Nicolas Dupont-Aignan invité sur LCI (15 mai 2020)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:33OuverteRéponse directe
Serait-ce une bonne chose qu'un vaccin ne soit pas soumis aux lois du marché ?
- 1:55OuverteRéponse directe
Sanofi a un taux de profit de 20% en 2018. Que pensez-vous de cette situation ?
- 2:18OuverteRéponse directe
90% des médicaments remboursés par la sécurité sociale ne sont plus produits en France. Comment y remédier ?
- 3:18FerméeRéponse directe
Peut-on nationaliser Sanofi ?
- 3:56OuverteRéponse partielle
La recherche coûte très cher. Comment financer cela ?
- 4:39FerméeRéponse directe
Comment imposer la relocalisation ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:09Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron est en colère après les déclarations du directeur général de Sanofi qui ont beaucoup ému, notamment à classe politique, et l'opinion semble en réserver les vaccins à son principal financeur, à savoir Trump. »
- 0:23Invité politiqueFait
« Le président a réclamé qu'un vaccin ne soit pas soumis aux lois du marché pour éradiquer ce virus, la logique financière est hors sujet. »
- 0:56PrésentateurChiffre
« un taux de profit en 2018, de 20%. »
- 1:01PrésentateurChiffre
« 3,7 milliards donnés aux actionnaires. »
- 1:02PrésentateurChiffre
« 6,8 milliards de résultats nets. »
- 1:31PrésentateurFait
« La recherche, le financement de la recherche sur le vaccin n'était même pas dans le premier programme Covid-19 public. »
- 2:11PrésentateurPromesse
« les médicaments remboursés par la sécurité sociale soient produits en France. »
- 2:23PrésentateurChiffre
« 90 % des médicaments remboursés par la sécurité sociale ne sont plus produits en France. »
- 2:53PrésentateurChiffre
« La France donne 27 milliards d'euros par an pour acheter des médicaments. »
- 3:52PrésentateurChiffre
« On a donné 1,5 milliard à Sanofi depuis 10 ans en crédit. »
- 5:09PrésentateurFait
« l'Allemagne réserve ses principes actifs de ses tests aux Allemands »
- 6:50PrésentateurChiffre
« 700 patients en France, un au Luxembourg. »
- 8:10PrésentateurChiffre
« on a quand même 5 fois moins de morts en Allemagne »
- 9:20PrésentateurFait
« L'usine Luxfer qui produit des bouteilles d'oxygène ou l'usine Famar qui produit de la chloroquine. »
- 9:36PrésentateurChiffre
« On va dépenser plus de 100 milliards d'euros à guérir les maux de cette crise. »
- 10:48PrésentateurPromesse
« j'avais proposé de diviser par deux l'impôt sur les sociétés pour les bénéfices réinvestis sur le sol français. »
- 13:51PrésentateurChiffre
« 10 000 lits minimum de réanimation. Ça coûte 2,5 milliards par an. »
- 14:14PrésentateurChiffre
« 10 milliards à 15 milliards de fraudes sur la carte vitale avec plusieurs millions de fausses cartes vitales. »
- 16:56PrésentateurChiffre
« Elle nous coûte 10 milliards par an. »
- 17:22PrésentateurChiffre
« 26 milliards, c'était indispensable. »
- 17:54PrésentateurChiffre
« c'est 200 milliards qu'il faut mettre sur la table. »
Temps de parole
- Présentateur70 %
- Nicolas Dupont-Aignan21 %
- ?9 %
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Oui,
bonjour à tous, Nicolas Dupont-Aignan, bonjour à vous.
Bonjour, Elisabeth Martichoux.
Patron du parti Debout la France, député de l'Essonne, Nicolas Dupont-Aignan. Emmanuel Macron est en colère après les déclarations du directeur général de Sanofi qui ont beaucoup ému, notamment à classe politique, et l'opinion semble en réserver les vaccins à son principal financeur, à savoir Trump. Et le président a réclamé qu'un vaccin ne soit pas soumis aux lois du marché pour éradiquer ce virus, la logique financière est hors sujet.
Ce
serait magnifique, et je partage ce point de vue d'une manière générale. Simplement, il y
a
un moment où il faut qu'Emmanuel Macron se regarde dans une glace, parce qu'il y a deux problèmes derrière ça. À mon avis, les torts sont partagés.
Il
y a d'abord le tort de Sanofi. J'ai regardé quand même les résultats de Sanofi. Je n
'ai
pas vu beaucoup de monde en parler. C
'est un
taux de résultats nets, c
'est
-à
-dire
un taux de profit en 2018, de 20%. 20%. 3,7
milliards
donnés aux actionnaires. 6,8 milliards de résultats nets. Et Sanofi voudrait que ce soit toujours la collectivité qui prenne le risque
et
l'entreprise qui accapare les profits. Alors, Sanofi, vraiment, se fiche du monde. Premier point. Mais où Sanofi profite
de
ce qui existe, c'est que Sanofi a profité d'une offre du gouvernement américain de mettre de l'argent sur la table pour le vaccin. Mais qu
'est
-ce qu'a fait Emmanuel Macron
?
La recherche, le financement de la recherche sur le vaccin n'était même pas dans le premier programme Covid-19 public. Donc, je dirais qu'il y a
un
problème de fond qu'on a laissé la santé
à
des multinationales pharmaceutiques
qui
font du profit sur la santé et on a laissé s'échapper complètement la recherche publique.
D
'ailleurs, à votre antenne,
tout à l'heure, il y avait un représentant de l'Institut Pasteur qui expliquait très bien qu'on a réduit les crédits de recherche publique.
On a
tout laissé à des entreprises multinationales qui maintenant nous font un bras d'honneur. Donc, il faut reprendre en main, et moi j'ai une proposition très simple que l'on défend depuis des années à Debout la France. C'est quoi ? C'est que les médicaments remboursés par la sécurité
sociale soient
produits en France.
D'accord.
Oui, parce qu'on a tout délocalisé.
Absolument. Enfin, en grande partie, c'est vrai.
90
% des médicaments remboursés par la sécurité sociale ne sont plus produits en France. C
'est un sujet
que la crise du virus met sur la table. C'est vrai. Comment riposter à cette logique financière ? Trump paye le labo et demande évidemment une préférence ensuite dans la distribution du médicament. Est-ce que la réponse, elle est nationale ou est-ce qu'elle est européenne ?
Elle
est nationale d'abord, et puis après elle est européenne. Mais elle est nationale. Je vais vous donner un exemple. Hier soir, je
regardais une de vos chaînes.
Mais
la
France donne 27 milliards d'euros par an pour acheter des médicaments. C'est payé par qui ? Par des crédits publics, cotisations sociales. Et donc il y a un moment où il faut dire stop. On peut réquisitionner des stocks, on peut nationaliser, on peut agir fort. D'ailleurs,
nationaliser Sanofi ?
Mais on peut nationaliser,
on
peut menacer de nationaliser. Sanofi.
Et
alors
?
Dites-nous comment ? Dites-nous comment une entreprise comme Sanofi ? Comment c'est nous
qui payons les médicaments
? C'est nous qui apportons l'argent. On fait croire aux Français que c'est un secteur privé. Ça ne vit que sur crédit public. Crédit public. Ils empochent l'argent des contributions, des cotisations sociales. Ce serait un marché libre du médicament.
C'est un marché
public.
Donc il y a peut-être un moment où ces
entreprises doivent nous respecter la collectivité. On a beaucoup de leviers d'action. On a financé le crédit emploi-recherche. On a donné 1,5 milliard à Sanofi depuis 10 ans en crédit.
La recherche coûte
extraordinairement cher puisqu'elle s'étale sur des années sans rendement pendant ces années-là.
Bien
sûr. Avec 20% de taux de profit.
Non, la recherche
pure.
Mais...
On ne vend pas la vente de médicaments. La recherche coûte très cher. Oui, mais si vous voulez... Est-ce qu'il est normal que ce soit partagé par la manne publique et l'investissement
public ? Il faut les
deux.
D
'accord.
Moi, je ne suis pas pour
tout nationaliser.
Je dis qu'il faut rééquilibrer les choses. Parce que c'est de l'argent public. C'est les 27 milliards d'achats de médicaments. Ces entreprises ont délocalisé pour faire plus de marge. Un taux de marge de 20%, ça ferait rêver tous les entrepreneurs de France. Tous les entrepreneurs
de France. On a laissé tomber... On impose
la
relocalisation... Mais on
impose...
Comment on l'impose
? Comment on l'impose ? Ça ne
se décrète pas. Je prends un exemple. Si, ça se décrète. Mais c'est ce que font les Américains.
Je vais vous donner un exemple. Les Américains, qu'est-ce qu
'ils
font pour beaucoup de secteurs
?
On achètera votre produit si vous créez une usine aux Etats-Unis. Nous, on achète des médicaments remboursés par la Sécurité sociale, tout en autorisant ces entreprises à délocaliser en Inde et en Chine. Et on s'est retrouvés dans nos hôpitaux à ne plus avoir d'anesthésiant pour la réanimation. Donc, il y a bien un moment où on doit prendre des mesures. D'ailleurs, entre nous, qu'est-ce que fait l'Allemagne
? Quand
l'Allemagne réserve ses principes actifs de ses tests aux Allemands,
ils
ont gardé une capacité industrielle nationale. Le problème de la France, c'est qu'on se retrouve, pendant cette crise, à découvrir ce que je ne cesse de dire. Reconnaissez-le, Elisabeth Martichoux, depuis 10 ans. C'est qu'à force de laisser délocaliser toutes nos industries, on n'a plus de base industrielle. Cette base industrielle, elle doit se défendre par patriotisme
économique,
par intervention de l'Etat, par chantage à l'égard des entreprises.
Vous savez
combien coûte un vaccin pour un Américain ? Un Américain qui veut faire vacciner son enfant contre la rougeole,
ça
coûte
combien ? Je ne sais pas ce prix-là, vous
allez me la prendre. Ça coûte un petit
millier de dollars. Ce que je veux dire, c'est que Trump, effectivement, il finance et il en reçoit les profits de son financement de l'industrie pharmaceutique. Mais en France,
quand
on se fait
vacciner,
ça
ne
coûte rien.
Donc quel est le meilleur
modèle
?
Raison de plus, Elisabeth Martichoux, je préfère le modèle français parce qu'aux États-Unis, il faut avoir de l'argent pour se soigner. Moi,
je
n
'ai
pas envie de cette société-là. Mais ça veut dire que si on conçoit qu'on a une société à défendre, on la défend. Ça veut dire qu
'on
ne laisse pas partir toutes nos industries. Cela veut dire aussi, par exemple, qu'on peut baisser les charges des entreprises qui investissent en France. Je vais vous donner
un autre exemple d'allocation de recherche. Et si
cette crise, finalement, en tout cas cette polémique qui a été créée...
Est une chance pour demain ?
Est une chance aussi pour créer un électrochoc pour l'Europe. Pour l'Europe. Elle mesure à quel point elle est en retard, par exemple, dans cette affaire.
D'accord.
Et si
ça lui permettait de construire l'Europe du médicament ?
Je n
'y
crois pas un instant. Pourquoi ? Mais parce qu'on a eu l'exemple avec Discovery, l'essai Discovery. Très intéressant. On nous
a
dit
on
va faire l'Europe, la France va faire l'Europe. Vous savez, 700 patients en France, un au Luxembourg. Les Allemands nous ont fait un bras d'honneur parce que les Allemands raisonnent allemands. Les Allemands ont défendu leur industrie. Les Allemands ont dit on réserve nos tests pour les Allemands. Il ne
faut
pas plus d'Europe. Mais il faut plus de France. Et ensuite, quand on est fort, oui, plus de France, quand on est fort en France, quand on a les moyens de notre politique, on peut discuter avec nos voisins. Vous savez, la leçon de cette crise, c'est qu'un pays qui a abandonné son industrie
n
'a plus une marge de manœuvre. Que les ministres ont été obligés de courir après les masses, courir après les tests. C'est terrible ce qui se passe parce qu'on a abandonné, on n'a pas compris qu'il
y a
des rapports de force. L
'Allemagne défend son industrie. Emmanuel Macron est un rêveur, c'est un enfant.
Il semble se convertir à une politique économique souverainiste,
plus
souverainiste, d'entacte.
Non.
Pourquoi ?
Parce que, par exemple, l'Union européenne, qu'il soutient tant, vient de signer un accord de libre-échange avec le Mexique. L'Union européenne, pendant cette crise, a continué à signer des accords de libre-échange déloyaux. Donc, moi, je suis pour l'Europe. Si, à un moment, l'Europe ne peut marcher... C
'était avant.
Non, non, ce n'est pas avant.
C'est il y a 8 jours. Il
y a 15 jours. C
'est parce qu'il est dans un processus
européen. Ah, ben, un
processus. Non,
mais
attendez.
On ne peut pas dire tout le contraire de tout. Je ne crois pas
à
l'instant. D'accord.
Parce qu'il y
a
un moment, d'ailleurs, il est la risée de l'Europe. On est la risée de l'Europe. Parce qu'il
y a quand même 5 fois... On est en gestion de la
crise.
Mais oui. Parce qu'on a quand même 5 fois moins de morts en Allemagne. Et pourquoi on a 5 fois moins de morts en Allemagne ? Parce que le 15 janvier, le 15 janvier, pendant que le gouvernement était aux abonnés absents en France, Mme Merkel a réuni les industriels allemands, les scientifiques allemands, et leur a dit « Vous me faites un test allemand ».
Et
le test allemand, il est réservé à l'Allemagne. Et ils ont testé, testé, testé, pendant que nous, on faisait la politique de l'autruche. Je suis venu chez vous, vous m'avez invité très gentiment, le 27 février ou le 28. Et j'ai regardé hier soir ce que je vous disais.
On me prenait pour un fou, un porteur de mauvaises nouvelles, parce que je disais depuis le 27 janvier, 27 janvier, j'ai fait ma première vidéo, alerté par des médecins, regardant ce qui se passait en Asie, qu'il fallait investir dans les masques, reconvertir les usines au plus vite possible, mettre des caméras thermiques à Roissy, on vient de les mettre ce matin, qu'il fallait des tests et que c'était le moyen d'éviter un confinement dramatique. Alors,
si
vous
dites ce retard
permanent, pourquoi
?
Parce que je pense qu'il
y a
une idéologie
très
effrayante dans l'appareil d'État français. On n'intervient pas. Je vais vous donner un exemple précis, soyons concrets. L'usine Luxfer qui produit des bouteilles d'oxygène ou l'usine Famar qui produit de la chloroquine. Monsieur le maire a refusé, par idéologie, de les racheter.
Ça
a été demandé par Monsieur Mélenchon, par Madame Le Pen, par moi, par beaucoup d'autres. C'est la raison. C'est des sommes dérisoires. On va dépenser plus de 100 milliards d'euros
à
guérir les maux de cette crise. Pourquoi ? Parce qu'on a radiné... Il
fallait les mettre sur la
table.
Mais bien sûr. Mais pourquoi ? Parce qu'on a radiné sur 100 millions d'euros par an de masques. Parce qu'on n'a pas voulu rapatrier des chaînes de production. Parce qu'on n'a pas voulu convertir des chaînes de production. Les chefs d'entreprises françaises, les PME françaises, ceux qui sont sur le terrain,
ils n'attendent qu
'une chose.
Comment aider à
relocacer
? Le Japon le fait.
Je vais vous donner un exemple. Ce que j'ai proposé. Concrètement, comment
ici aider à relocacer ? Sur les 100 milliards, je demande qu'on garde un fonds de 2 milliards. 2 milliards sur 100.
Ce
qu'a fait le Japon. Et on fait des prêts à très long terme, à 50 ans, pour les entreprises. Il y a des chefs d'entreprise qui veulent investir. J'ai trouvé une entreprise fin février dans les Vosges.
J
'ai trouvé une
entreprise qui voulait créer des masques, investir.
On rachète, on investit.
On
investit. Ce que fait le Japon. Ce que font d'une certaine manière indirectement l'Allemagne avec les banques régionales. Ce que font les Etats-Unis d'une manière indirecte. Donc des aides directes. Des aides directes à l
'investissement.
Ce
serait
dans un fonds
de relocalisation.
Une
dette pas perpétuelle, mais de
très très interne. Ce sont des dons.
Ce que fait le Japon.
Baisser les impôts de production.
Alors, bien évidemment, et ce que j'ai proposé depuis des années à l'élection présidentielle, c'est que j'avais proposé de diviser par deux l'impôt sur les sociétés pour les bénéfices réinvestis sur le sol français. Car on ne peut pas accuser les entreprises délocalisées si on ne crée pas un environnement favorable. Donc je ne suis pas pour tout nationaliser loin de là.
Je suis pour qu'il y ait l'incitation. Mais Laurent Berger veut taxer les
entreprises qui s'en sont le mieux sorties. Parce qu'aujourd'hui, l'un des sujets sur la table, c'est effectivement aussi la question de la redistribution. Tout
à fait.
Que les riches s'en sortent mieux que les plus pauvres dans cette crise.
J'ai proposé à l'Assemblée
nationale...
Taxer les entreprises qui
s'en seraient le
mieux sorties. Non, je ne
suis pas là
-dessus. Je suis pour en revanche. Je vais vous dire ce que je suis pour. Je suis pour interdire la distribution de dividendes quand on est d'une entreprise. C'est quand même ahurissant qu'on a payé le chômage partiel d'entreprises
qui
en même temps distribuent des dividendes.
Interdire
les dividendes de
toutes les entreprises. Non,
pas interdire, de suspendre
la
distribution des
dividendes provisoirement quand une entreprise est aidée par des fonds publics. Parce que l'argent du contribuable ne peut pas passer directement dans l'entreprise qui licencie, puis après repartir aux actionnaires. Je pense que chacun doit prendre sa part de l'effort. Le salarié prend sa part de l'effort avec le chômage partiel qui va être réduit. Les actionnaires peuvent prendre une petite part de l'effort. Deuxièmement, je propose qu'on rétablisse l'impôt sur la fortune pour que les plus riches contribuent, sauf... Ça rapporte combien ? Sauf... Ça rapporte combien ? Vous avez rapporté 5 milliards, ça sera un peu moins,
2, 3 milliards. Sur
les 100 milliards qui ont été investis, certains disent, comme Bruno Le Maire, c'est démagogique.
Non, ce n'est pas démagogique.
Pourquoi ? Ce qui est de
l
'idéologie...
C'est
symbolique et
c'est important
? Non,
c'est
plus que symbolique. C'est quand vous avez beaucoup d'argent.
Eh
bien, je pense qu'il est moral quand un pays va affronter une crise terrible sociale et économique que vous contribuyez un peu aux dépenses publiques. Et je vais vous donner un
exemple. Mais vous
n'allez pas faire fuir,
certains le disent. Non, parce que...
Ceux qui précisément peuvent aider à la reconstruction.
Non, parce que ce raisonnement-là est biaisé. Moi, j'ai proposé à la présidentielle une mesure simple. 100% d'exonération d'ISF, c'est-à-dire zéro ISF, quand vous investissez sur le sol français. Donc, ce que je crois pour l'avenir, c'est qu'entre ceux qui veulent tout nationaliser et augmenter les impôts de manière délirante, qui casserait, vous avez raison, l'investissement en France, qui serait absurde. Et ceux, comme le gouvernement, qui sont ultra-libéraux, qui, en fait, font que jamais il
n'y
a de ruissellement, moi, je propose qu'on ait une vision d'incitation à produire en France. Car la leçon de tout ça, c'est qu'il faut relocaliser. Mais relocaliser, on ne
peut
pas forcer les gens à relocaliser. Il faut les inciter à
relocaliser. Donc,
vous n
'êtes
pas pour l'augmentation des impôts, comme ça a été fait en 2008, ça avait freiné la reprise. Vous dites, l'ISF,
on
rétablit, mais on exonère ceux qui investissent.
Exactement. C'est-à-dire qu'on fait en sorte
que
ceux qui ont de l'argent investissent en France. Le deuxième point, c'est que je pense aussi qu'il faut dépenser autrement. Je propose, par exemple, quelque chose. Je ne
sais
pas si vous avez vu, le gouvernement, et ça m'a beaucoup surpris, a dit,
on
va revenir aux 5 000 lits de réanimation.
Mais
c'est stupéfiant. Parce que si on a eu autant de morts dans notre pays, c'est parce qu'on n'avait pas le nombre de lits de réanimation suffisant. On est monté à 7 000, 10 000 de briquets de broc. Il faut remonter au niveau de l'Allemagne. 10 000 lits minimum de réanimation. Ça coûte 2,5
milliards
par an. Ça existe de la formation d'infirmière. Ce n
'est
pas si facile. Je propose quoi
?
Réanimation et soins intensifs.
Non, non.
Réanimation. Je parle l'île de
réanimation. En Allemagne, c'est
le cas. Oui, mais l'île de réanimation pour atteindre le niveau de la Corée du Sud par habitant, du Japon et de l'Allemagne et de la Suisse.
Ça
coûte 2,5
milliards.
Vous savez, Elisabeth Martichoux, qui a à peu près 10 milliards à 15 milliards de fraudes sur la carte vitale avec plusieurs millions de fausses
cartes vitales. La chasse à la
fraude pour financer
le réarmement de l'hôpital et des services de réanimation.
Oui,
parce qu'on a le plus fort...
Elisabeth Martichoux. C'est quand même paradoxal ce qui s'est passé. On a le plus fort taux de prélèvement obligatoire de dépenses publiques au monde. Absolument. Et on a un hôpital en ruine.
Eh
bien, je considère...
Qui a tenu au prix d'un effort inouï
des soignants. Mais
attendez, Elisabeth
Martichoux, est-ce que le
rôle d'un homme politique et d'un chef d'État, ce n
'est
pas de prévoir...
On
s'est fait avoir une fois, si je puis m'exprimer un peu vulgairement. Est-ce que le rôle, plutôt que de dire on va revenir aux 5 000 lits de réanimation, on sait que c'est notoirement insuffisant, est-ce que ce n
'est
pas quand même d'anticiper, s'il
y
a une deuxième vague, d'anticiper et de dire nos personnels soignants ont fait un effort ahurissant, ils ne pourront pas le faire deux fois. Et donc, parce qu'ils sont épuisés. Et je trouve stupéfiant. Et chez vous, le 27 février, j'avais proposé...
On
n
'est
jamais mieux servi que par soi-même.
Mais j
'avais proposé
qu'on rouvre le Val-de
-Grâce, qui est un hôpital qui est vide actuellement, qui a été fermé de manière
absurde. Qui a été
fermé il y a quelques années. Nicolas Dupont-Aignan, une médaille. Sibétendia,
il
l
'a
annoncé mercredi. Un hommage national. La République veut rendre un hommage à tous ceux qui ont été en première ligne, les soignants, mais aussi les caissières de supermarché, etc. C'est un beau geste.
Très bien, un hommage. Mais vous savez ce qu'aimerait comme hommage les soignants, justement ? C'est qu'on réouvre les hôpitaux fermés,
qu
'on leur permette d'avoir les moyens que l'on réclame depuis des années, qu'on arrête la logique absurde qui a détruit l'hôpital public français, la recherche publique. Donc, ils ne volent pas des médailles en chocolat. Ils volent des actes.
D'accord. Donc,
on peut faire une médaille. Mais la plus belle médaille qu'on peut rendre...
Donc,
pas de bonnes intentions, mais le plan massif pour l'hôpital annoncé, vous attendez des actes et des
décisions
fortes.
Ce qui n
'est
pas du
tout le cas aujourd
'hui, le plan massif s'est évanoui. On revient
aux 5 000... Vous ne croyez pas ? On
ne l'annonce pas avant l'été ?
J'attends. J'espère. Mais j'insiste. On ne peut pas se permettre de redescendre à 5 000 litres de réanimation.
On vous a entendu.
Est-ce que le salut viendra aussi pour la reconstruction de l'économie qui risque l'écroulement, comme a dit le premier ministre, d'un plan massif de relance européen ?
Oui, d'une certaine manière,
à
une condition,
une seule. Finalement, vous êtes
assez européen.
Mais je suis pour l'Europe des nations.
Vous
êtes contre l'Union européenne.
Exactement. Vous avez tout compris. Je suis contre l'Union
européenne
qui a détruit l'Europe. Mais aujourd'hui, vous dites qu'il faut
qu'elle nous aide.
Mais pas qu'elle nous aide. Que les nations d'Europe,
qui
soient renforcées, coordonnent leurs efforts sur certains points. J'ai fait toute ma campagne européenne sur l'Europe de la recherche. En revanche, on voit bien que l'Union européenne ne fonctionne pas. C
'est tout. Elle ne fonctionne
pas, mais pour nous aider. Elle nous coûte quand même 10 milliards par an. Non, elle nous aide pas. Financièrement,
il faut partager un certain nombre de politiques publiques.
Elle nous coûte 10 milliards par an. Vous savez que c'est 10 milliards par an qu'on donne à l'Union européenne net, si on les avait mis dans les hôpitaux et dans la recherche, on n'en serait pas là.
Allez, quelques questions. Il nous reste un peu de temps. L'économie étant ralentie pour certains, elle a notamment été ralentie par le chômage partiel trop important, qui n'incite pas au retour à l'emploi.
Est-ce que vous
partagez
le diagnostic ? Non, pas
du tout. Je ne partage pas du tout. Heureusement qu'il y
a
eu ce chômage partiel, je dis bravo,
parce que 26
milliards, c'était indispensable. En revanche, la question majeure, aujourd'hui, c'est que le plan français, qui est à peu près deux fois inférieur au plan allemand...
Vous parlez des plus de 100 milliards, 110
milliards.
Oui, mais qui est inférieur, nettement au plan allemand, qui est beaucoup plus important, est un plan majoritairement de report de charges et d'emprunts. Or, ce plan était bien calibré
si
le confinement durait 15 jours. Avec un confinement de deux mois, les entreprises nous disent tous, il faut une annulation de charges. Donc le plan sera plus cher. Si on veut sauver le tissu français des PME, c'est 200 milliards
qu'il faut
mettre sur la table. Par la Banque Centrale Européenne, par une monétisation,
c'est la seule solution. La Banque Centrale Européenne
doit
racheter les dettes,
faire
faire la fameuse dette
perpétuelle. C'est la seule solution.
On
n'en rend que les intérêts.
Et
si les Allemands ne veulent pas, il faudra le faire nous-mêmes par la Banque de France. Il n
'y a
pas d'autre solution.
L'Allemagne, dont vous vantez tellement les mérites économiques,
n
'est pas un exemple de solidarité européenne
à ce
titre-là. Mais arrêtez de croire à cette solidarité qui n'existe pas. La France
doit compter. Pour
que la BCE rachète mes
dettes, la BCE, nous sommes actionnaires
de la BCE, chère Elisabeth Martichoux, donc nous pouvons l'exiger. Et si nous ne l'exigeons pas, nous devons faire comme l'Angleterre, le faire par notre banque.
Il
n
'y
a pas d'autre issue.
Est-ce qu'Emmanuel Macron a été à la hauteur ?
Il sera responsable et il devra s'expliquer devant l'histoire d'un pire fiasco politique, administratif. Et le temps n'est pas venu, mais il devra vraiment répondre devant l'histoire.
Alors vous, en tout cas, cette crise ne va pas modifier votre sens de la nuance
?
Écoutez,
le
bilan. Nous avons 20 fois plus de morts par habitant que la Pologne. Nous avons un des pays qui a le plus échoué dans cette crise. Je suis désolé de vous le dire, il est coupable et responsable. Je suis désolé.
Vous êtes pour la pénalisation ?
La sanction populaire
suffira.
La sanction populaire
suffira.
C'est le dernier mot. Donc vous
regarderez votre commission dans quelques mois. Je pense ce que je
dis et je pense que la mensuétude générale est de trop quand on voit le nombre de victimes. Ce qui s'est passé dans notre pays, c'est indigne de la France. De l'idée, je me fais de la France.
J
'ai une autre idée de mon pays.
Nicolas Dupont-Aignan, d'avoir été notre invité ce matin sur LCI. Bonne journée à vous.
Merci. Sous
-titrage Société Radio-Canada.
Nicolas Dupont-Aignan