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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 28 mai 2025 26 min

Droit à l'aide à mourir : "Je ne sais pas si c'est un progrès", le ministre de la Santé

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Bonjour Yannick Neder. Bonjour. Bonjour. 305 pour 199 contre.

Dans un vote historique. L'Assemblée nationale a approuvé hier en première lecture la création d'un droit à l'aide à mourir. C'est un progrès pour les Français.

Je sais pas si c'est un c'est un progrès. En tout cas, c'est un sujet sur lequel on doit continuer de travailler. C'est le début d'un texte puisque nous sommes en première lecture à l'Assemblée nationale que maintenant le texte va partir au Sénat et je crois que derrière il faut qu'on ait une position qui soit juste équilibrée, qui soit humaine et il faut que que cette proposition de loi dont je rappelle il y a quand même deux versants.

Il y a tout d'abord une avancée significative, c'est de permettre à tous les patients qui en ont besoin d'avoir à terme accès à des soins palliatifs pour tous dans l'ensemble du territoire métropolitain et d'outre. Et je crois que ça c'est une réelle avancée parce que beaucoup de patients, on le sait bien, plus de 50 % des patients qui avaient besoin d'avoir accès à des soins palliatif pour mourir dans la dignité et sans douleur n'avait pas accès. Mais quand même, ministre de la santé sur l'aide à mourir, vous dites je sais pas si c'est un progrès.

Le premier ministre lui-même, François Baouot, a dit hier avoir toujours des interrogations au sujet de la mourir. aussi. Donc c'est-à-dire que je crois que dans des situations qui sont extrêmement complexes, on peut considérer que la sédation profonde ne répond pas forcément à à à cette situation là.

C'est la loi actuelle, la loi classe gétique. Voilà. Par contre, ce qui me gêne et je l'ai toujours évoqué ainsi, c'est-à-dire que j'aurais préféré qu'il y ait une distance entre les deux textes, entre l'accès aux soins palliatifs pour tous déjà les deux textes ont été séparés.

Oui. Mais si vous voulez dans l'application, je pense que on voit bien que quand un patient, moi j'ai fait ça pendant 25 ans dans mon service puisque je conduisais les les les patients à la transplantation cardiaque et que quand il n'était pas transplanté et bien malheureusement souvent il décédait. Et bien quand un patient est pris correctement en charge par des soins palliatifs, il n'y a pas la même d'aide d'aide active à à mourir.

Donc je crois qu'il il faut dire quoi vous pensez que là on est en train de créer un accélérateur vers la mort ? Disons que je pense qu'il faut être il faut poser les mots euh mais je crois qu'il faut vraiment en poser clairement les limites bien encadré. Il faut qu'on ait davantage euh plus facilement d'accès aux soins au aux soins à à au consultation.

C'est pas le cas là avec la loi qui a été votée hier. La loi qui a été votée hier n'accélère pas les rendez-vous pour les prises en charge de centre de douleur, tout un tas de choses. Il reste une difficulté d'accès aux soins et c'est pas parce que je suis ministre de la santé qu'il faut que je n ces réalités là.

C'est très intéressant Yck Neer parce que faut qu'on vous fasse écouter quelqu'un qui était qui était à votre place il y a quelques jours. C'est euh François Ruffin euh voilà qui n'est pas du même bord politique que vous et il disait des choses alors en d'autres termes mais qui rejoignent un petit peu ce que vous nous dites ce matin. Écoutez moi je vous dis ma déception d'abord sur les soins palliatifs parce que on pose un principe avec lequel je suis d'accord qui est soins de vie les soins palliatifs sur tout le territoire pour tous les Français pour tous les malades.

Ça ce sont des déclarations derrière il faut les moyens. Je peux vous dire que les moyens n'y sont pas donc je peux vous l'affirmer. Yannique Neder, est-ce que vous dites la même chose ?

Les moyens pour les soins palliatifs ne sont pas là aujourd'hui ? On rappelle qu'il faut un milliard d'euros sur 10 ans. Non mais je arrêtons arrêtons de de dire que c'est uniquement un problème de moyens.

C'est avant tout un problème de ressources. Je crois que tous les centres hospitaliers, tous les départements, toutes les cliniques souhaiteraient ouvrir des unités de soins palliatifs pour prendre en charge les patient. Oui, sauf qu'il y a 19 départements qui n'en possèdent pas aujourd'hui.

Voilà. surtout c'est qu'il n'a pas les soignants. C'est bien tout le le sujet de mon plan de bataille depuis 5 mois que je suis à la tête de ce ministère, c'est qu'il faut former plus de soignant.

Mais soyons précis, l'an prochain, non mais l'aide à mourir, elle devrait s'appliquer peut-être l'année prochaine, en 2027 au plus tard a priori. Ça veut dire qu'il y aura pas d'égalité effective sur les soins palliatifs sur le territoire au moment de l'entrée en vigueur du droit à mourir. Bah, je peux pas vous le garantir parce que je suis pas complètement sûr de pouvoir vous dire que en 1 an, on aura formé suffisamment de personnel.

C'est pas rien de de choisir quand vous êtes soignant, quand vous êtes médecin, quand vous êtes paramédical de vous investir dans des soins palliatifs accompagner euh des personnes euh à la mort. C'est c'est pas euh c'est pas ini, euh c'est pas iné chez les soignants. Donc il y a nécessité de former plus de soignants.

Il y a de la formation initiale certainement, mais je crois que c'est surtout au décours d'une carrière professionnelle. On a été euh euh cancérologue, on a été urgentiste, on a été anesthésiste, on a été infirmière en en hématologie et dans une deuxième partie de sa vie, on veut aller vers des soins palliatifs. C'est pour ça que je vous disais que je préférerais qu'il y ait un espace de temps parce que je pense que quand nous quand les patients sont pris en charge par des soins palliatifs, et bien leur demande d'aide active à mourir baisse.

Donc ce que je veux simplement dire, c'est qu'il faut être très prudent dans ces dans ces analyses, que il faut faire preuve d'humanité et de pouvoir proposer un maximum de prise en charge par les soins palliatifs. Mais il faut pas non plus que l'aide active à mourir soit finalement une solution parce qu'il n'y a pas de soins palliatifs ou parce qu'il y a de la difficulté aux soins. Donc d'accès au soin et c'est le ministre de la santé qui nous dit ça ce matin.

Je crois que ce qu'il faut surtout c'est que le Parlement l'Assemblée nationale a a fait ce choix. Il faut respecter le choix du parlement. Maintenant le texte va être discuté au Sénat mais je crois que surtout ce qu'il faut faire en sorte c'est que les règles qui définissent les critères et bien soient particulièement particulièrement scrupuleux.

Je pense que Allons-y sur les ristements. Il y a il y a trois points particuliers qui peuvent suégialité de la décision qui peuvent susciter des inquiétudes. Juste d'abord sur l'administration de de la substance létale.

Il a été décidé que ce soit que ce soit le patient qui s'administre lui-même cette cette substance là. Sauf cas exceptionnel. Lesquels ?

Ben je crois que c'est fait partie des sujets qu'il faudra naturellement préciser. Moi ce que je crois surtout c'est qu'il faut que les soignants ne soient pas pris dans des difficultés. Je pense que la clause de conscience des soignants doit particulièrement s'exercer.

Je pense qu'ussi j'étais plutôt favorable moins sur le volontariat des soignants pour pas qu'on se retrouve dans des dans des situations difficiles. Et je crois que les soignants ont un rôle fondamental et qu'il faut aussi savoir écouter leurs paroles et et et leur volonté. On ne peut pas obliger un soignant.

Alors, ce n'est pas l'esprit du texte, mais il faut faire très attention. C'est pour ça que je dis que les gardes fou sont importants à mettre vis-à-vis des soignants, vis-à-vis des critères d'éligibilité, vis-à-vis de la décision. Il faut une décision.

Moi, je souhaitais que ça soit une décision qui soit prise en en unité de concertation. Je voulais une vraie décision qui soit prise dans unité de concertation. Donc je pense qu'il faut renforcer la collégialité de la de la décision parce que on sait très bien et on peut le voir dans certains pays d'Europe que parfois certains gardes fous sont franchis au fur et à mesure des années et je crois que c'est mon rôle de ministre de la santé de protéger euh les Français de d'avoir un libre accès à une aide active à mourir quand la situation est dramatique et que la sédation profonde ne répond pas à cette situation.

C'est mon rôle de ministre de la santé de protéger aussi les soignants, de respecter leur clause de conscience et leur volontariat. Et c'est mon rôle aussi de dire qu'il y a des gardes de fous, que ceux-ci ne doivent pas être franchis et que pour cela, il faut une collégialité médicale, il faut un staff médical et paramédical. Il y a une question, il y a une grosse inquiétude chez les soignants sur le délit d'entrave qu'instaure cette loi.

Si quelqu'un cherche à empêcher l'exécution de de d'une décision d'aide à mourir notamment, et il y a des soignants qui disent "Nous, on veut pas risquer la prison ou une amende si jamais on essaie de convaincre une personne de ne pas recourir à cette aide à mourir." Vous entendez ça ? Oui, je l'entends, je l'entends et on voit bien que ça va être ça va être difficile et on voit bien qu'au qu'au décours d'un d'une conversation avec un patient, d'un échange, d'une consultation, quand un patient vous dit "Je ne suis pas très bien, j'ai peut-être envie de mourir", je pense que le soignant est dans est dans son rôle, dans son devoir d'expliquer au patient qu'il va avoir des solutions, qu'on peut améliorer sa prise en charge.

Donc il faut pas que finalement cette cette prise en charge du soignant, cette empathie, cette volonté effectivement qui correspond au serment d'Hippocrate de pouvoir soulager le patient soit interprété au sens juridique comme une entrave. Donc et on donc on voit qu'il y a des difficultés effectivement même après le Sénat et qu'il faut aussi faire confiance au Parlement. Je sais pas si c'est une question de droite ou de gauche ces sujets-là.

Je crois que c'est une question d'intime conviction de quand même un clivage assez clair. Euh voilà, la gauche a quand même très majoritairement voté pour le centre aussi et puis à droite les LR dont dont vous êtes issus ont plutôt voté contre. Je crois que c'est pas aussi tranché que vous le dites.

Dans chacun des groupes, nous avons des des des députés qui ont qui ont voté pour ou contre et qui n'étaient pas en gros le vote majoritaire de leur groupe. Il y a un un troisème point sur lequel il faut être très attentif, monsieur le ministre. Vous avez vu ces personnes malades euh ou en situation de handicap qui se sont rassemblés samedi devant l'Assemblée nationale pour dénoncer ce texte d'aide à mourir.

Il s'inquiète qu'on puisse leur dire désormais tu es malade, tu coûtes trop cher à la société, il va falloir envisager l'option de l'aide à mourir. Comment comment on on s'adresse à ces personnes-là ? Qu'est-ce que vous leur dites ?

C'est bien pour ça que nous avons et c'est bien pour ça que je souhaite bien porter cette voie de ministre de la santé, de ministre de la santé de tout le monde, des soignants, des patients et des patients les plus vulnérables. Le ministre de la santé est bien là aussi pour protéger les plus vulnérables. Donc c'est pour ça que je pense qu'il faut être extrêmement prudent sur les gardes de fou.

Mais votre position, elle est quand même un peu compliquée quand même ce matin au lendemain du vote historique de de cette loi en première lecture que le ministre de la santé lui-même vienne en matinale nous dire "Ben en fait, je suis pas trop sûr là de ce qu'on a voté." Non mais attendezà déjà je ne l'ai pas voté puisque c'est le parlement. Est-ce que vous l'auriez voté si vous aviez été encore député LR de l'ISER ?

Je ne suis pas certain. Ah oui. Pourquoi ?

Parce que encore une fois, je pense que nous devons faire un maximum pour pouvoir favoriser l'accès aux soins, la prise en charge euh euh aux soins palliatifs, que les soins palliatifs ne sont pas qu'une question d'argent, mais essentiellement une question d'organisation, de formation et je ne suis pas complètement euh prêt à faire ce saut sociétal à notre société d'aide active à mourir. Par contre, il y a ceux aussi qui vous disent les sons palliatifs n'ont rien à voir avec l'aide à mourir dans le sens où il y a plusieurs il y a une enquête du CCNE euh qui qui dit que euh pour 100 patients qui euh demandent une aide active à mourir, quand ils sont pris en charge par des soins palliatifs, dans 91 % des cas, ils renoncent à cette demande d'aide active à mourir. Donc moi, je je suis favorable à un texte, à une proposition de loi qui prend en charge finalement les 9 % qui malgré une prise en charge en soins palliatifs, malgré des critères extrêmement stricts pour éviter toute dérive, malgré une organisation auprès des soignants qui respectent leur clause de conscience et leur volontariat, et bien on puisse envisager avec humanité une fin de vie qui se fasse conformément au souhait du patient et qui surtout ne met pas en porte à fau les soig ant si effectivement ils ont utilisé un certain nombre d'arguments pour améliorer la prise en charge et que cette prise en charge ne soit c'est c'est cette amélioration de prise en charge ne soit pas considérée comme une entrave.

Et donc juste pour clore cette partie parce que c'est très très important hein, votre position euh euh ce matin, monsieur le ministre, ce que vous dites c'est qu'en fait si les soins palliatifs sont pas à 100 % disponibles dans tous les départements, l'aide à mourir en fait ne devrait pas voir le jour aujourd'hui. Je pense que c'est trop tranché aussi ce que vous dites parce que moi je pense aussi à ces 9 % de patients qui malgré euh une prise en charge dans les soins palliatifs n'ont pas euh trouvé de solution et il ne faut pas nier non plus qu'un certain nombre de patients partent à l'étranger pour trouver cette aide active à mourir. Donc je crois qu'il faut être extrêmement robuste sur les critères.

Ne pas ne pas en dévier en compte les soignants sur leur volontariat, leur clause de conscience. Attention à ce délit d'entrave qui peut euh aussi peut-être euh éloigner euh les soignants s'ils se sentent en danger juridique vis-à-vis de cette prise en charge de patient. Donc attention que les mesures ne soient pas non plus euh contre-productifes sur des soignants qu'on inciterait justement à s'engager dans cette voie des soins palliatifs pour justement plus soulager.

Yannique Neder, le ministre de la santé et de l'accès aux soins et l'invité de France info. On vous retrouve juste après le fil Twitter 46 Étienne Chola. On va connaître aujourd'hui le verdict au procès de Joël le Squarnec.

Les audiences durent depuis 3 mois devant la cour criminelle du Morbillon à Van. Cet ex chirurgien risque la peine maximale. 20 ans de réclusion criminelle.

Il est accusé de 299 faits de viol ou d'agression sexuelle sur des patients. Presque tous mineurs pendant une trentaine d'années. Donald Trump continue de mettre la pression au Canada cette fois par son dô d'or ce projet de bouclier antimissile. "Le Canada veut vraiment en faire partie", affirme le président américain.

Ça lui coûtera 61 milliards de dollars s'il reste une nation séparée mais rien s'il devient notre 51e état. Depuis sa réélection, le milliardaire ne cesse de répéter son désir de voir le Canada intégrer les États-Unis. C'est le début du 2e tour aujourd'hui à Roland Garos.

Hier soir, au bout de la nuit, le vétéran du tennis français Gaë Monfils s'est qualifié en 57. Plus de 3h30 de jeu. Aujourd'hui, deux tricolores sur les cours, Quentin Alice et Giovanni Mempiard.

France info le 830 France info Jérôme Chapui Salia Braclia et Yannick Noder le ministre de la santé de l'accès aux soins et notre invité on attend dans quelques heures le verdict dans le procès le Squarnec du nom de cet ex chirurgien pédocriminel qui répond de 299 viol ou agression sexuelle commis entre 89 et 2014. il reconnaît les faits. Euh et c'est un procès qui a été selon le collectif de victimes, un laboratoire à ciel ouvert de défaillance systémique dans le système de santé.

Vous allez recevoir ce collectif prochainement quand d'abord ? Euh c'est c'est programmé d'ici quelques jours. J'ai pas la date en tête mais c'est programmé.

Et pour leur dire quoi ? Bah, tout d'abord pour les écouter parce que je crois que c'est ce qu'on a envie de dire, c'est c'est plus jamais ça. Comment euh comment on a pu en arriver à une situation euh comme celle-ci ? et et j'espère que ce procès permet à à toutes les victimes de pouvoir se libérer, de se sentir écouté, de se sentir reconnu et surtout de se sentir finalement euh comment dire que que que cette personne soit soit condamnée pour tous ces actes odieux.

On rappelle que Joël de Squarnec a été titularisé en 2006 à l'hôpital de Quimperlet alors que quelques semaines plus tôt, il avait été condamné un an avant pardon avant pour détention d'images pédopornographiques. Ça c'est plus possible aujourd'hui. Alors, je crois que c'est ça fait partie vraiment des enseignements malheureusement de ce procès et de toute cette situation là.

Je crois que c'est le travail que nous menons avec Gérald d'Armanin, ministre de la le ministre de la justice pour justement faire en sorte que dès qu'il y a une instruction en cours et on sait que parfois la justice peut être longue, on sait parfois que il peut avoir des appels qui peuvent être suspensifs, et bien il faut que toutes ces toutes ces condamnations, ces accusations soient bien renseignées auprès du fichier des auteurs d'agression pour que justement l'ensemble des établissements et bien ne puisse pas recruter ces médecins. Il y a eu ce cas notamment récemment révélé par nos confrères de West d'un ORL mise en examen pour agression sexuelle à van et puis qui se retrouve en tout travailler en Vé mais il faut en tout cas travailler avec la justice le ministre de la justice et travailler avec le conseil national de l'ordre pour que plus jamais encore une fois plus jamais il n'y ait cette c c'est c'est cette cette tragédie qui se qui se produisent quand donc la proposition concrète c'est quoi ? c'est par exemple que c'est de pouvoir renseigner le fichier des auteurs graves d'infraction sexuelle dès qu'il y a effectivement une instruction en cours, de ne pas attendre qu'il y ait le procès, de ne pas de de tenir compte des appels pour pas que ces fichiers ne soient pas renseignés et que ça soit totalement transparent.

Il est pas possible que euh des employeurs, je pense notamment aux collectivités euh avec les les crèches, je pense naturellement aux épades, je pense aux hôpitaux que quand on embauche un professionnel qui va s'occuper à forcerie de personnes extrêmement vulnérables, que ça soit euh des patients, que ça soit des enfants, que ça soit des personnes âgées handicapées, il puissent avoir le moindre doute sur l'intégrité morale de cette personne. Là encore, le ministre de la santé que je suis doit protéger les plus vulnérables, ceux qui sont dans le besoin d'avoir des soins et pas qui se retrouve des proies vis-à-vis d'agresseurs sexuels dont on connaissait visiblement le parcours. que naturellement j'attends la décision de justice, mais au-delà de cette décision de justice, nous devons agir et je vais agir avec le ministre de la justice pour que plus jamais cette situation se retrouve et que plus jamais on ne puisse se retrouver à avoir exposé des patients, des enfants vulnérables que ce soit dans les collectivités locales ou autres vis-à-vis de prédateurs sexuels.

Yannique Neder, vous avez euh dans un sur un tout autre sujet hein reçu hier euh les chauffeurs de taxi, les taxis mobilisés depuis plusieurs jours contre la nouvelle convention euh de la sécurité sociale qui doit réformer la rémunération euh du transport des malades. Le matin même, hier matin, donc François Baou affirmé que les économies auront bien lieu et qu'il voyait même des économies supplémentaires possibles après discussion avec eux. Jusqu'où ?

Je crois déjà que il était important que nous ayons ce temps d'échange avec les taxis pour simplement aussi leur dire que il n'y a pas de coupable. on ne cherche pas de coupable et que les taxis, moi je suis ministre de la santé et de l'accès aux soins et que et et issu d'un territoire rural et je vois bien que dans l'accès aux soins quand un patient par faire ses séances de dialyse trois fois par semaine, sa chimiothérapie, sa radiothérapie dans bon nombre de de nos territoires, c'est grâce justement au chauffeurs de taxi. Donc ils ont un rôle essentiel à l'accès aux soins.

On ne cherche pas de coupable, on stigmatise personne. Par contre, il faut faire preuve de responsabilité. euh le budget des transports et je crois que c'est un chiffre qui s'est inscrit euh dans l'opinion publique.

Personne n'avait finalement conscience que les transports, que ça soit euh la partie taxi ou les transports euh VSL ambulance, c'est 6,3 milliards du budget de notre sécurité sociale. Donc on parle pas de de petites économies et sur les taxis, c'est 3 milliards. Donc je crois qu'il faut qu'on regarde comment on peut limiter ces dépenses.

Mais quand vous leur avez dit hier, en fait, on va faire les économies prévues, donc 300 millions sur 3 ans et on va même aller plus loin, ils ont réagi comment ? Je crois que pour l'instant, il faut il faut instaurer un dialogue. Il faut déjà expliquer en quoi consiste cette nouvelle convention.

C'est pour ça qu'avec Amélie de Montchal, nous avons souhaité qu'il y ait une réunion dans chacun des départements avec les caisses primaires d'assurance maladie, avec les préfets puisque je rappelle qu'il y a un tarif qui varie selon les départements de pouvoir discuter techniquement, ensuite de pouvoir aussi rassurer parce qu'il y a deux sujets dans ce sujet des chauffeurs de taxi. Il y a toute la partie ubérisation plateforme qui est menée par Philippe Tabarot, le ministre des transports et moi j'ai réaffirmé qu'il était hors de question d'ouvrir les plateformes et les systèmes Uber au transport sanitaire. Ça c'est Oui, mais c'est quand même important de le redire parce que le grand risque pardon mais je vais rester là-dessus, le grand risque, il est hors de question de voir une financiarisation arrivée dans le secteur de la santé sur les taxis.

Nous avons d'autres secteurs dans la santé où il y a de la financiarisation. Nous luttons contre parce que c'est pas le meilleur façon de d'ouvrir l'accès au soins. Donc là, il faut être très clair.

Il y a pas d'ubérisation, il y a pas de volonté. Maintenant, un mot vous dites, vous êtes ministre de l'accès aux soins. Ça fait des années qu'on a fermé des hôpitaux ici ou là et vous nous dites aujourd'hui ça coûte cher, ça coûte 6 milliards d'euros.

C'estd qu'on a fermé des hôpitaux pour faire des économies et aujourd'hui vous dites il faut faire des économies sur pas une contradiction là. parce que en général on ne ferme jamais un hôpital ou des lits pour par économie. On ferme des lits parce que malheureusement encore une fois nous n'avons pas assez de soignants.

C'est pour ça que je veux former plus de soignants partout pour pouvoir justement rouvrir des lits. On sait bien que les tensions dans les urgences c'est souvent parce qu'il y a manque de lit d'Aval et qu'il y a pas assez de professionnels formés. Je dis souvent ces chiffres.

On forme le même nombre de médecins qu'en 1970. C'était il y a 50 ans. Nous sommes 15 millions de français en plus.

Les patients vivent plus longtemps. Il y a des maladies chroniques et le rapport au travail des soignants a particulièrement évolué comme dans tous les corps de métier puisque quand un médecin généralise pas en retraite, il y en faut 2,3 pour pour le remplacer. Donc je crois que malheureusement quand il y a des lits fermés, c'est faute de professionnel.

C'est aussi parfois des questions de sécurité. Il faut être sûr qu'une structure apporte le maximum de sécurité. On peut avoir ces sujets-là notamment dans le sujet épineux des maternités.

Après, je n'ai pas dit que il fallait supprimer les transports. Je dis qu'il faut le bon transport pour tout le monde. Si on prend, pardon, si on prend un peu de recul, monsieur le ministre, là on parle d'une d'une économie de 300 millions sur un un budget global pour les taxis de 3 milliards.

Je rappelle qu'il faut faire 40 milliards d'économie. Vous avez passé vous euh un vous avez fait un entretien avec eux hier, le premier ministre les avait vu samedi en fait pendant 3h30 juste pour 300 millions d'économies. C'est-à-dire qu'en fait pour les 40 milliards, ça va prendre combien de temps ?

Je veux bien que vous ventiez votre votre méthode hein, la discussion la discussion la discussion qu'en fait là-d il y a une prise de conscience qui est en train de de s'opérer et je crois que c'est fondamental c'est que d'ailleurs la cour des comptes le dit c'est que les dépenses de de la sécurité sociale sont devenues incontrôlables. Donc il s'agit pas de ne plus soigner les gens et je ne souhaite pas en tant que ministre de la santé qu'il ait la moindre économie sur le dos de la santé des Français. Mais par contre euh pardon, mais on peut quand même faire un peu de différenciation territoriale.

J'ai signé des bonds de transport pendant 25 ans. Euh quand je signais euh et je ne signais pas un bon de transport mais que le patient habitait Grenoble, pardon, j'ai exercé à Grenoble au CHU et que le tramouet était en bas, ça n'a pas le même impact d'avoir un un bon de transport quand vous pouvez prendre un tramouet que quand vous êtes à 50 km, qu'il n'y a pas de moyen de transport, que vous êtes seul, que vous êtes âgé. Donc je crois que encore une fois, c'est une responsabilité collective qui va inclure naturellement euh aussi c'est une prescription, le bon de transport médical.

Donc je je vais rappeler aussi à l'ensemble euh de mes confrères que attention euh bah c'est bah bien sûr que c'est que attention, il faut qu'on soit vigilant sur sujet. Quand un patient en a besoin, c'est mon rôle justement de maintenir un financement pour que tous les patients et je les ai cités, radiothérapie, chimiothérapie, dialyse, tous ces sujets où le le patient est fortement euh impacté. Les transports partagés, je pense que c'est une bonne chose de mutualiser sauf si l'état du patient ne le peut pas.

Quand un patient est extrêmement fatigué avec une chimiothérapie, qu'il prend un risque d'infection, qu'il faut qu'il soit plutôt il faut de la discussion parce que il y a beaucoup de cas particulers. mais qui sont aussi des artisans et qui veulent voir comment leur évolution professionnelle est possible. Vous l'avez évoqué, le déficit, le trou de la sécurité sociale, c'est ce que rapporte la Cour des comptes qui se creuse, qui se creuse 22 milliards qui pourra atteindre 22 milliards cette année.

Alors pour financer cette sécurité sociale, François Bairou demande aux partenaires sociaux de réfléchir à une TVA sociale. Vous le suivez là-dessus ? Je crois que rapidement, il faut on a on va arriver aux 80 ans de la sécurité sociale cette année en octobre.

Je crois que c'est le moment et et de de pouvoir se mettre pardon l'expression autour de la table et de mettre tous les leviers. Je pense que la première déjà le premier des leviers c'est essayer de faire des économies et je crois que ça c'est quelque chose d'extrêmement important. Il faut absolument que nous maîtrisions nos dépenses.

Nous sommes les champions du monde de la dépense. Donc tout le monde collectivement est favorable à limiter la dépense mais personne dans son secteur. Donc quand vous mais sur la TVA rapidement la TV la TVA, je pense que ça fait partie des sujets qu'il faut qu'il faut poser sur la table parce que ce qu'il faut c'est quand même pouvoir libérer le coût du travail, favoriser la compétitivité de notre entreprise et c'est par la création de valeur.

Nous étions dans le même niveau de travail notamment chez les jeunes et chez les seniors que l'Allemagne, nous aurions beaucoup moins de déficit. Merci Yannick Neder, ministre de la santé et de l'accès aux soins, invité de France info ce matin. Dans un instant, les informés, Salia et Renault. [Musique] Yeah.