Matthieu Orphelin : "Je ne sais pas si on peut dire qu'Anne Hidalgo est une candidature rivale"
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:16OuverteÉludée
Quel regard portez-vous sur la candidature d'Anne Hidalgo qui ne décolle pas ?
- 1:11RelanceRéponse directe
Pourquoi l'union de la gauche évoquée au printemps est-elle devenue lettre morte ?
- 2:21OuverteRéponse directe
Anne Hidalgo est une candidate sociale-démocrate, Yannick Jadot un écologiste compatible avec l'entreprise. Qui doit rallier l'autre ?
- 2:39FerméeRéponse partielle
Quand cette décision de rallier Yannick Jadot sera-t-elle prise ?
- 4:13OuverteRéponse partielle
François Lamy a rejoint Yannick Jadot. D'autres suivront-ils ?
- 5:38RelanceÉludée
On veut des noms de personnes qui pourraient rejoindre Yannick Jadot.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:30Invité politiqueFait
« Le responsable politique qui a, dès avril dernier, cherché à rassembler tout le monde, c'est Yannick Jadot. »
- 3:18Invité politiqueChiffre
« Yannick Jadot commence à être de plus en plus connu, reconnu pour son sérieux. Vous êtes à 9%. »
- 10:37Invité politiqueChiffre
« Pour plein de ménages, la facture d'énergie à la maison, c'est 1 000 euros, et pour les carburants, c'est 1 000 euros. »
Temps de parole
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Avec notre invité à présent, bonjour Mathieu Orphelin.
Bonjour à vous, merci de l'invitation.
Avec plaisir, vous êtes député Europe Écologie Les Verts, porte-parole du candidat Yannick Jadot à la présidentielle. Aujourd'hui, l'actualité, c'est Anne Hidalgo qui va être investie par le Parti Socialiste. Quel regard, d'ailleurs, portez-vous sur cette candidature rivale qui ne décolle pas pour l'instant ?
Je ne sais pas si on peut dire candidature rivale. Anne Hidalgo, c'est la candidate du Parti Socialiste. On voit sans doute que pour elle et pour le Parti Socialiste, ce n'est pas le début de campagne qu'elle attendait. Mais le Parti Socialiste a le droit d'avoir un candidat. On voit que ça peut être une candidate, ça peut être un peu compliqué aujourd'hui pour eux. C'est ce qu'on voit à l'extérieur, de rassembler l'ensemble des socialistes. Mais voilà, elle a le droit de rentrer en campagne aujourd'hui. Je crois que depuis plusieurs semaines, elle est déjà à faire des déplacements. J'ai l'impression que ce n'est pas du tout, effectivement, pour l'instant, ce qu'ils attendaient.
Et qu'il y a beaucoup de questionnements. Mais voilà, c'est l'affaire des socialistes. Nous, on est dans le projet écologiste aujourd'hui, rassemblé autour de Yannick Jadot. Et on avance sur notre projet.
Vous dites qu'Anne Hidalgo n'est pas une candidature rivale. Je voudrais rapprocher vos propos d'un sondage qui sort ce matin. Un sondage Ipsos Sopra Steria pour France Info et le Parisien. qui note que 66% des sympathisants de gauche aimeraient une candidature commune. Pourquoi cette union qui avait été évoquée au printemps est devenue lettre morte comme les feuilles à l'automne ?
Le responsable politique qui a, dès avril dernier, cherché à rassembler tout le monde, c'est Yannick Jadot. Il a organisé une réunion entre l'ensemble des candidats et des candidates de gauche et écologistes pour arriver à rassembler les uns et les autres ont participé à deux réunions. Puis, de toute évidence, n'ont pas souhaité saisir la main tendue par Yannick Jadot. Aujourd'hui, on reste dans cet état d'esprit. C'est-à-dire que toutes celles et tous ceux qui veulent venir porter avec nous le projet écologiste, le projet pour la justice sociale, sont les bienvenus. Pour pousser avec nous le projet écologiste. Et c'est là-dessus que nous sommes forts.
C'est ce que les Français et les Françaises attendent. Et chacun prendra le temps pour venir, d'ici à avril, pousser avec Yannick Jadot et les écologistes là-dessus. Mais nous restons... Allez-y.
Mais Mathieu Orphelin, vous avez présenté Anne Hidalgo comme une candidate PS. Très bien, c'est une candidate sociale-démocrate qui a toujours défendu des valeurs écologiques. Et Yannick Jadot est un écologiste qui se dit compatible avec le monde de l'entreprise. Il y a donc un candidat en trop. Donc, qui doit rallier l'autre ? Et surtout, à partir de quand ? Quand est-ce que cette décision-là va être prise ou sera prise ?
Écoutez, cette décision, aujourd'hui, elle appartient à toutes celles et tous ceux qui veulent nous rejoindre. Et veulent rejoindre Yannick Jadot. On voit aujourd'hui que nous avons une dynamique dans ce début de campagne. Vous parliez des sondages tout à l'heure, mais on le voit aussi surtout sur le terrain. Il y a la candidature de Yannick Jadot. Cette campagne qui est commencée depuis quelques semaines. On a été hier à Saint-Pérez-en-Ré, en Loire-Atlantique, sur un déplacement pour promouvoir l'éolien et les énergies renouvelables. On a un début de dynamique. Et c'est très bien. Yannick Jadot commence à être de plus en plus connu, reconnu pour son sérieux. Vous êtes à 9%.
Oui, mais c'est bien parce qu'il y a trois semaines, juste avant les résultats de la primaire, Yannick Jadot était à 6%. Donc, on voit que dans tous les instituts de sondage, on a gagné 2-3%. Et surtout, la crédibilité de Yannick Jadot commence à se révéler. C'est très bien. On ne va pas faire cette campagne avec les sondages. Mais on accueille avec intérêt le fait d'avoir monté dans tous les instituts de sondage et de se rapprocher de 10%, qui est sans doute la barre à atteindre d'ici à la fin de l'année. Et d'ici à la fin de l'année, je crois qu'il y a beaucoup de choses qui peuvent s'éclairer dans cette campagne.
Et les candidatures qui n'iront pas forcément au bout, vous savez, c'est souvent dans les 2 ou 3 mois juste avant l'élection présidentielle que se passent les plus grands débats, les plus grandes options. Donc, nous, sereinement, on avance sur le projet écologiste, sur ce que ça amène de bon pour les Français et les Françaises, sur le pouvoir d'achat, sur le pouvoir de vivre. Et on déroule là-dessus. C'est notre unique feuille de route pour les semaines à venir.
Vous parlez de dynamique, Mathieu Orphelin. C'est vrai que le socialiste François Lamy a décidé de rejoindre Yannick Jadot. C'était un proche de Martine Aubry, la maire de Lille. En temps de campagne, c'est ce qui s'appelle en général une assez belle prise politique. Est-ce qu'il y en a d'autres qui, dans les semaines qui viennent, pourraient effectivement également rallier Yannick Jadot ? Est-ce que vous pouvez nous dire quand, combien, qui pourrait rejoindre cette dynamique de campagne dont vous essayez de nous parler ce matin ?
Toutes celles et tous ceux qui ont envie de porter avec Yannick Jadot et les écologistes ce nouveau projet qui est très différent du projet d'Emmanuel Macron sont les bienvenus. Il n'y a pas de débauchage ici ou là. On est très content d'avoir François Lamy dans l'équipe parce qu'il apporte beaucoup, notamment sur les quartiers populaires, notamment sur la maîtrise d'un certain nombre d'autres sujets. Donc voilà, mais il n'y a pas de débauchage, il n'y a pas de stratégie individuelle. Nous, ce qu'on veut, c'est continuer le rassemblement. Yannick Jadot a réussi le rassemblement des écologistes.
Maintenant, il faut aller plus loin et passer, voilà, assez rapidement, d'augmenter la notoriété, faire des propositions écologistes le cœur des propositions du débat politique et puis aller jouer la finale contre Emmanuel Macron. Et c'est ça, vraiment, l'objectif. Donc toutes celles et tous ceux, pour répondre clairement à votre question, qui veulent venir avec nous travailler, sont les bienvenus sur la base du projet écologiste. Pardon ?
On veut des noms. On voudrait quelques noms.
Mais des noms, ce n'est pas des...
Est-ce qu'il y a des gens qui ne fera pas votre porte en ce moment ?
Mais évidemment, et tant mieux, il y a plein de gens qui ont envie de contribuer. D'abord, plein de militants et militantes sur le terrain. Ici à Angers, je vois toute cette jeunesse qui dit, voilà, on a envie de s'impliquer pour Yannick Jadot. On a beaucoup d'experts, beaucoup de gens qui viennent du monde de l'entreprise, etc., qui ont envie de venir aider, qui se rendent compte que le projet écologiste, c'est un projet sérieux, c'est un projet qui va créer de l'emploi, c'est un projet qui va apaiser, rassurer notre pays au moment où il est en clivé. C'est un projet qui va répondre aux incertitudes, qui va redonner de l'espoir, de la confiance. C'est tout ça que peut porter l'écologie.
Et oui, tant mieux, vous allez voir tous ces nouveaux visages qui vont venir nous aider à pousser, à remporter cette victoire. Et c'est très important.
Vous dites qu'il y a beaucoup de monde qui frappe à la porte de Yannick Jadot en ce moment. Il y a aussi ceux qui quittent le bateau. L'ancien porte-parole de Sandrine Rousseau, Thomas Porte, il a préféré quitter le staff de campagne, en estimant qu'Yannick Jadot ne remet pas suffisamment en cause les logiques libérales. Comment est-ce que vous entendez cette critique, vous, le porte-parole de Yannick Jadot ?
Écoutez, Sandrine Rousseau, elle, est pleinement dans la campagne. Tant mieux, je note les prises de position de son porte-parole. Mais écoutez, il a le droit, c'est très classique dans une campagne électorale, ça s'appelle se mettre en retrait quand son candidat ou sa candidate n'a pas été choisie par les désignations internes. Voilà, mais encore une fois, l'important, c'est que tout le monde soit là et qu'on continue. La primaire, elle est terminée, aujourd'hui, on est dans la campagne électorale, toutes et tous rassemblées dans ce collectif pour faire gagner Yannick Jadot.
Et pour terminer avec les questions de personnes, Mathieu Orphelin, Sandrine Rousseau, justement, comme un grain de sable tout de même, une épine dans la chaussure de Yannick Jadot, elle tient toujours une musique parfois différente de celle du candidat officiel, par exemple sur l'augmentation des prix de l'essence. Est-ce que ça ne va pas, au final, brouiller le message, et il ne doit y avoir qu'un seul message, celui d'Yannick Jadot ? Est-ce que ça ne va pas brouiller les esprits ? Ça, c'est clair.
Il ne doit y avoir qu'un seul message, c'est celui que porte Yannick Jadot et que portent les écologistes.
Quand je dis qu'il ne doit, c'est pour rendre audible votre discours, c'est pas ce que je pense.
Oui, c'est très important, c'est très important pour montrer la crédibilité de notre projet. Maintenant, chacune et chacun a sa feuille de route, on est tous impliqués là-dedans, et je crois que Sandrine Rousseau le sait, nos adversaires politiques, les journalistes et les intervieweurs dont c'est le métier, vont en permanence chercher dans ces futures interventions à cliver entre elle et Yannick Jadot. Donc il faut qu'elle ne laisse aucune prise à cela, et je crois qu'elle peut apporter beaucoup dans cette campagne, mais il faut vraiment qu'elle soit vigilante sur le fait de ne laisser aucune prise à celles et ceux qui veulent diviser les écologistes.
Pour la première fois, on va faire une campagne électorale avec des moyens, tous rassemblés, c'est historique. Regardez l'histoire des écologistes, c'est la première fois qu'on peut faire une belle campagne, et je crois que Sandrine Rousseau voudra mettre toute son énergie, et puis surtout qu'on passe à la suite. La suite, c'est la campagne présidentielle.
Alors le gouvernement a décidé, pour aider les Français face aux prix qui augmentent, et pas seulement ceux de l'énergie et des carburants, le gouvernement a décidé de verser une indemnité inflation, 100 euros pour tous ceux qui gagnent moins de 2000 euros net par mois. Vous avez estimé, dès l'annonce faite par Jean Castex cette semaine, jeudi, que c'était une bonne mesure. Mathieu Orphelin, c'est une bonne mesure qui va aider les gens combien de temps ?
Moi j'ai dit qu'il y avait du bon et du moins bon dans l'annonce de Jean Castex. Le bon, c'était effectivement ce coup de pouce pour les classes moyennes. Yannick Jadot portait ça par l'extension du chèque énergie à 20 millions de foyers, donc ça c'est le bon. Le moins bon, c'est que l'aide, elle est clairement insuffisante pour les travailleurs pauvres, pour toutes celles et ceux qui sont les plus démunis, où Yannick Jadot proposait 300 à 400 euros. Et puis, le vide absolu dans les annonces du Premier ministre, mais là aussi ça fait une différence avec le projet écologiste, aucune mesure structurelle.
Rien sur l'isolation performante des logements, les changements de véhicules, les investissements publics, et c'est tout ça qui permet de libérer les factures énergétiques des Français et des Français.
Mathieu Orphelin, je suis obligé de vous couper, pour la rénovation énergétique des logements, le gouvernement envisage de favoriser encore plus l'aide, le dispositif d'aide MaPrimeRénov', qui va bénéficier d'un budget de 2 milliards l'année prochaine. Initialement, ça n'était prévu que 750 millions. On ne peut pas dire qu'il n'y a pas eu d'effort fait dans ce domaine.
Il y a eu un effort sur les primes rénov', mais on est encore loin de ce qu'il faudrait. La proposition des écologistes de Yannick Jadot, c'est de passer de 2 milliards à 6 milliards par an, parce qu'on doit aider plus qu'aujourd'hui les Français et les Françaises à rénover énergétiquement, globalement, leur maison et leur appartement. C'est ce qui nous permet de diviser la facture par 2 ou par 3. Et donc, vous savez, pour plein de ménages, la facture d'énergie à la maison, c'est 1 000 euros. Et pour les carburants, c'est 1 000 euros. Donc, 2 000 euros, c'est souvent une somme majeure, parfois jusqu'à 20 % du revenu disponible.
Donc, oui, nous assumons de vouloir mettre beaucoup plus que le gouvernement actuel pour accompagner tous les ménages à réduire leurs factures énergétiques. Ma prime rénov', ça n'est pas suffisant. Par exemple, sur les rénovations énergétiques performantes, on en a eu moins de 100 000 cette année. Moins de 100 000, ce n'est pas normal. Il faut absolument changer ça, parce que derrière, c'est la santé, c'est le pouvoir de vivre, c'est la maîtrise des consommations et c'est l'aider toutes les Français et les Françaises à sortir de la précarité énergétique.
Vous parlez des logements, très bien. Là, en ce moment, vraiment, le cœur des soucis tourne autour de l'énergie et en particulier, là, des carburants. Mathieu Orphelin, pour baisser son budget carburant, quelles sont vos solutions ? Faire passer tout le monde au bioéthanol ? Miser sur un parc automobile entièrement électrique ? Bon, on voit bien que ça va être quand même difficile d'organiser tout ça. Donc, où sont les solutions ? Et elles peuvent venir dans combien de temps, en fait, vos solutions ?
Elles peuvent venir très rapidement pour certaines d'entre elles. Je vous donne un exemple. Aider les Français, plus qu'aujourd'hui, à changer de véhicule pour un véhicule plus petit, moins lourd, plus sobre. Pourquoi pas élécrit ? Aujourd'hui, Yannick Jadot porte un écopret à taux zéro pour, garantie par l'État, pour aider les Français et les Françaises à changer de véhicule. Il faut aussi investir beaucoup plus qu'aujourd'hui dans les solutions de transport alternatives à la voiture, dans les transports en commun, dans le covoiturage, dans le vélo. Il manque, cette année, dans le budget 2020, 6 milliards d'euros.
Quand on habite en zone périphérique, on a besoin d'une voiture.
La voiture électrique, on n'en produit pas suffisamment
aujourd'hui en France.
Alors, on n'est pas anti-voiture. Donc, les caricatures de certains sur les écologistes. Nous, par contre, pour ceux qui ont besoin aujourd'hui de la voiture, pouvoir les aider à acheter une voiture plus sobre, moins émettrice de gaz à effet de serre, moins consommatrice de carburant. Ça, c'est des solutions très concrètes. Et donc, il faut qu'on accompagne ces Français. Mais vous savez, pour les zones périurbaines et pour les zones rurales, on a aussi des solutions alternatives à la voiture. Venez voir ce qu'on fait ici dans les Hauts-Danjou, à 45, à 40 kilomètres d'Angers. On développe les mobilités alternatives à la voiture avec les habitants.
On a tout un tas d'initiatives très innovantes. Et ça aussi, les mobilités sur les territoires, ce sera évidemment un axe de campagne fort pour Yannick Jadot.
Mathieu Orphelin, porte-parole et qui coordonne le porte-parole-là de Yannick Jadot. Un mot sur RTE, le réseau de transport d'électricité, qui va présenter lundi ses différents scénarios pour envisager le prochain mix énergétique de la France à l'horizon 2050, sachant que le gouvernement table sur une forte hausse de la consommation d'électricité à cette échéance. Alors, on va bien voir quelles seront les parts réservées aux énergies renouvelables et la part du nucléaire. Pourquoi êtes-vous d'ores et déjà très remonté, vent debout, contre les hypothèses qui seront envisagées lundi ?
On a six scénarios présentés lundi par RTE. Trois de ces scénarios sont basés sur, à partir de maintenant, uniquement les énergies renouvelables pour les nouvelles capacités de production. Donc, ça montre que les scénarios 100% énergie renouvelable à l'horizon 2050 sont crédibles, même RTE la propose. Mais il semble que le gouvernement a déjà choisi la petite fable de « on va toujours plus consommer d'électricité, donc on a besoin de construire à nouveau de lancers nucléaires ». Ce n'est pas vrai, ça ? Non, nous, avec Yannick Jadot, nous avons présenté cette semaine notre scénario qui montre une augmentation de la consommation d'électricité d'ici 2050.
Vous êtes d'accord avec le chef de l'État, alors ? On maîtrise cette augmentation et ça, ça nous permet vraiment ensuite d'avoir un futur énergétique très différent de suite proposé par Emmanuel Macron et basé uniquement sur les énergies renouvelables qui ont un potentiel fabuleux. L'éolienne qu'on a vue hier, évidemment, c'est une éolienne avec financement participatif, tous les habitants, c'est un projet parfaitement intégré. Et aujourd'hui, par exemple, l'éolien en mer est aussi rentable que le nucléaire historique, deux à trois fois moins cher que l'EPR.
Et donc, investir dans la maîtrise de l'énergie et les énergies renouvelables, c'est beaucoup plus rentable que d'investir dans le nucléaire.
Mais les Français ont découvert, ont redécouvert là il y a quelque temps, très récemment, que finalement, les énergies renouvelables, c'est des énergies intermittentes. Donc ça les inquiète énormément. Les Français sont en train de changer de regard, en revanche, sur le nucléaire, justement. Donc comment vous allez réussir à lutter contre ça ?
Non, mais d'abord, c'est des idées reçues, en tout cas sur les énergies renouvelables. Et c'est aussi parce qu'Emmanuel Macron, par exemple, sur l'éolien, il n'est pas très favorable à l'éolien. Chaque fois qu'il en parle, il dit, oui, il faut développer, il faut voir au cas par cas. Yannick Jadot, c'est différent. C'est oui aux énergies renouvelables. Et un oui franc, parce que c'est bon pour l'économie, pour l'emploi, pour le pouvoir d'achat. Les scénarios RTE montrent qu'il n'y a pas de problème lié à l'intermittence des énergies renouvelables et qu'on peut construire d'ici un futur 100% énergie renouvelable ou quasiment d'ici 2050.
Quand vous dites que le renouvelable va créer plus d'emplois que le nucléaire, vous vous basez sur quelles études ?
Toutes les études internationales et françaises montrent que pour un kilowatt-heure produit, il y a trois fois plus d'emplois dans les énergies renouvelables que dans les énergies nucléaires ou fossiles. Donc en plus, vous avez raison et merci de le souligner, ça va être très bon pour l'emploi sur nos territoires. On va développer les énergies renouvelables, toutes les énergies renouvelables, et ça va permettre de créer de l'emploi sur nos territoires plutôt que d'enrichir les pays producteurs de pétrole
Et on ne perd pas notre indépendance énergétique en fait en misant comme ça uniquement sur les énergies renouvelables parce que quand on voit les anglais qu'on misait beaucoup sur l'éolien, l'éolien offshore notamment, ça ne marche pas toujours très bien puisqu'ils nous achètent pas mal d'électricité.
Nous ici, l'avantage en France, c'est qu'on a tous les potentiels. On a la géothermie, on a l'hydraulique, on a le solaire photovoltaïque, on a l'éolien en mer, on a l'éolien en terre, et c'est ça qui est fabuleux aussi dans notre pays. C'est pour ça qu'Yannick Jadot va porter fort cette thématique-là, c'est qu'on a toute la palette d'énergies renouvelables et qu'on va pouvoir diversifier nos sources. Mais je le redis aussi, maîtriser l'augmentation des consommations, et c'est pour ça que lundi on sera très vigilants à ce que le gouvernement ne nous vende pas sa soupe de « il faut s'engager à nouveau dans un grand programme de nucléaire »
Un grand programme nucléaire, c'est aussi une nouvelle vision dans les yeux du gouvernement et du président de la République. Je pense à ces petites centrales nucléaires, les small and modular reactors, les SMR d'Emmanuel Macron, petites centrales qu'il veut développer dans son plan France 2030. Là aussi, dit-il, ça va créer des emplois et même, pourquoi pas, des exportations. Vous n'y croyez pas, vous ?
Non, on est vraiment à nouveau dans un mirage technologique. On voit bien, personne ne connaissait ces réacteurs SMR, en tout cas ceux qui ne s'intéressent pas à l'énergie, il y a 15 jours, et toute la grosse armada de communication autour du président actuel Emmanuel Macron lance un effet de mode. Ce n'est pas possible. C'est une technologie qui sera disponible qu'en 2035, qui va coûter 3 à 4 fois plus cher que le développement des énergies renouvelables. Ce n'est pas le projet des écologistes, évidemment. Nous, on préfère investir sur des technologies qui sont là aujourd'hui, les énergies renouvelables, plutôt que de croire à cette énième nouvelle génération de nucléaires.
Allez, une dernière question, Mathieu Orphelin. Dans 10 jours, la COP26 en Écosse, est-ce que vous êtes optimiste sur les ambitions des pays qui sortent à peine de la pandémie ?
Vous savez, une des règles des COP, la Conférence pour le Climat, c'est la règle du consensus. Donc on a toujours, il faut que tous les pays soient d'accord.
C'est ma partie, déjà la Russie ne veut pas venir, Poutine ne sera pas représentée.
Certains chefs d'État importants ne viennent pas, donc il ne faut jamais lâcher. Il ne faut jamais lâcher, et effectivement, c'est une COP importante, une COP assez politique, parce qu'il faut que les États s'engagent à rehausser leurs ambitions sur le défi climatique. Il faut aussi que les pays riches puissent augmenter l'aide aux pays en développement. Donc c'est une COP importante à laquelle, évidemment, comme chaque année, Yannick Jadot ira.
Merci Mathieu Orphelin, député d'Humaine-et-Loire, et porte-parole du candidat Yannick Jadot. Merci et bonne journée.