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interviewFrance Inter — Questions politiques· 26 mars 2017 91 min

Vincent Peillon sur un rassemblement Hamon-Mélenchon : "cela va s'imposer"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:14
Présentateur

Bonjour et bienvenue dans Question Politique, le magazine politique de France Inter, France Info et Le Monde. Émission spéciale aujourd'hui avec deux invités qui se succéderont sur le plateau. A 12h15, Luc Châtel, le soutien de François Fillon. Il répondra à partir de midi et demi à vos questions. Le standard d'Inter est d'ores et déjà ouvert. 13h15, second invité, Vincent Péillon, conseiller politique de Benoît Hamon. Vincent Péillon répondra, lui, à vos questions à partir de 13h30. Alors donc, pour intervenir en direct, le 01 45 24 7000, mais aussi franceinter.fr, Facebook Live et Twitter avec le mot-clé Question Paul.

Émission spéciale donc, mais toujours pour commencer, le magazine politique de la semaine. France Inter, questions politiques, Nicolas Demoron. Avec vos rendez-vous, un portrait court en situation de Luc Châtel, signé Karine Bécard. Le zapping viral de la semaine avec Laurence Perron aux manettes. Mais tout de suite, les filles de Bruno Leroux. Elles étaient dans le 7-9 mercredi dernier. Les jolies couettes de Charline Vanunacker et Nicole Ferroni.

1:25
Locuteur 2

En fait, nous, on est venus témoigner que nous, on a vraiment bossé, quoi. Bah ouais, tu te rappelles la fois où j'avais eu des places pour le concert de Rihanna, que j'avais pas pu y aller. Ah ouais, je me rappelle, et papa, il nous avait demandé de servir le café à une réunion du parti, mais comment j'étais trop dégoûtée, quoi. Ouais, heureusement, il nous avait facturé 3000 euros pour ça. Ouais, franchement, c'était trop abusé, quoi, sinon. Ouais, tiens, en parlant d'abusé, hier, j'ai croisé Marie, bah c'est un pas fort. Laquelle de Marie ? Bah Marie Fillon, t'imagines que son père, il a obligé à rembourser les frais de son mariage.

Ah non, mais c'est bon, quoi, le chacal, quoi, franchement, on a trop du bol que papa, il soit de gauche. Ah ouais, non, non, eh, monsieur Cohen, tout ce qu'on peut vous dire, c'est qu'au Parlement, nous, on n'a jamais croisé Pénélope Pignon. Ah si, moi, je l'ai vu, hein. Non, mais c'est en déconner, t'es sûre ? Ouais, je l'ai vu en photo sur le bureau de son mari. Filo, je dois présenter un exposé sur les tics, tu vois un peu la galère. Ouais, mais moi, franchement, je refuse de culpabiliser, je veux dire, après tout, quand même, le taf à l'Assemblée, c'était un job d'été. Bah ouais, parce qu'il y a l'hiver, on est au ski.

Tiens, en fait, toi, t'as demandé quoi à papa pour ton anniversaire cette année ? Je sais pas, d'après toi, je peux lui demander quoi, à nouveau c'est Dédé. Ah ouais, tronc smart, lol, xptdr, franchement, il faut bien se détendre un petit peu. Ouais, moi, j'en peux plus entre l'université, les stages à l'étranger, et bosser pour le paternel, moi, je vais faire un burn-out. Ouais, mais prends un stagiaire, demande à papa, tu lui dis que t'as besoin de quelqu'un pour faire tes devoirs, et au pire, il t'envoie Jean-Vin s'en placer. Ouais, c'est facile de dire ça, toi, t'es trop la chouchou de tes parents, je suis dégoûtée. Pourquoi tu dis ça ? Combien de CDD t'as eu, toi ?

Je sais pas, 14, je crois. Ouais, bah moi, j'en ai fait 10, et pourtant, je suis l'aînée, bah c'est dégueulasse. Ouais, mais ras-le-pas, tu sais quoi, le talent n'attend pas le nombre de CDD. On parlait chez nous de Yad Barthez, j'ai appris toutes mes cups pour leur dire de regarder. Ouais, mais sauf que moi, par contre, depuis, il y a un mec trop relou qui n'arrête pas de me troller, là, sur Snapchat, il s'appelle Edoui Plinel, je crois. Ah, c'est un journaliste ! C'est pas qu'on a beaucoup travaillé au partenariat. Ouais, et grave, moi, perso, franchement, j'ai tout fait. J'ai fait des livraisons, j'ai fait du classement, j'ai même coupé les cheveux de papa, parfois.

Non, là, arrête, parce qu'il faut rester crédible un peu, s'il te plaît, là. Ouais, c'est vrai. Ouais, mais moi, par contre, si j'ai travaillé à l'Assemblée, c'est parce qu'il me fallait de l'argent pour passer mon permis. Ouais, et comme t'es un peu gourde, tu l'as passé 23 fois. Ouais, peut-être, mais toi, t'as dû passer 4 fois ton permis bateau, donc... Ouais, c'est vrai. Ouais, finalement, il n'y a que le permis hélicoptère qu'on a eu toutes les deux du premier coup. C'est allé pour faire la fête des Pères. Ouais, mais carrément, maintenant qu'il a démissionné, il va falloir lui trouver un cadeau utile. Enfin, je sais pas, t'as une idée ?

Oh, je sais pas, moi, on peut peut-être lui payer un avocat.

3:43
Présentateur

Voilà les filles de Bruno Leroux dans le 7-9 mercredi dernier. La salle campagne est à la une aujourd'hui du journal du dimanche. Affaires, révélations, accusations de calomnies ou de complots. A moins d'un mois du premier tour de la présidentielle, les programmes des candidats sont inaudibles, comme si un mystérieux virus s'était emparé de la campagne. C'est la semaine politique de Laurence Perron.

4:10
Locuteur 2

Un mâle noir s'est abattu sur la campagne, un virus inoculé à la langue politique. Les mots des candidats, qui soudain fondent, se dissolvent dans les eaux saumâtres d'un fleuve qui menace de tout emporter.

4:21
Présentateur

Un virus est une petite boule d'acide, entourée de protéines.

4:26
Locuteur

C'est bactériologique, truc chimique, stupe fantôme.

4:29
Locuteur 1

Te rend paraplégique, psychotique, son costume, le truc te sent partout les porcs.

4:32
Locuteur 2

Une grande messe télévisuelle pour tenter de remettre à flot le débat. Mais ce qui imprime et reste dans l'oreille, c'est cela, les animaux.

4:39
Présentateur

Oui, d'abord j'ai admiré vos cudeurs de gazelle. Quand vous dites que la campagne a été polluée, je parle pas pour vous madame, a été polluée par les affaires de certains d'entre vous, pardon pas moi.

4:50
Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon. Non mais je tiens à le préciser, ici il n'y a que deux personnes qui sont concernées, M. Fillon et Mme Le Pen.

4:55
Présentateur

Franchement ça pourrait venir.

4:55
Jean-Luc Mélenchon

Les trois autres, nous n'avons rien à voir avec tout ça, alors s'il vous plaît ne vous mettez pas dans le même sac.

4:59
Présentateur

Les artistes de cirque. Je ne vous fais pas parler, je n'ai pas besoin d'un ventriloque. Emmanuel Macron. Je vous assure, tout va très bien. Quand j'ai quelque chose à dire, je le dis clairement, c'est mon habitude. Les prestidigitateurs. Une indépendance dans l'Europe, non pas pour s'y fondre, non pas pour s'y confondre, mais pour construire des partenariats structurés. Marine Le Pen. Qui en effet doivent partager le fardeau, voilà. Vous savez quoi M. Macron, vous avez un talent fou, vous arrivez à parler 7 minutes, je suis incapable de résumer votre pensée, vous n'avez rien dit. Et j'ai encore parlé, Mme Le Pen, c'est le vide absolu sidéral.

5:33
Locuteur 2

Et alors ? Et alors c'est pas fini.

5:35
Présentateur

Elle est difficile cette campagne.

5:38
Locuteur 2

Patrick Deveggian, visionnaire, ouvrant un meeting de François Fillon.

5:41
Locuteur 3

Rien ne te sera épargné, ce n'est donc pas fini, il y en aura encore d'autres.

5:44
Locuteur 2

Et alors, et alors comme chaque mardi soir, la peste aviaire, le canard enchaîné et ses révélations, là, c'est la Russie qui s'invite dans la campagne.

5:52
Locuteur 5

Comment voulez-vous que le futur président de la République puisse faire à l'égard des Russes des choix indépendants, là où on voit qu'il a eu tant d'affaires avec la Russie ? Benoît Hamon. La position finalement, qui est celle de François Fillon, extrêmement grave, de réouvrir le dossier des frontières en Europe. C'est réouvrir des conflits partout. Aujourd'hui, nous avons là un candidat qui manifestement est plombé par une multitude d'affaires qui en disent long sur son rapport à l'argent.

6:22
Locuteur 2

Et alors ? Et alors rien. Le spectacle suite à la télévision encore.

6:26
Jean-Luc Mélenchon

Vous avez éteint votre téléphone portable ? Je n'ai pas sur moi et je vous assure que je ne reçois jamais de SMS pendant les émissions. Parce qu'on s'était aperçu que vous échangez des SMS pendant le débat, c'est faux ? Encore une calomnie supplémentaire.

6:36
Locuteur 1

Toujours pas d'antidote, tu ne fabriques plus d'anticorps, c'est hypnotique. Pas ton pote, couleur verte et boule d'azote. C'est pas le sang qui plaisante, le plus méchant des parasites.

6:44
Présentateur

Et alors ? Et alors quoi ? Une écrivaine jetée dans l'arène. Quand on a parlé de ces costumes qu'un ami vous a offerts, vous avez dit « et alors ? » Christine Angot. Ce qui choque, c'est que vous vous soyez mis dans la situation d'avoir des services à rendre. Attendez, vous osez me traiter de malhonnête ? Ah oui, je vous traite de malhonnête. Vous savez pourquoi ? Parce que vous savez ce que c'est le pompon de toute cette histoire. C'est le coup de Bérégovoy que vous nous avez fait tout à l'heure. Pourquoi ça ne passe pas ? Parce que là, il y a tous ces fans qui font ce qu'ils veulent. Mais le coup de Bérégovoy, monsieur, ça choque les gens. Et alors ? Et alors ?

7:22
Locuteur 2

Et alors ? C'est le moment où décidément le virus est trop puissant. Les digues cèdent.

7:26
Jean-Luc Mélenchon

Vous avez aujourd'hui des journaux qui reçoivent des documents 48 heures après qu'ils aient été saisis dans des perquisitions, par exemple dans mon bureau à l'Assemblée Nationale.

7:36
Locuteur 3

François Fillon.

7:37
Invité politique

Qui leur donne ces documents ? Des services de l'État. Et vous pensez que ces services de l'État le font sans être couverts par leur hiérarchie ? Je vais aller beaucoup plus loin.

7:46
Jean-Luc Mélenchon

Je vais mettre en cause le président de la République. On cherchait un cabinet noir, on l'a trouvé le cabinet noir.

7:51
Locuteur 2

Et oui, cabinet noir, 11 lettres. 11 comme 2011, date à laquelle François Hollande a gagné la primaire. Comme par hasard. Noir, comme le ciel qui l'a poursuivi tout son quinquennat. La métaphore parfaite. Coïncidence ? Je ne crois pas.

8:05
Locuteur 3

Maintenant, vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas.

8:10
Présentateur

Laurence Perron avec l'aide de Stupéflip. Ils sont ravagés par le passage à l'heure d'été. Mais ils sont là. Nathalie Saint-Cricq, bonjour. Bonjour. France Télévision. Arnaud Leparmentier, c'est terrible. Bonjour Nicolas. Bonjour, vous représentez le monde. Karine Bécard, bonjour. Bonjour. Alors, en quelques mots, vous êtes de France Inter, je le rappelle. Un événement cette semaine ? Fillon encore quand même. Moi, ce que j'ai aimé, c'est une image de Fillon. C'était pendant cette émission de la deuxième chaîne sur l'émission politique, où on voit Fillon dans un reportage.

Alors, le reportage, je ne peux pas dire que je l'ai trouvé génial, mais c'était amusant de le voir avec des aides soignantes. On l'a trouvé tout de suite, en termes de langage du corps, très en retrait, mal à l'aise. Il ne savait pas leur parler, il n'avait rien à leur dire. Et alors après, sur le fond, ce qui était vraiment fascinant, c'est au moment où elle commence à parler un peu d'elle, il leur répond, mais vous ne voulez quand même pas que je fasse de la dette supplémentaire. On ne peut pas parler comme ça aux Français. Et être candidat à l'élection présidentielle, c'est quand même savoir s'adresser aux Français, à tous les Français. Et là, c'était très gênant de le voir comme ça.

Arnaud Leparmentier. Moi, je pense qu'il faut quand même savoir parler aux Français, et leur dire qu'il y a un problème de la dette. Mais ce n'est pas ça que j'ai retenu. On ne peut pas le dire comme ça. C'est ça que je veux dire. Ce que j'ai retenu, c'est Donald Trump, comme chaque semaine. Comme chaque semaine, effectivement. Je travaille pour le monde, donc j'essaie d'être global. C'est son échec à abroger l'Obama-Boucaire sur la santé. Donc, il a été lâché par la droite du parti républicain. C'est toujours comme ça. On est trahi par les extrêmes de son propre camp. Donc, ce qui montre que le fonctionnement américain est plutôt correct. Les checks and balances fonctionnent.

Le décret anti-Trump sur l'immigration. Pardon, le décret anti-immigration a été stoppé deux fois par les juges. Il a dû se séparer de son conseiller à la sécurité nationale, Flynn, pour avoir parlé avec les Russes. Donc, finalement, on a un système qui fonctionne. Mais il faut faire attention, ne pas se réjouir que le parti républicain reprenne le pouvoir. Il est plus à droite, beaucoup plus à droite que Donald Trump. Nathalie Saint-Cricq, à cause d'Arnaud Leparmentier, il vous reste 10 secondes. Bon, alors moi, c'était juste très rapidement. Un avis de recherche. Il y a deux grands absents dans cette campagne. Il y a Manuel Valls. Alors, ça serait bien qu'il sorte de son ambiguïté.

À mon Macron, c'est la panique un peu à gauche. Alors, qu'il le dise, qu'il le fasse. Et puis, quitte à ce que ça soit mauvais pour lui, si Macron gagne. Et deuxièmement, Nicolas Sarkozy. On avait cru comprendre qu'il avait pris sa retraite. Finalement, on a compris également qu'il était à la manœuvre. Il a soutenu Fillon. Il n'a pas voulu le débrancher. Il a découragé Juppé. Alors, s'il soutient François Fillon, qu'il le dise, qu'il le fasse. Et ça aura le mérite d'être clair. Eh bien, on va demander ça à notre invité tout de suite. Question politique sur France Inter. Aujourd'hui, notre invité, notre premier invité, Luc Châtel, porte-parole de François Fillon. Karine Bécard, son portrait.

Bonjour, Luc Châtel. Bonjour, Karine Bécard. Luc Châtel, vous êtes l'un de ces sarkozistes, désormais au service du candidat Fillon. Autant votre proximité avec l'ancien président est connue et ne fait guère de doute, autant cette marque de loyauté vis-à-vis de l'ex-premier ministre est apparue il y a moins de trois semaines, plus surprenante, en tout cas parfaitement nouvelle. En fait, c'est en vous déplaçant à Nîmes, avec François Fillon, début mars, en plein cœur de la tempête, que dans votre tête, tout bascule. Pourquoi ? Parce que jamais vous n'aviez reçu, au cours d'un déplacement, une telle avalanche de tweets et de messages de soutien.

Autrement dit, la droite, vos partisans, vous félicitent du choix que vous n'aviez d'ailleurs pas encore officiellement fait. Voilà ce qui vous a décidé, Luc Châtel, l'envie de rester cohérent avec vos militants, l'envie de rester du bon côté, dans le camp majoritaire, vous qui savez si bien, et depuis si longtemps, conduire votre carrière. Double parcours, effectivement, Karine, public et privé mené au pas de charge. Oui, vous avez 28 ans seulement, quand tout jeune chef de produit chez L'Oréal, vous vous lancez en politique, candidat à une toute petite élection partielle au conseil municipal de Bayer-sur-Marne. En réalité, ce n'est pas un hasard.

Votre arrière-grand-père et votre grand-père ont été tous les deux maires de cette charmante bourgade. Et le futur DRH se montre déjà extrêmement méthodique, avec un porte-à-porte quasi systématique. Résultat, 69% des voix. Du coup, même tactique appliquée pour la cantonale qui a suivi, mais cette fois-là, cela n'a pas porté ses fruits. Ce qui a fait de vous un politique plutôt pragmatique, député à 38 ans, secrétaire d'État à 43 et à 45 ans, ministre de l'Éducation nationale.

Aujourd'hui, Luc Châtel, vous prenez un risque, un gros risque, parce que si François Fillon ne qualifie pas dans quatre semaines la droite républicaine au second tour de l'élection présidentielle, vous vous serez identifié comme l'un de ceux qui l'aura encouragé, qui l'aura poussé, au lieu de l'avoir freiné. Luc Châtel, bonjour.

12:46
Invité politique

Bonjour Nicolas Demorand. Merci d'être au micro. Je peux dire un mot à Karine Bécard ? Bien entendu, j'allais vous le proposer. Un mot de réaction. Allez-y, à votre portrait. D'abord, elle est très renseignée sur mon parcours. Merci. Et notamment mes premières élections, qui forgent le caractère. Non, plus récemment, moi je n'ai pas l'impression de prendre un risque. Il n'y avait pas d'autre choix. Pourquoi il n'y a pas d'autre choix ? Parce que si on avait ceux qui ont imaginé destituer François Fillon, mais c'est insulter les 4 millions d'électeurs qui se sont déplacés à la primaire, les presque 3 millions qui ont voté pour Fillon, et c'était la défaite pour le coup assurée.

Donc moi j'ai décidé de soutenir Fillon fortement au moment où ça a tangué, parce que je considérais qu'il fallait être légitimiste. Voilà, on a accepté une procédure.

13:30
Présentateur

Les 9-10ème des Républicains qui ont pensé qu'Alain Juppé était une alternative. On a vu entre le mercredi et le dimanche, absolument, la majorité des gens prendre position.

13:39
Invité politique

Non, non, d'abord vous n'avez pas vu 9-10ème des Républicains prendre position. Deuxièmement, cette alternative n'était possible que si François Fillon l'acceptait. Voilà.

13:48
Présentateur

Il a dit dans l'émission politique l'autre soir qu'il avait tendu la main, ouvert la porte au Trocadéro, et que c'était finalement, en gros, ce qu'il disait c'est que Alain Juppé s'était dégonflé. Et de ce qu'on sait, ce n'est pas exactement ça l'histoire.

13:59
Invité politique

Écoutez, en tout cas, ce que je constate, c'est que ce week-end-là, il n'y avait pas d'alternative solide, crédible. Et donc moi, mon devoir, comme tous ceux des dirigeants de l'opposition, c'est de faire corps avec notre candidat. Voilà. Il y a eu des doutes, il y a eu des interrogations. Tous les états d'âme, maintenant, il faut les mettre derrière. Et pourquoi je fais ça ? Parce que ce qui me rend fou, c'est que les idées de droite et du centre sont majoritaires dans notre pays. Les Français, ils veulent plus de liberté. Les Français, ils veulent plus d'autorité. Ils veulent moins d'État. Ils veulent moins d'impôts. C'est les idées de la droite et du centre qui sont majoritaires.

Et on l'a vu aux élections. Donc c'est pour ça que je suis derrière notre candidat à fond. Parce que je souhaite qu'on mette en concordance les idées et le candidat qui gagnera la présidentielle.

14:41
Présentateur

Tout ça, on l'entend. Le problème, c'est ce que je disais dans ma phrase également, c'est s'il n'arrive pas à qualifier cette droite au second tour de l'élection présidentielle. C'est un big bang quand même auquel on peut s'attendre à droite. Il sera responsable de ça. Et là, on le pousse vers ça.

14:55
Invité politique

Il est clair que si au deuxième tour de l'élection présidentielle, il n'y avait ni le parti majoritaire actuel, ni celui qui a dirigé le pays pendant de nombreuses années depuis 50 ans, ça ferait un peu de bruit. Voilà. Moi, je ne me passe pas dans cette configuration.

15:08
Présentateur

Ça fait juste un peu de bruit.

15:09
Invité politique

Je ne me passe pas dans cette configuration-là. Je considère qu'à 4 semaines de scrutin aujourd'hui, les choses sont encore ouvertes. Pourquoi c'est ouvert ? D'abord, à cause de ce que je viens de vous dire.

15:19
Présentateur

Vous y croyez encore ? Oui, j'y crois encore. Quand vous rentrez le soir après avoir fait meeting, qu'est-ce que vous dites à vos proches ? Vous dites, quand vous parlez un peu sincèrement, vous dites, oh là là, je défends l'indéfendable, on va droit dans le mur, mais il faut faire le boulot, parce que c'est comme ça ?

15:31
Invité politique

Je leur dis évidemment que c'est difficile. Moi, je suis lucide. Vous savez, je ne cherche pas à doper inutilement. Voilà, moi, je suis lucide. C'est difficile. Mais pourquoi j'y crois encore ? Pour deux raisons. Celle que je viens de vous indiquer, c'est-à-dire que moi, je crois qu'il y a une aspiration aux idées de droite en France qui est majoritaire. Et je ne crois pas au décalage à la fin entre cette aspiration et le vote final pour un candidat. Et deuxième élément, aujourd'hui, à 4 semaines du scrutin, l'électorat est encore très volatile. Vous avez la moitié des électeurs de Macron qui vous disent, je ne suis pas encore sûr de mon vote. On va aller les chercher.

16:06
Présentateur

Est-ce qu'il y a du fillonnisme honteux ? Est-ce que vous pensez qu'il y a 3, 4, 5% de l'électorat qui, en fait, n'ose pas dire qu'il veut voter Fillon parce que c'est indéfendable, mais qui, dans le cœur de l'isoloir, votera Fillon ?

16:17
Invité politique

Je pense qu'il y a une partie de nos électeurs qui a pu être choquée par ce qui s'est passé, ce qui s'est passé depuis un mois et demi, certes, mais qui, à la fin, finira par voter pour lui. Si c'est ce que vous appelez le fillonnisme honteux, est-ce que ça renverse la balance ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que François Fillon, le 23 avril, ce sera le seul bulletin de vote qui défendra les idées de la droite et du centre. Et moi, j'appelle, au sens des responsabilités, les électeurs de la droite et du centre qui ne veulent plus du socialisme, qui n'en peuvent plus. Jamais on n'a vu un gouvernement aussi impopulaire. Dans le monde, on regarde les pays qui se sont redressés.

C'est ceux qui ont suivi les idées de la droite et du centre. Voilà. Donc, c'est ça, dans les quatre prochaines semaines, qu'il faut qu'on mette en avant.

17:01
Présentateur

Est-ce que vous êtes scotchés, pour l'instant, aux alentours de 18 à 20 % ? On a effectivement, on entend les sondeurs parler du vote caché Fillon. Mais est-ce que ce vote caché est susceptible de remonter suffisamment ? Il y a huit points. Attendez, quand on voit les scores de Marine Le Pen ou d'Emmanuel Macron, vous allez me dire que les sondages, ça ne veut rien dire. Mais enfin, plus on s'approche, il reste 30 jours, 29. En gros, vous avez 10 jours pour qu'il se passe quelque chose. Autrement, après, ce n'est pas bien parti.

17:23
Invité politique

Si il pouvait y avoir un petit frémissement, ça ne ferait pas de mal. Parce que là, le frémissement, il va dans le bon sens, dans le mauvais sens pour vous. Mais j'appelle votre attention. Moi, je ne dis pas, les sondages, ça ne sert à rien à tout. Ce n'est pas vrai. C'est une photographie instantanée. Et surtout, il y a une dynamique. Instantanée. Ça veut dire qu'on est à quatre semaines du scrutin. C'est aujourd'hui. La mesure que vous évoquez, c'est aujourd'hui. Et il y a la moitié des électeurs de ce qu'on considère comme, sans doute, le plus gros candidat, le plus gros concurrent de Fillon, qui sont indécis. Eh bien, on va leur parler, à ces électeurs.

17:50
Présentateur

Mais ça montre la structuration pour le vote Macron. C'était à 30% et ça se structure et les choix sont de plus en plus fermes.

17:58
Invité politique

Un sur deux n'est pas sûr de son choix. Et c'est celui des trois candidats susceptibles d'être en finale qui a l'électorat le moins cristallisé. Deuxième élément, j'appelle votre attention sur une grande prudence sur ce qui s'est passé, par exemple, aux Pays-Bas. Tous les observateurs donnaient le parti d'extrême droite gagnant. Tous. Tous considéraient que le gouvernement sortant allait être battu. Qu'est-ce qui s'est passé ? À la fin, il y a eu un sursaut et il y a eu une volonté de faire barrage à l'extrême droite. Voilà. Eh bien, moi, je pense qu'il peut y avoir un sursaut de l'électorat de droite pour les raisons que j'évoquais tout à l'heure. Les électeurs de droite veulent gagner.

Ils veulent tourner la page. Les idées de droite sont majoritaires. Et moi, je pense que c'est François Fillon le barrage contre Marine Le Pen. Je pense que c'est pas Emmanuel Macron. Je pense que c'est François Fillon qui, aujourd'hui, et on le voit d'ailleurs, qui a battu historiquement le Front National.

18:47
Présentateur

Mais il n'en parle jamais en meeting. Attendez, excusez-moi, dans le meeting, on entend parler d'Emmanuel Macron tout le temps, partout, chez tout le monde. On n'entend jamais François Fillon. D'ailleurs, ça lui a été reproché, y compris chez vous, il y a quelque temps, si j'ose dire, montrer à quel point Marine Le Pen est quelqu'un d'éventuellement dangereux pour le pays, y compris avec la sortie de l'euro.

19:03
Invité politique

Vous n'en faites pas votre cible. Il me semble que c'est au moment du débat. Alors, ce n'était pas sur votre antenne, je l'entends. Mais au moment du débat, François Fillon a été extrêmement clair et très combattif vis-à-vis de Marine Le Pen. Sur la question de l'euro et sur la question du Brexit. Voilà, si ce n'est pas être clair dans le débat.

19:21
Présentateur

Non, mais dans les meetings, on entend très peu parler de Marine Le Pen. Si vous, si, si, le meilleur rempart anti-Marine Le Pen, ça serait logique qu'il se présente comme tel.

19:29
Invité politique

Sauf que, si vous voulez être le meilleur rempart, c'est aux électeurs des autres qu'il faut parler. En leur indiquant, oui, pourquoi nous sommes le... Pourquoi je vous dis ça ? Je ne vous dis pas ça, c'est pas un slogan.

19:38
Présentateur

Oui, parce que vous espérez passer le premier tour. C'est ça l'enjeu.

19:41
Invité politique

Est-ce que vous croyez que c'est Jean-Luc Mélenchon qui a le rempart contre Marine Le Pen, il a le même programme économique qu'elle ? Est-ce que vous croyez que c'est Benoît Hamon qui nous agite, comme les socialistes depuis 40 ans, le vote des étrangers aux élections locales, qui va être le rempart contre Marine Le Pen ?

19:54
Présentateur

Mais au deuxième tour, comment vous convainquez tous ces gens de gauche de voter pour François Fillon, qui a toutes les affaires que l'on connaît, face à Marine Le Pen ? Comment vous pouvez dire à un électeur de gauche, c'est républicain, de voter pour François Fillon avec toutes ces affaires de costumes d'enfants ?

20:07
Invité politique

D'abord, cher Arnaud Le Parmentier, il y a un truc qui s'appelle la présomption d'innocence, qu'on a un tout petit peu oublié. Deuxième élément, programme contre programme. Est-ce qu'on veut sortir de l'Europe ? Est-ce qu'on veut l'arrivée de l'extrême droite en France, avec pour le coup le tsunami que ça représenterait ? C'est ça la responsabilité. M. Hollande qui nous explique que mon combat, le combat de mon quinquennat, ça aurait été la lutte contre le Front National. Chiche ! On verra le 23 avril ce qu'il va faire François Hollande.

20:35
Présentateur

Karine Becker.

20:36
Invité politique

On verra ce qu'il va faire. Karine Becker.

20:37
Présentateur

Merci Nicolas. Donc, effectivement, vous parlez très peu de Marine Le Pen, en tout cas François Fillon, pendant ces meetings. On a bien compris, effectivement, que vous avez envie d'aller récupérer une partie de l'électorat non fixée, indécis, qui est plutôt pour l'instant du côté d'Emmanuel Macron. Le problème, c'est, j'ai envie de vous dire, à qui parlez-vous, en fait, pendant cette campagne ? À quelle droite parlez-vous ? La droite modérée, vu les propos qui se sont durcis chez François Fillon, est-ce qu'elle peut être tentée encore par François Fillon ? La droite jupéiste, l'UDI ?

Comment vous allez récupérer cette partie-là, l'électorat, dont vous allez avoir besoin pour franchir le premier tour et encore plus pour gagner le second ?

21:11
Invité politique

Luc Jatel. Je vais me surprendre, mais on essaie de ne pas faire de science politique et de diviser les catégories d'électorat. Ils existent quand même. Mais François Fillon, il a fait le choix de s'adresser aux Français. Il a fait un diagnostic sans concession de la société française et de la situation du pays. Tout le monde l'a reconnu au moment de la primaire. Tout le monde a dit, même ceux qui n'ont pas voté pour Fillon... Mais c'est fini, cette époque, Luc Jatel.

21:35
Présentateur

Enfin, comme vous l'avez dit, il ne vous a pas échappé qu'il s'est passé un certain nombre de choses... Il ne vous a pas échappé que c'est juste le 20h de la primaire de la droite qui défendent nos couleurs aujourd'hui.

21:42
Invité politique

Non, mais qui rend ce discours difficilement audible. Je ne suis pas d'accord avec vous. Je pense que ce qui s'est passé a sans doute choqué les Français. François Fillon s'en est expliqué. Les problèmes, ils restent sur la table. Voilà. Or, celui... Vous voulez dire ? Les problèmes de la France. Ah, pardon. Donc, les problèmes de la France, ils restent sur la table. Et François Fillon est celui à la fois qui met le doigt dessus et qui apporte les meilleurs remèdes. Écoutez, le débat de l'autre jour. Vous aviez quatre candidats qui étaient dans une logique qui veut dépenser des milliards.

Et vous aviez un candidat qui avait fait un diagnostic solide et qui apporte des réponses de redressement du pays. Voilà. C'est ça, le vrai clivage.

22:19
Présentateur

Comment il les met en oeuvre ? Parce que comment il demande de la sueur et des larmes, ou enfin des efforts, alors qu'il a donné l'impression que lui-même n'en faisait pas beaucoup ? Quelques mots, Luc Châtel, et on se retrouve après le journal.

22:30
Invité politique

Est-ce que le plein emploi, votre sujet, c'est de la sueur et des larmes ? Est-ce que réduire la dépense publique au niveau où sont nos principaux concurrents, c'est-à-dire autour de 50% du PIB, c'est de la sueur et des larmes ? Est-ce que ramener le nombre d'emplois publics à ce qu'il était du temps de Lionel Jospin, vous pensez que c'est de la sueur et des larmes ? Donc, la caricature, ça suffit. Fillon, il a un programme de redressement, il a regardé ce qui avait marché ailleurs, et il veut mettre en oeuvre ce qu'ont fait les Allemands, ce qu'ont fait les Britanniques, ce qu'ont fait les pays qui ont réussi. C'est ça, le projet de François Fillon.

23:02
Présentateur

Allez, on se retrouve dans deux minutes, juste après les titres du 13h. Retour sur le plateau de questions politiques, l'émission politique de France Inter, France Info et Le Monde, bienvenue à ceux qui nous rejoignent, c'est une émission spéciale aujourd'hui, nous avons deux invités. Luc Châtel, porte-parole de François Fillon, est avec nous jusqu'à 13h, il va répondre maintenant à vos questions au 01 45 24 7000 sur franceinter.fr, via Facebook Live et Twitter, Twitter avec le mot-clé question Paul. Nathalie Saint-Cricq, France Télévisions, Arnaud Leparmentier, Le Monde, Karine Bécard, France Inter et Bernard qui nous appelle de Lille. Bonjour et bienvenue.

23:50
Locuteur 7

Oui, bonjour à tous, je vous appelle pour une question à M. Châtel.

23:55
Locuteur 10

Bonjour Bernard.

23:55
Locuteur 7

J'aimerais qu'il me donne sa définition de la moralité et de l'honnêteté en politique, surtout venant d'un parti qui se voit obligé de changer de nom tous les trois ans suite aux casseroles qui trimballent. Et j'aimerais que la définition soit la plus proche possible, si c'est possible, de celle du dictionnaire.

24:09
Présentateur

Merci Bernard pour cette question franche à laquelle Luc Châtel va répondre franchement. Ça commence fort Nicolas Demorand. Oui, oui, non mais c'est une vraie question.

24:18
Invité politique

Écoutez, d'abord, moi je ne suis pas procureur, il y a une justice indépendante dans notre pays et il y a une présomption d'innocence. Voilà, donc la justice avance. Mais elle est indépendante la justice parce qu'en temps de François Fillon, elle ne l'est pas. Non, François Fillon ne dit pas que la justice est indépendante. François Fillon considère qu'il y a des remontées troublantes d'informations.

Et d'ailleurs, il y a des révélations dans le livre qui viennent de sortir qui sont absolument ahurissantes sur l'idée qu'il pourrait y avoir dans les services de l'État des connexions entre des services policiers, sans doute entre des services judiciaires, entre des organes de presse et des partis politiques. Voilà.

25:01
Présentateur

Sur les écoutes. Non, non, oui, juste une question. Donc vous reconnaissez quand même la qualité du travail de certains journalistes parce que je crois savoir que vous faites huer aussi les journalistes. Non, alors ça c'est absolument faux.

25:13
Invité politique

Non, non. Si, à Poitiers.

25:14
Présentateur

À Poitiers, Jean-Pierre Raffarin quand même eu des propos limites. Oui, je n'étais pas à Poitiers. Et après, effectivement, globalement, on nous souhaite la bienvenue, mais on se fait siffler.

25:21
Invité politique

Écoutez, je pense que nous avons une responsabilité collective. Voilà. Donc si vous commencez à nous caricaturer et que je vous caricature, je ne suis pas sûr que ça va faire avancer les choses. Voilà. Donc moi, je ne fais pas siffler les journalistes. Je respecte les journalistes à condition qu'il y ait un respect mutuel et qu'il y ait un professionnalisme mutuel.

25:40
Présentateur

Mais la question de la moralité, elle est quand même très intéressante concernant François Fillon. En ce moment, il recule sur tout. Il nous a dit, voilà, j'ai embauché ma femme, vraiment, je regrette, je suis désolé, je n'aurais pas dû le faire. Sur les costumes, on a découvert jeudi que finalement, effectivement, il s'était rendu compte que moralement, ça ne se faisait pas. Donc il les a rendus. On se demande si les montres dont on a découvert l'existence hier, je crois, il va les rendre aussi. D'ailleurs, peut-être que c'est décidé que vous pouvez nous l'annoncer. Vous ne pouvez pas reprocher. Alors, il a fait un problème de moralité.

26:07
Invité politique

Pour l'avoir critiqué pendant six semaines, vous ne pouvez pas le reprocher d'avoir rendu ses costumes. Il a reconnu lui-même qu'il y avait un sujet de moral. Il a reconnu que le système avait sans doute évolué, que le niveau d'exigence à juste titre de la société avait sans doute évolué. Tout à l'heure, vous rappeliez que j'avais fait une grande partie de ma carrière dans le privé. C'est vrai que depuis une quinzaine d'années, il y a sans doute un niveau d'exigence et de transparence qui est supérieur dans la sphère privée à ce qu'il est dans la sphère publique. C'est très important qu'on rattrape ce retard et qu'on mette tout le monde sur un même pied d'égalité.

26:42
Présentateur

Arnaud Leparmentier ? François Fillon a laissé entendre qu'il était peut-être sous écoute. Il voulait dire quoi ? Des écoutes judiciaires dans le cadre des procédures qui sont ouvertes contre lui, donc des procédures qui seraient légales ou des écoutes sauvages par le cabinet noir dont il a parlé à la télévision.

26:58
Invité politique

Ça, ce n'est pas à lui de le définir. Ce qu'il a pu constater à plusieurs reprises, c'est que des conversations qu'il a pu avoir, il en avait entendu des échos, sans jeu de mots.

27:09
Présentateur

Où ça ? Chez qui ?

27:11
Invité politique

Peu importe. Son sentiment intime, sa conviction intime, c'est qu'il pense qu'il est sur écoute.

27:16
Présentateur

Oui, M. Châtelet, est-ce qu'il n'y a pas de la diversion derrière tout ça ? Parce que machination, cabinet noir, aujourd'hui c'est les écoutes, on ne peut pas nous dire en même temps qu'on ne parle pas du fond, que c'est notre faute et sans arrêt remettre ça sur le tapis. Et quand il dit écoute, il laisse entendre que c'est effectivement les grandes oreilles de François Hollande. Il ne pense pas une seconde qu'on va croire que c'est les écoutes judiciaires d'un juge.

Et finalement, est-ce que pour quelqu'un qui est allé voir Jean-Pierre Jouillet pour savoir si on ne pouvait pas accélérer les procédures sur Nicolas Sarkozy et pour pouvoir en gros avoir le terrain libre, est-ce que tout ça n'est pas une espèce de gigantesque emberlifique otage ?

27:45
Invité politique

Madame Saint-Clique, je vous prends au mot, ça ne vous choque pas quand un de vos confrères, trois de vos confrères, écrivent dans le livre dont on a beaucoup parlé cette semaine, je cite et je mets mes lunettes, l'addition d'indices troublants et de témoignages concordants interroge plusieurs observateurs bien placés dans l'appareil policier nous ont décrit l'existence d'une source clandestine aux ramifications complexes.

28:12
Présentateur

Sans vouloir être désagréable avec mes confrères, c'est quand même relativement fou, ils l'ont dit eux-mêmes. Je vais plus loin.

28:17
Invité politique

Ce qui s'est passé au sujet de Valérie Pécresse est un scandale. Un scandale.

28:23
Présentateur

Vous qu'on explique aux auditeurs ?

28:24
Invité politique

J'explique aux auditeurs. C'est-à-dire que les journalistes qui ont écrit ce livre étaient dans le bureau d'un directeur de la police nationale, haut placé, au moment où il reçoit une information, en l'occurrence le fils de Valérie Pécresse aurait été arrêté avec quelques grammes de hashish sur lui, il transmet ce directeur, cette information immédiatement au préfet de police et il n'a pas fallu une heure, disent les journalistes, pour qu'eux-mêmes journalistes reçoivent un message de proches collaborateurs du président de l'Assemblée nationale en divulguant cette information.

Ça veut dire qu'en moins d'une heure, il y a eu transmission d'informations de la part d'autorités policières vers l'autorité centrale, puis ensuite vers une autorité politique, puis enfin vers des journalistes.

29:14
Présentateur

Je ne l'ai pas su à l'époque, donc s'il y avait eu un barbe fait autour de ça, on l'aurait su.

29:19
Invité politique

Beaucoup de confrères ont relayé cette information à l'époque. C'est maintenant qu'on en parle, pas à l'époque. Ça s'appelle juste de la barbouzerie. Je ne vous dis pas le contraire. Quand vous avez une collusion entre des intérêts policiers, des intérêts politiques, sans doute des intérêts judiciaires, des intérêts journalistiques...

29:33
Présentateur

Pourquoi les journalistes, comme les journalistes du Canard, sont bien une fois, mal une autre fois ? C'est-à-dire qu'ils sont bien une fois... Non, mais ce n'est pas ça. Ce n'est pas clair si globalement vous considérez qu'il y a des journalistes qui sont corrompus ou vendus ou alors qu'ils sont instrumentalisés par les juges. C'est pour simplifier le propos. Mais on ne peut pas à la fois exhiber ou exhumer un livre en disant qu'il y a ça dedans, et le reste du temps considérer qu'il y a une instrumentalisation. Mais je n'ai jamais dit ça. Est-ce que ce n'est pas vous qui nous parlez trop de ces affaires, maintenant ?

29:55
Invité politique

Alors ça, écoutez, Madame Saint-Pierre, vous êtes la représentante d'une chaîne de télévision qui monte une émission jeudi dernier qui a indigné les Français. C'est-à-dire qu'en gros, vous aviez un tribunal, face à François Fillon, qui a été en permanence stigmatisé avec... On n'a pas vu la même émission. Pré à partie. C'était l'émission politique sur France 2, c'est ça ? C'est François Fillon lui-même qui est venu sur le cabinet noir de François Hollande. Donc, chiche, Nathalie Saint-Cricq, on ne va plus parler des affaires. Parlons du programme de François Fillon, il reste 23 minutes.

30:33
Présentateur

Vous saviez bien quand on a accordé...

30:34
Invité politique

Maintenant, vous me demandez de ne plus en parler. Chiche ! On parle du programme. Donc, je ne répondrai qu'aux questions concernant le programme.

30:42
Présentateur

Nathalie, vous saviez bien qu'en parlant d'un cabinet noir avec la puissance ne serait-ce que romanesque de l'expression et en mettant en cause le chef de l'État, les choses allaient se décaler vers une espèce de machinage.

30:52
Invité politique

Parce que ce que je viens de vous décrire, on peut jouer sur les mots. J'ai entendu l'auteur de ce livre indiquant « je n'ai jamais dit qu'il n'y avait pas de cabinet noir ». Il se trouve dans le livre, il dit « je n'ai pas la preuve qu'il y en ait, mais je n'ai pas la preuve qu'il n'y en ait pas ». C'est quand même assez troublant. Peu importe, on joue sur les mots. Ce que je viens de vous décrire sur ce qui est arrivé à Valérie Pécresse, excusez-moi, mais ça ressemble quand même à ça.

31:11
Présentateur

Mais ça ne change pas l'effet, ça ne change pas l'effet ni pour François Fillon ni pour le fils de Valérie Pécresse, même si ce n'est pas très élégant.

31:17
Invité politique

C'est-à-dire que ça ne change pas l'effet ?

31:18
Présentateur

Le fait que le gars de Valérie Pécresse avait été...

31:21
Invité politique

Mais excusez-moi, mais indignez-vous ! Vous trouvez ça normal, vous ? Que vous aviez immédiatement le pouvoir policier qui remonte à sa hiérarchie et que ça atterrisse sur le bureau du président de l'Assemblée nationale qui exploite politiquement ces informations. Vous trouvez ça normal ? Non mais écoute, dans quel monde vivons-nous ? On a le droit d'avoir des convictions, on a le droit de ne pas être d'accord, mais excusez-moi, on a quand même le droit d'être à peu près d'accord sur des principes républicains.

31:44
Présentateur

Mais on a le droit aussi de s'interroger sur les tableaux sur lesquels vous avez envie de jouer. Jeudi, effectivement, alors qu'on ne lui demandait rien sur ça, François Fillon accuse donc le président de la République et hier, il remet un euro dans la machine en disant je suis sur Écoute et en laissant penser des choses. On n'est pas sur le programme, là, François Fillon n'est pas sur le programme. Il feuilletonne. Voilà, il feuilletonne, c'est de dire je suis effectivement la victime et le martyr.

32:08
Invité politique

Vous allez maintenant nous expliquer que c'est de la faute de François Fillon qui lui-même feuilletonne depuis six semaines parce qu'on ne parle pas de son programme. Excusez-moi. Ensuite, s'il parle du président de la République, qu'est-ce qu'a fait le président de la République cette semaine ? Il a demandé le retrait du candidat de la droite républicaine.

32:24
Présentateur

C'est le Parti Socialiste.

32:25
Invité politique

Le président de la République, écoutez,

32:27
Présentateur

regardez le compte-rendu

32:29
Invité politique

du Conseil des ministres, regardez ce qu'a dit le porte-parole du gouvernement, dont vous avez dans une espèce de communauté le Parti Socialiste, le président de la République sortant et l'un des concurrents majeurs de François Fillon, M. Macron, qui ont demandé tout simplement la date limite des candidatures est dépassée. Il y a onze candidats à la présidentielle. François Fillon est celui qui incarne les idées qui sans doute, je vous l'ai dit tout à l'heure, sont majoritaires dans le pays, qui incarnent l'alternance. On demande tout simplement son retrait. Voilà. Dans quel monde vivons-nous ? Je veux dire.

33:01
Présentateur

Il est midi 40 et la parole est à Pascal qui nous appelle de la Somme. Bonjour, Pascal.

33:07
Locuteur 3

Oui, bonjour.

33:08
Présentateur

Bonjour, Pascal.

33:09
Locuteur 3

Moi, je suis un électeur lambda. Je n'ai jamais été encarté. J'ai voté pour Alain Juppé. J'étais tout à fait prêt à voter pour François Fillon. Mais François Fillon du mois de novembre, des primaires. Aujourd'hui, on a prêt à le connaître. Et moi, j'estime qu'aujourd'hui, c'est devenu monsieur no limit, alors qu'il fait du chantage de suicide, il accuse tout le monde. j'estime qu'il a perdu son honneur. Et j'estime aussi que je ne suis pas le seul parce que quand on discute un petit peu entre collègues, entre copains, on a quand même on se rapproche quand même. Aujourd'hui, les gens, les responsables du Parc des Républicains sont en train de perdre leur dignité à soutenir cet individu.

Vous avez dit tout à l'heure qu'il était soutenu par les Républicains, il est soutenu par les intégristes. Il n'est pas soutenu par les Français qui votent à droite. Il faudrait peut-être que vous mettiez ça dans la tête quand même. Vous avez complètement perdu votre légitimité.

34:13
Présentateur

Merci Pascal pour cette question assortie d'un commentaire

34:17
Invité politique

que je livre à Luc Châtel pour réponse. Écoutez, moi je répondrai à Pascal. D'abord, je n'ai pas le sentiment d'être un extrémiste. Tout mon parcours politique que Karine Bécard a rappelé tout à l'heure témoigne de cela. Je me suis engagé à ce qu'on appelait l'ancienne UDF au moment où elle rassemblait à la fois les centristes, les libéraux et les radicaux. Et je ne suis pas un ayatollah. Je ne suis pas quelqu'un de droite dure. Simplement, je suis légitimiste. Moi, je n'ai pas voté pour François Fillon au premier tour de la primaire. J'avais choisi Nicolas Sarkozy. Simplement, j'ai considéré qu'il y avait une majorité d'électeurs de droite qui l'avaient choisi.

Alors ensuite, oui, il y a eu un trouble. Oui, il y a eu des gens qui ont pu être choqués. Moi, je vous demande simplement une chose, Pascal, c'est de ne pas juger François Fillon avant la justice. Et puis, deuxièmement, si vous croyez aux idées qu'a défendues Alain Juppé pendant la primaire, si vous croyez aux idées de la droite et du centre, écoutez, quand vous regardez objectivement les 11 candidats, il n'y en a qu'un seul qui les défendra. C'est François Fillon.

35:16
Présentateur

Arnaud Pilos-Tandard. En tant qu'ancien Giscardien, vous n'avez pas une certaine attirance pour Emmanuel Macron qui occupe quand même ce spectre européen, ouvert, libéral ?

35:25
Invité politique

Je vais vous dire, Emmanuel Macron est sympathique. J'ai deux difficultés avec sa candidature. D'abord, je pense, et ça c'est l'ancien DRH qui parle, je trouve qu'il manque d'expérience. Or, ça peut ne pas être un handicap dans beaucoup de métiers. L'idée qui consiste à dire qu'il faut être expérimenté pour occuper une fonction, toutes les fonctions, c'est absurde. Au contraire, il y a des métiers où c'est bien de donner sa chance à quelqu'un qui a peu d'expérience. Excusez-moi, mais la fonction présidentielle, c'est juste le job où on a besoin du plus d'expérience. Donc ça, ça me gêne. Deuxièmement, troisièmement, je pense qu'Emmanuel Macron a des idées dangereuses sur certains sujets.

Je vais m'en expliquer. Quand Emmanuel Macron explique que la société française a une responsabilité dans les attentats terroristes, ça me choque profondément. Quand Emmanuel Macron considère que la colonisation est un crime contre l'humanité, je pense que pour un futur chef de l'État, ce qu'il veut être, ça n'est pas acceptable. Quand, je me tourne vers Nicolas Demorand, quand Emmanuel Macron, vous allez comprendre, quand Emmanuel Macron considère qu'il n'y existe pas, il n'y a pas de culture française, ça me choque profondément. Pourquoi ? Parce que la culture française, c'est sans doute le vecteur le plus important du rayonnement de la France dans le monde.

De par son histoire, de par sa langue, de par son système de valeurs, comment peut-on dire ça ? Voilà, donc, Emmanuel Macron est quelqu'un de sympathique, il a monté un mouvement, moi je reconnais, en quelques mois, il a réussi à monter un mouvement avec un certain nombre de soutiens, simplement, il n'a pas l'expérience pour être chef de l'État, c'est un vrai sujet, et enfin, il a sur les questions que je viens d'évoquer, des positions qui me semblent dangereuses.

37:15
Présentateur

Alors, via Twitter, une question de JPS38200, c'est son nom sur Twitter, JPS Salomon, je crois. Si François Fillon n'est pas au second tour, appellera-t-il ses électeurs à faire barrage à Marine Le Pen ? Une question très simple, réponse.

37:29
Invité politique

par définition, je ne me place pas dans cette hypothèse, et vous le demanderez à François Fillon, en ce qui me concerne, je sais ce que j'aurai à faire.

37:36
Présentateur

C'est-à-dire ?

37:37
Invité politique

Je ne vais pas vous le dire. Je considère que François Fillon est en situation d'être au deuxième tour, donc on ne va pas parler du deuxième tour. Vous pouvez nous dire

37:44
Présentateur

que quoi qu'il arrive, vous ne voterez pas pour Marine Le Pen au second tour, et que vous voterez positivement

37:47
Invité politique

pour le deuxième candidat. Vous connaissez mon parcours, donc je sais ce que j'aurai à faire. La question ne se pose pas aujourd'hui, et je viens de passer 20 minutes à vous expliquer que je considérais que François Fillon avait toute sa chance d'être au deuxième tour. Justement,

38:00
Présentateur

pour ne pas vous soyez dans un dilemme épouvantable au deuxième tour, est-ce que ce ne serait pas nécessaire c'est-à-dire d'avoir Macron-Le Pen ? Dilemme dont on a compris comment vous alliez vous en sortir. Est-ce que ça ne serait pas nécessaire qu'Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire, un certain nombre de poids lourds, comme on dit, ou de têtes pensantes des Républicains, s'y mettent maintenant ? Parce que franchement, il reste 30 jours. C'est une bonne question. On a l'impression que François Fillon est assez seul.

Alors vous, vous faites le boulot, comme on dit, Hervé Mariton, la Fayère, on voit un certain nombre de gens, mais est-ce que ce n'est pas le moment de leur dire venez et donnez-nous un coup.

38:31
Invité politique

De sortir du lourd. Je pense que c'est une bonne question. Il y a à mon avis deux choses différentes. Il y a les anciens candidats à la primaire. Est-ce que c'est une bonne idée qu'ils soient là autour de Fillon ? C'est à eux de le décider. On entend, on ne va pas nous voler

38:44
Présentateur

notre victoire. Cette phrase ne veut rien dire.

38:46
Invité politique

Moi, je crois que l'avantage compétitif de Fillon par rapport à ses deux concurrents qui peuvent être au deuxième tour de la présidentielle, c'est que premièrement, lui, il aura, il a une majorité solide derrière lui, une majorité parlementaire. Deuxième avantage compétitif.

39:02
Présentateur

Avec des centristes qui sont en train de se diviser. Deuxième avantage compétitif.

39:04
Invité politique

84 investitures à des candidats de l'UDI et il y a un accord plus important que celui de 2012. Deuxième élément, deuxième avantage compétitif. Il y a une équipe autour de François Fillon. Une équipe de gens qui sont à la fois expérimentés, je reprends le DRH, expérimentés et qui ont encore le nom sous la pédale, si je puis dire. Qui voulaient qu'ils partent quand il y a M. Aboyer, M. Larcher, tout ça. Pourquoi je vous dis ça ? Parce qu'il y a des personnalités comme François Baroin, comme Valérie Pécresse, comme Ziavé Bertrand. Il y en a une dizaine qui sont des personnalités qui ont occupé des fonctions importantes, qui peuvent demain encore en occuper.

et c'est vrai que je pense que mettre en avant cette équipe, ça aurait un avantage dans la fin de la campagne. Il ne sait pas le faire, François Fillon. Il ne sait pas mettre en valeur. François Fillon l'a fait déjà plusieurs reprises, peut-être pas suffisamment fortement et nous réfléchissons à un moyen de mettre en avant l'équipe.

39:56
Présentateur

On retourne au standard. Ré, s'il vous plaît, on retourne au standard. Rémi, bonjour.

40:02
Locuteur 7

Bonjour à tous.

40:03
Présentateur

Vous nous appelez du doux ?

40:04
Locuteur 7

Oui, exactement.

40:06
Présentateur

Nous vous écoutons.

40:06
Locuteur 7

Ma question va être très simple parce qu'après des questions sur la moralité, sur le complotisme, sur le pacte républicain, ma question, c'est vrai ça, M. Luc Chattel, bien sûr, c'est une question de mathématiques. M. Luc Chattel nous a dit tout à l'heure que les idées de la droite étaient majoritaires dans le pays. Moi, je regarde les derniers sondages d'aujourd'hui et je constate que l'extrême droite, donc droite, c'est 24%, que le candidat de la droite et du centre ferait 17%. En comptant M. Dupont-Aignan à 5%, j'arrive à 46%. Comment M. Chattel peut expliquer que 46% fait une majorité ?

40:51
Présentateur

Merci.

40:51
Invité politique

Merci, Rémi, pour cette question. Luc Chattel vous répond. Parce que, justement, Rémi, c'était l'objet de mon propos, je considère qu'aujourd'hui, on n'a pas mobilisé tout l'électorat de la droite et du centre et c'est l'enjeu des 4 prochaines semaines. La vérité, c'est que moi, je pense que le ticket pour le deuxième tour, il pourrait être entre 22% et 24%. 22% et 24%. Aujourd'hui, dans les sondages, Fillon est entre 17% et 19%. Écoutez, c'est à notre portée en 4 semaines. Fillon, il était à 15% deux semaines avant le premier tour de la primaire et on a quelques exemples récents.

Regardez ce qui s'est passé au moment du Brexit, regardez ce qui s'est passé au moment des élections britanniques, les dernières, regardez ce qui vient de se passer aux Pays-Bas où il y a une mobilisation à la fin qui fait que le corps électoral n'est pas celui qui a été sondé et qui fait qu'il peut y avoir des surprises.

41:47
Présentateur

Je vais continuer à faire de l'arithmétique. 22% c'est à peu près 12 millions d'électeurs. Il en a fait 3. à la primaire, François Fillon, il va avoir la capacité avec tout ce qui lui est tombé dessus de faire 4 fois plus que ce qu'il avait réussi à faire.

41:59
Invité politique

Parce que je pense que si vous voulez, il y a deux catégories aujourd'hui, je vous parle très librement, dans notre électorat. vous avez ceux qui tiennent les 17%, ceux qui sont dans les meetings, ceux qui ne veulent pas lâcher. Le fameux socle. Et puis vous avez une catégorie, les premiers sondages après la primaire, la droite était entre 28 et 30. Donc vous avez une dizaine de points qui sont aujourd'hui des gens sans doute un peu perdus, qui ne sont peut-être pas encore dans l'élection, qui ont pu être choqués et auxquels nous devons parler. Et donc vous leur dites quoi ?

En leur ouvrant les yeux, en leur disant si vous êtes tenté par le Front National, on sait où ça va mener la sortie de l'euro, c'est la ruine des Français. Si vous êtes tenté par le vote de M. Macron, il faut que vous sachiez si vous avez des convictions de droite et de centre, vous avez envie de réformer le pays, M. Macron, il fera des semi-mesures, des demi-mesures. M. Macron, il a changé d'avis sur pratiquement tout en 6 mois.

42:56
Présentateur

Mais vous aussi, vous avez beaucoup reculé, vous avez reculé sur la santé, il y avait une réforme de la santé qui a disparu, il y avait des efforts demandés aux collectivités territoriales, alors il n'y a plus rien. Les 100 milliards, où sont les 100 milliards ? Ne dites pas qu'il n'y a pas plus rien,

43:07
Invité politique

il y a 7 milliards et demi d'économies aux collectivités locales. Quand on regarde aujourd'hui, les 100 milliards, si vous voulez, regardons objectivement les choses. La somme de la dépense publique dans notre pays, c'est 1200 milliards d'euros par an. C'est 3 fois 400 milliards. Donc François Fillon propose 20 milliards d'économies par an, c'est-à-dire 100 cumulés sur 5 ans. 20 milliards sur 1200 milliards, ça fait 1,6%. Je pose la question, mais sans polémique, quel est le ménage ? Quelle est l'entreprise en France qui n'est pas capable de faire 1,6% d'économies par an ? Ma question n'est pas sur la pertinence

43:44
Présentateur

du programme de France-Ovion. C'est sur le grand pchit. C'est le pchit, comme dit Nicolas, qui utilise les termes chiraciens.

43:52
Invité politique

Vous ne pouvez pas à la fois nous dire il y a 10 minutes c'est la grande purge et puis 10 minutes on ne vous l'a pas dit. Il n'a pas dit

43:58
Présentateur

la purge est-elle possible, quand on soi-même on n'est pas exemplaire ?

44:01
Invité politique

Oui, ben voilà, on vous parle de la purge. C'est un peu curieux à la fois de nous attaquer sur le fait que le programme serait trop radical et puis de l'autre qu'on a reculé sur tout. On vous interroge sur le changement de pied de trop radical

44:11
Présentateur

à reculer sur tout. qu'est-ce qui s'est passé ? Mais il n'a pas renoncé vaguement ce qui s'est passé. Mais il y a des collectivités locales et la santé. Les collectivités locales cette semaine, il a fait du Sarkozy devant les maires de France qu'est-ce qu'il fait ? Normalement on s'attendait à ce qu'il nous dise 20 milliards d'économies il dit 7,5 parce qu'il a les maires devant lui.

44:28
Invité politique

7,5 milliards d'économies c'est considérable. Il a fait 10,20 donc comment on a pu passer

44:33
Présentateur

de l'un à l'autre ? Ça fait 12,5 milliards en moins en 5 ans.

44:36
Invité politique

J'adore que tout d'un coup vous soyez animé par une volonté drastique de baisse de la dépense publique pour les collectivités territoriales. C'est parce que je dis des réponses rhétoriques. Non, non, c'est pas des réponses rhétoriques. Mais si, je souris.

44:50
Présentateur

Je souris. Vous retournez la question. Alors on va retourner au standard pour vous retourner une autre question. Françoise nous appelle du Gers. Bonjour Françoise. Bonjour. Nous vous écoutons. Bonjour Françoise.

45:01
Locuteur 2

Je voulais demander à M. Châtel ce que M. Fillon comptait faire au sujet de la sécurité sociale. Parce que pour moi son projet n'est pas clair. Il dit que M. Macron est dangereux. Peut-être. Mais le projet par rapport à la sécurité sociale de M. Fillon me paraissait assez dangereux lui aussi.

45:22
Présentateur

Merci Françoise. Pour la population. Merci Françoise pour cette question. Il nous reste 5 minutes. Luc Châtel.

45:28
Invité politique

Écoutez, sur la sécurité sociale François Fillon souhaite mettre en oeuvre un programme d'économie. Il ne veut pas, comme ça a été caricaturé, supprimer et remplacer la sécurité sociale par des assurances privées. Il veut améliorer l'efficacité du système. Il veut améliorer l'efficacité du système dans la santé pour faire des gains dans l'organisation. On estime à peu près à 2,3% les gains qui peuvent être faits chaque année dans l'organisation du système. Il va passer à 65 ans pour la retraite ce qui va permettre une économie de 20 milliards d'euros dans tout ce qui est dépenses sociales. Donc voilà, en très peu de temps, quelques mots, les mesures que prendra François Fillon.

46:13
Présentateur

Alors, il y a un certain nombre de questions via Twitter. Tousmêle 37, aussi appelé C'est quoi ça ? Vous demandent si Bruno Leroux a été victime du cabinet noir. Vous vous moquez de qui, les Républicains ?

46:28
Invité politique

Point d'interrogation. Moi, je n'ai pas d'informations sur le fonctionnement du cabinet noir. Je constate, c'est tout. En tout cas, vous êtes sûr qu'il existe, c'est ça ? Écoutez, interrogez vos confrères. Mais ce qui se passe avec Valérie Pécresse... Je vous pose une question à vous, en fait.

46:45
Présentateur

Je vous pose une question à vous. Est-ce que Bruno Leroux, enfin, je relaie la question de notre auditeur,

46:49
Invité politique

est-ce qu'il a été victime du cabinet noir ? Je n'en sais rien. Moi, je ne fais pas de procès, a priori, et tout. Et sur le fait qu'il soit parti

46:56
Présentateur

dans un geste... Bon, on lui a rappelé la moralité exemplaire attachée à l'exercice de fonction publique.

47:02
Invité politique

Ça veut dire qu'il a considéré qu'il avait intérêt à partir, parce qu'il était ministre de l'Intérieur, et qu'il pensait que c'était la meilleure décision. Sur le plan éthique, vous jugez ça comment ?

47:13
Présentateur

Là, vous venez de faire une analyse politique, mais sur le plan éthique, vous dites que c'est bien quand même.

47:16
Invité politique

Sur le plan éthique, comme chacun de vos auditeurs, ça m'interpelle d'embaucher sa fille de 15 ans. Voilà, en 22 contrats, oui. Voilà. Autre question de France Insoumise 52.

47:28
Présentateur

F underscore insoumis 52. Mes amis ! N'y a-t-il pas de conflit d'intérêt entre la fonction parlementaire et le cabinet de conseil de Luc Châtel ? Vous l'avez dit vous-même, on est dans une ère de transparence, donc d'où parlez-vous, comme on disait en mai 68 ?

47:44
Invité politique

Absolument, absolument. Enfin, on le disait en tutoyant. Tout à l'heure, vous avez rappelé à juste titre, c'est un peu ma particularité, parce qu'on n'est pas beaucoup de responsables politiques qui venons du monde de l'entreprise. Moi, j'ai passé 12 ans dans le monde de l'entreprise, puis j'ai passé 10 ans à 100% en tant que député, puis ministre. Et depuis 2012, effectivement, j'avais toujours dit d'ailleurs que je le ferais un jour, j'ai repris une activité professionnelle dans mon ancien métier, c'est-à-dire dans le métier d'organisation, de marketing, de ressources humaines. Vous faites du conseil, quoi. Oui, absolument. Vous faites combien d'intérêts ?

Combien de chiffres d'affaires par mois ? Écoutez, j'ai travaillé depuis 2012 environ un jour et demi à deux jours par semaine. Voilà. Donc, j'ai une activité professionnelle assez soutenue pour deux grands clients. Parce que je ne sais pas, j'ai vu dans le Nouvel Obs que c'était 19 000 euros par mois. Donc, est-ce que ce chiffre est juste ? Oui, ça peut presque s'ordre là. Donc, vous gagnez 19 000 euros par mois ? Ma société. D'accord. Ce n'est pas mon revenu net. Mais voilà, j'ai deux grands clients. En fait, je me suis concentré sur cette activité. Et j'en profite pour vous dire...

48:41
Jean-Luc Mélenchon

On peut avoir le nom des deux clients ?

48:42
Invité politique

Oui, bien sûr. C'est le Boston... Ça a été... J'ai arrêté avec eux. Mais pendant quatre ans, j'ai travaillé pour le Boston Consulting Group, qui est un des plus grands clients. C'est compatible avec le job de député ? Oui, complètement. Et je vais vous dire, moi, je suis inquiet de voir certains de concurrents, de François Fillon, vouloir interdire l'activité professionnelle pendant qu'on est parlementaire. On a besoin de parlementaires qui connaissent le monde de l'entreprise, de parlementaires qui sont au contact de la réalité. Et de règles extraordinairement strictes pour éviter le conflit d'intérêts. Oui, sans doute. Moi, je suis prêt à regarder comment on peut les améliorer.

Il faut toujours faire... Je vous disais tout à l'heure, on doit se caler sur le privé. Sur les frais, on doit se caler sur le privé. C'est hallucinant. Moi, j'étais dans l'entreprise à laquelle j'appartenais. On avait des notes de frais. On mettait au dos qui on invitait à bouffer. On rendait les... Voilà, c'est normal. Mais comment vous vous assurez

49:32
Présentateur

qu'en termes de conflit d'intérêts, pour reprendre la question de Nicolas Demorand, vous êtes clean ? Comment vous faites ? Vous consultez le déontologue de l'Assemblée ?

49:40
Invité politique

Et un avocat, un médecin peut avoir un conflit d'inférêts s'il travaille sur des sujets qui sont traités au Parlement. Ça n'en finit plus, si vous voulez. Le pire qui pourrait être devant nous, c'est si on avait à l'Assemblée nationale et au Sénat que des professionnels de professionnels. C'est-à-dire des gens qui sont déconnectés. Déjà, on nous reproche suffisamment d'être déconnectés, mais des gens qui seraient déconnectés de la réalité parce qu'ils n'auraient plus de cumul de mandats. Donc, ils n'auraient pas ce lien d'élus local. Mais en plus, qu'ils seraient déconnectés de l'activité économique de la profession. Je pense que c'est une folie. Un mot, Nathalie Saint-Cricq.

50:15
Présentateur

Vous êtes très proche de Nicolas Sarkozy. Vous avez dû l'avoir récemment. C'est quoi ? Il est optimiste ? Il pense que c'est bien que ça va aller ? Il vous dit quoi ? 35 secondes.

50:23
Invité politique

Il souhaite la victoire de son camp, Nicolas Sarkozy. Mais il a pris du champ, quand même.

50:26
Présentateur

Mais il est optimiste, comment ?

50:27
Invité politique

Écoutez, je ne l'ai pas vu ces dernières semaines. Il est à la retraite, donc ? Il n'est pas à la retraite. Il a des activités professionnelles soutenues. Et vous ne parlez pas politique, ensemble ? Si, mais pas récemment. Je ne l'ai pas eu au téléphone depuis dix jours, là, par exemple. Et il y a dix jours, il pensait quoi ? Il était pessimiste ? Écoutez, il était préoccupé, mais il a essayé de... Ça veut dire pessimiste ? C'est vous, voilà, vous vous surinterprétez. Je fais les notes de bas de page. Non, non. Je fais les notes de bas de page.

50:52
Présentateur

Merci, en tout cas, Luc Châtel, d'avoir été le premier invité de Questions politiques. Il est 12h58, le journal Dive de Caen, et on retrouvera Vincent Péillon, conseiller politique de Benoît Hamon. A tout de suite. Retour sur le plateau de Questions politiques, l'émission politique de France Inter, France Info et Le Monde. C'est une émission spéciale aujourd'hui. Nous recevons deux invités. Le deuxième invité est Vincent Péillon, conseiller politique de Benoît Hamon. Bonjour.

51:30
Jean-Luc Mélenchon

Bonjour, Nicolas Demorand.

51:30
Présentateur

Et merci d'avoir accepté notre invitation. Vincent Péillon répondra à vos questions à partir de 13h30, mais vous pouvez appeler tout de suite au 01-45-24-7000, passer par franceinter.fr, Facebook Live et Twitter avec le mot-clé Question Paul. Nathalie Saint-Cricq, Arnaud Leparmentier et Karine Bécard sont déjà là, oui, elle est toujours là. Karine Bécard, qui esquisse maintenant votre portrait. Bonjour, Vincent Péillon. Bonjour. A chaque campagne présidentielle, Vincent Péillon, vous avez toujours su vous placer et décrocher un poste clé.

La preuve, le conseiller politique aujourd'hui de Benoît Hamon a d'abord été, pour ceux qui l'auraient oublié, la plume de Lionel Jospin, puis un septembre plus tard, en 2002, le rédacteur de son programme. 2007, vous êtes le porte-parole de Ségolène Royal et avec François Hollande au moment de la primaire, le coordinateur de sa campagne. Bref, vous avez été considéré sans cesse, Vincent Péillon, comme un homme de premier plan. Et en même temps, bizarrement, vous n'avez jamais réussi à vous imposer réellement. Jamais, par exemple, vous n'avez su vous constituer de fief électoral. Jamais non plus, vous n'êtes parvenu à prendre la tête du PS.

Et même quand vous avez lancé, avec Arnaud Montebourg, le nouveau parti socialiste, le NPS, il a réussi, il faut bien le dire, à mieux prendre la lumière que vous. 20 ans de vie politique, donc, le ministère de l'Éducation et puis Vincent Péillon, Karine décide de presque tout arrêter. Oui, pendant plus de deux ans, vous disparaissez. Vous redevenez eurodéputé, l'agrégé de philo se remet à enseigner et vous écrivez des polars. Vous qui, jusqu'ici, vous étiez plutôt distingué par vos essais. Peu importe. Ce qui reste un mystère, Vincent Péillon, c'est ce qui vous a vraiment motivé pour y retourner en décembre dernier. La primaire de la gauche ne manquait pas de candidats.

Surtout, vous avez eu beau cogner, vous avez engrangé moins de 7% des voix. Donc, qu'est-ce qui vous a fait vous lever ? Le besoin peut-être de défendre certaines idées, le pouvoir, l'habitude des combats, la gloire. Non, vraiment, j'ai du mal à comprendre, Vincent Péillon, à quoi vous carburez ?

53:40
Jean-Luc Mélenchon

Quelle drogue, Vincent Péillon ? Oh, une drogue assez simple qui est d'ailleurs en filigrane, je trouve, dans votre portrait. c'est que je suis socialiste, profondément socialiste, et que j'étais très inquiet au moment du retrait de François Hollande, que je ne souhaitais pas, même si j'avais pris, évidemment, des distances avec le quinquennat, je ne suis pas le seul, mais je ne souhaitais pas lier aux institutions de la 5e et à la nécessité d'une vie démocratique dans laquelle il me semble, on voit d'ailleurs les conséquences que le président devait venir défendre son bilan, et l'inquiétude qui était la mienne d'une division de ma famille politique.

J'ai toujours appartenu, ce qui a expliqué aussi cette loyauté dans les 4 campagnes, j'ai toujours appartenu ce qu'on appelle le centre du Parti Socialiste, c'est-à-dire ceux qui arrivent à concilier, ce n'est pas toujours facile, ceux qui poussent du côté de l'aile gauche, les 65 heures sans réduction de salaire, un certain nombre de... Et puis de l'autre côté, une aile plus modérée. Et ce qui a fait la force du Parti Socialiste, mais dans toute son histoire, c'est cette capacité de synthèse depuis Jaurès, la naissance en 1905, de cette union des partis socialistes. Ils étaient nombreux, déjà il y avait une parténo-jeunesse comme la risque aujourd'hui.

Donc je suis très attaché à cette histoire parce que je crois qu'elle a aussi apporté des choses importantes à notre pays.

54:57
Présentateur

Mais ça, c'est la version officielle. La vraie version, c'est quoi ? Vous êtes attiré profondément par le pouvoir ? C'est quoi le moteur qu'il y a chez Vincent Pélin ? Oui, la drogue illégale. Vous venez de nous faire la drogue légale. L'illégale, c'est quoi ? C'est quoi ? Vous avez besoin de gloire ?

55:12
Jean-Luc Mélenchon

Vous l'avez dit vous-même, ça se serait vu si j'avais besoin de gloire davantage. J'ai souvent été dans des dispositifs plus collectifs et au service d'idées. J'essaye d'amener d'ailleurs, vous l'avez rappelé, sur des projets ou des idées. Non, c'est une chose qu'il faut comprendre. Alors peut-être, je viens d'une histoire qui semble un peu ancienne. Moi, mes parents étaient aussi des militants. J'ai été élevé par des militants qui avaient d'autres métiers. Certains faisaient de la politique, d'autres moins. Et je ne sépare pas dans mon existence ma vie privée, la vie publique, mon activité d'intellectuel. Je pense qu'on avance avec tout ce qu'on est.

Mes livres, pour un certain nombre d'entre eux, sont aussi des livres sur l'histoire des idées. Mon enseignement, dont on a tant parlé, porté sur la devise républicaine et sur un certain nombre de questions sur l'identité de la France qui se pose aujourd'hui aux Français. Et donc, je ne sépare pas les différents aspects. Après, j'ai un sentiment, sans doute, qui est aussi à mon histoire, des moments plus ou moins tragiques. On va sans doute avoir à en parler, de l'histoire. Et lorsqu'il y a ce retrait de François Hollande, j'ai vraiment le sentiment qu'on va vers de profondes difficultés. On commande ça comme un événement chasse l'autre.

Je pense que le fait qu'un président, je l'ai dit à l'époque, sous la Ve République, ne puisse pas se représenter était un symptôme d'une crise politique qui s'approfondit depuis maintenant un certain temps et allait nous amener dans des situations difficiles. Nathalie Saint-Crecq.

56:36
Présentateur

Vous avez un sens du tragique. Alors aujourd'hui, est-ce qu'on n'est pas en plein tragique avec Benoît Hamon qui est en cinquième position dans les sondages ? Vous continuez à le soutenir. Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui ne marche pas ? Qu'est-ce qui bloque ? Et est-ce que finalement vous n'avez pas fait le mauvais choix ? Vous qui, disiez-vous, étiez central, centriste, au centre, c'est-à-dire plutôt social-démocrate que Benoît Hamon aujourd'hui avec les écologistes. Il y a deux questions en une. Qu'est-ce qui bug ? Et qu'est-ce que vous faites là-dedans ?

56:58
Jean-Luc Mélenchon

Vincent Payon. D'abord, le tragique de notre situation n'est évidemment pas le score de Benoît Hamon. C'est que nous sommes passés du 21 avril 2002. Nous avions déjà été horrifiés mais nous ne l'avions pas prévu à ce que des gens dont je considère que la doctrine n'est pas républicaine et veulent nous faire sortir de l'Europe étaient à 20%. Aujourd'hui, on nous les annonce à 40%. Dans un mouvement général européen et plus large au second tour au second tour de l'enfant national. Et donc ça, c'est le tragique de l'histoire.

Deuxièmement, je considère qu'en tout cas depuis deux siècles et on a perdu cette semaine Henri Emmanuel qui ne cessait de me répéter quand j'avais commencé à travailler avec lui il y a maintenant plus de 20 ans la démocratie est un moteur à deux pistons la gauche, la droite. On peut se respecter sur des projets bien nets. La France peut avoir besoin d'alternance mais la démocratie a besoin qu'il y ait des choix clairs et distincts. Je crois que nous sommes dans un moment de relative confusion et où nous sommes menacés par une pensée extrémiste, raciste. Donc le tragique, c'est cela. Et c'est ce à quoi on assiste d'ailleurs ces derniers jours.

C'est-à-dire l'effondrement ou la difficulté en tout cas des deux parties de gouvernement pour des raisons assez différentes, je viendrai à vos questions, la gauche et la droite. Et c'était déjà la préoccupation dans ma candidature. Vous savez, quelqu'un m'a dit, je crois qu'il avait raison, il m'a dit ta candidature vraiment en dehors du fait que je n'avais pas occupé l'espace médiatique pendant deux ans, elle n'a pas de sens.

Tu arrives, c'est le ravi de la crèche et tu dis, je vais unir Hamon, Montebourg, que je connais bien et Vax, que je connais bien aussi parce qu'aujourd'hui on voit que certains, comme Manuel Vax, ne veulent pas apporter leur soutien à Benoît Hamon mais peut-être l'inverse aurait été vrai. Et moi, je pensais que ça, c'est assez mauvais pour nous et je crois que ça l'est. Et puis après, j'allais encore plus loin. Je disais, deuxième moment, je veux réunir deux Jean-Luc Mélenchon que je connais bien aussi. Il a été ministre de Lionel Jospin jusqu'à Macron que je connais aussi. Il faudra qu'on travaille sur le front pour trouver les...

Et cette personne m'a dit, tu étais complètement à côté de la plaque parce qu'aujourd'hui les gens veulent se bagarrer. Les gens veulent des clivages brutaux, pas nécessairement sur le fond. Ils veulent du scandale. Et le type qui arrive en disant, posture assez classique dans le socialisme historique et démocratique, il faut d'abord rassembler, rassembler, rassembler. On n'a pas eu de rassemblement, on a eu la victoire

59:23
Présentateur

de Benoît Hamon. Est-ce que vous vous diriez que le Parti Socialiste s'est corbinisé et qu'en fait, le vrai héritier de la social-démocratie centrale que vous voulez incarner ou que vous défendez, ce n'est pas plutôt Emmanuel Macron ?

59:35
Jean-Luc Mélenchon

Vincent Payon. Non, pas du tout. Vous savez, là, c'est vraiment un problème que j'ai déjà eu, donc on va l'expliquer très nettement. Jamais dans l'histoire du Parti Socialiste ou de la gauche, quelqu'un a dit, je suis et de gauche et de droite. Il a parfaitement le droit de le dire. Mais vous ne trouvez... Si, il a dit,

59:53
Présentateur

je suis de gauche, il a dit, je suis de gauche. Il a dit, je ne suis pas socialiste, mais il a dit, je suis de gauche, mais je rassemble des gens de gauche et de droite.

59:57
Jean-Luc Mélenchon

Bien, de gauche et de droite. Ce que l'on peut faire et à mon avis, qui aurait été intelligent dans la période historique, d'ailleurs depuis 10 ans, c'est de réussir ce que nous n'avions pas réussi à faire en 88, que j'ai beaucoup regretté et accompli publiquement au début de la primaire lorsque François Béroud a appelé à voter Hollande, c'est-à-dire élargir le Parti Socialiste à des hommes et des femmes, dont François Béroud, qui considéraient que par l'orientation européenne, par leur souci de la justice sociale, par la volonté de conduire des réformes de structure, mais avec cette préoccupation, pouvaient travailler avec nous. Et c'est exiger une rupture

1:00:33
Présentateur

avec les frondeurs. Est-ce que ça exigeait une rupture avec les frondeurs,

1:00:36
Jean-Luc Mélenchon

avec la gauche du Parti Socialiste ? Ce que fait... Vous savez, c'est toujours en politique, il faut faire une proposition politique et les autres se déterminent par rapport à vous. Ce que j'ai regretté dans le quinquennat, c'est qu'y compris la formidable intelligence politique de François Hollande qui avait su faire ces rassemblements à différents moments de notre histoire. C'est perdu dès 2012. Parce que, lorsqu'on regarde l'histoire du quinquennat, moi, il me semble qu'il y a plusieurs problèmes.

Il y a des problèmes de fond, la déchéance de nationalité, la loi travail, mais il y a un problème aussi, et je ne m'y attendais pas, moi qui suis moins politique que d'autres, qui a été le fait de ne pas savoir maintenir dans le cadre toute sa majorité ceux qui l'ont soutenu. Mais pour l'avenir,

1:01:21
Présentateur

on ne va pas refaire de l'histoire. Pour l'avenir, il se passe quoi ? Qu'est-ce que vous faites chez Benoît Hamon ? Vous parlez du Front National. Benoît Hamon,

1:01:28
Jean-Luc Mélenchon

c'est le Parti Socialiste. Je réponds à votre question. Quand même, lorsqu'on se présente à une primaire, ça a été mon cas, que l'on a souhaité et que l'on a accepté ces règles, jusqu'à mettre un président de la République dans l'incapacité de le faire.

1:01:42
Présentateur

Donc c'est la loyauté qui vous fait être derrière Benoît Hamon. Mais Emmanuel Macron, citez-moi trois mesures qui vous semblent vraiment aberrantes et qui font que vous ne pouvez pas suivre Emmanuel Macron.

1:01:52
Jean-Luc Mélenchon

D'abord, sur ce qui concerne Emmanuel Macron, si je prends l'impôt de solidarité sur la fortune, si je prends les mesures sur la CSG, si je dois discuter avec lui d'école, cela viendra peut-être, je ne comprends pas bien l'autonomie. Donc je vois beaucoup de choses qui m'intéressent. Je n'ai pas un esprit et loin de là qui est un esprit agonistique où je ne veux pas le caricaturer comme on le fait dans le jeu politique mais il y a vraiment une difficulté. Pendant la primaire, le revenu universel,

1:02:22
Présentateur

vous-même, vous disiez quand même que vous n'étiez pas favorable au revenu universel. Aujourd'hui, vous êtes derrière Benoît Hamon.

1:02:26
Jean-Luc Mélenchon

Il est passé de 350 milliards à 35, c'était le prix du revenu décent dont parlait Manuel Valls. Moi, je veux qu'on parle du fond dans ce pays. C'est mon obsession depuis un moment, c'est de dire attention et le plus grand danger qui est l'extrême droite dont vous parlez, quelle est ma conviction par rapport à Benoît Hamon. Parce que vous savez, vous avez aussi les phénomènes d'âge qui m'ont atteint. Je m'intéresse beaucoup à ce qu'il fait, comme à ce qui s'est passé aux Pays-Bas, comme à ce que fait Martin Schulz aujourd'hui. Pourquoi ?

Parce que dans le fond, les politiques que nous avons menées et auxquelles j'ai souvent souscrit n'ont pas permis depuis longtemps d'abord de regagner ces fameuses couches populaires qui font un défaut total à la gauche comme une partie à la droite, mais on les a laissées aller dans l'anti-Europe, non pas dans le patriotisme, comme le dit Mme Le Pen, mais dans le nationalisme le plus abscond et la tâche historique de la génération qui vient, car il y a aussi un passage de témoin, c'est d'être capable de proposer un projet politique assez clair, assez net, assez entraînant pour reconquérir ces couches populaires. Même dans l'opposition en fait ? Parce qu'en fait,

1:03:31
Présentateur

vous travaillez pour le PS d'après

1:03:32
Jean-Luc Mélenchon

parce que en cinquième place

1:03:34
Présentateur

ce n'est pas au pouvoir que vous serez susceptible de le faire.

1:03:37
Jean-Luc Mélenchon

Vous savez ce qui me frappe ? Je vous réponds avec beaucoup de sérénité là-dessus, c'est à quel point les Français sont aujourd'hui perdus. Il y a de quoi. Moi, j'ai fait quelques campagnes présidentielles, vous l'avez rappelé, toujours un peu en retrait, mais quand même, je n'ai jamais vécu quelque chose comme ça, y compris ces 40-45% de gens qui nous disent à 4 semaines du scrutin, nous n'avons pas encore arrêté notre choix. Et puis depuis quelques jours, des expressions, des façons de dire qui concernent l'abstention d'ailleurs, mais qui est de dire même si nous allons voter ceci ou cela, ce n'est pas pour des raisons positives, c'est pour éviter quelque chose.

Donc non, je crois qu'il faut utiliser les 4 semaines pour que chacun, en fonction de ses options, dans le cadre républicain, dise clairement ce qu'il veut et vote en positif. Et je ne crains rien de plus que, dans le fond, que la confusion et l'indistinction, voire la peur, continuent de commander cette élection.

Et donc, il y a 4 semaines, pour essayer d'inverser les chiffres qui ne sont pas bons à ce stade, inverser ces chiffres en disant ce projet qui est socialiste, qui est de gauche, qui permet de gouverner, ça se fait dans d'autres pays, ça va se faire dans d'autres pays, qui est pro-européen, ce projet permet de nous armer intellectuellement et politiquement contre la mondialité des populistes d'extrême droite.

1:04:57
Présentateur

Le PS de gouvernement bascule largement chez Macron, l'exemple parfait étant Jean-Yves Le Drian qui rejoint Emmanuel Macron. Comment vous pouvez nous dire que c'est toujours le programme du Parti Socialiste qui représente l'avenir quand on a M. Le Drian qui finalement a été des ministres les plus populaires ou les plus respectés qui bascule chez Macron ? Vincent Payot.

1:05:16
Jean-Luc Mélenchon

Vous savez, nous avons 300 députés, nous avons 200 sénateurs, il a dû y avoir une cinquantaine de ministres, plus ou moins aimés, plus ou moins appréciés. Je crois que c'est le problème de bien nommer les choses. Qu'il y ait des socialistes qui ont été au gouvernement, voire certains qui n'étaient pas, je pense à Gérard Collomb, qui rejoignent Emmanuel Macron, ça ne m'a pas échappé. Dire les socialistes de gouvernement, non, je ne crois pas, nous sommes des socialistes de gouvernement. Je n'ai pas entendu que notre commissaire européen appelait à voter Macron. Personnellement, je me considère l'héritier d'une tradition qui gouverne.

je vois des jeunes ministres nombreux, certains avec des postes éminents qui soutiennent Benoît Hamon. Et donc, je ne crois pas que ce clivage qu'on veut à tout prix... Le PS n'est pas corbinisé.

1:05:57
Présentateur

C'est la question que vous avez posée tout à l'heure. Est-ce que selon vous, Benoît Hamon se revendique à être corbine ? Est-ce que vous jugez que le PS est aujourd'hui corbinisé ? Vincent Payon, Karim Becker.

1:06:04
Jean-Luc Mélenchon

Je pense que nous avons besoin, ce n'est pas nouveau, l'idée du nouveau parti socialiste était un peu celle-là, nous avons besoin de redonner à la gauche une armature claire comme la droite a besoin de se redonner, c'est le projet de François Fillon, une armature claire. Sinon, nous sommes dans la confusion, nous sommes dans l'indistinction et nous aurons des problèmes. Parce que si en plus l'alternative n'est pas entre la gauche et la droite, elle sera entre qui et quoi ?

1:06:28
Présentateur

Emmanuel Macron,

1:06:29
Jean-Luc Mélenchon

le centre ? Elle sera... Non, je crois qu'elle sera entre le et gauche et droite qu'il revendique, vous l'avez dit vous-même. J'essaye d'être vraiment le plus sourcilleux dans mon argumentation pour qu'il n'y ait pas de mauvaise interprétation. Donc, et gauche et droite d'un côté et de l'autre côté quoi ? Alors, moi je sais quoi ? Parce que c'est arrivé dans d'autres périodes de l'histoire. L'extrême droite.

D'un côté, la critique forcenée des élites qui se seront autodétruites et pour parler comme Julien Banda trahit elle-même et de l'autre côté des gens qui utilisent la misère que nous avons quand même créée, la difficulté pour installer des idées qui sont des idées d'extrême droite extrêmement traditionnelles et qui amèneront notre pays dans l'impasse. Et cela me fait peur parce que comme dans la primaire et j'ai compris que je n'étais pas entendu, mais bon, la politique c'est aussi parfois un impératif éthique. Je crois réellement qu'il faut dire aux gens le jour d'après. Le jour d'après dans la primaire c'est que nous aurions ces difficultés.

Le jour d'après dans la présidentielle c'est que quel que soit le talent personnel, quelle que soit l'empathie de M. Macron, et bien derrière il aura beaucoup de mal à gouverner. Et je voyais d'ailleurs que dès cette semaine par rapport à ces désignations il est obligé de les reculer. Nous sommes en plus dans le quinquennat. Bon, est-ce que c'est bien ? Est-ce que c'est mal ? On aura peut-être l'occasion d'en parler mais vous savez très bien que l'élection législative qui suit, et bien elle va, on va avoir un mois et puis on va avoir une élection législative. Et je cherche toujours, je cherche toujours la clarté pour savoir avec quelle majorité M. Macron va gouverner.

1:07:58
Présentateur

Karine Bécard puis le Standard. Un détail et je vais aller très vite. On parlait de Jean-Yves Le Drian. Il a été exclu du Parti Socialiste. Je n'ai pas entendu qu'il avait été exclu du Parti Socialiste qui m'emmène à une deuxième question. C'est que fait Jean-Christophe Cambadélis qui je croyais était aux côtés de Benoît Hamon ?

1:08:14
Jean-Luc Mélenchon

Écoutez, moi j'ai, dans le recul dont vous avez parlé parce qu'on m'a beaucoup reproché parfois aussi d'être trop lié à ce parti et trop apparatique. Je ne suis même plus membre du Bureau national et donc je ne sais pas et c'est une question que vous devez adresser à mon avis à Jean-Christophe Cambadélis.

1:08:31
Présentateur

Vous le souhaitez quand même j'imagine, non ? C'est un traître Jean-Yves Le Drian. Il faut le mettre dehors. Le punir. Le punir. Est-ce que Manuel Valls par la même occasion n'est pas un traître aussi puisqu'il n'a pas respecté la règle de la primaire ?

1:08:42
Jean-Luc Mélenchon

Vincent Payon. Je pense que tous les mots qui sont blessants même s'il n'y a pu comprendre que Benoît Hamon soit très affecté quand vous faites une campagne. Le jour où il faisait son discours sur la défense tout ça donne quand même des sentiments. D'ailleurs, je crois que nos concitoyens sont lucides et n'apprécient pas beaucoup ce genre de comportement. Je crois que nous, nous avons une responsabilité mais enfin chacun d'entre nous comme parents, comme amis, comme citoyens, c'est que lorsque nous fixons nous-mêmes les règles au moins nous devons les respecter.

C'est un vieux principe qui est quand même très utile et quand on commence à s'en affranchir alors bon, on est sur des pentes extrêmement glissantes. Je comprends, on l'a même comme parlementaire qu'il y ait parfois des questions de conscience sur des sujets qui pourraient être des sujets de société concernant des croyances religieuses profondes de certains, des opinions. Là, ça n'est pas le cas. Moi, qu'est-ce que vous voulez ?

J'ai signé ce papier, j'ai critiqué Benoît Hamon, j'ai fait ce que j'ai pu et j'en suis assez content sur des sujets qui me tenaient à cœur de finances publiques d'Europe, de jeux démocratiques par rapport au fameux 49-3 pour modifier un peu tout ça de telle sorte que nous puissions gouverner avec ce projet, qu'il s'inscrive dans notre tradition, qu'il puisse rassembler plus largement.

Et ce que j'aurais aimé, parce que je le connais aussi depuis longtemps, c'est par exemple que Manuel Valls, dont je comprends qu'il soit malheureux de ce qui s'est produit, mais le fasse avec nous, car je considère, moi, que pour produire ce que nous pouvons produire de mieux, le Parti Socialiste, la gauche française, on est plus intelligent à quelques-uns que tout seul.

1:10:13
Présentateur

Il est 13h35, la parole aux auditeurs. France Inter, questions politiques, intervenez au 01 45 24 7000 et sur les réseaux sociaux avec le mot clé Question Paul. Aux auditeurs et aux téléspectateurs, le premier à prendre la parole, Pascal, bonjour, vous nous appelez de Paris et nous vous écoutons, Pascal.

1:10:33
Locuteur 4

Oui, bonjour, merci de prendre mon appel. J'ai écouté aussi attentivement Vincent Payon depuis le moment où j'ai formulé ma question et je suis très content qu'il parle de responsabilité, parce que je vais aussi parler de responsabilité. Je suis un électeur de gauche, j'ai été déçu par le quinquennat de François Hollande et je me réjouissais vraiment de la candidature de Benoît Hamon.

Aujourd'hui, je suis très fâché contre les irresponsables que sont Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon et donc je m'invite, je m'apprête à voter Macron et j'aimerais ajouter juste en ayant écouté Vincent Payon que contrairement à ce que je l'ai entendu dire, il ne s'agit pas d'inverser les chiffres comme il l'a dit pour faire 1 ou 2% de plus que Mélenchon, il s'agit de se réveiller peut-être et de faire autre chose. Je vous remercie.

1:11:23
Présentateur

Merci Pascal pour cette question. Il y en a des dizaines, Vincent Payon au standard de France Inter sur ce thème. Alors déjà sur l'absence d'alliance, la désalliance, la mésalliance, pardon, non pas la mésalliance, enfin la division, voilà je vais y arriver entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon.

1:11:42
Jean-Luc Mélenchon

Bon, si on parle sur le fond, on voit bien que l'approche européenne de Benoît Hamon et c'est fondamental aujourd'hui parce que on parle peu d'Europe dans les campagnes, je m'en suis rendu compte y compris dans la primaire mais on a tort parce que c'est absolument essentiel et d'ailleurs je suis heureux qu'il y ait une proposition française par l'intermédiaire de Benoît Hamon et travailler avec Thomas Piketty une proposition française. Quoi qu'on en pense, d'ailleurs on peut venir au fond pour essayer de relancer l'Europe. Bon, ce point de vue n'est pas celui de Jean-Luc Mélenchon qui menace dans son approche des partenaires européens de quitter l'Europe.

Ce n'est pas du tout le point de vue de Benoît Hamon et je ne souhaitais pas que ce soit, ça ne marche pas comme ça en Europe. Deuxièmement, il y a dans cette campagne dont on ne parle pas assez une question extrêmement lourde que l'on a vue encore cette semaine avec la visite de Marine Le Pen en Russie. Et je crois, j'espère que Benoît Hamon va pouvoir le faire entendre à nos compatriotes.

C'est la première fois que nous voyons des responsables de premier rang qui aspirent à gouverner la France et qui disent au-delà du pacte passé par Mitterrand et Kohl au moment de la chute du mur de Berlin, nous pouvons reparler des frontières, nous pouvons acter ce qui s'est passé en Crimée, nous pouvons rediscuter des accords de Minsk et nous pouvons avoir un rapport différent avec la Russie jusqu'au point où j'ai entendu l'embarras du candidat François Fillon sur la question qui était celle des bombardements en Syrie. Est-ce que vous auriez participé ? Donc je crois qu'il y a des divergences. Des choses nous réunissent mais elles doivent s'exprimer.

Et de ce point de vue-là, encore, supprimer la position centrale qui est celle de Benoît Hamon serait d'une extrême difficulté pour rassembler parce que, bien entendu, il y a le second tour. Donc 12 et 12, on va dire comme ça, ou 11 et 14, ou 12 selon, bon, mais ça fait 25. Il faut voir plus loin et voir plus loin, c'est ne pas s'interdire aussi après de construire une majorité avec certains avec lesquels nous pourrons gouvernement. Donc vous ne passez pas

1:13:48
Présentateur

le premier tour mais vous rêvez déjà du deuxième tour. C'est complètement utopique.

1:13:52
Jean-Luc Mélenchon

Non, pourquoi ?

1:13:53
Présentateur

Il faut quand même déjà vous qualifier pour le second tour. Mais il faut aller

1:13:56
Jean-Luc Mélenchon

au bout de ce débat. Pour ce qui me concerne, pour être alors peut-être plus direct que quand je passe par les questions de fond, je ne désespère pas, je ne désespère pas et je ferai tout pour que la gauche soit présente au second tour et donc qu'il y ait une possibilité de rassemblement. Sinon,

1:14:10
Présentateur

personne n'y croit à votre rassemblement, il faudrait mieux répondre à l'auditeur pour nous qui vous connaissons bien et qui connaissons votre parcours, connaissons François Hollande, Lionel Jospin, Ségolène Royaume, vous prenez les propositions de Jean-Luc Mélenchon pour une dinguerie absolue, vous considérez qu'il a un culte de la personnalité absolument délirant et qu'on ne peut pas se mettre avec lui, donc on ne peut pas imaginer qu'un jour, vous êtes social réformateur, social démocrate,

1:14:33
Jean-Luc Mélenchon

toutes ces propositions... Vous savez, j'ai fait un courant avec Jean-Luc Mélenchon et je l'ai vu le plus heureux de servir quand il était ministre de Lionel Jospin qui n'était pas avec... Donc moi, je ne raisonne pas comme ça.

1:14:44
Présentateur

Vous êtes quand même plus proche idéologiquement. Je fais quelque chose qui est de l'ordre

1:14:46
Jean-Luc Mélenchon

de la responsabilité, c'est-à-dire que j'ai des désaccords avec Emmanuel Macron. J'ai des désaccords, on en a cité quelques-uns. Est-ce que je dis, y compris à tous mes camarades socialistes qui sont tentés, est-ce que je dis je ne vous parle plus jamais de la France d'appartement ? Mais vous parlez à tout le monde

1:14:58
Présentateur

et à un moment donné vous savez tellement l'argent à droite

1:15:00
Jean-Luc Mélenchon

pour ne pas laisser tout l'espace à Mme Le Pen. Tous ceux qui veulent à tout prix. Moi, je ne suis pas dans l'aparthéno-jeunesse. Je vois bien que ce que Pascal appelait les méchants gagne. Donc 10 plus 10 plus 10 plus 10. Et puis sinon, une solution dans le fond dont les gens se disent ça va encore nous protéger un peu qu'est Macron mais dont je continue de dire attention au jour d'après. Moi, je dis l'effort fondamental à faire et c'est d'ailleurs ce qu'aurait fait dans une logique main-désiste, c'est le contrat de gouvernement. Et le contrat de gouvernement c'est la capacité, bien entendu, sinon on ne serait pas distinct. Je ne prends pas 100% de Mélenchon. Loin de là.

Je ne prends pas non plus 100% de Macron. Loin de là. Mais à un moment, sur ce qui est précisément au centre et au centre, c'est Benoît Hamon. Il faut se rassembler. Je vois bien l'embarras des soutiens de Macron. Il va venir de plus en plus. Lorsque vous allez deux gens qui ont fait le parcours, je ne leur reproche pas avec les Républicains, l'UMP, etc. Et d'autres qui ont été au Parti Socialiste. À un moment, quand ça devient concret pour des investitures, pour un projet de gouvernement, pour une mise en oeuvre, difficulté. Donc moi, je veux maintenir la capacité d'une gauche de gouvernement. C'est toujours une gauche qui rassemble.

Et j'ai dit d'ailleurs tout à l'heure qu'il me semblait que le problème, pas le seul, mais un des problèmes majeurs du quinquennat de François Hollande, c'est d'avoir oublié cela. Parce que, lorsqu'on gouverne avec Jospin de 1997 à 2002, on a les Verts, on a même les communis jusqu'à la fin.

1:16:19
Présentateur

Avant la présidentielle, M. Pillon, on est à un mois de la présidentielle. Pour le moment, la gauche incarnée par le Parti Socialiste est disqualifiée. Personne ne croit une seconde qu'elle ne le soit pas.

1:16:31
Jean-Luc Mélenchon

Vincent Payon. Nous n'avons pas de désaccord. Nous n'avons pas de désaccord. Et donc, je crois à l'endurance, je crois à la vertu, je crois à l'obstination. Qu'est-ce que vous nous proposez d'autre victoire ? Est-ce que vous ne croyez pas au miracle ? Si, vous m'appelez, au contraire, c'est vous qui ne voulez pas y croire. Vous dites que ce type est irrationnel, il nous dit qu'on peut encore y arriver. Vous allez dans le mur et vous le savez, c'est tout. Mais qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse, qu'on se retire ? Qu'il n'y ait plus de gauche ?

Vous pensez que la solution au problème que j'évoque depuis tout à l'heure, c'est de dire pas de candidat pour les Républicains, pas de candidat pour le Parti Socialiste. C'est votre idée de la responsabilité historique, ce n'est pas la mienne. Mon idée, c'est que nous devons, jusqu'au bout, faire en sorte que, d'abord, nous défendions un projet devant les Français, que nous expliquions une situation politique, que nous argumentions et que nous essayions...

1:17:14
Présentateur

n'ont pas entendu ce qui vous divise, certes, et substantiel, vous l'avez dit, ce qui vous rapproche l'est tout autant. Les dizaines d'auditeurs qui sont au standard, on a juste entendu Pascal tout à l'heure, ne comprennent pas pourquoi il n'y a pas eu d'alliance entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Georges Marché et François Mitterrand ont bien su le faire. Ils n'ont pas envie de choisir. Pourquoi ces deux-là n'ont-ils pas réussi

1:17:38
Jean-Luc Mélenchon

à faire équipe commune ? Écoutez, pour l'instant, on n'a pas réussi, vous avez raison dans l'exemple historique que vous prenez, ça avait pris un certain temps.

1:17:46
Présentateur

Oui, mais ils y étaient arrivés.

1:17:47
Jean-Luc Mélenchon

Nous avions des forces politiques d'ailleurs plus fortes, un parti communiste plus fort et un parti socialiste qui s'était reconstruit. Maintenant, il faut continuer jusque, et dans tout le mois qui vient, à essayer de faire ce rassemblement. Pourquoi ils n'y sont pas arrivés ? Ça, ça relève sans doute de la volonté, souvenez-vous de l'argument... Vous espérez encore

1:18:05
Locuteur 4

un retrait de Jean-Luc Mélenchon ?

1:18:06
Jean-Luc Mélenchon

J'espère qu'on ne va pas laisser la gauche orpheline au second tour. Et donc, ça passera nécessairement par la capacité de se rassembler. Sinon, bien entendu, il y a un risque que nous n'y soyons pas. Dans le cas où nous n'y soyons pas, où nous n'arrivons pas à ce rassemblement, il faut faire maintenant le maximum et que tous les socialistes le fassent pour faire en sorte que notre candidat reprenne une respiration normale et ascendante.

1:18:33
Présentateur

Mais votre candidat perdait quoi ces derniers jours ? S'il en perdait trop ? S'il passait sous la barre des 10% par exemple dans les sondages ? À aucun moment vous pouvez imaginer qui s'efface devant Jean-Luc Mélenchon ?

1:18:43
Jean-Luc Mélenchon

Pour la gauche ? Je crois que vous savez... Un programme commun comme en 80 ? Je crois que... Vous avez été abandonné. Je crois que cette question normalement... Ça peut réarmer le parlementier évidemment. Non, je crois que cette question normalement, en tout cas je le souhaite, va se poser dans les jours qui viennent parce que elle se pose, vous l'avez fort bien dit, chez les électeurs et y compris chez beaucoup d'électeurs de Macron. On a vu ce monsieur qui dit j'ai voté Benoît Hamon au premier tour. Il n'a pas voté Manuel Valls. Il a voté Benoît Hamon. Très bien.

1:19:11
Présentateur

Donc le revenu de résistance.

1:19:11
Jean-Luc Mélenchon

Et il dit maintenant je suis tenté par Macron. Pourquoi ? Précisément, il l'explique parce qu'il n'y a pas de chance avec ces deux-là. Donc cette question-là, elle est lourde. Les électeurs dont c'est pas la vanité, dont c'est pas le métier, dont c'est pas l'obsession, ils la portent pas comme un jeu. Ils la portent comme une blessure, comme une incandescence, comme une inquiétude réelle et profonde. Donc je souhaite que nos dirigeants politiques et en particulier Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon retrouvent le chemin du dialogue et bien entendu puissent faire cette proposition politique. Je me bats pour, je me bats depuis le début pour ça, ça a été beaucoup reproché.

J'ai entendu les commentaires ces derniers jours et vous avez rappelé vous-même que je ne suis pas totalement susceptible d'être traité de gauchiste. Mais depuis le début, j'ai souhaité cela et je vais toujours plus loin. Je souhaite même et je crois qu'il est possible de faire ce rassemblement y compris, comme je l'avais dit au départ de la primaire, avec des gens et sans doute le candidat lui-même qui sont chez Macron. Mais vous pourriez... Parce que l'ivresse des sondages est une chose. La réalité de la politique à conduire demain dans le pays va en être une autre. C'est aussi un sujet d'inquiétude même pour les électeurs de Emmanuel Macron.

1:20:24
Présentateur

Et donc du coup, vous dites que vous pourriez, vous, vous placer derrière Jean-Luc Mélenchon ?

1:20:29
Jean-Luc Mélenchon

Moi, je dis que je veux le rassemblement.

1:20:30
Présentateur

Et vous êtes plus proche de Mélenchon que de Macron définitivement, idéologiquement. Je parle du fond.

1:20:34
Jean-Luc Mélenchon

Je n'ai pas dit ça. Je viens de dire... Vous, vous me demandez...

1:20:40
Présentateur

Je parle du fond là, pour le coup, il ne faut pas qu'on nous accuse de faire des trucs politiciens. Si vous pouvez vous retirer ou aller derrière Mélenchon pour faire un rassemblement à gauche, ça veut dire que vous pensez des choses qui sont assez similaires, plus que du côté de chez Macron.

1:20:52
Jean-Luc Mélenchon

Je ne fonctionne pas comme ça. C'est l'idée du contrat de gouvernement. Je n'ai pas fonctionné même comme ça avec Benoît Hamon. Je vous dis que j'ai des désaccords profonds avec Jean-Luc Mélenchon sur la politique internationale, sur l'approche de la question européenne. J'ai des accords avec Jean-Luc Mélenchon et j'ai des accords avec Jean-Luc Mélenchon sur des questions qui sont des questions de société et une approche de la gauche de demain par rapport au développement durable, par rapport à la question sociale. Et si... Mais c'est ce que m'avait dit la personne qui m'a dit tu es à côté de tes pontes.

S'il faut toujours que tout soit blanc, tout soit noir et que nous allions dans le mur en criant parce qu'on se dit il faut choisir entre ce qui sont quand même des non-choix puisque vous-même vous posez vos questions à partir de l'échec de ces choix que vous me reproposez. Moi je dis non, il faut de la hauteur, il faut monter plus haut, il faut mettre les choses sur la table, il faut discuter et on n'est pas obligé d'être à 100% d'accord, on n'est même pas dans un parti politique. Est-ce que je comprends bien

1:21:46
Présentateur

vous proposer en fait que les équipes de Benoît Hamon et les équipes de Jean-Luc Mélenchon se mettent au travail pour négocier un contrat de gouvernement d'ici 4 semaines et qu'on trouve le moyen que l'un des deux se retirent ? J'ai bien compris.

1:21:58
Jean-Luc Mélenchon

Moi je pense que dans la situation où nous sommes cette question qui se pose doit se poser aussi aux équipes. Je pense en même temps que nous devons ardemment ne pas simplement être dans ce commentaire si vous voulez. Non mais dans l'action il y a des réunions prévues.

1:22:12
Présentateur

Est-ce que vous proposez une réunion demain après-demain entre les équipes des deux candidats ? Vous faites partie de l'équipe Hamon. Est-ce que vous voulez aller voir Mélenchon dire bon allez on cesse de faire n'importe quoi on discute sur un programme

1:22:23
Jean-Luc Mélenchon

et puis après on voit. Je ne pense pas d'abord ce n'est pas à moins de fixer cette orientation je ne pense pas que ce soit la question de lundi de mardi je pense que cette question va naturellement de toute manière s'imposer sinon

1:22:37
Présentateur

A cause des sondages elle se poserait comment spontanément dans l'agenda ?

1:22:40
Jean-Luc Mélenchon

A cause de l'élimination de la gauche au premier tour alors que vous l'aviez annoncé que les sondages nous l'ont dit donc il y a une question de responsabilité et de la situation globale dans laquelle on est. Je pense maintenant que si l'on considère parce que c'est une des grandes difficultés de cette affaire que Macron tout seul le peut la question immédiate c'est quel est son premier ministre ? Il va bien le nommer au lendemain de son élection avec quelle majorité ? Comment va-t-il faire ? Un jour il va faire voter la suppression de l'ISF en tout cas sur ce qui concerne

1:23:07
Présentateur

Si nom Jean-Yves Le Drian premier ministre vous rejoignez ? Ça va réjouir la droite La droite c'est un ministre de la Défense j'ai vu deux pages dans le Figaro positif sur Jean-Yves Le Drian la droite trouve que Le Drian est un premier ministre

1:23:19
Jean-Luc Mélenchon

Donc un jour je vais mettre des moyens dans l'éducation nationale les autres ne sont pas pour donc quelle majorité j'aurai ? Contrat de gouvernement

1:23:26
Présentateur

Vous passez votre temps à dire qu'il faut faire un contrat de gouvernement pourquoi il ne serait pas possible de faire un contrat de gouvernement entre Macron et vous après ? Vous voyez ? Non Là ce n'est pas ce que vous dites

1:23:35
Jean-Luc Mélenchon

c'est vous dites entre Macron et vous avec un premier ministre et des gens de droite et vous verrez que ça ne va pas marcher comme ça Mais ça fonctionnerait comme le Parlement européen

1:23:45
Présentateur

comme le Parlement européen fonctionne aujourd'hui c'est-à-dire des coalitions qui bougent au gré des projets

1:23:49
Jean-Luc Mélenchon

Vous avez noté j'espère parce qu'on a souvent un petit temps de retard et la chouette de Minerv s'envole un peu tard que ce qui s'effondre c'est précisément si Martin Schulz fait une belle campagne c'est sur l'idée de la coalition ?

1:24:02
Invité politique

Non c'est dans l'Europe

1:24:03
Jean-Luc Mélenchon

Est-ce que vous avez noté qu'au Parlement européen ça a changé il y a trois mois et que nous avons présenté notre président de groupe italien contre l'actuel président précisément du Parlement européen lui-même italien d'ailleurs mais venant de la droite ? Pourquoi ?

Parce que précisément cette question et c'est tout l'enjeu de cette élection présidentielle en France si vous voulez lutter contre les populismes il faut de la clarté dans vos projets et il faut que la gauche française ou européenne soit capable non pas de s'auto-satisfaire dans nos sénacles à nous mais de reconquérir les couches populaires et même moyennes que nous avons perdues et puis la jeunesse parce que vous savez moi vous l'avez rappelé j'ai commencé comme le secrétaire du groupe des experts de Rocard et puis j'ai travaillé avec Jospin et puis j'étais proche de Dominique Strauss-Kahn mais ça m'a beaucoup intéressé cette campagne des primaires pourquoi ?

y compris parce que lorsque je fais une réforme de la taxe d'habitation lorsque je fais je reste dans un modèle qui est ancien qu'est-ce qui se passe avec Benoît Hamon ? c'est qu'il franchit comme beaucoup d'autres partis socialistes en crise en Europe la génération qui vient nous dit non il y a de nouvelles frontières à poser il y a un espoir à lever il y a des choses à dire clairement c'est ce qu'il fait et je pense que c'est très important évidemment pour la gauche mais la gauche au service de son pays

1:25:20
Présentateur

avant de passer à d'autres questions vous répondez donc Vincent Payon pour que les choses soient claires aux dizaines d'auditeurs qui dans cette émission mais dans d'autres aussi nous demandent pourquoi et demandent aux responsables politiques pourquoi il n'y a pas d'alliance entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon vous dites que cette question là est encore ouverte et qu'une alliance

1:25:41
Jean-Luc Mélenchon

est possible je veux que cette question soit ouverte je veux qu'on discute des sujets de fond c'est ce qui donnera de la force et de la cohérence je note des désaccords je note aussi des accords et à partir de là intelligemment il y a un espace de discussion je le note aussi puisque vous me dites vous pouvez le faire après avec Macron donc je le note aussi plus largement je veux une majorité progressiste dans ce pays mais je la veux avec des marqueurs de gauche parce que je pense que le seul autre projet réel dans cette élection embarrassé par celui qui le porte c'est celui de François Fillon et que le reste ça n'est pas un projet politique

1:26:15
Présentateur

vous partagez le préalable de notre auditeur de nos auditeurs qui consiste à dire qu'on est plus fort quand on est seul à gauche enfin que la division de la gauche lui sera mortelle donc il faut s'allier

1:26:26
Jean-Luc Mélenchon

il y a beaucoup de choses qui sont mortelles puisque ce que vous dites est vrai vous voyez que nous avons disons deux candidats ennemis c'est beaucoup mais à droite ils ont réussi à avoir qu'un candidat il a quand même un problème vous demandez son retrait au passage non alors vraiment vous savez

1:26:40
Présentateur

la chance que j'ai

1:26:42
Jean-Luc Mélenchon

c'est de ne pas être obligé d'entrer dans ce débat que je comprends vous avez déjà

1:26:50
Présentateur

assez de problèmes à gauche pour ne pas vous occuper de la droite

1:26:52
Jean-Luc Mélenchon

je suis très inquiet de ce que je vous disais tout à l'heure je crois que nous gagnerions beaucoup si nous le pouvons la responsabilité est évidemment aussi dans notre camp à parler des projets que nous portons dans le mois qui vient parce que ce qui fera la vie des gens ce qui fera la faillite de notre continent ou pas ce qui fera une crise beaucoup plus grave qu'on le croit mais regardons par Toto c'est précisément lorsque tels des somnambules nous aurions continué de danser sur le volcan sans même parler de ce qui se prépare

1:27:20
Présentateur

alors petite question sur Emmanuel Macron si François Hollande a l'air d'être intéressé soutenir plutôt Macron que Hamon qui n'a voté trois fois la censure contre son gouvernement si je ne me trompe pas qu'est-ce qui se passe si François Hollande président sortant ancien secrétaire du parti socialiste appelle à voter Macron ça ne montre pas que la gauche est plutôt du côté de Macron

1:27:41
Jean-Luc Mélenchon

je n'ai pas les informations qui sont les vôtres ne sont pas les miennes donc je ne peux pas commenter ce que vous dites moi j'ai des liens anciens et particuliers avec François Hollande je n'ai pas cette information-là donc je ne commenterai pas une information non non je n'ai pas une information c'est une question je ne crois pas et d'ailleurs je pense qu'on l'a vu l'engagement de Bernard Cazeneuve parce que vous avez parlé tout à l'heure de la gauche du gouvernement et c'est ça qui est terrible et qui crée d'ailleurs souvent dans mes expressions des équivoques y compris quand je parle des faits mais il y a un fait le premier ministre de l'actuel gouvernement de gauche nommé par François Hollande et dont j'ai cru comprendre qu'ils avaient des liens soutient Benoît Hamon

1:28:19
Présentateur

comment il le soutient il le fait du bout des lèvres excusez-moi

1:28:22
Jean-Luc Mélenchon

non c'est votre interprétation

1:28:23
Présentateur

il a gouverné la France

1:28:24
Jean-Luc Mélenchon

dans un moment particulier mais il a fait les gestes il a dit les choses nettement il a même dit les choses par rapport à d'autres qui n'ont pas fait ce soutien il a dit des choses qui n'étaient pas nécessairement très agréables donc quand quelqu'un dit quelque chose je crois qu'il faut l'entendre je crois que ce serait une erreur d'analyse de dire la gauche de gouvernement est d'un côté et pas d'autre François Hollande est toujours derrière

1:28:45
Présentateur

le parti socialiste on se fait des films

1:28:48
Jean-Luc Mélenchon

en se disant que secrètement il préférait Macron je ne sais pas si vous faites des films je crois qu'il est socialiste je crois qu'il préside la France je crois qu'il voit bien la difficulté du moment je crois qu'il a été lui-même mis dans une situation que je considère assez néfaste pour lui sans doute mais enfin pour nous tous et donc voilà mais je pense oui qu'il soutient Benoît Hamon parce qu'il est socialiste

1:29:10
Présentateur

il pourrait le dire plus clairement c'est juste ça

1:29:12
Jean-Luc Mélenchon

je ne crois pas

1:29:13
Présentateur

que c'est ce qu'on attend du président de la république aujourd'hui je salue Yves Delaveyron bonjour et bienvenue mille excuses pour l'attente au standard

1:29:19
Locuteur 7

je vous remercie de prendre ma question

1:29:21
Présentateur

je vous en prie

1:29:22
Locuteur 7

je voulais simplement dire à monsieur Payon que j'associe son nom à une loi qui pour moi est fondamentale la loi de refondation de l'école et j'associe aussi à cette loi le nom de monsieur Delahaye qui était directeur de la DGESCO et monsieur Payon a quitté le gouvernement quand il a compris que cette loi ne serait pas mise en application monsieur Jean-Paul Delahaye en a fait de même et puis ensuite c'est monsieur Hamon qui est devenu ministre de l'éducation nationale et qui a commencé à détricoter cette loi alors je voulais savoir simplement s'il avait oublié et qu'est-ce qu'il pensait du devenir de cette loi si monsieur Hamon était élu président de la république

1:30:06
Présentateur

merci Yves pour cette question Vincent Payon vous répond

1:30:09
Jean-Luc Mélenchon

bon je crois que là on est sur un sujet de fond qui est abordé d'ailleurs par les différents candidats l'école française elle a beaucoup de réussite elle a aussi quelques problèmes c'est des problèmes qui sont parfois assez lourds et il y a le problème majeur ce qui nous est le plus reproché à juste titre parce qu'il est quantifié c'est l'inégalité la reproduction des inégalités et même le raccroissement et puis il y a quand même quelques autres problèmes il y a un problème qui est de formation à la citoyenneté et dans le temps que nous vivons ça préoccupe beaucoup nos concitoyens à juste titre il y a un problème d'insertion professionnelle donc de rapprochement avec le monde de l'entreprise et puis il y a un problème d'épanouissement de nos élèves nous avons une école qui est dure et difficile pour un certain nombre d'enfants la loi de refondation que j'ai eu la chance de porter mais qui heureusement résultait d'un travail porté par beaucoup d'autres et depuis très longtemps a fixé un certain nombre de priorités priorité aux primaires priorité à la formation des enseignants priorité à l'introduction du numérique rapprochement de l'école reprise avec un conseil révision des programmes accueil des moins de 3 ans et donc c'est une loi considérable qui évidemment venait y compris avec l'accompagnement des temps scolaires pour avoir du meilleur temps scolaire venait bousculer un certain nombre de confort ce que je savais ce que je sais toujours c'est que pour toucher à l'école pour changer quelque chose comme ça il faut beaucoup de temps il ne faut pas simplement faire des lois ou des décrets ce sont des choses il faut aussi réajuster les choses quand elles ne se passent pas aussi bien qu'on le souhaiterait moi ce que je souhaite je l'ai fait Luc Châtel était là c'était lui qui avait fait la concertation pour le temps scolaire que tout le monde identifie à ma personne parce qu'il avait compris que retirer une demi-journée de classe aux enfants personne n'était pour ça ne s'est fait qu'en 2008 et lui dès 2012 vous avez donc ce que je souhaite c'est que les candidats surtout aient l'intelligence de poursuivre dans la durée des réformes qui commencent à porter leurs fruits on a diminué de 50 000 par exemple les décrocheurs personne ne le dit c'est une immense satisfaction on accueille beaucoup d'enfants en situation de handicap on commence à avoir des résultats mais il faut au moins 10 ans 10 ans et en travaillant dans le détail pour réussir à ce que ça porte ses fruits pour le reste j'ai la mémoire de tout

1:32:18
Présentateur

Vincent Payon conseiller politique de Benoît Hamon merci la semaine prochaine également émission spéciale avec deux invités passez une bonne fin de week-end et un bon dimanche à la semaine prochaine