L'Événement du Dimanche LCI du dimanche 1er décembre 2024
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour, bonjour et bienvenue à tous dans l'événement du dimanche sur LCI. Ce midi, deux invités et un appel. Deux invités et un appel à l'Union. Marine Tondelier, bonjour. Vous êtes secrétaire nationale des écologistes, bienvenue à vous. Lucie Casté. Bonjour. Bonjour Lucie Casté, haut fonctionnaire. Les Français vous ont découvert cet été, disons-le, parce que le nouveau Front populaire vous avait désigné comme sa candidate pour être nommé à Matignon par Emmanuel Macron, il n'en fut rien. Le Président en a décidé autrement. Bienvenue à toutes les deux. Je le disais, vous lancez ensemble, ensemble, un appel à une candidature commune de la gauche pour la prochaine élection présidentielle.
Vous posez des conditions d'ailleurs à l'organisation de cette candidature commune, une principale condition, et nous la détaillerons dans un instant. Vous pourrez nous expliquer les fondements de cette nouvelle initiative politique dans un très court instant pour vous interroger à mes côtés ce midi. Arlette Chabot, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à voir l'aide. Et Pascal Péry, bonjour Pascal. Bonjour David, bonjour mesdames. Et bienvenue. Donc, comme je le disais, dans un instant, nous entrerons dans le détail de cette nouvelle initiative politique que vous lancez chez nos confrères de Ouest France.
Mais d'abord, l'actualité politique en ce week-end, c'est ce bras de fer qui continue, ce suspense, un bras de fer très rude entre Marine Le Pen d'un côté, Michel Barnier de l'autre. Il s'agit, bien sûr, les téléspectateurs d'LCI connaissent cette actualité, il s'agit du budget de notre pays. Et j'ai une question à vous poser là-dessus, Lucie Casté, Marine Tondelier. La gauche n'a-t-elle pas conféré à Marine Le Pen un pouvoir démesuré de négociatrice ?
Si Marine Le Pen est en capacité de faire sauter à la corde Michel Barnier, comme elle le fait depuis maintenant quelques jours, n'est-ce pas parce que les forces de gauche ont dit dès le début que de toute façon, elle voterait une censure contre le gouvernement de Michel Barnier ? Vous n'avez pas voulu négocier, vous n'avez pas voulu co-construire le budget du pays. Lucie Casté.
Alors, déjà, ce qui se passe aujourd'hui, je pense qu'on peut tous s'accorder sur le fait que c'est la suite logique de ce que nous avions prédit depuis le départ, c'est-à-dire un gouvernement, en réalité, sans un socle solide, avec une légitimité de fonds qui leur permet d'aller chercher des compromis. Et donc, c'est une situation avec un gouvernement qui est, vous l'avez dit vous-même, dans les mains du RN, qui fait, lui, le RN, sauter à la corde. Ce gouvernement qui baisse le pouce ou monte le pouce en fonction de son bon vouloir, ce qui conduit le gouvernement à devoir donner des concessions infinies au Rassemblement national.
Et donc, d'un président de la République qui disait, je serai celui qui écartera le RN de la vie politique française, on a aujourd'hui un président de la République qui promeut le RN.
Si vous étiez allé chercher vos propres concessions, si vous étiez allé chercher vos propres concessions, Michel Barnier ne serait pas dans un face-à-face avec Marine Le Pen ? Vous seriez dans l'équation ?
La réalité, c'est que le président de la République, lorsqu'il a décidé d'écarter le nouveau Front populaire du gouvernement et de la possibilité de former un gouvernement au mépris de l'esprit des institutions, il l'a fait en n'écoutant pas les volontés de compromis que nous avions indiquées pendant l'été. Tout l'été, tout l'été, j'ai indiqué que nous ferions des compromis. Nous avons co-signé, avec les présidents de groupes à l'Assemblée nationale et au Sénat, un courrier indiquant que nous ferions des compromis. Nous avons même mis cinq sujets sur la table, sur lesquels nous pensions que des compromis étaient possibles avec l'ensemble des forces politiques. Mais avec Michel Barnier ?
Sauf le Rassemblement national. Sauf le Rassemblement national. Je poursuis. Lors du PLF, le projet de loi de finances, lors de l'examen du projet de loi de finances à l'Assemblée nationale, en commission des finances, le nouveau Front populaire a proposé des amendements qu'il a construits sur la base du projet du gouvernement et donc dans un esprit de compromis. Il a proposé des amendements qui ont permis de trouver des majorités amendement par amendement, donc fidèles à l'esprit de construction et de compromis qui avaient été présentés tout l'été. Ces amendements ont été votés.
Pour bon nombre, grâce aux voix du Rassemblement national.
Non, pas du tout. Vous avez augmenté les impôts. La taxe sur les transactions financières, elle avait fait l'objet d'une proposition.
C'est l'exemple. C'est un bon exemple.
J'en prends.
Tout le monde est pour, ça.
Ben oui, tout le monde est pour, sauf le camp macroniste. Le camp macroniste refuse de toucher à l'impôt pour des raisons dogmatiques. Donc nous avons proposé des compromis, ça a fonctionné dans la continuité de notre état d'esprit de l'été, ça a fonctionné. Et donc le résultat, c'est la démonstration que ceux qui ne veulent pas faire des compromis, c'est le camp macroniste, c'est le camp gouvernemental qui préfère rester entre les mains du Rassemblement national.
J'avais hier sur mon plateau un représentant de la Macronie et il dit, c'est la faute des autres. Chacun dit, c'est la faute de l'autre.
Monsieur Ducan, ils sont quand même dans la situation dans laquelle ils se sont mis eux-mêmes. On l'a dit dès le départ, ça se finit comme nous avions prévenu que ça se finirait. Et ça ne va quand même pas être de notre faute, nous qui avons alerté là-dessus le Rassemblement national à énormément depuis dix ans. Ce que je retiens de cette petite expérience politique, c'est que toutes celles et ceux qui ont cherché à préserver un peu le Rassemblement national, à s'offrir du répit, à essayer de dire ce sont quand même des gens respectables, il faut les considérer de manière républicaine, ça s'est toujours fini de la même manière localement et maintenant on le voit nationalement.
On finit par leur servir de paillassons. C'est ce qui se passe avec Monsieur Barnier. Vous dites, elle le fait sauter à la corde. Moi, j'irai même plus loin. Elle lui montre très clairement et chaque jour de quel côté de la laisse il se situe. Et les choses sont claires. Quand elle lui dit dans la presse, nous sommes jeudi, vous avez jusque lundi, excusez-moi, j'ai l'impression d'être dans le parrain, il y a un petit côté mafia sicilienne. Alors peut-être que c'est parce que maintenant qu'il y a Georgia Meloni en Italie, il y a cette petite inspiration, mais tout ça est quand même extrêmement violent.
Juste attention avec la métaphore de la laisse, peut-être un peu insultante. Mais c'est comme ça,
vous pensez que le RN considère autrement Monsieur Barnier ? Il joue chaque jour. Et Monsieur Barnier, les macronistes ont voulu du répit, du confort, du sursis. Ils auront la défaite et le déshonneur.
Il y a une autre façon peut-être d'envisager les choses, puisque vous parlez de concessions. Le Rassemblement National, je le mets entre guillemets, aurait obtenu l'abandon des sept heures de travail chaque année, le jour supplémentaire.
Une fantastique idée des républicains, mais remercie.
Le reste à charge sur les médicaments qui seraient lui aussi abandonnés, la taxe sur l'électricité qui baisserait. Au fond, un foyer français hors politique dit merci à ces mesures-là.
Monsieur Barnier a toujours dit qu'il garderait son équilibre. Ça veut dire qu'il va aller chercher les économies ailleurs et on aimerait bien savoir où.
Ma question, Madame Castel, c'est que le RN, finalement, du point de vue du foyer français de base, a obtenu beaucoup plus que vous-même en termes de pouvoir d'achat, d'impôts, etc.
Mais ça, c'est le résultat d'une volonté très claire du camp présidentiel et du camp gouvernemental de se laisser dicter ses positions par le RN. Et le RN propose un mensonge, notamment sur la restauration des services publics, puisqu'on le sait très bien, le RN propose de ne pas augmenter les impôts.
Sur l'électricité, par exemple, c'est une proposition que vous auriez pu porter.
C'est une proposition qui consiste à permettre aux Français d'avoir un pouvoir d'achat plus important. Simplement, il faut que le système boucle. Vous le savez très bien, un budget, et ça se boucle. Le RN ne propose rien qui permet d'équilibrer le budget, contrairement aux nouveaux qui ont leurs propositions. Ou ces économies,
M. Barnier a-t-il les cherché sur les services publics ?
Une dernière question d'Arlette Chabot et on se repassera à votre initiative politique.
Je retiens, notamment de ce que dit Mme Castel, que vous, à Matignon, vous auriez été beaucoup plus maligne, beaucoup plus intelligente, beaucoup plus habile. La méthode de Michel Barnier n'était pas la bonne. Vous auriez su construire des compromis que lui a été incapable de construire ou qui volontairement a refusé. Mais en même temps, il a pris un risque parce que maintenant, il est au bord du gouffre. Donc vous, vous dites, alors avec moi, ça aurait été beaucoup mieux et il n'est pas si habile que ça, le Premier ministre.
Alors je vous laisse les compliments, je vous remercie,
mais nous, moi je n'ai rien promis. C'est pas un compliment,
c'est une question. On a tout à fait conscience que nous étions dans une situation où on devait gouverner avec une majorité relative et non une majorité absolue. Et donc nous l'avons toujours dit et nous avons été extrêmement constants sur nos principes. Il me semble, je crois, qu'on peut le reconnaître. Moi j'ai dit quelques jours après l'annonce de mon nom comme candidate à Matignon que je ferais des compromis. Il y a eu des gros titres dans la prêche nationale.
Vous auriez été plus ouverte aux compromis que ne l'est aujourd'hui ou ne l'a été Michel Barnier ?
Oui.
Vous le trouvez raide ?
Le problème Madame Chabot, c'est que ces gens se sont mis d'accord péniblement parce que M. Barnier il a mis 17 semaines à être nommé et 3 semaines pour faire son gouvernement. Imaginez si ça avait été Lucie Castot. Vous de 24 heures vous auriez lancé une alerte en incompétence. Mais il met 3 semaines à faire son gouvernement. Et une fois qu'il l'annonce, de quoi se rend-on compte ? Ils ont mis 3 semaines à se mettre d'accord sur la question du qui mais pas sur la question du pourquoi faire puisque dès le lendemain ils se disputaient par presse interposée sur des questions aussi légères et insignifiantes que faut-il augmenter les impôts oui ou non ?
Comment vouliez-vous que ça marche quand au sein même d'un gouvernement à 20 semaines après les législatives ils ne sont toujours pas d'accord sur est-ce qu'on augmente les impôts ou pas ? C'était vous à l'échec.
C'est une démonstration très éclairante du fait que la promesse du Président de la République d'apporter la stabilité au pays en désignant Michel Barnier comme Premier ministre était une fausse promesse.
Bon, alors on avance. On avance sur cette initiative politique que vous portez toutes les deux ensemble aujourd'hui une candidature commune de la gauche alors vous disiez Marine Tondelier lorsque j'introduisais cette émission qu'il y a une condition c'est que tout le monde est le bienvenu dans ce nouvel espace commun que vous aspirez à créer tout le monde est le bienvenu mais à la condition de ne pas arriver avec un nom déjà en boîte si j'ose dire déjà entre les mains il faut arriver avec l'esprit ouvert.
Exactement c'est une belle qualité non ?
Oui.
Les choses sont simples on est dans un contexte politique inédit il y a deux faits politiques majeurs le premier c'est que cet été le nouveau Front Populaire a déjoué tous les pronostics a provoqué de l'enthousiasme de l'élan de l'espoir ce que M.
Barnier ne provoque en ce moment chez personne même chez ses soutiens Sa popularité augmente je le précise tout de même il y a une différence entre popularité et élan enthousiasme et espoir et je pense que chacun de vos téléspectateurs voit bien ce que je veux dire la deuxième chose c'est que on voit bien qu'on est dans un moment politique une situation bloquée beaucoup d'imprévisibilité d'instabilité que ça angoisse tout le monde et on discute beaucoup avec Lucie on a appris à se connaître et c'est vrai que de semaine en semaine on a des questions qu'on se pose et qui perdurent et auxquelles on ne voit pas trop de solutions si personne ne bouge et le fait est qu'on se dépasse beaucoup sur le territoire aussi national et qu'on se rend compte que la plupart des soutiens des gens du camp progressiste que l'on rencontre nous posent les mêmes questions en nous pressant en nous disant ne lâchez pas ils nous disent premièrement il faut arrêter les jeux de ping-pong à gauche qu'est-ce que vous faites on est d'accord avec ça nous si on veut regarder un match de ping-pong on regarde les frères Lebrun un sportivement c'est plus intéressant et deux ça n'amile pas l'unité et la cohésion à gauche et chez les écologistes deuxièmement ils nous disent laissez pas tomber et puis ils nous disent il faut arrêter de parler toujours des petites querelles quand je dis parisienne je veux dire des plateaux télé c'est pas les parisiens forcément qui s'embrouillent plus que les autres ils disent parler de nous et c'est vrai que quand on s'engage en politique on le fait au début pour des personnes pour des causes pour des valeurs pas pour commenter toujours je ne sais qui qui a dit je ne sais quoi et donc à force d'en discuter on s'est dit mais en fait il faut y aller parce qu'on n'a pas le luxe des divisions et on n'a pas le luxe non plus de l'impréparation et on voit bien qu'il y a quand même plein de personnes qui veulent aider et qui aujourd'hui pour plein de raisons parce qu'elles ne sont pas ni Olivier Faure ni Fabien Roussel ni Manuel Bompard ni Marine Thondelieu ni Lucie Casté ne se retrouvent pas dans ces cercles où nous échangeons et on est obligé c'est notre responsabilité d'offrir aux personnes qui souhaitent s'engager la possibilité de le faire c'est ça
l'appel que nous proposons quand vous faites la liste des leaders de la gauche vous ne mettez pas Jean-Luc Mélenchon
je parle des chefs de parti avec qui discutent tous les jeudis matin
très bien mais attendez Lucie Casté parce que
on n'a pas fini d'expliquer notre initiative parce qu'elle aime c'est intéressant de dire aussi à qui elle s'adresse
vous pourrez le dire mais justement pour comprendre dans le cheminement l'intérêt et l'utilité peut-être de cette initiative il faut que nous entendions une prise de parole qui a eu lieu 24 heures à peu près avant que vous ne lanciez votre appel c'est celle justement de Jean-Luc Mélenchon il était en meeting à Paris vendredi écoutez ce qu'a dit le leader des Insoumis
les partisans d'une candidature commune on se l'est dit dix fois sur la base du programme et comme nous irons avec le programme et bien vient qui veut il est bienvenu nous faisons une offre fédérative nous avons compris que les communistes ne veulent plus le parti communiste nous avons compris que la droite du parti socialiste ne veut plus et nous refusons de faire chemin avec des gens qui nous insultent en cours de route allez Tchabot
alors ce que vous préférez je sais c'est qu'on parle de Jean-Luc Mélenchon et qu'on vous interroge sur Jean-Luc Mélenchon voilà c'est surtout Marine Dondelier qui est très fan mais quand même quand on écoute l'intervention de Jean-Luc Mélenchon et qu'on lit votre initiative et qu'on en prend connaissance on se dit il y a deux hypothèses ou bien ils répondent à Jean-Luc Mélenchon banco on suit voilà il dit les communistes ne veulent plus de moi elle est une partie de la socialiste non plus alors qu'ils m'aiment me suivent et on dit tiens ça y est elle l'aime à nouveau finalement Jean-Luc Mélenchon ou bien on se dit grande preuve d'émancipation lancée par deux femmes en plus à l'égard de Jean-Luc Mélenchon quelle est la bonne version est-ce que vous dites oui Jean-Luc on est prêt à te suivre encore une fois ou bien bah non Jean-Luc franchement t'as une mauvaise image t'es très clivant on est en désaccord sur beaucoup de points avec toi et avec les insoumis et on reprend notre autonomie quelle est la bonne version
si je peux me permettre Madame Chabot
zéro
l'esprit de votre question est tout à fait à l'inverse de l'état d'esprit de notre appel
vous savez
l'union ça ne se décrète pas ça se construit tous les jours ça se construit jour après jour et avec tous ceux qui veulent l'union et donc notre objectif c'est de créer un espace pour que les gens qui se reconnaissent dans nos valeurs au sens large les valeurs de la gauche mais je dirais la solidarité l'écologie la défense des services publics la défense des libertés publiques c'est leur donner un espace dans lequel ils puissent nous rejoindre et donc c'est créer des espaces communs ça veut dire quoi ? ça veut dire on a eu vous en avez parlé tout à l'heure
je vais vous répondre
vous en avez parlé tout à l'heure on avait le programme du nouveau front populaire qui est très riche très solide etc mais un programme ça ne suffit pas à faire vivre la gauche ça ne suffit pas à incarner un projet pour les français et donc il est absolument nécessaire que les gens qui souhaitent nous rejoindre par exemple je pense à ceux qui font de la politique autrement sur le terrain tous les jours les directeurs d'associations les militants associatifs les participants à différents collectifs moi j'étais dans un collectif avant j'étais porte-parole d'un collectif sur les services publics mais aussi les chefs d'entreprise les étudiants les jeunes tous ceux qu'on rencontre tous les jours sur le terrain ils nous disent on veut faire quelque chose avec vous on veut préparer les échéances électorales
ça veut dire qu'il n'y a pas d'espace pour les accueillir aujourd'hui
il n'existe pas un espace commun pour accueillir ces personnes aujourd'hui
ils peuvent adhérer au vert mais non il y a des gens
qui n'ont pas envie
ils peuvent aller discuter dans différentes assemblées
non il y a énormément de gens vous le savez très bien qui ne sont pas attirés par les structures partisanes je les comprends j'en ai été moi j'ai préféré m'inscrire dans un projet associatif plutôt que dans un projet partisan ça il faut les respecter il faut l'entendre et on est d'accord là-dessus avec Marine mais c'est d'ailleurs pour ça c'est d'ailleurs pour ça qu'on a créé ce projet à deux avec une jambe de quelqu'un qui vient du monde politique une jambe de quelqu'un qui vient du milieu plutôt société civile organisée et on a souhaité offrir cet espace et l'idée c'est vraiment pas de créer un couloir commun un couloir supplémentaire mais c'est de créer un espace commun on faut décloisonner on veut on est dans l'additionnalité pas la soustraction justement c'est votre grand débat à vous c'est ça que vous organisez une espèce de grand débat
c'est pas un grand débat non mais débat oui il faut débattre oui il faut retourner parler aux français
je pense que c'est indispensable mais c'est aussi mobiliser sur le terrain je vous donne juste un exemple
je vous donne juste un exemple
on répondra à Jean-Luc Mélenchon
quand on aura fini à l'explication de Lucie Casté on va prendre dans le bon sens
notre objectif c'est d'organiser des mobilisations sur le terrain sur des sujets qui sont couverts par exemple par le programme je pense par exemple à la santé publique les sujets de santé publique qui sont très bien couverts par le programme le programme c'est un programme politique fait pour des élections législatives évidemment il rentre pas dans les détails depuis avec des personnes de la société civile des collectifs par exemple des collectifs de soignants on a travaillé les parlementaires du nouveau fond populaire ont préparé des propositions de loi qui consistent d'une part à renforcer l'hôpital public en mettant des quotas de soignants par nombre de patients d'autre part à travailler sur la lutte contre les déserts médicaux il y a des propositions de loi ça existe déjà ça existe déjà
c'est sincère et de vous demander qu'est-ce que votre initiative apporte de plus je vous réponds par rapport à ces collectifs ou ces ONG
je poursuis
je poursuis et ensuite on avancera
par exemple sur ces sujets-là sur la santé publique moi j'étais il y a quelques jours à Saint-Médard une petite commune en Gironde où j'ai visité un centre de santé municipal dans cet endroit on a un maire qui est extrêmement investi sur les questions de la lutte contre les déserts médicaux parce que les citoyens sur place disent c'est l'enfer pour se soigner je trouve pas de médecin et bien il s'agit de mettre en connexion toutes ces initiatives avec des collectifs de soignants et on va répondre à ces questions et on va donner à voir ce que c'est un projet de gauche qui se construit pas à pas et qui s'ancre dans les territoires
c'est sans doute une mauvaise déformation quand on est journaliste politique on suit la politique depuis de nombreuses années ça déclenche ça fait du mal je suis la politique c'est passionnant mais ça génère aussi une forme d'habitude
des réflexes
des réflexes et je
et certains politiques en jouent
j'attire je suis interpellé par la condition que vous posez puisque vous dites il faut venir non pas comme on est c'est pas comme dans une chaîne de fast-food mais il faut venir comme on n'est pas c'est-à-dire qu'il faut venir en ouvrant ses chakras et en disant j'arrive et je ne dis pas ce sera moi dans votre aujourd'hui la gauche ne peut pas considérer que la France insoumise n'est pas l'un de ses pôles les plus puissants politiquement or la France insoumise imaginez-vous sérieusement vous allez m'appeler
à quel point vous êtes vraiment matrizé par la France insoumise
Marine Tondelier
mais ça arrive à des gens très bien
Marine Tondelier imaginez-vous sérieusement la France insoumise se joindre à cette initiative sans dire mais de toute façon pour nous ce sera Jean-Luc Mélenchon c'est là où ça coince votre initiative coince avant même d'avoir vu le jour
vous savez quoi on n'a jamais pensé que ce serait simple confortable si on voulait du confort on serait resté sur notre canapé surtout un dimanche la réalité c'est que on a le devoir en fait d'essayer moi je préfère prendre le risque d'essayer que de ne rien faire parce que je pense que le vrai risque aujourd'hui c'est l'enlisement et l'inertie et donc je ne vous dis pas que d'ici ce soir je ne fais pas les ultimatums comme Marine Le Pen dans l'an et demi on verra à 18h qui est là et ceux qui ne sont pas là le train va partir et ce sera trop tard nous sommes des personnes ouvertes le NFP on l'aime on y tient ce n'est pas une initiative pour concurrencer le NFP c'est pour le renforcer pour l'ancrer pour le prolonger nous on va continuer à travailler avec les chefs de parti comme on le fait tous les jeudis matins on va continuer à les voir mais ce qu'on dit aussi c'est qu'il faut s'ouvrir il y a des personnes qui veulent travailler qui ne trouvent pas ni la clé de la porte ni même la porte d'enlisement vous aviez prévenu les responsables oui évidemment qu'on les a prévenus
mais c'est pour ça qu'on insiste sur le fait que notre initiative et c'est beaucoup ce que titrent les journaux ce matin et hier soir notre initiative non seulement elle vise à avoir une candidature commune mais ce n'est pas du tout l'essentiel de notre proposition notre appel il vise à créer les conditions d'une victoire de la gauche demain c'est beaucoup plus large que l'histoire des noms
exactement mais vous évoquez
mais on n'est pas un think tank c'est pas un think tank pour réfléchir ensemble c'est un do-tank c'est-à-dire qu'il y a la réflexion c'est très important mais on veut aussi de l'action on veut organiser des actions sur le terrain
Pascal je vous donne la parole tout de suite parce que là il y a trop d'anglicisme think tank centre de réflexion do-tank invente Marine Tondelier c'est un outil d'action parlons français et à gagner le site s'appelait
gagnonsensemble.fr la victoire est dans le titre
en français la bataille culturelle vous l'évoquez dans l'article dans l'appel absolument est-ce que précisément on n'avait pas un peu le sentiment d'être décalé par rapport aux attentes culturelles vous dites bon la droite séquestre un peu le débat sur un certain nombre de sujets moi j'en ai relevé quelques-uns là sur la question des violences sur les questions liées au séparatisme finalement je vous trouve assez décalé par rapport aux attentes des français qui attendent beaucoup de sécurité peut-être un peu plus de rigueur vous voyez des points de vue des points de vue peut-être plus protecteurs
alors est-ce que parler de la question des hôpitaux en France et de la fermeture de lits d'hôpitaux par dizaines de milliers je pensais à la culture c'est de l'économie ça de parler des urgences qui ferment la nuit et les vacances en France est-ce que ça c'est être décalé de l'attente des français
vous voulez que je vous cite des exemples que j'avais en test sur Crépol c'est des sujets comme par exemple le rapport au séparatisme le rapport au voile madame Rousseau qui dit que c'est un outil d'embellissement le maire de Grenoble qui est écologiste qui semble prendre un peu de distance par rapport à la lutte contre la drogue vous voyez c'est tous ces sujets vous comprenez ce que je veux dire c'est-à-dire que vous donnez l'impression à tort ou à raison sur les sujets
sur les sujets de sécurité la gauche réfléchit beaucoup sur ces sujets moi-même j'ai été très concernée par ces sujets puisque j'ai travaillé longtemps sur les sujets de criminalité financière typiquement sur ces sujets on a une situation où on a un gouvernement qui est obsédé par la question du trafic de drogue et qui met des moyens considérables sur le trafic de drogue sur le terrain et qui par ailleurs néglige les financements et les moyens donnés aux effectifs de police et à la justice pour mener des enquêtes complexes et faire tomber les têtes de réseau la gauche si elle arrive au pouvoir elle sera crédible et elle sera solide sur ces sujets il n'est pas interdit de parler de sécurité quand on est de gauche en revanche il faut parler de tous les sujets
vous doublerez le budget de la sécurité
on est pour une sécurité globale les poumons de nos enfants affectés par la qualité de l'air la qualité de ce qu'on mange la sécurité climatique on est quand même dans un monde on ne sait pas si la planète c'est un sujet sérieux mais c'est un sujet sérieux mais tout l'argent qui est mis n'obtient aucun résultat c'est pas de notre faute
je vous pose la question de savoir ce que vous feriez
non seulement ça n'est pas de notre faute mais surtout on n'esquive pas le sujet lutter contre la drogue ça veut dire taper les têtes de réseau et ça veut dire remonter les filières et pour ça il faut donner des moyens à nos policiers et à la justice pour s'attaquer directement à l'argent des plus gros et nous en revenons au service public
un dernier mot avant que nous partions faire une petite pause un dernier mot sur l'initiative que vous lancez aujourd'hui parce que Marine Tondelier dans une interview que vous avez accordée à la tribune dimanche vous dites déjà nous sommes deux femmes l'expérience nous a je vous cite l'expérience nous a malheureusement appris ce que ça provoquait par principe chez certains on a appris à faire avec j'ai lu ce passage mais que voulez-vous dire exactement ?
ça me paraît très très clair donc si vous n'avez pas compris je voudrais expliquer non non
je veux juste préciser
on vit dans une société qui a été façonnée par le patriarcat alors moi je n'en fais pas une maladie une obsession du soir au matin quand je vous dis j'ai appris à faire avec c'est que je pense que les femmes politiques qui restent là c'est parce qu'on apprend par des mécanismes d'adaptation de préservation mentale par plein de choses à faire avec et à survivre dans ce milieu qui est un milieu encore essentiellement masculin où l'on vit au quotidien des réactions des réflexions misogynes et un contexte qui écrase un peu les femmes et peut-être que le fait d'être deux femmes ensemble nous protège aussi d'une autre je pense que c'est pas un hasard aussi si on s'est retrouvés sur certaines manières de faire peut-être différentes d'autres manières de faire et voilà c'est pour ça que quand on nous ramène toujours à Jean-Luc Mélenchon ça nous fatigue un petit peu parce que moi je me suis dit peut-être c'est parce que je suis une femme tout ça je suis pas assez forte là on se dit on va se mettre à deux on va voir ce que ça donne on a quand même des questions sur et Jean-Luc par-ci Jean-Luc par-là c'est le jeu c'est pas très grave
condition arrivée sans idées préconçues sur la candidature mais tout de même est-ce qu'il n'est pas temps que la gauche s'organise pour qu'une femme accède à l'Elysée
mais c'est pas une femme en soi que ce soit une femme ou un homme faut mettre la meilleure candidature par contre vous avez des femmes politiques qui ont le niveau peut-être ça peut être une femme mais le sujet vous avez bien compris on n'est pas obsédé par la question du qui on est obsédé par la question du pourquoi faire pour qui on le fait et comment on le fait si on peut il y a une obsession présidentialiste dans ce pays vous le savez on peut passer encore des mois à ne se poser la question que qui comment on le désigne qui comment on le désigne est-ce que ça rassure les français
c'est une question sans arrière français
considérez-vous Lucie Casté
c'est vraiment une question simple c'est une question de conviction en réalité Marine Tondelier considérez-vous qu'il est temps pour la gauche de faire en sorte de s'organiser pour qu'une femme accède à l'Elysée
je vais vous répondre pour moi la question c'est d'abord quel travail d'équipe on met en place ça m'intéresse bien sûr avant le nom du capitaine ou de la capitaine j'y viens je pense que dans un pays comme la France qui a fait des progrès en matière de parité mais on est encore très loin d'une situation idéale avec une vraie égalité entre les femmes et les hommes ce serait une bonne nouvelle que des femmes puissent accéder davantage à des rôles de responsabilité beaucoup de prudence
et donc on encourage toutes les femmes qui nous regardent d'ailleurs à s'engager à quelque chose c'est étonnant c'est cohérent avec notre position
parce qu'on pourrait attendre de vous que vous disiez bah si oui il est temps mais je pense qu'on n'est pas
des personnes du moi je et du moi d'abord vous le savez et le sujet évidemment si on dit nous on pense vraiment il faut une femme un Lucie il faut une femme vous voyez ce que ça va déclarer derrière nous ce qu'on dit c'est que oui il faut plus de femmes en politique et à tous les niveaux et si des femmes nous regardent et qu'elles ont envie mais qu'elles n'osent pas on leur dit osez engagez-vous on vous attend
Marine Tondelier Lucie Casté la moitié de l'humanité initiative politique tout simplement c'est pas la moitié
du personnel politique c'est pas une moitié du personnel politique qui pose problème
et c'est pas la moitié des salaires non plus c'est bon il y a 20% de moins à travail égal mais on est ravis
de vous voir rejoindre cette cause
je la défends depuis ma petite enfance
Marine Tondelier enregistre votre soutien Pascal Péry sur la question de la parité en tout cas il est scandaleux il y a une con vous voyez on est en train
de faire des compromis il y a une convergence j'ai par sujet
on se retrouve avec Marine Tondelier secrétaire nationale des écologistes Lucie Casté aux fonctionnaires on se retrouve et économistes on se retrouve dans quelques toutes petites minutes à tout de suite vous êtes de retour sur le plateau de l'événement du dimanche sur LCI nous sommes avec Marine Tondelier secrétaire nationale des écologistes Lucie Casté aux fonctionnaires et puis vous êtes connue puisque le nouveau Front populaire avait envie que vous deveniez Premier ministre à l'été dernier et Emmanuel Macron en réalité ne l'a jamais envisagé alors nous sommes dans un moment où chacun sent que les choses peuvent basculer il y a un bras de fer très dur en ce moment qui se déroule d'ailleurs encore ce week-end entre Marine Le Pen d'un côté Michel Barnier de l'autre peut-être personne sur ce plateau n'est Madame Irma mais peut-être que Michel Barnier et son gouvernement tomberont dans les prochains jours ou dans les deux prochaines semaines Lucie Casté si cette éventualité devait advenir est-ce que vous êtes toujours candidate pour Matignon ?
Alors ma réponse elle est très simple et je l'ai dit partout moi j'ai été une partie de la solution puisque les chefs de parti se sont accordés sur mon nom à la fin du mois de juillet dernier j'ai accepté de relever ce défi dans un esprit de responsabilité j'ai travaillé tout l'été pour pouvoir incarner cette possibilité et être prêt à gouverner tous ensemble maintenant si les choses ont changé et qu'un nom semble plus à même de rassembler l'ensemble de la gauche pour incarner un ou une première ministre je n'en ferai pas un obstacle c'est pas du tout une question personnelle pour moi
Je fais la trad comme on dit je fais la traduction à la question est-ce que vous êtes toujours candidate pour Matignon ? la réponse c'est oui mais si c'est quelqu'un d'autre je n'en ferai pas une maladie
Je ne suis pas candidate ce que je veux dire c'est que je suis prête et je suis à la disposition de la gauche pour jouer ce rôle s'il est considéré qu'il est toujours nécessaire que je sois là pour faire ça ensuite moi ce que je pense extrêmement important c'est aussi de se préparer pour la suite et c'est tout le sens de l'appel qu'on lance avec Marine Tondelier
Il faut quand même se dire
que tout peut arriver
tout le temps là au point où on est rendu il y a remaniement dissolution dans quelques mois on n'entend pas de destitution de démission
c'est aussi celle du président de la république qui est voire souhaitée qui est souhaitée
par la majorité des français
selon certains sondages pas tous mais c'est aussi ce qu'évoque je ne vais pas reparler de Jean-Luc Mélenchon mais c'est très clair ou ce à quoi pourrait penser aussi Marine Le Pen dans une perspective d'une présidentielle anticipée la question est aussi simple parce que c'est quand même c'est grave on passe d'une crise politique éventuellement à ce qu'on appelle une crise de régime en tout cas c'est du jamais vu sur la 5ème république est-ce que vous vous dites le seul moyen même Jean-François Copé il dit ce serait le seul moyen de s'en sortir finalement peut-être une élection présidentielle vous partagez ce sentiment ou pas ?
mais moi la seule chose que j'ai à vous dire ce midi c'est qu'on a bien vu en juin dernier l'effet de stupeur de sidération quand Emmanuel Macron a annoncé la dissolution il y en a la moitié du personnel politique ils étaient mais complètement dans les cordes chaos technique comment on va faire ?
surtout ses amis
et nous mais je pense que c'est vraiment la formation écolo qui nous apprend à être prêts tout le temps y compris à des risques que par principe on n'a pas vu venir parce que c'est ça qui va nous arriver avec le climat donc nous on est formés à ça et je pense que nous on n'a pas été déstabilisés une seule seconde et que sûrement l'expérience de 10 ans d'opposition au RN à Hélène Beaumont m'a donné quelques instincts de survie regardons vers l'avenir mais vous voyez ça a marché on a déjoué tous les pronostics 27 sondages sur 27 à l'époque nous donnaient perdants 27 sur 27 il n'y en a pas un pronostic un sondage qui nous donnait gagnant et on l'a fait donc moi ce que je veux dire à tout le monde à ceux qui nous regardent qui sont inquiets c'est qu'on ne se tassera jamais à battre on ne baissera jamais les bras les batailles on les mènera jusqu'au bout avec le sourire avec beaucoup de détermination mais la détermination ça ne suffit pas il faut aussi de la préparation et ce qu'on a pu faire dans un bazar organisé en juin où tout le monde était un peu sonné on a je pense été très réactif on a su se mettre en ordre de bataille très efficacement au sein du Nouveau Front Populaire
là s'il tombe demain Barnier si Michel Barnier tombe demain
c'est pas parce que ça a marché là que ça marchera tout le temps par train on ne peut pas s'en remettre au destin et donc le mot clé c'est la préparation et avec Lucie Casté et avec les autres chefs de parti et toutes celles et ceux qui veulent nous aider y compris les chefs de parti qu'on ne cite pas d'autres partis etc on doit se préparer
mais ça veut dire quoi Pascal
allez-y Pascal on doit pouvoir réagir vite et instinctivement
manifestement vous avez appris et donc vous avez progressé dans ce domaine mais il y a toujours quand même la question de l'incarnation c'est-à-dire à un moment on avance écoutez il y a une bataille il faut qu'il y ait une incarnation laissons de côté l'hypothèse de démission du président de la république pour nous situer dans le cas de figure où il faut un premier ministre est-ce que le nom de Bernard Cazeneuve pardon d'en revenir à des questions de personnes mais vous savez que ça se pose c'est le sujet parce que la personne c'est aussi parfois celle qui est capable de pousser les murs d'aller chercher de nouvelles alliances est-ce que ce nom est toujours et toujours pour vous une provocation ou non puisque vous utilisez le mot provocation
je vais me permettre de répondre je vais essayer de compléter si elle le souhaite déjà je me permets de vous dire que je trouve que la question du débat sur la personne à gauche qui doit être désignée première ministre ou premier ministre ou ensuite composer son gouvernement à mon sens élu de la responsabilité qui est celle du président de la république qui vous le savez bien sûr est chargé de désigner ce ou cette première ministre donc je pense qu'il faut avoir ça en tête et nous notre position c'est de dire c'est de dire si jamais le gouvernement Barnier tombe est censuré la logique institutionnelle cela n'a pas changé par rapport à cet été ce serait que le président de la république désigne une personnalité de gauche pour former un gouvernement
d'où ma question
d'où votre question ensuite je vais y venir ensuite je pense qu'il est quand même très important de dire qu'il semble que le président de la république n'ait pas cette intention puisque on l'a vu cet été sa plus grande crainte semble-t-il c'est qu'un gouvernement de gauche change le cap politique qu'il a fixé et qu'il ne semble pas prêt à dont il ne semble pas prêt de se détourner ensuite je vous réponds sur la question la situation a changé la situation a changé dans la configuration la posture du président de la république elle a changé aurait-il le choix
c'est pas ce qui caractérise
de changer d'avis de position aurait-il le choix
il n'est pas coutumier du fait sans entrer dans l'analyse psychologique d'Emmanuel Macron mais dans l'analyse de la situation politique dans l'hypothèse où Michel Barnier venait à tomber considérez-vous l'une comme l'autre qu'Emmanuel Macron aurait un autre choix que celui de nommer une personnalité de gauche
nous on considère qu'il serait logique qu'il désigne un premier ministre de gauche ou une première ministre de gauche mais comme il nous semblait logique à l'été qu'il suive le fonctionnement des institutions la logique des institutions et qu'il le fasse il ne l'a pas fait et donc on peut considérer qu'il existe un risque je n'écarte pas cette hypothèse je dis juste qu'il ne semble pas enclin prompt à le faire
nous on regarde on a quand même vu qu'il a fait de l'obstruction tout l'été il s'est comporté pour reprendre ses propres termes comme un gaulois réfractaire c'est juste il ne parlait pas de lui-même à l'époque c'est ça qu'il a fait il nous a quand même expliqué en nous prenant comme on dit chez moi pour des babaches qu'il ne pouvait pas changer de premier ministre en juillet et août parce que c'était les Jeux Olympiques donc vraiment c'était irresponsable il ne pouvait pas du tout d'accord mais alors pourquoi il a fait une dissolution en juin s'il pensait qu'il ne pouvait pas changer de premier ministre tout ça n'avait aucun sens il a fait de l'obstruction tout l'été parce que la vérité c'est qu'il ne veut pas changer de politique ça a deux conséquences la première c'est que les françaises et les français continuent à subir le macronisme et une très très très très très grosse majorité d'entre eux veulent un changement de cap politique et il y a quand même 9 millions de pauvres dans ce pays chaque jour un peu plus nombreux chaque jour un peu plus pauvres et moi je pense tous les jours en m'engageant à ces personnes qu'on a le devoir d'aider et la deuxième conséquence politique c'est qu'on le sait bien les personnes qui dévissent à un moment socialement qui n'y croient plus qui se sentent maltraitées et ce sentiment il est légitime moi je vous le dis vu depuis le Pas-de-Calais et l'Aimbeaumont et depuis tous les endroits depuis les salariés Michelin Cholet que je suis allée voir c'est inadmissible c'est normal qu'ils se sentent laissés tomber et une partie d'entre eux du coup se tournent vers la Rassemblement National en disant peut-être qu'eux ils vont changer ma vie et tout ça est très cohérent pourquoi Mme Le Pen on n'a pas parlé d'elle depuis longtemps je préfère parler d'elle que de Jean-Luc Mélenchon pourquoi Mme Le Pen n'a pas voulu de Premier ministre du NFP parce que c'est elle la première qui a dit no go zone jamais NFP jamais de Premier ministre alors que pourtant elle a beaucoup de ses électeurs qui auront eu intérêt à avoir le SMIC à 1600 euros avoir l'abrogation dans la réforme des retraites à avoir l'école intégralement gratuite pourquoi elle ne le voulait pas parce que Mme Le Pen est une grosse hypocrite parce que Mme Le Pen ne veut pas que la vie de ses électeurs change elle veut qu'il continue à aller de plus en plus mal pour qu'il continue à se tourner vers le parti de ceux qui ont du désespoir et qui n'en peuvent plus c'est-à-dire le sien donc électoralement pour 2027 si d'ailleurs elle a le luxe de pouvoir se présenter parce que pour l'instant ça a quand même l'air mal parti cette affaire elle veut que les gens aillent de plus en plus mal et donc il y a une convergence d'intérêt entre Macron qui ne veut pas changer de politique et Marine Le Pen qui n'a pas intérêt à ce qu'il change de politique et donc tous les deux ils ont changé ils ont choisi un premier ministre de droite qui fait du macronisme en pire et ouais les seules alternatives c'est nous
j'achète ce que vous dites
mais moi j'ai connu mais moi c'est non marchand M. Péry c'est gratuit
j'ai connu en raison de mon âge une gauche qui donnait envie j'ai connu la gauche d'avant c'est celle qu'on aime et c'est celle qu'on le voit à peu près c'est pour vous
qu'on fait M. Péry pour que vous retrouvez
la gauche d'aujourd'hui la classe ouvrière elle ne vous regarde même plus vous lui faites peur
et bien c'est à ça qu'on doit travailler moi vous savez tous les points enfin on est des personnes lucides lucides moi je suis la première à dire des fois on n'a pas bien fait des fois on a été con je le dis c'est vulgaire mais franchement c'est la vérité on n'a pas tout bien fait et donc soit on se le dit et on cherche les manières de faire mieux soit on dit non non c'est parfait on n'a aucun problème notre réactivité logique notre instinct avec Lucie c'est qu'il faut pouvoir dire quand c'est pas bien et améliorer les choses c'est ça qu'on fait c'est pour ça qu'on passe la moitié de nos semaines sur le territoire
c'est aussi un fond du sujet c'est indifférent d'ailleurs je ne suis pas obsédée par les insoumis mais c'est une question qu'a posée François Ruffin c'est comment vous récupérez vous dites vous-même nos électeurs qu'est-ce que vous voulez bon ok Marine Le Pen ne veut pas qu'ils votent pour nous qu'ils aient 1600 euros de SMIC etc elle ne veut pas qu'ils aillent mieux c'est pire
elle ne veut pas qu'ils aillent mieux
pourquoi ils ne vous entendent pas est-ce que vous pensez comme certains qu'ils sont racistes qu'ils sont effectivement qu'ils ne reviendront jamais que c'est un électorat perdu
je ne pense pas qu'ils reviendront
ou est-ce que vous vous dites c'est pas ce que je fais est-ce que vous vous dites il faut reconquérir cet électorat populaire qui nous a quittés et qui suivant votre raisonnement aujourd'hui se laisse un peu abuser endormir détourné par le Rassemblement National c'est ça une priorité c'est retrouver cet électorat qui vous a quitté
ça fait tout à fait partie des priorités de notre appel moi je pense qu'on ne peut pas reprocher aux gens de se détourner des élections c'est-à-dire de ne plus aller voter ou de se tourner vers un parti comme le Rassemblement National qui leur ment d'ailleurs sur son programme social et son programme en ce qui concerne les services publics on ne peut pas leur reprocher de se tourner vers ce parti-là quand on ne leur parle pas et quand on ne va pas les voir et qu'ils n'ont pas l'impression que ce que propose la gauche et ce que propose la classe politique classique républicaine en général ne va pas les toucher directement et donc je pense que c'est ce lien qu'il faut renouer et je pense que ça passe par une étape d'écoute je pense que par exemple et vous voyez vous allez voir je ne suis pas sectaire je pense que le président de la république avait organisé quelque chose d'intelligent avec le grand débat lorsqu'il a ouvert les cahiers de doléances j'ai trouvé que c'était intelligent néanmoins là où ça a pêché et ça fait beaucoup de mal je crois à la démocratie c'est lorsqu'il a décidé de pardonnez-moi l'expression s'asseoir sur ces cahiers de doléances il y a des dizaines de milliers de personnes qui se sont rendues en mairie pour remplir avec toute leur âme avec tout leur cœur ces cahiers de doléances pour écrire ce qui se passait dans leur vie à quel point leur vie était difficile parce qu'ils n'arrivaient pas à finir les fins de mois je pense par exemple à des mères célibataires qui ont des difficultés immenses qui ont écrit dans ces cahiers qu'est-ce qu'on n'en a fait rien et bien je pense qu'il est du devoir de la gauche parce que c'est cohérent avec ses valeurs et avec ses convictions de retourner voir les gens et d'en tirer quelque chose vous avez beau avoir le meilleur programme possible si les gens ne vous écoutent plus c'est l'exemple par exemple du SMIC à 1600 il y a plein de gens qui disent mais comment vous allez faire ça ne marchera jamais c'est notre rôle de raconter un récit qui est audible et qui est compréhensible ce n'est pas la responsabilité des gens qui ne comprennent pas
pardon je ne suis pas obsédé par Bernard Cazeneuve je vais vous répondre sur Bernard Cazeneuve vous faites bien de me relancer parce que justement Cazeneuve c'est peut-être une marche vers une espèce d'idéal vous connaissez la formule de Jaurès tendre vers l'idéal composé avec le réel c'était la formule de Jaurès mais vous donnez l'impression de vouloir tout tout de suite
mais on est en train de vous expliquer exactement l'inferme depuis le début on vous dit on va écouter c'est qu'on est dur à la comprenette ou vous n'êtes pas clair et on va écouter tout le monde y compris les chefs d'entreprise y compris les étudiants y compris les gens qui vont pour Bernard Cazeneuve je vais vous répondre parce que je n'ai lu je n'ai lu jamais les questions pour Bernard Cazeneuve je n'ai rien personnellement contre Bernard Cazeneuve la question du premier ministre c'est la question du mandat c'est ça la question du mandat vous avez beaucoup d'électeurs qui se sont tournés vers la France insoumise par exemple qui est le premier groupe à l'Assemblée nationale dans le bloc de gauche
dans le bloc de gauche oui oui j'allais dire pardon
dans le bloc de gauche vous savez que Bernard Cazeneuve et la France insoumise c'est voilà il n'y a pas de il y a des recoupements compliqués sur le plan idéologique néanmoins il nous faudra travailler tous ensemble nous on assume totalement le fait qu'on veut travailler tous ensemble donc la question c'est quel mandat donne le nouveau front populaire et les différents partis de gauche à la personne qui incarnera qui gouvernera en son nom et là votre avis à vous
c'est qu'il faut abandonner un certain nombre de choses peut-être quand vous me présentez comme ça ne pas aller vers l'idéal non mais pour attendez à mon avis
mon avis c'est qu'il faut construire
ou repousser
ou tout tenter c'est qu'il faut construire avec les gens et aller écouter ce qui se passe sur le terrain je vais donner l'exemple du centre de santé à Saint-Médard tout à l'heure ça me semble hyper important il y a des élus locaux qui retroussent leur manche tous les jours pour mettre en place des initiatives extrêmement importantes parfois sur leur denier hors compétence obligatoire et donc qui ne sont pas financés par l'Etat qui pire va renier leur financement et qui ont à apprendre à la gauche il faut apprendre de nos élus locaux il faut apprendre de nos concitoyens il faut apprendre de nos associations
Lucie Casté Marine Tondelier j'ai une question à vous poser presque peut-être moins à vos cerveaux qu'à vos cœurs parce que
je pense que ça nous plaire
oui mais c'est une question à mon avis importante nous sommes dans un moment de bascule où peut-être que la censure sera votée dans les prochains jours nous verrons bien Marine Le Pen est en train de négocier âprement ou en tout cas elle met en scène une négociation très rude en direct avec le gouvernement j'ai trois éléments qui me viennent en tête suppression de l'AME l'aide médicale d'Etat pour les personnes en situation irrégulière amendement de l'AME non non Marine Le Pen elle veut la suppression elle demande la suppression Michel Barnier il propose de l'amender Marine Le Pen elle dit j'économise 1,2 milliard Pascal donc elle supprime
en réalité elle n'économise rien du tout
c'est encore un nouveau mensonge
si on reste sur le d'urgence c'est 1,2 milliard si on s'en tient simplement à l'aide d'urgence vitale c'est 90 millions d'euros donc autant dire effectivement que vous la supprimez c'est pour ça Pascal que je disais que Marine Le Pen
avec des conséquences
désastreuses en matière de dépenses publiques pour la suite puisque les gens sont évidemment soignés le débat
le débat est connu le débat est connu effectivement vous le rappelez mais le débat est connu je disais donc suppression de l'aide médicale d'Etat baisse massive de l'aide au développement pour les pays en situation de développement 15 milliards je prends un autre exemple elle refuse toute augmentation de la taxation sur le gaz énergie fossile Marine Tondelier et au fond vous allez déposer une motion de censure sans doute lundi peut-être un peu plus tard nous verrons en fonction de ce que fait le gouvernement qui servira de véhicule aux voies du Rassemblement national pour faire tomber Michel Barnier c'est une possibilité je le disais pour les militantes que vous êtes est-ce que cela ne vous pose pas un cas de conscience ?
en fait vous présentez les choses comme si on devait toute la journée tout faire en fonction de ce que fait ou pas le Rassemblement national nous on a avec Lucie le mérite je pense de la constance et de la cohérence je vous rappelle quand même qu'en juillet dernier j'ai dû expliquer moi-même à la moitié du gouvernement de l'époque ce que voulait dire le front républicain et avec parfois beaucoup d'émotions parce que oui ça m'avait totalement percuté que monsieur le maire par exemple après 7 ans au gouvernement qui est quand même il y a une famille une tradition républicaine ne voit pas la différence entre l'extrême droite et la gauche ça m'a profondément choqué et ça a choqué aussi des français qui se sont mobilisés
ils ciblaient les insoumis à l'époque uniquement
le NFP et il me semble que j'étais dedans et donc ce moment-là moi j'oublierai jamais je pense qu'il y a des moments de l'histoire où il faut exactement savoir ce qu'on a à faire et ce qu'on a à dire et je les ai trouvés à côté de la plaque et en deçà pas de leur responsabilité pas à la hauteur on est quelques semaines après la motion de censure on a toujours dit qu'on la déposerait si c'était Michel Barnier on l'a fait plusieurs fois et on a écrit une tribune avec les chefs de parti et Lucie il y a quelques jours pour dire qu'il en adviendrait si ça se passait comme ça sur le budget vous dites tout à l'heure vous n'avez pas fait de compromis nos députés ils ont été présents tous les jours en commission toutes les nuits pareil en séance ils ont fait voter des choses ils ont fait le débat à fond les macronistes ils n'étaient pas là
absents et ils sont venus à la fin
tout balayer Marine Tondelier à la fin c'est votre adversaire d'ailleurs
Marine Le Pen qui revendiquerait à la fin d'avoir fait tomber
le gouvernement exactement ce que nous avons toujours dit nous sommes constants et cohérents alors qu'après monsieur Barnier dans son petit truc de sautage à la corde où il est complètement perdu se retrouve lâché par Marine Le Pen c'est autre chose nous ne faisons pas d'accord de couloir avec le Rassemblement National nous ne les invitons pas avec des petits croissants à disquer toutes et tous les matins à Matignon pour faire des deals politiques avec eux nous nous déposons la motion telle que nous aurions déposé qu'à devienne et quoi que fasse le RN s'ils décident de voter notre texte c'est leur problème et c'est le problème de monsieur Barnier on ne va pas aller dans un couloir négocier si on met tel mot ça vous arrange etc on ne négocie pas avec l'extrême droite ça devrait être un principe de base et c'est ce qu'ils font tous les jours en face pour venir ensuite nous reprocher que c'est à cause de nous s'ils tombent c'est quand même un peu gros je me suis permis ce petit décryptage vous avez répondu
Arlette et Pascal je vous précise qu'il nous reste deux minutes on n'a pas parlé
de la COP29 monsieur Doucan
on peut le faire
et du budget on a fait le budget toute l'émission il ne faut pas changer de méthode ceux qui nous regardent se disent savoir comment c'est c'est ce qu'on est en train de faire ce qu'on fait tout pour faire c'est pas fait en deux jours votre débat et ça ne peut pas l'être on a le mérite d'essayer donc est-ce qu'il ne faut pas changer c'est-à-dire qu'il y a des ouvertures il y en a qui disent du côté du PS est-ce qu'il ne faut pas trouver d'autres moyens de s'allier à une espèce de pacte de non-censure en se mettant d'accord sur un certain nombre de points pour que la France continue à avancer vous imaginez que si la France n'a plus de gouvernement dans trois jours il va y avoir quand même joyeux Noël pour les Français donc est-ce qu'il n'y a pas un moyen de faire autrement allez-y et ensuite nous conclurons compliquer et réponse rapide
je peux répondre là-dessus parce que parce que c'est ce qui m'a enfin c'est les réflexions qui m'ont animé tout l'été avec mes collègues chefs de parti en réalité moi ce que j'ai proposé tout l'été je suis très à l'aise sur votre question ce que j'ai proposé c'est de construire des accords texte par texte avec des gens bien au-delà du nouveau fond populaire mais là sur une chose de minimale je vais vous répondre puisque de toute façon il n'était pas possible de gouverner seul on en avait tout à fait conscience néanmoins là où il ne faut pas où ça me semble très important de ne pas mentir à nos électeurs c'est qu'un pacte gouvernemental c'est-à-dire un gouvernement un accord de gouvernement avec des gens qui ne partagent pas nos sensibilités nos valeurs ancrées à gauche ça n'est pas possible c'est mentir aux électeurs et donc il faut pour autant aller chercher des accords texte par texte mais il n'est pas possible de dire qu'on va gouverner ultra largement avec des gens avec qui on ne partage pas un projet politique ni des valeurs politiques
Merci Lucie Casté merci Marine Tondelier j'étais très heureux de vous avoir ce midi sur le plateau d'LCI C'est réciproque Merci à vous C'était passionnant Je constate j'ai demandé en régie à ce qu'on vérifie pour l'instant je ne vois pas de réaction de la France insoumise à votre initiative mais elles vont peut-être venir
Mais rejoignez-nous sur gagnonsensemble.fr c'est ça la réaction qu'on attend ce matin vous l'avez compris Merci à tous On a besoin d'aide et on a besoin de vous
Merci à toutes les deux Arlette Chabot Pascal Péry merci beaucoup Arlette de vous recevoir avec moi
Merci
On se retrouve tout de suite dans LCI Midi On va continuer de parler de cette initiative et de la situation politique qui nous occupe ce week-end A tout de suite
Marine Tondelier