Sarah Knafo à Port-Marly : Mon discours de rentrée
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 21:10PrésentateurFait
« la dépense publique crée de la richesse. »
- 26:03PrésentateurFait
« quand nous vivons dans un pays où un salarié ne touche que la moitié de ce qu'il produit, alors non, ce n'est pas un prélèvement, c'est un casse. »
- 26:27PrésentateurFait
« sans qu'aucun soignant ne réponde à sa famille, alors non, nos charges ne sont pas un salaire différé, c'est un casse. »
- 26:43PrésentateurFait
« dans un pays où l'on vend la maison de ses parents pour payer le fisc le jour de leur mort, alors non, ce n'est pas une contre. »
- 34:15PrésentateurChiffre
« il s'appelle Nicolas Durand. Salarié au salaire médian. Son employeur verse 4000 euros. Nicolas en reçoit 2000. »
- 35:33PrésentateurChiffre
« 118 euros par mois, c'est-à-dire sur une carrière entière, près de 60 000 euros. »
- 35:54PrésentateurChiffre
« avec sa femme, Nicolas verse 142 euros par mois. Et s'ils ont deux enfants, l'État va leur verser, suspense insoutenable mes chers amis, 142 euros. »
- 36:43PrésentateurChiffre
« gratuite, voilà, 9 euros par mois pour Nicolas. »
- 36:53PrésentateurChiffre
« sur ces 439 euros par mois, savez-vous combien arrive vraiment là où on le soigne ? 147 euros. »
- 38:55PrésentateurChiffre
« sur une vie de travail, Nicolas Durand aura versé plus d'un million d'euros. »
- 45:44PrésentateurFait
« regardez ce qui se passe le jour où vos parents meurent. Tout ce qu'ils vous laissent a déjà été taxé. Pas une fois, pas deux fois, dix fois. »
Temps de parole
- Présentateur80 %
- ?20 %
≈ 125,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
qu'elle accueille. Merci aujourd'hui à Port-Marie-Li. On me dit que vous êtes... Merci. Franchement, vu l'heure à laquelle certains d'entre vous se sont couchés hier, je suis... Est
-ce
que vous êtes tous venus ce matin ? Et il paraît que vous êtes même arrivés à l'heure.
J
'aimerais remercier Eric.
Je voulais
dire que je voulais d'abord remercier Eric. Manifestement, ça n'a pas plu aux antifascistes. On va à la presse et toute la classe politique lui disait qu'il exagérait. Aujourd'hui, ils veulent tous reprendre ses analyses.
On
peut avoir raison avant tout le monde, très longtemps, et ne jamais en tirer une seule once d'amertume.
La
dernière, quand j'ai annoncé à Eric que j'allais passer 12 mois plongée dans des documents budgétaires et dans des fiches de paye,
il
ne m'a pas dit que c'était une perte de temps.
Il
m'a dit, vas-y, dis-leur, montre-leur.
Mes
chers amis, un homme qui a vendu des centaines de milliers de livres et qui pousse un autre à écrire le sien.
En
politique, ça n'existe pas.
Ça
n'existe que chez ceux qui servent une cause plus grande qu'eux-mêmes. Voilà l'homme que vous allez entendre tout à l'heure. Merci Eric.
...élic.
...élices
à l
'audition, ceux qu'on ne voit jamais sur une estrade. Les cadres et les bénévoles de Reconquête.
...élices à l
'université d'été, guidées par la main de fer de Joanna Humphrey. ...élices
à
aujourd'hui. Alors applaudissons-les encore une fois.
Il
y a d'autres Français que je voudrais remercier,
mais
je ne connais pas tous leurs noms.
Et
ils ne sont pas tous là parce qu'ils sont partout en France. Laissez-moi vous raconter.
Il y
a quelques semaines,
mon
éditrice m'appelle
pour
m'annoncer le tirage de mon premier livre.
Et
elle me dit
100
000 exemplaires. Alors là, j'ai cru qu'elle s'était trompée de livre. Parce que le mien, mes chers amis, c'est 300 pages sur la dépense publique. Avec 100 notes de bas de page, des tableaux, des...
Ce
n'était pas exactement le genre de lecture que je vous imaginais emporter à la plage. Alors moi, j'ai pensé
à
la pauvre.
Et
je me voyais déjà au mois d'octobre l'appeler pour lui présenter mes excuses et lui proposer de venir récupérer tous les cartons d'un vendu.
Je
vais vous dire ce qui s'est passé.
Il
n'a pas fallu attendre octobre.
Il
n'a pas fallu attendre un mois.
Il
a fallu huit jours. Huit jours après sa sortie.
J
'ai l'honneur de vous annoncer, mes chers amis, que le casque du siècle s'est vendu à plus de 100 000 exemplaires.
Ils
veulent connaître toute la vérité. Ils n'ont demandé la permission à personne. qui ont été impatients de lire, de savoir, de comprendre. Alors applaudissons-les. Applaudissons ces Français-là.
Les
héros de mon enquête. Vous êtes les héros de mon enquête.
Les
autres lecteurs,
je
ne les connaîtrai jamais tous.
Mais
s'ils nous regardent,
je
veux qu'ils entendent ceci.
Je
n'ai pas écrit ce livre pour la presse.
Je
n'ai pas écrit ce livre pour être invité à la télévision.
Je
l'ai écrit pour eux
et
pour vous.
Alors
j'ai besoin de vous.
Tout
de suite.
J
'aimerais que
ceux
qui ont un compte en banque dans cette salle lèvent la main.
C
'est exactement là que ça se passe.
Pas
à Bercy. Pas dans les colonnes d'un budget. Là.
Dans
votre compte. Dans votre épargne. Dans les tirelires de vos enfants. Dans tout ce que vous avez gagné. Dans tout ce que vous avez économisé.
Et
dans tout ce que vous voulez laisser un jour
à
ceux que vous aimez. C'est de ça que je veux vous parler aujourd'hui.
Et
je vais commencer
par
l'une des premières fois où je me suis posé la question.
J
'ai 20 ans.
Je
suis étudiante en économie.
Et
un jour un professeur nous explique très sérieusement
que
la dépense publique
crée
de la richesse.
Que
chaque euro dépensé par l'Etat revient dans l'économie multipliée.
Et
il appelle ça le multiplicateur.
Alors
je lève la main.
Et
je lui demande.
Mais
si c'est vrai monsieur.
Alors
pourquoi s'arrêter
? Pourquoi
ne pas tout dépenser
?
Allons à ça. Et nous serons tous 100 fois plus riches.
Il
m'a répondu que je n'avais pas compris.
Il
avait raison.
Je
n'avais pas compris.
Et
j'ai mis 10 ans à comprendre. 10 ans à comprendre pourquoi cette théorie... Tous ceux qui nous gouvernent.
Il
faut dire que c
'est
la seule théorie au monde où celui qui dépense votre argent a toujours raison.
Si
il dépense et que ça marche, c'est grâce à lui.
Si
il dépense et que ça ne marche pas,
c
'est qu'il n'a pas assez dépensé.
Il
ne peut jamais avoir tort.
Mais
cher Zenn, quand une théorie donne toujours raison à celui qui tient le chéquier,
ce
n'est plus de l'économie.
Ce
n'est plus une science.
C
'est la médecine de Molière.
Le
malade ne guérit pas une saignée.
Il
va plus mal, une deuxième saignée.
Il
meurt, c'est qu
'on
ne l'a pas saignée assez tôt.
Plutôt
ces charlatans.
Je
les ai retrouvés partout. En préfecture, en ambassade, au Parlement européen, dans les ministères. Partout, les mêmes diagnostics. Partout, les mêmes ordonnances. Et partout, le même résultat.
On
dépense. Ça ne marche pas. Alors, on dépense davantage. Pendant des années, j'ai vu cette machine tourner de l'intérieur. Et il y a un an,
je
me suis dit,
ça
suffit.
Il
faut y aller.
Il
faut l'affronter. Il faut tout démonter et tout prouver.
Ce
système,
il
faut le traquer. Il faut le cerner. Il faut l'arrêter.
Comme
on arrête un voleur.
Comme
on arrête un gang.
Avec
tout son réseau de complices et de petites mains.
Sans
hésiter.
Sans
prendre de gants.
Mais
face à un adversaire pareil,
on
n'a pas le droit à l'erreur.
On
ne doit rien laisser au hasard. Il faut enquêter. Enquêter. Et enquêter encore. Réunir toutes les pièces. Tracer tous les schémas. Décrire avec la plus grande exactitude le système qu'ils ont mis en place et qui nous ruine, nous, les victimes.
Et
puis, il restait une chose.
Il
fallait lui donner un nom.
Parce
qu'une chose qui n'a pas de nom, mes chers amis. Ça n'existe pas.
On
n'en parle pas.
On
ne la combat pas.
On
finit même par s'y habituer.
Alors,
j'ai cherché. J'ai cherché pendant des semaines. Gaspillage. Beaucoup trop mou. On dirait une ampoule qu'on a oublié d'éteindre. Scandale.
Un
scandale, ça dure trois jours.
Mais
ça,
ça
dure depuis 40 ans.
Et
puis, un soir, je me suis posé la question autrement.
Comment
appelle-t-on un système
qui
vous prend ce qui vous appartient
en
quantité massive
sans
que vous puissiez l'empêcher
et
dont le préjudice se chiffre en milliers de milliards d'euros
? Et
là, j'ai trouvé. Voilà.
Le
voilà, le nom.
C
'est un casse.
C
'est le casse du siècle.
Ce
soir-là, je me suis dit, ça y est,
je
te tiens. Alors, j'ai ouvert un fichier sur mon ordinateur
et
l'enquête a commencé.
Et
ce nom, croyez-moi,
ils
ne l'ont pas aimé du tout, ce nom. C'est excessif, madame. Mais c'est du marketing. Mais vous exagérez. Mais elle dit ça pour la com'.
Mes
chers amis,
nos
adversaires ont toujours combattu nos mots. Ils les trouvent trop forts. Ils aimeraient des mots gentils, des mots polis, des mots tout doux pour adoucir la réalité. Pour voir la vie en rose.
Mais
ici, mes chers amis, dans cette salle, nous savons que lorsque les faits sont énormes, les mots doux sont des mensonges.
Quand
nous vivons dans un pays où un salarié ne touche que la moitié de ce qu'il produit, alors non, ce n'est pas un prélèvement, c'est un casse. Sans qu'aucun soignant ne réponde à sa famille, alors non, nos charges ne sont pas un salaire différé, c'est un casse. Dans un pays où l'on vend la maison de ses parents pour payer le fisc le jour de leur mort, alors non, ce n'est pas une contre. Mes chers amis, quand nous subissons un état qui fait durer ça depuis 40 ans, sans qu'un seul gouvernement ait jamais rien changé, alors non, ça n'est pas non plus une erreur. C'est un casse. On n'a pas peur des mots.
Ici,
comme on dit, on dit les termes.
Et
les termes, mes chers amis,
les
livres politiques n'ont pas vraiment l'habitude de les dire.
Vous
les connaissez, les livres politiques.
Un
livre de François Hollande, par exemple.
Un
livre de Gabriel Attal ou d'Edouard Philippe. Franchement, franchement, en toute honnêteté,
un
livre de François Hollande, c'est passionnant.
Un
livre de François Hollande, prenant.
Quelque
chose, un livre de François Hollande.
Change
votre vision du monde. Alors, mes chers amis, comment qualifieriez-vous les livres politiques
?
Je crois qu'il est dit. Et puis, ça n'est pas très gentil, mes amis. Bon, je me demande de vous arrêter, s'il vous plaît. En général, ça n'est pas un livre.
C
'est un tract avec beaucoup trop de pages, construit exactement pareil. Chapitre 1er,
mon
enfant. Toujours un grand-père.
Et
le grand-père est toujours formidable.
Il
travaillait la terre ou l'acier ou les deux. Il avait les mains abîmées et des principes solides. Chapitre 2, ma vocation.
Alors
là, ça arrive systématiquement dans une circonstance émouvante. Un dimanche,
un
discours entendu à la radio.
Chapitre
3,
ma
rencontre avec le peuple.
L
'auteur va sur un marché.
Il
est bouleversé.
Il
découvre
que
les gens ont des difficultés.
On
ignorait.
Et
là, on a droit aux banalités que tout le monde connaît par cœur.
Et
au long passage où l'auteur tente désespérément de se faire passer pour un être humain.
Et
dans lequel il nous explique qu'il va à la rencontre des Français qui se lèvent tôt le matin.
qui
s'accoudent au bistrot,
même
dans mille bistrots,
en
tant leur colère.
Et
puis le bouquet. Les propositions. Deux ou trois mesures griffonnées la veille sur un coin de table,
pour
donner l'impression qu'on a travaillé.
Toujours
la même chose.
A
la fin, ça s'appelle
Ma
France que j'aime dans vos yeux.
Ou L
'avenir est à portée de main grâce à mon courage formidable.
Ou
encore
Mes
propositions que j'assume grâce à ma fermeté exceptionnelle.
Les
journalistes font semblant d'apprécier.
Les
militants font semblant de le lire.
Et
les politiciens font semblant de l'écrire. Une triple en tourloupe.
C
'est la phrase qui m'a le plus fait plaisir depuis onze jours. C'est une phrase que j'ai entendue partout. A Paris, en Normandie, à Tourcoing, aujourd'hui encore à Port-Marley.
Ce
sont les gens qui m'ont dit Sarah, c'est la première fois de ma vie que j'achète le livre d'un politique.
Vous
avez compris que Eric était hors catégorie parce que lui,
il
écrit des livres d'intellectuels et pas vraiment des livres de politiciens.
Je
crois que ces lecteurs-là ont eu du flair. Parce que oui, ce livre ne parle pas de moi.
Ni
de mes grands-pères, même si je les aime de tout mon cœur.
Il
parle de votre argent, de vos urgences, de l'école de vos enfants, de votre pouvoir d'achat.
Et
c'est exactement ce qui dérange.
Parce
que ceux qui ont peur de ce livre l'ont lu de très près.
Et
depuis onze jours, ils cherchent.
Ils
n'ont pas encore trouvé une seule erreur. Alors ils ont changé de terrain.
Et
ils m'ont sorti l'objection préférée de tous les plateaux. Écoutez-la bien, parce qu'elle en dit long sur ceux qui la prononcent. On me dit,
vous
dites que les Français sont volés. Admettons.
Mais
regardez, tant de gens veulent venir chez nous.
Ils
veulent notre système. Ils veulent être soignés ici. Alors c'est peut-être que tout ne va pas aussi mal que vous le dites. Eh bien non.
Le
fait que le monde entier veuille venir ici ne prouve pas que ce système est bon. Bien au contraire.
Il
prouve que ce système est généreux avec ceux qui n'ont rien mis dedans. Et impitoyable avec ceux qui le financent depuis des décennies.
Qui
attire massivement. Qui coûte massivement. Et qui présente la facture à un seul homme.
Aux
Français qui payent. Celui à qui on prend la moitié de tout ce qu'il produit. Celui à qui on explique ensuite qu'il n'a pas le droit de poser de questions. Et on lui demande ensuite de se taire. On lui prend son paye. Allons les chercher.
Je
vais vous emmener sur la scène du crime.
Dans
une enquête, il y a toujours un moment où tout bascule.
Où
les pièces se rassemblent.
Ce
moment-là, je veux que vous le viviez avec moi.
Vous
avez tous une fiche de paye.
Vous
en avez eu.
Vous
l'avez tous regardé au moins une fois dans votre vie.
Et
vous n'y avez rien compris. Rassurez-vous, c'est fait pour.
J
'ai suivi un homme à la trace. Il s'appelle Nicolas Durand. Salarié au salaire médian. Son employeur verse 4000 euros. Nicolas en reçoit 2000. Évaporé, chaque mois. La moitié de la valeur de son travail. Alors regardons où vont ces 2000 euros.
Puisqu
'on nous répète chaque jour que c'est pour nous protéger.
Sa
retraite d'abord. 876 euros par mois. Pendant 42 ans. Et savez-vous ce qu'il touchera au bout
?
Environ 1500 euros par mois.
C
'est-à-dire 500 euros de plus que ce qu'on verse à quelqu'un qui n'a jamais cotisé une seule fois de sa vie, même à un étranger qui vient d'arriver chez nous.
N
'importe quelle affaire, un tel écart entre la mise et le gain porte un nom. Ça s'appelle une escroquerie. Ici,
on
appelle ça un acquis social.
Vous
l'avez compris mes chers amis, il faut urgentement passer à la capitalisation.
Le
chômage ensuite. 118 euros par mois, c'est-à-dire sur une carrière entière, près de 60 000 euros.
Et
si Nicolas connaît une année de chômage, alors il touchera 18 000 euros.
Pour
récupérer sa mise, il faudrait qu'il reste trois années entières au chômage.
Est
-ce que vous imaginez le message qu'on envoie
? Les
allocations familiales maintenant. Avec sa femme, Nicolas verse 142 euros par mois.
Et
s'ils ont deux enfants, l'État va leur verser, suspense insoutenable mes chers amis, 142 euros.
Ils
versent 142 euros, ils reçoivent 142 euros. Exactement la même somme. On a inventé le circuit le plus absurde de l'histoire. On vous prend de l'argent,
on
le promène jusqu'au guichet,
on
embauche des gens pour le compter, le tamponner, le recomter,
et
puis on vous le rend.
C
'est l'aller-retour le plus cher de l'histoire. Et évidemment, c'est encore vous qui payez la facture. Sa santé, enfin, puisqu'on vous dit que vous vivez dans un pays où la santé est
gratuite.
gratuite, voilà, 9 euros par mois pour Nicolas. Sur une carrière, c'est 225 000 euros qu'il aura payé pour sa santé.
Et
sur ces 439 euros par mois, savez-vous combien arrive vraiment là où on le soigne
?
147 euros.
Tout
le reste se perd en route dans le circuit administratif.
Et
les 2 000 euros qui lui restent
? On
va les taxer encore.
Après
les 2 000 euros de cotisation déjà amputés,
on
va prélever l'impôt sur le revenu.
Et
là, tenez-vous en.
On
regarde le bas de la fiche de paye de Nicolas.
On
voit net à payer 2 156 euros.
Et
juste en dessous, net imposable, 2 306 euros. 150 euros de plus. Nicolas paye l'impôt sur le revenu sur 150 euros qu'il n'a jamais touchés, qui ne sont jamais arrivés sur son compte en banque.
D
'où viennent-ils ? 70 euros de mutuelles payées par son employeur.
Qu
'on a soudainement décidé d'ajouter à son revenu.
Alors
qu'il n'a pas choisi cette mutuelle. Et 80 euros de CSG non déductibles. Vous entendez
? Vous
avez bien entendu.
Une
partie de l'impôt est elle-même soumise à l'impôt.
L
'impôt sur l'impôt, mes chers amis. C'est la cerise des cerises sur le gâteau.
Et
ce progrès social, mes amis, c'est François Hollande qui vous l'a offert. Avec ce qui reste, avec ce qui reste, Nicolas va faire le plein de sa voiture.
Plus
de la moitié du prix,
c
'est de la taxe.
Et
sur cette taxe, on ajoute de la TVA. Encore de la TVA sur une taxe. Nicolas paye encore un impôt sur un impôt, avec de l'argent qui avait déjà payé un impôt sur un impôt. C'est magnifique !
Comment
ne pas aimer le fisc français ?
Je
vous l'ai dit, mes amis, c'est un casse. Alors faisons le total. Sur une vie de travail, Nicolas Durand aura versé plus d'un million d'euros. Et enfin, il
est
en
train
d
'attendre
aux urgences.
Et
la peur,
en
rentrant chez lui le soir.
Et
le plus beau, c'est qu'après tout ça,
on
va venir lui expliquer qu'il vit dans un pays où les services publics sont gratuits,
où
l'école est gratuite, où l'hôpital est gratuit, où tout est gratuit.
Il
a de la chance, notre Nicolas.
Mes
chers amis,
en
France, rien n'est gratuit. Tout est payé. Rubis sur l'ongle. Rien n'est gratuit, mais on vous a simplement fait payer avant, pour que vous ne voyiez jamais la facture. Et voilà pourquoi je dis qu'une fiche de paye que l'on comprend, c'est une fiche de paye qui révolte.
Et
est-ce que vous savez ce qui est le plus fort dans tout ça
? C
'est que ça n'a rien d'un accident.
Tout
ça fonctionne comme une recette. Regardons. Comment prendre un million d'euros à un Français sans qu'il s'en aperçoive
? Ils
ont un mode d'emploi. Je vais vous le donner. Étape 1. Que la dépense publique l'enrichit. Comme ça,
il
ne posera plus jamais de questions. Étape 2. Prélevez avant qu'il ait vu l'argent.
La
fiche de paye est votre meilleur ami. Ce qu'il ne voit jamais, il ne le réclamera jamais. Étape 3. Reprenez-lui l'argent une deuxième fois quand il le dépense. Il ne fera pas le lien. Étape 4. Appelez cela gratuit. L'école gratuite, l'hôpital gratuit, la culture gratuite. Il dira merci. Étape 5. Surtout, ne mettez personne aux commandes. Comme ça, quand quelque chose ne marche pas, personne n'est responsable. Étape 6. Revenez. Prendre ce qui reste le jour de sa mort. Il ne pourra plus protester. Dernière étape, mes amis.
Si quelqu'un proteste quand même, si quelqu'un veut dire la vérité aux gens, si quelqu'un veut mener l'enquête, dites-lui qu'elle exagère, que c'est un cadeau aux riches, que le monde entier nous envie. Voilà. Voilà le mode d'emploi. C'est tout. C'est simple et ça marche depuis 40 ans. Revenons à l'étape 5, parce que c'était quand même la plus étonnante. Personne aux commandes, vous dis-je. Est-ce que vous croyez que j'exagère
? J
'ai cherché le coupable pendant un an.
J
'ai regardé du côté des grandes fortunes, du côté des syndicats, du côté des élus.
Et
un matin,
j
'ai compris que si je ne le trouvais pas,
ça
n'était pas parce que je cherchais mal.
C
'est qu'il n'y en a pas un.
Ils
sont des milliers.
La
droite et la gauche. Des centaines de députés qui ont tous apposé leur nom en bas d'un amendement. Les majorités comme les oppositions qui se sont relayés sans jamais rien défaire.
Et
même le petit bureaucrate de Bercy qui a rédigé l'article et dont personne ne connaîtra jamais le nom.
C
'est parce qu'ils sont si nombreux que le cas s'adurait.
Parce
que quand tout le monde est responsable,
plus
personne ne l'est.
Est
-ce que vous voulez voir à quoi ressemble
une
machine sans pilote
? Un
jour, un préfet m'a raconté une histoire.
Nous
sommes à la préfecture du Nord à la fin des années 90.
Dans
le département,
il
y a une usine Renault. Et chaque semaine,
cette
usine envoie à la préfecture
un
rapport de plus de 100 pages. Nombre de voitures construites, nombre de pièces fabriquées, des pages et des pages de chiffres et de schémas.
Et
chaque semaine,
à
la préfecture,
un
fonctionnaire reçoit ce rapport
et
le jette à la poubelle.
Jusqu
'au jour
où
ce fonctionnaire part à la retraite et est remplacé.
Une
jeune recrue arrive,
il
reçoit le rapport.
Et
il pose la question que personne n'avait jamais posée.
Il
dit,
qu
'est-ce que je dois faire de ce rapport
?
Personne à la préfecture ne sait lui répondre.
Alors
il décide d'appeler l'usine.
À
l'usine, on est très gênés.
Parce
que là-bas non plus, personne ne sait pourquoi on envoie ce rapport.
On
se le demandait aussi, justement.
Et
puis on finit par trouver.
Cette
procédure remonte à la Seconde Guerre mondiale.
À
l'époque, on exigeait de l'usine des rapports précis sur la production industrielle. Et la préfecture faisait remonter les chiffres.
Mais
chers amis, la guerre était terminée depuis 50 ans.
50
ans. Pendant 50 ans, des ingénieurs français ont passé des heures chaque semaine à rédiger un rapport pour l'État que personne n'attendait, que personne ne lisait et que personne jamais n'avait pensé à supprimer.
Voilà
l'édifice. Un système à la fois anarchique et tyrannique. Personne ne l'a voulu. Personne ne le pilote. Personne n'en profite vraiment non plus.
Et
il continue.
Et
c'est pour ça, mes chers amis, que changer un ministre ne sert à rien. Même changer un gouvernement ne sert à rien.
Si
ce gouvernement ne touche pas à la machine, alors il ne sert à rien. L'édifice tiendra debout sans eux. C'est donc l'édifice qu'il faut démonter.
Il
reste l'étape 6,
la
plus cruelle.
Celle
que je n'ai pas réussi moi-même
à
écrire sans colère.
Alors
que vous savez qu'il faut se lever de bonne heure pour réussir à m'énerver.
Parce
que oui, le casse du siècle est un crime.
Un
gigantesque crime dont tous les vivants sont les victimes.
Mais
le pire dans tout cela,
c
'est que ce casse vole même les morts.
Vous
l'avez compris, je veux parler des droits de succession. Regardez ce qui se passe
le
jour où vos parents meurent.
Tout
ce qu'ils vous laissent a déjà été taxé.
Pas
une fois, pas deux fois, dix fois. Leur salaire a été amputé de cotisations, de CSG, d'impôts sur le revenu.
Ce
qui l'en restait est reparti en TVA à chaque achat, en accise sur le carburant, sur l'alcool, sur le tabac. Leur maison
a
été payée avec de l'argent déjà imposé.
Ils
ont acquitté des droits pour l'acheter.
Puis
une taxe foncière chaque année, pendant 40 ans.
Et
là,
l
'État se présente une dernière fois sur le seuil de la tombe, pendant que vous êtes au cimetière
pour
prendre sa part.
Toute
votre vie, on vous prend la moitié de ce que vous gagnez. Et le jour de votre mort, on revient chercher le reste.
Le
casse continue jusque dans la tombe.
Et
derrière cet impôt, mes amis,
il
y a des visages.
Il
y a ce fils unique qui doit vendre en catastrophe la maison où il a grandi parce que le fisc réclame sa part dans les six mois, avant même qu'il ait touché un seul euro.
Il
y a cette fille qui s'endette pour ne pas renoncer à la maison de sa mère.
Il
y a tous ceux
qui,
le jour de l'enterrement, découvrent qu'ils vont devoir vendre la seule chose qui leur restait d'une vie entière de travail. Voilà à quoi ressemble un impôt
qui
frappe le jour d'un deuil.
Alors,
on va me dire que supprimer cet impôt, ce serait un cadeau, au riche.
Alors,
regardons qui le paye vraiment.
Les
grandes fortunes, elles en payent, bien sûr.
Mais
elles ont un notaire, un fiscaliste, et surtout, elles ont du temps. Donations anticipées, assurance vie, démembrement, Pâques d'Utreil, la Cour des comptes elle-même l'établit noir sur blanc. Plus la succession est importante, plus ces dispositifs font baisser la note.
Et
pendant ce temps-là, celui qui paye plein tarif,
c
'est la famille qui n'a qu'un seul bien, qui n'a jamais eu de conseil, qui découvre l'existence de cet impôt le jour de l'enterrement.
D
'ailleurs, savez-vous qui déteste le plus cet impôt dans notre pays
?
Ce ne sont pas les riches. 87% des Français sont opposés aux droits de succession.
Et
cet impôt est encore plus détesté chez les gens modestes que chez les gens aisés.
Peu
importe qu'ils aient ou non à le payer un jour, pour eux, ça n'est pas un calcul, c'est un jugement moral.
C
'est immoral de venir prendre cet argent le jour de l'enterrement.
Et
pendant que nous nous y accrochons, en France, le Canada l'a supprimé en 1972,
l
'Australie en 1979, la Suède, la patrie du modèle social en 2004, main dans la main avec les communistes, ils l'ont supprimé,
la
Norvège en 2014.
Nous
marchons à contresens du monde entier. Alors, mes chers amis, puisque le casse a un mode d'emploi,
puisque
j'aime la méthode
et
puisque nous voulons enfin nous relever, je vais vous donner un autre mode d'emploi. Le mode d'emploi pour tout reprendre. Et ce mode d'emploi est encore plus simple que le leur. Étape 1, dénoncer le casse, rendez la fiche de paye lisible, une ligne, un montant, un usage. Que chaque Français sache chaque mois ce qu'on lui prend et pourquoi faire. Parce qu'une fiche de paye qu
'on
comprend,
et
c'est le début de la fin du casse. C'est pour cela que j'ai écrit ce livre et grâce à vous, nous sommes en train de réussir l'étape 1.
Merci
à vous. Dépenser moins pour taxer moins et pas l'inverse. Tous les gouvernements ont fait l'inverse depuis 40 ans. Vous en voyez le résultat. Abolissons l'impôt sur la mort. Supprimons la CSG sur le travail. Supprimons les impôts de production. Baissons l'axi sur le carburant. Le travail, la production, le pouvoir d'achat et la transmission. Voilà ce que nous défendons.
3,
étape 3, il va nous falloir de la méthode. Dès le jour de l'élection. Les bonnes personnes aux bons endroits. A chacun une feuille de route et des objectifs précis, chiffrés.
Et
si les résultats ne sont pas au rendez-vous, dehors. Étape 4, l'étape essentielle, faites valider tout cela par le peuple, par référendum.
Pour
que plus personne ne puisse s'y opposer. Ni les juges, ni les syndicats, ni Bruxelles, ni les grèves, ni Richard Ferrand, personne.
On
va leur apprendre que quand le peuple a parlé, on s'exécute, messieurs. Voilà.
4
étapes.
4
étapes qui tiennent sur une seule page. C'est ce que nous ferons. Mes chers amis, pour conclure,
je
vais vous dire ce que je m'attendais à trouver quand j'ai commencé ce travail.
Je
m'attendais à trouver un pays épuisé.
j
'ai trouvé exactement l'inverse. J'ai trouvé un peuple à qui on a menti pendant 40 ans, qu'on a taxé, culpabilisé, sermonné, à qui on a expliqué chaque matin qu'il avait tort de se plaindre. Un peuple qu'on a endoctriné à l'école, à l'université, dans les médias, dans la culture et qui aurait dû logiquement finir formaté. Il ne l'a pas été. Les casseurs ont tenu les institutions, ils n'ont pas tenu les esprits.
C
'est le miracle sur lequel tout repose et sans lui, aucun chiffre de ce livre ne servirait à rien. Alors rendez-vous compte de ce qui nous arrive, mesdames et messieurs. En huit jours, 100 000 Français ont voulu savoir où passer leur argent. Ce week-end, vous êtes des milliers à Port-Marly pour préparer la suite.
Les
honnêtes gens sont plus nombreux que les coupables. Ils sont plus travailleurs, ils sont plus créatifs, ils sont plus drôles, ils sont plus admirables. Vous êtes plus admirables. Ils avaient seulement moins de pouvoir. Mais le pouvoir est en train de changer de camp. Vous êtes entrés ici en victime. Je voudrais que vous en sortiez en juge parce que ce livre se
nie
toujours par un procès. Ce procès aura lieu pas dans un siècle, dans les mois qui viennent. Et le jour où il aura lieu, ce ne sera pas la victoire d'un parti. Ce ne sera pas la victoire d'une personne. Ce sera la vôtre. Nous arrivons au bon moment, notre peuple.