FRANCE 2022 - Anne Hidalgo : « Il faut que la France retrouve sa place en Afrique » • RFI
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 67 %Attaque 16 %Défensif 16 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:26OuverteRéponse directe
Comment faites-vous pour continuer Anne Hidalgo ?
- 3:51RelanceRéponse directe
Elle n'est pas essoufflée, cette sociale-démocratie que vous prenez aujourd'hui ?
- 4:29OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez le sentiment que certains partis socialistes veulent vous débrancher ?
- 5:56RelanceRéponse partielle
Les sondages sont difficiles, pourquoi ne pas renoncer à votre candidature ?
- 6:35FerméeÉludée
Pourquoi ne pas vous retirer au profit d'un autre candidat socialiste ?
- 7:26OuverteRéponse directe
Est-ce que Christiane Taubira vous a fait une mauvaise manière ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 18:13Invité politiquePromesse
« J'ai une des propositions les plus radicales, y compris plus radicales que la gauche radicale, le SMIC de 15%. »
- 18:21Invité politiqueChiffre
« Les 10% des salaires les plus élevés ont augmenté dix fois plus vite que les 10% des salaires les moins élevés. »
- 20:21Invité politiqueFait
« Il faut que la France retrouve sa place en Afrique. »
- 17:35Invité politiqueFait
« Le travail, c'est ce qui donne la dignité à la personne. »
- 27:30Invité politiqueFait
« Le travail, sans travail, pas de dignité, avec le travail, une dignité possible. »
- 27:37Invité politiqueFait
« Le féminisme, une autre façon de voir le monde et de voir l'humanisme. »
- 27:58Invité politiqueFait
« L'égalité, ce n'est pas qu'un rêve, ça doit être une réalité. »
- 34:14Invité politiqueFait
« ils ont raison et j'avais tort d'être à l'extérieur de cela. »
- 37:04Invité politiqueFait
« Moi, j'ai parrainé plusieurs candidats à la présidentielle et j'ai toujours été très émue. »
- 37:11Invité politiqueFait
« Mon premier parrainage en tant qu'élu était pour Lionel Jospin. »
- 37:48Invité politiqueFait
« Maintenant, c'est entièrement public ce que je trouve être une très bonne chose d'ailleurs. »
- 39:12Invité politiqueFait
« j'ai tenté cette démarche d'union, notamment une primaire, avec des débats. »
- 40:02Invité politiqueFait
« c'est une gauche républicaine, une gauche écologiste, c'est une gauche qui veut transformer le réel. »
Temps de parole
- Anne Hidalgo65 %
- Présentateur12 %
- Présentateur 210 %
- Locuteur 57 %
- ?5 %
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C
'est l'heure de Mardi Politique sur France 24 et RFI. Bonsoir Frédéric Rivière. Bonsoir Roselyne, bonsoir à tous. Et ensemble nous recevons Anne Hidalgo, candidate socialiste à la présidentielle et maire de Paris. Bonsoir à vous. Bonsoir à vous. Et merci de votre présence ici. Alors vous serez interrogé sur les questions d'actualité nationale et internationale, puis le rendez-vous de l'aphorisme avec Frédéric qui va vous expliquer. Je vous demanderai tout simplement de faire appel à votre sens de la formule en essayant de ciseler quelques aphorismes sur des mots ou sur des thématiques que je vous proposerai.
D'accord, je vais essayer d'être à la hauteur.
Il n'y
a
pas de contrainte.
Puis
nous quitterons les rives de la politique pour vous connaître un peu mieux dans Tout n'est pas politique et puis la chronique Parfum de campagne de Clovis Casali à la fin de cette émission. Mais tout de suite, le portrait. Alors Anne Hidalgo, vous vous souvenez forcément de l'hymne du Parti socialiste sur la musique de Mikis Théodorakis. Écoutez-le.
Voilà,
changeons la vie ici et maintenant, disait la chanson de 1977. Aujourd'hui, certains voudraient non pas que vous changiez la vie, mais que vous changiez d'avis et que vous renonciez à votre candidature. Mais c'est mal vous connaître. À ceux qui doutent de vous, vous répondez dans vos rêves. Dans votre carrière politique commencée en 2001, vous aviez un atout planqué sous votre blouson. Ceux qui vous croyaient transparentes, soumises, un pot de fleurs, ont appris à leur dépens que vous cachiez sous votre joli sourire une détermination de fer. Vos années auprès de Bertrand Delanoé, le maire de Paris, vous ont blindés. Aujourd'hui, on a le sentiment que vous vivez un cauchemar, un calvaire.
Vous n'avez pas l'air quand on vous regarde, mais en tout cas, avec cette campagne qui quand même ne démarre pas, des sondages qui sont au plus bas. Alors, dans la primaire populaire que Christiane Taubira a remporté, vous récoltez la mention de passable plus, vous frôlez le bonnet d'âne. Comment faites-vous pour continuer Anne Hidalgo ? Et si j'anticipe sur la chronique aphorisme de Frédéric, dans quelques instants, je vous demanderai volontiers si vous avez fait vôtre cette célèbre, Maxime, point n'est besoin d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer.
D
'abord, merci pour ce portrait. C'est vrai que je suis une femme politique. J'ai de l'énergie. J'ai une vie qui est aussi une force que m
'ont
donné mes parents, mes origines modestes, de filles d'immigrés. J'ai des convictions. J'ai envie de faire bouger les choses. Et je pense que la politique sert à cela. Et je suis engagée. Et dans cet engagement, dans cette campagne présidentielle, qui est une campagne sans doute à nul autre pareille, parce qu'elle s'inscrit encore dans le cadre d'une crise Covid, parce que depuis des mois, on nous explique qu'elle ne démarre pas, mais encore faudrait-il qu'il y ait des débats, que tout le monde soit sur la ligne de départ. Moi, je travaille, je prépare, j'ai un projet, un programme. J'ai aussi une équipe autour de moi.
Et forte de cela, je vais porter à la fois des messages et des propositions qui sont celles d'une femme de gauche, sociale-démocrate, écologiste, qui a une expérience et qui veut
continuer à changer le monde. Elle n'est pas
essoufflée, cette sociale-démocratie que vous prenez aujourd'hui ? Est-ce qu'on a le sentiment que la gauche est plus en forme quand elle se radicalise ?
En fait, cette
sociale-démocratie,
elle gagne partout en Europe.
Aujourd'hui,
là où elle est au pouvoir, dans des pays du Nord, en Allemagne, dans le sud de l'Europe. Et en fait, lorsqu'il y a une alternative à gauche qui est possible dans tous les pays européens, elle provient d'où ? Non pas de la gauche radicale, mais elle provient de cette sociale-démocratie qui a fait sienne aussi
l'écologie.
Juste avant de donner la parole à Frédéric, j'aimerais quand même que vous me répondiez à cette question. Bien sûr, vous aviez dit que vous alliez continuer, mais quand même, est-ce que vous avez le sentiment que certains partis socialistes veulent vous débrancher
?
Non, vraiment. Vous savez, ça, c'est vraiment derrière nous aujourd'hui. Dans toute campagne, dans toute famille politique,
il
y a toujours, ou dans les commentaires,
il
y a toujours des gens pour venir sans doute expliquer l'air du temps, parce que ça coûte moins de travail que de s'intéresser au fond des idées, aux trajectoires, aux orientations que prennent les partis politiques. Ce que je suis en train de faire aujourd'hui avec cette candidature, c'est aussi repositionner cette offre socialiste, sociale-démocrate sur l'écologie, partant de l'écologie pour transformer la société, mais remettre des questions essentielles comme le pouvoir d'achat, la place des classes moyennes, les questions
d'éducation, les
questions aussi de santé, au cœur de cette campagne, c'est-à-dire le cœur des problèmes que rencontrent les Françaises et les Français. C'est ce qu'ont fait d'ailleurs tous les partis sociaux-démocrates du nord de l'Europe ou même encore au Portugal, pour justement conquérir, montrer l'importance de cet équilibre que cherche cette gauche de gouvernement que j'incarne, que je représente, et qui est un équilibre absolument nécessaire, parce qu'on ne peut pas laisser l'économie sans aucune régulation. On voit bien les inégalités que cela creuse.
Anne Hidalgo, on peut toujours considérer que les sondages ont une fiabilité douteuse. Oui, absolument. Mais enfin, malgré tout, ça reste quand même des indicateurs que chacun prend en compte dans ces moments-là. Les vôtres sont un peu difficiles. Vous êtes un peu à la peine dans cette campagne présidentielle. 3, 2,5, 3,5. Quand on se souvient de ce qui s'est passé en 2017, Yannick Jadot avait renoncé à sa propre candidature à la présidentielle. Il était alors crédité d'environ 2% pour soutenir le candidat du Parti Socialiste,
Benoît
Hamon, qui était crédité de 13
à 15, vers 17.
Mais enfin,
en
tout cas, il était beaucoup mieux placé que lui. Pourquoi vous ne vous dites pas qu'au fond, ce serait peut-être un juste renvoi d'ascenseur et une forme d'élégance ?
La politique n'est pas ce type de renvoi
d'ascenseur. L'élégance, ce n'est pas l'affaire de la politique ? Ce n'est pas un
sujet d'élégance. Et puis en plus, ce n
'est
pas du tout le même rapport de force.
Mais convenez quand même qu'il est à son
avantage.
Oui, enfin, un avantage relatif dans les marges d'erreur. Donc si vous voulez, ce n
'est
pas le sujet aujourd'hui. Et puis d'ailleurs, cette question, elle est vraiment derrière nous, vous savez. En fait,
tout est derrière vous. Qu'est-ce qu'il y a devant ?
Devant nous,
il
y a la campagne, avec une proposition, qui est une proposition, justement, qui part de l'écologie. Christiane
Taubira, c'est derrière
aussi ?
C'est aussi derrière. C'est une candidature de plus. Ira-t-elle jusqu'au bout ? C'est à elle de le dire. Vous
pensez qu'elle aura
ses signatures ? De l'argent
? Ça sera son sujet. C'est vraiment à elle
de
porter cela.
On ne peut pas évacuer ça d'un revers de
main, Anne Hidalgo.
Est-ce qu'elle vous a fait une mauvaise
manière ? Est-ce que vous considérez que toute sa carrière, ça a été fait un peu pour torpiller le PS ? En 1994, les Européennes avec Bernard Tapie pour contrer Michel Rocard. 2002, elle se présente contre Lionel Jospin, et elle quitte le gouvernement sous Hollande, en pleine crise terroriste. Est-ce que vous la suspectez d'en vouloir au Parti Socialiste ?
Je ne
vais
pas me pencher sur ce qui motive Christiane Taubira. C'est sûr que
cela
ajoute de la confusion au paysage. Elle a décidé d'être une candidate de plus. Elle a une candidate de plus.
C
'est à elle de porter ce qu'elle a à porter. Moi, ce que
je veux vous dire. Mais bien sûr,
d'abord parce que je suis aussi la représentante d'une famille politique qui est légitime. Légitime pour concourir et pour apporter des solutions, qui sont d'ailleurs des solutions différentes de celles qu'apportent les autres. Et je le redis, je constate une chose très claire, c'est que partout où la gauche gouverne en Europe, c'est cette gauche sociale, démocrate, qui a fait sienne l'écologie. C'est là que l'on peut rassembler la population. Et c'est ce que je vais faire parce que la campagne est devant nous.
Mais sur cette primaire populaire, il y
a
eu 466 000 inscrits, il y a eu pas loin de 400 000 votants. Est-ce que ça ne donne pas tout de même une certaine force à cette expression ? Est-ce que vous accordez une forme de respect à cette expression ?
Moi,
je remercie tous ceux et celles, d'abord, les 40%, je crois, qui ont considéré que j'étais quelqu'un qui pouvait incarner la fonction. Mais surtout, ce que je veux dire, c'est qu'il y a bien sûr plein de citoyens qui, en toute bonne foi,
ont pensé...
En
fait, c'est une aspiration à l'unité de la gauche. Il y a
beaucoup de citoyens qui, en toute bonne foi, ont pensé que ça pouvait être une solution pour rassembler. Mais encore fallait-il qu'il y ait des débats, encore fallait-il que les candidats soient d'accord pour participer à cet exercice-là. Ça n'était pas le cas. C'est derrière nous. Alors, ce qui est devant nous, c'est effectivement, chacune et chacun portant sa candidature. L'ouverture des parrainages a
été
faite et il y aura des parrainages qui permettront de voir qui est sur la ligne de départ. Il y aura, je l'espère, dans les semaines qui viennent, de toute façon, il y
a
une deadline, la candidature du président de la République à, je dirais, cette élection. Et là, les choses vont être, non pas rebattues, mais vont démarrer parce que ça ne vous a pas échappé non plus, que pour tout le monde, c'est quand même relativement le calme plat, et qu'aujourd'hui, les Françaises et les Français commencent à rentrer dans l'élection, mais ils étaient surtout préoccupés par, notamment, les questions de santé liées au Covid. Et aujourd'hui, ils sont très préoccupés par les questions de pouvoir d'achat.
Alors, justement, si vous me parliez tout à l'heure des démocraties européennes, enfin, de la sociale démocratie européenne, pardon, au Portugal, les socialistes viennent de remporter les législatives anticipées avec une majorité absolue.
Oui, ce qui n'était
pas prévu par les sondages.
Non
? Ah bon ?
Mais,
enfin,
je n'ai pas
regardé les sondages. Ben non, les sondages les donnaient, enfin, vraiment à
touche
-touche, et Antonio Costa, pour lequel j'ai énormément d'amitié et d'admiration, et quasiment dix points de vent.
Alors, ça veut dire que le champ idéologique socialiste n'est pas mort ? Bien sûr que non,
et partout en Europe.
Bien
sûr, mais comment
vous expliquez, dans ce cas, que le Parti socialiste français soit totalement inaudible ? Et ça ne date pas de vous, Anne Hidalgo. Voilà, il y a eu François Hollande qui a gagné en 2017, mais l'affaire s'est
viviquée. En 2012. En
2012,
pardon, excusez-moi.
Comment expliquer, dans le fond, ce
désaveu ? D'abord, dans tous les pays européens, du Nord comme le Sud, après 2008,
c
'est-à-dire après la crise financière, il y a eu un repositionnement, il y
a
eu des difficultés, il y a eu des traversées du désert de presque tous les partis sociodémocrates. Et à l'époque, la question,
c
'était, est-ce qu'il y a place pour un État-providence ? Puisque la crise économique avait été très violente, et les réponses européennes avaient été l'austérité, ce qui avait prolongé ces crises et créé beaucoup de distanciation entre les citoyens et là où ils étaient au pouvoir, c'était le cas en Espagne en 2008, les formations de gauche. Il y a eu des traversées du désert. Il y a eu un travail qui a été fait par beaucoup de ces partis socialistes partout en Europe, de se repositionner, à la fois sur les questions d'écologie, mais aussi sur la place des classes moyennes, sur les questions de travail, sur les questions de pouvoir d'achat, sur les catégories populaires.
En France, il y a eu un gouvernement de 2012 à 2017, et puis une explosion du paysage politique en 2017. Et de cette explosion du paysage politique, toutes les recompositions n'ont pas encore été faites. Et bien sûr, et je suis d'accord avec vous, le Parti socialiste français a été, et est encore, à la peine. Est-ce que ça veut dire que ce qu'il porte, parce que face
à l'histoire,
l
'histoire devrait vous donner raison avec
les inégalités ? Absolument, et
je suis d'accord, puisque l'histoire donne raison dans les autres pays européens, que ce soit au
nord
ou au sud. Et donc, il nous faut, et en tous les cas, c'est le travail que je fais, pas simplement, je le fais pour mon pays, je le fais pour les Françaises et les Français, mais je pense que nos réponses, les réponses que j'apporte, notamment en essayant de répondre aux trois crises, la crise sociale, la crise écologique, et la crise climatique, sont les réponses qui correspondent au moment.
Est-ce que c'est encore audible ?
Et bien c'est à moi, et à nous, en tous les cas avec toute mon équipe, de faire en sorte que ce soit entendu par les Français
et les Français. On va s'arrêter dans quelques
instants sur quelques éléments de votre programme, mais d'abord, j'aimerais bien vous entendre sur les menaces dont sont victimes les auteurs et les journalistes de l'émission « Zone interdite
»
qui a
été
diffusée
sur
M6 dimanche soir, un long reportage sur l'islam radical à Roubaix. L'avocat Charlie Hebdo, Richard Malka, a écrit une tribune dans laquelle il dit ceci « En l'absence de réaction, il n'y aura plus aucun reportage ni enquête sur l'islam et en particulier l'islam radical. On se dira que c'est trop de problèmes. On se le dit déjà d'ailleurs. Et le pas de vaguisme l'emportera définitivement. Ne rien faire, c'est accepter de ne plus être informé, c'est laisser prospérer la radicalité. »
Il a
raison.
Il a raison. Et je
suis tout à fait d'accord avec lui. Et je soutiens complètement les journalistes qui ont fait ce travail-là. Je pense qu'on a besoin de ce type d'investigation.
Vous
savez, il avait été dit à peu près la même chose aussi après l'assassinat de Samuel Paty. Le fait qu'on ne pouvait pas, pour ne pas faire de vagues, laisser les professeurs tout seuls face à des difficultés, face à des interventions extérieures venant essayer de contrôler leur pédagogie ou les empêcher, notamment sur la question, bien sûr, de la laïcité, de la liberté d'expression. Là-dessus, vous savez, moi, je suis absolument intransigeante. Bien sûr qu'il faut des reportages, parce qu'on a besoin d'une presse libre, d'une presse protégée aussi, contre ce type d'attaque, pour montrer ce qui se passe. Et
puis, on a besoin d'un débat. Après, comment
on...
Eh bien,
en soutenant notamment ces journalistes, en faisant en sorte qu'il y ait non seulement ces investigations, mais qu'il y ait place pour le débat. Bien sûr que l'islam radical est une menace et nous en savons quelque chose, et j'en sais quelque chose en tant que maire de Paris, puisque nous avons subi des attentats et que j'ai été là et que j'ai vécu ces moments absolument dramatiques. Et j'ai aussi participé, contribué, aux côtés de Bernard Cazeneuve et de François Hollande, à la réponse républicaine qui devait être apportée. Et donc, bien sûr, je suis d'accord avec Richard Malka. Il faut qu'il y ait des réactions. Ma réaction est là et elle sera toujours du côté de ceux qui dénoncent cela.
Et par ailleurs, je tiens à le dire,
parce que ne pas le
dénoncer, c
'est aussi...
Oui, bien sûr, mais
ne pas... Comment vous
agissez ? Alors, d'abord, le politique, il parle et il doit dire où sont les valeurs, où sont les valeurs de la République et il doit soutenir cette liberté du journaliste d'aller faire ce type d'investigation. Ensuite, il y a le droit. Le droit dans notre pays, nous sommes dans un état de droit, doit être là pour à la fois, bien sûr, permettre que ce travail se fasse, mais aussi pour contrecarrer ces situations dans lesquelles un islamisme radical prospère et occupe un espace qui n'est pas compatible avec l'espace républicain. Et agir... Moi, vous savez, je travaille beaucoup avec des maires qui sont des maires dans des quartiers très populaires.
J'étais à Créé récemment, j'étais à Vaud-en-Velin avec Hélène Geffroy, et je vois comment ils travaillent à la fois pour essayer, bien sûr, de ramener toutes les populations de cultures différentes vers ce qu'est le cadre commun de la République, faire en sorte que cette République traite vraiment cette question fondamentale de l'égalité républicaine, parce qu'il faut aussi dénoncer les discriminations dont sont victimes un certain nombre de personnes au regard de leur origine, de leur nom ou de leur soi-disant appartenance religieuse. Donc, il faut faire tout ce travail de fourmi, mais aussi, bien sûr, un travail qui est le respect de l'État de droit.
Anne Hidalgo, il faut qu
'on
parle en quelques mots de votre programme, et après, on voudrait vous interroger sur l'actualité internationale. Vous placez le travail en tête. C'est une façon de dire que pour le Parti Socialiste, pour la gauche, la valeur travail, ça existe aussi ?
Bien sûr. Je ne reviens pas sur l'hymne que vous avez évoquée au tout début. Mais pour moi, tout commence par le travail. En fait, le travail, c'est ce qui donne la dignité à la personne. C'est ce qui lui permet d'avoir une rémunération, un revenu digne qui lui permette de vivre, d'élever ses enfants. Et pourquoi je rentre par la question du travail ? Parce qu'elle est fondamentale. Elle est fondamentale et elle ne peut pas être abandonnée. Et notamment par
la gauche... Mais est-ce que vous dites qu'il faut
travailler plus, par exemple ?
Mais non, je dis... Parce que c'est un peu la ligne de fracture entre la droite et la gauche.
Travailler plus, déjà, il faut travailler. Et déjà, il faut reconnaître au travail sa valeur, ce qui veut dire aussi rémunérer, justement, les salariés. J'ai une des propositions les plus radicales, y compris plus radicales
que la gauche radicale,
le SMIC de 15%. Pourquoi de 15% ? Parce que si vous prenez ces dix dernières années, qu'est-ce qui s'est passé ? Les 10% des salaires les plus élevés ont augmenté dix fois plus vite que les 10% des salaires les moins élevés. C'est-à-dire que s'il y avait eu par le marché une régulation naturelle, je sais que ça n'existe pas, des rémunérations, eh bien, on aurait eu des bas salaires qui, aujourd'hui, seraient 15%. Oui,
alors les économistes disent que ça fait monter les taux d
'intérêt. Oui, c'est ça. Les économistes nous disent que ça fait monter les taux d'intérêt, ça fait monter la pauvreté, ça fait monter aussi le désarroi des classes moyennes et des catégories populaires qui, du coup, ne croient plus du tout dans
leur pays.
Et moi, je pense d'abord à eux. Alors, les taux d'intérêt, on
en parlera. Non, non, je
ne m'en fiche pas du tout. Je ne m'en fiche pas du tout
de l'économie.
Mais ce que je sais, c'est qu'en remettant le travail dans sa valeur, en rémunérant et
une juste rémunération, on fait aussi fonctionner l'économie. Une question
courte, est-ce que vous considérez que les salaires sont trop bas en France ? Oui, bien sûr, parce qu'on ne produit pas assez.
Mais non, les salaires sont trop bas parce qu'il n
'y a
pas eu d'augmentation de salaire et que tout le reste a augmenté. Regardez le logement, 30%, aujourd'hui, le logement pèse 30% dans le revenu des ménages. C'était 12% il y a 30 ans. Vous vous rendez compte ? À
Paris en particulier.
Il n'y
a
pas que Paris.
Non, mais enfin...
Mais c'est vrai, vous avez raison, dans les zones tendues.
Et
donc, il faut absolument que...
Il faut une voiture, donc il faut payer les salaires. Donc, il faut que le salaire augmente. Alors,
on va donc, effectivement, aborder l'actualité internationale avec le monde devant vous.
Alors,
à propos de la présence française au Mali, vous aviez déclaré il y a une semaine que les forces, les troupes françaises de Barkhane devaient rester. Hier, la jeune militaire au pouvoir a demandé, a donné 72 heures à l'ambassadeur de France pour quitter le Mali. Après cette décision, est-ce que vous restez sur votre position ?
Oui, mais c'est une très mauvaise manière. Et je pense qu'il faut que la France retrouve sa place en Afrique. Bien sûr, avec
la jeune, Mais qui fait une très mauvaise manière,
le régime
malien ou la France
?
Là, en l'occurrence, c'est évidemment le régime malien qui fait une mauvaise manière en renvoyant l'ambassadeur du Mali. Et d'ailleurs, le régime malien a été rappelé à l'ordre aussi par ses voisins, a été rappelé à l'ordre par les chefs d'État africains, parce qu'effectivement, il faut retrouver un autre chemin que celui qui est emprunté dans plusieurs pays, notamment au Sahel, qui est celui des coups d'État militaire.
Mais en même temps, il faut que la France retrouve le chemin du dialogue avec les chefs d'État, parce que, et je pense qu'il faut se saisir de l'opportunité de Macky Sall, président du Sénégal, mais accédant là à la présidence de l'Union africaine, pour renouer ce lien-là, pour que l'on puisse remettre la France dans un rôle qui est le sien. Bien sûr, il y a la présence militaire qui assure aussi notre sécurité ici en France et en Europe, mais il y a aussi toute la question du développement, de l'aide au développement,
qui doit être là aussi remplissée en
Afrique. La
présidence
n'a pas rompu les relations diplomatiques avec la France, elles n'ont pas demandé expressément le départ de l'opération Barkhane. Pour vous, la priorité de la France doit-elle être précisément de tout faire pour maintenir l'opération Barkhane ?
Oui, je le pense sincèrement. Elle doit tout faire pour maintenir cette opération. Bien sûr, pas toute seule. On n'est pas arrivés là par hasard ou parce qu'on l'aurait décidé. Cela nous avait été demandé. Et on est arrivés là aussi dans le cadre d'une action internationale, donc dans le cadre du droit international. Et aujourd'hui, bien sûr, qu'il faut maintenir cela avec notamment l'Europe, même si c'est compliqué, et qu'il faut compléter cette intervention militaire qui assure la sécurité des populations au Sahel, mais qui assure aussi notre sécurité ici en Europe par une politique qui doit être une politique résolument de développement et d'accompagnement du développement.
Et d'ailleurs, je trouve que la France ne s'appuie pas suffisamment sur la coopération décentralisée. Vous savez que nous sommes en France de très très nombreux maires, d'ailleurs accompagnés par l'AFD aussi, à intervenir...
L'Agence française du développement. L
'Agence française de développement est
également à
intervenir dans des relations bilatérales avec des collectivités qui sont aussi des points d'appui pour nous. Moi, je préside aussi l'Association internationale des maires francophones. Donc, je travaille avec tous les maires africains. Et donc, il faudrait que l'État français s'appuie beaucoup plus sur cette coopération décentralisée, y compris pour développer cette relation aux sociétés civiles qui est indispensable, mais aussi pour promouvoir des actions de développement. Moi, je vois, on travaille avec Ouaga, on travaillait avec...
On travaille avec aussi Abidjan et beaucoup d'autres villes, avec Dakar, bien sûr, par exemple, à la création de lieux pour à la fois l'économie numérique, pour la jeunesse africaine. Il faut aussi que dans les axes de développement et de cette relation qu'il faut renouer avec les États africains, on soit plus généreux vis-à-vis de la jeunesse africaine,
notamment dans
l'accompagnement des étudiants, dans le travail qu'on peut faire pour mieux les accueillir et pour mieux les accompagner aussi lorsqu'ils reviennent dans leur pays, parce que là, il y a une
guerre pour un... Mais vous trouvez que le président de
la République ne s'y prend pas bien
dans sa politique africaine ? Non, il ne s'y prend pas
bien. Très clairement, il ne s'y prend pas bien parce que je pense que, notamment, il a beaucoup déstabilisé des chefs d'État en ne s'adressant pas à eux, en évoquant ce que je peux comprendre, l'idée qu'il faille travailler avec une société civile africaine. Mais quand le président de la République française organise un sommet France-Afrique à Montpellier et qu'il n'invite même pas les chefs d'État, qu'il n'invite même pas, par exemple, Macky Sall, ce n
'est
pas normal. Vous voyez bien que là, il se passe quelque chose qui ne peut pas engendrer des relations de confiance et des relations dans lesquelles on puisse se projeter. Mais c'est cet exercice ultra solitaire du pouvoir du président de la République, y compris dans ses relations internationales, qu'il faut revoir.
Peut-être
particulièrement dans les relations internationales parce que c'est la fonction qui le veut.
Oui et non, vous n'êtes pas obligé, vous pouvez comprendre que dans les sociétés actuelles, que la France a, via sa diaspora, mais aussi via ses collectivités locales, un réseau de villes que la diplomatie des villes,
ça
existe, c'était Pierre Moroy qui en parlait très très bien il y a de cela longtemps, qui doit être aussi mise à profit des intérêts, des relations entre la France et l'Afrique. Cette relation entre la France et l'Afrique, non seulement elle est historique, on sait aussi que l'Afrique va être le principal continent porteur de la francophonie et des valeurs de la francophonie et de cette langue que nous avons en commun. C'est extraordinaire d'avoir ce potentiel-là et il n'est pas exploité parce qu'il y
a
un exercice solitaire du pouvoir. Donc c'est une volonté du chef de l'État français d'être dans cet exercice volontaire du pouvoir. Moi, présidente de la République, ce
n
'est pas que je partagerai le pouvoir, je sais très bien que le pouvoir, à un moment donné, c'est tout seul qu'on l'assume et qu'on décide. Mais évidemment que je mettrai en œuvre ce qui est bon pour mon pays en m'appuyant aussi sur toutes ces autorités et sans jamais non plus prendre de court des chefs d'État avec lesquels il faut renouer le dialogue.
Alors
on va passer à la rubrique aphorisme avec vous. Donc Frédéric,
préparez-vous. Bon, je vais
essayer.
Alors
l'aphorisme, c'est une formule, une pensée synthétisée en quelques mots. Je vous donne quelques exemples. L'abondance est le fruit d'une bonne administration. C'est Jean Jaurès.
Ce
n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles. Sénèque.
Pas
d'espoir sans crainte, pas de crainte sans espoir. Spinoza. Et puis enfin, j'aime bien toujours en ajouter une plus légère, et celle-ci est de Michel Audiard. Le jour est proche où nous n'aurons plus que l'impôt sur les eaux. Voilà donc à quoi je vais vous demander de vous livrer,
d
'imiter ces auteurs, ces philosophes, et donc de faire appel à votre sens de la synthèse. Après tout, au Parti Socialiste, normalement, c'est un peu une deuxième nature, ça. J'espère.
En tout cas, ça
a été longtemps, cette deuxième
nature de
François Hollande.
Exactement.
Alors voici les mots clés, en quelque sorte, que je vous suggère. Tout simplement, pour commencer, Paris.
La
plus belle ville du monde, Paris, c'est un paradis. Paris,
c
'est un paradis.
Le
travail.
Le
travail, sans travail, pas de dignité, avec le travail, une dignité possible.
Le
féminisme.
Le
féminisme, une autre façon de voir le monde et de voir l'humanisme.
À ce stade-là, vous vous en sortez, très bien.
C'est vrai ?
En tout cas, dans la rapidité de réaction, oui, c'est tout à fait. Le masculin.
Le masculin, ça n'est pas simplement l'opposé du féminin.
Ça
peut être aussi une composante.
L
'égalité.
L'égalité, ce n'est pas qu'un rêve, ça doit être une réalité.
L
'Europe.
L
'Europe, notre destin commun. Et Victor Hugo disait, « Un jour, il y aura un grand pays qui s'appellera l'Europe dont la capitale sera Paris.
» L
'immigration.
L
'immigration, une chance, une chance.
Une
chance. L
'ouverture au
monde. L
'exil.
L
'exil, une douleur, un déchirement.
Et
enfin, l'automobile.
Un
moyen de se déplacer.
Pas
la plus belle conquête de l'homme après le cheval.
Non. Un moyen de se déplacer. Pragmatisme.
Eh
bien, voilà. On
donne
quelle mention ?
Bien plus passable. Sur la rapidité de réaction, je dois dire que, très
honnêtement, vous êtes loin devant les autres.
C'est vrai
? Oui, oui. Vous
avez
eu une
famille d'applicitations. Elle doit être contente d'être venue. J'ai un
plus, plus, plus.
À tel point que j'ai l'impression que j'aurais dû prévoir plus.
Mais d'habitude, je ne peux pas tous les proposer. Là, je
suis
déjà à court. Et donc, on va maintenant s'écarter un peu des sentiers de la politique pour faire mieux connaissance avec vous. Donc, tout n'est pas politique. D'accord.
Heureusement.
Anne Hidalgo, que dites-vous à vos enfants à propos de l'ambition
? L
'ambition, c'est bien. Il faut en avoir. Mais il ne
faut
pas écraser les autres. Vraiment. Ne pas écraser les autres. Pour moi, l'ambition, elle sert à transformer des choses, à transformer le monde, à être utile.
Qu
'est-ce qui vous fait tenir dans les moments difficiles ? À quoi vous vous accrochez
?
Ma famille, les gens que j'aime, parce qu'ils sont là, ils sont généreux, ils sont merveilleux. C'est plus pour eux que j'ai des craintes que pour moi. Et donc, oui, ma famille, vraiment. Ils souffrent pour vous, en
ce
moment ? Je pense un peu, quand même. Ils ne
me
le disent pas. Vous ne le disent pas ? Je me souviens quand mon
père était... Ils vous disent quoi, vos enfants,
quand vous êtes malmenés, quand votre
mari ?
Ils me demandent comment ça va, ils sont gentils avec moi. Je me souviens, vous savez, en 2014, quand j'ai été candidate pour la première élection à Paris, mon père était encore vivant, il était à la maison, il tenait, il avait 85 ans, il tenait absolument à vivre ce moment-là avec moi. Et quand j'entrais le soir, après ma journée de campagne, je voyais mes parents, mes enfants, tout le monde, avec un sourire, me disant, ça va bien, tu vas bien, on va tous bien. Et je me disais, ils ont du mal à cacher leur angoisse, mais ils étaient tellement, voilà, tellement adorables et tellement chouettes que ça m'a fait tenir.
Vous retrouvez aujourd'hui ce soutien
?
Oui, oui, bien sûr. Vous dites que vous aimez la bienveillance, est-ce que vous l'êtes envers les autres ?
Ah, j'essaye. Parfois, vous pouvez
avoir la dent dure ou
être autoritaire ?
En tout cas, j'essaye d'être bienveillante, je pars toujours d'un principe de confiance dans l'autre et puis d'accompagnement. Après, si l'autre nie mon existence ou essaye vraiment par des actions de nier ce que je suis, ça, je peux réagir. Je réagis avec fermeté. Voilà.
Il paraît, Anne Hidalgo, que vous êtes fanatique de sport. Est-ce que vous allez regarder un peu frénétiquement les Jeux Olympiques de Pékin qui vont démarrer vendredi prochain
?
Alors, je ne vais pas trop avoir le temps sur
les Jeux Olympiques d
'hiver et la campagne, mais c'est vrai que j'adore le sport. J'ai une famille où on a toujours aimé le sport, le pratiquer, mais aussi le regarder et je m'inspire beaucoup des sportifs.
J
'ai eu la chance notamment au moment, voilà, quand on a porté la candidature de Paris aux Jeux Olympiques et Paralympiques, d'être avec tous ces sportifs magnifiques, avec bien sûr Tony Estanguet, quand même trois médailles d'or, ce n'est pas rien. Et puis sa dernière
médaille d
'or, c'était quand même une sacrée conquête à Londres ou avec Teddy Riner. Je me souviens que Teddy, quand on rentrait dans les salles où il fallait qu'on porte la candidature de Paris,
il
me disait « mais tu as la trouille toi quand tu rentres là » et je lui disais « je dois être à peu près dans le même état que toi quand tu vas rentrer pour une de tes compétitions ». Donc je m'inspire beaucoup de la force des sportifs, de leur mental et de leur concentration.
Alors
justement, puisqu'on dit parfois qu'une campagne électorale et à fortiori présidentielle,
c
'est justement du sport, c'est une forme de marathon. Est-ce qu'il est vrai que votre fils vous a concocté un régime alimentaire très strict pour
que
vous soyez en forme ?
Non, c'est
pas mon fils.
Non,
non,
mais
c'est vrai qu'il est très précautionneux. Il fait partie de cette génération qui est quand même très, très, très soucieux de ce que l'on mange parce que ça fait partie de la santé. Mais non, mais je fais attention et je suis très concentrée. Voilà, je m'inspire et mon plus jeune fils est un grand sportif aussi, un nageur. Donc je m'inspire beaucoup de ce mental accrocheur qui fait qu'on lâche pas et que tant qu'il n'y a pas un coup de sifflet final, eh bien, on continue le match.
Est
-ce qu'il vous arrive de prier
dans
des moments en ce moment
? De prier, alors je suis agnostique mais voilà, j'ai une spiritualité laïque, humaniste, mais de penser en tous les cas aux gens que j'aime, de penser beaucoup à mon père qui n'est plus là maintenant et de me dire que peut-être à un endroit, quelque part, il y a ces personnes qui veillent un peu sur moi quand même.
Et
est-ce qu'il vous arrive de plier
?
Oui, sûrement.
Est-ce qu'on peut vous
faire plier
?
Ben oui, le sourire d'un enfant, ça me fait plier, ça c'est clair. En politique, personne ne
peut
vous faire plier ? Oh, il faut vraiment que... Si, je suis ouverte aux arguments, je suis ouverte à des influences, y compris à des choses qui ne sont pas... Vous voyez, par exemple, ce n
'est
pas plié, mais je n'étais pas en soi très favorable à la question du référendum d'initiative citoyenne. Mais vraiment, en écoutant, en lisant tout ce qu'il
y
avait dans les cahiers de doléances, je me suis dit, ils ont raison et j'avais tort d'être à l'extérieur de cela. Et j'ai pris cette proposition.
Juste une dernière question. Ah,
je
n'ai pas le temps ? Non. Ah bon ? En fait, je crois que mon oreillette ne
marche pas, je n'entends personne. Oui, je vous le confirme votre farine. Elle ne marche plus. Ah d'accord, vous faites
l'horloge.
Très bien. Je suis
toujours
le garde de l'horloge. Eh bien,
nous accueillons Clovis Casali pour fin de campagne. Bonjour. Clovis, Anne Hidalgo est à vous. Anne
Hidalgo,
bonsoir. C
'est un peu compliqué pour moi de faire cette chronique par fin de campagne. Pourquoi ? Parce que pour vous, la campagne n'a pas encore commencé. Je m'explique.
Pas
que pour moi d'ailleurs.
Pas que pour vous, en tout cas, c'est ce que vous avez déclaré ces derniers jours. La vraie ligne de départ serait le 4 mars lorsque tous les candidats auront déposé leurs 500 parrainages. D'ici là, c'est vrai, beaucoup de choses peuvent se passer. Cette campagne est inédite sous Covid-19. La gauche est désunie. Beaucoup de candidatures. Ça fragilise forcément la vôtre. D'ici là, le 4 mars, certains n'auront peut-être pas ces fameux 500 parrainages. Qui sait ? Peut-être Christiane Taubira, une de vos rivales. Peut-être même Jean-Luc Mélenchon qui ne cesse de dire que c'est difficile pour lui de les obtenir ces 500 signatures.
Alors vous, la candidate du Parti Socialiste, vous n'avez pas vraiment ce problème-là. Vous avez un réseau dense d'élus qui vous soutiennent des socialistes. La machine socialiste, a priori, aucun problème. mais on peut voir que c'est un peu un motif de satisfaction pour vous sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Direction votre compte Twitter, vous les affichez fièrement.
Bien sûr.
On commence avec deux Dominiques. Dominique Kielmoès et Dominique Versigny, toutes deux élues de Paris, qui publient une photo.
vous retweetez.
Mention quand même aux deux suivants. Olivia Polski, une de vos adjointes, là encore de Paris, qui va jusqu'à se prendre
en photo. Il n'y a pas que des
Parisiens quand même.
C'est ce que j'allais dire. Qui, avec ses amis, se prend en photo devant la boîte aux lettres.
C
'est sympa. C'est plutôt sympa. Boris Jamais Fournier aussi. C'est plutôt sympa. Vous leur avez demandé d'envoyer ses photos pour
vous donner les retweeter. Non, mais
en fait, ils avaient vraiment envie de montrer leur engagement. Et puis, je me suis dit, eh bien, voilà, ils aiment bien quand je les retweete parce que j'ai un gros compte Twitter. Et donc, ils les aiment bien aussi parce que ça veut dire que je les accompagne, que je les suis et qu'eux-mêmes me soutiennent et m'accompagnent. Donc, oui, dans notre communication politique, le fait de montrer ces soutiens-là, enthousiaste, ça fait du bien, non ?
C'est plutôt sympa pour vous. Ça montre un certain engouement et c'est peut-être une manière où ils décourageaient ceux qui luttent pour obtenir ces parrainages ?
Non, je ne cherche pas à décourager qui que ce soit mais je pense que dans les ambiances de campagne, le moment des parrainages est important. Moi, j'ai parrainé plusieurs candidats à la présidentielle et j'ai toujours été très émue. Mon premier parrainage en tant qu'élu était pour Lionel Jospin. Puis ensuite, j'ai parrainé, bien sûr, François Hollande. J'ai parrainé aussi avant Ségolène Royal et le parrainage est une façon pour l'élu de dire aussi non seulement qui il soutient mais dans quelle famille de cœur, dans quelle famille politique il s'inscrit et je trouve que c'est un acte très important et en plus maintenant c'est public parce qu'avant ça ne l'était pas.
Il
y avait des tirages au sort qui faisaient que certains pouvaient avoir une publicité sur leur parrainage. Maintenant, c'est entièrement public ce que je trouve être une très bonne chose d'ailleurs.
Alors,
on a puiser un peu dans nos archives, des archives plutôt récentes. On va retourner au 12 décembre dernier. Vous étiez à Perpignan, un des fiefs de l'extrême droite. Tout un symbole peut-être pour vous. et on a noté une déclaration. Vous parliez d'une union à noter. Sur les images, les auditeurs de RFI ne le verront pas, bien sûr, mais c'est sur les réseaux sociaux. On ne sait pas vraiment si le caméraman tremble parce qu'il est ému ou étonné. On vous écoute à Perpignan.
Elle
cherche l'union mais elle rêve.
Eh
bien, oui, je rêve.
C
'est à la hauteur de sa mission historique.
Alors,
on sentait un certain vent d'optimisme. Vous pensiez que les ralliements, que l'union étaient encore possibles. Moi, j'aimerais savoir quand vous allez sur les marchés, quand vous sillonnez la France, les militants forcément viennent vous voir en vous parlant d'union, de possibilité d'alliance. Vous leur répondez quoi actuellement ?
En fait, ils sont venus beaucoup au mois de novembre, décembre, nous parler de cela et j'ai tenté, j'ai tenté cette démarche d'union, notamment une primaire, avec des débats, avec des candidats qui viendraient s'expliquer, qui permettent aussi de remettre les sujets de gauche au cœur de cette campagne. Et j'ai fait cette proposition, bon, elle a échoué, je le reconnais, mais je l'ai fait aussi parce que j'ai entendu à l'époque ce que me disaient les militants et les personnes que nous rencontrions.
cette union n'a pas fonctionné, j'avoue qu'elle aurait pu fonctionner, mais bon, c'est comme ça, dont acte, et aujourd'hui, je leur dis à tous ces militants que je vais essayer, que nous allons essayer, par notamment nos propositions, parce que, dans ce que je dis, c'est une gauche républicaine, une gauche écologiste, c'est une gauche qui veut transformer le réel, qui veut se confronter à la gestion du pays, qui veut gouverner, c'est cette gauche-là que je veux porter au pouvoir.
Et
cette école républicaine qui vous a tant aidée, on a parlé avec Roselyne et Frédéric de votre parcours, de vos origines modestes, vous avez gravi les échelons grâce à l'école de la République, vous en êtes arrivée, vous êtes aujourd'hui, vous n'avez pas eu un parcours forcément facile avec les barons socialistes, vous êtes construite un petit peu contre beaucoup de personnes, et lors de votre premier grand meeting à Lille en octobre dernier, vous serez à nouveau dimanche, je crois, vous avez parlé de ce que vous représentez pour vos adversaires, on écoute.
Je
représente ce que beaucoup de nos adversaires, tu l'as dit, cher Olivier, aimeraient faire taire.
Une
femme de gauche,
d
'origine étrangère, profondément européenne,
je
suis celles et ceux dont certains cherchent à écraser la voix. Ils voudraient
la
mettre de côté, nous renvoyer dans les franges.
Et
voilà,
c'était le mot de la fin, Frédérique. C
'est vrai, je ne vais pas vous demander
de réagir à vous-même.
Non, non,
non, mais
c'est...
D
'autant moins qu'on est arrivé à la fin de l'émission.
Voilà, écoutez, souvent, c'est cette gauche républicaine sociale-démocrate que l'on veut mettre de côté parce que c'est celle qui peut en vrai transformer la
vie.
Merci. Merci. Merci.
Merci.
Anne Hidalgo