Nicolas Dupont-Aignan invité de LCI
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
Bonjour à tous. Notre invité ce matin est le président de Debout la France. Nicolas Dupont-Aignan, bonjour.
- 0:21ComplaisanteRéponse directe
Bonjour Christophe Jacobine.
- 0:34OuverteRéponse partielle
Et je me demandais si vous aviez toujours l'ambition qu'un jour vous ayez un mug de l'Elysée avec votre photo dessus.
- 1:32OuverteRéponse directe
Et est-ce que vous approuvez ce rajout de la croix de Lorraine ?
- 1:54RelanceRéponse directe
Alors, encore un symbole quand même. Hier, à la conférence de presse du président sur le plan pauvreté, on ne l'a pas vu au départ. Mais quand on regarde le logo de l'Elysée, il a changé. Il y a une croix de Lorraine qui est apparue sur le logo. Vous allez voir dans le détail dans quelques instants. Une croix de Lorraine qui est apparue dans ce qui caractérise en général l'Elysée. Et est-ce que vous approuvez ce rajout de la croix de Lorraine ?
- 2:11FerméeÉludée
Ce n'est pas décidé. Nous avons notre congrès dimanche 23 septembre à Paris, au Cirque d'Hiver, ouvert au public l'après-midi. Et nous trancherons cette question.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:32Invité politiqueFait
« Je suis gaulliste et la croix de Lorraine, c'est l'emblème de la résistance. »
- 1:46Invité politiqueFait
« Mais c'est curieux qu'un président aussi soumis aux forces de l'argent, aux pays étrangers, ose instrumentaliser la croix de Lorraine. »
- 2:37Invité politiqueFait
« si on veut résoudre la question du chômage, si on veut résoudre la question de la sécurité, si on veut résoudre la question de l'immigration, il faut regarder au niveau européen. »
- 3:39Invité politiqueFait
« Tous les sondages montrent que Debout la France est devant le Parti socialiste, devant les Verts. »
- 4:08Invité politiqueChiffre
« Emmanuel Macron, enfin la République en marche, était à près de 30%, 28%. »
- 4:25Invité politiqueFait
« le mirage Macron disparaît. »
- 8:17Invité politiqueChiffre
« Orban est un Premier ministre réélu. Avec 50% des voix. »
- 12:42Invité politiqueChiffre
« 30 000 places de crèches dans les quartiers difficiles »
- 12:46Invité politiqueChiffre
« on a pris 10 milliards par an dans la poche des classes moyennes et populaires françaises. »
- 12:54Invité politiqueChiffre
« les taxes sur l'essence, c'est 4 milliards de plus. »
- 12:58Invité politiqueChiffre
« on va donner 2 milliards par an aux plus pauvres. »
- 13:48Invité politiqueChiffre
« il a supprimé la première année 150 000 emplois aidés »
- 15:10Invité politiqueFait
« la mémoire. On ne peut pas construire l'avenir si on ne tourne pas la page du passé. »
- 17:28Invité politiqueFait
« Je suis opposé à la PMA et à la GPA. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan65 %
- Présentateur28 %
- ?7 %
≈ 40,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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8h30, l'interview politique. Christophe Jacobine reçoit Nicolas Dupont-Aignan.
Bonjour à tous. Notre invité ce matin est le président de Debout la France. Nicolas Dupont-Aignan, bonjour. Bonjour Christophe Jacobine. Pour vous faire plaisir, j'ai mis un petit mug, des nouveaux goodies de l'Elysée. Vive la République, vive la France. Avant, ça s'appelait Debout la République. Maintenant,
ça
s'appelle Debout la France. Votre parti, vous avez tout. En revanche, j'ai caché celui-là parce qu'il y avait Emmanuel Macron dessus. Et je me demandais si
vous
aviez toujours l'ambition qu'un jour vous ayez un mug de l'Elysée avec votre photo dessus.
Écoutez, moi, je n
'ai
pas la même vision de l'Elysée. C'est trop bien de faire ça. Mais pour moi, ce n
'est
pas l'essentiel.
Et
justement, j'ai le sentiment que les Français sont un peu lassés
de
la communication Macron. Voilà, les mugs, la
com, la première dame.
Vous savez, être président de la République, c'est incarner un pays et essayer de résoudre ses problèmes.
Et
aujourd'hui, les Français souffrent. Et je crois qu'ils attendent de nous, en tout cas des hommes politiques, qu'on apporte des
solutions. Alors, encore un symbole quand même. Hier, à la conférence de presse du président sur le plan pauvreté, on ne
l'a
pas vu au départ. Mais quand on regarde le logo de l'Elysée, il a changé. Il y
a
une croix de Lorraine qui est apparue sur le logo. Vous allez voir dans le détail dans quelques instants. Une croix de Lorraine qui est apparue dans
ce
qui caractérise en général l'Elysée. Et est-ce que vous approuvez ce rajout de la croix de
Lorraine
? Je suis gaulliste et la croix de Lorraine, c'est l'emblème de la résistance. Mais c'est curieux qu'un président aussi soumis aux forces de l'argent, aux pays étrangers, ose instrumentaliser la croix de Lorraine. Voilà, c'est un peu décevant pour ça. Le pauvre général de Gaulle doit se retourner dans sa tombe.
Alors
on commence aussi politiquement par ce sondage, Odoxa, qui est paru dans le Figaro aujourd'hui. On voit à l'image, les deux avant-après, effectivement, avec la croix de Lorraine. Le sondage, donc, Odoxa, où vous avez 6% aux élections européennes. Vous serez candidat de façon à
ces
élections européennes. Ce n'est pas
décidé. Nous avons notre congrès dimanche 23 septembre à Paris, au Cirque d'Hiver, ouvert au public l'après-midi. Et nous trancherons cette question. Vous avez envie
?
Écoutez, on verra. Ce qui est sûr, c'est qu'il y
a
une crise européenne majeure
et
que la France est profondément absente de cette crise, ou du moins, elle part dans la mauvaise direction. Donc c'est un enjeu majeur. Et je l'ai toujours dit, si on veut résoudre la question du chômage, si on veut résoudre la question de la sécurité, si on veut résoudre la question de l'immigration, il faut regarder au niveau européen. Donc c'est un enjeu majeur.
Alors regardez justement ce sondage. Il y a votre score que je l'ai donné, mais il
y a
aussi celui des autres. Et on voit que la République en marche et le Rassemblement national de Marine Le Pen font quasiment jeu égal. 21, 5, 21, on est dans la marge d'erreur. Derrière les Républicains, 14%, et la France insoumise, 12,5% en neutre cul par
rapport... C'est pour
vous la France, avant les Verts.
Oui, mais je ne
sais
pas pourquoi, parce que je
vous l'ai dit,
6%, vous êtes le cinquième parti dans
ce casement. Mais vous savez, attention,
quand même, on est à un an avant, c'est pas parce que ce sondage... Je
suis
content quand même. J'ai eu des sondages à 7%, à 6%, ça nous change d'avant.
Il
y
a
un vrai progrès. Pour autant, il faut quand même le dire, ce sondage est fait sur 535 votants. Donc la
marge d
'erreur, elle est de 6%. Donc tout ça, les Français vont voter de grâce... C'est bien, moi je suis content, puisqu'on devient le cinquième parti. Tous les sondages montrent que Debout la France est devant le Parti socialiste, devant les Verts.
En revanche,
quand
on voit que la République en marche et le Rassemblement national sont tous les deux en tête avec 21, on se dit que rien n'a changé depuis un an, et que finalement, on a le duel de la présidentielle, du second tour, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, qui perdurent. C'est comme ça que la vie
politique est structurée aujourd'hui, non ?
Beaucoup de choses ont changé. C'est qu'il y a quelques semaines, au mois de mai je crois, enfin un peu plus, quelques mois, Emmanuel Macron, enfin la République en marche, était à près de 30%, 28%. Mais
c'est les Européennes, c
'est toujours compliqué les Européennes pour un parti ou pouvoir.
Non,
mais sur un sondage... Attendez,
excusez-moi, Christophe Jacobusine. Sur un sondage sur les Européennes, donc cela veut dire quoi ? Cela veut dire, d'une manière générale,
et
on le voit bien dans toutes les enquêtes d'opinion,
que
le mirage Macron disparaît.
Mais ça veut dire aussi que Marine Le Pen, malgré son
échec, malgré sa piètre performance pendant le débat, elle reste quand même au
cou de la coude.
Mais
cela veut dire
que les Français attendent une vraie rupture avec ce pouvoir
macroniste. Les Français, une
partie d'entre eux.
Une partie d'entre eux, mais ces sondages montrent que ceux qui aspirent à une autre organisation de l'Europe, ceux qui veulent vraiment qu'on change les choses pour résoudre... Mais alors... Je reviens, si je peux finir ma phrase, je reviens là-dessus. Pour résoudre les souffrances des Français, eh bien cela veut dire qu'enfin les Français ouvrent les yeux sur la nécessité de
changer
de système. Mais vous, Nicolas Dupont-Aignan, pourquoi est-ce que, entre les deux tours de la présidentielle, tout le monde s'en souvient, vous avez été... Vous êtes aujourd'hui l'ex-futur Premier ministre de Marine Le Pen. Vous êtes allié
avec... J'ai fait un
choix
que j'assume... Mais pourquoi vous continuez pas ? Attendez, attendez...
Pourquoi vous n'alliez pas votre
force haussienne ? Attendez... J'ai fait un choix au second tour. Au premier tour, j'étais candidat pour défendre mes convictions.
Mais vous avez fait un choix... J'ai fait un
choix... Qui était le vôtre.
Et d'ailleurs, oui... Personne ne le conteste.
Courageux peut-être de
vous associer à Marine Le Pen. Qui a été très critiquée à l'époque.
Et aujourd'hui, beaucoup de Français, quand ils me croisent dans la rue, me disent « On n'avait pas compris votre choix. » Et maintenant, on le comprend
parce... Alors,
pourquoi est
-ce
que vous
continuez pas avec elle ?
Si je peux finir. Allez-y. Parce que Emmanuel Macron met en danger la France. Pour autant, tout le monde sait que Debout la France est un parti indépendant, qui a sa propre existence, ses propres origines, sa propre philosophie. Et il est normal que mon parti, comme les autres, on le voit bien d'ailleurs, les Verts,
on
voit bien le Parti Socialiste, on voit bien... Il y a une diversité politique. Et il est quand même normal que notre parti existe. Mais Marine Le
Pen,
elle vous
demande de faire la liste
européenne avec elle.
Eh bien, je vais vous re-répondir. Vous étiez avec elle pendant l'entre-deux
-tours. Eh bien, oui.
Vous avez fait le plus gros,
j'ai envie de dire. Mais si, je peux...
Mais attendez. Je n'ai jamais... J'ai toujours été clair pendant cet entre-deux-tours. J'ai toujours dit que c'était un choix de second tour, mais que ce n'était pas une fusion.
Ce
n
'est
pas une fusion. Et je vais vous dire, pour ce que j'ai répondu à Marine Le Pen, pour
faire
l'union, il faut un programme.
On
ne fait pas l'union pour l'union. Moi, je ne suis pas dans une logique d'appareil politique. Je suis dans une logique de programme, de projet politique. Je sais que ça paraît peut-être...
Ce
n
'est
pas la com, ce n
'est
pas les goodies, comme on dit. C'est plus sérieux. Et je pense que les Français attendent du sérieux.
Et le projet... Vous n'avez pas rencontré encore
le programme de Marine Le Pen
? Je ne le connais pas. Vous ne connaissez pas. Et je veux justement,
allons
au bout, tirer les leçons de la présidentielle.
Si
les Français n'ont pas été convaincus par notre duo au second tour, c'est peut-être parce qu'il y avait aussi des faiblesses.
Elles
sont apparues. Sur
l'euro, notamment, on a eu des faiblesses.
Donc,
dans
la vie,
il
faut tirer les leçons des échecs.
Et
je suis
peut
-être celui qui peut le mieux les tirer, puisque j'ai eu le courage de faire cette union. Et j'ai dit à Marine Le Pen, et je dis aux militants du Front National, comme à ceux des Républicains,
si
nous ne sommes pas capables d'avoir un projet sérieux, eh bien, nous pouvons faire des unions éphémères. Et voilà pourquoi, le 23, à mon congrès, je présenterai un manifeste sur l'Europe. Pour faire avancer les choses. Parce qu'il ne suffit pas de critiquer, de combattre. Les Français attendent de nous des solutions. Et c'est ça qui m'intéresse. Et c'est comme ça qu'on gagnera demain.
Justement, sur l'Europe, il y
a
eu un épisode intéressant cette semaine, sur la Hongrie, avec le Parlement européen qui a voté une résolution pour aller jusqu'à exclure du droit de vote les Hongrois. J'ai vu votre tweet. Vous dites que ce n
'est
pas ça, la démocratie. Si on se permet, effectivement, de récuser un pays sous prétexte que les valeurs européennes ne sont pas respectées, ce ne sont pas les valeurs de la souveraineté. Mais est-ce qu'il
n'y a
rien qui vous chope chez Victor Orban
?
C'est une situation
surréaliste. Je veux que les gens, parce que tout le monde n
'a
pas compris ce qui s'est passé,
Orban est
un Premier ministre réélu. Avec 50% des voix. Réélu largement par son peuple. On était incapables, nos présidents de la République successifs. Réélu largement. 3 ou 4 fois, je crois. Qui mène une politique exceptionnelle.
Qui
est le seul à défendre face à l'immigration. Qui a le courage de dire stop. Je finis. Qui a le courage de dire stop. Qui est plébiscité par son peuple. Qui défend notre civilisation.
Et
ces abrutis de l'Union Européenne. Qui ont ruiné le continent.
Ces abrutis de l'Union Européenne. Qui ont fait la
pauvreté. La pauvreté de masse. Qui accepte une immigration de masse. Qui suscite des haines et des rejets.
C
'est le monde à l'envers. Critique Orban. Mais on croit rêver. C
'est
votre modèle Victor Orban ? Non. J'ai pas de modèle étranger. Excusez-moi. J'ai pas de modèle étranger. Je veux un modèle français. Mais je dis que je n'accepte pas qu'un pays libre comme la Hongrie, qui a lutté contre les soviétiques, retrouve une nouvelle colonisation, une nouvelle dépendance à l'égard de gens non élus, qui ont mis l'Europe par terre. Car l'Union Européenne a défiguré l'Europe. Et les Européens, que ce soit les Italiens, les Autrichiens, les Danois, les Hongrois, ont commencé à comprendre qu'on pouvait peut-être faire autre chose de l'Europe. Moi je ne suis pas anti-européen, contrairement à ce qu
'on
dit souvent. Je suis contre la manière dont l'Europe est gouvernée. Et ces gens qui ont échoué, M. Juncker, Premier ministre d'un paradis fiscal pendant 18 ans, le Luxembourg, qui est un incapable notoire, qui ose
vouloir
mettre des sanctions contre celui qui est élu démocratiquement. Mais c'est extravagant
ce qui se passe. Et les
Républicains, attendez, il
y a
un truc incroyable
aussi. Ils
se sont divisés les Républicains.
Non, pire que ça. Certains ont voté
pour,
certains contre. Sur 16,
16 parlementaires républicains, 16.
Il
n'y
en
a que 3 qui ont voté contre. Notamment Nadine Morano. Oui, mais il n
'y
en a que 3. Et M. Wauquiez va voir M. Orban en disant qu'il est très bien. Et les parlementaires républicains votent contre Orban. Donc ça veut dire que c'est le monde à
l
'envers. Moi, je veux des pays libres. Je estime que la France doit être libre de ses gestes. Nicolas Dupont
-Aignan. Et qu
'il
faut reconstruire l'Europe. Vous avez vu que ce que lui reproche l'Europe, notamment, c'est ses lois sur la presse, ses lois sur la loi électorale où il fait voter maintenant les Hongrois
de l'étranger. Mais c'est complètement faux.
Il
y a ça dans l'Europe prochaine. Tout ça
est de la propagande. Orban mène une politique qui est approuvée par le peuple hongrois. C'est un démocrate. C
'est pas
un régime libéral. Mais c'est pas
vrai.
Mais vous croyez que la France est un régime libéral
? Non, mais
sur le plan des droits,
de la presse, etc. Ah bon ?
Et la justice française, elle est exemplaire ? On a vu pendant la présidentielle comment la justice avait été instrumentalisée par le pouvoir. Donc, arrêtons de donner des leçons aux autres. C'est un pays libre. C'est un pays démocratique. Et je crois que l'Europe doit être l'union de pays démocratiques.
Puisque vous parlez de démocratie, de liberté. Justement, il y a eu ce débat aussi cette semaine sur la commission d'enquête sur l'affaire Benalla, la commission d'enquête au Sénat, avec des reproches qui sont venus de l'exécutif, de la ministre de la Justice, du président lui-même qui a appelé Gérard Larcher mardi soir. Pour vous, le Sénat est dans ses droits entiers
?
Emmanuel Macron donne des leçons à Orban
et
se permet d'utiliser sa ministre de la Justice pour défendre une petite frappe qui travaille avec lui. Une petite frappe ? Oui, c'est une petite frappe. Tout le monde le sait. Et cette petite frappe insulte les sénateurs et refuse d'aller les voir. Mais on est où
? On
est où ? Le président de la République défend sa petite frappe. Madame Belloubet défend l'avocat. Et ce monsieur insulte les sénateurs de la République. Et après, tout ce beau monde va donner des leçons de démocratie à la Hongrie ou à l'Italie. Mais on croit rêver. Bon voilà, c'est pas intéressant l'affaire Benalla, j'ai même pas envie d'en parler, parce que c'est pas l'affaire
du siècle entre nous. On va parler de choses qui intéressent beaucoup les Français, notamment leur pouvoir d'achat, la croissance. Le plan pauvreté par exemple hier, les 8 milliards d'euros sur 4 ans pour venir au secours des plus faibles, notamment, on l'a vu, en aidant les enfants. Petit déjeuner, pourquoi pas ? Qu'un petit déjeuner gratuit à l'école ? Je l'ai fait dans ma ville. D'accord.
Le déjeuner, la cantine, à l'époque, c'était avant l'euro à 1 franc. Et donc, sur la lutte contre la pauvreté,
c'est un sujet... Ça n'a pas été
concret, ça ?
Bien sûr. Tout ça, vous avez vu des améliorations
?
Bien sûr,
et c'est un point fondamental.
Il
y a des bonnes mesures. Moi, je vais pas critiquer pour critiquer. Il y
a
des choses qui sont intéressantes. Le
revenu universel en 2020 ? Simplement, non,
ça je vais en parler. D'accord. En revanche, le problème de fonds, et c'est tout le problème du macronisme, si on peut dire, c'est qu'il n
'y a
pas les crédits derrière. Le programme des crèches, 30 000 places de crèches
dans les quartiers difficiles,
c'est très peu, surtout quand on a pris 10 milliards
par
an
dans
la poche des classes moyennes et populaires françaises.
Parce
que chaque année, par exemple, les taxes sur l'essence, c'est 4 milliards de plus.
Et
on va donner 2 milliards par an aux plus pauvres. Donc, le problème d'Emmanuel Macron, c'est que là aussi, il y a des bonnes mesures. Il ne
faut
pas tout critiquer. L'accompagnement pour la réinsertion, par exemple ? Il y a des bonnes mesures, mais les crédits qu'il annonce
sont
déjà là. Ils
sont
insuffisants. Ils sont insuffisants,
mais ils sont déjà là. Il n'y a
pas de nouveaux crédits. En fait, c'est un tour de magie pour avoir l'air de s'occuper des pauvres. Et le revenu universel en 2020 ? Alors, moi, le revenu universel, j'ai toujours été très clair pendant la présidentielle. C'est
-à-dire
qu
'on réunit
toutes les allocations. J
'étais
hostile à un revenu universel sans travail
à
côté. Là, ils disent qu'il y
aura
une contrepartie. J'ai proposé le travail universel, c'est-à-dire des emplois d'intérêts généraux, où la personne qui est au RSA va donner une journée par semaine pour se réinsérer. J'ajoute dernier point, qu'Emmanuel Macron a quand même du culot.
Il
parle des emplois d'insertion.
Il
a supprimé la première année 150 000 emplois aidés
qui
aidaient les gens et qui les sortaient du RSA. Et donc, c'est là où, vous comprenez, j'ai été déforme des associations. Une minute, j'ai rencontré un directeur d'école primaire dimanche. Il avait deux emplois aidés dans son école primaire dans un quartier difficile. Une femme de 64 ans qui n'avait pas ses droits à la retraite qui les aurait à 66 ans. Et un jeune. Ces deux emplois ont été supprimés. Et voyez ce qu'il m'a dit ? Il était plutôt, je pense,
de gauche. Dans votre département ?
Oui. Il était plutôt de gauche. Il n
'était
pas de mon bord politique. Il m'a dit, je suis écoeuré.
Quelle ville c'était ?
C'était Brunois. Il était écoeuré. Et il me dit, j'ai 380 élèves, j'avais deux emplois d'insertion qui aidaient une personne d'un certain âge et un jeune. On me les a supprimés. Mais comment voulez-vous que ce directeur d'école que j'ai rencontré
ait
confiance dans Emmanuel Macron quand il voit cette conférence de presse
et
qu'Emmanuel Macron annonce exactement l'inverse de ce qu'il a fait
?
Il y
a
un problème de
crédibilité.
Autre sujet, autre annonce hier par le président de
la
République. La reconnaissance, en fait, d'un système institué sur un fondement légal, terreau d'actes parfois terribles, dont la torture en Algérie. Il a notamment rencontré la veuve de Maurice Audin, arrêtée par l'armée et sans doute torturée et tuée. Josette Audin, c'est évidemment son mari. Maurice, est-ce que vous approuvez cette démarche d'Emmanuel Macron ? C'est une démarche
très importante, la mémoire.
On
ne peut pas construire l'avenir si on ne tourne pas la page du passé. Mais il y
a
une chose qui me choque
dans
ce qu'a fait Emmanuel Macron. C'est que c'est à sens unique. Quand Adénauer et De Gaulle ont fait la réconciliation franco-allemande,
ils
ont été ensemble. Et moi, j'en ai un peu assez
que
ce soit toujours à sens unique. Parce qu'on oublie de dire aux Français, aux jeunes Français notamment, qu'il y
a
eu des atrocités de l'autre côté. J'ai vu sur Twitter,
en annonçant votre venue, beaucoup de gens qui vous réclamaient notamment les civils morts en Algérie. Les harkis massacrés,
les militaires égorgés, les bombes. Et ce qu'on oublie de dire, c'est tout ce qu'il
y a
eu de
l
'autre côté. Et moi, j'aimerais aussi que si on veut vraiment régler l'affaire algérienne, que le président algérien soit avec le président Macron et reconnaisse les atrocités qu'il a commises ou qu'il a fait commettre. Parce que c'est trop facile
de toujours
cracher à la figure des
Français. Il faudrait que la France
et l
'Algérie se réunissent effectivement pour cet
acte symbolique de la réconciliation. Et ça, ce
serait de la vraie réconciliation et de la vraie mémoire. Mais la mémoire, toujours à sens unique, pour accabler les Français, la repentance, toujours d'un côté, avec quelques instrumentalisations politiques, ce n
'est
pas très sain non plus. Donc, oui au devoir de mémoire, oui à la transparence, mais on doit la faire totalement.
Alors, cette déclaration aussi, il y
a
quelques jours, du gynécologue Bertrand de Rochambeau, qui est quand même président du syndicat national, des gynécologues obstétriciens, obstétriciens, qui dit, nous ne sommes pas là pour retirer des vies. Voilà ce qu'il a dit à nos confrères de quotidien sur TMC. Ça vous a choqué, cette phrase, ou c'est son droit ? Il a le droit de dire ce qu'il veut.
Il y
a
une liberté de conscience dans la loi Veil, qui est très importante. En revanche, les femmes en France doivent pouvoir avoir le respect de la loi. Et l'IVG est
un
droit des femmes absolument fondamental auquel je tiens. Mais il y avait un équilibre dans la loi Veil, et c'était le mérite de Simone Veil, liberté de conscience des médecins, mais capacité pour toute femme en France à pouvoir bénéficier d'un IVG dans le respect de la loi.
On nous dit au gouvernement qu'il y
aura
donc finalement cette décision sur la PMA pour toutes, pour les couples, notamment les couples lesbiennes. Est-ce que vous êtes toujours opposé à cette...
Oui, je
suis opposé à la PMA et à la GPA. Je considère qu'il
y a
des accidents de la vie, je considère qu'il
y a
l'adoption et je considère qu'on ne peut pas faire fabriquer un enfant dès le départ en sachant qu'il n'aura pas un père ou une mère. Et je pense que ce débat traverse tous les partis politiques et qu'il faut trouver un équilibre. Voilà.
Une
dernière question puisque vous serez peut-être candidat aux européennes. Vous devrez choisir entre votre mandat français et votre
mandat européen. Oui, c'est pour
ça qu'il faut bien réfléchir. Et vous choisirez lequel ?
Mais il n
'y a
pas à choisir. Une fois que vous êtes candidat par exemple aux élections européennes, cela veut dire que vous abandonnez votre mandat national. Voilà pourquoi il faut bien réfléchir.
C'est compliqué ça d
'aller en Europe et d'abandonner son mandat de député français.
Il
faut réfléchir et c'est pourquoi je réfléchis. Bon. Merci beaucoup. Merci à
vous. Voilà
du point de l'avoir été notre invité. On retrouve tout de suite Pascal de la Tour du Pain.
Nicolas Dupont-Aignan