L'invité d'Apolline Matin : Moins de casse mais une baisse de 80% du chiffre d'affaire à 8 semaines de Noël, des commerçants désespérés - 27/10
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Défensif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:17OuverteRéponse directe
Pour les commerçants, combien cassé, combien pillé, quel manque à gagner ?
- 1:02OuverteRéponse directe
Et puis, il y a ceux qui ont fermé boutique, notamment le samedi dernier, de peur que ça ne recommence.
- 2:41OuverteRéponse directe
Comment vous voyez la suite ?
- 4:10OuverteRéponse directe
Est-ce que vous dites aux commerçants qui nous écoutent aujourd'hui « Allez-y, rouvrez » ou est-ce qu'au contraire, vous restez très prudent ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23InvitéChiffre
« Alors, sur les commerces qui ont été touchés, c'est 2284 que nous avons recensé visiter. »
- 0:29InvitéChiffre
« Au total, on a visité 4000 de commerces. »
- 1:20InvitéChiffre
« Globalement, on fait à peu près 100 milliards de chiffre d'affaires par an sur le commerce de proximité, sur nos centres-villes. »
- 1:25InvitéChiffre
« Et sur la période actuelle, qui est 40% de chiffre d'affaires sur deux mois, c'est 1,5% par week-end. »
- 1:38InvitéChiffre
« Donc, si c'est perdu à 100%, c'est 1,5 milliard de chiffre d'affaires qui est perdu pour les commerçants. »
- 1:43InvitéChiffre
« Et les retours qu'on a sur les centres-villes, c'est 80% de baisse d'activité. »
- 2:12InvitéChiffre
« Vous avez annoncé ce matin, à 6h du matin, si j'ai bien compris, 43% de baisse d'activité à Bordeaux. »
- 4:51InvitéFait
« Mais en une journée, vous perdez tout, madame. »
- 4:59InvitéFait
« On a créé des cellules de soutien psychologique dans toutes les chambres de commerce et d'industrie. »
Temps de parole
- Invité60 %
- Présentateur25 %
- Auditeur8 %
- Auditeur 25 %
≈ 12,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous
écoutez RMC. Bonjour Alain Dicrescenzo, vous êtes le président des chambres de commerce et d'industrie de France. Ça regroupe l'ensemble des chambres de commerce et d'industrie et vous dressez ce matin le bilan. Deux week-ends de mobilisation et évidemment l'inquiétude de la suite. D'abord, la journée du 17 octobre. Pour les commerçants, combien cassé, combien pillé, quel manque à gagner
?
Alors, sur les commerces qui ont été touchés, c'est 2284 que nous avons recensé visiter. Au total, on a visité 4000 de commerces. Et donc, sur ceux qui ont été endommagés sérieusement, il y en a 2284. Sur ceux qui sont encore cassés aujourd'hui, où il n
'y a
pas eu de réparation, il
y
en a 635.
Ils n'ont pas pu réparer ? Ils n
'ont
pas voulu réparer
? Les deux, les deux. Parce que dans l'incertitude, ce que nous disent les commerçants, pourquoi réparer et faire entrer du stock si je dois me faire casser la semaine d'après ? Ça n'a pas de sens, donc à ce moment-là, ils préfèrent mettre le pied sur le frein. Et évidemment, si vous voulez, c'est tout un centre-ville qui se meurt à Paris, comme à Toulouse, comme à Yardet.
Ça
veut dire qu'il y a effectivement ceux qui ont été cassés, ceux qui ont été pillés. Et puis, il
y
a ceux qui ont fermé boutique, notamment le samedi dernier, de peur que ça ne recommence.
Et il y a ceux effectivement qui font du non-commerce, ça veut dire pas de chiffre d'affaires. Et eux n'ont aucune aide, aucune aide, aucune police d'assurance, parce qu'ils ont pris la précaution de ce qu'elles feutraient. Et là, on commence à évoluer les pertes. Globalement, on fait à peu près 100 milliards de chiffre d'affaires par an sur le commerce de proximité, sur nos centres-villes. Et sur la période actuelle, qui est 40% de chiffre d'affaires sur deux mois, c'est 1,5% par week-end.
1
,5% du
chiffre
d'affaires annuel par week-end qui
est perdu.
Alors, pour toutes ou parties. Donc, si c'est perdu à 100%, c'est 1,5 milliard de chiffre d'affaires qui est perdu pour les commerçants. Et les retours qu'on a sur les centres-villes, c'est 80% de baisse d'activité.
Oui, parce que même si le président Macron a annoncé de vouloir délocaliser, je dirais, les manifestations aux abords des villes, et non pas dans les centres-villes, quand bien même les commerçants anticipent ou par peur ferment boutique, alors qu'aucune manifestation ne pourra avoir lieu dans le quartier.
Alors, premièrement, les manifestations, c
'est
une chose, la casse, c'est autre chose, parce qu'on a vu que les groupes s'infiltraient. Et puis deuxièmement, vous consommateurs, avez-vous envie d'aller consommer
? Vous
regardez,
c
'est vos chiffres. Vous avez annoncé ce matin, à 6h du matin, si j'ai bien compris, 43% de baisse d'activité à Bordeaux. Ce n
'est
pas uniquement là où il
y
a
eu
de la casse,
c
'est généralement. Donc, si vous voulez, ces mouvements de manifestation, qu'ils soient en périphérie ou en centre-ville, oui, c'est mieux en périphérie, mais ça gêne le commerce.
Et c'est y compris, et ce chiffre pour Bordeaux, c'est aussi le commerce de bouche. C'est-à-dire, c'est des cafés, c'est des restaurants où les gens ne vont pas, parce qu'effectivement, le week-end dernier, par exemple, dans la plupart des centres-villes, chacun est resté chez soi, il n'y avait personne dans les rues. Comment vous voyez la suite
?
Écoutez, la suite,
c
'est... Moi, j'ai demandé une pause,
parce
que le commerce est en train de nourrir.
Une
pause. Une pause, voilà. Une pause. Alors, on me dit, oui, mais il y
a
un droit constitutionnel à manifester. Oui, mais quand il s'agit de la mort du commerce, la mort des centres-villes, la mort des lieux où vont nos jeunes. Moi, je leur dis, la place Saint-Pierre, vous allez boire un coup à Toulouse, elle va fermer si ça continue. Donc, je demande une pause pour deux raisons. Premièrement, il faut qu'on puisse reconstruire ces 600 et quelques commerces. Il faut reconstruire, et ne se reconstruirons pas s'il n
'y a
pas de pause. Et deuxièmement, il faut refaire commerce.
Et est-ce qu'on ne peut pas avoir un petit peu d'espoir ? Parce que, par exemple, pour la période de Noël, parfois, il y
a
des années, on a des prévisions catastrophiques, et on assiste à des rebonds spectaculaires. C'est, par exemple, ce qui s'était passé l'année dernière, où, en fait, on avait un mauvais mois de novembre, un mois de décembre poussif, et à la fin, finalement, on avait terminé à plus de 10% par rapport à 2024.
Parce que les gens s'étaient rattrapés.
Exactement. C'est ce qu'on appelle le découplage, en fait, entre les intentions d'achat et ce que font réellement les gens à Noël. Est-ce qu'on n
'a
pas un petit peu un message d'espoir là-dessus, où les fêtes pourront tout sauver ?
Écoutez,
moi, j'aime bien l'espoir. Je me bats là-dessus.
On vous
propose. Mais, simplement, je crois que vous parlez du commerce de bouche, là. Non. C'était le commerce de bouche qui avait eu une énorme augmentation.
Une augmentation globale
des ventes à la fin du
mois de décembre par rapport à 2024. Et donc, aujourd'hui, moi, je cherche l'espoir, mais je ne suis pas dans l'incantation. Pour avoir de l'espoir, il faut avoir une pause d'une part, il faut reconstruire. Et puis, après, ce que je demande, je vais demander à Serge Papin, il faut qu'ensemble, on crée des animations de centre-ville. Voilà. Il faut refaire des animations de centre-ville. Je verrai les associations des maires de France pour regarder ce qu'on peut faire pour dynamiser les opérations de fin de l'année.
Est-ce que vous dites aux commerçants qui nous écoutent aujourd'hui « Allez-y, rouvrez » ou est-ce qu'au contraire, vous restez très prudent ?
Non, je ne
peux
pas leur dire ça. Il faut être sérieux. Je leur dis, premièrement, appelez-nous. On a un numéro vert 0800 921 921. On est connecté avec la préfecture. Avant de nous prendre une décision d'ouverture, voire de fermeture, vous nous appelez. Et on vous dira comment ça va se passer parce que c'est différent dans chaque ville et dans chaque quartier. Soyez prudent. Et ce que je leur dis aussi, restez calme. Et ça, c'est le grand message de le faire passer. J'ai bien entendu ce qui s'est passé avec ce bus qui aurait pu mal tourner. Je veux dire, on n
'est
pas là pour faire de l'autodéfense. Fermez s'il faut le faire.
Ils
sont
tentés, ils sont tentés, par
contre. Bien sûr,
bien sûr. Mais en une journée, vous perdez tout, madame. Moi, j'ai vu des gens en pleurs. On a créé des cellules de soutien psychologique dans toutes les chambres de commerce et d'industrie. On nous dit, certains de vos commerçants sont suicidaires. Alors, c'est suicidaire d'une part. Et d'autre part, on vit dans des coudres. Bien sûr qu
'ils
sont armés. Bien sûr qu'ils ont des bases de baseball. Bien sûr qu'ils ont des bars à mine. Bien sûr qu'ils ont des fils de chasse. Pas tous, mais ils en ont. Et puis, comme on est fatigué, comme on est au bord du gouffre, parce que c'est ça, à ce moment-là, on peut craquer. Et je veux qu'on évite ça. On n'ajoute pas de la peine à de la peine, de la souffrance à de la souffrance.
C'est très fort ce que vous dites. Merci infiniment d'avoir été notre invité ce matin. Alain Di Crescenzo, vous êtes président de CCI France. Vous regroupez l'ensemble des chambres de commerce et d'industrie. Ce chiffre que vous nous donnez, 2284 commerces qui ont donc été cassés, touchés. Et effectivement, ces chiffres partout du commerce en baisse, votre appel à la pause et au calme.