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Conférence de presseGabriel Attal (sur YouTube)· 29 avril 2026 138 minAutoproduitFond programmatiqueÉducation & rechercheInstitutions & électionsTravail & emploiSolidarités & famille

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Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 15 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Quels espaces de socialisation permettent de renforcer la démocratie selon vous ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Comment concilier rapidité décisionnelle et démocratie face à la mondialisation ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Quel rôle pour l'éducation dans la lutte contre l'ascenseur social en panne ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Comment voyez-vous le lien entre diplôme et employabilité aujourd'hui ?

  • 18:00OuverteRéponse directe

    L'entreprise peut-elle être considérée comme un co-éducateur ?

  • 22:00OuverteRéponse directe

    Le CPF isole-t-il le salarié dans ses choix de formation ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:00Antoine BristelChiffre
    « Chez les moins de 35 ans, la démocratie directe était bien supérieure à la démocratie représentative. »
  • 11:00Brisin TurierChiffre
    « 90 % de Français qui vous disent que la France est en déclin. »
  • 35:00Patrick AardChiffre
    « La séquence 2023 c'est une séquence où il y a jamais eu autant de citoyens dans les rues depuis mai 68. »
  • 50:00Antoine BristelFait
    « Il y a un lien direct entre l'électorat de Trump et les zones où Trump a obtenu ses meilleurs scores et la disparition de médias locaux. »
  • 3:00Fait
    « Un des espaces de socialisation par lequel une grande partie des citoyens passe, c'est celui du travail. »
  • 2:30Gabriel AttalChiffre
    « 60 % des métiers de 2030, on ne les connaissait pas »
  • 11:20Gabriel AttalChiffre
    « 300000 élèves qui rentrent au collège sans maîtriser les fondamentaux »
  • 12:00Gabriel AttalChiffre
    « 25 % des Français ne maîtrisent pas les savoirs fondamentaux »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[musique] d'accueillir la 2e édition de la nuit de la nouvelle République, la première édition s'étant tenue à Paris. Je tiens à remercier le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Atal, qui va bientôt nous rejoindre. Je crois qu'il est encore en train de finir des signatures, de dédicacer son livre, mais il est il est sur la route de ce qu'on m'a dit.

Je tiens à remercier Sarah Peon, présidente de Renaissance du Rô et [applaudissements] fraîchement élu vice-présidente de la métropole de Lyon en charge des collèges. Je tiens [applaudissements] je tiens à remercier l'ensemble des organisateurs de ceux qui se sont investis, les équipes de Paris, les équipes de Lyon, les équipes de la métropole pour cet événement qui est une réussite. Vous êtes extrêmement nombreux et nous allons pouvoir passer une très belle soirée ensemble.

Je crois que la première édition à Paris a été très réussie et je suis sûr que celle-ci sera réussie. Comme vous le savez, quand Gabriel se déplace quelque part, il aime passer du temps. Donc il est là depuis ce matin dans notre département du Rône et ainsi qu'à Lyon.

Il était avec le député Jean-Luc Fugit qui interviendra tout à l'heure et dans le sud du Rône à Saint-Sinforien d'Ozon rencontré des collégiens, des entrepreneur. Après, il est venu dans le 5e arrondissement pour voir le nouveau maire du 5e arrondissement que je suis et les équipes du 5e arrondissement. Et nous avons d'ailleurs pu faire un événement très fort, très très émouvant au lycée Branli où une salle a été baptisée du nom de Samuel Patti en présence de Michel Capuano, son camarade de Cagne.

Michel Capuano, historien qui avait prononcé le raison funèbre dans la cour de la Sorbonne en en octobre 2020, présidé par le président de la République. Et donc beaucoup de juste une parenthèse mais après je viendrai au sujet qui nous qui nous qui nous tient à cœur aujourd'hui mais beaucoup d'enseignants, beaucoup de chefs d'établissement parce qu'ils étaient nombreux ont dit à à Gabriel combien ils avaient apprécié le courage qu'il avait démontré quand il était ministre de l'éducation nationale de prendre cette circulaire contre le port de la Baya dans les établissements scolaires parce que ils avaient un vrai problème et comme le disait le proviseur du lycée Branli qui a été avant dans plusieurs établissements de l'Est Lyonnais comme à Vénu et V envelin et bien c'était vraiment quelque chose qui leur faisait défaut et qui les fragilisait et à partir de cette circulaire les choses se sont passées de façon très très calme et sans problème et ils ont beaucoup apprécié justement l'époque où Gabriel a été ministre de l'éducation nationale. Voilà donc aujourd'hui ce soir nous allons avoir ce temps d'échange.

Vous savez depuis 16 mois que Gabriel Atal est à la tête de la famille politique Renaissance. euh il il souhaite plus de débats d'idées que de meeting. Donc c'est dans cet esprit que nous organisons cette soirée.

Voilà, le le but c'est de faire émerger des idées, c'est de confronter nos idées, c'est de faire intervenir des personnes qui ne sont pas obligatoirement d'accord, mais c'est justement sortir du tumulte politico-médiatique qu'on connaît tellement que Priscat pourrait nous décrire puisque elle qui est une brillante intervenante à l'Assemblée nationale, et bien voilà, nous ce qu'on cherche ici c'est pas le tumulte, c'est voilà de confronter nos idées, de faire émerger des projets, faire émerger des nouveaux process pour l'avenir. Voilà, donc cette parenthèse, elle est très très importante. Il y en aura d'autres et elle s'inscrit voilà dans un parcours qui a décidé de lancer Gabriel Atal.

Voilà, je je suis sûr que nous aurons ce soir beaucoup de moments très très riches tous ensemble avec deux tables rondes. Donc nous allons je pense si on me donne le feu vert commencer tout de suite avec la première table ronde sur le thème de la démocratie. Alors, je vais appeler les les intervenants de cette table ronde à venir me rejoindre.

Alors, Blanche Léridon, directrice des études France de l'Institut Montigne, spécialiste des questions démocratiques et institutionnelles. Monsieur Brisin Turier qu'on ne présente plus. [applaudissements] Néanmoins, je je rappelle quand même ceux qui ne le connaîtraient pas, ce qui serait étonnant, mais qu'il est directeur général délégué d'IPS, grand spécialiste des élections et de la démocratie française et de nos institutions.

Patrick Aard qui a été secrétaire général de l'Union régionale interprofessionnelle de la CFDT, qui est aujourd'hui membre du bureau national de la CFDT. Pier, pardon. Excusez-moi, je vais mettre des lunettes, ça je fais le jeûne mais ça marche pas.

Et Antoine Antoine Bristiel qui nous a qui nous a rejoint, docteur en sciences politiques, spécialiste de l'opinion publique et directeur de l'observatoire de l'opinion de la fondation Jean Jorè. [applaudissements] Alors, on m'a demandé donc d'animer cette table ronde avec nous aurons quatre sous-parties, un constat de départ sur les les défiances et et les et les attentes. Alors bon, j'ai ce que je voulais lancer peut-être comme sujet puis après vous me direz lesquels d'entre vous veulent veulent intervenir.

Vous avez tous un micro et c'est bon. Est-ce finalement que est-ce démocratique tout entier qui est en en voie de rejet ou serait-ce finalement la représentativité politique que certains d'entre nous incarnons ? Est-ce que c'est finalement cette démocratie représentative ?

Est-ce que c'est la classe politique actuelle ou qui est-ce qu'il y a un un mal-être et un danger plus profond dans notre société avec à terme peut-être un un une bascule un basculement ? qui veut prendre la parole ? Ah, bonjour à toutes et tous.

Euh sur c'est vrai qu'on entend beaucoup parler de crise démocratique comme si finalement les Français n'aurait plus envie de démocratie ou il seraiit il y aurait une tentation autoritaire en France d'ailleurs pas forcément qu'en France dans les démocraties occidentales. Quand on regarde un petit peu plus précisément les données et globalement l'état de l'opinion des valeurs et des attentes de la population, on se rend compte que c'est pas du tout le cas. Globalement la demande autoritaire en France, elle est extrêmement faible.

On avait fait une enquête. Alors ce qui est assez marrant c'est que généralement les enquêtes que l'on fait c'est à la fois l'Institut montagne Ipsos et la fondation Jean Jorè. Du coup on est assez d'accord déjà sur les soit et en l'occurrence on avait fait une enquête sur la société idéale.

Société idéale. On avait posé des questions justement sur quel était quel est selon vous enfin pour vous le type de gouvernement préféré, le type de gouvernance politique préféré. Ce que l'on voyait c'est que arrivait en premier la démocratie représentative à 45 %.

Ensuite à 40 % la démocratie directe et derrière seulement à 7 % le fait qu'on a un dirigeant fort qui gouverne sans contrepouvoir 6 % un groupe d'experts nonus et 2 % que ce soit l'armée qui gouverne sans demander la vie à personne. Donc vous le voyez quand même démocratie directe démocratie représentative on arrive à 85 à 85 %. Donc la question c'est plutôt sur le type de démocratie où là il y a un questionnement plutôt que sur la volonté démocratique de la population française.

Et ça sur ce point il se passe quelque chose parce que encore une fois dans cette enquête chez les moins de 35 ans, la démocratie directe était bien supérieure à la démocratie représentative. Et donc pourquoi pourquoi on a la démocratie directe le fait de se passer de représentants politiques qui soient si mis en avant en particulier par les par les jeunes générations et on l'avait vu aussi dans certains mouvements comme le mouvement des gilets jaunes par exemple ça ça transpire au sein des mouvements au sein de certains mouvements sociaux. En fait il y a deux pistes d'explication.

Première piste d'explication qui a avancé, c'est le fait de dire que il y aurait une beaucoup plus grande individualisation de la politique, c'est-à-dire que les que les structures, les partis politiques perdraient de la force et que chacun voudrait pouvoir donner son avis tout le temps sans passer par des représentants politiques sans qu'il y ait des gens qui nous disent à notre place ce qu'il faut penser, ce qu'il faut faire. Ça c'est une première piste d'explication. Deuxème piste d'explication, c'est sur ce que délivre le système politique.

Et c'est pas étonnant si on parle de crise de la démocratie représentative depuis les années 80, un moment où on est dans une crise politique, enfin une crise économique importante et que le système politique a plus de mal à produire des choses, à améliorer concrètement la vie des citoyens. Et ça dans ces moments-là, le fait d'avoir l'impression que les représentants politiques n'arrivent pas à changer concrètement de manière positive sa vie, ça pousse à dire "Mais écoutez, ben s'ils en sont pas capables, on va gérer les choses par nous-mêmes et on va se saisir des problèmes et et se passer de ces représentants politiques." Je voulais tout à l'heure monsieur Tinturier vouliez aussi un rebondir.

Non, je peux je peux rebondir sur les données et puis ensuite euh apporter essayer d'apporter une petite pierre à l'édifice. Sur les données, c'est vrai qu'il faut bien interpréter un certain nombre de données que nous produisons. Et dans nos enquêtes fracture française qu'on a initié en 2013, donc on a vraiment du recul, vous avez des questions comme ou des items avec des forts pourcentages.

Quand je dis fort pourcentage, c'est entre 75 et 80 % de Français qui vous disent oui. des questions comme il faudrait un vrai chef en France pour remettre de l'ordre ou l'autorité est trop souvent critiquée. De là, certains en déduisent la demande non pas d'autorité mais de régime autoritaire.

Et c'est ça qu'Antoine a raison de bien souligner. On confond les deux. Ce que les Français veulent, c'est véritablement un cadre sécurisé et c'est normal. la démocratie, c'est ça, à l'intérieur duquel ensuite ils puissent exprimer leur individualité en tant que consommateur, que citoyen, que producteur de leur propres normes.

Mais donc, c'est important de ne pas se laisser influencer par une mauvaise interprétation de certaines données que nous produisons, même si nous acharnons à essayer de les les recadrer. Après, je sais pas si tu veux, moi je voudrais juste dire un mot sur parce qu' on parle de des critiques de la démocratie, enfin de la démocratie, soyons précis, représentative ou de la démocratie libérale. Mais il faut s'interroger à un moment donné, je crois, sur qui critique la démocratie.

Alors, c'est assez simple. Qui critique la démocratie ? Les populistes.

Je vous signale au passage l'excellent livre de Marc Lazar sur les populismes en France qui qui est vraiment un ouvrage remarquable. Depuis peu, on pourrait aussi dire que dans les critiques de la démocratie, vous avez les techno autoritaires de la silicone vallée que Trump est l'enfant un peu des deux. Mais c'est un autre sujet.

Restons sur la France et restons sur qui critique donc la démocratie et au nom de quoi ? Alors c'est au nom de deux choses, je crois principalement. Au nom de la non souveraineté que la démocratie libérale assurerait du peuple et au nom d'une liberté qu'il faudrait retrouver d'une part et au nom d'une crise d'efficacité.

Et ce qu'on ce qu'on mesure bien, je crois, c'est que dans le premier cas, vous avez notamment dans des formes de populisme d'extrême gauche ou du côté de la France insoumise, vous avez une vieille critique qui date de Carl Marx qui est tout simplement que la démocratie dite libérale, c'était pas tout à fait la même sémantique à l'époque, mais est une illusion et que la bourgeoisie dominante, ça c'était du du Marx, fait croire au prolétariat qu'avec la démocratie, c'est lui qui est représenté. Alors qu'en réalité, c'est la théorie des infrastructures et des superstructures, le pouvoir n'est pas là. Le pouvoir est économique et donc ce sont des élites qui continuent à caparer le vrai pouvoir.

Vous avez encore ça, les mots ne sont pas les mêmes, mais la logique c'est celle-là. On parle plus du côté de la France insoumise, de l'oligarchie, mais c'est une première critique qui consiste à dire finalement cette démocratie, elle ne représente pas le peuple. Et puis vous en avez une deuxième qui a un point commun et celle-là on la retrouve plutôt du côté du RN ou du Front National qui consiste à dire les alors point commun les élites mais c'est pas tout à fait les la même critique.

Les élites ont failli, les élites sont responsables du déclin de la France, les élites ont ouvert les vannes de l'immigration, et cetera et cetera. Et du coup, il faut reconquérir du pouvoir et remettre de l'ordre dans le pays pour tout simplement assurer une meilleure efficacité et à nouveau une meilleure représentation du peuple. l'écueil de ces deux modèles.

Quand on regarde par exemple sur le déclinisme, je fais une toute petite ouverture avec les données sur le déclin, un très bon indicateur du populisme. Vous avez aujourd'hui 90 % de Français qui vous disent que la France est en déclin. Je ne dis pas qu'ils ont tort, hein.

Je dis simplement que cet indicateur n'a cessé d'augmenter. Du coup, j'avais raffiné l'indicateur en demandant est-ce que c'est un déclin irréversible ou pas irréversible ? Là, vous vous rendez compte que il y a quand même beaucoup de français qui considèrent qu'il n'est pas irréversible.

Et surtout, c'est un très bon marqueur du Rassemblement national. Les électeurs du Rassemblement national vous disent massivement déclin irréversible. Donc critique des élites, déclin réversible et cetera et cetera.

Et là, le modèle qui est proposé puisqu'on représente toujours mal le peuple, c'est donc d'assurer plus d'ordre. C'est au nom de l'efficacité, de l'ordre et toujours d'une meilleure représentation du peuple. Les deux seent quand même à une véritable difficulté, une véritable tension. c'est que les deux présupposent que le peuple est uni, que le peuple a raison, il est mal représenté mais il est uni, il est pur et il a raison.

Et du coup et bien pour la France insoumise par exemple, c'est quand même un vrai sujet, un vrai problème que d'expliquer pourquoi les catégories populaires sont plutôt électoralement parlant du côté du RN. Alors l'explication, c'est qu'elles peuvent se fait abuser, mais vous voyez bien que très vite, vous allez dériver ensuite vers quelque chose de très autoritaire. Moi, je pense que l'autoritarisme de Jean-Luc Mélenchon, c'est pas quelque chose qui est lié à un homme.

C'est aussi une trame idéologique qui vous pousse vers ça. Parce que si finalement une partie du peuple pense mal et vote mal, il va falloir quand même à un moment donné le ramener dans le dans le droit chemin. Et puis du côté du RN, alors c'est plus compliqué aujourd'hui parce qu'il y a une stratégie de désextrémisation mais vous avez aussi cette question pourquoi est-ce que nous n'avons pas tout le peuple ?

Nous avons les catégories populaires mais ce n'est qu'une partie du peuple les catégories populaires. Donc pourquoi est-ce que nous n'avons pas tout le peuple ? Et du coup pour cela il faut reculer les plafonds de verre, reculer les barrières qui étaient très présentes chez les 60 ans et plus, très présentes dans les classes moyennes et surtout supérieur et de fait ces barrières reculent parce que vous avez une stratégie désextrémisation.

Mais la question du peuple, elle est inhérente au populisme, elle crée une tension et ils ont une difficulté. Alors, une fois qu'on a dit ça, je crois vraiment qu'il faut s'interroger. Après, je me tais sur pourquoi on en est là.

Si on en est là, c'est qu'il y a des choses juste dans ces critiques. En tous les cas, moi j'en suis convaincu et que ces critiques, elles s'enracinent sur une crise de l'efficacité, Antoine a fait allusion, sur une crise de la représentation qui existe aussi malgré tout. Donc on a ces ces deux crises combinées et sur une difficulté de cohésion en terme de répartition de la richesse et de cohésion sociale.

Donc vous avez la question des inégalités qui est moins dans l'agenda mais qui contribue à cette crise de de la démocratie libérale ou représentative. Et puis vous avez la question donc du mode de la façon de représenter les Français ou ou ce peuple. Voilà.

Ensuite on peut poursuivre sur les solutions et plein d'autres choses à dire sur ce sujet. Je vous laisse faire. Oui.

Merci beaucoup. Bonsoir à tous et déjà merci pour l'invitation. En préambule, moi je voudrais faire un petit point.

Je trouve ça super qu'on démarre cette soirée. On est un an de l'élection présidentielle par le thème de la démocratie. On sait que c'est pas vraiment un thème qui fait une campagne et d'ailleurs ça peut mettre être un paris un petit peu perdant.

Souvenez-vous Camala Harris aux États-Unis qui avait fait de la sauvegarde de la démocratie américaine, l'un des grands enjeux de sa campagne, ben ça n'a pas été payant électoralement. Alors, je n'attribue pas à ce choix de thématique ça défaite mais quand même. Et pourquoi est-ce que c'est important d'en parler ? parce que sans un minimum de confiance dans le système démocratique et et on sait Bris Saint-Tourier, Antoine Brissel et moi à quel point cette confiance là elle est fragile et faible dans notre pays.

Et ben sans confiance, vous aurez beau avoir les meilleures idées de réforme du monde possible, sans un minimum d'adhésion démocratique et de confiance envers celles et ceux qui vous gouvernent, ben vous n'arrivez pas à réformer un pays. Et donc moi, j'espère que dans les 12 mois qui nous séparent du premier tour de l'élection présidentielle de 2027, on arrivera à avoir un débat et des propositions de fond sur comment est-ce qu'on arrive à reconstruire un petit peu euh ce sole de confiance démocratique dans notre pays. Euh euh et euh j'espère peut-être que dans la suite de la conversation, on aura l'opportunité d'en d'en parler.

Moi, je voulais réagir à à ce qui a été dit déjà par Antoine Bristel sur les différents types de démocratie et Antoine a distingué la démocratie directe de la représentatie démocratie représentative et c'est vrai que ce qu'on observe je trouve depuis quelques années quelques mois c'est un espèce de chisme démocratique entre deux conceptions antagonisme de ce qu'est la démocratie pour certains. La démocratie libérale aurait en quelque sorte trahi le modèle fondamental et originel de la démocratie puisque elle aurait intégrer un certain nombre d'intermédiaires et aurait biaisé dans dans ses fondamentaux et via la représentation ou via un certain nombre de contrepouvoirs, la justice et d'autres via aussi les institutions type en France l'Union européenne. Et donc, il y aurait eu un travestissement de la démocratie telle qu'elle été conçue à l'origine.

Et donc il y a tout un courant qui effectivement est incarné par le Trumpisme notamment aux États-Unis, rejette les intermédiaires, rejette les contrepouvoirs, rejette la justice au nom de la démocratie. Et il y a évidemment une autre forme et une autre défense de la démocratie qui elle continue à être attachée à ses contrepouvoirs, à l'état de droit et à sa préservation, à la justice, à euh la pluralité de l'audiovisuel et en particulier de de l'audiovisuel public. Et c'est vrai que à partir du moment où on a deux conceptions viscéralement différentes de ce que soit de ce que doit être une démocratie, ben ça complexifie laad des gens à un projet national dans la mesure où on n même pas d'accord sur le socle qui est supposé sur lequel on est supposé tout construire et ça pour moi c'est quelque chose de très préoccupant dans dans la période actuelle.

Euh donc ça c'était ma ma première réflexion sur cette espèce de chisme et d'antagonisme où on n'est même plus d'accord sur ce que c'est qu'une démocratie euh fonctionnelle. Le deuxième élément, c'est que oui, il y a des critiques de la démocratie, mais nous en France, on les appréhend un petit peu théorique parce qu'on a de la chance de vivre encore a priori dans une démocratie libérale. Mais il y a quand même un certain nombre d'exemples autour de nous et très très proche de nous qui ont fait l'expérience de ce que serait qu'une démocratie illibérale.

Il s'avère qu'à l'Institut montagne, j'ai beaucoup travaillé cette année sur une note qui comparaît les politiques publiques mises en place par Victor Orban en Hongrie entre 2010 et 2026, par le parti droit et justice en Pologne entre 2015 et 2023 et en Italie par Georgia Méloni depuis qu'elle est au pouvoir en 2022. Et on quand on s'intéresse de très près à la façon dont la question de l'état de droit est traitée dans ces trois pays, on voit qu'il y a une espèce de systématisation, en tout cas de de volonté délibérée de s'en prendre à tout ce qui effectivement entravrait le le l'expression directe d'une démocratie présumée pure parce que l'émanachon sans entrave et simple de la volonté populaire. Alors évidemment, les choses ne se sont pas passées exactement de la même manière en Hongrie, en Pologne et en Italie, mais la Hongrie est peut-être le système le plus abouti de démantellement total de l'état de droit et de manière totalement revendiquée.

C'està-dire que en 2014, Victor Orban fait un discours très célèbre où il se revendique de l'îlibéralisme et dénonce les défauts de nos démocraties européennes et nos démocraties libérales et donc décide siamment de basculer dans ce régime il libéral où on maintient un système électoral. Donc on appelle les citoyens à aller voter mais euh euh on réduit massivement tous les corps intermédiaires, tout euh on bloque les l'état de droit, on réforme d'abord la Constitution, on s'en prend ensuite au cours constitutionnel puis au juges en mettant en place tout un système de néojuge, ce qu'a fait aussi la Pologne. Et pourquoi est-ce que je parle de tout ça ?

Parce que donc ces expériences qui se basaient un petit peu sur le même narratif que celle qu'on peut entendre en France, à savoir une démocratie inefficace, élite corrompue et cetera, ben quand on en fait l'expérience en tout cas telle qu'elle a été incarnée par Victor Orban en Hongrie ou en ce moment même par Donald Trump aux États-Unis, ben on se rend compte que ça marche quand même pas très bien et que si Victor Orban a été battu dans les urnes, c'est pas parce que Peter Mager, il propose un projet politique diamétralement opposé à celui de Victor Robin. C'est simple, ils viennent exactement du même parti et Peter Major est tout aussi conservateur que Nel et Victor Urban. Il a les mêmes avis sur l'immigration.

Il a globalement la même vision des politiques économiques sur les valeurs. Je pense qu' ils ont une forme de conservatisme en partage. Non, là où il se différencie, c'est sur l'état de droit et c'est sur sa volonté de rétablir une démocratie fonctionnelle.

Donc on voit bien que quand on on en tout cas on on se lance dans cette aventure de démocratie illibérale, ça a des conséquences absolument notoires sur toute une société, une civilisation même qui qui est là en l'occurrence on a un laboratoire avec ce qui s'est passé en gris qui selon moi doit nous dissuader de nous aussi faire ce choix-là et céder à cette tentation là en dépit aussi des arguments qui était brandi en la matière par Victor Robin sur les désirs d'efficacité, sur redonner de la souveraineté euh et de l'indépendance au peuple hongrois. Tout ça pour moi est plutôt un argument dissuasif. Mais l'argument peut-être plus dissuasif encore, c'est de voir le temps qu'il faudra pour en sortir et pour remettre sur pied un état de droit fonctionnel.

Et là, je je m'appuyerai sur un autre exemple sur lequel on a beaucoup travaillé qui est l'exemple polonais. Donc en Pologne, un parti national populiste qui s'appelle droit et justice, donc le PIS a été au pouvoir entre 2015 et 2023. Alors il a pas pu aller aussi loin que Victor Orban parce qu'il n'avait pas la majorité des 2 tiers à la diète qui lui aurait permis de réformer la Constitution polonaise.

Mais quand même, il est allé assez loin, notamment dans le démantellement du système judiciaire. Le PS a perdu les élections en 2023. c'est Donald Tous qui est la plateforme civique, donc le camp libéral démocratiquement en tout cas qui est revenu au pouvoir.

Et ben là, ça fait plus de 2 ans que Donald Tus qui est revenu au pouvoir, il a pu faire très très peu de choses dans le rétablissement de l'état de droit pour une raison simple, c'est que souvent pour remettre sur pied l'état de droit, en tout cas de manière rapide, il faudrait parfois ne plus le respecter tel qu'il a été reconstruit, redessiné par ceux qui ont quitté le pouvoir. Et donc on voit bien que ceux qui se disent "Bon mais on a jamais essayé cette alternative là, on essayera et puis si ça marche pas, on revottera dans 5 ans, on passera à autre chose." Bah c'est pas si simple.

On passe pas à autre chose de manière automatique et un vote ne fait pas basculer d'un régime à l'autre. En tout cas, dans ce sens-là, ceci étant dit, regarder les expériences nationales populistes et inlibérales et constater les écueils et les échecs de ces expériences-l ne doit en aucun cas nous exonérer d'une lecture critique des dysfonctionnements de nos propres démocraties libérales. Et ce serait beaucoup trop confortable de se dire "Regardez les grands méchants populistes, ils ont mis le bazar partout et nous on a tout compris, on est plus fort que tout." Non, c'est évidemment pas à ce type de conclusion qu'il faut arriver.

Bien au contraire, il faut qu'on soit d'autant plus critique envers le système que on a la responsabilité de ne pas faire basculer dans ce système là. Et donc il faut pas avoir une vision trop binaire où on se dirait que nous on est pur et parfait et que eux incarnent le le mal absolu. au contraire d'essayer et en particulier une période charnière comme celle qu'on traverse aujourd'hui de faire aussi une espèce de droit d'inventaire des dysfonctionnements de démocratie libérale là où effectivement on a peut-être délégué des pouvoirs à trop d'autorité de et où il faut écouter aussi cette demande de démocratie directe et ce sentiment que il y a un écart qui qui est peut-être même aujourd'hui un gouffre un abis qui s'est créé entre le peuple et la décision publique et plus que la décision sur son application et sa concrétisation.

Donc je crois que ces exemplesl plutôt que de nous rassurer, doivent au contraire nous obliger encore davantage à faire non seulement la pédagogie sur les bienfaits de la démocratie libérale mais aussi un droit d'inventaire et une remise en question aussi de ces dévaillances et de ces échecs. Merci [applaudissements] Pierry Guerrière. Je voulais vous poser une question.

Est-ce que ces tensions démocratiques, cette défiance qu'on qu'on a déjà présenté vis-à-vis de de nos représentants démocratiques, comment cela est est ressenti au niveau des des syndicats et comment vous l'analysez parmi le monde salarial ? Bonjour à toutes et tous. Tout d'abord, j'y viens tout d'abord merci de l'invitation euh et merci d'avoir choisi ce thème de la démocratie pour pour y réfléchir tous ensemble. la CFDT.

Donc c'est le premier syndicat de France à la fois en terme de représentativité, le cumul des votes aux élections professionnelles et puis par le nombre de ces adhérents qui sont attestés 6400 adhérents. Je pourrais pas me permettre de parler au nom des syndicats parce que je suis pas sûr qu'on est tous la même approche. Donc je je vais en rester déjà voilà celui de la CFDT.

Alors pour nous déjà pour nous qu'est-ce que c'est la enfin ce que ça représente c'est l'héritage, c'est la boussole de la CFDT. On a d'ailleurs choisi de mettre la démocratie au cœur de notre sigle en 1964 au moment de la de la déconfessionnalisation. C'est une façon de crier au fort que pour nous dans notre vision globale de la société, la démocroie c'est une condition pour construire un monde du travail et un monde plus large qui soit juste, qui soit solidaire et qui soit émancipateur.

Au-delà d'un système politique, pour nous, c'est à la fois une forme de responsabilité collective et d'éthique du pouvoir. C'est l'idée que ça se limite pas aux institutions et au votes, mais c'est arriver à mettre en place un certain nombre de d'espace d'initiatives qui qui font que on peut rapprocher des intérêts qui sont initialement divergents et regarder comment on peut en tirer des compromis dans lesquels chacun obtient des avancées mais renonce à une partie de ce qu'il pensait initialement. Et au-delà de ça, c'est aussi un système qui permet de de donner une réelle place à chacun et chacune pour qu'il puisse s'exprimer, pour qu'il puisse débattre, donner son avis sur les grands choix qui le concernent directement. 60 ans après la création enfin la transformation de la de la CFDT, c'est toujours un élément central qui va faire d'ailleurs fil rouge de notre congrès confédéral qu'on va tenir à Bordeaux dans dans quelques mois parce que c'est aussi la condition ce système démocratique, c'est aussi la condition de traiter des sujets tels que l'urgence écologique, l'accroissement des inégalités ou les expositions au et et la façon les impacts des technologies numériques et de l'IA.

Alors oui, nous on a parlé Laurent Berger à l'époque d'une forme de fatigue démocratique puis potentiellement d'une crise démocratique notamment en 2023. Voilà, je voulais je voulais quand même qu'on l'évoque ce soir parce que la séquence 2023 c'est une séquence où il y a jamais eu autant de citoyens dans les rues depuis mai 68. C'est une séquence 14 journées de mobilisation 15ion5 2 millions de personnes dans des villes moyennes au sujet d'une évolution d'un système qui initialement d'ailleurs avait été proposé sous une autre forme dans lequel on avait adhéré nous à la CFDT de faire un système universel de retraite.

Et là, l'impact au travers de la mesure d'âge y concernait essentiellement les travailleurs de première et de deuxè ligne qui au moment du Covid avaient été au centre de l'attention. et quelques années plus tard euh voir émerger sous cette forme, malgré les protestations et sans réellement euh un processus de discussion, euh ce projet pour nous, ça a consisté à accélérer une forme de crise, de fatigue, de défiance euh qui était déjà en germe mais qui bah est devenu plus crucial. Juste pour conclure, pour autant quand on regarde à l'échelle locale, quand on regarde dans un certain nombre d'entreprises, dans des territoires, il y a tout un tas de citoyens qui continuent de s'engager pour le bien commun de Hier soir, il y avait l'idée une association des hérissons qui contribue en complément de ce que font les pouvoirs publics à Lyon à revivifier un parc et pour qu'on ait des espaces naturels en ville.

Ce type d'initiative, il y en a tout un tas. Nous, on en est partie prenante ici ou là et ça démontre qu'il reste une appétence lorsqu'on peut s'engager dans des projets concrets, lorsqu'on peut donner son avis, bah qu'il y a quand même une appétence à une forme de vivre ensemble de commun et et d'engagement. Merci. [applaudissements] Voul réagir.

Je voudrais juste rajouter un complément à ce qui vient d'être dit, notamment à l'état de droit qui une fois qu'il est démantelé est très difficile à à reconstruire. Euh je reviens encore une fois à ces à ces tensions internes à tout populisme dans leur prétention à représenter un peuple. Je pense que la dérive donc autoritaire, elle est inéluctable de Chavez à Orbane.

Euh de ce point de vue, il y a quelque chose qui unit profondément ses formes de populisme. Alors, je le disais tout à l'heure sur le plutôt la France insoumise qui du coup doit expliquer pourquoi une partie du peuple est plutôt du côté du Rassemblement national, mais j'ai pas dit non plus du côté du Rassemblement national. Qu'est-ce qui se passe ?

Comment on résout cette équation ? On la résout tactiquement comme je l'ai dit, mais on la résout aussi profondément en renouvelant la définition de qui fait partie du peuple et qui n'en fait pas partie. Et ça, c'est l'idée de la préférence nationale.

Ça c'est l'idée qu'il y a des français de souche ou de vrais français ou des Français qui ne sont pas de vrais français. Et ce qu'on a appelé la bourde de Jordan Bardella à propos des du pouvoir exercé par les binationaux et qui a été rectifié ou présenté comme une bourde. Moi je ne crois pas du tout que ce soit une bourde.

C'est encore une fois l'expression de cette tension interne à ce type de populisme là qui fait que il répond à la question du peuple et bien en définissant, en classant et en expulsant de cette définition certaines catégories. Donc vous voyez qu'au debout, il y a une une mécanique qui vous entraîne, je crois vraiment du côté d'une tentation autoritaire, d'une forme de régime ensuite autoritaire et que la la réponse, le mot clé, c'est l'état de droit, mais c'est aussi la question du pluralisme. J'ai été très frappé, pardonnez-moi, mais dans l'actualité récente, qu'on ait eu deux commissions d'enquête. l'une à laquelle j'ai participé puisque elle portait pas uniquement sur les sondages d'opinion, c'était sur la démocratie et les enquêtes par sondage par la France insoumise et qui était une critique virulente des enquêtes avec des arguments, je veux pas rentrer là-dedans, mais qui étaient parfois étonnants, mais où le modèle sous-jacent, c'était la critique de la démocratie libérale et il y a un lien profond entre l'expression du peuple par la voix des enquêtes d'opinion qui constituent une cible du coup pour ces modèles là qui n'ont pas comme arrière-plan de la démocratie libérale.

Et puis là, une autre commission d'enquête qui cette fois-ci travaille sur le les médias et le pluralisme en matière de médias et de services publics de l'information. Donc c'est pasin. Je pense que véritablement cette question du pluralisme, elle est essentielle.

La démocratie c'est pas l'absence de conflit, c'est au contraire l'expression du conflit. C'est par un peuple. c'est que le peuple il est divisé et c'est ça qu'il faut préserver et c'est ce quoi je pense il faut alerter sans relâche par rapport à tous les contempteurs de la démocratie dite trop libérale ou pas assez sociale ou trop ceci et pas assez cela. et un petit mot sur les audiovisuels publics.

Effectivement là pour revenir à à mes comparatifs internationaux, première chose que font et Orban en Hongrie et le Parti droit et justice en en Pologne, c'est mettre la main mise sur les audiovisuels publics pour en faire de véritables radio et télévisions d'État. Et d'ailleurs Peter Magar, c'est la première chose qu'il a fait dès le lendemain de son élection. il est allé sur un plateau d'une chaîne publique nationale pour leur annoncer que c'était fini et qui reprenait les choses en main.

Ça pour le coup, c'est des choses qui peuvent se faire à l'inverse de manière un peu plus rapide que la reconstruction d'une justice équitable, d'une cour constitutionnelle qui soit pas totalement biaisée et acquise au au pouvoir. Mais effectivement, on voit bien à quel point la volonté elle va d'embler sur ces acteurs là parce que effectivement ils incarnent un contrepouvoir et cette promesse de pluralisme qui dans les démocraties libérales est visé d'emblé par ceux qui gouvernent. Justement sur cette commission d'enquête, ça me permet de rebondir sur l'audiovisuel public.

On a beaucoup mentionné un groupe un groupe de presse, un groupe d'influence, un groupe médiatique qui a été très influent justement sur cette commission, qui a transmis un certain nombre de de questions et est-ce que justement cette montée en puissance dans nos démocraties de certains grands groupes économiques euh ne risque-t-il pas de un moment donné de justement de plus fragiliser notre système démocratique ? On peut prendre l'exemple des des États-Unis. On voit que la volonté d'efficacité économique peut primer finalement sur des équilibres démocratiques.

Alors là, ce que l'on voit sur qu'il y ait une une offensive de la part de certains milliardaires pour avoir une ligne directrice et influer le cours de l'opinion et peser sur le sur l'opinion et avoir vraiment une action politique. Ça c'est absolument indéniable et je pense que tout le monde dans cette salle le sait et s'en rend compte sur néanmoins les évolutions du paysage médiatique et l'influence que ça peut avoir sur les comportements électoraux, c'est absolument considérable. C'est considérable de deux manières différentes.

La première qui est d'ailleurs extrêmement en lien avec la la le sujet démocratique qui nous occupe aujourd'hui, c'est les fait polarisation affective au sein de la société. Polarisation affective, ça veut pas dire que vous avez des idées qui sont de plus en plus radicales. Ça veut dire néanmoins que vous détestez de plus en plus les personnes qui ne pensent pas comme vous et que vous vous remettez seulement à être avec des personnes qui pensent exactement la même chose que vous.

Et ce que l'on remarque, c'est que le paysage médiatique, il est de plus en plus éclaté. C'estàd que vous avez une multiplication des chaînes de télé, une multiplication de la façon de vous informer en ligne sur les réseaux sociaux. Ce qui fait que en gros, c'est comme l'information aujourd'hui, c'est comme un supermarché où vous allez à l'intérieur du supermarché, vous pouvez choisir le produit exact qui correspond à ce que vous voulez au moment où vous rentrez dans le supermarché.

Donc ça renforce considérablement vos opinions préalables puisque vous êtes soumis uniquement à des contenus qui vont dans votre sens. On va vous montrer à longueur de journée des choses qui vont renforcer ce que vous pensez précédemment. Donc en fait la société elle fonctionne de plus en plus en silo où l'essence même de la démocratie qui n'est pas qu'on pense tous la même chose et qu'on retrouve une forme de consensus mais qui ait d'avoir un espace pacifié de résolution des conflits.

Mais pour résoudre de manière pacifiée les conflits, il faut être capable de pouvoir en discuter. Il faut avoir des espaces pour en discuter. Or, à l'heure actuelle, si on a même on n'est même pas d'accord sur la règle du jeu et qu'on est soumis à des informations qui sont complètement différentes les unes des autres, mais évidemment que ça renforme ça renforce cette société en en silo qui est extrêmement fracturée et qui n'arrive pas à discuter les unes avec les autres.

Ça c'est lié à à la à l'explosion du paysage médiatique. Et puis vous avez également l'effet de radicalité qui là est extrêmement mesurable. Plus une personne s'informe sur des chaînes d'information continue, plus elle va avoir des opinions radicales en particulier sur les sujets culturels.

Donc ça a des effets, ça a des effets concrets et de prendre en compte les évolutions du paysage médiatique qui n'est pas seulement lié à l'apparition des réseaux sociaux mais qui également à la transformation éditoriale de certaines chaînes de télévision, ça me semble absolument indispensable. Vous retrouvez pardon mais la question du pluralisme, c'est-à-dire la capacité à vivre dans un système politique où vous avez un pluralisme en terme de médias qui permet de de vous confronter individuellement à différentes options, à différentes opinions. Alors que là, il y a enfermement dans des des bulles cognitives.

Et vous avez un autre élément que que je voudrais pointer qui a été étudié à l'occasion de de l'élection de de Trump, c'est la capacité ou pas à ce que le territoire soit aussi maillé par des médias locaux. Il y a un lien direct entre l'électorat de Trump et les zones où Trump a obtenu ses meilleurs scores et la disparition de médias locaux. Ça aussi c'est du pluralisme.

Quand vous avez beaucoup de médias locaux, quelle que soi leur forme des euh des des télévisions, des médias écrits, des radios et cetera, vous êtes exposé potentiellement à d'autres sources d'information que celles où vous vous conformez à vos opinions et à vos a priori. C'est pas nouveau que les lecteurs du Figaro, ils pensent pas tout à fait la même chose que ceux qui vont acheter le monde aux libération. Donc on est tous a priori dans la recherche d'une confortation de ces opinions plutôt que d'une confrontation à d'autres opinions.

Mais malgré tout, le phénomène a pris de plus en plus d'ampleur. Et là où ça devient un vrai sujet démocratique, c'est quand vous avez des médias qui disparaissent ou des puissances de frappe en terme financiers qui sont capables de constituer des groupes avec une seule ligne éditoriale qui est une ligne qui ensuite infuse dans le débat public. Et l'importance du local, l'importance du local, elle s'incarne à d'autres endroits.

Il y a évidemment la la presse locale, mais il y a aussi la confiance et le désir d'engagement au plus près de chez soi. Nous, on l'a mesuré aussi. C'est-à-dire que quand vous interrogez les Français sur pourquoi est-ce qu'il ils se détournent de la politique et et si jamais on réussissait à les rattraper, où est-ce qu'ils souhaiteraient de manière prioritaire que leur engagement se matérialise ? tous vous disent que c'est à l'échelle de leur ville, de leur village.

L'engagement, il est d'abord et avant tout mu par une motivation locale. Donc c'est vrai qu'il faut pas sous-estimer et c'est vrai que c'est un peu le yatuus et la contradiction, l'ambivalence de de la période dans laquelle on vit, c'est qu'il y a ce désir de local qui est encore très présent dans nos enquêtes. He je rappelle la confiance envers les maires selon fracture française 68 %, la confiance envers les députés 20 %.

Donc vous mesurez l'écart habissal entre les uns et et les autres. Donc il y a ce fort désir de représentativité locale, d'engagement local aussi, de presse locale. Je crois que alors là c'est pas nous, mais le baromètre sur les médias montre aussi qu'il y a un attachement extrêmement fort à à la presse locale.

Et je crois que d'ailleurs Ouest France est est plus lu que le monde. Ça ça reste un journal de de référence très très lu et notamment dans les territoires. Donc il y a ça aussi.

Et puis le yatus, l'ambivalent, c'est avec une un sentiment que les décisions les plus importantes sont prises à des niveaux supranationaux, même pas uniquement. On n même plus dans la rhtorique, toutes les décisions sont prises à Paris. C'est et notamment dans la rhtorique cette fois-ci populiste, c'est toutes les décisions sont prises à Bruxelles ou par les grands manières de la finance aux États-Unis ou dans le monde anglo-saxon, que sais-je ?

Et donc c'est comment est-ce qu'on arrive à réconcilier ça, à admettre qu'il y a un certain nombre de décisions effectivement qui sont prises au niveau supranational parce qu'on a fait le choix de la construction européenne et que ce choix-là bah il a des avantages mais il justifie aussi une certaine forme de délégation de souveraineté sur certains endroits. Et comment est-ce qu'on arrive à réconcilier ces ces deux échelles ? Ça me paraît très important.

Je voudrais aussi réagir sur un mot qu'a prononcé Antoine Brissel, c'est le mot de polarisation affective. C'est un un phénomène absolument central pour comprendre les dynamiques électorales aujourd'hui et notamment moi ce qui me passionne c'est le revers un peu inattendu de cette polarisation électorale sur la participation électorale puisque ce que vous observez aujourd'hui c'est que l'enjeu il devient tellement fort c'està-dire que la perspective que votre ennemi politique parce qu'on on n'est plus dans l'adversaire on est vraiment dans la rhtorique de l'ennemi à abattre ben la perspective que votre ennemi politique arrive au pouvoir vous est tellement impensable inconcevable que votre motivation pour aller voter, elle va aller grandir. Et c'est là où il faut faire très attention aussi parfois sur les chiffres de de participation et notamment aux États-Unis, on l'a vu dans les deux dernières campagnes où on avait des participations relativement élevées, moins parce que il y avait une vigueur démocratique retrouvée dans le pays, mais parce queil y avait on avait atteint de tels niveaux.

Alors, c'est des corrélations. Il y a une infinité d'autres facteurs qui doivent être pris en compte pour expliquer les hausses de participation aux États-Unis, mais le fait que on ait basculé dans cette polarisation affective où il y avait un tel enjeu pour aller vaincre son adversaire, son ennemi politique que là aussi, il faut qu'on essaie de retrouver une participation qui soit m par d'autres enjeux que juste aller abattre l'ennemi irréductible. Et moi, c'est ce qui me fait un peu peur avec la campagne à venir, c'est que à Forceie au second tour, on se déplace uniquement pour vaincre l'ennemi absolu, quel que soit son incarnation et son nom.

C'est pas le sujet de ce soir. Et donc, comment est-ce qu'on arrive à retrouver cette vigueur civique et démocratique avec d'autres ressorts que le la seule volonté de tout faire pour éviter que notre ennemi irréductible prenne le pouvoir ? Ça c'est un sujet qu'il faut absolument qu'on adresse.

Je ne sais pas si vous avez dîné ou pas. Je voudrais pas vous couper l'appétit, mais après tout, je travaillis dans un institut de sondage, donc quelques chiffres. Euh aujourd'hui, 81 % des Français expriment des émotions négatives à l'égard de la politique.

Le dégoût, la le dégoût, pardon, la déception et et la critique. Vous avez donc une montée en puissance de la critique de la politique qui est absolument phénoménale et ça suscite encore une fois des sentiments. Donc ce à quoi Blanche fait allusion, c'est la mobilisation par antagonisme négative, purement par antagonisme.

C'est vrai que la polarisation politique, elle joue beaucoup là-dessus. Elle se transforme ensuite en polarisation affective qui veut dire que vous ne vous mariez plus aux États-Unis si vous êtes démocrate avec un républicain ou viceversa. Vous déménagez même en voilà que vous déménagez, que vous n'ayez plus d'amis.

Les chiffres sont extraordinaires vivent les enquêtes d'opinion. Pardon ? Parce que vous mesurez par rapport il y a 20 ans ce qu'un démocrate pensait d'un républicain et s'il pensait pouvoir par exemple avoir des conversation avec lui etce qu'il en est aujourd'hui et à chaque fois dans les deux sens c'est vertigineux et profondément inquiétant.

Euh donc ce qu'il faut véritablement essayer de restaurer, c'est euh j'ai envie de dire facile à dire, pas facile à faire hein, euh cette confiance mais à minima pluralisme est essentiel et que chacun peut et doit s'exprimer, que la démocratie c'est le conflit mais c'est le conflit organisé. Ce qu'on nous présente comme étant la liberté d'expression, c'est pas de la liberté. La démocratie ça a jamais été un régime où on peut tout lire.

On pourrait faire l'apologie du terrorisme ou ou du viol ou que sais-je encore. La régulation, elle est au cœur de la de la démocratie. Donc c'est le conflit organisé.

Ce n'est pas non plus l'anarchie. Donc il faut de l'ordre. Encore une fois, jusqu'à maintenant, ce qui a fait tenir les démocraties, c'est la prospérité économique.

Ça devient plus difficile. Donc moi, je crois essentiel de retravailler sur ces questions de croissance, de prospérité économique. Ce qui mine les démocraties, ce sont les inégalités.

Trump n'est pas non plus arrivé par hasard dans ce pays les États-Unis où les inégalités se sont creusées de manière vertigineuse depuis les années 80. Et c'est ces deux leviers, je crois avec, j'insiste le pluralisme en en drapeau, en emblème, qu'il faut essayer de retravailler dans les propositions des candidats à la présidentielle. Nous, nous ne sommes pas des politiques mais nous espérons ardemment qu'il y aura ça pour que la démocratie puisse continuer à fonctionner.

Pierre. Oui. Bah moi, je voulais abonder sur le fait que il y a [applaudissements] il y a une forme de rupture entre la parole politique et puis la réalité vécue des des personnes dans leur vie quotidienne mais aussi dans le monde du travail.

Pour y revenir sur la question des médias, je pense qu'il y a un sujet sur la concentration des médias. très bien sans qu'il soit démontré de partout que ça influ de manière euh euh très importante sur la ligne éditoriale. Il y a un sujet peut-être sur la gestion de le deviers public peut-être regarder.

Il y a un sujet sur le contrôle à mon avis euh par l'ARCOM peut-être par d'autres institutions du respect des règles de pluralisme interne à l'intérieur d'un certain nombre de médias. Euh bon nous on est assez réservé à l'idée d'aller notamment sur ces news. Vous y verrez très peu de responsables de la CFDT.

Euh mais ce que je voulais aussi pointer, nous on met en place en ce moment des on appelle ça des débats mouvants autour de la démocratie parce que on veut identifier dans notre réseau avec nos adhérents qu'est-ce qui constitue des risques pour la démocratie. Il les identifient puis après on approfondit. Les médias sont parfois cités.

Et puis quand on approfondit dans la discussion, parce qu'on a aussi des journalistes qui sont adhérents à la CFDT et qui ou non adhérents et qui font du très bon travail, euh ils se disent "Ah bah oui, les algorithmes, la polarisation, très bien, ça existe." Mais on voit que ça n'est pas forcément dans les médas plus traditionnels qui existent et qui font vivre et qui font un travail avec une déontologie remarquable qui croisent leurs sources, qui font du contradictoire, qui recoupent et c'est l'essentiel, la grande majorité des journalistes aujourd'hui dans la plupart des médias. Donc le discours qui consiste aussi à dire bah voilà, on aurait plus de presse libre, c'est un discours qu'on combat parce que il correspond pas à la réalité de ce qu'on voit nous à l'œuvre en France aujourd'hui.

Brer, des fois vous parlez de du blocage français. Qu'est-ce que cela décrit pour vous ? Est-ce que c'est finalement des hommes politiques, des responsables politiques qui ne prennent pas de décision, qui sont peureux, qui n'osent pas pour se faire réilir prendre des décisions courageuses, mais aussi à contrario quand certains hommes politiques prennent certaines décisions qui sont la traduction de leurs engagements.

Vous avez parlé tout à l'heure des des retraites bon qui a été effectivement qui a provoqué des mouvements sociaux extrêmement forts et qui a été un engagement de campagne très clair du candidat Emmanuel Macron en 2022 sur lequel il s'est fait élire. Et derrière, on a vu une grande partie effectivement de la population s'y être opposé jusqu'à un point où à un moment donné on était dans un situation de blocage. On avait eu aussi à un moment donné une une mesure je pense à la mesure de la taxe carbone quelques années auparavant.

Mesure aussi difficile à prendre ou les ZFE tout récemment et une fois qu'elle est prise, on voit une levée de bouclier de la de la population française. Donc on voit qu'on est quand même très souvent contradictoire dans notre société. Oui, on l' dans toutes nos enquêtes.

On voit bien les ambivalences, les désirs qui peuvent être contradictoires, la tension encore une fois entre l'individuel et le collectif avec une aspiration à ce qu'il y ait plus de cohésion sociale. Tout le monde dénonce aujourd'hui dans dans nos enquêtes mais chez les Français en direct, nos enquêtes elles n'en sont que le reflet. Le fait que justement la solidarité et cette cohésion sociale se soit affaiblie.

Donc il y a tout ça. Moi je crois que le point clé, il est pas nouveau. Euh d'ailleurs, c'était un des points du du programme, si ma mémoire est bonne, de euh de d'Emmanuel Macron en 2017, c'est la question de la mobilité sociale et de l'ascenseur social.

Il y avait eu un très bon livre écrit il y a déjà une quinzaine d'années sur le descenseur social et ça commence par ça. Une société qui n'est plus capable de projeter un avenir et un avenir d'ascension sociale est une société qui va mal. Et du coup la question ensuite des réformes, elles peuvent être plus ou moins bien conduites ou plus ou moins bien annoncé générer des blocages importants ou pas.

L'idée que la France ne se serait jamais réformée est une idée fausse. L'idée que les Français seraient des gaulois réfractaires, franchement, moi me fait beaucoup sourire. Les gauloirs réfractaire au moment du Covid, ils sont très vite alignés hein sur les consignes parce que il y avait un moteur qui était la peur.

Donc c'est pas le moteur le plus brillant. Mais les Français ne sont pas des gauloirs réftaires. Ils ont été capables de faire et d'encaisser ce nombre de réformes.

Il y a malheureusement beaucoup de conditions pour qu'une réforme en profondeur passe à la fois de pédagogie, de moment, de juste répartition des efforts. On est dans un pays où cette questionlà reste centrale. Moi, je reviens et je rebondis he sur la question de la la démocratie libérale.

Si elle n'est pas en même temps sociale, elle ne peut pas fonctionner. Euh donc il faut enlever des entraves peut-être à la croissance, à la production de richesse, mais il faut aussi travailler cette question de l'ascenseur social et la redistribution de la richesse. Sinon, vous aurez un populisme de gauche qui ciblera avec raison certaines critiques et un populisme de droite qui fera la même chose, les deux finissant par converger dans l'affaiblissement de la démocratie tout court.

Juste pour euh pour rebondir sur sur ce que tu dis. En fait, dans les enquêtes internationales qui s'intéressent à la confiance dans dans les institutions et dans la confiance dans la démocratie, on se rend compte qu'il y a deux types de régimes qui génèrent de la confiance. Soit ceux qui sont extrêmement efficaces, voire enfin en étant peu regardant sur la sur la représentation et sur l'aspect démocratique ou soit ceux qui au contraire sont extrêmement démocratiques et qui prennent en compte l'ensemble des aspirations de la société.

Le le problème de la France à mon avis c'est qu'on est ni sur l'un ni sur l'autre. C'est un c'est un système qui est à la fois un système démocratique qui a jugé à la fois assez peu efficace pour prendre des décisions et à la fois un système qui est jugé assez peu représentatif. Et d'ailleurs, c'est assez intéressant parce que encore une fois parce qu' on cite fracture française depuis le début, donc continuons.

Juste au moment de de l'élection de de 2022, vous aviez à peu près 3/4 de la population française qui vous disait "Je préfère une assemblée nationale où il n'y a pas de majorité absolue et au contraire où il y a une il y a une majorité relative qui correspond davantage aux équilibres réels de la population. Comme ça, il y aura du débat et comme ça, on on aboutira à des équilibres qui correspondent davantage à la réalité de ce que pense la population. Là maintenant, ça a baissé de 25 points depuis depuis qu'on a vu ce qui depuis qu'on a vu ce qui se passait.

Donc c'est là où on se rend compte que oui, il y a cette perception à la fois d'un système qui est assez peu qui est assez peu efficace, qui a du mal à produire quelque chose, à donner des résultats concrets en terme de de mesures et de politiques publiques qui sont mises en place et également un système qui ne convaint pas tout le monde dans sa capacité à représenter la diversité des opinions des Français. Donc euh et là je rebondis sur ce que tu disais Blanche mais plutôt au début sur le fait que certes dans les enquêtes, on se rend pas compte que la démocratie c'est le sujet démocratique n'arrive pas dans le top des priorités de la population très loin de là. Les sujets économiques, les sujets de sécurité, d'immigration et cetera.

Néanmoins, le sujet démocratique, il est hyper important dans toutes les crises qui se sont succédées dans les deux précédents quinquena. Quand on se rend compte le mouvement des gilets jaunes, en l'espace de 2 jours, on passe de quelque chose qui était lié à une opposition sur une taxe contre les carburants à première revendication le référendum d'initiative citoyennes. Au moment du Covid, c'est pas tant les décisions en elles-mêmes qui qui posent problème, mais la façon dont elles sont prises, le fameux conseil scientifique, l'opacité et cetera.

Quand on regarde la réforme des retraites, c'est aussi le le l'enjeu du 493 qui était mis en avant de partout comme étant le vrai le vrai point de blocage. Donc finalement, si c'est sur l'ensemble des décisions, sur l'ensemble des décisions politiques, sur l'ensemble des prises de décision, c'est la règle du jeu même qui est remise en question, c'est peut-être il y a une réflexion à voir sur cette règle du jeu même parce que finalement pour qu'un système fonctionne, il faut que tout le monde soit d'accord pour que pour accepter infiner les décisions qui vont être prises. Et c'est à nouveau l'essence même de la démocratie, c'est pas d'être d'accord tout le monde, enfin que toute la population française soit d'accord avec avec tout le monde, mais c'est qu'au contraire, on s'accorde sur la sur ce qui est sur ce qui est finalement décidé.

Eric. Oui. Alors, je me permets de rebondir sur la question des l'accroissement des écarts de rémunération.

On y a évidemment un sujet euh autour de ça euh qui renvoie à la fois à ce qu'on revend en terme de conditionnalité des aides, c'estd que les entreprises, on en discutait un petit peu plus de 200 milliards d'aides, euh pourrait on pourrait envisager que ça soit conditionné, soit une évaluation, soit un certain nombre de critères avec les enjeux environnementaux, mais aussi avec les enjeux en terme de dialogue social et ce en terme des cartes de rémunération. Bien évidemment que on peut pas raisonner que franco-français, que il y a une dimension la mondialisation ça existe, on peut pas la nier. Donc ça renvoie à l'échelon européen et à l'échelon européen, il y a il y a des mesures également à prendre mais je vais citer celle qui doit une directive européenne qui doit nous permettre de progresser vers une meilleure égalité de rémunération entre les femmes et les hommes.

Il y a maintenant une directive qui a été produite. Il nous appartient de la transcrire. Ça prend trop de temps là. on nous envoie euh au mois de juin et encore au mieux peut-être après.

Là, il y a quelque chose qui est entre nos mains puisque c'est régulé du niveau européen. Et moi, un dernier un dernier mot pour cheminer aussi sur des formes de proposition. Un des espaces de socialisation par lequel une grande partie des citoyens passe, c'est celui du travail.

À un moment, on est ensemble au travail. dans les collectifs de travail, on se côtoie encore euh entre des citoyens, quel que soit leur origine, leur leur leur leur conviction politique, leur religion, leur âge et cetera dans toute leur diversité. C'est encore un espace où on se fréquente, où on peut coopérer.

Et de ce point de vue-là, il y a aussi quelque chose à pousser, nous semble-t-il de parce que le ce qu'on ce que chacun pense de la démocratie, ça peut aussi résulter d'une expérience. C'est aussi un chemin. Si moi dans mon entreprise, plutôt que de ne pas avoir au chapitre ni sur mes horaires, ni sur mes conditions de travail euh ni sur l'organisation du travail, ni sur la manière dont on gère les nouvelles technologies, finalement je ne fais qu'appliquer.

Bah c'est pas une expérience que euh je peux être pris en compte et que finalement bah la démocratie ça prend sens plus largement. Nous, on se dit il y a pas que le dialogue social avec les représentants du personnel parce que ça ça un intérêt aussi mais ça répond pas à cette questionlà, c'est de mettre en place du dialogue professionnel. C'est comp des fois c'est pas forcément très long he ça peut être une quinzaine de minutes, une trentaine de minutes, mais de dialoguer à l'échelle de l'entreprise sur les les éléments que j'ai cité, les transformations du travail, les discriminations, l'inclusion, la santé, les temps de vie, l'articulation entre la vie professionnelle et personnelle.

Tous ces sujets, même si les décisions elles rejoignent pas forcément certain nombre d'aspiration, ne serait-ce que d'avoir pu émettre des proposition, donner un avis, c'est à la fois de la dignité mais ça peut aussi faire évoluer le rapport de chacun à ce qu'il considère être une démocratie et l'utilité de la démocratie. Alors juste une chose [applaudissements] un petit point de précision, je crois qu'on va devoir passer dans quelques minutes, hein. Je vais vous laisser la parole et puis vous aussi madame Leidon mais après on devra je crois laisser la place au deuxème plateau. très rapidement parce que vous avez effleuré une question qu'on a pas abordé qui me paraît aussi décisive dans cette question de la démocratie qui est celle du temps et du temps de la décision et ce que l'on voit nous dans nos enquêtes notamment auprès des chefs d'entreprise c'est le décalage habissal qu'il peut y avoir entre ce qu'ils nous disent d'être être et je les crois volontiers la violence de la mondialisation la rapidité des mutations, la nécessité de prendre des décisions vite parce que sinon on va être tout simplement écrasé par des empires et notamment par la Chine et ce tempslà qu'il faut prendre pour faire vivre la démocratie.

Et là, il y a une tension qui devient de plus en plus difficile. Et le risque, c'est que ces ces chefs d'entreprise se disent "Mais finalement, la France n'est plus l'espace ni même l'Europe où on peut prendre des décisions aussi vite que le font la Chine." Alors, ça pose la question de quels sont les régimes les plus efficaces pour muter rapidement et aujourd'hui, il y a une capacité d'adaptation et de prise de décision rapide qui est évidente.

Certains disent "Ben justement, c'est la force de régime comme la Chine quand il faut muter." On n'est pas dans une démocratie, ça se décide en haut et puis tout le monde exécute. Sinon ça se passe assez mal et ce serait donc la faiblesse des démocraties que ne pas avoir ça.

Je crois malgré tout que la force de la démocratie c'est quand même d'être capable de se remettre en question, donc de trouver des solutions. Ce que vous faites ce soir manifestement et on espère porter une petite pierre à l'édifice. Ce qu'aucun régime autoritaire ne fera jamais.

Et ça c'est la force et la souplesse de la démocratie. Donc il faut répondre à tous ces enjeux mais il faut aller vite. Il faut prendre en compte la question quand même des politiques comparées.

Moi je j'vre dans un institut qui est mondial. On est dans 90 pays. Ipsosso c'est un enfant de la de la globalisation.

Je suis très frappé par la singularité française. Quand vous faites des études comparatives, la France est un nilo totalement à part. Et on a l'impression là, non pas de gaulois réfractaire, mais de gaulois qui vivent dans une forme de bulle et qui ne voit pas toujours ce qui est en train de se passer dans le monde et dans des empires qui ne nousent pas que du bien. [applaudissements] Blanche le Ridon, vous allez avoir le mot de la conclusion.

Alors euh le mot de la conclusion, je réagirai à ce que ce que vous avez dit sur la panne de l'ascenseur social. Et c'est vrai que aujourd'hui, une des critiques qui est faites à la démocratie, c'est qu'on a le sentiment qu'on a plus la capacité d'offrir aussi à nos enfants un monde meilleur que celui dans lequel nous on a grandi. C'est vrai que c'était un peu la promesse depuis l'après-gerre de laisser un monde plus désirable que celui dans lequel on avait nous-même grandi.

Et et là, je crois que ça peut faire la la transition avec la prochaine table ronde. Ce qui est clé, c'est évidemment l'éducation euh et l'éducation aussi aux enjeux morals et civiques. On sait que aujourd'hui nous on l'a évalué dans le cadre d'une enquête qu'on a mené sur le le civisme et un rapport qui apparu à l'Institut Montagne en début d'année.

Vous avez une majorité large majorité des Français qui considèrent que l'enseignement moral et civique n'a pas été dispensé avec suffisamment enfin en tout cas pas de manière suffisamment satisfaisante pour être ensuite un citoyen éclairé. Donc je pense que tout se joue là aussi dès l'éducation. Et comment est-ce qu'on fait pour rendre cette discipline, cette matière un peu plus incarnée, un peu plus vivante ?

Comment est-ce que au-delà des cours très théoriques, est-ce qu'on la met en action ? Comment est-ce qu'on montre aussi ? Il y a des travaux de recherche américains qui ont montré que quand vous confrontiez de jeunes étudiants, de jeunes élèves à des moment de l'histoire de la démocratie américaine où elle a été mise en danger pour montrer que c'est pas quelque chose d'immuable, de pérenne et que ça peut être remis en cause, ben que là ça suscite une petite prise de conscience et qu'on se dit "Ah bah oui, peut-être que il faut qu'on prenne un peu soin de ça, qu'on essaie de mieux le comprendre, qu'il faut aussi se se s'éduquer à la complexité de ces modèles là pour mieux les comprendre et pour mieux peut les accepter et donc je crois que le le l'un des maîtres mots aussi c'est le mot d'éducation et je crois que ça tombe bien parce qu'on va en parler dans quelques minutes.

Bravo pour la transition. Merci à tous les quatre. Merci beaucoup. [applaudissements] de tu pour durer Alors ne ne partez pas.

Bonsoir à toutes et tous. L'entracte va pas être très très long, donc ne partez pas surtoutin. Alors, on va s'organiser, on est en train de se de réorganiser donc pour la deuxème donc table ronde par rapport au programme que vous avez pu voir les uns et les autres.

Donc vous peut-être que vous êtes surpris qu'on on passe directement à la deuxième table ronde. Je rassure tout le monde. Après cette deuxième table ronde, si ça s'est bien passé, vous aurez l'intervention de monsieur Gabriel Atal.

Donc ne vous inquiétez pas. Donc en attendant, on va passer à la deuxième table ronde. Donc je vais animer donc sur le thème est peut-être peut-être qu'il vous attire un petit peu moins que le premier mais il est à mon avis tout aussi intéressant et il est peut-être même complémentaire.

Donc faut-il aligner l'éducation sur l'économie ? Et pour en parler donc nous avons cinq intervenants de de très haut niveau. Alors je vais les appeler l'un après l'autre en espérant ne pas me tromper dans leur présentation.

Donc Baptiste l'Arseneur qui est un expert associé donc sur les questions d'éducation à l'Institut Montigne. Vous pouvez l'applaudir en effet. [applaudissements] Alors moi j'ai pas j'ai décidé de le faire dans un ordre qui n'est pas celui qui était qui qui est écrit sur le diapo et donc je m'tiens mon ordre à moi.

Donc ensuite on va accueillir Ondine sauvé qui est présidente et condatrice de Mylight 150. Alors, j'ai pas tout compris au titre de l'entreprise, mais ce que j'ai compris, c'est que c'est une entreprise qui se définit comme étant un fabricant d'énergie d'avenir. Et donc moi qui ai le plaisir de travailler beaucoup les questions d'énergie évidemment ça me plaît beaucoup.

Ensuite, on va accueillir bah sûrement une des personnalités les plus connues de cette soirée donc bien entendu donc Christian Tête doigt chef donc étoilé que tout le monde connaît dans la salle ici à Lyon bien entendu. [applaudissements] Un chef cuisinier qui est le qui est meilleur ouvrier de France je crois depuis 30 ans et qui s'est vu remettre récemment le Goém d'or 2026 donc vous pouvez l'applaudir à nouveau. Merci pour lui. [applaudissements] Un autre tonner d'applaudissement pour l'intervenante suivante Sarah Payon qui est vice-présidente de la métropole de Lyon en charge des collèges du devoir de mémoire.

Mais c'est aussi [applaudissements] c'est aussi grâce à elle et ses équipes qu'on se retrouve ce soir pour cette soirée. Donc vous pouvez applaudir une deuxième fois. Merci. [applaudissements] Et nous accueillons aussi Michel Picon qui est le président de l'UDP.

L'UDP c'est l'Union, vous pouvez l'applaudir, c'est l'Union des entreprises de proximité. [applaudissements] Donc l'Union des entreprises de proximité donc c'est une organisation patronale interprofessionnelle UDP mais monsieur Picon pourra vous en dire deux mots si jamais vous étiez pas très à l'aise avec le sujet qui représente à la fois les professions libérales, les artisans, les commerces de proximité et ce qui représente, si je mes chiffres sont bons, pas loin de 3 millions d'entreprises. Pas loin de 3 millions d'entreprises. [applaudissements] Alors, on a sur ce sur cette table ronde donc la lourde tâche de d'évoquer les questions à la fois d'éducation et d'économie.

Ah, bonsoir Gabriel. Voilà, vous pouvez saluer. Voilà.

Oui, vous pouvez l'applaudir. [applaudissements] Donc je je vous avais pas menti. Donc voilà, vous l'aurez tout à l'heure donc l'intervention tout à l'heure.

Alors, faut-il aligner l'éducation sur l'économie ? Donc on le sait depuis plusieurs décennies notre nos systèmes éducatifs sont de plus en plus interpellés notamment par les besoins de l'économie. On parle souvent d'employabilité, on parle de compétences, on parle d'adaptation le plus rapide possible.

Moi en tant qu'universitaire, il m'est arrivé avec mes étudiants dans ma vie d'avant de parler d'agilité des étudiants, de préparation à la vie professionnelle. Il m'est arrivé aussi de de trouver qu'avec certains de mes collègues, les discussions autour de ce sujet étaient pas évidentes parce que parfois on sortait un petit peu pour eux du cadre qui était le nôtre et pourtant c'est un sujet majeur. On peut d'ailleurs se poser la question de savoir si l'éducation se réduit à cela, donc gérer les problèmes de compétence, d'employabilité où est-ce qu'elle doit préserver donc sa mission d'émancipation, de formation citoyen, de transmission des savoirs et principalement je dirais je dirais d'avoir une ambition humaniste.

Et donc où est-ce qu'on place le curseur entre l'efficacité économique et l'ambition humaniste que que qu'on peut avoir donc dans tous ces systèmes qui interagissent entre le système éducatif et et et évidemment le système économique. Et surtout on pourrait se poser la question et c'est un peu la question qu'on va se poser ce soir, c'est où est-ce qu'on place le curseur ? Mais qui décide ?

Est-ce que ça doit ou qui doit décider ? Est-ce que c'est l'école ? Est-ce que c'est le système éducatif dans son entièreté ?

Est-ce que c'est l'État ou est-ce que c'est le marché ? Et donc c'est un petit peu cette cette provocation un petit peu peut-être que je je force un petit peu le trait en début de table ronde pour que grâce donc à l'éclairage de nos cinq intervenants, nous puissions débattre et que vous puissiez repartir ce soir en ayant peut-être des des pistes d'idées à soumettre notamment avec le débat le débat qui arrive donc dans les mois qui viennent de qui va animer de tout le pays. Alors, on a évoqué rapidement la lors de la préparation de cette table rondre qu'on a fait de manière très très très un peu succinte mais qui vous allez voir qui sera de qualité.

On a évoqué l'idée de d'avoir trois temps et le premier temps c'est un petit peu d'évoquer la la question du diplôme face aux réalités du terrain. Donc on va vous écouter tous les cinq sur ce sujet. Le second le second moment c'est un peu la responsabilité partagée.

Donc quel est cetengagement à double sens entre le système éducatif et le système donc et le marché ? je dirais le le le le milieu les milieux économiques. Et puis dans un troisème temps, ce que je leur ai proposé, c'est queon aille un peu plus loin.

C'est pour ça qu'on va structurer un petit peu la démarche. L'idée, c'est d'avoir un peu de prospective et de peut-être être un peu disruptif. Comment on s'adapte aux mutations ?

On évoquera à ce moment-là dans ce 3è temps évidemment la question majeure qui va être la la question de l'intelligence artificielle mais l'idée ça sera aussi de leur demander de nous fournir éventuellement des idées voire même on pourra le temps de de quelques minutes leur donner la baguette magique de leur dire vous président de la République vous feriez quoi sur ces sujets ? Voilà, on pourra leur poser la question. En tout cas, pour première première première intervention, je propose à peut-être à Baptiste l'Arsceneur donc de de débuter donc le le propos ici et de nous dire sur ce premier thème donc le diplôme face aux réalité du terrain, comment aujourd'hui euh lui qui est un expert de ces sujets, il voit il voit les choses et notamment le fait que on parle parfois en France de la toutepuissance du diplôme mais finalement au contact du du terrain.

C'est quoi la réalité monsieur Larseneur ? Bonsoir. Bonsoir à tous.

Merci pour cette invitation. Je suis ravi de parler de d'éducation ce soir. Alors euh d'abord, je faire la transition avec la table ronde précédente sur la question de l'ascension sociale, l'impact que ça a sur la démocratie.

Je rappelle que la France est le pays le plus inégalitaire des pays de CDE en terme éducatif, l'un des plus inégalitaires. Ce qui la part de la performance scolaire expliquée par l'origine socio-économique est beaucoup plus importante qu'ailleurs. Ensuite, ce sujet sur lequel on travaille ce soir du lien entre le marché du travail, entre l'école, le système éducatif, de l'impact de l'éducation sur l'économie, c'est un sujet déterminant pour l'avenir de notre pays évidemment puisque là on parle de recherche de croissance, on parle de pérénisation de notre modèle social.

Donc c'est un un sujet qui est évidemment extrêmement important sur la question de d'abord du rôle de l'école. Évidemment que l'école ne peut se limiter, on saurait limiter l'école à la seule fonction de l'employabilité. Évidemment, l'école c'est beaucoup plus que ça.

L'école doit former des citoyens éclairés. L'école doit donner les atouts à chacun à la fois d'avoir une vie professionnelle mais aussi personnelle épanouissante. Mais l'école ne saurait ignorer, être aveugle, être sourde à ce que lui dit le marché du travail, à ce que lui disent les entreprises.

Et donc au fond, c'est ce dialogue entre l'école, le marché du travail, les entreprises qui est structurant. Et si on dialogue mal, trop tard, trop peu, et bien ceux qui empathtient, c'est les jeunes. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que ce dialogue là, il est pas parfait dans notre pays.

On progresse mais on aurait pas 20 % de chômage chez les jeunes si ce dialogue il était très efficace, trois fois plus qu'en Allemagne ou 5 points de plus que sur la moyenne des pays de la zone euro. Deuxième point, vous interrogez sur les sur les diplômes. Alors, en France, on a un taux de diplomation qui est assez élevé.

Plus d'un jeune sur de diplômé du supérieur. C'est plus que dans la moyenne des pays de l' CDE. Maintenant, est-ce que ces diplômes sont associés à de réelles compétences professionnelles intégré du travail ?

Ce qu'on voit aujourd'hui quand on discute avec les chefs d'entreprise, c'est évidemment qu'il regarde le diplôme et que le diplôme reste un signal, reste un rempart contre le chômage notamment, mais regarde aussi d'autres compétences, compétence à travailler en équipe, la compétence à avoir un esprit critique, la compétence à travailler en aussi en autonomie et donc la compétence alliée au diplôme est déterminante. Et ce que nous disent aussi les chefs d'entreprise, je un troisème point pour cette introduction, c'est que malgré des diplômes qui sont élevés, il y a parfois des lacunes en compréhension des consignes, en compréhension de l'écrit, en mathématiques, en calcul. Et donc finalement pour en préambule cette table ronde, je dois dire que la première fonction économique de l'école c'est d'abord de former l'ensemble d'une génération aux fondamentaux parce que si vous n'avez pas les fondamentaux, vous allez être très difficilement employable et ça c'est déterminant.

Et dans un pays qui est une économie avancée comme le nôtre, vous avez 25 %, c'est l'étude PIACDE de vos adultes entre 18 et 65 ans, plus de 25 % qui ont des compétences en français en mathématiques qui sont faibles. Vous avez un problème économique, vous avez un problème d'employabilité, d'intégration sur le marché du travail. Quand vous avez 80000 jeunes et on a progressé, on était à 150000 il y a quelques années, on est à 80000 aujourd'hui.

Mais quand vous avez encore 80000 jeunes qui sortent du système éducatif sans aucune qualification, vous avez un problème d'employabilité et vous avez un problème de coût aussi. On a objectivé ces coûts. Quelqu'un qui sort du système éducatif sans qualification coûte durant toute sa vie active 3400 € à l'État.

Faites le calcul puisque c'est un un coût annuel, c'est 26 milliards. Et on connaît aussi le rendement macroomique macroéconomique de l'éducation sur l'économie. C'està-dire que maintenant tout le monde connaît les enquêtes PISA internationales.

Si on progressa 25 points à PISA pour être tout à fait concret, c'est 3 points de PI, c'est 90 milliards. Donc j'en arrête là pour laisser la la parole. La première fonction économique de l'éducation, elle est quelque part assez basique, c'est de former chacun aux fondamentaux.

Et il ne faut pas réduire cette question là parce que quand on parle d'économie et de lien avec le marché du d'éducation lien avec le marché du travail, évidemment on parle d'apprentissage et on va en parler, c'est pour ça que je voulais pas en parler d'apprentissage sûr. Il faut évidemment péréniser cette politique. Je pense que tous mes camarades sont d'accord.

Évidemment qu'on parle de la voix professionnelle, évidemment qu'on parle d'orientation, évidemment qu'on parle de métier intention. Mais n'oublions pas d'abord que la première fonction économique de l'école, c'est les fondamentaux et c'est là-dessus qu'on doit travailler en priant avec. Merci. [applaudissements] On reviendra on reviendra sur le sujet tout à l'heure dans la deuxème partie peut-être on dit suav vous pouvez aussi nous donner votre regarde de chef d'entreprise peut-être nous dire d'ailleurs au passant 30 secondes préciser un peu votre ce qu'est votre entreprise et nous dire quel est votre regard et notamment par rapport à ce sole à ces socles.

On estime aujourd'hui que 25 % de nos jeunes ne maîtrisent pas les socles de français et de math. On y reviendra sûrement tout à l'heure, mais vous est-ce que vous qu'est-ce que vous observez justement en matière de d'employabilité à ce niveau-là ? Oui.

Alors déjà peut-être pour entreprise. Donc nous on travaille activement à la transition énergétique. On est 180 personnes, on est sur plusieurs pays européens en Roumanie, en Espagne, en Suisse et évidemment en France où il y a le gros de nos effectifs.

Et en fait ce qu'on fait c'est qu'on aide les gens à baisser leurs factures tout en installant des panneaux solaires et en transitionnant vers l'électrofication. parce qu'avec ce que vous venez de dire, vous risquez d'avoir du succès à la sortie de tout à l'heure. Voilà.

Aucun problème si je peux encourager les gens à installer des panneaux solaires tout en réduisant leur facture avec grand plaisir. Euh mais concrètement sur le sujet et peut-être plus personnellement, j'ai un parcours à l'international et donc j'ai vu aussi des choses qui marchent bien ou moins bien dans d'autres pays comme les États-Unis ou l'Allemagne. Il est évident que le monde du travail est en train de vivre une mutation très très forte.

On parlera à la fin de l'intelligence artificielle, mais il faut se rendre compte qu'au quotidien, on a besoin de gens qui ont des fondamentaux plus solide qu'avant parce qu'en fait ils vont sortir avec un diplôme qui ne sera pas nécess qui ne comprendra pas nécessairement les compétences qu'ils vont utiliser toute leur vie. Euh par contre, ils doivent avoir appris à apprendre puisque ils vont devoir se former tout au long de leur carrière. Parce que les compétences, je vous donne un exemple concret avec les installateurs qu'on travaille, ils sont sortis, ils savaient installé une chaudière au gaz.

Aujourd'hui, ils doivent installer des pompes à chaleur connectées. Bon ben, s'ils n'ont pas appris lors de leur formation, qu'elle soit technique ou beaucoup plus théorique comme des écoles d'ingénieur, à avoir le goût d'apprendre à aller se former, à aller chercher les nouvelles compétences dans un monde en perpétuelle mutation. ils seront dépassés extrêmement rapidement et nous on le voit à tous les niveaux de l'entreprise et j'ai des gens qui sortent qui sont sans sans diplôme qui vont être au support client et on va les accompagner sur ces métiers de la transition énergétique parce qu'ils doivent répondre au téléphone sur des sujets complexes he qui est leur facture d'électricité, qu'est-ce qu'un kilw kilwh et je suis sûr que je fais une un petit questionnaire dans la salle, je suis pas sûr que les gens savent et ben nous on prend des gens qui ont pas de diplôme.

Je vous promets de le faire à l'Assemblée [rires] nationale si vous en tout cas nous on prend des gens qui ont pas de diplôme et en ben en un mois ils savent répondre à ces questions-là. En 6 mois ils sont parfaitement formés répondent à 100 % des questions et en 18 mois on est déjà en train de penser à leur travail d'après au sein de l'entreprise. Et donc c'est cette évolution là que en fait nous on se met à faire au sein de l'entreprise mais qui est nécessaire parce que aussi nos métiers changent.

Donc quand ils sortent du système éducatif, ils doivent avoir ce goût de perpétuellement se former. Le système éducatif et juste l'entrée vers la suite de leur formation. C'est certainement pas l'objectif final.

Merci. On y reviendra tout à l'heure. Attend, on évoquera les outils.

Je voulais passer la parole à à Michel Picon, donc le président de l'UDP pour avoir un petit aussi son regard. Donc cette question du diplôme face à la réalité économique, la réalité du terrain, comment on voit les choses à l'UDP avec près de 3 millions d'entreprises et je sais plus combien d'emplois ? Bah c'est 3500000 entreprises.

Des petites entreprises, leur typicité c'est d'avoir moins de 11 salariés. C'est un peu plus de 5 millions de de collaborateurs qui travaillent dans dans nos [grognement] entreprises de des professions libérales, de l'artisanat, des métiers de bouche dont on a avec nous ce soir un éminent représentant du service aussi. Moi, je crois que cette question s'oppose pas et ce que je je je pense que comme vous les savoirs fondamentaux malheureusement qu'une grande partie de notre jeunesse n'arrive plus à avoir à la sortie de du primaire, du secondaire et ça nous s'oppose pas avec les besoins bien évidemment d'adéquation euh de la formation de ces jeunes avec nos entreprises.

L'un des sujets nous qui nous paraît essentiel d'abord, c'est casser un peu ce mur qu'il y a entre l'éducation nationale et le monde des entreprises. Les entreprises, on n'est pas des méchants qui veulent broyer les jeunes que l'éducation nationale s'onore à former à former des citoyens. Pas du tout.

Et moi, je pense d'ailleurs qu'on demande aujourd'hui dans le système à nos jeunes de choisir trop vite ce qu'ils veulent faire. Mais par contre, il faut que les portes de l'éducation nationale soient ouvertes de manière à ce que les jeunes quand ils vont faire leur choix, ils vont alors il y a ceux qui qui sont curieux qui en dehors de l'école vont voir et puis et puis d'autres qui pour des tas de raisons aussi de social de résidence de de d'environnement familial n'ont pas la capacité de faire ce choix. Donc nous ce qu'on dit c'est qu'il faut que les entreprises puissent rentrer dans l'école, aller présenter leur leur métier, aller présenter euh toutes les filières et les filières, elles offrent euh beaucoup beaucoup euh d'opportunités.

Donc ça c'est c'est un sujet. Ensuite, après euh dans le lycée professionnel, nous il nous apparaît que la rupture à la fin un jeune qui sort avec un bac pro, il est pas employable. Et je terminerai avec le succès de l'apprentissage.

Pourquoi il y a 60 plus de 70 % dans nos profession et et vous le savez cher cher amis que l'apprentissage ça ouvre sur l'emploi à 75 % ça donne derrière un CDI avec une avec une activité. Et donc le lycée professionnel euh dans lequel on a un peu de mal, nous on reçoit des jeunes en stage, mais un stage un stage de quoi semaines 3 semaines, c'est c'est pas là qu' qu'on s'intègre à l'entreprise. Nous, on pense qu'à la fin du du lycée professionnel, il doit y avoir une année de plus, une année de plus dans laquelle il y a 80 % du temps dans une entreprise d'une filière qu'on a eu le temps de choisir parce que on a permis aux entreprises de venir dans le lycée pour se présenter, présenter l'ensemble des filières.

Et ça vaut pour toutes les filières hein. Ça vaut pour la boulangerie, ça vaut pour la boucherie, ça vaut pour la coiffure, ça vaut bien évidemment pour pour la restauration. Et ça c'est un travail qui qui reste à faire.

Moi je trouve qu'on progresse un peu, vous savez, je je vais le dire hein, c'est la première fois la semaine dernière avec mon secrétaire général que nous avons été reçus par le ministre de l'éducation nationale parce que jusqu'à présent les portes s'ouvre. Oui, bah il y a une prise de conscience me semble-t-il. Enfin, la situation, elle est quand même alarmante quoi.

Les enquêtes PISA d'une part 1400000 gamins qu'on appelle les NIT avec ce nom barbare là qui sont ni en formation ni en emploi, qui sont sortis du système scolaire, les décrocheurs. Il y a aussi ceux qui ont un diplôme, mais un diplôme qui leur donne du désenchantement parce que ce diplôme n'a pas été construit [raclement de gorge] sur les besoins du marché de l'emploi. Alors, je sais bien que le marché ne doit pas tout régir, mais tout de même nous, on voudrait faire une proposition, je sais pas si elle est disruptive ou pas, mais en tout cas une proposition qui qui fait que quand un jeune et sa famille, parce que souvent le choix est partagé avec la famille, s'engage dans une filière et ça vaut pour les lycées, pour pour les les études supérieures qu'il y ait systématiquement le taux d'insertion dans l'emploi à la sortie. du diplôme pour que les gens puissent faire leur choix en pleine connaissance de cause. [applaudissements] C'est des ce sont des indicateurs qu'on a commencé à mettre en place dans certains filières notamment dans l'enseignement supérieur mais insuffisamment de mon point de vue j'ai à m'en occuper dans le passer dans un établissement pas toujours évident.

Euh monsieur Christian Tetedoit, vous qui représentez l'excellence dans votre domaine et peut-être ce soir, je peux peut-être même le dire, peut-être que vous qui êtes dans en Ligue des Champions de la de la cuisine, je peux faire un clin d'œil à l'actualité, euh qu'est-ce que quel regard vous portez sur cette question du diplôme et de la réalité du terrain dans votre domaine ? En particulier, ce qui est formidable quand on intervient en dernière ligne, c'est que beaucoup de choses ont été dites et pour lequel j'étais vraiment d'accord. Moi, pendant des années, j'ai entendu que on apprend rien à l'école de mes apprentis, hein, qui me disait, on apprend rien vraiment, c'est on perd du temps.

Donc, je me suis collé à l'exercice. J'ai voulu créer une école. Bien m'en appris, ça a été une sacrée galère.

Et donc euh je me suis rendu compte ben de tout ce qui n'allait pas. Donc effectivement, ce sujet ce soir me parle particulièrement. Euh je crois qu'on a quand même beaucoup de jeunes aujourd'hui qui ne sont pas encadrés et par leurs parents, par les professeurs.

Donc on a une espèce de culture de l'échec qui est quand même assez important. On a quand même un taux de non réussite qui est qui est même si vous disiez que les chiffres étaient plutôt encourageants et que il y en a de plus en plus qui réussissent, tant mieux. Euh effectivement, je suis d'accord aussi pour dire que quand ils sortent de l'école, ben ils sont pas forcément formés s'ils sont pas en alternance.

Et on voit bien nous dans l'entreprise, on essaie vraiment de de faire de plus en plus de formations en interne parce que du coup alors ça nous coûte une fortune parce que on on met les gens en progression pendant 3 6 8 mois, ça dépend des collaborateurs parce qu'on croit en l'humain et que ben sans humain ben on pourra pas construire quelque chose de durable. Et euh moi honnêtement, les diplômes m'intéressent assez peu. Euh c'est dans l'entretien d'embauche avec les jeunes que je vois si la personne a envie vraiment a envie de réussir, a envie de devenir un homme bien, a envie de de se de s'engager dans la société.

Et à ce moment-là, je dis banco, on y va. Merci. On va donner la parole.

Merci monsieur TD. [applaudissements] Alors Sarah Payon donc qu'on connaît que tout le monde connaît très bien ici. Donc on va lui poser la question de comment l'élu qu'elle est voit ce ce sujet cette question de diplôme élu en charge en plus maintenant feuille de route qui est en train de se définir j'imagine donc sur la la question de la gestion des collèges.

Ça permettra aussi de faire le lien avec le début de la deuxième partie à savoir comment maintenant quels outils on utilise pour faire en sorte donc que le mur soit de plus en plus poreux entre le le monde du économique et le monde éducatif. Mais qu'est-ce que les élus peuvent apporter notamment ne serait-ce que déjà au départ du dès le collège ? Oui, merci Jean-Luc.

Euh je j'évoquerai la métropole de Lyon effectivement un peu plus tard, j'en profite pour saluer tous mes collègues qui sont nombreux euh ce soir et je parle aussi sous leur contrôle puisqueeffectivement on vient de prendre nos fonctions et nos feuilles de route sont cour en courte définition avec avec notre présidente. Comme le disait Christian quand on parle en dernier sur un thème, ce qui est bien c'est qu'il y a beaucoup de choses qui ont été dites et avec au auxquelles j'adhère. J'ai envie de dire sur la question du diplôme, fort heureusement la réussite ne se joue pas à 15 ou à 18 ans ou au moment d'un clic sur parcours sup.

Même si à ce moment-là, à cet âge-là, quand on est perdu, qu'on nous demande de prendre des décisions qui paraissent bien souvent définitives, on on considère que voilà, notre vie se joue maintenant. Fortureusement, ça n'est plus le cas. Moi, la génération de mes parents enfin commençaient leur carrière dans une entreprise et bien souvent finissait cette carrière dans l'entreprise, parfois évoluait. au sein de l'entreprise, mais voilà, c'est des choses que nous on ne connaît pas pour tout un tas de raisons.

Premièrement, l'état l'état du marché bien évidemment, mais aussi parce que je pense que je je fais partie des premières générations qui ne veulent plus ça tout simplement, qui voi aussi ce qu'on appelle pompeusement la carrière, ce que j'appellerais le parcours professionnel comme une évolution pas forcément linéaire mais comme une évolution. Et l'évolution ne signifie pas forcément promotion, mais en tout cas une avancée au gré de ses aspirations, de son épanouissement personnel. des choses qui aujourd'hui nous paraissent évidentes mais qui n'étaient pas forcément en tout cas euh explicite autrefois et c'est pour ça aussi qu'on voit autant de reconversion souvent à mis de parcours.

Sur la question du diplôme, évidemment qu'il servent encore mais plus comme avant. Euh ça reste une forme de passeport républicain, une façon de reconnaître l'effort, le mérite. Euh ça dit pas toute la personne qui le détient, mais c'est aussi pour un employeur potentiel un signal de confiance, ça atteste d'un parcours.

Ça ne fait pas tout évidemment comme tu le disais, on voit aussi des choses en entretien et aussi des choses qu'on voit pas en entretien qu'on voit après. Parfois, on se trompe, on s'est tous trompé en embochant mais ça dit quand même des choses. Effectivement après il y a la question de la compétence, l'expérience et de la formation tout au long de la vie.

Euh et je pense que je serai pas plus longue là, mais je veux quand même citer trois combats majeurs sur le sujet qui nous occupe. Évidemment, la revalorisation des filières professionnelles de l'apprentissage, même si ces dernières années beaucoup de choses ont été faites, on a encore beaucoup de retard par rapport à certains de nos voisins européens. La question de l'orientation qui est majeure.

Alors, on va reparler de comment casser fameux mur entre l'entreprise et l'école, mais je pense c'est une mythode de dire que en matière d'orientation, la France a des très grandes marges de progression. Et enfin la question de la formation tout au long de la vie qui selon moi est la clé. On a trop longtemps faire la formation initiale, la seule voix royale de la formation.

On sait qu'aujourd'hui ça n'est pas ça notre façon de vivre, de faire nos parcours de vie et nos parcours professionnels. Merci Sarah. [applaudissements] Ça permet de je pense que les les propos de Sarah et peut-être que je demanderai du gens de réagir immédiatement sur la sur la deuxième partie parce que je simplement faire état d'une d'une anecdote qu'on a connu ce matin donc lors d'un échange citoyen avec différents entrepreneurs et personnel élus locaux personnel d'éducation nationale donc en présence de de Gabriel Atal et c'était dans ma circonscription à Saint-Fon on a une une principale de collège qui est venue témoigner et qui nous a expliqué avoir mis en place donc un projet avec des entrepreneurs, des entreprises locales et cetera.

Je vais pas en dire plus et dire où c'était parce que je veux pas euh voilà non plus montrer du doigt tel ou tel collège ou tel et tel secteur. et elle nous a expliqué que le projet était très bien comme faut beaucoup d'établissement et ce projet n'a pas pu se mettre en place parce que un certain nombre de professeurs s'y sont opposés en allant jusqu'à faire grève et cette grève a donc empêché ce dispositif d'être ne serait-ce qu'expérimenté parce qu'après tout si on expérimente on va peut-être découvrir quelque chose d'intéressant et donc là on a même pas pu aller à l'expérimentation alors que on le sait et on l'a vu aussi dans le le collège où nous sommes rendus ce matin on a pu discuter avec un certain nombre de de d'enseignants qui nous ont dit que ils aimeraient bien expérimenter un certain nombre de dispositifs. Je pense des problématiques de niveau qui ont été évoquées ce matin en présence de Gabriel Tal.

Et la question que je que que je pose à l'élu métropolitaine en charge des collèges, c'est au fond, est-ce que dans ta feuille de route, il faudra pas essayer de dire bon maintenant, comme le demande monsieur Picong à peu près tout le monde le dit ici, est-ce qu'il faut pas un peu plus ouvrir ces fameuses portes des deux côtés ? Est-ce qu'il faudra pas aller plus loin ? Est-ce qu'il faudra pas aussi se poser la question de l'orientation ?

J'y reviendrai tout à l'heure en étant disruptif. Moi, j'ai quelques idées sur le sujet mais je voais pas trop trop disruptif ce soir, c'est pas mon rôle. Mais sur la question de l'orientation, qui doit piloter l'orientation ?

Est-ce que ça doit être donc des des personnels au sein des collèges, des lycées ? On doit se poser ce type de question. Donc Sarah, un petit peu comment on peut essayer d'aider voire même de de rassurer ces chefs d'établissement qui se trouvent bloqués par ne serait-ce que quelques collègues.

Alors sur la question des compétences éducation, comme on est en France et qu'on aime pas faire les choses simplement, euh on se retrouve effectivement avec pour le coup 1000 feuilles à la fois vertical, horizontal, même en en diagonale. C'està-dire que par exemple la métropole de Lyon, je vais en dire un mot pour ceux qui ne sont pas Lyonnais dans la salle, mais c'est l'équivalent du département du conseil départemental ailleurs en France. C'est-à-dire que on a la compétence des collèges mais on n pas vocation à se substituer à l'éducation nationale.

C'est-à-dire qu'on s'occupe déjà du contenant, c'est-à-dire de l'immobilier, évidemment aussi de la restauration scolaire, des choses qui sont primordiales bien sûr pour le bien-être et les bonnes conditions d'apprentissage. Là, on a aussi les personnels techniques et on peut, si on souhaite, aller un peu plus loin sur des compétences pas forcément obligatoires mais sur les questions éducatives. Nous, c'est ce qu'on ce qu'on souhaite faire à la à la métropole de Lyon. on va on va y travailler parce que je suis en charge des collèges et de l'excellence éducative.

C'est un terme qui était important dans dans ma délégation et qui le sera dans la la feuille de route qui est en cours de construction. Mais on reste quand même à travailler en lien bien sûr avec le rectorat évidemment euh avec la municipalité pour le lien entre écoles et collège et puis avec la région pour le lien collège et lycée. Donc les interlocuteurs sont multiples.

Il y a aussi les problèmes de enfin le problème ou la problématique. Est-ce est-ce problème qui sont multiples ? Non, pas forcément.

C'est pour ça que je me suis reprise tout de suite la problématique en tout cas notamment des des doubles hiérarchies. Bah tu parlais des chefs d'établissement typiquement ce sont nos interlocuteurs. Finalement ils ne sont pas des agents métropolitains mais c'est avec eux qu'on travaille et ils ont aussi du personnel éducation nationale avec qui on doit on doit aussi échanger.

Donc tout ça est bien complexe mais quand on a à faire des personnes qui ont envie de travailler ensemble les choses peuvent peuvent très bien se passer. En ce qui nous concerne la métropole de Lyon, on est un objet euh politique un peu un OVNI un peu à part euh qui a été pensé justement euh comme une expérimentation de ce que doit être la convergence des politiques publiques. Euh je m'explique, on a comme compétence effectivement les collèges, on a aussi l'insertion comme la plupart des départements, on a aussi le développement économique.

C'est là que ça commence à devenir intéressant et toute une série de compétences qui fait que le fait que tout soit entre les mêmes mains, ça a pu être parfois critiqué, c'est aussi une façon de faire converger les politiques publiques et peut-être parfois aussi d'être facilitateur, d'être le trait d'union naturelle entre les mondes qui doivent se rencontrer en tout cas pour la problématique qui nous intéresse et nous c'est vraiment ce qu'on a envie de faire. parlez de casser les murs, moi je parle de trait d'union, de mettre en relation à la fois les grands employeurs du territoire, mais aussi les start-ups, tous les employeurs, j'ai envie de dire toutes les entreprises du territoire, le monde éducatif euh [grognement] pour à la fois parler éducation, insertion parce que c'est pas un gros mot et c'est une compétence très importante pour nous et c'est lié et essayer de faire se croiser ces mondesl euh au moment du collège qui me semble effectivement l'âge déterminant, je vous disais tout, je joue pas à 18 ans mais souvent sans caricaturer certains ou certaines qui parlaient de de parler d'orientation de la maternelle, on met la pression quand même très rapidement à nos jeunes qui font des choix qui comme je vous disais tout à l'heure peuvent paraître définitifs très très tôt. Nous ce qu'on souhaite c'est effectivement faire dialoguer ces mondes, faire rentrer plus l'entreprise dans les établissements mais aussi ne pas se limiter au fameux stage de 3e qui a qui part du bon bonne intention mais qui a aussi montré ses limites et réfléchir à des parcours tout au long de l'année.

Et finalement, je sais plus lequel d'entre vous parler de dialogue entre ces mondes. Euh sans forcément dire aux jeunes euh les décisions que tu vas prendre aujourd'hui euh vont être déterminantes pour ton emploi demain. C'est aussi une façon de s'ouvrir au monde.

Je connais pas un seul jeune qui en 6e ou en 5e peu importe veut être contrôleur de gestion. Personne ne sait que ce métier existe à cet âge là ou alors c'est parce que les parents font ce métier. Voilà, on est à des âges où on est à ce que j'appelle le domino des métiers.

Alors toi Christian, ton métier les jeunes le comprennent très rapidement mais je pense que la plupart d'entre vous dans la salle réfléchissez au métier que vous faites et posez-vous la question de savoir si un élève de 6e sait que votre métier existe. Pour la plupart d'entre vous, la réponse sera non. Donc voilà, ça c'est déjà faire découvrir ces mondes, ça va être notre premier rôle à la métropole avec la nouvelle majorité.

Merci Sarah. [applaudissements] Alors sur ce sujet donc de la responsabilité partagée, je dirais quoi qu'on souhaite de plus en plus partager entre le monde de l'éducation et le monde économique, je vais vous demander un petit peu à à tous de de de continuer à à nous à nous partager vos visions avant d'être beaucoup plus disruptif à la fin. Mais déjà par rapport à la Est-ce qu'on peut d'après vous dire que l'entreprise est une sorte de est-ce qu'on peut la voir comme étant le co-éducateur ?

Je vais un peu loin donc voilà évidemment derrière on peut parler de l'apprentissage. Donc malgré tout on peut se réjouir me semble-t-il d'avoir multiplié par 3 donc le nombre d'apprentis dans ces neuf dernières années. Donc je pense que c'est une belle réussite depuis 2017.

Il faut aussi le dire. On n pas obligé de parler que des choses qui ne fonctionnent pas. Euh est-ce qu' est-ce qu'il faudra reconsidérer euh de particulièrement donc le le rôle de l'apprenti, le vivre et le voir comme étant un investissement stratégique et non pas comme non pas donner l'impression de subir bien entendu.

Je voudrais aussi que vous évoquiez sur ces outils actuels euh la question du du CPF donc et le système actuel du CPF. Je pense que vous avez des choses à nous dire là-dessus, j'ai notamment est-ce que ce CPF aujourd'hui euh est-ce qu'il peut pas est-ce que des fois il isole pas le salarié dans son choix de formation aussi parce que la formation tout au long de la vie c'est tout aussi important. Est-ce qu'il a pas d'une certaine manière tendance à déresponsabiliser l'employeur ?

Je pense que là aussi c'est un sujet qu'il faut qu'il faut qu'il faut essayer de de de travailler pour essayer de retrouver un dialogue entre l'employeur et et l'employé et faire en sorte que l'employeur soit peut-être tout simplement partie prenante du parcours de formation. Voilà un petit peu les sujets sur lesquels je voulais faire réagir. Peut-être on peut commencer par vous, monsieur Larseneur.

Oui, d'abord un [raclement de gorge] mot. Euh je crois que c'est 8 9 dernières années euh l'école s'est ouvert à l'entreprise comme jamais auparavant. Euh l'apprentissage évidemment qui est une réussite qui est contestée, qu'il faut défendre.

Je crois qu'on a par contrôle monsieur le premier ministre, on a flirté avec les 1 million d'apprentis. On a jamais dépassé les 1 million. On est à 1 million d'apprentis.

Pens 947000 je crois. les derniers chiffres. Pensez ce qu'on disait de l'apprentissage il y a 15 ans.

C'était impensable. C'était impensable. C'est une révolution.

On a créé des bureaux des entreprises dans les lycées professionnels. On a engagé une réforme des lycées professionnels. On a mouillé la chemise si je puis dire pour offrir des stages pour que les jeunes alors évidemment vous disiez tout n'est pas parfait mais enfin pour que des jeunes puissent ouvrir d'autres portes, voir d'autres univers s'ouvrir au monde de l'entreprise tout ça c'est des réussites.

On peut toujours faire mieux. Mais ce que je veux dire, c'est que un grand pas a été franchi et l'école, me semble-t-il, le système éducatif est beaucoup plus réceptif qu'il y a 15 20 ans à accueillir les entreprises mais aussi des associations et à dialoguer avec l'ensemble de l'écosystème. Deuxème point sur peut-être le lycée professionnel et après je dira un point sur le l'orientation.

Sur le lycée professionnel, on a une réforme qui est engagée et vous le disiez, il s'agit pas uniquement que le lycée professionnel soit espèce de réceptacle de l'adéquation entre les métiers en tension et ce vers quoi on oriente les élèves et vous ajoutiez mais tout de même, je suis assez d'accord avec ça mais tout de même. Et aujourd'hui quand on regarde, on a assez paradoxalement une majorité de lycéens professionnels qui s'orientent vers des filières dont les débouchés ne sont pas bons, dont l'intégration dans l'emploi à l'issue des formations n'est pas bonne. Et donc vous avez des diplômés de CAP de bac pro, une majorité qui restent sans emploi un an après avoir obtenu leur diplôme pour plusieurs raisons.

D'abord parce qu'on a développé beaucoup de filières tertiaères pour des raisons idéologiques mais aussi pour des raisons de coût parce que ça coûte moins cher de faire des filières tertières que des filières industrielles où vous avez des machines outils, vous avez des protocoles et cetera. Donc d'abord, il faut redévelopper ces filières et il faut surtout inciter ces jeunes, vous le disiez en rappelant les taux d'insertion, c'est très important, à aller vers ces fili là. On a fait quelque chose de très bien, cit de gratifier les temps de formation, c'est de payer les temps de formation dans l'initié professionnel.

Je pense qu'il faut aller plus loin. Il faut cibler vers les métiers en tension avec peut-être des contreparties financières. En tout cas, avoir un format incitatif et surtout n'avoir plus une orientation dans vers ces filières professionnelles qui soient uniquement fondé sur les demandes mais qui soient fondé aussi sur l'offre proportionnée face à l'analyse qu'on fait des emplois de demain et des compétences dont on a besoin.

Un mot sur l'orientation peut-être un peu provocateur. On a alors l'orientation ne marche pas très bien dans le système de façon générale ceux qui sont en charge de l'orientation dans ce pays ce sont les enseignants et les psychologues de l'éducation nationale qu'on appelle psyen. Je laisse de côté la question de la p la psychologisation de l'orientation.

Mais penseon vraiment que les enseignants dans le système dans lequel on est c'estàd une carrière unique suivie toute sa vie sont les mieux placés ? pour parler d'orientation. Pens-on que l'orientation doit reposer sur les enseignants ?

D'abord, on peut pas tout demander aux enseignants et je par avec vraiment immense de respect. On peut pas tout leur demander mais leur demander de prendre en charge l'orientation. Le fondement même de cela doit être questionné et je pense que en tout cas c'est un sujet qui devra être abordé dans les prochains mois.

Je n pas plus long. Merci. On y reviendra. [applaudissements] Madame monsieur AV.

Je voulais vous entendre sur le contrat le CPF aussi. Ça sera intéressant de vous entendre sur le sujet. C'est intéressant parce que vous mentionné le contrôleur de gestion.

Je pense que ça fait 20 ans qu'on dit que il faut surtout pas aller faire du compte de de gestion parce que les ordinateurs vont les remplacer et aujourd'hui il y a une pérunerie énorme de contrôleurs de gestion malgré l'IA, malgré euh les les voilà je [rires] et ça ça devient extrêmement cher de d'employer un contrôleur de gestion sur la partie formation. Je pense qu'il y a quand même eu des réformes ces dernières années qui qu'il faut questionner. Je trouve qu'on a déresponsabilisé l'entreprise sur ces sujets-là.

Aujourd'hui, l'entreprise n'a plus son mot à dire sur les formations que l'employé va choisir au long de sa carrière. C'est lui qui décide seul. Et ce dialogue là n'est pas toujours facile parce qu'il y a même eu un effet l'entreprise a beaucoup moins de moyens pour payer ses formations.

Elle a donc moins son mot à dire et il peut y avoir des tensions entre l'employeur et l'employé. Moi, j'ai eu un exemple très concret. On est quand même sur un métier des métiers d'avenir hein.

Installer des panneaux solaires, installer des pompes à chaleur. Enfin, en ce moment, avec la crise énergétique qu'on vit, on se rend compte qu'on va avoir besoin de ces gens-là. Et j'avais un jeune qui était formé pour faire tous ces dimensionnements là et qui a dit "Ah bah non, moi je vais utiliser mon compte de formation pour devenir lutier." Donc il est parti, il est devenu lutier.

Alors, je ne sais pas son taux d'employabilité depuis qu'il est lutier, mais je peux vous dire que son taux d'employabilité quand il était au bureau d'études de dimensionnement de pompe à chaleur et de panneau solaire était bien selon moi bien plus élevé et là on avait rien à dire en tant qu'employeur à part lui donner ses jours pour qu'il suive cette formation et juste lui dire bah bonne chance dans son futur métier lutier et payer cette formation. Donc il y a quand même, je pense, un sujet parce que l'employeur peut aussi, c'était un jeune hein, il devait avoir 22 ans, il sortait d'études et il s'est réorienté. Euh on on a quand même besoin de reconstruire ce dialogue parce que je pense qu'en tant qu'employeur et employé euh on est en capacité de dire "Mais regarde comment évolue." Et moi, je le vois même avec des ingénieurs informaticiens là à l'heure de l'IA, ces gens-là vont devoir retourner se former.

Moi-même, on a fait un challenge tous les membres exécutifs de l'entreprise pour apprendre à utiliser les outils IA pour ne pas être dépassés alors qu'on a tous on est tous bardé de diplôme et on est retourné se former. Je pense que ce dialogue là, il faut le renforcer et ça passe entre autres en redonnant une partie du budget de la formation un peu entre les mains de l'employeur alors que ça a fondu comme pot de chagrin à l'heure actuelle. Merci Christian Toois.

Quel regard vous portez sur cette question de l'apprentissage, question de la formation tout au long de la vie et des outils actuels ? Et ben, enfin, moi je trouve que franchement les les l'État fait quand même beaucoup pour euh euh pour euh la formation. Moi qui ai eu la chance de voyager dans le monde entier, euh je peux vous dire que la formation en France est plutôt envier.

Donc, j'ai plutôt un regard quand même assez positif. Je trouve que les jeunes n'en font pas ce qu'ils devraient en faire euh parce que comme je vous ai dit tout à l'heure, je me suis collé à l'exercice et honnêtement euh on a été obligé de changer notre fusé d'épaule et de faire revenir les jeunes beaucoup plus souvent à l'école que ce qui était prévu au dépend des entreprises pour qu'il puisse avoir l'examen parce que il ne bossait pas quoi. Donc il a vraiment fallu qu'on qu'on les qu'on les qu'on les captive pendant les 3 semaines avant les examens pour le faire des des révisions de fou parce que toute l'année c'est quand même compliqué de les faire travailler quoi.

Donc moi honnêtement, je pense que bah on a un vrai problème avec les réseaux sociaux qui comme comme on a pu l'entendre tout à l'heure dans la première intervention, on entend tout et son contraire et effectivement les jeunes vont aussi chercher l'information qu'ils attendent et c'est un vrai problème. être en train de faire un cours de cuisine et montrer comment on découpe une volaille selon les règles définies par l'éducation nationale et donc et on peut dire les règles de la cuisine française. Et ben le jeune va vous dire ben non je viens de regarder sur internet le mec il fait pas pareil que vous chef.

Le tuto pour découper la volaille, c'est c'est quand même un peu gênant quoi parce que je comprends. Moi, j'ai appris avec ma grand-mère à l'époque, il y avait pas de tuto. Euh, ceci étant dit, euh tout à l'heure, je parlais de de la culture de l'échec.

Euh pour autant euh en France, il y a quand même beaucoup de main tendu. Euh je pense que le monde de l'entreprise effectivement est quand même très ouvert et qu'on récupère des gens qui sont au bord du chemin qui ont eu plusieurs échecs et on arrive à les relancer dans une vie professionnelle à divers niveaux et on a des progressions internes dans l'entreprise qui sont assez spectaculaires. Donc je veux croire en l'avenir.

Merci Michel Picon. [applaudissements] Votre regard sur les outils actuels, le rôle de pédagogue peut jouer l'entreprise ? Bon, sur le CPF, moi je partage aussi comme madame le le besoin de recentrer le CP.

Ah, quelqu'un vous vous aurait censuré ? Non, c'est pas possible ça, monsieur Pic. Voilà.

Oui, c'est CPF qui m'a censuré. Il y a quelqu'un qui en prend le CPF à la région. Non, non.

Quand quand on regarde le palmarès d'utilisation du CP du CPF, ça malheureusement pas beaucoup à voir avec les besoins professionnels de de la personne, les cours de cuisine par exemple. Bon, c'est bien apprendre les langues parce qu'on va faire un voyage au Pou, c'est sympa aussi mais à l'origine, je pense que c'est pas fait pour ça. C'est pour pour donner.

Ensuite, après bah oui, moi je vais défendre l'apprentissage, l'apprentissage dans les métiers dans les métiers qui sont ceux que nous représentons majoritairement à l'UDP, mais aussi dans l'enseignement supérieur. Et là quand même, on a certain nombre, on a un retard qui a été comblé. Je veux dire, si [raclement de gorge] dans les dernières années euh on cite une chose qui a été super mené par le président de la République et son équipe, donc vous faisiez partie, monsieur le premier ministre, c'est tout de même l'apprentissage.

C'est un million de jeunes qui ont trouvé la capacité à la fin de leur apprentissage de de de trouver de trouver un emploi. C'est le meilleur point de Alors moi aussi je suis optimiste mais à la fois quand je regarde le constat aujourd'hui, je l'ai dit tout à l'heure sur le nombre [grognement] ce qu'on appelle les Nit enfin c'est barbare ce mot mais sont 1400000 gamins entre 16 et 26 ans qui sont c'est terrible de dire ça nulle part ni en formation ni en emploi. [grognement] Ça doit quand même nous challenger qu'il y a quelque chose qui marche pas bien.

Moi, je porte pas un regard critique parce que je vous l'ai dit, l'éducation nationale, je trouve que je parlais d'un mur et je retarde un peu parce que peut-être que le mur est est déjà est déjà tombé. On discute avec des enseignants et on a plein d'expériences. Moi, j'ai une expérience euh à Percy il y a pas longtemps au au centre Pierre Mandescence où on a accueilli quatre classes de 3è avec des professions libérales.

Et moi, je voyais ces gamins quand une jeune gynécologue leur parlait de de son métier, quand un pharmacien, une jeune pharmacienne venait parler de pourquoi elle avait choisi pharmacie, comment ça s'était fait. Enfin là, il s'agissait de c'était des des des lycées. Ben euh les jeunes, ils ont les yeux qui brillent quoi.

Et ils ont envie qu'on aille les voir et que et qu'on leur dise quand un chef va les voir va voir des dégâs dans une école, d'abord, il y a qu'à voir le succès dans les émissions de télévision de Top Chef, le meilleur le meilleur cuisinier, le meilleur pâtissier, enfin et j'en passe. Et donc ça fait rêver les jeunes. Il y a une compétition que vous connaissez peut-être qui s'appelle les World Skills, hein, cette compétition internationale.

Hier, hier sur la place de la Concorde, c'était le lancement de l'équipe de France. Enfin, on voit plein de gamins dans toutes les disciplines mais qui sont engagés et qui ont vraiment envie. Donc moi, j'ai beaucoup d'espoir mais être optimiste, c'est c'est tout de même ne pas nier les les la situation que l'on connaît que l'on connaît aujourd'hui sur les jeunes et qui est qui est un peu préoccupant. l'apprentissage juste une dernière chose franchement euh faut que faut que faut que l'État arrête de rabioter quoi.

Ouais. J'allais rebondir sur l'apprentissage. Euh dire quand j'ai vécu aussi bien aux États-Unis qu'en Allemagne, on devient ingénieur en apprentissage.

Aujourd'hui en France, on a quand même une culture d'associer apprentissage avec formation professionnelle. C'est un peu dommage parce qu'on a, moi j'ai vu dans d'autres pays des parcours où euh ben des gens qui étaient peut-être en échec scolaire à 16 ans qui rentrent en tant qu'ouvrier. Moi je travaillais en usine à l'époque aux États-Unis, il démarrait ouvrier sur la ligne de production. l'entreprise parce que aux États-Unis c'est pas l'État hein, c'est l'entreprise euh voyait du potentiel, le montait technicien et allait même jusqu'à avec des cours du soir le faire devenir ingénieur.

Et ces parcours-là du secondaire, on va dire de ces diplômes-là en France, on n' pas tout à fait le réflexe apprentissage qu'on a aux États-Unis et qu'on a en Allemagne. Alors avec moins d'intervention de l'État évidemment aux États-Unis. Alors pour conclure cette table ronde, j'aimerais vous donner la parole à chacune et à chacun d'entre vous en vous projetant encore un petit peu plus au-delà de ce que l'on a évoqué et en même temps vous donner un point de réflexion.

En vous écoutant, je repensais ce que j'ai entendu dire il y a c'était en 2016, une enquête qui avait été sortie par la PEC à l'époque et que j'avais présenté aux étudiants à l'université où dont j'étais le l'un des vice-présidents. Cette enquête, elle disait que 60 % des métiers de 2030, on ne les connaissait pas et ça, il fallait l'expliquer aux étudiants et que donc la la clé pour leur avenir, c'était fort probablement l'agilité et cette capacité à se former tout au long de la vie et accepter un petit peu de débuter donc sûrement donc avec comment dirais-je avec un certain nombre d'incertitudes. Il me semble que 10 ans plus tard avec un éléphant qui est dans la pièce qui s'appelle l'intelligence artificielle, on va aller peut-être encore plus loin et peut-être que le taux le pourcentage de métiers qu'on ne connaît pas à horizon de 15 ans peut-être est-il encore plus important ?

Et donc euh la question que que j'ai envie de vous poser, c'est vous comment vous pensez que cette question de la formation et de l'IA parce que et de la formation li inévitablement donc doit se poser et est-ce que si vous vous imaginez donc en train de rentrer chez vous ce soir et d'avoir envie d'écrire une ou deux mesures importantes pour le projet présidentiel auquel vous réfléchissez chacune et chacun d'entre vous, qu'est-ce que vous pensez qu'il faut apporter dans le dans comme comme sujet donc dès la prochaine présidentielle pour se projeter sur les 10 15 ans qui viennent en matière d'arrivée de l'IA et de la toute de la percussion, tout ce que ça va apporter donc au niveau et tout ce que va ça va venir percuter au niveau aussi bien du système éducatif que évidemment l'employabilité et évidemment le monde de l'entreprise. Je sais que je vous demande un peu de vous projeter mais je pense qu'on est aussi là pour pour ça ce soir et puis ensuite nous écouterons monsieur Atal. Merci.

Alors qui commence ? On dit le ne tiens. Voilà.

Alors nous LIA on est au cœur du sujet on en on en met partout avec précaution. réfléchissant cybersécurité, données personnelles et cetera, ce qui est assez euh effrayant. Donc là, nous dans notre nos équipes, ce sont des gens qui ont été formés sans y.

Donc, ils ont une capacité de prise de recul, un esprit critique face à ces outils au moment de les de s'en emparer qui va être à mon avis très différent dans quelques années où il va y avoir des gens qui auront été éduqués avec lien. Euh et pour vous donner un exemple, aujourd'hui, vous mettez sur un tableur Excel, vous êtes contrôleur de gestion, vous de faites trois phrases à Claude pour ne citer euh qu'un outil, mais c'est le meilleur sur Excel, euh je pour en citer d'autres sur d'autres applications. Et il vous sort un fichier avec 1000 lignes dans tous les sens, des chiffres dans tous les sens, vous avez rien vu faire en 30 secondes.

Si vous n'avez pas été formé sans l'outil pour avoir le regard critique de ce qui vous sort, ça va être très difficile de garder une valeur ajoutée et vous allez être un agent IA humain. [rires] formation et donc en fait le sujet de la formation faut peut-être revenir à des formations un peu à l'ancienne. Si je parle des outil des métiers type informatique, mathématique et cetera pour comprendre le fondamental derrière l'outil parce qu'autrement on se fait par l'outil et en plus il y a une barrière qui n'existe plus maintenant tout est beau.

Les slides sont beaux, c'est bien présenté, c'est bien écrit, il y a du c'est il y a des des discours des discours c'est verbeux, c'est et donc ça vous endort en fait ça vous présente un sujet qui a pas de fond, qui est peut-être faux et ça vous endort. Donc si vous n'avez pas construit ce regard, vous êtes complètement happé par l'outil et vous n'arrivez pas à vous euh défaire de Donc moi, je pense qu'il faut sujet clé la formation à l'intelligence artificielle sans euh sans sacrifier l'esprit critique. En fait, l'intelligence artificielle, elle va être dans l'entreprise, vous l'aurez.

Je suis pas sûr que ce soit le rôle de l'école vraiment d'apprendre à utiliser Claude parce qu'en plus c'est fait pour un enfant de 2 ans, c'est extrêmement facile. Même moi j'ai réussi à coder une application, je suis ingénieur chimiste hein. Donc je n'ai absolument pas de compétence et maintenant en discutant avec mon ordinateur, je vous fais une application géniale et ça se trouve je peux même la vendre sur sur n'importe quel store et devenir la la prochaine millionnaire avec un employé dans l'entreprise.

Voilà. Mais je pense pas que ce soit ça qu'on attend de nos je [rires] des futurs. Mon monsieur Troit, qu'est-ce que vous en pensez ?

Christian, qu'est-ce que vous en pensez de de l'avenir ? Qu'est-ce qu'il faut faire sur Li ? Nous, on fait quand même un métier de service donc je pense qu'on va échapper un petit peu à ça.

Alors, on s'en sert un petit peu quand même parce que euh on s'est amusé à lui faire avaler nos recettes. Il a beaucoup aimé d'ailleurs et on imagine nous aussi. Et il nous a sorti 10 présentations différentes.

Alors du coup, ça nous a un petit peu inspiré sur des différentes possibilités. Voilà. Donc euh je dis pas je dis pas que c'est pas utile euh mais euh Dieu merci, nous on est quand même sur euh des métiers de service où l'humain a toute sa place encore pour très longtemps.

Euh j'en profite quand même pour revenir un peu sur la formation. Euh je pense que euh une piste de développement serait peut-être de faire euh pour ces jeunes qui sont justement laissés sur le bord du chemin des formations en interne dans les entreprises en immersion. Je vois euh en dehors de mes activités où je suis président international des maîtres cuisiners de France, je suis aussi président de la commission nationale de lutte contre la dénnutrition en milieu hospitalier et on a pas assez de jeunes qui s'intéressent à ces métiers de la restauration collective qui sont pourtant extrêmement importants parce que on sait bien que aujourd'hui que ce soit la restauration en domicile pour les personnes âgées ou que ce soit la restauration en hôpital ou en ÉPAD, on a besoin de compétences.

Aujourd'hui, les gens vont plus loin dans la vie et euh il faut qu'on les forme au manger main, au mixé, euh au structurer, enfin bon, tout toutes ces nouvelles euh dispositions qu'on a mis en place pour pouvoir euh justement euh améliorer le quotidien de nos aînés qui ne peuvent plus s'alimenter normalement. Donc, je pense que si on arrivait à mettre des formations en place en interne dans les entreprises qui font de la restauration collective, on pourrait embaucher quand même pas mal de ces jeunes. Merci.

Michel Picomb. [applaudissements] Moi, je crois que la première des choses, il faut vraiment que l'éducation nationale renforce les savoirs fondamentaux des des jeunes. Parce que outre le fait qu'on va chercher des des collaborateurs dont on aura besoin, des salariés qui à qui on aura appris le geste, on aura pris la compétence, mais on doit aussi chercher les futurs repreneurs de nos entreprises dans les 10 ans qui arrivent. 500000 entreprises vont devoir être reprises tout à fait par des des gens.

Et c'est aussi ça qu'il faut qu'on aille à ces jeunes, c'est que faire un CAP de boulanger mais mais c'est tu vas pas être ouvrier boulanger toute ta vie. Tu as un parcours professionnel, tu as la possibilité de racheter la boulangerie et pareil dans tous les métiers. Je prends l'exemple de la boulangerie mais je pourrais le dupliquer sur des tas de à 2 jours du 1er mai.

C'est très intant. Il y a de ch et à 2 jours du 1er mai, c'est important euh [rires] hein, elle était j'étais je commençais à passer la balle un peu. Quel quelle quelle quelle quelle galère !

Donc oui, vous l'avez dit madame, apprendre à apprendre et ça je pense qu'on aura besoin de ça parce que pour reprendre une entreprise, il faut connaître le geste, faut avoir la compétence que vos maîtres vous ont vous ont appris, mais il faut aussi gérer une boîte. qu'il faut aussi gérer les relations avec les salariés. Faut quand on reçoit un courrier de l'URSAF en trouver toutes les subtilités.

Enfin, c'est tout ça dont on a besoin. Et donc oui, l'apprentissage, plein de choses. Vous pensez qu'il faut simplifier les courriers de l'ursaf ?

Un peu un peu un peu un peu. Mais ils font des efforts là aussi. Ça ça c'est vrai.

Et puis quand l'intelligence artificielle, alors bon la cuisine mais en tout cas moi je vois des tas de métiers euh don auquel on ne pense pas et ça va complètement les percuter hein. Je discutais avec un hôtelier il y a pas longtemps qui me dit "Mais l'intelligence artificielle utiliser correctement va m'aider à faire mon niveau de prix pour mes chambres parce que l'intelligence artificielle elle me dira combien dans les avions qui viennent à Nice il y a de passagers le weekend prochain, combien la météo va permettre d'influer la clientèle locale." Et du coup ma chambre au lieu de l'avoir de la vendre à 250 le weekend dans 15 jours, je vais la passer à 280 ou je vais la diminuer.

Tous les métiers vont être impactés et la différence se fera entre celui qui sait apprendre à qui on a appris dans les savoirs fondamentaux à apprendre. Ben lui, cet hôtelier là, il fera la différence avec celui qui ne sait pas se servir de ses outils. Donc le renforcement premier, mais c'est un chef d'entreprise qui vous le dit.

Je pourrais vous dire moi j'ai besoin de gens qui font leur métier point. Non, il faut que l'éducation nationale franchement amène les gamins et qu'on retrouve la place que nous avions dans le classement PISA. C'est insupportable pour un pays comme le nôtre de voir notre jeunesse qui dans les savoirs fondamentaux s'effondre.

C'est pas possible. C'est clair. 25 % des Français ne maîtrisent pas les savoirs fondamentaux.

Sarap payant. Un petit mot de conclusion avant que Baptiste l'Arsceneur essaie de faire la synthèse. Ouais.

Bon sur les je je vous laisse la synthèse. Ouais. Non, sur sur l'IA, je pense que les mots clés ont été prononcés.

Euh, il va falloir apprendre à la piloter et pas la subir. Euh donc, on a parlé d'esprit critique. Ça me semble le mot clé à la fois pour nos pour nos jeunes aussi pour nos enseignants puisque finalement euh ça peut aussi être un puissant outil pédagogique si c'est utilisé intelligemment.

Moi je je fais partie de la génération qui fait des des exposés avec des CD Roms de l'encyclopédie Ancarta. Euh j'ai vu avec beaucoup d'envie arriver euh pour les générations suivantes Wikipédia et Google et là on est encore à l'étape d'après où tout est fait à votre place mais ça ne vous apprend effectivement ni à apprendre ni à avoir le recul critique ni à comprendre les limites de l'IA ni à comprendre le fonctionnement d'un algorithme. Donc il y a il va avoir effectivement avoir un gap un gap générationnel et puis et puis ça severra aussi dans dans l'entreprise comme vous l'avez dit.

Moi je je fais un petit clin d'œil. J'ai quelques anciens étudiants dans la salle. Euh je fais partie des des gens qui donnent des cours dans l'enseignement supérieur.

Il y a quelques années, on avait des outils euh antiplagia. Là, on a des outils euh anti et euh j'avais l'impression d'attraper une vieille conne quand je leur disais "En fait, si vous n'apprenez pas à faire des choses que Lia ne sait pas faire, pourquoi un employeur vous payerez-vous alors qu'il a L tout simplement ?" Enfin, c'est bête et méchant mais c'est la réalité du du monde de demain tout simplement. même d'aujourd'hui déjà.

D'ailleurs, juste une petite anecdote en support client pour ceux qui ont appelé récemment euh une compagnie aérienne, une banque et cetera et qui s'est retrouvé perdu dans la boucle du chatbot qui vous renvoie vers un autre chatbot, on commence à faire payer un petit supplément annuel pour avoir un service premium et quand vous appelez, vous avez un humain et plus un chatbot. Donc on commence à faire payer l'humain dans ce type de service très en avance sur l'A. C'était juste pour l'anecdote [rires] où on remet de la valeur sur l'humain.

Monsieur Larsonur quand vous êtes l'expert donc sur les questions d'éducation ce soir donc votre regard sur ces prospectives est-ce que vous avez éventuellement des propositions disruptives à nous à nous faire ? C'est la question de l'IA de la formation et de l'avenir des métiers. Bon je je vais faire une synthèse à ma manière.

Euh, d'abord, il y a un autre éléphant qui est dans la pièce euh c'est la baisse démographique euh - 1,7 millions d'élèves à horizon 2035. Ça va profondément euh déséquilibrer notre système éducatif au niveau territorial, mais au niveau national, c'est aussi un moyen de repenser totalement notre modèle d'école, de prioriser, de hiérarchiser nos priorités. Qu'est-ce qu'on veut défendre ?

Qu'est-ce qu'on veut accompagner ? Qu'est-ce qu'on veut changer ? L'impact est vraiment majeur, hein, en terme de marge de manœuvre financière, en terme de potentiellement de de redéploiement financier.

Il y a une chose, je crois, euh pour aborder cette synthèse sur lequel on peut tous s'accorder, c'est euh la maîtrise des fondamentaux. Et si on parle de la maîtrise des fondamentaux, on parle du premier degré. On a aujourd'hui 300000 élèves qui rentrent au collège sans maîtriser les fondamentaux.

C'est avant que ça joue. Et notre pays surinvestit aujourd'hui dans le second degré et sous-investit dans le premer degré. La baisse démographique et les marges de manœuvre financière qu'elle libère nous permet aujourd'hui de d'avoir une réorientation massive de notre investissement vers le 1er degré.

Et il ne suffira pas juste de diminuer le nombre d'élèves par classe. C'est une chose, c'est bien, il faut le faire, mais il faudra agir sur les pratiques pédagogiques, sur la labellisation des manuels scolaires, remettre en cause, rediscuter la liberté pédagogique, discuter de ce qu'elle doit être vraiment et de la qualité des pratiques pédagogiques que les enseignants exer exercent dans les classes. Il y a une autre chose et je vais en finir temps assez rapide, c'est que le choc va être tel qu'il ne doit pas nous empêcher de nous poser toutes les questions.

Il ne doit pas y avoir de dogme. On doit pouvoir discuter de tout. Il y a une polémique en ce moment sur la réforme de l'orthogramme.

Vous l'avez vu lancé par une ancienne ministre. Peut-être en 2 secondes, je vais essayer de vous convaincre que cette question est légitime, pas qu'il faut réformer l'orthographe, que cette question est légitime. Pourquoi elle est légitime ?

Est-ce que quand en France vous passez du temps sur l'accord du participe passé avec l'auxiliaire à voir, ça prend du temps, c'est compliqué et c'est du temps que vous n'avez pas pour développer d'autres compétences. La langue anglaise pendant ce tempslà, elle fait peut-être du code, elle fait peut-être du numérique et donc tout le temps que vous consacrez, et le temps c'est un circuit fermé, il est pas extensible. Donc il faut choisir comment on utilise ce temps.

Et donc en cela se poser la question de la réforme de l'orthographe est légitime et après c'est un choix de société mais c'est légitime. Vous parliez de des langues étrangères, c'est formidable. On a une grande ambition dans ce pays.

On veut que tout le monde apprenne deux langues étrangères. La réalité c'est que sorti du système éducatif, l'immense majorité n'en parle aucune. C'est ça la réalité. nos voisins très proches hein, très proches frontaliers n'impose pas l'apprentissage de deux langues étrangères, une langue étrangère.

Et est-ce que pour exporter notre cuisine, notre boulangerie dans le monde entier, ne vaut-il mieux pas que nos futurs boulangers fassent 6 he d'enseignement de l'anglais, de l'espagnol, qu'importe plutôt que de fois 3 heur de d'espagnol et d'anglais ? Est-ce qu'on peut laisser le choix aux familles et aux élèves peut-être de n'apprendre qu'une seule langue étrangère ou est-ce qu'on garde ce dogme de l'apprentissage de deux langues autr pour je ne sais quelle raison ? Toutes les questions, me semble-t-il peuvent être mises sur la table et le choc démographique est l'occasion de le faire parce qu'il donne des marges de manœuvre.

Et à mon avis, c'est toutes ces questions là, il faut se priver d'aucune question pour permettre de préparer notre système éducatif et préparer notre économie de demain. Merci à tous les cinq. Merci de les applaudir.

Merci à tous les cinq. [applaudissements] Merci. [applaudissements] Merci à tous les cinq.

On va [applaudissements] Bonsoir, [applaudissements] bonsoir à tous et à toutes. Merci d'être là. Merci d'avoir choisi ce débat d'idée plutôt que le match de la Ligue des Champions, même si j'ai entendu tout à l'heure un bruit d'un téléphone, donc je pense qu'il y en a qui avaient un œil sur le match pendant les débats.

Mais en tout cas, merci d'être là pour cette soirée qui est une soirée riche et je commencerai par là. Je veux sincèrement qu'on remercie tous les intervenants qui se sont succédés pour la qualité des propos et des interventions [applaudissements] qui ont eu lieu. Je vais remercier évidemment Thomas Rudigose, monsieur le maire d'avoir ouvert cette soirée, remercier et pour moi, j'avoue que ça a été une révélation ce soir Jean-Luc Fugit pour l'animation parce que franchement, on dirait que tu as fait ça toute ta vie, animer des tables rondes. [applaudissements] On va te prendre pour toutes les éditions de la nuit de la nouvelle République.

Bon, cette soirée, ça a été une soirée très riche. J'ai je suis arrivé un peu en retard. J'ai entendu la fin de la première table ronde depuis le fond de la salle et puis la seconde parce que j'étais retenu sur la dédicace juste avant qui a duré plus longtemps que prévu.

Ça a été une soirée très riche et pour moi en fait cette soirée ce soir c'est à ça que la politique devrait ressembler tout le temps. Parler du fond, parler des idées et surtout décloisonner la politique, être capable de se mettre autour d'une table et d'écouter des personnalités issues de la société civile. Ce soir sur scène, la plupart des membres et des personnalités qui sont intervenues ne sont évidemment pas membres de notre parti politique, ne sont pas des soutiens de renaissance, mais ce sont des entrepreneurs, des chefs d'entreprise, des syndicalistes, des représentants du patronat, des intellectuels qui ont des choses à dire sur le pays et qui ont une expérience à partager pour le pays.

Et ça, je pense que c'est majeur à un moment où le sentiment qui est donné quand même aux français, c'est que la politique est une forme de vase clos d'elle-même sans parler des problématiques des Français, qui parle une langue que les Français parfois ne comprennent même plus. Ce qui crée évidemment beaucoup de désespérance, beaucoup de doutes où les Français se mettent à douter de leurs représentants, à douter de leurs institutions, à douter de la démocratie. C'était l'objet de la première table ronde et même à douter d'eux-même.

Moi, c'est ça qui me préoccupe le plus aujourd'hui dans le pays, c'est le doute de nous-même. On était ce matin, Jean-Luc le disait, dans un collège à Saint-Syorien d'Oson et on avait une table ronde avec des jeunes de 3e qui pouvaient me poser toutes les questions. Et moi, il y a une question qui m'a saisie, c'est un jeune de 3e qui m'a posé la question.

Il m'a dit "Est-ce que vous n'avez pas peur de ce que notre génération peut faire au monde ?" Et je regardais ce jeûne et je me disais pour qu'un jeune de 3e en soit à se poser cette question et à nous poser cette question de regarder sa propre génération comme une menace pour le monde, je me dis qu'il y a évidemment beaucoup à faire pour donner confiance au français dès le plus jeune âge et que si on laisse ce doute sur nous-même s'installer dès le plus jeune âge comme ça, évidemment qu'ensuite pour l'ensemble de la société ce sera très compliqué et très difficile. Donc il faut recréer de la confiance et moi ma conviction c'est qu'on peut le faire pas avec des slogans, pas avec des propos à l'emporte-pièce, pas avec des injonctions entre formation politiques, mais en revenant sur le fond des idées et le débat et c'est ce qui a été fait ce soir.

Le deuxième objectif de cette soirée, de ces soirées parce qu'il y en aura d'autres, c'est évidemment de bâtir du consensus. On a beau ne pas être d'accord sur tout, venir d'horizon différents, on peut au moins se retrouver sur le constat et c'est ce qu'on a entendu ce soir et partager, je pense des grandes orientations et des grandes lignes de force qu'on doit suivre ensemble. C'est ce qui a été, je crois, partagé dans les deux tables rondes de ce soir parce que c'est possible et c'est possible et c'est même nécessaire à un moment où la réinvention, la réinterrogation de notre modèle est plus nécessaire que jamais.

Moi, je crois qu'on est aujourd'hui dans un moment où on doit profondément réinterroger notre modèle et nos institutions. On a des institutions qui, au sens large du terme, ont été bâtis au lendemain de la seconde guerre mondiale dans un monde et dans une France qui n'avait rien à voir avec les défis qu'on a relevé aujourd'hui. La démographie n'avait rien à voir.

La natalité explosait, la population active augmentait. On vivait beaucoup moins vieux qu'aujourd'hui. La mondialisation était un concept balbuciant.

Euh la technologie n'avait évidemment rien à voir. N'imaginez pas une seule seconde l'intelligence artificielle à l'époque. Et on parlait pas de dérèglement climatiques, on parlait de météo.

Tout a changé. Et face à tous ces défis, personne ne peut plus considérer qu'on en est à débattre de petits paramètres de virgules qu'il faut bouger dans une loi, de fiscalité qu'il faut bouger à la marge. On doit réinterroger profondément notre modèle.

C'est pour moi ça la vraie réponse au doutes français et la vraie capacité à se projeter de l'avant et à se projeter vers l'avenir. On doit aussi inventer une autre manière de faire et c'est je crois ce qui est ressorti notamment dans la dernière table ronde. Il y a urgence selon moi à partager le pouvoir et partager les responsabilités en France.

On a beaucoup entendu dans la table ronde l'État n'a pas vocation à s'occuper de tout. Il faut mieux partager les responsabilités, mieux partager le pouvoir. Ça veut pas dire la cogestion permanente.

Ça veut pas dire qu'avant de prendre la moindre décision, l'État doit avoir l'accord, la signature de tous les syndicats. Ça veut pas dire qu'avant de décider, une collectivité locale doit nécessairement avoir l'accord de l'État. Au contraire, ça veut dire que chacun doit être clair dans ses responsabilités et avoir l'ensemble des leviers dans les responsabilités qui sont les siennes.

On sera beaucoup plus efficace si on a une méthode de partage du pouvoir qui a fait ses preuves dans beaucoup d'autres pays que la France et qui à la fin permet, ce qui est pour moi l'essence même de la politique, rendre possible ce qui est nécessaire, remettre de l'efficacité et de la puissance publique. Et je crois que les interventions de ce soir avec des personnes qui viennent d'horizon très différents ont montré que chacun dans sa responsabilité politique, syndicaliste, entrepreneur, associatif, intellectuel, on a chacun notre part à prendre pour le pays. Et c'est ça pour moi le chemin de la confiance.

Et puis enfin ce qu'on retrouve je crois dans cette soirée, d'ailleurs dans d'autres événements qu'on a organisé, c'est pas la première nuit de la Nouvelle République, on en a organisé une fin janvier à Paris. On est ici ce soir à Lyon. On sera à Bordeaux le 5 mai, à Strasbourg le 20 mai pour des événements exactement comme celui-là avec des thèmes différents, des personnalités différente.

Mais ce qu'on retrouve finalement ce soir, c'était parce que c'était la la deuxième table ronde, mais pas seulement. Je pense que sur les questions démocratiques aussi, c'était très présent. C'est que en 2027, il faudra que l'école soit au sommet de toutes nos priorités pour le pays.

Parce que l'école, c'est l'assurance vie de la République, c'est l'assurance vie de la démocratie. L'école c'est le chemin de la liberté et l'école c'est le chemin de la prospérité. [applaudissements] Et oui, les mutations du monde, la baisse démographique sont des opportunités pour réinterroger profondément la manière dont on doit agir et dont on doit investir pour nos jeunes.

Et quand on parle de l'école, c'est évidemment l'éducation mais c'est la formation tout au long de la vie aussi. Je crois que ce qui ressort des échanges ce soir, c'est que l'école finalement, elle doit apprendre les savoirs fondamentaux. Elle doit apprendre à apprendre dans un monde en perpétuelle mutation et dans un monde du travail qui va profondément évoluer.

Elle doit aussi apprendre l'esprit critique pour avoir le recul nécessaire face à des informations pas uniquement d'ailleurs dans le cadre du travail avec l'IA, mais globalement aussi à la multiplication de la désinformation des fake news alimenté notamment sur les réseaux sociaux. Et finalement, cet objectif là, on doit le porter pour toute la vie. La Finlande a décidé récemment de former l'intégralité de sa population active à l'intelligence artificielle dans les années qui viennent.

Alors, ils sont moins nombreux que nous, mais ils ont moins de moyens que nous. On doit nous aussi en France s'engager dans un tel objectif. Là, c'est le rôle de l'État que de fixer cet objectif et planifier les choses.

Moi, je veux qu'en 2027, on puisse proposer aux Français de former sur 5 ans 20 millions d'actifs à l'intelligence artificielle [applaudissements] pour être capable de se reconvertir, pour être capable de se réinventer, pour être capable de ne pas être remplacé par la machine, mais d'être toujours une plus-value par rapport à la machine. Il faut aussi qu'on arrive à porter un discours positif sur cette évolution. Évidemment que il faut nous adapter évidemment qu'il y a probablement des réglementations, des encadrements à porter, mais il faut aussi voir une vraie opportunité, y compris d'ailleurs dans l'apprentissage et dans l'éducation avec des outils qui peut-être font révolutionner la manière la manière d'apprendre.

Moi, c'est ça le message que je voulais vous passer ce soir. Je crois profondément qu'en remettant les idées au cœur du débat, en bâtissant du consensus, en évoluant vers une nouvelle manière de faire et une nouvelle méthode, en plaçant l'école au sommet de nos priorités et à la base de tout ce que nous voudrons présenter pour le pays, on vise l'objectif qui est l'objectif suprême pour nous et pour la politique, qui est de redonner confiance, de mettre fin au doute et de recréer de l'espoir. Je crois que ce soir à Lyon, nous avons fait un pas dans cette direction.

Alors, merci à tous pour votre participation [applaudissements] et au travail. Merci. [applaudissements]