Invité : Yannick Jadot - Territoires d'infos (28/10/2016)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 43 %Attaque 41 %Défensif 17 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 33:20OuverteRéponse partielle
Le chiffre de la croissance pour le troisième trimestre vient de tomber, plus 0,2 selon l'INSEE. Alors après le chômage, un nouveau bon point pour François Hollande selon vous ?
- 34:13RelanceRéponse directe
Michel Sapin vient de dire qu'on aurait du mal à atteindre les 1,5% de croissance qui étaient prévues pourtant pour 2016. Ça veut dire certainement beaucoup moins d'emplois créés ?
- 35:46OuverteRéponse directe
À Paris, il y a un afflux de migrants venus de Calais, entre autres, bien entendu, qui se sont aujourd'hui installés vers Stalingrad, vers Jaurès. Est-ce qu'il faut évacuer ces campements ?
- 36:35RelanceRéponse directe
Ce n'est pas ce que dit Emmanuel Coz qui est ministre du Logement.
- 37:09FerméeRéponse directe
Ceux qui sont à Stalingrad, il faut donc les mettre à l'abri ?
- 37:39OuverteRéponse directe
Et ceux qui sont dans la nature à Calais, là, au final, on en fait quoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 33:35Yannick JadotFait
« on est quand même dans une situation où l'argent européen est extrêmement peu cher, puisque la BCE prête de l'argent à des taux négatifs, que l'énergie reste extrêmement peu chère aussi. »
- 34:52Yannick JadotChiffre
« Si vous investissez le même euro dans les économies d'énergie, notamment dans le bâtiment à la rénovation thermique qui est aussi la facture des ménages ou dans les énergies renouvelables, pour le même euro vous créez trois fois plus d'emplois dans les énergies renouvelables que dans le nucléaire. »
- 36:12Yannick JadotFait
« il y a destruction des tentes, il y a mise en insécurité, en instabilité permanente de ces personnes qui sont des survivants. »
- 36:21Yannick JadotFait
« Je trouve incroyable que la France ne soit pas capable de fournir un toit et un lit à des réfugiés qui viennent du Soudan et d'Érythrée pour l'essentiel. »
- 36:56Yannick JadotFait
« À partir du moment où c'est l'État, c'est le gouvernement qui est en charge de l'État, qui est en charge de fournir assistance ou pas à ces réfugiés, oui, c'est sa responsabilité. »
- 37:01Yannick JadotChiffre
« L'Allemagne, en un an, a fourni un million de toits et de lits à des réfugiés. »
- 37:20Yannick JadotChiffre
« en Ile-de-France, en région lyonnaise comme en région marseillaise, il faut 2 à 3 mois pour rentrer en procédure, pour avoir le statut de réfugié. »
- 37:48Yannick JadotChiffre
« il y a 1500 jeunes mineurs isolés. Aujourd'hui, ils sont dans le CAP de Calais, tant mieux. »
- 38:05Yannick JadotFait
« Il faut que la Grande-Bretagne arrête cette folie qui est de considérer que sa frontière est à Calais et qu'elle n'a pas à prendre sa part d'humanité dans la question des réfugiés. »
- 38:21Yannick JadotFait
« il y a deux services publics qui sont en première ligne dans des quartiers qui sont extrêmement difficiles aujourd'hui, parfois abandonnés par les services publics, par l'économie, très largement discriminés. Bon, c'est la police et c'est l'éducation. »
- 38:54Yannick JadotFait
« Effectivement, quand on va dans un commissariat dans certains quartiers, c'est totalement hallucinant de voir dans un quartier. »
- 40:22Yannick JadotFait
« Nous avons la part de procureur, l'une des plus faibles d'Europe. »
- 41:44Yannick JadotFait
« L'enjeu de ces traités, c'est de savoir est-ce que les régions, les États ou le niveau fédéral, qu'il s'agisse du Canada ou de l'Europe, vont décider de ces normes et ces règles ou si ce sont les firmes multinationales qui vont en décider. »
- 44:04PrésentateurFait
« La désobéissance civile est un élément de toute notre histoire, a toujours été un élément de construction de la démocratie. »
- 44:25PrésentateurFait
« Ce projet sera très clairement abandonné, comme beaucoup de projets. »
- 45:18PrésentateurFait
« Quand la consultation locale de Manuel Valls est arrivée sur notre table, les pros comme les anti Notre-Dame-des-Landes ont à l'unanimité rejeté cette consultation locale parce qu'elle ne correspondait en rien à des principes démocratiques. »
- 45:58PrésentateurFait
« Je suis député européen. »
- 46:29PrésentateurFait
« Il ne faut pas simplement du nationalisme et de l'étatisme, il faut redonner du pouvoir aux citoyens. »
Temps de parole
- Présentateur86 %
- ?5 %
- Locuteur 72 %
≈ 32,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Territoire d'Info, Public Sénat, Sud Radio.
Bonjour
à tous, bonne journée. Nous sommes ensemble pendant une heure. Bienvenue dans la matinale de Public Sénat de Sud Radio avec la presse quotidienne régionale. Territoire d'Info,
c
'est une heure de direct. On retrouvera notre invité politique à 8h. Aujourd'hui, Yannick Jadot, le candidat à la primaire des écologistes, qui sera débriefé par nos éditorialistes. Et puis dans un instant, le JT des Territoires, suivi du débat des éditorialistes de la presse quotidienne régionale. Puis vous retrouverez le zappellisé, le premier zapping politique de la journée. Mais tout de suite, le JT des Territoires dans un instant.
L
'actualité forte de cette semaine, vous le savez, cela a été le démantèlement de la jungle de Calais, suivi de l'arrivée des migrants dans les différents départements. Mais bien avant le démantèlement du camp de Calais, certains centres d'accueil et d'orientation accueillaient déjà des réfugiés. A l'image du centre du Bousca, géré par Emmaüs dans l'agglomération bordelaise. Christophe Chavano pour TV7 en Gironde. Rawaz a aujourd'hui le sourire. Après avoir vu son frère exécuté par Daesh, il a quitté son Kurdistan d'origine il y a presque deux ans, avant d'arriver à Calais, puis être redirigé par la préfecture dans ce centre d'accueil et d'orientation au Bousca.
Mais pour lui, sa femme et ses deux enfants, rester en France, c'est le choix d'une vie meilleure. Et il s'attache dès aujourd'hui à apprendre les rudiments du français dispensés par les professeurs bénévoles d'Emmaüs. Les gens sont très gentils ici en France, j'apprécie beaucoup cela. Je voudrais rester ici, pouvoir avoir un toit pour que mes enfants puissent aller à l'école. Comme lui, il en arrive tous les jours. Et depuis ce début de semaine, avec le démantèlement de la jungle de Calais, Emmaüs, comme les autres associations, gestionnaires de centres d'accueil et d'orientation, reçoivent ces réfugiés.
C
'est juste ça l'accueil. Et la France doit montrer cet exemple-là. Que les gens comprennent que ça ne sert à rien de se recroqueviller, d'avoir de la haine pour l'autre. Donc ils ont fui l'horreur, l'enfer, les bombes, la guerre. Ils se retrouvent dans la jungle de Calais. Alors c'est vrai qu'il
n'y a
pas de bombes à la jungle de Calais. Mais il y a quand même un environnement absolument épouvantable. Donc aujourd'hui, ils sont apaisés. Ils sont ici, ils ont des chambres, ils ont des lits. Et puis ils ont la possibilité de trouver leur place dans notre pays. A l'abri, ils sont désormais aidés dans leurs démarches administratives.
On
reste en Gironde où Manuel Valls, en visite à Bordeaux, s'est prononcé pour la mise en place d'une protection sociale universelle. L'occasion pour le Premier ministre de s'exprimer sur un thème qui pourrait être un des enjeux majeurs de la prochaine élection présidentielle. Celui de l'assistanat. On l'écoute, Dominique Parmentier pour TV7 en Gironde. Certains, vous le disiez, monsieur le Président, pointent du doigt ce qu'ils appellent l'assistanat et les assistés.
Ce
sont souvent d'ailleurs les mêmes, d'ailleurs, qui disent que la France ne peut pas accueillir, traiter dignement les réfugiés qui fuient la guerre et les persécutions. Qui invite donc la France à tourner le dos à ses valeurs, son histoire, ses engagements internationaux. Et nous venons de faire la preuve, même s'il faut être prudent, cette semaine,
pouvoir
public, associations, élus locaux.
Avec
le démantèlement de Calais, que notre pays est un grand pays de solidarité. Ceux qui voudraient remettre cela en cause, ceux qui parlent d'assistés, sont, je le crois, loin des réalités. Mais moi, je crois qu'il n'y a
pas
des millions d'assistés dans notre pays.
La
personne que j'ai vue tout à l'heure, elle a envie d'avoir un travail stable.
Elle
n
'a
pas envie de vivre ou de survivre, comme elle me disait,
avec
quelques centaines d'euros.
Et
puis souvent, ceux qui parlent d'assistanat, ceux qui disent en même temps vouloir représenter le peuple
et
les petits gens.
C
'est ça, le peuple
et
les petits gens. Face à une crise qui se montre persistante, les producteurs de lait de l'ouest de la France ont trouvé une solution. Produire leur propre lait dans leur propre laiterie. C'est ainsi que la marque en direct des éleveurs a vu le jour, à l'aide d'un financement participatif. Un sujet de Fleur de Bourg pour Campagne TV.
Alors qu'en 15 ans, la moitié des exploitations laitières ont disparu, passant de 120 000 à moins de 70 000, un nouveau modèle économique a vu le jour et pourrait bien révolutionner le secteur. Une trentaine de producteurs se sont associés pour produire leur propre lait et ainsi subvenir à leurs besoins. A l'origine de cette initiative, des éleveurs du pays de la Loire et de Nouvelle-Aquitaine qui ont lancé le projet en direct des éleveurs.
On s'est retrouvé à quelques éleveurs pour répondre à la question, c'est comment être éleveur laitier encore demain. Et on a travaillé plusieurs années pour se dire, notre modèle c'est quoi et vers quoi on veut aller. De l'idée on est passé au projet, puis après on a travaillé sur la conception même du projet, le financement de ce projet là. Et l'ensemble pour arriver aujourd'hui à une usine. La laiterie est l'outil pour valoriser notre production et le lait est le résultat d'un changement de production, un changement de positionnement de l'éleveur qui est devenu agri-entrepreneur.
Pour
que le produit séduise le consommateur, les éleveurs s'engagent à distribuer en circuit court, les transformer par leur soin, qui ne contient ni OGM, ni huile de palme, et qui est produit dans le respect des normes du bien-être animal et environnemental.
Pour
l'ensemble des éleveurs, on est tous sur un cahier des charges avec un objectif de résultat. Donc on va analyser de façon très régulière, tous les 10 jours, notre lait pour être conforme à notre cahier des charges.
Il
s'agit d'un mode de production innovant qui assure au producteur une rémunération au juste prix et lui permet de couvrir ses charges.
De vendre nous-mêmes notre produit nous permet à nous éleveurs de tenir compte de nos coûts de production, mais aussi de notre rémunération. On a pour un objectif dans le process de se rémunérer 1,5 fois le SMIC, soit à peu près 2000 euros par mois pour 60 heures de travail. Ça c'est l'objectif de tous les agriculteurs qui viennent dans le projet.
Une
initiative qui permet de valoriser le métier de producteur laitier en mettant fin aux inquiétudes liées à la crise laitière.
Toutes
les propositions politiques ne sont que des propositions très éphémères. Pour sortir de la crise,
il
faut des propositions sur du long terme. Le cours du lait fait que c'est l'éleveur toujours qui trinque. Donc ça ne marchera pas tant qu'on n'aura pas réellement collé la production à la consommation. Tant qu'il n
'y
a pas quelque chose d'européen, d'unifié et d'écrit, ça ne marchera pas.
Aujourd
'hui, la poche de lait d'un litre est vendue à 94 centimes, dont 40 seront directement reversés aux éleveurs. Presque le double du prix versé par Lactalis. La laiterie prévoit de commercialiser plus de 12 millions de litres cette année.
121 500 euros récoltés par l'OGC Nice. Le club vendait aux enchères les maillots collector portés le 14 août dernier par les joueurs en hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet. La somme leur sera d'ailleurs reversée. Et c'est bien sûr le maillot de la star Mario Balotelli qui a fait décoller les enchères. Sophie Jean-Roy pour TVIET.
Une
fois, deux fois, trois fois,
on
juger 11 100.
11
100 euros pour le maillot de Super Mario Balotelli. C'est André Bois, ancien président de l'OGC Nice, qui s'est procuré la tenue de l'international italien. A l'issue de cette vente aux enchères, 121 500 euros ont été récoltés au profit des victimes de l'attentat du 14 juillet.
Cet élan est encore un élan de la solidarité nationale. Venons de partenaires du sport, venons du monde sportif, avec des valeurs qui sont les nôtres.
Celles
de la République, celles du partage. Et encore une fois, merci par rapport au montant qui a été récolté par l'ensemble des partenaires de l'OGC Nice et par les enchérisseurs.
Des tuniques collector du match hommage du 14 août dernier, portées par les joueurs du gym et du stade René. Les enchères grimpaient à vitesse grand V dans la salle, par téléphone et en direct sur Internet. Les 21 lots composés d'un maillot de chaque équipe ont tous été achetés. Les partenaires du club ont massivement participé à cette cause qui leur tenait à cœur.
L'ensemble des sponsors, y compris ceux du stade René, s'étaient retirés du maillot pour laisser le cœur avec le nom des 85 victimes. Et je trouve que c'est bien que les sponsors du stade René l'aient fait également.
Une filière de notre groupe, malheureusement, a eu un de
ses
salariés qui a perdu deux de ses trois enfants dans l'attentat du 14 juillet. Donc c'est une motivation complémentaire. Et puis je pense que ces maillots seront dans l'entreprise et permettront d'avoir un vrai souvenir pour l'ensemble des 110 salariés de l'agence Orovia.
De
nombreuses personnalités du monde du football ont aussi témoigné leur solidarité. Louis-Nicolin, le président de Montpellier, ou encore les anciens Aiglons, Jérémy Pied et Athème Ben Arfa, un soutien au-delà des espérances du club.
Le football vous réserve de l'émotion, que ce soit sur les terrains de foot. Mais ce soir c'était une émotion particulière parce que, bon, à Nice, tout le monde était marqué par ce qui s'est fait, ce qui s'est passé.
Et
ce soir, ça montre un autre visage de l'être humain, une solidarité. Et franchement, quand on a pris cette initiative,
on
n'imaginait pas que les enchères montraient aussi haut. Donc c'est une grande satisfaction
par
rapport à l'association
Promenade
des Anges. Et puis voilà, on est heureux de voir que la solidarité dans le football,
ça
existe.
Et
ce soir, c'est un parfait exemple de ce qu'il faut suivre pour la suite.
À
ce jour, l'association Promenade des Anges a récolté auprès des particuliers près de 200 000 euros.
Voilà, une bien belle somme, Sophie Jean-Roua, pour Azure TV. À la veille d'Halloween, araignées, citrouilles, gélatines en forme d'insectes et même caricatures sont arrivées cette semaine en avance dans les locaux de l'établissement français du sang du Gard et de l'Hérault. But de l'initiative, trouver et fidéliser de nouveaux donneurs. Charles Arrigoni, pour TV du Sud. Araignées, citrouilles, gélatines en forme d'insectes, soupes à la citrouille et même caricatures, Halloween est arrivée en avance dans les locaux de l'établissement français du sang.
Ce jeudi, pour booster ses dons, l'EFS a organisé cette journée à thème dans tous les sites de prélèvement du Gard et de l'Hérault, avec un but bien précis.
Pendant les vacances de la Toussaint, les besoins en produits sanguins sont toujours aussi importants. Et comme les donneurs sont en congé, souvent ils sont moins mobilisés pour venir donner. Le but de ces opérations,
c
'est aussi de faire connaître les sites de prélèvement de l'EFS. C'est vrai que le grand public est habitué à avoir les camions, les collectes mobiles qui se déplacent dans les centres-villes, qui vont dans les villages. Et là, c'est aussi pour attirer du monde sur nos sites de prélèvement.
Actuellement, seuls 4% des personnes en âge de donner le font au moins une fois par an en France, alors que 10 000 dons quotidiens sont nécessaires. Le but ici est donc également de casser l'image froide du don qui pourrait effrayer certains donneurs pour ainsi enfidéliser de nouveau. C'est le cas de Milena, pour qui c'était la première fois.
J'avais vu les affiches publicitaires sur la rue, dans la rue, où ils disaient qu'il fallait venir donner son sang le jeudi 27 octobre. Donc je pensais que c'était juste ce jour-là, jusqu'à ce qu'on me dise qu'en fait on pouvait le donner tous les jours.
Sur
une
journée classique, une vingtaine de personnes en moyenne viennent donner leur sang sur le site de Nîmes. Aujourd'hui, ils ont dépassé la cinquantaine et tous ont conscience de faire quelque chose d'important. Je sais que c'est utile et je sais aussi que ça ne me fait
strictement
rien, physiquement, aucune douleur. Moi, ça ne me coûte rien
et
j'aimerais bien un jour
qu
'on me le fasse si j'en ai besoin. Donc je le fais pour ceux qui en ont pour l'instant besoin.
La
prochaine action de ce type pour le FS aura lieu au printemps, avec le traditionnel don gastronome, où un chef étoilé se déplace pour cuisiner les mets des donneurs. Enfin, pour la fin de ce journal, on part en Bretagne, où le phare de Quéréon fête ses 100 ans d'existence. Dernier phare construit en pleine mer, de 1907 à 1916, il est surnommé le Palace, par les anciens gardiens qui y travaillent. Rencontre entre l'île de Ouessant et l'île de Molène avec un ancien gardien de ce phare mythique, Camille Pochet pour TBO, Télé-Bretagne Ouest.
Érigé dans le mythique passage du Fronveur, entre Ouessant et Molène, le phare de Quéréon apparaît dans la brume. Quéréon, phare le plus spacieux et le plus richement décoré des îles du Ponant, est surnommé le Palace par les gardiens qui l'ont habité.
C'était un bonheur de travailler dans un espace aussi soigné, et ça nous amenait, nous incitait à en prendre vraiment soin. C'était précieux pour ça, l
'environnement
de notre quotidien, on vivait deux fois plus longtemps là qu'à la maison. Dernier des phares érigi en pleine mer, sa construction s'étale de 1907 à 1916, le dernier des enfers, comme les gardiens les appelaient. Le phare est automatisé depuis 2004. Pour ses 100 ans, Quéréon s'est redonné un nouvel éclat. Les phares et balises y ont installé un nouveau système d'éclairage. Des
LED
qui
ont
un double avantage, d'une part celui de la miniaturisation, une très longue durée de vie et une grande
fiabilité en cas de panne. Quatre anciens gardiens de Quéréon viennent rendre hommage au Palace. Ce mardi, Louis Causant se souvient d'un phare qu'il a aimé et dans lequel il se sentait libre.
Je
pense que vivre au milieu de la nature comme ça,
dans
les conditions
qui étaient les nôtres, on n'avait pas de relation à la terre, c'était important.
Ça
vous ramène à aller puiser au fond de vous-même ce que vous avez de meilleur.
C
'est justement après avoir rencontré Louis Causant que François Zévin a décidé d'écrire un livre. Elle y recueille les témoignages des gardiens de Quéréon.
J
'ai rencontré cinq gardiens, et pas que des gardiens d'ailleurs pour mon livre, mais cinq gardiens avec des regards très différents sur leur métier.
Un livre et un anniversaire qui rendent hommage à Quéréon, le centenaire, pour ne pas oublier cette époque où des hommes travaillaient et vivaient en pleine mer au large de l'île d'Oessan.
Voilà votre week-end, une idée de week-end peut-être. Avant d'accueillir les éditorialistes de la presse quotidienne régionale, une revue de presse de vos quotidiens ce matin dans un instant. Après les 250 millions d'euros lâchés par l'État, c'est Bernard Cazeneuve qui est à la une de beaucoup de vos quotidiens régionaux ce matin. Pour le progrès de Fécamp en Normandie, c'est satisfait. Les policiers, point d'interrogation. Pour la République des Pyrénées, le ministre Cazeneuve, très attendu en Béarnes. Cet après-midi, le ministre de l'Intérieur visitera le centre d'accueil des migrants à Gelos avant de s'entretenir avec des policiers au commissariat de Pau.
Pour l'éclair, c'est le ministre Cazeneuve, attendu de pied ferme. Enfin, on passe à l'écho de Vienne, une beaucoup plus internationale, européenne en tout cas, socialiste espagnole, courte échelle à la droite. Podemos relève la gant. Le parti socialiste espagnol PSOE a donné le feu vert pour un gouvernement de droite dirigé par Rajoy. Podemos reprend la main à la tête de la riposte alternative à gauche et s'ancre dans le développement des luttes populaires. Les animaux sont en danger pour beaucoup de quotidiens régionaux ce matin. Notre planète est à bout de souffle pour Sud-Ouest, par exemple.
Le rapport du WWF intitulé Planète vivante atteste le rythme accéléré auquel disparaissent les ressources et les espèces sauvages. Peut-on encore changer la donne ?
C
'est la question que pose Sud-Ouest. Le télégramme, lui, parle des animaux en titrant « Menacés de disparition ». Car entre 1970 et 2012, les populations de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons ont chuté de 58%. Pour le midi libre, toujours les animaux, SOS, « Animaux en danger », des animaux menacés par l'activité de l'homme. Et les deux tiers des espèces présentes au zoo de Montpellier sont également en voie de disparition. Enfin,
on
passe à des unes nationales, le parisien, pédophilie dans l'église, l'omerta enfin brisée. Ce sont des confessions, des centaines de témoignages qui dénoncent des agressions par des prêtres pédophiles. Même des personnes âgées osent aujourd'hui parler. Et l'église prêche désormais la tolérance zéro dans le parisien.
Pour
la dépêche, les verts vont-ils dans le mur ? On posera la question tout à l'heure à Yannick Jadot, qui est notre invité politique en deuxième partie de cette matinale. Il est, vous le savez, candidat à la primaire d'Europe Écologie. Les verts, alors que s'est déroulé hier le deuxième débat à propos du deuxième tour de la primaire, la famille écologiste apparaît plus divisée que jamais. Enfin, avec Ouest France, on termine avec Au sommet de l'État, la situation se tend. Et c'est une photo de Claude Bartholone, le président de l'Assemblée nationale, de Manuel Valls et de François Hollande, à la une de Ouest France. Voilà, on passe au débat des éditorialistes de la presse quotidienne régionale.
Aujourd'hui, j'accueille Pascal Jalaber, les dernières nouvelles d'Alsace sur notre plateau ce matin. Bonjour. J'accueille Jérôme Cordelier, le rédacteur en chef des éditions régionales du Point. Bonjour Jérôme et Guillaume Doyen de la Gazette des communes. Vous en dirigez la rédaction et l'information. Merci d'être avec nous. Merci. Alors, premier débat de cette matinale. Hier soir, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ne se sont pas croisés en Provence-Alpes-Côte d'Azur. L'un était à Marseille, l'autre à la garde dans le Var, soutenu par Renaud Muselier, l'autre par Hubert Falco, Alain Juppé par Hubert Falco, bien sûr. Et la bataille est donc au centre.
On l'a compris hier soir entre les deux candidats aux primaires. Alain Juppé, il pronuit le rassemblement avec le centre. Et Nicolas Sarkozy, il tacle François Bayrou. C'était hier soir. On les écoute et on y revient après dans le débat.
Je
veux gouverner demain
avec
des centristes qui sont avec nous matin, midi et soir.
Je
ne veux pas gouverner
avec
des
centristes
qui sont avec nous le lundi pour gagner la mairie de Pau et avec Hollande le mardi.
C
'était son droit.
Il
a voté pour Hollande. Il nous a fait entrer dans le socialisme. Ce n
'est
pas lui qui va nous en faire sortir.
Je
vous le dis, aujourd'hui, il faut aussi rassembler. Nous ne gagnerons pas en nous repliant sur nous-mêmes. Il faut rassembler la droite humaniste et le centre. Il faut rassembler aussi les déçus du hollandisme. En 2012, il y
a
eu beaucoup de déçus du sarkozisme. Ils ont volé François Hollande. Ils s'en mordent les doigts. S'ils veulent revenir, je leur ouvre les bras. Qu'ils reviennent, bien entendu. Il semble que certains aient peur d'une primaire ouverte.
Moi,
je n
'ai
pas peur.
Donc,
je vous le redis, plus on votera,
plus
on a de chances de gagner. Alors, allez-y, mobilisez-vous. Pascal Jalaber, mobilisez-vous, disait Alain Juppé. Oui, Alain Juppé, il a intérêt, on le dit depuis le début, à ce que la participation soit forte, puisque ça signifiera que les électeurs et sympathisants du centre, qui soient a priori favorables à sa candidature, soient mobilisés. Moi, ce que je note, quand même, depuis quelques jours, c'est qu'Alain Juppé, il en dit le moins possible. Hier, il a dit à des journalistes, moi, je parle, mais je me porte. Il faut qu
'il
se méfie, parce qu'il peut être atteint du syndrome Hollande, c'est-à-dire, je suis prudent, j'en dis un peu, mais pas trop, pas trop précis. Il y a de la marge. Non, je pars du syndrome de 2012. Première version. Voilà, première version. Il faut qu
'il
se méfie. Nicolas Sarkozy entre un peu plus dans la précision, je trouve. Alors, il cogne sur François Bayrou, parce que c'est vrai que dans les meetings, ça marche. Il prononce son de Bayrou dans un meeting actuellement, il se fait applaudir. Mais là, je pense que lors des prochains débats, le choc frontal Juppé-Sarkozy va venir, et ça risque d'être un peu plus animé. Alors, Juppé, hier soir, il a dit aussi, ne sous-estimons pas François Hollande, il sait faire campagne, Guillaume Doyen. Je pense plutôt que... Le sujet aujourd'hui, il n'est pas tellement sur Hollande. Je pense qu'hier, Sarkozy a pris acte que sa stratégie avait échoué en sortant du ni-ni. C'est ça qui s'est passé.
Il a dit au second tour, je voterai.
Mais alors,
tout le monde a enterré François Hollande, c'est fini
? Je
ne sais pas si c'est fini, parce que comme il est sorti de sa boîte brutalement il y a cinq ans, on s'attend toujours à ce qu'il ressorte, si vous voulez. C'est l'inenterrable,
l
'inoxydable, François Hollande, dont on parle. Jérôme Cordelier, le ni-ni, alors ? Oui, le ni-ni de... Je reviens juste sur Hollande, parce que c'est vrai que Hollande, vous savez, ce qui se dit sur le terrain, c'est qu'il y
a
beaucoup de socialistes qui sont en colère, en circonspect, surtout des confidences maladroites, enfin maladroites, en tout cas des confidences de Hollande. Mais il y en a beaucoup qui disent aussi, oui, de toute façon, c'est comme dit par exemple Philippe Noche, qui est le député PS, que j'ai rencontré l'autre jour, il dit, il y
a
l'écume des jours, quoi, il faut laisser passer, dans deux mois, dans un mois, un mois et demi, on ne parlera peut-être plus du bouquin d'Avé et l'Homme, quoi. Donc voilà, Hollande, il joue beaucoup là-dessus, là-dessus, il faut donner du temps au temps, comme disait son illustre prédécesseur. Guillaume Doyen, vous vouliez expliciter le ni-ni ?
–
Ça m'a particulièrement intéressé, cette phrase qui consiste à dire au second tour, je ne voterai Hollande si jamais c'est Marine Le Pen en face.
–
En face. – Il sort de cette ambiguïté, alors il dit quand même, bon, ça concerne que la présidentielle, mais tout de même, le tempo, on disait qu'il avait imposé son tempo, ses idées, il s'est planté là, Sarkozy, cette fois, il s'est planté. Ça n'a pas remarché, c'est Juppé qui a imposé ses idées
qu
'il ne clame pas trop fort quand même, tu
as raison. – Oui,
aujourd'hui, Nicolas Sarkozy, il est quand même dans la position du challenger, donc il est bien obligé de faire attention à ne pas se couper de plans entiers d'électorat. Et là, avec le ni-ni, c'est quand même ce qui le menaçait. On note aussi chez lui une inflexion sur la partie économique et sociale, sur les retraites,
il
ne
va
pas jusqu'à 65, 67 ans,
il
dit moins, s'ils font 37 heures, ils seront payés 37, il est sur des positions beaucoup moins libérales et beaucoup plus pouvoir d'achat que ses rivaux de la primaire. – En même temps, j'ai noté hier soir qu'il disait quand on veut se faire élire avec les voix de la gauche, on se prépare à mettre en œuvre une politique ambiguë. – Oui, parce que c'est son angle d'attaque sur Juppé. Juppé, depuis le début, prône le rassemblement, vraiment l'ouverture au centre. Donc l'angle d'attaque de Sarkozy,
c
'est de dire, puis en pas qu'un, ça marche quand même, donc c'est de dire que, justement, brandir le spectre, justement, d'une politique de gauche, qui est un spectre quand même un petit peu bizarre, parce que d'abord, il faudrait démontrer que François Bayrou est de gauche, donc ce n
'est
pas parce qu'il a appelé à voter Hollande par défaut en 2012 qu'il a forcément opéré un virage à gauche, même si Pau est une ville de gauche, il faut être clair. Donc voilà, c'est l'angle d'attaque. – Pour nier que la Sarkozy,
il
en est convaincu, Pascal Jalbert, tout va se jouer là-dessus. Voulez-vous une alternance molle ou une alternance véritable, a-t-il dit ?
– C
'est en effet son slogan, il joue sur une rupture totale avec ce qui s'est passé jusqu'à présent, sa difficulté, c'est que quand même, il a été 5 ans président de la République, et qu'à un moment donné, tous ses adversaires peuvent le la torquer, mais pourquoi vous ne l'avez pas fait plus tôt ? – Alors François, oui ? – Pardon, je dirais juste qu'on parle beaucoup de la confrontation Juppé-Sarkozy, il y a un troisième homme qu'il ne faut pas
oublier,
parce qu
'on
parle beaucoup de le maire et tout, c'est François Fillon.
– On y vient, on y vient,
hier soir, il était à la télévision sur France 2, il s'est dit peu fier d'avoir augmenté les impôts sur le capital et l'épargne quand il était Premier ministre, forme de petite repentance. – Oui, alors je trouve que pendant cette émission, il a démontré un visage d'abord un peu de force tranquille, et puis il a répondu à toutes les questions, notamment par exemple sur l'Arabie saoudite, vous savez qu'il fait quand même polémique actuellement sur le livre, avec une certaine image de sincérité, et je pense qu'on aurait tort de l'enterrer un peu vite. Bon, évidemment, il paraît qu'à ce jour, parce qu'il y
a
encore beaucoup de campagnes, il y aurait un deuxième tour Juppé-Sarkozy, mais je pense que Fillon est en train de creuser son sillon comme un paysan vendéen. – Il s'est justifié hier soir, Pascal Jalaber, en redisant que le pays avait traversé une situation financière extrême et qu'il avait dû affronter la crise de 2010-2011. – Oui, c'est lui qui a parlé de la France en faillite.
– La France en faillite avant tout le monde. – C'est
son expression avant tout le monde, et qu'aujourd'hui d'ailleurs François Hollande reprend. François Fillon, depuis le début, il est très structuré, il a un programme très complet, on sait où il va, il est sur des valeurs de droite sur les questions de société.
– Qu'est-ce qu
'il
a remonté
selon vous, trois semaines ? – Aujourd'hui, c'est le seul qui a une capacité, à mon avis, c'est celui des cinq autres candidats qui a la plus forte capacité de progression. D'autant qu'il parle à la majorité silencieuse.
–
Il s'adresse beaucoup au TSE, comme on dit. – Il s'adresse au TSE, il s'adresse aussi, comme Nicolas Sarkozy, à un cœur d'électorat de droite, il a quand même le soutien de sens commun, il faut rappeler qui c'est, ce sont les opposants à Maniche pour tous, il a parlé de PMA, il va aussi sur des sujets sur lesquels les autres sont plus mal à l'aise que lui. Hier soir, il a beaucoup parlé à cet électorat. – Jérôme Cordelier, Edgar Morin, nous met en garde contre le sous-humanisme. – Oui,
j'ai eu
l'immense chance de faire un entretien avec Edgar Morin, dans le cadre, on prépare un grand forum pour le point, qui s'appelle Futura Police sur le high-tech, la semaine prochaine à Toulouse. Et donc Edgar Morin vient à ce forum et va pouvoir nous éveiller un peu, et il dit justement, il nous met en garde tous les mirages des progrès technologiques actuels, et notamment sur le transhumanisme. Par exemple, il dit que l'immortalité, évidemment, est une illusion, venant de la part d'un homme aussi vert, à 95 ans qu'Edgar Morin, c'est quelque chose à prendre en compte. – Voilà, et la une du point, c'est Jean-Paul Belmondo.
– Oui, voilà, je pense qu'une une qui vous
est
chère, mon cher,
puisque vous connaissez bien Jean-Paul Belmondo, et avec une photo extraordinaire, qui je pense va faire du buzz, parce qu'il y a ce cigare hédoniste qui sort de la boule
de Belmondo, – La France, c'est moi.
– La France,
c
'est moi, dit Belmondo.
– Avec une super
interview de Bébel sur la France d'aujourd'hui, le regard de Bébel
sur la
France d'aujourd'hui.
–
Voilà, c'est vrai qu'on l'aime, Bébel. Guillaume Doyen, un sujet qui monte dans les territoires, le TGV. On pensait que c'était un fleuron français, en fait, c
'est
les élus qui s'inquiètent. – Trop cher, ces énormes travaux, les élus commencent à se poser des questions, à quoi bon une ligne à grande vitesse
?
– Alors que les trains sont
en plus des états. – Alors que
nos trains de banlieue sont en état catastrophique pour un certain nombre d'entre eux, on va aussi faire une ligne directe Paris-Charles-de-Gaulle qui va coûter encore des milliards, on se dit. – Vers
la fin
de la folie des grandeurs.
– Oui, mais si on arrangait
un peu le RERB, plus tôt, voilà. – Bon, mais c'est quand même le fleuron de la France. C'est à partir de
cette image-là. – C'est
un magnifique symbole, mais il serait aussi peut-être bien de se rappeler qu'il
y a
des gens qui vont tous les jours au boulot avec des petits trains de banlieue. – Absolument.
–
Doyen, dans votre journal Le Courrier des Mers.
– Non, c
'est le Gazette des Communes et Le Courrier des Mers.
– Vous
dirigez deux publications ? – Au moins. – Voilà. Pascal Jalaber, pour les dernières nouvelles d'Alsace, vous traitez du CETA, le traité avec le Canada. Trois quarts de page, important. – Oui, vous savez que les dernières nouvelles d'Alsace sont très sensibles à toutes les questions européennes, mais le CETA, c'est encore la démonstration de cette impuissance et de cette incapacité de l'Europe à s'organiser,
à
décider quoi que ce soit. Alors bon, certes, les Wallons ont mis un peu de mal dans leur bière, mais il ne
faut
pas continuer comme ça. Là, maintenant, ça va revenir devant les 28 parlements, enfin les 27, pardon, devant 27 parlements. Attention, même à l'Assemblée nationale, vous allez voir la partie de Manivelle. Trudeau, il ne
l'a
pas encore signé, son CETA. C'est quand même un nouvel échec pour la construction européenne. – Voilà, dans les dernières nouvelles d'Alsace, merci Pascal Jalaber, merci Guillaume Doyen de la Gazette des communes et merci Jérôme Cordelier, acteur en chef des éditions régionales du Point avec Belmondo à la une nationale du Point. Ça nous plaît, ça. On va passer, on va regarder ensemble la météo des territoires, le temps qu'il fera aujourd'hui en France, dans les territoires français, mais aussi d'Amérique, du Pacifique et de l'océan Indien. On la regarde.
–
La météo vous est présentée par Téroléopro,
avec
le concours de l'Assemblée des départements de France.
– Beau
week-end qui se présente. C'est maintenant l'heure du zap Élisée, le zapping, le bref zapping des matinales. Le zap de Christophe Combarieux, on le regarde ensemble.
–
Lorsque
le chef de l'État prend la parole pour le centenaire de la naissance de François
Mitterrand, toute la gauche gouvernementale est présente.
–
Si je dois siffler la récréation ou le début du match, c'est le rassemblement. Le rassemblement, parce qu'il n'y aura qu'un seul candidat. – Les anciens ministres, les actuels, les représentants de la majorité, mais il y a un grand absent. – Quand on est dans la vie politique depuis longtemps,
de
ne pas supporter, d'avoir l'épiderme fragile, un président de l'Assemblée ne devrait pas faire ça. – Claude Bartholonne, ici au perchoir, plus tôt dans la journée, s'est bien rendu aux commémorations, avant de quitter la salle quand François Hollande a pris la parole. – Ce que je reproche à ceux qui, aujourd'hui, à partir d'un livre, s'énervent. C'est dommage qu
'ils
ne soient pas énervés au moment de la loi travail. – Interrogé sur une possible nomination de Claude Bartholonne à Matignon, le chef de l'État l'exclut catégoriquement. – Il n'a pas l'envergure, il n'est pas très connu. Le jour où il le deviendrait, il n'a pas un charisme considérable. – Vous avez vu qu'il
y a
une petite enquête qui vient de sortir très particulière. 4% c'est encore pas mal.
– Mais lui, il voulait rassembler au départ.
– Oui, il a rassemblé l'opposition. –
Et
l'opposition contre lui. – On m'appelle le Macron du petit journal. Jeune, look et faible, ambitieux. Écoutez, je prends ça comme un hommage. Et si ça peut vous porter chance, j'en suis ravi. – Ils se sont amusés à regarder quelle était la cote de popularité des présidents de la République six mois avant l'élection suivante. – Vous auriez quelques conseils à me donner ? – Portez vos projets,
ne voulez jamais de mal aux
autres. – Pour François Hollande, évidemment, c'est une sorte d'ascension de l'Everest. Vous voyez, il est tout en bas de la côte, à gauche, en compagnie de Nicolas Sarkozy, d'ailleurs. – Vouloir persister
à
être président de la République alors qu'ils sont rejetés l'un comme l'autre. – Effectivement, il y
a
une part de masochisme ou alors de déconnexion avec la réalité. – Alain Juppé et Nicolas Sarkozy se sont donnés rendez-vous à Marseille pour un duel à distance. – Non, la France n'est pas coupable d'avoir voulu faire partager sa culture au peuple d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Nord. – Est-ce que vous voteriez François Hollande contre le Front National si la situation se présentait ? –
Ces propos-là rentrent dans une longue tradition de propos racistes que tiennent les dirigeants politiques français à l'égard de l'Afrique et de nous.
– Moi, je n'ai jamais voté pour le Front National, je n
'ai
pas l'intention de le faire.
–
Donc, vous voteriez pour François Hollande. Pas de gaieté de cœur. – Il fait ce qu'il veut, il fait ce qu'il veut.
–
C'est la fin du nid. – Parlez-moi d'Alain Juppé un peu. –
Longue tradition de
propos racistes,
je vous laisse juste pour le dire, je ne peux pas laisser réagir. – Il aura le temps, il aura le
temps.
– M. Demota, s'il vous plaît.
– Laissez-moi finir, s'il vous plaît. – Je me suis dit, est-ce qu'il est sincère ce M. Bourdin ou pas, quand il me veut ou pas ? Et puis tous les matins, quand vous me voyez dire, je me dis… – Pas tous les matins. – M. Demota, s'il vous plaît,
on
va
laisser François Fillon répondre. – M. Demota, ça c'est rarement parler. – M. Fillon, longue tradition de
propos racistes, dit Elie Demota. – Il faut que je récompense tant d'insistance pour ma voix. J'ai pensé, figurez-vous, que je vous manquais. – Je
constate avec quoi vous
me demandez d
'intervenir
et qu'en fin de compte,
M.
Fillon, il parle plus que moi. –
Je
reviens.
–
Territoire d'info, Public Sénat, Sud Radio.
–
Bonjour Yannick Jadot, vous êtes notre invité politique ce matin. – Bonjour.
– Vous êtes invité
européen, candidat à la primaire d'Europe Écologie Les Verts et adepte d'une écologie pragmatique pour vous interviewer ce matin à mes côtés. Christophe Bordet de Sud Radio,
bonjour
Christophe. –
Bonjour à tous. – Et
Mickaël Zames de Public Sénat, bonjour.
–
Bonjour. – Yannick Jadot, le chiffre de la croissance pour le troisième trimestre vient de tomber, plus 0,2 selon l'INSEE. Alors après le chômage, un nouveau bon point pour François Hollande selon vous
? – C
'est difficile à dire parce qu'on est quand même dans une situation où l'argent européen est extrêmement peu cher, puisque la BCE prête de l'argent à des taux négatifs, que l'énergie reste extrêmement peu chère aussi. Nos comptes extérieurs se détériurent quand même assez rapidement. Donc voilà, après, qu'est-ce qu'elle signifie cette croissance ? Vous savez, moi, pour les écologistes, c'est moins le chiffre de la croissance que la qualité de la croissance qui nous intéresse. Où est-ce qu'on crée de la richesse ? Est-ce qu'on crée de la richesse dans des secteurs qui à la fois créent des emplois, tissent des solidarités, protègent l'environnement au moment où on a
des chiffres ?
– Michel Sapin vient de dire qu'on
aurait du
mal à atteindre les 1,5% de croissance qui étaient prévues pourtant pour 2016.
Ça
veut dire certainement beaucoup moins d'emplois créés ?
–
Là, évidemment, si on prend l'approche mécanique des économistes pour dire à 1,5% on commence à créer des emplois, bon, il y a des ratios d'intensité entre la croissance du produit intérieur brut et la création d'emplois. mais parfois à niveau de croissance identique ou sans croissance, on peut aussi créer beaucoup d'emplois. Quand ce gouvernement investit des milliards et des milliards et des milliards dans le nucléaire, c'est un choix industriel de notre point de vue totalement obsolète. Si vous investissez le même euro
dans
les économies d'énergie, notamment dans le bâtiment à la rénovation thermique
qui
est aussi la facture des ménages ou dans les énergies renouvelables, pour le même euro vous créez trois fois plus d'emplois
dans les
énergies renouvelables que dans le nucléaire. –
Non mais Yannick
Jadot, si on reste sur le factuel, on s'aperçoit qu'à la fin de l'année, on ne sera pas donc à ce 1,5%, c'est un échec pour François Hollande. Un de plus !
–
C'est un échec pour cette pensée politique qui consiste à considérer que à 1,5% j'ai peut-être sauvé ma peau aux élections, à 3% je suis sûr d'être réélu, et à 1% je dégage. –
Mais
ça ne raconte rien, ni de la répartition des richesses, ni de la protection de l'environnement, ni de la vie quotidienne des Françaises et des Français.
–
Ça c'est ce que vous proposez. Alors je vais vous parler un petit peu de l'actualité aujourd'hui, c'est aussi à Calais. À Paris, il
y a
un afflux de migrants venus de Calais, entre autres, bien entendu, qui se sont aujourd'hui installés vers Stalingrad, vers Jaurès. Est-ce qu'il faut évacuer ces campements ?
– L
'évacuation, vous savez ces campements, ils sont évacués trois fois par semaine.
Trois
fois par semaine, la police vient, tout le monde se répartit dans les quartiers autour, il y a destruction des tentes, il y a mise en insécurité, en instabilité permanente de ces personnes qui sont des survivants.
– Qu'est-ce que vous faites ? Il y a un
millier de personnes qui sont arrivées. – Je trouve incroyable que la France ne soit pas capable de fournir un toit et un lit à des réfugiés qui viennent du Soudan et d'Érythrée pour
l'essentiel. –
Ce n
'est pas ce que dit Emmanuel
Coz qui
est ministre du Legement.
– Non, Emmanuel Coz, ça se trompe, à la Calais, avenue de Flandre à Stalingrad, elle verra que ces personnes vivent dans l'indignité organisée. C
'est la
désorganisation. À partir du moment où c'est l'État, c'est le gouvernement qui est en charge de l'État, qui est en charge de fournir assistance ou pas à ces réfugiés, oui, c'est sa responsabilité. L'Allemagne, en un an, a fourni un million de toits et de lits à des réfugiés.
On
va m'expliquer qu'en France, nous ne sommes pas
capables d'accueillir
10 000 réfugiés de leur fournir
un toit. – Attendez, attendez.
Ceux qui sont à Stalingrad, il faut donc les mettre à l'abri ? C'est ce que vous
demandez ? –
Bien
sûr. –
Il faut les mettre à l'abri, le plus vite possible. – Il faut qu'ils puissent rapidement entrer en procédure. Vous savez que ce qui est scandaleux, c'est qu'en Ile-de-France, en région lyonnaise comme en région marseillaise, il faut 2 à 3 mois pour rentrer en procédure, pour avoir le statut de réfugié. Donc vous avez pendant 3 mois, de toute façon, des situations totalement abracables en test. Donc on construit à la fois de l'indignité absolue pour les réfugiés
qui vivent dans des conditions... – Et ceux qui
sont dans la nature à Calais, là, au final, on en fait quoi ? C'est mineur isolé que la Grande-Bretagne
ne prend pas alors qu'elle devrait les prendre ? – Eh bien, il
faut taper du poing sur la table avec la Grande-Bretagne. Franchement, il y a 1500...
– C'est ce qu'il y a hier
soir par Bernard Cazeneuve ?
–
Eh bien, il a raison. Il y a 1500 jeunes mineurs isolés. Aujourd'hui, ils sont dans le CAP de Calais, tant mieux. Mais pour l'extrême majorité, ils ont des familles ou des liens en Grande-Bretagne. Il faut que la Grande-Bretagne arrête cette folie qui est de considérer que sa frontière est à Calais et qu'elle n'a pas à prendre sa part d'humanité dans la question des réfugiés. – Concernant les policiers
et la grogne des
policiers qui continue, est
-ce
qu'il faut leur donner le droit de légitime défense ? – Non. Moi, vous savez, il y a deux services publics qui sont en première ligne dans des quartiers qui sont extrêmement difficiles aujourd'hui, parfois abandonnés par les services publics, par l'économie, très largement discriminés. Bon, c'est la police et c'est l'éducation. Les policiers et les enseignants, on leur demande de résoudre tous les problèmes sociaux, tous les problèmes de violence, tous les problèmes de discrimination, de dislocation de la société dans ces quartiers. Donc, il y
a
un mal-être qui est justifié de la part des policiers. Effectivement, quand on va dans un commissariat dans certains quartiers, c'est totalement hallucinant de
voir dans un quartier. – Mais il faut parler de légitime défense.
– Donc, répondre en termes d'équipement, en termes de…
– C'est fait, Yannick, j'adore ça. – Oui,
non, mais… – Légitime défense. – Légitime défense. Après, je ne suis pas d'accord pour que notre pays devienne un Far West comme les États-Unis, où tous les jours, tous les jours, on a ces images entre des personnes habitant des quartiers qui se sentent totalement discriminés et où les uns et les autres finissent par se tirer dessus. Et moi, je n
'ai
pas du tout apprécié, pour vous dire la vérité, je n
'ai
pas du tout apprécié ces manifestations de policiers devant les tribunaux. – Alors, justement, ces policiers qui ont manifesté, qui pour un certain nombre n'étaient pas encadrés par les syndicats.
–
Absolument. – Quand Badélis a dit « j'y vois la main du Front National », est-ce que vous avez le sentiment que le Front National est derrière ces manifestations de policiers non encadrés ? – Au départ, non.
–
Au départ, non. Et maintenant ? –
Non.
De dire que le Front National est derrière le mal-être de ces policiers, c'est une sottise. En revanche, qu'il y ait aujourd'hui
une extrême
minorité de ces policiers qui soient totalement pilotés, instrumentalisés par le Front National
pour
aller commencer à remettre en cause l'état de droit, la séparation des pouvoirs, l'indépendance de la justice, ça s'appelle l
'état
de droit.
– C'est votre sentiment aujourd'hui ? – Oui.
Vous savez, en France,
il
y a par procureur,
il
y a 2600 dossiers par an. C'est trois fois plus qu'en Allemagne. C'est dix fois plus qu'aux Pays-Bas. Nous avons la part de procureur, l'une des plus faibles d'Europe. Regardez l'état de la justice, c
'était
le ministre de la justice lui-même,
qui
disait « la justice est en voie de clochardisation ».
–
Alors,
Jadot, président, écoutez-moi pour la justice. –
Eux ne font pas de manifestation, mais que des policiers commencent à mettre la pression sur des juges, sur des magistrats, je trouve ça profondément intolérable. Et quand ils vont manifester devant la statue de Jeanne d'Arc en chantant la Marseillaise, ça me rappelle quand même un petit peu les manifestations du Front National. – C'est Yannick Jadot, député européen, candidat à la primaire d'Europe Écologie-Les Verts, qui est l'invité politique de cette matinale d'info. Concernant le traité de libre-échange entre l'Europe et le Canada, est-ce une bonne nouvelle pour vous, pour les entreprises françaises qui vont pouvoir exporter ? – Ah bon
?
Écoutez, moi, je regarde un peu sérieusement ces dossiers-là, puisque je coordonne au niveau européen la campagne sur le TAFTA et
le
CETA, que je suis vice-président de la Commission du commerce international.
–
Vous avez l
'air
en colère ? – Non, je ne
suis
pas en colère. Vous savez, le libre-échange, il existe déjà entre l'Europe, le Canada et les États-Unis. Ces traités-là ne sont pas des traités de libre-échange. Ce sont des traités qui visent à harmoniser les règles et les normes entre les deux pays. Ces règles et ces normes sont les droits sociaux, les services publics, le principe de précaution. C'est notre modèle agricole. Ça, ce sont des choix de société. L'enjeu de ces traités, c'est de savoir est-ce que les régions, les États ou le niveau fédéral, qu'il s'agisse du Canada ou de l'Europe, vont décider de ces normes et ces règles ou si ce sont les firmes multinationales qui vont en décider.
Eh bien, aujourd'hui, la Wallonie avait fait son travail. Je vous rappelle que, notamment à l'Assemblée nationale, le patron de la Commission du développement durable, Chanteuguay, et la patronne de la Commission Europe, Roy, avaient tenté, comme la Wallonie, de s'emparer de ce dossier-là, de l'étudier, de l'évaluer, parce qu'à un moment, ils auront à dire oui ou non à ce traité. Eh bien, le reste de la majorité socialiste et le gouvernement les ont empêchés de faire leur travail, alors que ça concerne notre souveraineté. Il faut savoir que la Cour constitutionnelle... Le gouvernement a empêché l'Assemblée de
travailler ?
De faire son boulot, bien sûr. Il faut savoir que la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe, vous savez, en Allemagne, il y a la Bible, et au-dessus, il y a la Cour constitutionnelle, a dit que ce traité, probablement, est anticonstitutionnel, puisqu'il prévoit des mécanismes
de
définition de normes et de règles qui
concernent notre vie quotidienne,
qui ne seraient pas validées par des parlements. Quelle sera votre action, vous, si ça va être
anticonstitutionnel ?
Nous, ce qu'on demande, et j'aurais aimé, j'aimerais que... Magnette, c'est intéressant parce que c'est quand même... On a toujours attendu la relève...
Yannick Jadot,
qu'est-ce que vous allez faire, vous, si c'était inconstitutionnel ? Si c'est inconstitutionnel, c'est simple, il ne peut pas être adopté. Nous, ce qu'on demande depuis le début, et François Hollande pourrait avoir le courage de le faire au nom de la France, c'est qu'il envoie à la Cour européenne de justice ce traité-là pour savoir s'il est conforme au traité européen, sur le principe de précaution, sur ces tribunaux privés qui vont dire le droit plus que la Cour européenne de justice, plus que nos systèmes juridiques, pour savoir s'ils sont conformes au traité ou à notre constitution. C'est ce qu'a demandé, notamment, la Wallonie, dans des termes
qui
ne sont pas aujourd'hui totalement clairs, donc on va voir ce qui va en ressortir du compromis belgo-belge, on va dire, mais l'un des enjeux, pour nous, c'est effectivement que ça respecte les traités européens, ce qui veut dire notre souveraineté démocratique. Yannick Jadot,
il
y a beaucoup de questions encore,
et
ça c'est peu de temps. Hier soir, dans le débat d'entre-deux-tours, vous avez dit, concernant Notre-Dame-des-Landes, vous étiez prêt à la désobéissance civile. Est-ce qu'un candidat à l'élection présidentielle peut dire ça ? Bien sûr. Mais bien sûr. La désobéissance civile est un élément
de
toute notre histoire, a toujours été un élément de construction de la démocratie.
Il
est évident que si j'étais président de la République, je n'irais pas en même temps faire de la désobéissance civile, et en même temps être président de
la
République. Mais la chose sera simple, puisque ce projet sera très clairement abandonné, comme beaucoup de projets. Vous en êtes sûr de ça ?
C
'est la déso... Ah si, oui. Enfin franchement. On
est dans le monde.
Il y a eu un référendum, il
y
a eu des décisions de justice, et personne ne les respecte. Les décisions
de justice
sont encore en cours, monsieur. Deuxièmement, la France est toujours mise en demeure par l'Union européenne de respecter le droit européen en considérant que ce projet ne respecte
pas le droit européen. Il y a une évacuation policière, vous serez là avec votre bouclier
en première ligne. Je suis... Je n'ai jamais... J'ai toujours fait de la désobéissance civile, je n'ai jamais porté une seule arme, c'est une désobéissance civile pacifique. La désobéissance civile, c'est toujours pacifique. Là, moi je fais partie du Conseil national de la transition énergétique, de la transition écologique. C'est l'instance du dialogue environnemental installé par ce gouvernement, présidé par Madame Royal. Quand la consultation locale de Manuel Valls est arrivée sur notre table, les pros comme les anti Notre-Dame-des-Landes ont à l'unanimité rejeté cette consultation locale parce qu'elle ne correspondait en rien à des principes démocratiques.
Moi, j'entends Madame Royal dire « il ne
faut
pas le faire ». J'entends Valls dire « il faut le faire ». J'entends François Hollande dire publiquement «
il
faut le faire » dans ses confidences de dire « ça n'arrivera jamais
».
Qu'on arrête ce bazar absolu, qu'on laisse les terres agricoles, qu'on laisse la biodiversité et qu'on arrange Nantes-Atlantique qui est un très bon aéroport aujourd'hui. Deux questions très rapides, s'il vous plaît, concernant la politique. Vous avez dit que vous irez aux législatives seules sans accord du PS. Vous confirmez ? Oui, non. Bien sûr. Est-ce que vous serez candidat aux élections
législatives
? Mais non, je suis député européen. Vous gardez cela. Mais voilà,
c'est très important
l'Europe. Avez-vous 577 candidats aux élections législatives aujourd'hui ? Oui. Vous les aurez ? Bien sûr.
Mais il n'y aura pas
que des candidats, il y aura aussi des candidats.
Alors je
continue. Si jamais Arnaud Montebourg gagnait la primaire, vous seriez prêt à travailler avec
lui
? Mais non. Non plus. Mais regardez, qu'est-ce qu'il dit ? Personne. Non mais... Même pas Mélenchon qui est très vert, de plus en plus.
Non,
écoutez, Mélenchon a un discours écolo incontestable. Mais moi je pense que pour résoudre la crise écologique, il ne
faut
pas simplement du nationalisme et de l'étatisme. Il faut redonner du pouvoir aux citoyens. Il faut donner plus de pouvoir aux régions. Il faut construire de meilleures souverainetés partagées à l'échelle européenne. Et il faut défendre jour après jour, pied à pied, la démocratie partout. Y compris en Russie, comme en Arabie Saoudite, comme en Syrie, comme au Venezuela et ailleurs. Yannick Jadot, député européen,
vous
ne faites rien comme les autres, les écologistes. Non. Au premier tour, vous éliminez. Au deuxième tour, vous choisissez.
Mais
ça, c'est votre interprétation des choses. Je pense que les 17 000 personnes qui étaient inscrites à cette primaire de l'écologie ont choisi d'ouvrir une nouvelle page, ont choisi la relance de l'écologie politique, ont choisi une campagne d'espoir, de conviction et de crédibilité et d'amabilité. Je ne doute pas que si Michèle Rivasi, votre concurrente, est élue, elle me nommera Premier ministre et si c'est moi, je la nommerai, elle,
Premier ministre. Oui,
c'est de l'humour. Il faut de l'humour parce que vous savez ce que j'ai dit sur nos... Voilà. C
'est
de l'humour pour montrer que cette primaire, contrairement aux autres primaires, se fait beaucoup sur le respect. Nous partageons un même projet et c'est une force. Et donc nous nous respectons et nous agissons en parfaite amitié, ce qui n'est pas forcément le cas à regarder vos images pour la primaire des Républicains. Et j'attends avec inquiétude, même si ce n
'est
pas du tout ma cam, le Parti Socialiste, mais j'attends avec inquiétude leur primaire où quand même c'est les règlements de compte du hollandisme comme c
'est
les règlements de compte du sarkozisme à droite. Merci Yannick Jadot d'avoir été notre invité politique. On passe au débrief de vos propos dans un instant. Voilà. Nous passons au débrief des propos de Yannick Jadot, notre invité politique. Ce matin avec Pierre-Benoît, bonjour. Vous êtes directeur adjoint d'information de TV5MONDE. Merci d'être sur notre plateau. Et bonjour, re-bonjour Jérôme Cordelier. Vous étiez avec nous dans la première partie de cette matinale. On démarre par les chiffres de la croissance, plus 0,2% selon l'INSEE. Ce chiffre vient de tomber. C'est le troisième trimestre. Alors est-ce que c'est un nouveau bon point pour François Hollande ?
Yannick Jadot a relativisé tout ça. Et il a dit, ça dépend quel type de croissance, de répartition de richesse. Et bien sûr, évidemment qu'il faut relativiser tout ça. Parce que ce sont des...
c
'est un petit filet d'eau. Mais bon, alors on dira... Certains diront que les petits filets d
'eau
font les grandes rivières. Mais là, en l'occurrence, je pense pas. Je pense que c'est plutôt un clapouti plutôt qu'un grand
mou.
Oui,
puis Jadot, il
s'est remis sur son cœur idéologique par rapport à cette dynamique de la croissance. Petite ou faible, le problème pour lui,
c
'est est-ce que ça va dans le bon sens ?
C
'est-à-dire la transition énergétique ou pas ? Puisque créer des emplois, c'est une bonne chose. Mais il a souligné d'entrée de jeu que comme il y
a
eu un investissement sur le tout nucléaire très important, ça ne l'intéresse pas trop.
C
'est un écologiste pragmatique.
Oui, effectivement.
D'une écologie, voilà, pratique. Oui, c'est-à-dire qu'on pourrait même, pour faire une petite comparaison historique, se demander si c'est pas un peu le socialisme du possible d
'il
y a quelques années. C'est-à-dire faire de la transition, faire vivre autrement, mobiliser la citoyenneté sur des axes de vie quotidienne, mais qui ont des perspectives stratégiques au niveau de la transformation de l'économie. Et donc il a toujours été un petit peu sur cette assiette-là. Et c'est un peu sa marque de fabrique, finalement. Parce que quand on a vu le face-à-face hier soir avec sa challenger Michel
Rivasi pour
le deuxième tour de la primaire des Verts, on voit bien qu'il essaye d'avancer sur des thèmes beaucoup plus larges, tandis qu'elle, elle reste un petit peu cloisonnée sur ses fondamentaux associatifs, militants, etc. Oui, évidemment, en même temps, il n
'a
pas d'autre stratégie, puisqu'on s'aperçoit qu'il y a beaucoup d'idées des écolos qui sont dans la société. Je veux dire, la co-construction et l'économie collaborative, c'est un peu la même chose. Et donc lui est obligé de revenir sur ses fondamentaux. Et le problème,
c
'est que les écolos, ils avancent dans la société, enfin les idées, mais ils n'impriment pas du tout sur
la
scène politique et dans les urnes.
Il y a un espèce de décalage complet. Yannick Jadot est obligé
de jongler avec ça ? Voilà, mais peut-être un peu plus avec des personnalités maintenant comme Yannick Jadot, qui comprennent une écologie, je vais dire, responsable.
Mais
souvenez-vous des années
Yves Cochet.
Yves Cochet était aussi déjà,
à cette époque-là, on
le voyait un peu comme
ça. Tout à fait. C'était un autre par
exemple. Il
a été ministre d'ailleurs. Il a été ministre. Il
était dans le réel. En
même
temps, comme souvent dans ce parti, c'est-à-dire qu'Yves Cochet s'est fait étouffer par une espèce de boa constricteur, qui est le parti, la machine des écologistes. Et puis, il faut quand même dire un point, c'est que face à Yannick Jadot, dans cette primaire, il y a Michel Rivasi. Michel Rivasi, il ne faut pas la négliger parce que c'est quelqu'un... Ils sont très proches dans
les
intentions de
vote. Tout à fait. C'est
une femme de dossier, c'est une femme de combat. On
l'a eu sur ce plateau cette semaine. C'est une
femme de terrain qui travaille beaucoup ses dossiers et qui a pris comme ça des causes, notamment, par exemple, on en parlera dans le point la semaine prochaine, l'histoire de l'usine Alteo à Gardanne, donc sur le combat sur les bourrouges. C'est quelqu'un qui porte des dossiers comme ça depuis très longtemps. Et donc, elle n'est pas à négliger dans ce... C'est deux profils intéressants. Et d'ailleurs, il y
avait
un ton différent entre le face-à-face d'hier et le plateau qui vient de se produire à l'instant. C'est que lui, il était déjà dans une posture post-deuxième tour de la primaire. Des Verts, il est déjà en campagne présidentielle.
Comme s'il avait gagné, la primaire.
Donc, moi, je trouve ça, c'est très intéressant aussi. On a parlé de Gilles Cochémé. C'est vrai qu'il y a une machine à perdre chez les écolos.
Depuis 10 ans.
Qui broie beaucoup les personnalités et qui empêche finalement une structuration. Et à la fin de l'entretien que vous avez conduit, c'est très fort. Parce qu'on voit bien qu'il fait l'impasse complète sur le marasme du Parti Socialiste. C'est quand même... En 96,
la plupart
de ses personnalités...
Ce n'est pas son
problème pour un premier tour de la
primaire.
Non,
ce n'est
pas son problème. Mais tout de suite derrière, la question sera posée. Parce qu'on ne voit pas comment, dans la déliquescence actuelle du mouvement socialiste, la question des alliances, la question des plateformes politiques pourra être évité. Cher confrère,
il faut
venir quand même sur un truc. Jérôme
Cordelli.
C'est que Yannick Jadot, très percutant, très pragmatique, bête de communication, ça c'est sûr. Mais par contre, une phrase énorme.
Je
veux dire, la désobéissance civile à propos de Notre-Dame-des-Landes, une fois de plus,
et
Notre-Dame-des-Landes fait tourner les têtes de
manière folle.
La désobéissance civile est un élément démocratique, de construction démocratique. Alors ça,
il
faut quand même le dire. Mais c'est peut-être
un signe. Quand on est candidat à la présidentielle,
c
'est un signe
à l'égard de ses militants aussi. Oui, mais je veux dire, comme Christophe Bordet l'a fort bien dit, je veux dire, cet aéroport, quand même, voulu par toutes les autorités...
Il
y a eu un référendum. Il y
a
eu un référendum. Je veux dire, enfin, on décide que...
On ne peut pas s'asseoir comme ça. On est candidat à la présidentielle, c'est un
marqueur, Pierre-Benoît. On appelle à la sédition contre...
Je pense
que c'est un message envoyé à la base
radicale, quand même. Bien sûr.
C
'est-à-dire
que par rapport au deuxième tour de la primaire d'Ever, il faut ramasser. Mais pour quelqu'un qui est candidat
à la
magistrature sur prême, donc qui doit un respect des institutions,
c'est quand même... Il y a une primaire à gagner d'abord. C'est confondant. Il
n
'en
parlera plus après la primaire, s'il est confondant.
Alors,
il s'élève aussi contre, évidemment, l'adoption du traité de libre-échange entre l'Europe et le Canadien. Il est très fort sur ce sujet, il
est
député européen lui-même. Bien sûr. Donc il est compétent, mais il en parle bien. Il en parle bien, il en parle fortement, mais simplement, il aurait pu aussi faire un petit coup d'aiguille sur le gouvernement français actuel, puisqu'il a fallu que ce soit les Flamands, les Wallons qui sortent le dossier, quoi. Je veux dire, on a quand même eu un silence radio énorme des autorités actuelles du gouvernement français.
Il l'a souligné, d'ailleurs. Il l'a
souligné, mais quand même, voilà. Donc c'est un dossier qu'il connaît bien. Et la question du droit,
c
'est-à-dire qui sera l'arbitre dans les contentieux économiques et commerciaux entre les États, il a raison, c'est central. Et les multinationales ? C'est un mot qui est revenu ce matin. Oui, vous savez, de toute façon, les multinationales, c'est comme les institutions européennes. Il faut bien un bouc émissaire. Ça, c'est une loi fondamentale de la science politique. Il faut toujours un bouc émissaire. Donc il y a les institutions européennes et les multinationales. Donc voilà, quand un candidat écologiste joue contre les multinationales, il joue sur du velours, évidemment. Sur la question des réfugiés aussi.
Oui, alors, bon, on ne peut pas lui donner
tort. C'est vrai que Calais est en voie de résolution. Mais c'est vrai aussi que c'est aussi une façon de disperser le problème. En opposition avec Emmanuel Kos, vous avez vu le
lien.
Absolument, absolument. Et c'était intéressant de
nous dire que là aussi, il y a une différence majeure.
Mais il faut quand même marquer sur le démantèlement de la jungle de Calais que c'est vrai que pour l'instant, c'est un sans-faute. Oui,
c'est bon. Il faut
être clair. C'est bon.
Je
veux dire.
Et
puis, dispatcher depuis longtemps, il y
a
beaucoup de gens qui ont réclamé ça, de mettre comme ça, de répartir des familles un petit peu émiettées sur le territoire. Évidemment, c'était la bonne solution. Et c'est
la stratégie allemande. C'est la stratégie allemande, Pierre-Bruns.
C
'est quand même bien fait. Absolument.
Et Manuel Valls, je pense, a raison de relever que la France est plutôt honorable sur ce dossier.
En même temps,
les chiffres, c'est des chiffres assez faibles.
Bien sûr. On peut dire que c'est jouable. Bien sûr.
Bien entendu. Si on est répartis sur l'ensemble des départements français, c'est jouable. Il y
a
combien de villages qui peuvent accueillir une ou deux familles ? Mais d'ailleurs, on s'aperçoit que dans les villes moyennes et dans les villages, ça se passe très bien. Merci.
Et
souvent, c'est un épouvantail.
Merci, Jérôme
Cordelier du Point. Merci, Pierre-Benoît de TV5 Monde. On passe au zapping, le premier zapping des matinales politiques. On le regarde ensemble, si vous voulez bien. Lorsque le chef de l'État prend la parole pour le centenaire de la naissance de François Mitterrand, toute la gauche gouvernementale est présente. Si je dois siffler la récréation ou le début du match, c'est le rassemblement. Le rassemblement, parce qu'il n'y aura qu'un seul candidat. Les anciens ministres, les actuels,
les
représentants de la majorité. Mais il y a un grand absent. Quand on est dans la vie politique depuis longtemps,
de
ne pas supporter, d'avoir l'épiderme fragile, un président de l'Assemblée ne devrait pas faire ça. Claude Barthelonne, ici au perchoir plus tôt dans la journée, s'est bien rendu aux commémorations, avant de quitter la salle quand François Hollande a pris la parole. Ce que je reproche à ceux qui, aujourd'hui, à partir d'un livre, s'énervent. C'est dommage qu
'ils
ne soient pas énervés au moment de la loi travail. Interrogé sur une possible nomination de Claude Barthelonne à Matignon, le chef de l'État l'exclut catégoriquement. Il n'a pas l'envergure, il n'est pas très connu. Le jour où il le deviendrait, il n'a pas un charisme considérable. Vous avez vu qu'il
y a
une petite enquête qui vient de sortir, très particulière. 4% c'est encore pas mal.
Mais lui il voulait rassembler au départ.
Bah oui il a rassemblé l'opposition, oui, l'opposition contre lui. On m'appelle le Macron du petit journal. Jeune, louc et faible, ambitieux. Écoutez, je prends ça comme un hommage et si ça peut vous porter chance, j
'en
suis ravi. Ils se sont amusés à regarder quelle était la cote de popularité des présidents de la République 6 mois avant l'élection suivante. Vous auriez quelques conseils à me donner ? Portez vos projets,
ne voulez jamais de mal
aux autres. Pour François Hollande évidemment, c'est une sorte d'ascension de l'Everest. Vous voyez, il est tout en bas de la côte, à gauche, en compagnie de Nicolas Sarkozy d'ailleurs. Vouloir persister
à
être président de la République alors qu'ils sont rejetés l'un comme l'autre. Effectivement, il y
a
une part de masochisme ou alors de déconnexion avec la réalité. Alain Juppé et Nicolas Sarkozy se sont donnés rendez-vous à Marseille pour un duel à distance. Non, la France n'est pas coupable d'avoir voulu faire partager sa culture au peuple d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Nord. Est-ce que vous voteriez François Hollande contre le Front National si la situation
se
présentait ?
Ces propos-là rentrent dans une longue tradition de propos racistes que tiennent les dirigeants politiques français à l'égard de l'Afrique et de nous.
Moi, je n'ai jamais voté pour le Front National, je n
'ai
pas l'intention de le faire. Donc, vous voteriez pour François Hollande. Pas de gaieté de cœur. Il
fait
ce qu'il veut, il fait ce qu'il veut. C'est la fin du nid. Parlez-moi d'Alain Juppé un peu. Longue
tradition de propos racistes. Non, non, laissez-moi le temps, il aura le temps. Non, non, non,
laissez-moi finir, s'il vous plaît.
Je me suis dit, est-ce qu'il est sincère ce monsieur Bourdin ou pas, quand il me veut ou pas ? Et puis tous les matins, quand vous
me voyez dire,
je me dis... Pas tous les matins. Monsieur Demota, s'il vous plaît,
on va laisser
François
Fillon
répondre.
Monsieur Fillon, ça c'est rarement parler. Monsieur Fillon, longue tradition de
propos racistes, dit Elie Demota. Il faut que je récompense tant d'insistance pour m'avoir. J'ai pensé, figurez-vous, que je vous manquais.
Je
constate
avec
quoi
vous
me demandez d'intervenir et qu'en fin de compte, monsieur Fillon, il parle plus que moi. Je reviens.
Voilà,
fin de territoire d'info. Demain matin, c'est les meilleurs moments des interviews politiques de la semaine. Et nous, on se retrouve évidemment lundi matin. Merci à tous et bon week-end. Politique Matin, présenté par Brigitte Boucher, dans un instant. Députés, experts, spécialistes, rassemblés pour débattre avec vos réactions sur nos réseaux sociaux, en direct sur LCP.
Ça vous regarde, présenté par Arnaud Ardouin, ce soir à 19h30.
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