locales. C'est notamment tous ces organismes décentralisés : les départements, les conseils régionaux, conseils généraux, paraît-il qu'on n'a pas le droit de critiquer. Sinon, on est un affreux jacobin.

Mais l'envol des dépenses des collectivités locales a été considérable depuis la décentralisation. Mais en plus de ça, il y a aussi les endettements des ménages et des entreprises qui, d'ailleurs, sont assez faibles en France, puisque les ménages français sont relativement peu endettés. C'est parmi les moins endettés du monde occidental. Voilà. Donc notre situation financière est mauvaise. Mais que dire, que dire de celle des États-Unis d'Amérique ? Je vous renvoie à notre Charte fondatrice approuvée le 25 mars 2007. Vous trouverez en page 2 ce diagnostic.

C'est-à-dire qu'en réalité, s'il y a un pays qui est en faillite, c'est d'abord les États-Unis d'Amérique, que l'on nous présente pourtant comme le modèle à suivre à tout instant. Alors pourquoi ne cessait-on pas de nous dire que la France est en faillite – on continue, d'ailleurs, de nous le dire – et qu'il faudrait prendre modèle sur les Américains ? Rappelez-vous tous ces ouvrages : « La France en faillite, les chiffres pour comprendre », « Mille milliards d'euros », le rapport Camdessus, le rapport Pébereau, « La France en faillite », « La France en faillite ». Bon, pourquoi tout ceci ?

Pourquoi dire que la France est en faillite et pas dire que si la France est en faillite, les États-Unis sont en liquidation des biens ? Eh bien c'est parce que des appétits puissants y ont intérêt. Quand vous ne comprenez pas quelque chose, quand quelque chose vous paraît illogique, c'est qu'il y a quelque chose à comprendre. Il y a une logique qui vous échappe. Mais il y a une logique. Donc il y a des intérêts puissants qui sont derrière. L'objectif, c'est quoi ? Eh bien l'objectif, c'est de forcer les peuples à vendre leur patrimoine. Parce qu'une fois que vous avez fait sauter toutes les réglementations, il y a encore un dernier obstacle qui résiste. C'est si vous ne voulez pas vendre.

Je prends souvent cet exemple d'une vieille dame que je connais dans une station balnéaire de Bretagne, très vieille dame qui a plus de 100 ans et qui possède un manoir au bord d'une falaise, avec une vue à 180° sur la Manche, avec une quasi plage privée. Vous savez qu'il n'y a pas de plage privée en France. C'est interdit par la loi. Mais dans certains cas de configuration, si les rochers sont très escarpés, le grand public ne peut pas y aller. Donc vous avez quasiment une plage à vos pieds. Plusieurs hectares de terrain, enfin un truc inouï qui a été construit en 1895 ou 1900 à la Belle Époque en granit de Bretagne, un truc absolument somptueux. Ça vaut... Je sais pas combien ça vaut.

Ça vaut sans doute plusieurs dizaines et dizaines de millions d'euros. Bon. Cette vieille dame est très âgée. Elle a plus de 100 ans. Et elle voit très régulièrement donc des agences immobilières qui viennent lui faire des offres : des Américains, des Saoudiens, des gens disant : « Votre prix sera le nôtre ». Et cette dame a beaucoup de... Elle ne veut pas vendre ! Ce qui peut se comprendre, puisqu'elle a passé sa vie là-dedans. Elle a cent et quelques années. Bon, on peut comprendre qu'elle ait pas envie de vendre. Ça ne l'intéresse pas de voir son manoir être vendu à un magnat de Hong Kong ou bien un golden boy de New York. Elle ne veut pas vendre.

Donc qu'est-ce que vous faites face à quelque chose comme ça, dans un cas comme ça ? Vous avez que 2 solutions. Première solution : vous allez avec mamie au bord de la falaise. Oh, comme elle est jolie, et pouf ! Oh, quel coup de vent ! Ça, c'est l'invasion de l'Irak. C'est l'invasion de l'Irak. Ce sont les guerres fondées sur... Vous basculez directement dans la criminalité pour aller piquer les réserves en hydrocarbures. Voilà. C'est Halliburton. C'est exactement ça. Puis la deuxième façon, c'est : si vous êtes quand même un tout petit peu plus gentleman, à ce moment-là, vous allez voir mamie et vous lui dites : « Mais mamie, est-ce que je pourrais regarder tes comptes ? ».

Et puis alors, mamie, elle est un petit peu fatiguée. Elle est très très âgée. Et puis on dit : « Mais mamie, t'as pas payé tes impôts fonciers. T'as pas payé ta taxe d'habitation et ta taxe foncière ». Alors elle dit : « Comment ? ». « Oui, ta taxe d'habitation, ta taxe foncière n'est pas payée ». Alors à ce moment-là, elle prend peur. Et alors elle dit : « Ah, c'est vrai ? Mais qu'est-ce qui va m'arriver ? ». Parce que mamie, elle respecte la loi. Et alors on lui fait peur : « Mais mamie, t'es hyper-endettée. Tu te rends pas compte ? T'es en faillite, mamie. Malheureusement, je vois pas d'autre solution. Il va falloir que tu vendes ». « Ah bon ? ». Et là, vous la paniquez.

Et elle se met à vendre. Alors ça, c'est exactement ce qui se passe en Europe. Nous, on n'a pas le droit au schéma de la falaise, donc on pousse. Ça, c'est le schéma Irak, Libye, etc. Nous, on a droit au schéma : faire paniquer les peuples. Vous êtes en faillite, donc il faut que vous vendiez dare-dare votre truc. Et donc c'est pour ça que vous avez un aspirateur à dollars, et qu'on vend, et on vend, et on vend, au motif que nous serions trop endettés. On vend à des fonds de pension qui sont gorgés de liquidités aux États-Unis. Il y en a plus de 100 qui ont des dizaines de milliards de dollars. Or, le dollar, là-bas, c'est une monnaie qui est quasiment virtuelle.

Et donc nous vendons des patrimoines. On privatise les unes après les autres les entreprises publiques. On vend les hôtels particuliers, etc., etc. pour prétendument désendetter. C'est comme ça. C'est exactement dans mon exemple de tout à l'heure... M. de Villepin a vendu les autoroutes publiques françaises pour 11 milliards d'euros à Vinci. Mais au bout du compte, il va y avoir derrière des fonds d'investissement anglo-saxons. C'est-à-dire qu'au bout du compte, on fait ça alors que l'État d'où ça vient majoritairement est beaucoup plus endetté que nous. Je sais pas si vous voyez un petit peu le tour de bonneteau que ça représente.

Un exemple que j'ai souvent à l'esprit, qui est celui de American Funds, Capital Research and Management. C'est donc un fonds qui gère les pensions de tous les fonctionnaires de Californie. Eh bien ils ont acheté des parts dans Veolia, dans Vivendi. Donc Veolia ou Vivendi, c'est l'ancienne Lyonnaise des eaux et Générale des eaux. Dans Thales, dans Schneider Electric, dans Michelin, dans Bouygues et puis dans Accor, entre autres choses. Comme je le dis, comme vous savez que Bouygues possède TF1, ce que je vous dis là, vous ne risquez pas de l'entendre sur TF1. TF1, non, c'est Koh-Lanta.

Donc ayant acheté ceci, eh bien vous avez l'exemple ici par exemple des réseaux d'adduction d'eau, avec cet exemple que je connais bien puisque j'étais élu de Paris, qui était l'évolution du prix de l'eau à Paris en francs. Donc avant, on avait une gestion municipale. À partir de 1986, suite à d'incessantes campagnes qui ont eu lieu en France où on a dit : « Tout ce qui était public, entreprises publiques ne valait pas un clou », « C'était mal géré par définition », etc., etc., il n'y avait que le privé. Donc sous M. Chirac maire de Paris, on a fait de la délégation à des gestionnaires privés.

Résultat des courses : depuis que la gestion municipale de l'eau a été déléguée à des gestionnaires privés, le prix de l'eau a augmenté de 1986 à 1996 de plus de 300% à Paris. Je peux vous signaler... Moi, je vis à Paris. C'est toujours la même eau. Rien, rien n'a changé. Le pire, c'est qu'en plus de ça, les adjudicataires de ces marchés privés ont refusé ensuite de faire ce à quoi ils étaient astreints par les marchés, c'est-à-dire de changer les tuyauteries où il y avait du plomb, parce qu'il y a de nouvelles réglementations européennes pour la lutte contre le plomb, cf. le chapitre précédent.

Et donc en définitive, c'est encore la puissance publique qui devait faire la modernisation des réseaux d'adduction d'eau. Voilà. Donc qu'est-ce qui se passait ? Eh bien en définitive, on voit bien que le résultat de cette espèce de tour de passe-passe, c'est que l'intérêt des retraités américains qui avaient investi leur fonds de retraite dans Capital Research... C'est que les dirigeants des entreprises privées auxquelles a été servi le service public augmentent sans arrêt le prix de l'eau facturée aux Parisiens, de façon à recevoir des dividendes de plus en plus confortables. Je vous parlais tout à l'heure du péage autoroutier. C'est pareil.

Si vous prenez un bain, eh bien chaque bain, vous pouvez avoir une pensée émue pour Mme Jackson au bord de sa piscine à San Diego, California. Voilà. Alors c'est pas tout à fait vrai, parce que quand j'étais conseiller de Paris en non-inscrit, j'ai fait un peu sensation, puisque prétendument, j'étais quelqu'un de droite... J'ai fait un peu sensation en 2007 – je crois – en réclamant la remunicipalisation de l'eau de Paris. Alors évidemment, ça a fait sensation, parce que tout l'hémicycle se demandait quel était ce zombie qui mettait les pieds dans le plat. Mais il faut avouer que M. Delanoë a fini ensuite par... J'étais pas du tout de la majorité de gauche. Mais M. Delanoë, lors de...

Après, j'étais plus conseiller de Paris. Mais le mandat suivant, il a remunicipalisé l'eau de Paris, d'ailleurs à la satisfaction générale. Ce que je trouve intéressant, c'est qu'il y a... L'Histoire n'est jamais univoque. L'histoire qui voudrait qu'il faut absolument tout privatiser... Je vois que ces jours-ci... On a appris hier – je crois – ou avant-hier que M. Montebourg, maintenant, veut privatiser à son tour. Mais M. Montebourg, comme je l'ai déjà dit 50 fois dans cette conférence, il ne fait qu'appliquer les directives européennes. C'est pas un homme d'État. C'est rien, M. Montebourg. C'est une marionnette. Voilà.

D'ailleurs, c'est pour ça qu'il s'est mis – vous savez – avec son T-shirt, là. Voilà. Mais c'est rien. Ça n'est rien. En réalité, ce qu'il faut, c'est gérer ça dans l'intérêt du peuple français ou des contribuables. Et quand un système... Il faut avoir aucune vision – à mon avis – idéologique en la matière. Et il faut remunicipaliser l'eau de Paris.

C'est la raison pour laquelle je signale aux gens qui ne nous connaissent pas que dans notre programme, nous sommes le seul mouvement politique à proposer d'abord la renationalisation de TF1 – je crois l'avoir dit tout à l'heure –, mais également la renationalisation de toutes les sociétés d'autoroute, et également tout ce qui concerne les réseaux de façon générale, c'est-à-dire EDF, GDF, la SNCF, les transports, les réseaux d'adduction d'eau. Tous ceux-ci sont du bien commun des Français et doivent appartenir à la collectivité nationale. Voilà ce que nous, nous pensons.

Alors ceux d'entre eux qui ne sont pas encore nationalisés, par exemple comme EDF, etc., nous voulons inscrire dans la Constitution française qu'il y a en France des services publics non privatisables par nature : La Poste... Moi, je dois en être à ma 240e conférence en France en 6 ans. Je n'ai jamais rencontré une seule personne en France, quelles que soient ses opinions politiques, qui m'ait dit : « Vous savez, la chose que je désire le plus au monde, c'est la privatisation de La Poste ». Ça n'existe pas. Voilà. Les Français, ils ont un modèle qui remonte à très loin. Je l'explique souvent.

C'est le modèle qui date de Louis IX avec les établissements de commun profit, puisqu'en 1245, le roi de France a eu, le premier, pour la première fois dans l'Histoire, a eu l'idée de créer des auspices pour indigents. Donc des manants, des paysans illettrés, etc., qui avaient des maladies, étaient reçus dans des auspices qui étaient financés par la cassette du roi. Les Français ont exigé la canonisation du roi. Et il est devenu Saint-Louis dès la fin du XIIIe siècle. Voilà. Et ça, c'est très important pour notre mentalité collective. Les Français ont besoin d'un État régulateur, et qui assure un minimum de justice sociale. Nous sommes comme ça. Voilà, avec tous les gens.

Ça va bien au-delà de la droite et de la gauche. Beaucoup de gens de droite sont d'accord. C'était d'ailleurs sur ce consensus national qu'était fondé le programme du CNR de 1944 dont nous nous sommes très largement inspirés pour notre propre programme. Ça n'est pas parce que nous voulons inscrire que EDF, GDF... EDF, c'est très important, EDF, parce que ce sont des investissements sur 30 ou 40 ans. Tous les spécialistes savent que c'est une catastrophe de confier au privé des industries dont le cycle d'investissement est aussi lourd. C'est une ineptie ! Donc c'est pas pour rien, d'ailleurs, que la France était devenue le premier électricien mondial. C'est une catastrophe.

C'est une calamité de revenir sur ce schéma qui a donné des très grands résultats. EDF, GDF, La Poste, la SNCF, les réseaux de traitement des eaux, TF1... On admet qu'il y ait des sociétés privées de télévision, mais pas la première chaîne, qui a une part de marché colossale dans la formation de l'opinion publique. Et puis également donc les réseaux d'adduction d'eau. Je pense pas en avoir oublié. Je précise aussi que nous avons prévu que tout établissement financier ayant besoin d'un secours de l'État sera ipso facto nationalisé. Voilà. C'est pas un programme style programme commun de la gauche de 1972 qui allait bien bien bien au-delà. Nous, c'est un programme a minima.

Je suis obligé de constater que c'est le programme le plus à gauche de tous les programmes existants. Parce que si vous regardez dans le détail ce qui est proposé à gauche, c'est rien. Je le dis d'autant plus que moi, je suis – paraît-il – un homme de droite. Alors TFUE, c'est l'article 106. L'article 106 est un article terrible, puisqu'il précise que « les entreprises chargées de la gestion de services d’intérêt économique général... » – les entreprises publiques – « ...ou présentant le caractère d’un monopole fiscal sont soumises aux règles des traités, notamment aux règles de concurrence ».

Cet article 106 dont là encore personne ne vous parle, il grave dans le marbre le fait que la Commission européenne, que l'UE vise à placer constamment les entreprises dans les règles de concurrence. C'est pour ça, par exemple, que nous avons vu ce que je considère comme absolument scandaleux : l'ouverture du marché du gaz en France à JP Morgan ou à Goldman Sachs par le gouvernement Fillon. Et pourquoi est-ce qu'ils ont fait ça ? C'est pas par... Bon, Goldman Sachs et JP Morgan, bien sûr, parce qu'ils sont de tous les mauvais coups, mais parce qu'il y a les instructions venant de la Commission européenne et des traités, notamment l'article 106.

C'est que les entreprises doivent être mises en situation de concurrence. Et pourquoi donc ? C'est ça qui est en train de détruire nos services publics. C'est pour ça qu'il faut réagir. Et ça n'est pas parce que... Ça suffit d'incriminer spécialement Sarkozy, Woerth ou je ne sais pas qui, qui sont bien entendu partie prenante. Mais d'ailleurs, on voit bien que la gauche, en ce moment, ne sait plus quoi dire, parce qu'ils sont en train de faire tout ce qu'ils reprochaient à Sarkozy et à Woerth de faire, et tout simplement parce qu'ils ont menti aux Français, parce que la bonne explication, c'est celle que je donne.

C'est que de toute façon, que ce soit la droite ou la gauche, ça ne sert à rien, puisque les décisions sont prises par d'autres. Donc c'est notre n°7. Il faut que la France dénonce juridiquement de nombreux articles des traités européens, notamment l'article 106 du TFUE, si nous voulons conserver nos services publics à la française. Et nous avons tout à fait le droit. Il en est de même des acquis sociaux et de nos retraites. Cette fois-ci, c'est l'article 121 : les grandes orientations de politiques économiques, les GOPÉ. Je suis désolé de vous asséner tous ces articles. Mais vous êtes ici pour connaître la vérité.

C'est comme si vous alliez voir un bon médecin qui vous fait le bon diagnostic. Parfois, ça n'est pas agréable. Mais ici, c'est la vérité. C'est pas les slogans des préaux d'école. D'ailleurs, ils ne vont même plus dans les préaux d'école. La vérité, c'est que toutes les politiques économiques des États de l'UE sont désormais fixées par la Commission européenne en vertu de l'article 121, des GOPÉ, des grandes orientations de politiques économiques. Ça veut dire notamment que la Commission doit surveiller l'évolution économique dans chacun des États, la conformité des politiques économiques avec les grandes orientations. C'est ça que ça...

« La Commission peut adresser un avertissement » aux États membres concernés pour leur dire : vous devez faire telle politique économique que nous avons décidée. Voilà. Alors je le présente, je le précise souvent. C'était un exemple... Mais qui a beaucoup frappé les gens qui ont vu cette conférence. C'est que la personne qui a dirigé la France, une des vraies personnes qui ont dirigé la France pendant les années 2000, c'est ce monsieur. C'est un monsieur qui s'appelle M. Klaus Regling. Il est d'ailleurs maintenant... Il a quitté ses fonctions. Il est à la tête du FESF : le Fonds européen de stabilité financière. C'est un fonctionnaire allemand.

Pourquoi je dis que c'est lui qui a largement dirigé la France ? C'est pas du tout Chirac. C'est pas Jospin. C'est pas Villepin. C'est pas – comment s'appelle-t-il ? – Raffarin. C'est pas Fillon. C'est pas Sarkozy. C'est lui, parce qu'il était... Lui et puis les gens de la direction de la Commission... Il a été pendant de nombreuses années le directeur général des Affaires économiques à la Commission, une des personnes essentielles à avoir fixé le cadre de l'activité politique en France. Mais pourquoi je peux dire ça ? C'est qu'il vous suffit d'aller regarder le rapport COM 2003 du 8 avril 2003, dans lequel ce monsieur a fixé avec les gens de sa commission...

Je suis pas antigermanique en disant ça. Il était allemand. Il devait y avoir parmi ses collaborateurs... Il devait bien y avoir un Français. Il devait y avoir deux Néerlandais, un Italien, un Chypriote et je ne sais pas qui. La question n'est pas là. C'est ce que ce sont des gens qui ne sont pas élus, qui ne parlent absolument pas au nom du peuple français et qui prennent des décisions d'une importance phénoménale, puisque ce sont tous les cadrages politiques et économiques au nom des traités européens sans aucune légitimité. Alors qu'est-ce qu'ils avaient décidé ? Qu'est-ce qu'avait décidé M. Regling ?

La politique décidée pour la France en 2003, c'était abaisser le déficit public sous la barre de 3% du PIB en 2004 au plus tard. Ça a volé en éclats comme vous le savez à cause de la crise de 2008. M. Sarkozy a fait monter ça à 8,5%. Mais nous sommes toujours sous l'empire, parce que ça revient en force. Et maintenant, vous savez qu'on ne nous demande plus un déficit public de 3%, mais on nous demande de revenir à l'équilibre budgétaire. Réduire le coût de la main-d'œuvre, notamment pour les bas salaires, ce qui veut dire le démantèlement des protections sociales, la multiplication des CDD. Vous avez vu, vous allez voir dans les mois qui viennent que M.

Hollande va probablement être obligé de supprimer le concept même de CDI. Alors la gauche va pousser des cris d'orfraie en disant : « Mais quelle trahison ! », etc. Bien sûr, c'est une effrayante trahison. Mais la trahison, elle vient pas de Hollande. Elle vient du fait que Hollande est un menteur, comme Sarkozy, comme tous, puisqu'ils ne disent pas qui décide. Ceux qui décident, c'est là que ça se passe. Personne ne vous en parle. Réformer le marché du travail en simplifiant la protection de l'emploi et en imposant des schémas d'emploi et de carrière plus flexibles. Vous savez ce que ça veut dire, « simplifier la protection de l'emploi », en novlangue européiste.

Ça veut dire justement supprimer les CDI. Ça veut dire aussi... Un des derniers scoops que voulait faire M. Fillon, c'était qu'il voulait dans les derniers temps... Il avait envisagé de faire des contrats de travail, des CDD à temps partiel de 7 heures par semaine. C'est le retour à des travaux ancillaires, domestiques, quasiment du servage, quasiment traiter les gens comme une variable d'ajustement. Enfin on revient sur tous les acquis sociaux obtenus par nos parents, nos grands-parents et nos aïeux au cours du XIXe et XXe siècles. Voilà. Le quatrième point : réformer complètement notre système de retraite. Le cinquième point : élever l'âge effectif de la retraite.

C'est Bruxelles qui l'exige. C'est déjà passé à 67 ans en Allemagne avec objectif 70 ans. Ça nous a été fixé à nous aussi ! Donc M. Hollande a été élu en disant baisser la retraite à 60 ans. Il a fait un truc, une espèce de face saving device, un petit truc qui ne s'applique qu'à quelques dizaines de milliers de personnes. Mais en réalité, vous allez voir ce qui va se passer. Nous allons vers l'augmentation de l'âge effectif de la retraite. Enrayer la spirale des dépenses dans le secteur de la santé. C'était un autre titre de ce rapport.

C'est la raison pour laquelle à peu près tous les 6 mois, nous avons vu qu'il y avait des médicaments qui étaient déremboursés par l'État, par la Sécurité sociale. C'est la mise en œuvre de ces réformes. Le point n°7 : mettre en concurrence les marchés de l'énergie, notamment gaz et électricité. C'est ce que je vous disais tout à l'heure. L'irruption de JP Morgan et de Goldman Sachs aux marchés du gaz et de l'électricité en France, qui est un pur scandale, puisque vous imaginez bien que Goldman Sachs International se fiche éperdument d'assurer la livraison de gaz d'un habitant de Pontarlier. C'est pas ça, son problème. Son problème, c'est de dégager le maximum de pognon ! C'est donc dans...

Et ensuite sur les niches où il va maximiser le profit, pour d'ailleurs évincer les services publics, pour que ce qui reste de service public aille sur les choses les moins rentables, ce qui détruira d'ailleurs le modèle économique de nos services publics. Voilà.