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Discours / meetingMinistère de l'Europe et des Affaires étrangères· 10 janvier 2026 59 minAutoproduitFond programmatiqueEurope & internationalDéfenseInstitutions & électionsNumérique

Discours de Jean-Nöel Barrot à la conférence des Ambassadrices et des Ambassadeurs 2026

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:40Invité politiqueFait
    « En quelques mois, la nouvelle administration américaine a décidé, et c'est son droit, de repenser les liens qui nous unissent. »
  • 3:24Invité politiqueFait
    « Le monde tel qu'il s'est relevé des deux dernières guerres mondiales est bel et bien derrière nous. »
  • 4:08Invité politiqueFait
    « Brutalisation du droit international. bafoué dans ces principes fondateurs au Soudan, dans les grands lacs à Gaza comme en Ukraine, des millions de femmes, d'enfants, de civils innocents exposés à la mort ou à l'exil. »
  • 5:34Invité politiqueFait
    « Certaines puissances dotées n'ont plus seulement recours à la logique défensive de la dissuasion. Elles la brandissent comme l'assurance vie de leurs agressions coloniales. »
  • 9:15Invité politiqueFait
    « La mesure est la condition de l'équilibre. C'est cet équilibre qu'il faut chercher avec ardeur. »
  • 9:58Invité politiqueFait
    « Oui, nous assistons à une fragmentation du monde, mais non, elle ne se fait pas le long de lignes géographiques. La vraie ligne de fracture, c'est par ceux qui soutiennent le multilatéralisme, l'ordre international fondé sur les règles d'un côté et les autres. »
  • 11:27Invité politiqueFait
    « La charte des Nations-Unies n'est pas une création spontanée d'il y a 80 ans. C'est le fruit de l'esprit européen. »
  • 12:11Invité politiqueFait
    « Chaque nation, si puissante soit-elle, à un moment de son histoire, a toujours le besoin de se placer sous la protection du droit. »
  • 13:39Invité politiqueFait
    « La civilisation européenne est ineffaçable. C'est une civilisation de l'esprit qui s'est forgé patiemment depuis deux millénaires. »
  • 15:05Invité politiqueFait
    « Quel autre idéal politique dans le monde suscite un tel engouement ? »
  • 17:16Invité politiqueFait
    « Rien ne nous garantit aujourd'hui que nous vivrons encore au sein de l'Union européenne telle que nous la connaissons dans 10 ans. »
  • 20:54Invité politiqueFait
    « La France n'est réellement elle-même qu'au premier rang. »
  • 23:06Invité politiqueFait
    « Ce sont les femmes et les hommes qui font la force de ce ministère. »
  • 29:39Invité politiqueFait
    « Nous avons formé à l'initiative du président de la République une coalition de volontaires. Plus de 30 pays réunis cette semaine encore à Paris qui se sont engagés pour la première fois dans leur histoire récente dans un exercice de planification militaire sans équivalent depuis des décennies. »

Temps de parole

  • Jean-Noël Barrot100 %

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0:32
Jean-Noël Barrot

Mesdames et messieurs les ministres, cher Nicolas, cher Éléonore, madame la secrétaire générale, mesdames les directrices et les directeurs, mesdames les ambassadrices et les ambassadeurs, mesdames et messieurs, avant de débuter, permettez-moi d'abord d'adresser en notre nom à tous, avec les parlementaires qui sont présents ce matin, un message de condoléance. et de solidarité aux victimes de la tragédie survenue à Cran Montana dans la nuit du 31 décembre ainsi qu'à leur famille. Neuf de nos compatriotes y ont perdu la vie et 25 Français figurent parmi les blessés. Merci aux équipes du ministère qui à Paris et en Suisse ont porté secours et assistance aux victimes et à leur famille.

Un hommage leur sera rendu aujourd'hui en Suisse en présence du président de la République. Vous le savez, vous qui en êtes les premiers témoins et les acteurs, le monde est en pleine bascule géopolitique et cognitive. Le défi qui se présente à nous est double. D'une part, nous voyons des États, des régions entières s'élever dans la hiérarchie des puissances à une vitesse inédite. Pour ces peuple, le rattrapage économique peut sonner comme une revanche sur l'Occident. Le plus souvent, ils attent les appétits de puissance et la quête insatiable de la croissance, de la richesse, de l'expansion.

Et puis d'autre part, l'invasion de la technologie dans nos vies quotidiennes représente un véritable choc anthropologique pour nos sociétés. Elle atomise nos relations sociales, horizontalise la parole publique et met en péril la capacité de nos démocraties à bâtir un récit commun. Et ce mouvement s'accélère sous nos yeux et d'une certaine manière, il peut nous désorienter. Le fait marquant de ce début d'année concerne nos alliés, des alliés avec lesquels nous ne sommes pas toujours alignés, les États-Unis d'Amérique. Un peuple avec lequel nous européens et plus encore nous français avons une histoire longue et singulière forgé dans les guerres et les révolutions communes.

En quelques mois, la nouvelle administration américaine a décidé, et c'est son droit, de repenser les liens qui nous unissent. C'est aussi notre droit de dire non à un allié historique, tout aussi historique soit-il lorsque sa proposition n'est pas acceptable. Et lorsqu'il faut dire non, le meilleur moment c'est toujours le premier. Alors dans ce contexte, pensons en avance. Ne contemplons pas le passé et regardons le monde droit dans les yeux. Oui, le monde tel qu'il s'est relevé des deux dernières guerres mondiales est bel et bien derrière nous. Et l'avenir de l'Europe, l'avenir de notre pays s'en trouve interrogé.

100 ans après les accords de Locarno, 80 ans après la création des Nations- Unies, 35 ans après la chute de l'URSS, partout nous voyons le monde en proie à la brutalisation. Brutalisation du droit international. bafoué dans ces principes fondateurs au Soudan, dans les grands lacs à Gaza comme en Ukraine, des millions de femmes, d'enfants, de civils innocents exposés à la mort ou à l'exil. En Europe, en Amérique latine, en Asie, la souveraineté des nations est remise en cause par des pays membres permanents du Conseil de sécurité. Ceux-là même qui ont la responsabilité d'être les gardiens de l'ordre international et de ces institutions. Nous vivons un paradoxe.

Ceux qui ont imaginé l'ordre international fondé sur le droit considèrent aujourd'hui qu'ils ont plus à gagner à le violer qu'à le protéger. Ça n'est pas notre conception. Défendre le droit international, cela suppose d'en protéger les principes, les institutions, mais aussi les juges qui sont aujourd'hui attaqués. Et c'est pour cela que nous menons une campagne ardente pour le siège à la Cour Internationale de justice avec notre candidat François Labru. Brutalisation aussi de l'architecture internationale de stabilité alors que le traité new start expirera dans quelques jours et que la conférence d'examen du traité de non prolifération s'ouvrira dans quelques semaines.

Nous voilà de nouveau confrontés au risque de prolifération nucléaire. Nous en sommes réduits à devoir convaincre une nouvelle fois que seul un règlement négocié peut mettre un terme au programme nucléaire iranien. Mais cela va plus loin. Certaines puissances dotées n'ont plus seulement recours à la logique défensive de la dissuasion. Elles la brandissent comme l'assurance vie de leurs agressions coloniales. Brutalisation aussi des relations commerciales soumis à des logiques de conflictualité et de prédation comme si les règles de l'Organisation mondiale du commerce n'étaient plus qu'un lointain souvenir.

brutalisation, nous le voyons, vous le voyez, des attaques contre l'Occident par des nations révisionnistes qui ne reculent devant rien pour accroître leur emprise sur les pays les moins avancés. Nul ne peut deviner quelles seront les conséquences dramatiques de cette lame de fond, de cette brutalisation. Et à dire vrai, ce n'est pas la question. La seule question qui vaille, c'est celle du choix. Quel choix faisons-nous face à la brutalisation ? Le président l'a rappelé hier devant vous, il y a deux écueils qu'il nous faut éviter et dans lesquels il serait pourtant si facile et si confortable de nous installer.

Le premier écueil serait de nous résigner, de nous lamenter du surgissement de la violence et de la force, de les condamner de manière passive, de nous complaire dans la posture de l'herbivore indigné de la décomplexion du carnivore. Nous deviendrions alors les commentateurs, les spectateurs de notre propre impuissance. Le second écueil serait de rejeter à notre tour les principes que la France avec d'autres apporté. Tourner le dos à notre histoire.

Considérer que ces règles pour lesquelles d'autres avant nous se sont levés n'avaient de sens que dans le monde d'hier, qu'elles n'ont plus aujourd'hui et qu'elles n'en auront plus demain et qu'il nous faudrait nous en émanciper car la loi du plus fort est toujours la meilleure. Telor de la France. Je tiens de ma patrie un cœur qui la déborde et plus je suis français, plus je me sens humain disait René Cassin qui fut avec Éléanor Rousevet le principal artisan de la déclaration universelle des droits de l'homme. Les peuples du monde doivent rester les destinataires de notre message, du message universel de la France.

Et il nous faut continuer à écrire ces mots si puissants : liberté, égalité, fraternité, dignité, démocratie, science, éducation. y renoncer ne serait ni dans notre intérêt ni à notre portée. Alors nous résigner d'une part, tourner le dos à ce que nous sommes, d'autre part écueils, deux impasses. Non, la bonne attitude, la seule attitude qui vaille, c'est la résistance à cette brutalisation du monde qui passe par l'affirmation de quelques principes simples.

Premier principe, les logiques de domination, si fascinantes soit-elles pour les observateurs, sont vaines et voué à l'échec parce que les nouveaux empires portent, nous le voyons bien, en eux-mêmes les conditions de leur propre faiblesse et non seulement les grandes puissances ont leur propre faiblesse interne qui sont largement documenté et je n'y reviens pas, mais à chaque fois qu'une nation a cherché à étendre démesurément son influence, son imprunte économique ou son territoire au détriment des autres. Elle a fini par tout perdre, aveuglée par sonris. Chaque nation du monde est confrontée à sa propre finitude. La mesure est la condition de l'équilibre.

C'est cet équilibre qu'il faut chercher avec ardeur. C'est la raison pour laquelle sous notre présidence le G7 s'emparera de la question des grands déséquilibres mondiaux et de leur résolution surproduction chinoise, sous-investissement européen, surendettement américain et sous-développement des pays les moins avancés. Par un diagnostic partagé et des politiques coordonnées, nous rechercherons un nouvel équilibre soutenable pour tous. Deuxème principe, il n'y a pas de sud global, pas plus qu'il n'y a d'Occident collectif. Voilà des concepts politiques construits par nos adversaires pour nous affaiblir.

Oui, nous assistons à une fragmentation du monde, mais non, elle ne se fait pas le long de lignes géographiques. La vraie ligne de fracture, c'est par ceux qui soutiennent le multilatéralisme, l'ordre international fondé sur les règles d'un côté et les autres. Avec le pacte pour la prospérité des peuples et la planète, la France a montré la voix d'une relation plus juste entre les pays les plus et les moins avancés à l'écart des postures géopolitiques stériles et des logiques de bloc. Là encore, la présidence française du G7 s'inscrira dans ce même esprit en suscitant un dialogue approfondi entre les grandes démocraties industrielles et les grands pays émergents.

À commencer par l'Inde qui préside les bricks et dont le ministre des affaires étrangères, mon ami le docteur Ja Chancard, nous a fait l'amitié d'être l'invité d'honneur de cette 31e conférence. La France parce que c'est sa vocation, parce que c'est notre intérêt. La France est restera la voix de ceux qui refusent les logiques de bloc. 3è principe, le droit international n'est pas mort. Ces principes fondateurs sont justes, mais les institutions qui les portent sont en panne et doivent être refondées. La charte des Nations- Unies n'est pas une création spontanée d'il y a 80 ans. C'est le fruit de l'esprit européen.

C'est le fruit d'un processus lent de maturation initié depuis les traités de Vesphal et fruit de la lassitude des peuples enillés par des guerres sans fin. Alors, intangibilité des frontières, droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, non recours à la force, ces principes sacrés restent parfaitement valide pour régir les relations entre les peuples. Et le droit international doit être défendu par principe car il est le bouclier de ceux qui n'en ont pas. Il est un bien commun, il est la condition de la paix, de la stabilité, de la sécurité du plus grand nombre.

Et chaque nation, chaque nation, si puissante soit-elle, à un moment de son histoire, a toujours le besoin de se placer sous la protection du droit. Mais disons-le, les institutions qui sont les gardiennes de ce droit sont aujourd'hui en panne à commencer par le Conseil de sécurité des Nations- Unies qui ne parvient plus à faire respecter le droit, faute de légitimité. C'est la raison pour laquelle je ne vous surprendrai pas. La France cherchera en 2026 à le réformer en modifiant sa composition pour y accueillir de nouveaux membres permanents et en particulier deux pays africains.

Et pour cela, il nous faudra parvenir enfin après des années à faire adopter un texte en ce sens par l'Assemblée générale des Nations Unies. Voilà les trois principes à partir desquels nous devons résister à cette brutalisation du monde. Et la résistance à la brutalisation du monde, elle doit s'organiser ici en Europe. D'abord parce que de l'Asie à l'Amérique latine en passant par l'Afrique, des peuples libres et désirant le rester attendent que l'Europe se lève et montre la voix une nouvelle fois. Non. L'Europe n'est pas au bord de l'effacement civilisationnel et les voies présomptueuses qui le prétendent ferait mieux de prendre garde à leur propre effacement.

La civilisation européenne est ineffaçable. C'est une civilisation de l'esprit qui s'est forgé patiemment depuis deux millénaires. Deux millénaires parsemés d'échecs et de succès, de flux, de reflus, de guerre, de paix qui ont donné naissance à l'une des constructions politiques les plus abouties de l'histoire, l'Union européenne qui n'acquit dans le salon de l'horloge du quai d'Orset le 9 mai et de fait, on vit mieux en Europe que dans les autres régions du monde. Mieux qu'en Chine, mieux qu'aux États-Unis. On y vit plus libre, on y vit plus longtemps, plus démocratiquement. Paul Valérie avait raison.

Les autres parties du monde ont eu des civilisations admirables, des poètes de premier ordre et même des savants. Mais aucune partie du monde n'a possédé cette singulière propriété physique. Tout est venu à l'Europe et tout en est venu. Et regardez, 10 pays sont aujourd'hui candidats pour rejoindre l'Union européenne. Quelle autre organisation politique dans le monde peut en dire autant ? Et regardez adici comme sur le Maidan en 2014 des peuples se lèvent et chantent leur aspiration à la démocratie au son de l'ode à la joie et en brandissant le drapeau européen comme un symbole d'espérance. Quel autre idéal politique dans le monde suscite un tel engouement ?

Alors non, la civilisation européenne ne s'effacera pas. Mais oui, notre organisation politique est aujourd'hui en danger. Malgré sa stabilité si précieuse dans un monde imprévisible, malgré ses immenses richesses scientifiques, technologiques, culturelles et financières, je sais notre engagement collectif pour promouvoir notre engagement européen tout comme celui de Benjamin Hadad et l'énergie qui consacre. Mais malgré cette prévisibilité, malgré ces richesses immenses, notre organisation politique européenne est en danger.

Menacé de l'extérieur par des adversaires qui tentent de détricoter les liens de solidarité qui nous unissent, qui rêvent d'exploiter à nouveau nos divisions comme ils l'ont fait confortablement pendant des siècles. Qui déjà, on l'a vu encore l'année la nuit dernière en Ukraine, commence à tester la force de notre union. par la menace, par la coercition, comment témoignent les incursions territoriales sur le flanc oriental, le chantage commercial, les prétentions sur le Groenland qui n'est pourtant pas à vendre. C'est un soutien affirmé aussi apporté par certains à des forces politiques qui veulent tourner le dos à l'héritage européen.

Et puis ce sont des sanctions prises à l'encontre de nos entreprises ou d'un ancien commissaire européen qui sont en réalité un défi lancé à notre capacité à choisir nos règles sur notre sol par nous-même. Et sur ce sujet, je le dis clairement, si le gant devait être jeté, la France le relèverait. Notre Union est également menacée de l'intérieur par la lassitude démocratique. Une fatigue engendrée par des institutions perçues comme trop lointaine, produisant aveuglément de la norme et violant chaque jour un peu plus le principe sur lequel notre union est fondée, le principe de subsidiarité. Alors, soyons lucides.

Rien ne nous garantit aujourd'hui que nous vivrons encore au sein de l'Union européenne telle que nous la connaissons dans 10 ans. Rappelons-nous les mots de Raymond Haron en 1939. Je crois à la victoire finale des démocraties mais à une condition, c'est qu'elle le veuille. Alors, notre intérêt, l'intérêt de la France, c'est que l'Europe se redresse, qu'elle se lève, qu'elle s'affirme comme une grande puissance démocratique et indépendante avec la même force et la même détermination qu'un empire.

qu'elle tienne sa frontière contre toutes les menaces venues du Kremelin, du programme nucléaire iranien ou du terrorisme islamiste, contre toute forme de concurrence déloyale ou de coercition économique, contre toute ingence dans les processus électoraux de ces Étatsmembres, que l'Europe tienne bon, qu'elle tienne ferme. Et ce redressement de l'Europe se joue aussi, mesdames et messieurs les ambassadeurs, dans l'attention accrue que nous devons porter à notre voisinage immédiat. Je pense à l'Ukraine bien sûr, mais dans les balcans occidentaux où l'aspiration à rejoindre l'Union européenne est forte, elle doit être accompagnée.

Ceux qui ont lu Ivo Hendric ou Ismaï Cadaret savent que nous partageons une communauté de destin avec cette région. des ponts déjà ont été jetés dans le caucase aussi où nous devons tendre la main à des partenaires avec lesquels nous avons parfois eu des désaccords. Soyons pragmatiques, soyons des partenaires fiables pour les accompagner dans leur parcours vers l'Union européenne. C'est notre intérêt partagé.

Ce redressement européen est encore possible, mais il reste peu de temps et c'est pourquoi nous nous mobiliserons tous sans relâche pour que l'agenda de la Sorbonne et celui établi plus récemment à Toulon par le président de la République et le chancelier allemand soit mise en œuvre sans délai. Car chacun le sait ici. La clé du redressement de l'Europe, c'est évidemment une ambition partagée avec l'Allemagne qui par l'histoire et par la géographie demeure le premier de nos partenaires. Et si je puis dire au-delà de cette mise en œuvre de l'agenda de Toulon à laquelle nous allons travailler, il nous faut créer des liens de solidarité nouveaux entre nos deux peuples.

Le récent sommet franco-allemand sur la souveraineté numérique a jeté les fondations de ce qui pourrait prendre la forme à l'air de l'intelligence artificiel et du quantique d'une mise en commun chouanienne de notre puissance de calcul de nos talents, de nos données. Alors en 2026, faisons du numérique ce que le charbon et l'acier furent en 1950 au service d'un couple franco-allemand qui avec la Pologne au sein du triangle de Vaimar est capable d'entraîner l'Europe. Mais pour avancer et pour faire avancer l'Europe, il nous faut il nous faut être lucide sur la situation de notre pays. La France est restera une grande nation.

Mais sur l'échelle du développement, d'autres pays nous ont rejoint ou dépassé. De jeunes nations ont émergé qui contestent notre place. Si nous refusons de le voir, nous perdrons inexorablement de notre capacité à faire bouger les lignes. Et pourtant, pour reprendre les mots du général de Gaulle, la France n'est réellement elle-même qu'au premier rang. Seuls de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même. La France ne peut être la France sans la grandeur. Et oui, notre force à l'extérieur est très directement conditionnée par notre force à l'intérieur, force militaire, force économique, force morale.

Aujourd'hui, certains répandent l'idée qu'il est déjà trop tard, que le déclin est inexorable et que nous avons déjà perdu. Il suffit d'ouvrir les journaux du jour. Et derrière la façade patriotique de ces discours, il tente de diffuser l'esprit de défaite, cherche des bouqu émissaires pour apaiser la colère et prépare discrètement la capitulation. Je ne peux pas m'y résoudre. Nous ne pouvons pas nous y résoudre. Ne baissons pas la tête, ne baissons pas les bras parce que nous savons que la France est prête au rebond. Elle en a la force d'âme.

Les Françaises et les Français sur le territoire national comme à l'étranger, en ont le talent et leur génie nous interdit la résignation morose et le pessimisme fatigué. Soyons prêts à fournir les efforts nécessaires. Délestons notre pays de ses servitudes financières. brisons les carcans qui entravent l'énergie créatrice du peuple français. Refaisons de la France un pays d'ingénieurs, de chercheurs, de créateurs et rendons à chacun les moyens de diriger sa vie pour libérer les puissances du rêve et celles de l'action. Un autre monde est possible mais il est dans celui-ci, écrivait Paul et Luar. Tout est possible et nous avons les nous en avons à l'intérieur de nous-mêmes les ressources.

Tout est là à condition pour la France de montrer de la force d'âme. Alors chers ambassadrices et ambassadeurs, cette force d'âme, je sais qu'elle vous habite et qu'elle guide votre action.

Et les 12 mois qui se sont écoulés depuis la 30e édition de notre conférence, qui ne nous ont laissé aucun réponté parce que nous avons traversé ensemble bien des épreuves et dans les victoires comme dans les revers, j'ai pris toute la mesure du privilège qui m'est donné d'être votre chef à la tête d'un réseau sans pareil, d'une communauté humaine tout entière dévouée au service de la France, à Paris, à Nant comme au bout du monde, Dans nos représentations permanentes, nos ambassades, nos consulats, j'ai vu des femmes et des hommes démontrant des qualités exceptionnelles de résilience, de résolution et de courage dans l'exercice de la mission.

qui me soit donc permis de vous rendre hommage et à travers vous aux 14000 agents qui œuvrent quotidiennement au service du ministère de l'Europe et des affaires étrangères avec une pensée pour nos 24 collègues décédés cette année dont sept agents de droit local avec une pensée particulière pour nos collègues qui servent dans des zones de crise ou de conflits armés àan Jérusalem était la vive pendant la guerre des 12 jours à Port au Prince face à la violence des gangs à Caracasse sous les bombardements et les menaces d'expulsion à Kif chaque nuit dans les abris à Kinshassa ambassade assaï et incendié oui le métier de diplomate est une vocation exigeante un métier rude qui comporte des risques qui supposent des sacrifices personnels.

et familiaux. Et je veux saluer le dévouement et le courage dont vous faites preuve, chacune et chacun dans les fonctions qui sont les vôtres, vous assurer de ma gratitude et de celle de la République parce que oui, ce sont les femmes et les hommes qui font la force de ce ministère. C'est pour cela que j'ai tenu les engagements que j'avais pris devant vous il y a un an. En dépit des contraintes budgétaires, nous avons poursuivi la mise en œuvre des prescriptions des États généraux de la diplomatie.

Nous avons renforcé votre pouvoir d'agir en vous donnant une plus grande liberté d'arbitrage sur les crédits de fonctionnement des ambassades, en mettant à votre disposition de nouveaux outils de pilotage et de gestion en prenant 60 mesures de simplification, une par semaine, en supprimant chaque mois une commande qui freinait votre action, en éliminant plus de 3000 notes administratives récurrentes qui vous prenaient du temps au détriment de l'essentiel en supprimant ou en dématérialisant 3/4 des formulaires.

Nous avons aussi, et c'est une fierté collective, donner un nouvel essort à l'Académie diplomatique et consulaire pour consacrer la singularité de nos métiers et accompagner le renforcement des compétences de chacun. Cette année, nous poursuivrons ce même élan. Nous continuerons nos efforts de simplification et de déconcentration. Nous renforcerons la planification de nos bascules d'effort pour mieux anticiper vos besoins en ressources humaines.

Nous mettrons à votre disposition de nouveaux outils, un guide du gestionnaire diplomate, un meilleur accompagnement dans vos projets de mobilité, un plan d'action pour la santé mentale ainsi qu'une nouvelle feuille de route pour les conjoints d'agents qui méritent d'être mieux informés, mieux accompagnés, mieux protégés.

Nous renforcerons notre stratégie immobilière par une maîtrise d'œuvre unique et un programme de session immobilière relanceront les travaux sur l'adaptation des réseaux de l'État à l'étranger dans le cadre du comité interministériel des réseaux internationaux de l'État pour nous adapter toujours davantage au contexte international à nos priorités stratégiques et rappeler la centralité du chef de poste comme représentant de la France et de ses intérêts à l'étranger. Nous multiplierons les partenariats avec les collectivités territoriales. J'y reviendrai à l'image de la convention passée avec les Haut de France pour les stagiaires issus de milieu défavorisés.

Nous lancerons un groupe diplomatie et société qui sera animé par le directeur général de l'administration et de la modernisation que je remercie pour son engagement sans cesse renouvelé. Il doit pas être très loin, il est juste là et par des personnalités de la société civile pour formuler des recommandations permettant de renforcer encore notre impact. Et puis nous créerons une tasse force plaido pour mieux expliquer nos actions au relais d'opinion. Ce sont les femmes et les hommes qui sont la force de ce ministère.

Et c'est grâce à ces femmes et ces hommes, c'est grâce à vous que nous avons remporté cette année des succès majeurs que le président a rappelé hier mais que je ne peux pas résister de citer à mon tour. Nous avons su jouer à la perfection des trois atout maîtres que j'évoqué l'année dernière. une voix singulière, une diplomatie créative, un ministère au service des Français. Première atout, la voix singulière de la France. Elle a d'abord retenti, souvenez-vous, le 24 février lorsque la France a amendé avec briot une résolution américaine sur la guerre d'agression russe contre l'U l'Ukraine pour la rendre conforme au droit international.

Elle a retenti en juin dernier lorsque le président de la République a rappelé que les frappes en Iran n'avaient pas de caractère légal. Elle a retenti lorsque après un an de travail la résolution que nous avons présentée à l'Assemblée générale des Nations-Unies condamnant le Hamas etc crimes appelant à son désarmement dessinant les contours d'une intégration régionale et garantissant le droit du peuple palestinien à l'autodétermination a été adopté par 142 voix contre 10, c'est-à-dire à l'écrasante majorité des nations du monde. et elle a retenti.

Lorsque sur ce sole patiemment bâti, nous avons reconnu l'état de Palestine et entraîné dans notre sillage 10 autres pays dont le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie. Alors, je remercie les équipes du directeur politique, du directeur ANMO, la direction des Nations- Unies, nos ambassadeurs dans les postes concernés notre représentation permanente de m'avoir épaulé pendant les longs mois de préparation qui ont conduit à cette décision fondatrice. Deuxème à tout, le caractère créatif de notre diplomatie.

s'est aussi manifesté à de nombreuses reprises cette année face à un problème de sécurité collective à l'échelle du continent européen, un problème qui semblait insoluble puisqu'il ne pouvait pas être traité au sein de l'OTAN, nous avons formé à l'initiative du président de la République une coalition de volontaires. Plus de 30 pays réunis cette semaine encore à Paris qui se sont engagés pour la première fois dans leur histoire récente dans un exercice de planification militaire sans équivalent depuis des décennies.

Alors, félicitations aux équipes de la direction d'Europe continentale des affaires stratégiques et de sécurité pour leur suivi attentif de ce travail auquel nous avons apporté une contribution décisive. Face à l'échec redouté du multilatérisme pour protéger le principal puit de carbone de la planète, nous avons accueilli à Nice, la plus grande manifestation jamais consacrée à l'océan. Et là encore, au départ, nous avons formé une coalition pour obtenir ratification après ratification l'entrée en vigueur du traité sur la haute paire. Ensemble, nous l'avons fait.

La première conférence des partis se tiendra en 2026 avec l'ambassadeur thématique, tant d'entre vous ont contribué à ce résultat qu'ils en soient tous remerciés. Face aux attaques redoublées contre l'image de la France, nous avons transformé en profondeur notre direction de la communication et de la presse pour nous doter d'une puissance de frappe.

et je remercie le directeur de la DCP et ses équipes pour cette mise en œuvre parce qu'il s'agissait que le ministère puisse exercer pleinement son rôle de chef de fil interministériel dans la guerre informationnelle pour ne rien céder dans la bataille des récits comme le compte French Response s'attache à le faire désormais avec brio et avec des résultats spectaculaires. Merci aux équipes aujourd'hui mobilisé 24h sur 24. Grâce à elle, la France hausse le ton. La France monte le son et nous n'allons pas nous arrêter là. Face au risque de décrochage, nous avons obtenu de nouvelles victoires pour l'autonomie stratégique de l'Union européenne.

Cette idée si nouvelle quand le président de la République l' portait en 2017 et qui est devenue pour les Européens une boussole. au point que la présidence cypriote du conseil à laquelle je souhaite plein succès en a fait sa devise une union autonome. Clause de sauvegarde pour l'acier. Protection des féralliages, préférence européenne enfin dans les instruments européens de défense. Nouvel emprunt commun pour soutenir l'Ukraine. Félicitations à notre représentant permanent, aux directeurs de l'Union européenne et leurs équipes pour ces excellents résultats.

Face au risque existentiel pesant sur la filière du cognac injustement menacé de droits de douane chinois, nous avons su trouver les bons mots et réaliser un travail d'orfèvre qui doit beaucoup à nos équipes de diplomates sur le terrain. Et puis face au défi de la transformation de notre relation à l'Afrique, nous avons eu l'audace d'organiser le forum création Africa à Lagos au Nigéria au mois d'octobre dont le succès doit beaucoup aux équipes de la direction de l'Afrique et de l'océan Indien et à celle de la direction de la diplomatie culturelle ainsi qu'à notre ambassade création africa.

le plus grand forum consacré aux industries culturelles et créatives sur le continent africain qui a bénéficié de la direction artistique de la maison des mondes africains qui a ouvert ses portes un peu plus tard cette année et du relais de notre audiovisuel extérieur. Voilà de magnifiques illustrations concrètes et incarnées de l'agenda de transformation des relations de la France avec les pays africains dont la mise en œuvre culminera au mois de mai prochain à Nairobi lors du sommet Africa forwa. Ce rendez-vous témoignera de la mutation profonde de notre relation avec le continent africain. Enfin, troisème atout que nous avons su parfaitement jouer.

Notre diplomatie aura montré une nouvelle fois qu'elle est au service des Françaises, des Français, qu'elle les protège dans les moments les plus difficiles lorsque leur sécurité, lorsque leur vie est en jeu. En 2025, nous avons obtenu la libération de plus de 10 de nos compatriotes qui étaient retenus ou détenus arbitrairement à l'étranger. Et depuis le début de l'année 2026, nous sommes le 9 janvier, trois autres sont désormais sortis de détention dont Laurent Vinattier, revenu hier de Russie après 581 jours de détention sans aucune raison valable. Je pense à eux, je pense à leur famille, à l'émotion de nos équipes que je remercie à la mienne à leur retour.

Et je le dis à ceux qui croient savoir mieux que nous comment s'y prendre, à ceux qui parfois nous font la leçon, laisser les diplomates faire leur travail. Vous verrez, ça fonctionne en 2025. Tiens, [applaudissements]

34:46
Non speech

[applaudissements]

34:49
Jean-Noël Barrot

j'ai comme l'impression qu'il y a des diplomates dans la salle. En 2025, nous avons aussi aidé de nombreux Français à quitter les zones de crise pendant la guerre des 12 jours entre Israël et l'Iran, nos chefs de poste à Teeran, à Tel Aviv, à Jérusalem, à Haman au Ker, à Ankara, à Evan en lien avec le centre de crise et de soutien dont je salue le directeur et ses équipes ont traité pas moins de 12000 appels et facilité le rapatriement de plus de 1000 de nos compatriotes. Alors, je pourrais continuer encore longtemps. Vous sentez la fierté qui m'habite. Je voudrais terminer ce panorama incomplet de l'année écoulé par une orientation que j'ai voulu donner à notre maison dès notre arrivée.

Resserrer les liens entre les Français et leur diplomatie. Parce que aujourd'hui, les Français veulent avoir les cartes en main, comprendre l'état du monde et se forger leur propre conviction. pas sur les chaînes d'information en continu, pas sur les réseaux sociaux, mais au contact de leur diplomatie et puis aussi parce que nous nous avons besoin de soutien et de relais. Et je crois qu'il n'est pas d'autres arène politique dans laquelle exprimer plus noblement et complètement sa citoyenneté que celle des affaires du monde.

Nous avons vu l'engouement suscité par la création de la réserve diplomatique qui sera admise au service actif dès que la proposition de loi qui a été déposée par le président de la commission des affaires étrangères aura été adoptée. Nous avons vu des milliers d'étudiants dans les fils d'attente de la fabrique de la diplomatie qui a rassemblé 20000 participants pour sa première édition. Nous avons tissé des liens nouveaux avec les acteurs des diasporas qui sont venus célébrer la fête de la musique dans les jardins de l'hôtel du ministre. Les diasporas sont des ambassadeurs des deux rives.

Elles vivent en France au même rythme que nous, tout en étant de précieux relais de notre action dans leur pays d'origine. Et puis cette semaine, nous avons choisi de tourner cette conférence, je remercie les secrétaires généraux, vers les Français. Mardi, 11 d'entre vous se sont déplacés partout en France, dans toutes les régions. Merci à vous. Hier soir, nous avons accueilli le grand public dans cette salle pour un débat sur l'Ukraine avec un certain nombre d'entre vous. Merci à vous. Et puis tout au long de l'année, nous avons ouvert les portes et les fenêtres du ministère aux parlementaires et aux élus locaux.

Les deuxièmes assises de la diplomatie parlementaire et de la coopération décentralisée ont été de la vie générale un franc succès et cet effort produit des fruits. J'entends les parlementaires saluer l'action des diplomates français de plus en plus fréquemment et défendre notre budget de plus en plus ardemment. Alors, continuons, continuons car les attentes sont immenses. Mesdames et messieurs les directrices, les directeurs, les ambassadrices et les ambassadeurs, à travers cet hommage qui vous est destiné, ce sont aussi vos équipes que je souhaite sincèrement remercier.

Je n'ai pas pu citer tous les dossiers sur lesquels elles se sont mobilisées, mais je sais combien leur engagement est grand au service de nos compatriotes, de nos compatriotes, dont je le disais, les attentes sont immenses. Et pour répondre aux attentes des Français, notre responsabilité est triple. Il nous faut renforcer notre impact, l'impact de notre action pour défendre leur intérêt, rendre à nos compatriotes de l'étranger un service public exemplaire et amplifier la voie de la France. Première de nos responsabilités, défendre les intérêts de la France et des Français. Nos compatriotes le savent, ce qui se joue au-delà de nos frontières les concerne directement.

Leurs problème trouvent certaines de leurs racines à l'étranger. Sécurité, emploi, pouvoir d'achat, immigration, terrorisme, santé. Notre première responsabilité est d'apporter des solutions concrètes aux préoccupations des Français. La priorité bien sûr, c'est de les protéger contre le risque de la guerre qui s'est réinstallé depuis 4 ans sur le continent européen avec une intensité que nous n'avions pas vu depuis la Seconde Guerre mondiale. De l'avenir de l'Ukraine dépend la possibilité de la paix en Europe.

Et c'est pourquoi nous poursuivrons inlassablement notre soutien à l'Ukraine, notre pression sur la Russie jusqu'à ce que Vladimir Poutine consente à mettre fin à cette opération spéciale erreur stratégique majeure qui aura épuisé son peuple et son pays. Nous contribuerons à garantir la paix pour dissuader toute nouvelle agression. C'est l'objet des discussions qui se sont tenues cette semaine à Paris. Mais nous irons plus loin. Nous préparerons l'après-gerre et travaillerons à l'édification d'une nouvelle architecture de sécurité qui nous prémunissent durablement contre le danger d'une course incontrôlée aux armements.

Cette nouvelle architecture devra impliquer tous les Européens, qu'ils soient membres de l'Union européenne, de son voisinage, de la CPE, qu'il s'agisse des Balcans du Caucase ou de la Russie. Et puis dans le même temps, nous poursuivrons nos efforts pour bâtir enfin sur les fondements qui ont été jetés à Paris cette semaine le pilier européen de l'OTAN au moment où les États-Unis préciseront les conditions de la réduction de leur niveau d'engagement. Et puis sous l'autorité du président de la République, nous ouvrirons avec nos plus proches partenaires européens un dialogue sur la dimension européenne de nos intérêts vitaux.

L'économie l'économie est aussi au cœur des préoccupations des Français. Nos entreprises, nos emplois, notre pouvoir d'achat sont aujourd'hui menacés, voyons-le, par le retour des guerres commerciales, par l'arcelanisation des chaînes de valeur et la course débridée à la domination industrielle et technologique. La maîtrise quasi exclusive par quelques grandes puissances des points névralgiques de notre économie, des infrastructures numériques, de l'intelligence artificielle, des terres rares, des minerais critiques nous placent face au risque d'un inexorable déclassement sous la menace constante de rupture d'approvisionnement.

Après 10 années de diplomatie économique qui ont permis à la France de rouvrir des usines, de recréer des emplois industriels et de devenir le pays attractif, le pays le plus attractif en Europe pendant cette année consécutive. Il nous faut changer de méthode sans quoi nous risquons de tout perdre. Et c'est pourquoi j'ai décidé, comme a donné mandat hier le président de la République, de la création de la direction de la souveraineté et de la sécurité économique.

prenant le relais de la direction de la diplomatie économique, elle aura pour mission dans un dialogue constant avec les directions géographiques d'ouvrir des débauchés nouveaux au secteurs les plus menacés, de sécuriser les approvisionnements critiques pour la vie de la nation, de veiller en lien avec les services des douanes au respect des règles qui s'imposent au marché unique. notre nouvelle direction avec la direction générale des douanes dont je dispose désormais dans le cadre de mes attributions sera le bras armé du ministère dans ce champ de confrontation qui est devenu l'espace géoéconomique. Cette direction sera à la fois le bouclier, le glève et le génie.

Le bouclier qui permet de se défendre grâce à l'anticipation et l'analyse. Le glève qui frappe au bon moment avec les bons leviers pour lutter contre la coercition économique. Le génie enfin qui mobilise une expertise des filières françaises pour promouvoir et défendre nos positions dans les secteurs stratégiques. Certains partenaires ne se gênent pas pour articuler tous les moyens à leur disposition et défendre leur résilience économique, faire de l'intelligence économique.

Je veux donc que nous montions en régime sérieusement dès 2026 sur ce sujet et je remercie le directeur et la directrice adjointe d'avoir commencé à préfigurer cette nouvelle direction dont les contours seront précisés dans les prochaines semaines, dans les prochains mois avec votre contribution et en lien avec tous les services de l'État compété au commerce extérieur Nicolas Foricier pleinement mobilisé à mes côtés pour atteindre cet objectif. Parmi les préoccupations de nos compatriotes, comment ne pas évoquer l'insécurité ? 10 ans après les attentats de Charlie Hebo, la menace terroriste reste très élevée.

En 2025, notre engagement soutenu en Syrie dès les premiers jours de l'année nous a permis de contenir ce risque majeur et d'obtenir des autorités, ce qui n'était pas gagné à l'avance, qu'elle rejoigne la coalition internationale contre Daesh. Cette année, nous poursuivrons nos efforts pour faire reculer le terrorisme du Sahel au Corassan, partout où il surgit. L'assassinat tragique de Médic Sassie à Marseille au mois de novembre dernier nous a rappelé s'il en était besoin que la France est submergée par le narcotrafic et la criminalité organisée. Tous les territoires de la République sont désormais concernés.

La mondialisation accélérée de ces trafics appelle une action internationale la nôtre. une action sans relâche traitant des causes du problème. C'est pourquoi j'ai lancé au mois d'octobre un plan de bataille inédit pour éradiquer le mal à la racine. Accord de coopération sécuritaire avec les pays de production, de transit, de rebonds, renforcement des effectifs dans les pays concernés, ciblage de l'aide au développement, sanction internationale contre les criminels. Le premier axe d'effort porte sur l'Amérique latine et les Caraïbes.

C'est dans cette région qui est produite l'ensemble de la cocaïne qui déferle dans les rues des villes et des villages de France où elle est consommée désormais par plus d'un million de personnes. Le travail est lancé. Dans les mois qui viennent, nous concentrerons nos efforts sur l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient sur les Balcans occidentaux. Nous agirons pour cela dans le cadre bilatéral, celui de l'Union européenne, de la Communauté politique européenne et bien sûr celui de la présidence française du G7. Ce sont bien souvent les mêmes réseaux de criminalité organisé qui exploitent la misère humaine en ouvrant des voies d'immigration irrégulière vers l'Europe.

Et nos compatriotes attendent que nos frontières soient maîtrisées. Oui, nous gagnons à accueillir des travailleurs, des créateurs, des innovateurs étrangers. Mais non, ce ne sont pas les passeurs qui doivent décider à notre place de qui entre sur les territoires européens. Et lorsqu'une personne ne dispose pas ou qu'elle ne dispose plus du droit de séjourner sur le territoire national, elle doit être reconduite à nos frontière. Le premier niveau de réponse à cette attente légitime, c'est notre engagement dans la résolution des tensions géopolitiques, car ce sont ces tensions que fuent les populations déplacées. Le deuxième niveau de réponse est européen.

Le pacte sur la migration et l'asile que la France aement négocié et qui entrera en vigueur cette année va changer la donne. Mais nous devons aller plus loin encore et nous ne pouvons le faire qu'en lien étroit avec le ministère de l'intérieur. C'est pourquoi nous avons initié ensemble une coordination nouvelle associant nos ambassadrices, nos ambassadeurs, nos préfets pour gagner en fluidité et en efficacité. Cette coordination nous permettra de mieux gérer le risque migratoire mais aussi l'attractivité des talents dont la France a besoin. Ces travaux conjoints seront nourris de nos échanges dans le cadre de cette conférence en présence du ministre de l'intérieur.

La santé la santé est-elle aussi au cœur des préoccupations des Français. Au-delà de la question primordiale de l'accès aux soins sur les territoires de la République, il y a le traumatisme de la pandémie de Covid-19 dont les séquels sont encore présents. Elle atteste que les virus ne connaissent pas les frontières et nous commandent d'agir pour protéger les Français.

C'est pourquoi, c'est pour cela que nous avons soutenu la création de l'Académie mondiale de l'OMS à Lyon et que nous recevrons au mois d'avril le sommet One Health pour promouvoir une approche intégrée prenant en compte les liens entre santé humaine, animale et environnementale pour une meilleure prévention et une meilleure réponse aux épidémies et aux pandémies. Et rien de tout cela ne pourrait être accompli sans que soit établi des relations partenariales fortes avec nos interlocuteurs. C'est dans cet esprit que s'est tenu le conseil présidentiel pour les partenariats internationaux.

En dépit des contraintes budgétaires que je souhaite transitoires, en dépit des attaques irresponsables lancées contre le principe même de l'aide publique au développement, nous continuerons de mobiliser cet instrument puissant au bénéfices mutuels de nos partenaires et des Français. Dans ce monde durci, notre deuxième responsabilité est de continuer à rendre à nos compatriotes de l'étranger un service public exemplaire. Et je sais quel est l'honoris s'y est vertu pleinement à vos côtés. En 2025, nous avons délivré plus de 500000 titres d'identité et 15000 passeports d'urgence et laissé passer. Ce qui fait du qu d'ors la première mairie de France.

Nous avons étendu l'expérimentation du passeport à l'Australie, à l'Espagne, en plus du Canada et du Portugal, achever le déploiement mondial du service de réponse téléphonique transconsulaire qui a reçu plus de 500000 appels et avec 22 jours en moyenne pour délivrer un passeport à l'étranger. 22 jours en moyenne pour délivrer un passeport à l'étranger. 22 jours et 95 % de taux de satisfaction 95 % de taux de satisfaction. Non seulement nous avons tenu nos promesses, mais nous avons fait la preuve de notre efficacité. Je n'oublie pas non plus qu'en 2025, 232 françaises victimes de violence sexistes et sexuelles ont été soutenues par le réseau diplomatique et consulaire.

Je remercie la directrice des Français de l'étranger pour l'attention qu'elle accorde à cette cause fondamentale et pour sa large mobilisation si celle de ses équipes au service de nos compatriotes. En 2026, de nouveaux services seront accessibles aux Français de l'étranger. Nous ne nous reposons pas sur nos lauriers. Nous améliorerons le vote en ligne en vue des élections consulaires de mai 2026. L'électeur pourra désormais s'identifier grâce à la plateforme France identité, ce qui facilitera son parcours de vote. Et puis euh nous poursuivrons la réforme de l'enseignement français à l'étranger.

La voix de la France, ça passe aussi par la langue française parlée par plus de 300 millions de personnes. Et dans ce contexte, l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger joue un rôle central. Sont plus de 600 établissements qui accueillent 400000 élèves dont 120000 élèves français. Voilà une autre dimension de ce service public exemplaire que nous voulons rendre à nos compatriotes. C'est pourquoi nous avons mené au cours des derniers mois une concertation interministérielle avec toutes les parties prenantes et je remercie à ce titre la directrice générale de la mondialisation.

Nous avons posé les premiers jalons d'une réforme profonde dont l'objectif est de préserver la mission de la Efe sans pélaniser les élèves et les familles. Troisème responsabilité enfin devant les Français, c'est de porter, d'amplifier et de défendre la voie de la France. Oui, la France est attaquée parce qu'elle dérange. Elle dérange l'international réactionnaire qui va des couloirs du Kremelin au cercle Maga. Elle dérange les autocrates et les régimes illibéraux. Elle dérange les oligarchies corrompues, les révisionnistes et les complotistes de tout bord qui nous ont déclaré la guerre dans le champ des perception. Leur objectif est clair.

Sper la confiance des Français dans leurs institutions, saper la Concorde nationale, saper l'unité européenne. Souvenez-vous des hypertrucages, on dit les deep fake, mettant en scène un coup d'état à Paris il y a quelques semaines à grand renfort d'effets spéciaux et d'intelligence artificielle. Des vidéos réalisées dans un pays africain relayé sur des plateformes américaines et chinoises vu des dizaines de millions de fois partout sur la planète. Nous ne pouvons plus laisser passer ces attaques. Il nous faut amplifier la voix de la France. C'est pourquoi j'ai décidé de mettre le qu d'ors en ordre de bataille avec le soutien du Premier ministre que je remercie très sincèrement.

Je le disais tout à l'heure, de premières transformations, notamment celles de la direction de la communication et de la presse, sont intervenues l'année dernière. Pour 2026, je souhaite que nous renforcions encore notre arsenal en mobilisant toute la force de frappe de notre réseau et en continuant à nous imposer comme le chef de fil interministériel de la lutte contre ses atteintes porter à notre pays ses intérêts et son image. La DCP, la direction de la diplomatie culturelle, le CAPS seront mobilisés pour porter nos messages de manière stratégique et riposté avec fermeté. Je demande au chefs de poste de mettre en place des comités locaux stratégiques mensuels.

Ces comités vous permettront de piloter votre stratégie de défense dans le champ informationnel au plus près de l'ensemble des services dont vous avez la responsabilité. Vous y déclinerez vos stratégies d'influence et de repost en vous appuyant sur une cartographie des acteurs locaux. ceux qui tentent de porter atteinte à nos intérêts ou de travestir nos messages dans le champ des perceptions, mais aussi ceux qui ont envie d'être des passeurs, des pédagogues et de porter à leur manière le dialogue entre leur pays et la France. Dans ce contexte, je sais que partir en poste en zone de guerre informationnelle peut être un vrai défi.

C'est pourquoi j'ai demandé aux différentes directions de proposer dans les prochains moins deux innovations de bon sens. une formation spécifique d'accompagnement au départ en zone de guerre informationnelle et un guichet unique qui vous permettra d'activer toutes les ressources nécessaires lorsque vous-même personnellement êtes victime d'une attaque massive accompagnement juridique RH réputationnel et de communication voilà les responsabilités que nous avons devant les Français et pour être à la hauteur de ces responsabilités notre action je le disais doit d'avoir un impact accru. Or l'impact, il nous faut pouvoir le mesurer. Cet effort que je nous demande est doublement nécessaire.

nécessaire pour que nos concitoyens, leurs élus, leurs parlementaires ici présents et que je salue prennent la pleine mesure des résultat de notre mobilisation parce que plus que jamais, vous le savez, ils existeent que des comptes leur soient rendus sur l'usage des deniers publics et sur l'efficacité de l'action publique. mais nécessaire aussi pour qu'à Paris, à Nant, dans l'ensemble du réseau, notre énergie et nos ressources soient allouées au mieux, au plus près des intérêts de la France et des Français. C'est pourquoi nous avons avec vous amorcé en 2025 un travail de définition, d'indicateur de notre activité et de notre impact.

Ces travaux m'ont permis de mieux faire connaître à nos autorités, au Parlement comme au français l'ampleur de nos missions et de nos performances. En 2026, ces indicateurs entreront progressivement dans les plans d'action des ambassadrices et des ambassadeurs que j'ai souhaité que nous puissions également remanier. Cela doit aussi vous permettre de consolider encore votre rôle central en tant que chef de poste à la tête des réseaux de l'État à l'étranger. Ce travail irriguera la réflexion des directions géographiques sur la répartition de nos moyens et je demanderai à nos opérateurs dont je salue les dirigeants présents aujourd'hui de s'inscrire dans la même démarche. Je ne suis pas naïf.

Je sais le surcroix de travail que suppose cet investissement, mais c'est la condition d'une action extérieure ancrée dans les priorités des Français et c'est la condition de l'appropriation par les Français des résultats de leur diplomatie. C'est une exigence démocratique. Dans ce même esprit et sur le fondement de ce travail de mesure de notre impact, je souhaite que nous puissions ouvrir un chantier, initier dans le courant de l'année un travail de préfiguration en lien avec les parlementaires et les parties prenantes.

préfiguration d'une revue, le président en a parlé hier, d'une revue de nos priorités, de nos partenariats, de nos méthode qui pourrait préfigurer une loi d'orientation qui serait alors soumise au président de la République et au Premier ministre. Elle pourrait alors nous permettre de cristalliser le principe d'un épaulement diplomatique de notre effort actuel de réarmement. Elle pourrait nous permettre d'adapter notre diplomatie au grand bouleversement du monde. Quelques mots pour conclure, mesdames les ambassadrices, messieurs les ambassadeurs. Vous qui avez la responsabilité éminente de représenter la France dans le monde.

C'est armée de courage que je vous invite à être les sentinelles et les éclaireurs dans ce monde nouveau du courage. Le courage trouve d'abord sa source dans la solidarité et dans la fraternité d'armes. Et cela tombe très bien parce que dans la famille de la diplomatie française, nous n'en manquons pas. Mais le courage trouve ensuite sa source dans l'espérance. l'espérance que par l'action qui est la nôtre, nous puissions créer les conditions d'un monde tel que nous voudrions le léguer à nos enfants et leurs enfants après eux. Certes, comme l'écrivait Bernanos, on ne va jusqu'à l'espérance qu'à travers la vérité au prix de grands efforts. Mais disait-il, l'espérance est un risque à courir.

Alors, madame la secrétaire générale, messieurs les directeurs, mesdames les directrices, les ambassadeurs, les ambassadrices, ce risque, nous allons le courir ensemble pour que vive la diplomatie. Que vive la République et que vive la France.

57:31
Non speech

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Jean-Noël Barrot

Merci beaucoup.

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Non speech

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