Fabien Gay : « Les pillards sont l’ennemi du mouvement social »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:06OuverteRéponse partielle
Comment avez-vous réagi face aux images de violences et pillages ?
- 1:32OuverteRéponse directe
Les pillages sont-ils l'ennemi du mouvement social ?
- 2:11RelanceRéponse directe
Pourquoi les manifestants pacifiques sont-ils nassés et les pillards laissés faire ?
- 3:35OuverteRéponse directe
La réaction du président de la République est-elle à la hauteur ?
- 4:57OuverteRéponse partielle
Comment expliquer que des pilleurs justifient leurs actes par le pouvoir d'achat ?
- 6:10RelanceRéponse directe
Les groupes factieux d'ultra-gauche existent-ils selon vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:50Chiffre
« 8000 gardés à vue chez les lycéens et lycéennes. »
- 4:19Fait
« Il a manqué de réponses sociales. »
Temps de parole
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Des violences et des pillages qui font la une de la presse régionale Ce matin, on va regarder quelques titres de nos journaux régionaux et notamment le journal l'Alsace. 17 octobre, l'état à l'heure des comptes. Le midi libre, titre après les pillages à Montpellier, le désastre à la une du progrès de Lyon. Violence et pillages le 17 octobre à Lyon, une ville traumatisée. Et puis le journal La Provence, dans les rues de Marseille, la désolation. Pour en parler, j'accueille sur ce plateau Fabien Gaye. Bonjour. Bonjour. Vous êtes sénateur communiste de la Seine-Saint-Denis, directeur du journal L'Humanité. Puis je précise au passage que vous êtes l'auteur de ce livre sur les aides publiques versées aux entreprises. 211 milliards, c'est le montant des aides pour 2023. Fabien Genguet.
D'abord, comment avez-vous réagi quand vous avez eu ces images de violences, de pillages, de dégradations le 17 octobre ? C'est un sentiment très contrasté parce que moi j'étais sur place dans la manifestation pacifique. D'ailleurs Alors je ne sais pas si vous y étiez, c'est un problème puisque beaucoup de commentateurs ne vont pas dans les manifestations. Et c'est un sentiment contrasté parce que ce que moi d'abord j'ai vu, c'est des dizaines, des centaines de milliers de gens venus manifester pacifiquement pour dire leur colère face à l'explosion des prix, notamment de l'essence, des lycéens et des étudiants sur leurs conditions d'études et qui manifestent maintenant depuis des semaines et des semaines. D'ailleurs, et ils n'ont aucune réponse, seulement la répression policière.
8000 gardés à vue chez les lycéens et lycéennes. Je finis parce que je sais ce que vous voulez mener et je vais en venir. Donc moi, j'ai vu ça d'abord. Et une grande dignité et de l'inventivité des sourires, des slogans, des gens qui se serrent les coudes alors que tout est fait pour les diviser des gilets jaunes qui manifestent à côté de syndicalistes. Tant mieux, des retraités et qui manifestaient. Et puis, je suis parti du cortège après Barbès, et comme chacun, je suis rentré chez moi en RERB, puis j'ai découvert les pillages, tout ça. Donc, je le dis, ça, ce n'est pas les miens. Et c'est les ennemis, d'ailleurs, du mouvement social. Est-ce qu'on a franchi un tournant, une étape dans la – La violence de ces casseurs. – Ça a été d'une extrême violence.
Je pense à tous les commerçants qui ont été pillés. Je leur adresse d'ailleurs ma totale solidarité. Et donc, d'ailleurs, je pense que la première des questions, d'ailleurs comme un certain nombre de maires, c'est la question autour du maintien de l'ordre. Pardon de le dire mais la manifestation a d'abord été autorisée. Il a fallu des jours et des jours contrairement à d'habitude pour que le préfet autorise un... un... un... un... un tracé. Donc le tracé a été validé seulement la veille. Puis on a donné donc rendez-vous à tout le monde, à République. Mais lorsque moi je suis arrivé avec beaucoup d'amis, déjà alors qu'il n'y avait que des manifestants pacifiques, les gens étaient en train de se faire nassés, matraqués, gazés. Et pendant ce temps, on laissait faire les pillards.
Donc il y a une question. Pourquoi les gens qui manifestent pacifiquement sont nassés et matraqués et on laisse faire les pillards ? Vous dites qu'on a laissé faire ces pillards Il y a une question autour du maintien de l'ordre. On va en parler. Et de vous dire que je suis, à cet instant, je pense à l'enfant de 17 ans qui a perdu une main à Saint-Étienne. Ou encore à ses enfants qui manifestent devant leur lycée et qui ont pris des tirs de LBD à bout portant qui fait qu'on leur défracte la mâchoire. Donc il y a une question, je le dis, donc c'est un événement contrasté pour moi. D'abord, de la joie et de la satisfaction de voir un mouvement social s'élargir, pacifique et évidemment des scènes de pillage qui n'ont rien à voir avec les 800 000 manifestants de ce week-end.
– Alors le président de la République a fait une allocution hier soir, il a condamné les casseurs et a bien fait la distinction avec les revendications des manifestants. Est-ce que sa réaction a été à la hauteur ? – Non, pardon de le dire. Comment on sort maintenant de l'impasse dans laquelle nous entraîne le président de la République parce qu'il joue le pourrissement et d'ailleurs les scènes de violence qu'on a vues permettent au président de jouer la flûte du retour à l'ordre et c'est ça la question et d'ailleurs tous vos confrères et je l'ai vu encore hier ne passent maintenant sous silence les revendications légitimes des manifestants et des manifestantes et on ne parle plus que du désordre et du retour à l'ordre et pardon, la seule issue possible c'est une réponse politique
à ce qui se passe dans le pays. Ce qui s'est passé samedi, c'est-à-dire les 800 000 personnes qui déferlent partout en France, elle prend racine dans la journée du 29 septembre organisée par les syndicats. Elle prend racine depuis des semaines les des lycéens qui manifestent pacifiquement, parce qu'ils manquent de profs, parce que le bâtier est dégradé, parce que Parcoursup, parce que leur avenir est débouché. Et c'est là qu'il faut répondre sur ces questions sociales. – Il a manqué de réponses sociales. – Il a manqué de réponses Ah mais pardon, il prend la parole pour ne rien dire. Dire au préfet, bon, interdisez les manifestations. Ah super ! Si c'est avec ça qu'on va éteindre la colère sociale qui se déploie partout dans le pays, non, il joue ou le pourrissement.
– Alors Fabien Guay, on va parler de nos élus locaux qui ont été en première ligne face à ces violences dans plusieurs villes, touchées par ces pillages et ces dégradations. On va retrouver Jean-François, alors dans quelques instants, on va retrouver le vice-président de l'Association des maires de France. Mais un mot peut-être sur les déclarations de certains pilleurs qui ont été interrogés alors même qu'ils pillaient des commerces. Ils disent finalement peut-être qu'on est en train de récupérer le pouvoir d'achat qu'on qu'on a perdu comment ? Vous expliquez qu'on en soit arrivé là. Non mais, pardon, ça fait des dizaines d'années qu'on connaît ça. Ces gens-là n'ont rien à voir avec le mouvement social qui s'étend. Alors, d'ailleurs, il faudrait avoir une étude sociologique
qui ils sont, pourquoi, pourquoi sont-ils venus manifester et piller. Bon bref, peu importe. Mais je le dis... – Mais les policiers disent qu'on n'a jamais vu une telle violence. – Ils sont l'ennemi du mouvement social puisque la question est maintenant détourné, c'est-à-dire qu'on ne parle plus des revendications légitimes. Et pire que ça. On fait peur puisque le gouvernement dit on va réprimer et donc les gens qui pourraient légitimement se dire écoutez moi aussi je suis en colère, moi aussi ma condition de vie sont dégradées, tiens pour une fois, je vais aller manifester. Mais les gens qui sont hésitants, ce qui ferait que nous passions de 800 000 à 3 millions de personnes, c'est-à-dire un mouvement puissant, ceux-là se disent, si c'est pour aller manifester,
se faire gazer, matraquer, je n'irai pas parce que je ne veux pas être associé au pillard. Donc, je le redis, il faut que ce mouvement social continue à se structurer, que les syndicats, évidemment, jouent le rôle. Les partis politiques, on parle des élus locaux, ils ont été en première ligne ce week-end, pardon de vous le dire, qu'il y a des élus qui sont en première ligne depuis des semaines et des semaines, moi-même avec beaucoup d'autres. J'ai été en première ligne notamment pour manifester entre les lycéens et les forces de police, pour appeler au calme depuis des semaines et des semaines que ça dure. – Alors vous le dites, ce qui s'est passé samedi, c C'est d'abord un problème de maintien de l'ordre, de stratégie. On va en parler justement avec Steve Jourdain.
Steve, le gouvernement va devoir répondre à une question. Pourquoi les policiers et les gendarmes ont été débordés samedi ? Pour comprendre, il faut reprendre le fil de la journée de Samedi, dès 7h du matin en Ile-de-France, les premiers incidents éclatent autour des locaux de CNews et d'Europe 1. 21 personnes sont interpellées à 10h. On compte déjà une quarantaine d'interpellations à Paris, dans la capitale, à la mi journée, place de la République alors que la grande manifestation n'a pas encore démarré. Les tensions sont déjà là. Les policiers utilisent des gaz lacrymogènes, notamment près du faubourg du Temple. En fait, dès la matinée, Alex, les autorités savent qu'elles vont devoir faire face à des des groupes violents, à des groupes très mobiles.
Quelques heures plus tôt, malgré les mots d'ordre sur les réseaux sociaux, malgré l'appel au retour des gilets jaunes dans l'autourage du ministre de l'Intérieur, on est plutôt, disons, confiant. Regardez cette déclaration, la La situation est méga suivie, mais ce ne sont jamais que 150 000 personnes en France. 50 000 à Paris, le concept de journée noire est à relativiser. Résultat, on le connaît entre 550 000 et 800 000 manifestants vont défiler partout en France, Alex. Et au final, le gouvernement a largement sous-estimé l'ampleur de la mobilisation et pas seulement à Paris. À Marseille, dans la deuxième ville de France, la situation a très vite dégénéré. Dès la matinée Des centaines de manifestants se rassemblent sur le Vieux-Port. Les casseurs forcent les portes de l'hôtel de ville,
saccagent les locaux. Un poste de police municipale est également attaqué. Sur les coups de midi, le maire Benoît Payan appelle directement le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur. Il estime que sa ville n'est pas suffisamment protégée et dénonce la présence d'une seule compagnie de CRS. Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, lui répond dans la soirée que trois unités de force mobile avaient été prévues mais qu'une seule était effectivement engagée alors même que 2000 casseurs sont arrivés très tôt sur la cannebière. Laurent Nunez qui précise que les renforts étaient prévus mais qu'ils n'étaient pas engagés au moment où les violences ont éclaté. Sébastien Lecornu qui va s'entretenir avec Benoît Payan ce lundi Alex.
Alors tout cela pose la question de l'anticipation mais aussi de la doctrine du maintien de l'ordre. Depuis 2020, la France dispose d'un schéma national du maintien de l'ordre. Le principe il est simple, utilisation d'une force nécessaire proportionnée et graduée. Mais la semaine dernière, le ministre de l'Intérieur a expliqué face au sénateur que la situation actuelle n'était pas une situation classique. Écoutez-le. Les forces de sécurité intérieure n'interviennent plus dans le cadre réglementaire du schéma classique du maintien de l'ordre, mais dans celui des violences urbaines. On n'encadre pas une manifestation déclarée avec un service d'ordre des interlocuteurs identifiés comme on gère des violences urbaines. Ce n'est pas du tout la même choses.
Et sur TF1, début octobre, Laurent Nunes a joué la transparence et expliqué n'avoir donné, je cite, aucune consigne de retenue aux policiers. Vendredi, veille de la mobilisation, le ministre de l'Intérieur a confirmé que les grenades assourdissantes pourraient être utilisés en cas de violence urbaine. Samedi, à Saint-Etienne, un manifestant de 17 ans a eu la main arrachée par une grenade. Une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur les circonstances du drame. Et les violences ne se sont pas arrêtées avec la fin des manifestations ? C'est le dernier acte de cette journée de chaos, Alex. Il est 19h40 lorsqu'on signale un incendie en cours à l'hôtel de ville de Limoges. Des individus ont pénétré dans le bâtiment. Les flammes ravagent la toiture. Une partie de l'édifice est détruite.
Et là aussi, le maire, Guillaume Guérin met en cause le manque de policiers. Même situation d'extrême tension à Lyon et à Bordeaux où on assiste au déploiement du RAID, cette unité d'élite de la police spécialisée dans les interventions à haut risque. Déploiement justifié après l'intrusion et le saccage de la résidence officielle de la préfète de Gironde et l'incendie de l'office du tourisme à Lyon. Au total, sur cette très longue journée de violence, plusieurs centaines de membres de forces de l'ordre ont été blessés. Les éventuelles commissions d enquête parlementaire devront faire la lumière sur les dysfonctionnements constatés à tous les étages. Monsieur le sénateur, déjà, est-ce qu'il faut qu'il y ait une commission d'enquête qui soit mise en place ici au Sénat ?
Il y en aura visiblement une qui sera mise en place à l'Assemblée nationale et si oui, qu'est-ce que vous voulez savoir très précisément sur ce qui s'est passé samedi ? Alors par exemple j'ai vu que ma présidente Cécile Kukerman avait écrit au président Larcher hier pour demander cette commission d'enquête vraisemblablement d'autres groupes vont le faire ou l'ont déjà fait. Oui parce que des questions se posent, je le redis, moi-même j'étais à la manifestation, j'ai vu, pas on m'a raconté, pas les réseaux sociaux n'ont fait qu'eux, j'ai vu. Par exemple des questions se On a accueilli le pape. Il y avait 14 000 forces de l'ordre mobilisées rien qu'à Paris. Tant mieux, c'est normal. Il y en avait 10 000 dans toute la France ? 10 000 dans toute la France.
Pardon de vous le dire, la date du 17 octobre n'est pas apparue il y a trois jours à la fête de l'humanité il y a un mois. Déjà, les gens en parlaient. Et on a les renseignements généraux qui sont l'un des plus performants au monde. Il y avait des notes qui remontaient que, vraisemblablement, ça allait être puissant et qu'au côté de manifestants Pacifique, il y allait avoir des pires. – Vous voulez savoir comment ça a été préparé ? – Il faut savoir comment ça a été préparé. Et puis je le redis. Pourquoi on a mis 3 ou 4 jours à avoir un parcours stabilisé parce que plutôt que vous annoncez le parcours, mieux vous le préparez. Lorsque vous avez stabilisé le parcours 24 heures avant, ça désorganise un peu tout. – Alors dans beaucoup de villes de France, il n'y a pas eu de dépôt en amont pour
les manifestations en – À Paris, oui. – À Paris, oui, mais pas ailleurs, pas forcément ailleurs. – Donc on parle à Paris, d'accord ? Donc à Paris, les syndicats le demandaient depuis un moment et tout ce qui a été proposé a été refusé par la préfecture. Pardon, et c'est la préfecture qui a imposé d'aller Et lorsque donc on a dit légitimement aux gens qui voulaient manifester pacifiquement à l'ère République, trois heures avant déjà, République était nassée, les gens commençaient à se faire matraquer et gazer. Pardon, vous l'avez vu, des gens pacifiques. Il y avait les gens qui jouaient avec un orchestre et les lacrymaux sont venus. Donc là, on a... Ça c'est pour Paris ? Oui, pour Paris, on a désorganisé les choses, pardon de vous le dire, et ça a provoqué un système de chaos.
Et donc après, vous avez donc des manifestants pacifiques qui s'en font matraquer, nasser et gazer, et vous laissez faire les pillards. Donc oui, des questions, pardon de le dire, légitimes se posent. Et donc toutes les réponses doivent être apportées d'autant plus que, pardon, cette journée du 17 octobre était prévue de longue date. Oui, alors il y a aussi Emmanuel Macron, l'exécutif qui pointe du doigt des groupes factieux d'ultra-gauche.
Vous savez, et qu'est-ce que vous pensez de ceux qui rejettent aussi les accusations sur Jean-Luc Mélenchon d'avoir un peu contribué à ce climat de violence ? – Alors pardon, les groupes factieux d'ultra-gauche, moi je n'en connais pas. Donc s'ils existent… – Vous connaissez pas de groupe factieux d'ultra-gauche ? – – S'ils existent, et peut-être qu'il y en existe, d'accord ? – Ah les Black Blocs ! – Les Black Blocs ! D'ultra-gauche ou d'ultra-droite d'ailleurs, ils sont ultra, moi je ne les fréquente pas. Donc ce n'est pas ma famille politique. Et je le redis parce que c ces gens-là sont en fait le meilleur allié du gouvernement parce que lorsqu'ils pillent et qu'ils cassent, ils permettent à ce même gouvernement de faire peur, de dire aux gens qui voudraient manifester « ne venez pas »
et d'appeler au retour à l'ordre. Par contre, pardon de le dire, je vois ce qui se développe sur Jean-Luc Mélenchon qui n'est pas un groupe d'ultra-droite. Il a des députés, des sénateurs, un groupe puissant. Il est candidat à l'élection présidentielle pour la quatrième fois, lui faire porter le chapeau. Pardon, c'est une affaire de politique. Mais quand il dit la police-tu ? Quand il dit la police-tu ? Non mais attendez, arrêtons tout ça. Arrêtons tout ça. Si vous croyez que Jean-Luc Mélenchon ou quiconque d'ailleurs claquent des doigts et permettre à 800 000 personnes de déferler, c'est que personne ne comprend rien au mouvement social tel qu'il est. Tel qu'il est d'ailleurs dans sa très grande diversité. J'entends le gouvernement nous appeler à choisir.
Entre le camp de la République qui ne serait que la police ou le camp des casseurs. Moi, je parle d'apaisement. Ceux qui, en haut, jettent de l'huile sur le feu et nous demandent de choisir un camp, déjà, on est très loin de l'unité et du rassemblement nécessaire, qu'il faut pour apaiser les choses et d'abord répondre aux questions politiques. Et franchement, de pointer Jean-Luc Mélenchon ou d'autres responsables de ce qui s'est passé n'est pas sérieux du tout. – En tout cas, Jean-Luc Mélenchon pointe la responsabilité du gouvernement dans ce chaos. Est-ce qu'Emmanuel Macron aurait dû accepter la démission de Laurent Nunez ? – J'en sais rien, ce n'est pas mon affaire. Parce que si un autre le remplace et que c'est le même système du maintien
de l'ordre, vous voyez, on aura changé la personne, on aura fait un fusible et peu importe si… Je le redis, pardon de le dire. Emmanuel Macron a une responsabilité. Il est président de la République. Il prend la parole hier pour absolument ne rien dire. Donc qu'il joue. Mais qu'est-ce qu'il aurait dû dire ? Présidentiel anticipé, état d'urgence ? Des réponses sociales. Des réponses politiques au mouvement social d'ampleur qui se débloque. Donc 10 milliards d'euros. Mais pardon, vous trouvez… Attendez, moi, je suis parent. D'accord ? Vous trouvez normal que nos enfants de la République n'aient pas un prof devant chaque classe ? Vous trouvez ça normal ? Vous trouvez normal que Parcoursup obstrue l'avenir de nos enfants et qui, dans mon département,
fait que 500 gamins n'ont pas encore aujourd'hui d'avenir. Est-ce que vous trouvez ça normal ? Donc c'est ça, sur cette question-là qu'il faut répondre. Il faut mettre les moyens pour notre école. Est-ce que vous trouvez normal que les gens n'arrivent pas à vivre dignement du fruit de leur travail et qu'il n'arrive plus à remplir un plein à la pompe. Vous trouvez ça normal ? Bon ben voilà, donc le président de la République il a une immense responsabilité, il doit répondre à l'urgence sociale. Fabien Gaille, juste avant de retrouver le vice-président de l'Association des maires de France, une question sur les casseurs. Et finalement, cette question, qui va payer les réparations ?
on ne parlera donc absolument pas des revendications légitimes des gens mais dont vous en avez parlé
C'est forcément sujet vu l'état de la casse de ce week-end A peu près 4 fois que je vous dis que ce n'est pas les miens Est-ce que vous allez voter la semaine prochaine au Sénat le projet de loi casseur-payeur qui, je le précise, prévoit notamment la possibilité de pouvoir saisir sur les allocations sociales des casseurs ou de leurs parents s'ils sont mineurs ? Est-ce que vous êtes favorable à ce texte ? – Vous l'avez lu, le texte, vous l'avez lu ? – Oui j'ai travaillé sur le sujet. – Alors vous avez vu qu'il y a donc trois articles et donc, regardez bien, je parle aux gens qui nous écoutent. Maintenant lorsque vous ferez partie d'une manifestation, que vous n'aurez pas été donc le casseur, mais que vous aurez participé à la manifestation,
parce que ce qui est quand même absolument incroyable... Enfin un groupement dans le but de commettre des violences. Pas juste une simple manifestation. Quand vous aurez participé à une manifestation et s'il y a des pillages et de la casse, et que vous vous faites attraper, mais que vous n'avez pas participé directement à la casse et au pillage, vous serez donc solidaires et vous devrez payer. Êtes-vous d'accord avec ça ? C'est-à-dire donc qu'on ne va pas parler du maintien de l'ordre, parce que ces pilleurs, il n'y en a Il n'y en a aucun qui a été attrapé. Aucun ! Donc vous ne votez pas, vous ne votez pas sec ? Vous êtes contre ce texte. Ah ben pardon, mais ça veut dire que donc plus personne ne voudra manifester. Puisque si vous manifestez et qu'il y a de la casse comme il y en a eu
samedi et que vous êtes attrapé en fin de cortège, on vous demandera donc de payer l'addition des gens à qui on a laissé piller parce que les gendarmes étaient plutôt en train de nasser et matraquer les manifestants pacifiques plutôt que d'attraper les pilleurs. Pardon de vous le dire ah non ça sera pas avec ma voix et j'espère on va parler de les gens attendez je finis parce que la chose est comme que les gens assez sérieusement vont se dire ce n'est pas possible de faire ça sinon au plus aucune manifestation ne pourra avoir lieu dans ce pays vous entendez ce que je dis c'est à dire que si un jour vous venez manifester avec moi monsieur poussard et que moi je casse et que vous vous ne faites rien et que moi je pars et que je ne suis pas attrapé par la police et que c'est vous c'est
vous qui devrez payer pour moi vous êtes d'accord j'ai très bien compris est-ce que vous êtes d'accord avec ça c'est pas la question vous êtes pour ce texte est-ce que vous êtes d'accord avec ce que je dis j'espère pas le problème c'est qu'il n'y a plus aucune manifestation qui se passe bien depuis quelques années il y a aussi ça c'est un changement de la nature des manifestations donc moi depuis ma tendre enfance je manifeste mes parents on va retrouver le vice-président de l'association le temps file au parti communiste à cgt je manifestais depuis que depuis 15 ans je n'amène pas mes enfants donc il y a un problème le problème il est le maintien de l'ordre et la doctrine dans ce pays il ya beaucoup de problèmes qui se posent à nos élus locaux après ces pillages et
ces dégradations va retrouver jean-françois vigier maire udi de bursurivet dans le département de l'essonne et vice président de l'association des maires de france bonjour jean-françois vigier bonjour alors la mf appelle les maires à ce de rassembler ce midi en soutien aux nombreuses villes qui ont été touchées par ces pillages et ces dégradations. Quel est le sens de ce rassemblement ? Oui, bonjour. Écoutez, d'abord, on veut dire toute notre Notre solidarité aux commerçants, aux habitants face aux actes de vandalisme qu'ils ont subis, au pillage. On dit aussi notre solidarité à tous les maires, tous les élus locaux qui ont dû faire face en première ligne à ces faits ignobles, ainsi bien sûr qu'à tous les agents communaux
qui se sont mobilisés dès la nuit de samedi à dimanche pour réparer des dégâts. Et c'est la raison pour laquelle aussi notre président David Glissnard s'est rendue dès hier à Limoges, aux côtés du maire qui a subi ce terrible incendie de son hôtel de ville. Ce qu'il faut bien comprendre, je Je pense que l'hôtel de ville, la mairie, c'est la maison commune des habitants. C'est un espace sanctuarisé, puisque c'est la maison dans laquelle nous accueillons tous nos concitoyens qui viennent y faire leurs actes d'état civil, demander des renseignements, participer à des réunions. Et si on incendie l'hôtel de ville, là, on porte atteinte à l'un des fondements
essentiels de notre démocratie et de notre démocratie locale. Et en ce sens, c'est inacceptable. Donc il faut que l'ordre revienne et il faut vraiment, vraiment que les pouvoirs publics se ressaisissent. Jean-François Vigier, qu'attendez-vous de l'État, notamment dans le financement de ses réparation avait d'abord elle doit être elle doit être puissante et elle doit être rapide et je prends pour exemple les déclarations du de mon collègue le maire de Limoges qui a raison de demander des engagements très ferme et très rapide et très concret en termes budgétaires de la part du gouvernement parce que ce n'est pas aux habitants de sa commune de payer la
reconstruction de cet hôtel de ville mais c'est bien à l'état et je sais qu'il a mis sa démission dans la balance ce courage dont il fait preuve on doit l'accompagner on doit le comprendre et j J'espère qu'il va avoir des réponses extrêmement rapides, car l'État doit payer ce qui a été cassé. Fabien Gaël, l'État doit être au chevet des collectivités face à ces dégradations ? Je suis d'accord. Pardon, mais évidemment, je redis ma solidarité, je l'ai dit tout à l'heure, avec les commerçants touchés, avec les élus locaux qui ont été en première ligne, dans notre diversité politique, partout évidemment sur le territoire. Cels et ceux qui sont mobilisés aussi, je le redis depuis des semaines, devant les les lycées, pour évidemment que les choses
se passent dans le plus grand calme et qu'une répression policière ne s'abatte pas sur les lycéens et les lycéennes. Et évidemment, par exemple, dans le cas de Limoges, il faut que l'État soit au chevet de la collectivité de Limoges pour reconstruire au plus vite. Et évidemment, les lieux de mairie, il y a la maison de la préfète en Gironde, il y a eu beaucoup de bâtiments publics et administratifs qui ont été visés, Marseille, l'hôtel de ville. Donc évidemment, l'État doit être à ce rendez-vous. Merci beaucoup, Jean-François Vigier, pour votre réaction. Je rappelle que vous êtes vice-président de l'Association des maires de France et on suivra ce rassemblement des maires ce midi à l'appel de l'AMF. Fabien Gueye, une dernière question sur la suite de
cette mobilisation et cette colère sociale, mais peut-être une question politique. Comment elle peut être, en tout cas, fructifiée politiquement par la gauche ? Et notamment par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle ? Moi, je ne sais pas si elle peut être fructifiée. Ce qu'il y a, ne parlons pas de politique haérie. Il faut des réponses politiques dans le débat présidentiel notamment. Vous me dites récupérer. La question n'est pas d'être récupéré. La question, c'est que ce mouvement social doit continuer à se structurer. Les syndicats doivent se parler dans leur unité. Les partis politiques, y compris de gauche, qui sont évidemment dans le large rassemblement, doivent aussi se parler pour structurer les choses, pour faire que d'ailleurs on dise
aux gens venez en manifestation, n'ayez pas peur. On va réussir avec un changement de doctrine, certainement policière, mais aussi en sécurisant les parcours à ce que j'espère 3, 4, 5 millions de gens et puis après il faut une réponse politique, un débouché politique. Il ne va pas nous refaire le coup du grand débat ou des réunions à Matignon qui ne servent strictement à rien à part à blablater et à enterrer les choses ou à jouer le pourrissement en espérant peut-être que évidemment tout ce cirque continue. Il faut une réponse politique, il faut un canadaire écoutez-moi, il faut un canadaire de mesures sociales dans le pays. Ça va du blocage des prix à la taxation des super profits,
au fait qu'on mette un prof devant chaque élève dans ce pays et qu'on arrête de mettre les lycéens et les lycéennes en garde à vue et qu'ils qu'il soit dans les classes, en bonne condition pour pouvoir étudier. – Et à gauche, dans le débat présidentiel, ce canadaire social comme vous dites, il peut être piloté par Jean-Luc Mélenchon ? – Mais pourquoi par un tel ou un tel ? Racketons ça ! Le mouvement social large, il n'est pas la propriété de personne. D'ailleurs, ça ne sert à rien d'appeler au canne, ceci, de cela. Ça ne sert à rien. Il n'est pas la propriété de personne. On a en campagne, Fabien Gué, on a en campagne présidentielle, c'est le sens de la question. Mais là, la question, c'est répondre à l'urgence sociale du pays. D'accord ? Voilà.
Et s'il y a le retour à l'ordre, et si, par contre, il n'y a pas de réponse sociale, je sais à qui ça peut profiter. Mais peut-être qu'Emmanuel Macron le veut. À qui, selon vous ? À l'extrême droite, parce qu'il faut parler clair. Le retour à l'ordre et les scènes qu'on a vues, si on ne répond pas aux aspirations légitimes du pays, ça peut finir à l'extrême droite. Ça, je ne le souhaite pas. Merci beaucoup, Fabien Guay, d'avoir été notre sénateur ce matin. C'est une interview rythmée pour parler de cette question très importante de la colère sociale et aussi des violences qui ont émaillé ces manifestations du samedi 17 octobre.
Fabien Gay