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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 22 septembre 2021 24 min

Christian Jacob : "On est passés du 'quoi qu'il en coûte' à 'tout pour la campagne' d'Emmanuel Macron"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le président du Parti des Républicains, député de Seine-et-Marne, auteur de « J'en ai tellement vu ce que j'ai appris du pouvoir » aux éditions Robert Laffont, en librairie demain. Questions et réactions, amis auditeurs, au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile d'Inter. Christian Jacob, bonjour. Bonjour. Bonjour. Merci d'être à notre micro ce matin. Ce livre, c'est à la fois un réquisitoire contre Emmanuel Macron et sa manière de diriger le pays. Un hommage à ceux qui vous ont fait confiance en politique, à commencer par votre mentor Jacques Chirac et votre ami Nicolas Sarkozy.

Mais j'en ai tellement vu et d'abord, et c'est sans doute ce qu'il y a de plus touchant, un parcours singulier dans la vie politique française. Celui d'un homme, vous, qui a arrêté ses études à 17 ans, qui était éleveur de vaches et que Jacques Chirac, bien plus tard, a pris un malin plaisir à nommer au ministère de la fonction publique. Ou comment, écrivez-vous, un paysan est devenu le ministre des Énarques ? Vous insistez tout au long de ces pages sur vos origines. Dites-nous, pour commencer, Christian Jacob, qu'est-ce que votre première vie d'agriculteur vous a appris pour naviguer dans cet autre monde qu'est la politique ?

1:18
Invité

Ma vie d'agriculteur, c'est d'abord celle qui est liée à l'engagement syndical. Vous le rappelez, à 17 ans, on peut faire plein de choses dans la vie. Moi, je prends une carte syndicale et je milite.

1:28
Christian Jacob

Et vous dites, j'ai tout appris, en fait. Vous dites, c'est mon éna à moi, le syndicalisme.

1:32
Invité

Oui, c'est ma formation supérieure que je n'ai jamais faite. Je l'ai faite dans le syndicalisme parce qu'on y apprend, et c'est d'actualité dans la vie politique, on y apprend à rassembler. Ce n'est pas simple. Vous savez, quand il faut rassembler les doléances et trouver la ligne commune entre l'éleveur producteur de porcs bretons, le viticulteur du Languedoc, le céréalier de la Beauce et l'éleveur de bovins du plateau de Millevaches, il faut savoir rassembler. Ça peut être rugueux. C'est toujours aussi très affectif, le monde syndical et le monde agricole. C'est aussi dur que c'est dans l'affect. Mais il y a cette volonté de rassemblement.

Ça n'est pas pour rien si c'est le seul syndicalisme qui résiste aujourd'hui. Vous avez plus de 60% des agriculteurs qui sont syndiqués. Ça n'existe dans aucune autre catégorie sociale. C'est parce que le syndicalisme répond à ça. Et puis on y apprend effectivement à se battre pour des idées, à convaincre.

2:35
Présentateur

À encaisser les défaites.

2:36
Invité

À encaisser les défaites. Vous le dites. À gérer des salles de congrès tumultueuses. À les négocier. À revenir après. Ça négo. Tant qu'on l'a... Je l'ai dit souvent à mes amis politiques. Quand on critique parfois tel ou tel leader syndical. Vous savez que quand on revient devant son assemblée générale. En sortant de matignon de tel ou tel ministère. Bien évidemment que vos mandants en attendent beaucoup plus. C'est ce que vous avez obtenu. Mais il faut valoriser l'action du syndicat.

3:08
Christian Jacob

Vous vous êtes senti en décalage avec les autres hommes politiques ou femmes politiques que vous avez fréquentés. Vous venant quand même d'un parcours très différent. Est-ce que vous avez senti parfois du mépris de leur part ? Est-ce que vous avez senti que vous aviez quelque chose que eux n'avaient pas ? Ou à l'inverse ?

3:23
Invité

C'est un peu les deux. J'ai une chance extraordinaire. C'est la confiance d'un homme. La confiance de Jacques Chirac. Et ça qui écrasait tout le reste. Parce que quand vous êtes en confiance. Effectivement les choses sont plus faciles. Alors après le mépris social. C'est d'ailleurs ça que je reproche beaucoup à Emmanuel Macron. Le mépris du parlement. Le mépris des corps intermédiaires. Le mépris des français à certains moments également. Donc bien sûr avec un parcours comme le mien. On l'encaisse plus que d'autres. Mais on apprend à surmonter. On apprend à faire du judo aussi. On apprend à utiliser effectivement la force de l'adversaire pour la retourner.

4:00
Présentateur

Alors je le disais Christian Jacob. Ce livre est donc aussi un réquisitoire contre Emmanuel Macron. Vous venez d'en dire un mot. Vous êtes dur avec lui. Vous le qualifiez d'acteur. Vous dites qu'il n'a pas de conviction. Vous dites que son élection est un concours de circonstances. Et vous racontez un entretien que vous avez eu avec lui en 2018. En pleine crise des gilets jaunes. Vous, vous n'y allez pas avec le dos de la cuillère. Vous lui dites que cette crise c'est de sa faute à 100%. Il ne voit rien. Il n'écoute personne. Et vous écrivez la chose suivante. Si j'avais tenu le même discours à Nicolas Sarkozy. Il n'aurait même pas mis 5 minutes à me passer par la fenêtre.

Alors pourquoi reprochez-vous à Emmanuel Macron. De vous avoir écouté avec un stylo et un carnet à la main. En vous regardant les yeux dans les yeux. Assis sur la même banquette. C'est quand même contradictoire. Il aurait pu vous passer par la fenêtre.

4:49
Invité

Parce que ça sonnait faux. Moi j'aime bien les gens de conviction. J'aime bien les gens qui ont du tempérament. C'est ça aussi ce que je tire de l'enseignement agricole. Et du syndicalisme. Des gens qui ont la personnalité. Là j'avais le sentiment d'un numéro d'acteur. C'est à dire que l'acteur est bon. Il l'a montré.

5:08
Christian Jacob

Mais vous ne lui faites pas un procès d'intention de dire que ça sonnait faux ? Et si jamais il était sincère à ce moment-là ?

5:17
Invité

Ça ne s'est pas vu. Ça ne s'est pas vu après. On le voit dans sa conduite en permanence. C'est à dire le mépris des corps intermédiaires. Des grandes associations d'élus. Vous voyez quand il demande sur les dates des élections l'avis aux grandes associations d'élus. L'association des maires de France qui regroupe l'ensemble des maires de notre pays. L'association des départements de France. Des régions de France. Et après leur avis ne lui convient pas. Donc il essaye de les court-circuiter en utilisant les préfets. Les organisations syndicales les court-circuitent en permanence. Le parlement. On est dans un mépris. Jamais le parlement a été traité comme il est traité aujourd'hui.

Vous ne décolérez pas aussi quatre ans après contre ceux qui ont trahi sans vergogne.

6:24
Christian Jacob

Écrivez-vous Gérald Darmanin, Bruno Le Maire et surtout Édouard Philippe. Édouard Philippe vous êtes très en colère contre lui. Vous vous dites que pour cela les convictions sont négociables selon la récompense promise. Christian Jacob vous n'êtes pas passé à autre chose. Vous êtes toujours dans l'amertume et le ressentiment vis-à-vis d'Édouard Philippe d'abord et des deux autres également.

6:42
Invité

Ça n'est pas de l'amertume. C'est simplement factuel. C'est un constat des faits. Moi quand j'entends Édouard Philippe parler de loyauté, j'ai envie de me pincer. La manière dont les choses se sont faites d'ailleurs, je l'explique dans le détail. Si on a une élection présidentielle, l'élection présidentielle nous la perdons. Dans la foulée, il y a les élections législatives. On aurait pu imaginer un système à l'allemande. C'est-à-dire qu'on a des élections législatives, au lendemain des élections législatives, il y a un rapport de force. Et là, on peut imaginer une coalition. Je dis d'ailleurs dans le livre que je m'y serais opposé. Je n'étais pas favorable à ça. Mais pourquoi pas ?

Ça avait le mérite de la clarté. Là, de se faire débaucher pour un poste, parce que la réalité c'est celle-là.

7:33
Christian Jacob

Eux, ils disent, quand on les entend, Darmanin, Edouard Philippe et les autres, c'est de dire « je préfère servir mon pays que servir mon parti ». Vous connaissez la phrase, ils l'ont répétée suffisamment.

7:44
Invité

Quand Gérald Darmanin nous reçoit dans son département pour préparer les législatives, soutenir nos candidats aux législatives, et que trois jours après, il figure dans le gouvernement...

7:56
Christian Jacob

Mais sur le fond, quand vous voyez qu'Edouard Philippe, à son arrivée comme Premier ministre, a mis en œuvre les mesures promises par Emmanuel Macron, qui sont des mesures de droite, que vous-même, vous n'avez pas été capable de mettre en œuvre. C'est-à-dire la suppression de l'ISF, la flat-saxe, la réforme des prud'hommes et la loi de travail qui a permis de licencier plus facilement. Est-ce qu'ils ne font pas ce que vous n'avez pas fait, au fond ? Et certes, pas dans votre parti, pas avec le label LR, mais ils le font quand même.

8:21
Invité

Non, ils ne le font pas. Ça n'est pas être de droite. Non, pas de réforme des retraites. C'est le premier gouvernement depuis 25 ans, y compris d'ailleurs le gouvernement de François Hollande. Je ne considère pas comme des amis politiques, mais qui au moins... Il y a eu les réformes des retraites, d'abord les réformes marquantes, c'est le gouvernement de droite qui l'ont fait, là trois ans pour ne rien faire sur les retraites. Sur les finances publiques, la bonne gestion des finances publiques, les dépenses publiques avant la crise augmentent plus vite sous Emmanuel Macron et Edouard Philippe qu'elles augmentaient sous François Hollande. Vous parlez d'une bonne gestion.

Sur l'incarnation de l'autorité et la sécurité, on lâche tout aux casseurs et aux voyous, à Notre-Dame-des-Landes, après avoir pris des engagements partout en disant la parole du peuple sera respectée. La première chose qui est faite par Edouard Philippe, c'est de tout lâcher. Le mépris des corps intermédiaires, le mépris des Français, le 80 km heure, je le décide comme ça et c'est comme ça et pas autrement.

9:18
Christian Jacob

Vous ne leur passez rien, il n'y a rien qui est sauvable.

9:20
Invité

Mais j'essaye d'être factuel, je prends des faits.

9:24
Présentateur

Vous critiquez aussi l'écologie politique, Christian Jacob, tout en affirmant que nous avons l'obligation d'affronter le réchauffement climatique et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais dans l'ébauche de programmes politiques que vous formulez au dernier chapitre de votre livre, protéger, libérer, rassembler, il n'y a pas un mot sur l'écologie. C'est quand même paradoxal, non ?

9:46
Invité

Elle y est partout, elle y est autour du... Notamment... Et surtout nulle part, hein ? Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non. Elle est partout parce que je considère qu'on ne peut pas réserver l'écologie à un mouvement politique. Je m'oppose très clairement à cette logique de décroissance. Je prends un exemple rapidement que j'évoque dans un chapitre, dans le livre, celui de l'alimentation. Il y a 60 ans, il y avait 3 milliards d'habitants sur la planète. Il y a 7 milliards aujourd'hui. Dans 30 ans, on sera à peu près 9 milliards d'habitants, chiffre voisin de celui-là. Vous avez donc une explosion de la demande alimentaire mondiale.

10:23
Présentateur

Vous dites comment on va nourrir tout le monde si on commence à...

10:25
Invité

Comment on répond à cela ? Il n'y a pas 5 ans de solution. Soit vous mettez davantage de terres en culture, ça voudrait dire un grand plan de déforestation mondiale. Je pense que personne de sérieux l'imagine un instant. Ou alors de produire davantage sur les terres qui existent. Et à partir de là, je fais le pari du progrès, de la recherche qu'on a repoussée aujourd'hui. On a abandonné cela. Et donc, vous savez que depuis plus de 60 ans, pour la première fois, la France est redevenue déficitaire dans sa balance agroalimentaire. C'est-à-dire que la première souveraineté d'un pays, c'est d'être capable de nourrir sa population. On abandonne ça parce qu'on refuse la logique de production.

Christian Jacob. Pardon, je suis juste d'un mot. Mais la logique de production, elle peut se faire grâce à la recherche avec beaucoup moins d'intrants. Et on peut répondre à cela. Et j'y consacre un chapitre entier dans le livre.

11:17
Christian Jacob

Christian Jacob, il y a votre livre et puis il y a quand même une semaine cruciale pour votre parti, pour votre camp politique, pour la droite. Les 80 000 adhérents vont décider samedi de LR, vont décider samedi à votre congrès de la manière dont vous allez désigner votre candidat à la présidentielle. Ils devront trancher entre deux options, si j'ai bien compris, une primaire ouverte et une primaire fermée. C'est bien ça ?

11:36
Invité

Oui, on peut l'appeler comme ça, c'est-à-dire la décision du congrès, c'est-à-dire les militants réunis en congrès et qui apportent leur soutien à un candidat qui sollicite, un candidat de notre famille politique, qui sollicite ce soutien.

11:50
Christian Jacob

Quelle est votre préférence ?

11:52
Invité

Moi, j'ai laissé les deux possibilités ouvertes parce que je ne veux pas qu'on soit dans un faux débat. Vous savez, ce qui nous dépasse plus que tout aujourd'hui, c'est la capacité à rassembler. Et je l'ai toujours dit, je veux que ce soit les militants qui choisissent en connaissance de cause. Aujourd'hui...

12:09
Christian Jacob

Vous n'avez pas une préférence, vous, en tant que président du parti ?

12:11
Invité

Moi, j'ai celle qui est capable de rassembler tous nos candidats. Parce que je ne veux pas qu'on fasse un processus de sélection pour dire après, il faut rediscuter encore.

12:20
Christian Jacob

C'est une manière de dire que vous êtes plutôt favorable à la primaire ouverte. Parce que si c'était une primaire fermée, pour qu'on explique à ceux qui ne comprennent pas bien... Parce que c'est compliqué, votre histoire. En gros, si vous décidez, si les adhérents décident que c'est une primaire fermée, ça va défavoriser Valérie Pécresse, qui ne fait pas partie dont les adhérents ne pourront pas voter.

12:40
Invité

Si, si, si, bien sûr, bien sûr. Valérie Pécresse sollicitera, je suis convaincu, le soutien de notre famille politique, comme Xavier Bertrand, d'ailleurs, a annoncé très clairement qu'il demanderait le soutien de notre famille politique. Vous savez, on l'a vu aux dernières élections régionales, la droite en a assez des dix ans d'opposition. Assez de voir la dégradation de notre pays, que ce soit on a évoqué les finances publiques, on a évoqué l'autorité, on peut parler de la souveraineté et de bien d'autres choses. Donc, on a envie de gagner. Donc, pour cela, tout doit être fait pour que nous soyons rassemblés. La seule manière de gagner pour nous, c'est d'avoir un seul candidat.

On n'est plus dans le clivage droite-gauche où, de toute façon, d'une manière ou d'une autre, on aura un candidat au deuxième tour.

13:27
Présentateur

Et pensez-vous avoir convaincu Xavier Bertrand de se présenter à la primaire ?

13:32
Invité

Je pense, enfin, je pense, Xavier Bertrand l'a toujours dit clairement qu'il refusait la primaire. Moi, je regrette, mais c'est sa décision et je la respecte. En revanche, il a dit à plusieurs reprises et très clairement qu'il solliciterait le soutien de sa famille politique, y compris dans une procédure de congrès. Donc, ce qui nous permet d'être rassemblés. Si la droite est capable de se rassembler, et je suis convaincu que l'intelligence collective va l'emporter, eh bien, nous avons effectivement toutes les chances de pouvoir gagner les prochaines élections présidentielles.

14:05
Présentateur

On file au standard d'Inter. On nous attend Étienne. Bonjour et bienvenue.

14:09
Invité

Oui, bonjour, journaliste de France Inter. Merci de prendre ma question. Bonjour, M. Jacob. Vous disiez tout à l'heure que vous vouliez être au pouvoir. Donc, depuis 1975, la France gauche ou droite, on vote des budgets en déficit. On arrive à un cumul de 2739 milliards de dettes. C'est abyssal. Donc, ça va faire 47 ans qu'on vote des budgets en déficit. Donc, quel est le programme des Républicains pour combler ce déficit, s'il vous plaît ?

14:40
Présentateur

Merci, Étienne. Question qui tombe. Le jour où est présenté le budget 2022 par le gouvernement en Conseil des ministres ? Votre réponse, Christian Jacob ?

14:49
Invité

C'est vrai. Étienne a totalement raison. C'est la différence, d'ailleurs, avec les collectivités territoriales. On ne vote pas un budget en déficit. J'étais maire pendant 17 ans dans une collectivité territoriale. On ne va pas le corriger par un claquement de doigts. Ça veut dire qu'il faut s'engager sur une baisse des dépenses de fonctionnement. Et ça, ça ne passe que par des réformes de structure. D'où une des propositions sur la réforme des retraites. On en fait d'autres également dans notre projet qui est en ligne. Je vous invite à aller le découvrir sur le site des Républicains. Sur des processus de retour et d'accompagnement vers l'emploi. Pour nous, le travail est déterminant.

Ça veut dire aussi qu'il faut retrouver de la compétitivité. D'où le fait de sortir des 35 heures. C'est-à-dire que le temps de travail doit être défini au sein de l'entreprise. Par référendum d'entreprise. Donc, on est sur cette logique-là. La baisse des dépenses de fonctionnement. En laissant et en étalant, effectivement, dans le temps, ce qui a été lié à la crise du Covid. Mais à la fois, on étale dans le temps le remboursement de la dette liée au Covid. Et sur le reste, une baisse des dépenses de fonctionnement. Il n'y a pas 50 autres manières d'y arriver.

16:09
Présentateur

Et sur le budget 2022, Bruno Le Maire avait indiqué que le quoi qu'il en coûte était terminé. En cette rentrée, le constatez-vous ou non dans les choix budgétaires de l'exécutif ?

16:18
Invité

On est passé du quoi qu'il en coûte à tout pour la campagne d'Emmanuel Macron. Maintenant, on est sur de la dépense électorale. Des annonces, chaque jour, on a droit à une annonce. Ce qui est, que ce soit sur, enfin, je ne vais pas reprendre les différentes annonces, mais que ce soit sur la sécurité. Quand le président de la République va faire des annonces à Marseille, très bien, à six mois de la présidentielle, c'est dommage qu'il n'ait pas pensé à aller à Marseille il y a quatre ans.

16:43
Présentateur

Au standard, c'est Maxime qui nous attend. Bonjour et bienvenue. Bonjour. On vous écoute.

16:49
Auditeur

Oui, bonjour à tous. Oui, j'avais une question pour M. Jacob concernant la légalisation du cannabis. Je souhaitais connaître sa position et la position des Républicains. Je pose cette question en tant qu'électeur de droite qui a voté Macron lors des dernières élections et qui votera Macron lors de la prochaine, parce qu'il n'y a aucune alternative crédible chez LR actuellement. Et voilà, je voulais savoir s'il était conscient que la politique de répression coûtait des milliards et n'avait aucun résultat. Et dernière question, est-ce que les Républicains ont étudié ce qui se faisait ailleurs, en particulier aux Etats-Unis ou au Colorado, sur le sujet ?

17:25
Présentateur

Merci Maxime pour cette question sur le cannabis pour commencer. Et puis la critique dure qui vous est adressée aux Républicains. Christian Jacob.

17:33
Invité

Oui, mais j'ai senti que Maxime pouvait encore évoluer sur son vote et j'en suis convaincu. Je ne l'avais senti. Je revoterai Macron. Il l'a dit clairement. Mais j'ai senti qu'il y avait des marges de progression et que je ne désespérais pas qu'on puisse le convaincre, notamment par le projet sur lequel nous avons travaillé et qui est encore une fois en ligne sur notre site. Sur la dépénalisation, moi j'y suis opposé. J'y suis opposé. Je sais que ce sujet fait débat au sein de notre famille politique. Ce n'est pas l'avis de tous. J'y suis opposé parce que tous les consommateurs de drogue dure ont commencé à un moment ou un autre par le cannabis.

Et je pense que ce n'est pas en dépénalisant que nous allons améliorer les choses et dire que l'on va ainsi résoudre tous les problèmes qu'il y a notamment dans les banlieues, dans les réseaux de trafiquants. Je pense que ce n'est pas la réponse adaptée. Parce que sinon, à chaque fois qu'il y a une règle, pour être sûr qu'on ne contourne pas la règle, on supprime la règle. On ne peut pas fonctionner de cette manière. C'est pour ça que je suis vraiment opposé à la dépénalisation.

18:40
Christian Jacob

Christian Jacob, Éric Zemmour dit clairement, mon camp idéologique c'est le RPR. Est-ce qu'il a le droit de se présenter à la primaire ?

18:47
Invité

Non, il peut avoir tous les droits, mais nous acceptons les candidats qui sont de notre famille politique. Moi, je l'ai dit, je respecte Éric Zemmour qui est un polémiste bien connu, qui est sans doute utile au débat public. Simplement, il y a des valeurs qu'on ne partage pas avec Éric Zemmour. C'est-à-dire qu'on ne peut pas tout ramener sur un seul sujet, celui du grand remplacement. J'entends bien ce qu'il dit, la théorie qui est la sienne, sauf qu'il y a des sujets qui se posent aux Français en matière de santé, en matière de pouvoir d'achat, en matière de sécurité, d'alimentation. Donc, on ne peut pas le regarder de manière simpliste, je veux dire de manière monolithique.

19:38
Christian Jacob

Vous n'êtes pas en train de perdre votre temps, là ? Vous êtes en train de faire votre congrès, de faire vos enquêtes du Sevipov sur 15 000 adhérents. Et pendant ce temps, Éric Zemmour, non déclaré, ne cesse de monter dans les sondages. Il talonne désormais Valérie Pécresse et Xavier Bertrand. Bertrand, n'êtes-vous pas en train de lui laisser un immense espace en ne désignant pas très vite votre candidat ?

20:00
Invité

S'il suffisait de désigner un candidat pour gagner les élections, on aurait gagné les deux dernières. Moi, ce n'est pas de cette manière dont je conçois mon travail, est-ce que j'ai fait la tête des Républicains depuis deux ans ?

20:13
Christian Jacob

Et vous ne voyez pas qu'il est en train de détruire et qu'il veut détruire la droite

20:16
Invité

et qu'il peut vous détruire ? On a vu des phénomènes médiatiques à chaque élection. Pour vous, c'est une nulle médiatique et rien d'autre, Zemmour ? À chaque élection présidentielle, je pense qu'il y a un coup de projecteur médiatique très fort. Vous y contribuez tous. Tous, vous parlez sans arrêt de Zemmour, donc vous y contribuez. Mais ce n'est pas choquant, chacun fait son métier, lui fait le sien. Simplement, moi, j'ai voulu reconstruire dans le temps et de manière solide. J'ai commencé par rassembler ma famille politique, remettre tout le monde autour de la table, à travailler pendant deux ans sur la préparation d'un vrai projet d'alternance.

Nous sommes le seul parti politique à avoir aujourd'hui un projet d'alternance qu'on peut présenter aux Français. Ensuite, à se concentrer sur chacune des étapes électorales. Depuis deux ans, nous avons remporté toutes les victoires électorales sans aucune exception et de très large manière. Oui, les élections locales. Nous avons gagné les municipales, les départementales. Vous avez perdu les Européennes. Non mais, depuis deux ans, depuis deux ans, depuis les Européennes, nous avons, depuis deux ans, gagné toutes les élections sans aucune exception. Et ça, vous voyez, on l'a fait parce qu'on a su présenter un projet d'alternance à chaque fois aux Français.

Et juste un dernier point, les régionales, en 2015, en 2015, le Front National est en tête dans six régions de France sur 13. Là, le Front National est en tête dans une seule région. Et En Marche est incapable de s'implanter localement.

21:38
Présentateur

Un mot, Christian Jacob. Il nous reste très peu de temps. Jean Castex va présenter un projet de loi pour proroger le pass sanitaire au-delà du 15 novembre. Est-ce que vous le voterez ?

21:47
Invité

J'attends de voir ce qu'il y aura dans le texte. Moi, je suis très favorable à la vaccination et je considère que le pass sanitaire n'est pas une contrainte insurmontable. Bien évidemment, si les choses s'améliorent, eh bien, on peut lever les contraintes. C'est une évidence. Mais soyons prudents, ne faisons pas n'importe quoi pour retomber dans un redémarrage de l'épidémie.

22:07
Présentateur

Emmanuel Macron doit parler à Joe Biden après la crise des sous-marins. Hier, son conseiller politique Stéphane Séjourné nous disait que ce serait un coup de fil de clarification et pas de réconciliation. Emmanuel Macron, Christian Jacob, a-t-il raison de hausser le ton avec les Américains ? En quelques mots.

22:23
Invité

Je pense qu'il y a eu, il me semble-t-il, alors je n'ai pas tous les éléments, mais beaucoup d'impréparation dans tout cela. Souvenez-vous de ce qu'on nous annonçait en 2019, ce contrat extraordinaire, Macron superstar. On ne peut pas nous expliquer qu'il n'y a pas eu de signe avant-coureur. Je pense que d'abord, le président de la République doit s'expliquer clairement, à ce français, comment on arrivait dans cette situation ? Pourquoi on n'a pas venu voir venir les choses plus tôt ? Tout cela ne s'est pas fait là non plus sur un claquement de doigts. Et avec les Etats-Unis, il faut parler sur ce ton-là, désormais ?

La France doit retrouver sa place sur la scène internationale et force est de constater, pour refaire référence à mon livre à un dernier instant, entre la présence de Jacques Chirac sur la scène internationale, celle de Nicolas Sarkozy sur la scène internationale, objectivement, on a eu d'autres présidents d'un autre niveau et avec une autre capacité à se faire entendre que l'actuel président de la République.

23:17
Présentateur

Christian Jacob, merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin. J'en ai tellement vu, sous titre « Ce que j'ai appris du pouvoir » publié chez Robert Laffont en librairie demain. Merci encore.

23:28
Invité

J'espère en voir encore un peu. Pardon ? J'espère en voir encore un peu. Oui, c'est vrai. J'imagine que vous n'êtes pas pressé. J'imagine que vous n'êtes pas pressé.

Christian Jacob : "On est passés du 'quoi qu'il en coûte' à 'tout pour la campagne' d'Emmanuel Macron" — Christian Jacob · Pourquijevote