Christelle Morançais, vice-présidente d'Horizons, pense que Gabriel Attal et Édouard Philippe, ça n'a rien à voir"
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Thomas Soto, RTL Matin. Elle est la présidente de la région Pays de la Loire, elle est aussi la vice-présidente d'Horizon, le parti d'Edouard Philippe, candidat à la présidentielle. Bonjour et bienvenue sur RTL, Margaret Thatcher. Bonjour. Bonjour Christelle Morencé, vous savez que Margaret Thatcher c'est un de vos surnoms, d'autres disent que vous êtes la ravière milleille des Pays de la Loire, allusion au président argentin et à sa tronçonneuse qu'il brandit pour couper dans les dépenses publiques. Ça vous flatte ou ça vous gêne ces comparaisons-là ?
Écoutez, j'ai tout entendu, j'ai même fait la une d'un journal Libération où je pensais que c'était une fake news. Ça fait un peu plus d'un an et demi, si vous voulez quand vous avez le courage de taper dans les dépenses publiques, vous êtes caricaturé, attaqué, mais j'ai voté un budget quand même avec deux unités de CRS, j'ai jamais vu. Donc vous y êtes fait.
Ce qui est sûr en tout cas c'est que vous les dépenses publiques vous taillez dents, vous aviez imposé 82 millions d'économies dans le budget 2025 de la région, vous avez continué en 2026, vous êtes très proche, je le disais politiquement, d'Edouard Philippe. Aujourd'hui, est-ce que votre politique dans la région Pays de la Loire, c'est le laboratoire de ce que ferait Edouard Philippe s'il est élu président de la République dans un an ?
Je pense qu'Edouard Philippe n'a pas besoin d'un laboratoire pour baisser les dépenses publiques, je crois qu'il l'a fait. Mais il est sur votre ligne ? Non mais quand il était Premier ministre, c'est le seul Premier ministre depuis des années qui a baissé le déficit. Je pense qu'on a aujourd'hui une responsabilité, 3500 milliards de dettes, nous devons la réduire pour nos enfants. Enfin ça me semble indispensable. Et donc aujourd'hui c'est un sujet qui est devant nous et malheureusement, je pense que le budget de l'année dernière, il n'a pas été à la hauteur des enjeux. Le budget de la France là vous parlez. Le budget de la France n'a pas été à la hauteur des enjeux.
Donc ça veut dire qu'Edouard Philippe coupera drastiquement aussi dans les dépenses publiques, ça fait partie de ses promesses, de ses engagements ?
Mais on n'a pas le choix. Encore une fois, on n'a pas le choix. La solution depuis des années, c'est d'augmenter les impôts plutôt que de réduire la dépense publique. Donc moi je l'ai fait dans ma région, ça n'a pas été simple, et je l'ai fait par responsabilité, comme beaucoup de familles, comme beaucoup de chefs d'entreprise. Quand vous avez 100 et que du jour au lendemain vous avez 50, vous ne continuez pas à dépenser 100. Sinon ça s'appelle la France avec ce déficit. Et encore une fois, je pense que la responsabilité c'est pour nos enfants.
Le problème c'est que couper dans les dépenses, c'est un discours qui est évidemment séduisant en campagne, mais quand on est confronté à la réalité des faits, on s'aperçoit que ça revient à moins de services publics, à isoler encore davantage les quartiers qui le sont, ou des campagnes qui se sentent déjà délaissées, non ?
Non, ce n'est pas moins de services publics, c'est mieux de services publics. C'est faire mieux avec moins, et d'aller chercher de l'efficience. Ce n'est pas facile. Et d'aller chercher de l'efficience. Et ça c'est le rôle aussi du politique. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, la plupart des Français disent, sont déçus ou considèrent qu'il n'y a pas le service public. Si, il y a le service public, il est là. Peut-être mal utilisé. Je vous donne juste un exemple dans ma région sur les transports. Les transports aujourd'hui, j'ai des cars sur les routes, j'ai des TER, il y a des transports partout.
En revanche, quand moi je lève la tête parce que je suis une présidente de région qui est sur le terrain, et que je vois des cars avec trois personnes dedans, on a un problème. Le problème c'est, est-ce que les horaires correspondent ? Est-ce que la ligne est judicieuse ? Il y a une attente sur le territoire, et donc il y a un moment où il faut repenser nos politiques publiques. J'ai un deuxième exemple, sur la formation des demandeurs d'emploi. C'est une compétence des régions. Il y a deux ans, j'ai réformé totalement. C'est-à-dire que maintenant on part du besoin des entreprises. Avant on avait 60% de retour à l'emploi. Aujourd'hui on a 80%, parce qu'on part du besoin des entreprises.
Donc quand on réforme, quand on va chercher l'efficience, on arrive à des résultats.
Moi j'ai un autre exemple, dans votre région, vous avez coupé les subventions au planning familial. Concrètement ça veut dire des séances d'éducation sexuelle qui n'ont plus eu dans les lycées, et lors de ces séances, on sait ce qui se passe, on familiarise les jeunes aux violences sexuelles, aux questions de l'inceste, etc. Est-ce que ça c'est pas une erreur ?
Eh bien non.
Pourquoi non ?
Non, j'ai coupé toutes les subventions.
Oui.
C'est-à-dire sans exception. On ne peut pas m'accuser aujourd'hui d'avoir fait des choix en fonction des étiquettes politiques ou du clientélisme. Mais ce n'est pas ce que je dis ? Non, non, non. Je dis en termes sociétal, sur un sujet fondamental comme les violences sexuelles. Non, non, non, non, si vous permettez, je vais vous répondre. Mais ça fait, vous voyez, vous faites partie, ça fait un an et demi où on raconte des choses qui ne sont pas exactes. J'ai coupé toutes les subventions sans exception. Culture, les associations comme celles que vous citez, écologie, économie également. En revanche, ces associations, elles interviennent dans le cadre des actions éducatives dans nos lycées.
J'ai aujourd'hui des actions éducatives dans les lycées, portées justement contre la violence faite aux femmes ou autres. Donc, ce n'est pas vrai. J'ai juste arrêté...
Quand le planning familial dit qu'on ne peut plus faire notre travail, on ne peut plus éduquer à ces questions-là les jeunes, ils racontent n'importe quoi ?
Non, le planning familial, la structure, je ne l'accompagne plus. En revanche, j'ai des actions éducatives dans mes lycées. Et aujourd'hui, quand je dis que j'ai supprimé toutes les subventions, oui, je l'assume pleinement. Pour maintenir un haut niveau d'investissement. Et c'est quoi l'investissement ? C'est d'investir dans nos lycées, c'est d'investir dans le TER, c'est d'investir dans notre économie. Parce que ça, aujourd'hui, qu'est-ce qui crée la richesse ? Qu'est-ce qui crée la croissance ? Notre économie. Et donc, oui, c'est un choix. Je l'assume totalement. J'ai privilégié l'investissement au détriment du fonctionnement, donc les subventions, le train de vie de la région.
Et c'est pour moi une responsabilité.
Alors, typiquement, les aides de l'État, type ma prime rénov' ou la prime carburante 100 euros, c'est une bonne idée ? Fallait le faire ou pas la prime pour les gros rouleurs en ce moment ?
Est-ce que vous pensez qu'on a les moyens, aujourd'hui, de continuer à être shootés à la dépense publique ?
On n'est pas sortis du quoi qu'il en coûte. Ceux qui n'ont plus les moyens d'aller faire le plein et d'aller travailler, comment ils font ?
Mais vous savez, je suis présidente d'une région très rurale. 80% des habitants de ma région utilisent leur voiture pour faire des trajets de domicile-travail. Tous les jours, je l'entends. Mais c'est mentir aux Français de faire croire qu'on a encore les moyens de faire de la politique du chèque ou du quoi qu'il en coûte.
Mais là, les 100 euros, vous ne l'auriez pas fait ?
Mais il y a un moment, on vous met dans une poche et on va vous le retirer un moment ou un autre. Qu'est-ce qui se passe avec ça ? C'est derrière, ça sera une augmentation de la dette ou ça sera des impôts supplémentaires. Donc c'est totalement illusoire de laisser croire que la politique du chèque est encore possible en France. Ce n'est plus possible.
Comment vous les aidez alors ? Qu'est-ce que vous auriez fait avec le litre de diesel à 2,20 euros ? Rien ? Vous l'aurez dit, prenez le quart ?
Mais ce n'est pas prenez le quart. C'est que la situation aujourd'hui de la France, nous n'avons plus les moyens de pouvoir subvenir.
Oui, ça j'entends. Mais il faut quand même aider ceux qui sont en très grande difficulté, non ?
Le vrai sujet, c'est quoi ? C'est le pouvoir d'achat. C'est juste que les salariés soient plus payés. Et donc ça passe en faute brute et nette. Mais ça ne se décrète pas. Vous pensez que ça se décrète la politique du chèque ? On laisse à nos enfants. Non, mais moi je suis désolée. Moi je suis mère de famille. Je ne peux pas aujourd'hui, mon engagement politique, je ne peux pas laisser passer cette dette et se dire, ce n'est pas grave, ce sont nos enfants. Vous allez me dire, ça fait 30 ans qu'on fonctionne comme ça, mais je ne peux pas l'accepter.
Est-ce que vous trouvez, Christelle Morancet, qu'il y a trop de fonctionnaires en France ?
Trop de fonctionnaires, ça dépend des services. Je vais vous dire franchement, moi je suis issue du privé. Quand je suis arrivée en politique, j'avais une certaine image des fonctionnaires. et ils font un travail très important. Après, aujourd'hui, dans la police, dans tout ce qui est régalien, dans la santé, notamment tout ce qui est aide-soignants, etc. Je ne pense pas qu'il y en ait trop.
Parce que typiquement, en 2017, François Fillon, on se souvient de sa proposition, voulait supprimer 500 000 postes de fonctionnaires. Vous, où est-ce que vous mettez la jauge avec Édouard Philippe ?
Ce n'est pas le volume, c'est surtout de sortir des doublons. Vous avez des doublons partout. Mais vous avez des doublons partout. Vous les avez chiffrés, j'imagine. Vous avez des doublons dans les collectivités. Vous avez des doublons dans l'administration. Je prends juste un exemple. Vous êtes l'accompagnement à l'export pour les entreprises. Vous avez Business France. Vous avez BPI. Vous avez les CCI. Et vous avez la région. Tout ça, il y a des administratifs. Donc, il y a un moment, il faut repenser nos bonnels. Il faut réformer en profondeur. Ce n'est pas de vous dire, je vais sortir un chiffre.
J'imagine que vous y avez pensé parce que ça a un coût. Et si vous voulez faire des économies, il faut savoir de combien.
Mais aujourd'hui, ce n'est pas de sortir un chiffre. Moi, ce qui m'intéresse, c'est juste l'action. L'action de politique. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il faut juste sortir de ces doublons qu'on peut avoir au quotidien. Et puis, de simplifier aussi le service public. Il y a des sujets... Ça veut dire quoi, simplifier le service public ? Je vous donne un exemple.
Est-ce que ça veut dire privatiser une partie du service public d'audiovisuel, par exemple ?
Non. Non, non, non. Mais moi, je ne fais pas partie de tout privatiser. Ce n'est pas parce que je suis l'issue du privé qu'il faut tout privatiser. L'exemple, moi, j'avais une agence de développement. Je l'ai rattachée à mes services administratifs. Là, pour le coup, j'ai fait le sens inverse.
Vous faites de l'économie par l'efficacité, par la réorganisation.
L'efficience. C'est juste de l'efficience. Et puis, savoir couper aussi dans les budgets. J'ai envie de dire, d'avoir un peu le courage.
Édouard Philippe est donc candidat à la présidentielle, comme Gabriel Attal. Ils ont un point commun, un délébile. Ces deux-là, ce sont des enfants politiques du macronisme. Ils ont tous les deux été premiers ministres d'Emmanuel Macron. Mais qu'est-ce qui les distingue, en fait ? C'est cosmétique ou c'est politique, la différence entre Attal et Philippe ?
Ça n'a rien à voir.
Ça n'a rien à voir ?
Ça n'a rien à voir.
Rien à voir ? Non. Pourtant, ils ont gouverné ensemble.
Oui. Bruno Retailleau a bien gouverné aussi avec Gabriel Attal et qu'importe.
C'est quoi la différence fondamentale entre Attal et Philippe ?
Édouard Philippe, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, c'est déjà un homme qui est sérieux, qui travaille, qui va proposer un programme massif. L'autre, il ne travaille pas, il n'est pas sérieux. Ce n'est pas ce que je veux dire, mais ça fait des années où il se prépare à cette échéance. Je vous ai dit, en termes d'action, en tant que Premier ministre, je vous l'ai dit tout à l'heure, c'est le seul qui a baissé les déficits. C'est lui aussi qui a engagé des grandes réformes. C'est lui qui a mis en place une politique de l'offre. Aujourd'hui, c'est le candidat qui est prêt. Et c'est surtout, pour moi, quelque chose de très important, Paris Centre, de la droite et du centre.
C'est lui, aujourd'hui, qui est capable de rassembler de Bruno Retailleau jusqu'à Attal. Et c'est le seul à pouvoir le faire. Et aujourd'hui, pour moi, c'est un sujet très, très, très important. Parce que se placer au deuxième tour, ça passera uniquement s'il y a le rassemblement. Et pour moi, c'est Édouard Philippe qui l'incarne le mieux.
Merci ou Matignon pour vous ? Mais ni l'un ni l'autre, vous savez, j'ai... Bah non ! Oh non, la langue de bois nous rattrape sur la fin.
Mais alors là, je vais vous dire sincèrement, je n'ai jamais eu de plan de carrière et je ne veux surtout pas en avoir. Mon engagement, il est plein et entier. C'est tout ce qui m'anime, c'est de pouvoir agir.
Merci beaucoup Christelle Morancé d'être venue ce matin sur RTL.
Christelle Morançais