AQC #81 : FACE AUX FACTURES QUI EXPLOSENT, LE MÉPRIS DE VON DER LEYEN & NOTRE VICTOIRE SUPER-PROFITS
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:43Invité politiqueFait
« Envoyez ses factures à Moscou parce que c'est à eux qu'il faut parce que c'est à eux qu'il faut les envoyer, c'est eux les envoyer, c'est eux qui sont à la source de nos problèmes. »
- 4:19Invité politiqueFait
« Est ce que ça va nous permettre de les payer ? Non, absolument pas. »
- 4:59Invité politiqueChiffre
« les dividendes des actionnaires qui explosent »
- 5:40Invité politiqueFait
« le mépris dont a fait preuve la présidente de la Commission européenne »
- 6:21Invité politiqueFait
« les prix, en fait, sont indexés sur l'énergie la plus chère »
- 7:00Invité politiqueFait
« la pire sécheresse de l'histoire de l'Europe »
- 8:20Invité politiqueFait
« on va importer du lait, de la viande qui viennent de Nouvelle-Zélande alors qu'on en produit déjà sur le territoire par exemple français »
- 11:02Invité politiqueFait
« la Commission européenne annonce une taxation sur les super profits »
- 12:18Invité politiqueFait
« ça sert à ça aussi des députés insoumis de réussir à gagner cette bataille culturelle »
- 12:56Invité politiqueFait
« il existe bien des superprofits »
- 13:37Invité politiqueChiffre
« un plafond de revenus maximums pour les entreprises énergétiques qui est fixé à 180 € du kilowatt heure »
- 14:19Invité politiqueChiffre
« une toute petite taxe de 33 % sur juste la partie des bénéfices qui est au dessus de 20 % du surplus de bénéfices »
- 15:40Invité politiqueFait
« imposer sur la base des revenus, donc des ventes en fait »
Temps de parole
- Manon Aubry100 %
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour à toutes et tous. Bienvenue pour ce nouvel épisode de l’Aubry qui cout délocalisé au Parlement européen de Strasbourg. Et aujourd'hui, je vais vous parler de ça. Ouais. Au Parlement européen, c'est un peu les spécialistes pour montrer sur toutes les devantures ce qu'ils font. Mais en réalité, ça, c'est l'état de l'union et c'est le discours, le grand discours de l'État, de l'Union. C'est le grand discours de politique générale de la présidente de la Commission européenne. Il y a beaucoup de choses à en dire. La première chose que nous avons gagné, nous avons une victoire sur la taxation des super profits.
Ça fait des mois qu'on se bat, des mois qu'on dit partout ou on va et qu'on mène le combat ici au Parlement européen. Et la Commission européenne reconnaît enfin qu'il faut taxer les super profits. Je vais vous expliquer tout ça dans le détail, parce que vous vous doutez bien qu'il y a un peu un loup quand même. Ce serait trop beau pour être vrai. Mais je pense qu'on peut dire quand même qu'il y a une vraie victoire culturelle. Et puis on va discuter plus largement de la crise de l'énergie, des réponses et des non-réponses de la Commission européenne.
Quand je vous dis non-réponse, on a une présidente de la Commission européenne un peu à côté de la plaque qui nous dit face aux factures que je lui montrais et le coût de la vie chère qu'il faut finalement les envoyer à Vladimir Poutine. Comme si ça allait nous permettre de mettre du beurre dans les épinards et de remplir nos frigos. Je vous explique tout ça ici depuis le Parlement européen ou j'ai essayé d'amener vous votre vie pour un discours sur l'état de l'Union un peu secouée. Allez, c'est parti ! Et donc cette semaine, c'était le grand discours de politique générale. Ça s'appelle “State of the Union”. Ici, dans le petit jargon européen, de la présidente de la Commission européenne.
Ça n'a pas l'air important comme ça. Mais en fait, ça l'est. Parce que vous, vous savez, la présidente de la Commission européenne, c'est un peu l'équivalent d'un chef du gouvernement, donc d'un Premier ministre. Donc c'était un peu comme si on avait un discours de politique générale de notre Premier ministre. Et forcément, nous, on l'attendait au tournant Ursula Von der Leyen. On est dans un contexte chargé pour l'Union européenne, avec une crise économique, une crise énergétique, la guerre à nos frontières. Et Ursula Von der Leyen, elle devait nous rapporter, elle devait ou elle était censée. Vous allez voir que c'est pas vraiment le cas, nous apporter des réponses concrètes.
Du coup, moi, ce que j'ai fait, je me suis dit bon, quand on n'a ici les débats au Parlement européen, souvent ils sont déconnectés de la réalité. Souvent, je trouve que la Commission européenne est déconnectée de la réalité. Donc je me suis dit cette fois ci, je vais emmener cette réalité dans l'hémicycle du Parlement européen. Donc je vous ai sollicité, vous m'avez. Et vous qui me regardez, vous avez peut être, vous l'avez peut être envoyé, une facture d'énergie. L'objectif était de montrer ces factures, ces factures d'énergie, à la présidente de la Commission européenne et lui demander concrètement qu'allait faire l'Union européenne pour aider les gens.
J'avoue que je ne pensais pas créer autant de polémiques autour de ça. Il y a plusieurs choses. D'abord, on a choqué nos amis de la République en marche. Alors j'ai eu droit à un petit tweet de Pascal Canfin qui est toujours là quand il faut de la délégation de la République en marche au Parlement européen qui était scandalisée, que c'était de l’outrance. J'ai envie de dire alors ok, si l'outrance c'est la réalité des gens, ça montre à quel point vous êtes déconnectés de cette réalité des gens. Et puis qui vantait leur travail. Je vais y revenir : la taxation sur les super profits, c'est notre boulot et c'est notre travail depuis le début et on avance sur le sujet.
Donc d'abord, ça a créé un peu polémique. On va vous remettre le lien de l'intervention. Moi, je voulais interpeller directement Ursula Von der Leyen et je crois que sa réponse, elle, est éloquente. Je vais juste vous mettre sa réponse parce qu'elle est assez parlante. Quand je regarde madame Aubry et les factures qu'elle nous a montrées. C'est vrai en français on dirait. Elles sont insupportables, c'est vrai. Mais envoyez ses factures à Moscou parce que c'est à eux qu'il faut parce que c'est à eux qu'il faut les envoyer, c'est eux les envoyer, c'est eux qui sont à la source de nos problèmes.
ce que dit en d'autres termes Ursula Von der Leyen, ce qu'elle dit aux millions des gens qui galèrent à payer leurs factures. Envoyer vos factures à Poutine, c'est une espèce de claque dans la face de millions de gens. OK, on va envoyer nos factures à Poutine, mais qu'est ce qui va se passer après ? Est ce que ça va nous permettre de les payer ? Non, absolument pas. Et je trouve que c'est aussi complètement déresponsabilisant pour la fonction politique de la présidente de la Commission européenne. C'est le seul truc qu’elle a à répondre, c'est d'envoyer ces factures à Poutine. Alors qu'évidemment que la Commission européenne peut agir, ça fait des mois qu'on propose de bloquer les prix.
Ça pourrait être coordonné au niveau européen, bloquer les prix de l'énergie, mais bloquer aussi les prix de tous les produits de première nécessité qui augmentent. Parce que si on regarde au niveau européen, la situation qu'on connaît en France, on l'a à peu près partout des salaires qui augmentent deux fois moins vite que l'inflation et dans le même temps les dividendes des actionnaires qui explosent. Et face à cette situation, le choix de la Commission européenne, ça pourrait être de mettre l'accent sur le social, d'aider les gens qui galèrent. D'ailleurs, elle a assez peu parlé de sociale, elle a d'ailleurs aussi assez peu parlé de climat.
Et on voit qu'en fait, la présidente de la Commission européenne, elle était mal à l'aise face à cela. Et c'est pour ça que moi, je lui ai répondu en lui disant Mais en fait, envoyer les factures à Poutine, c'est pas ça qui va faire manger, ce n'est pas ça qui va permettre de payer les factures. Le mépris dont a fait preuve la présidente de la Commission européenne, je crois. En dit long sur l'absence de mesures politiques. Et c'est sur ça ce sur quoi je vais. Je vais axer si on doit avoir une analyse. Parce que ce discours sur l'état de l'Union, c'est l'occasion de faire un bilan de l'action de la présidence de la Commission européenne cette dernière année.
Et ce qui est frappant là aussi, c'est que la Commission européenne, en réalité, est en train de reconnaître des failles à leurs propres systèmes. En fait, l'analyse que j'en fais, c'est que leur modèle libéral va droit dans le mur. On peut prendre plusieurs exemples. D'abord, sur la question du marché de l'énergie en Europe. Vous le savez peut être pas. Mais une des raisons pour lesquelles l'énergie est très chère en ce moment, ce n'est pas uniquement à cause de Poutine ce qui était la façon de rejeter la responsabilité d’Ursula Von der Leyen.
Une des raisons principales, c'est parce que les prix, en fait, sont indexés sur l'énergie la plus chère, soi disant pour que les énergies soient concurrentielles les unes vis à vis des autres. En pratique, le gaz étant tellement cher en ce moment que n'importe quelle énergie coûte une fortune à cause de ça. Ça, ça a été dicté dans le marché de l'énergie. C'est pour ça qu'une des propositions comporte. C'est de découpler les énergies les unes des autres, le gaz des autres énergies, pour qu'on revienne à un prix qui peut être d'ailleurs fixé par les États et qui peut être un prix maximum. Si je prends un autre sujet de son discours, elle n'a quasiment pas parlé du climat.
Ce n'est pas comme si on venait de vivre une des pires sécheresses de l'histoire de l'humanité. Et d'ailleurs, en Europe, c'est la pire sécheresse de l'histoire de l'Europe. Elle en a à peine parlé. Et ce qui était frappant aussi, c'est qu'elle a parlé climat et quasiment quelques phrases après, elle a parlé. Devinez quoi ? J’suis sûre là, réfléchissez. La bonne cohérence que fait l'Union européenne pour le climat ? Les traités de libre échange. Et c'est fou parce que il y a le sentiment, en fait, de ne jamais aller en profondeur pour remettre en cause leur modèle. Elle a parlé de l'accord de libre-échange avec la Nouvelle Zélande. Je crois que j'avais déjà eu l'occasion de vous en parler.
C'est le dernier accord qui vient d'être signé et cet accord avec la Nouvelle Zélande ? Il a pour particularité quand même que c'est un accord de libre échange avec un pays qui est le plus éloigné dans le monde. Vous faites pas plus loin quand vous êtes européen, c'est à 19 000 kilomètres. Donc on va importer du lait, de la viande qui viennent de Nouvelle-Zélande alors qu'on en produit déjà sur le territoire par exemple français que nos producteurs laitiers n'arrivent pas à écouler leur stock, etc et puis surtout tout ça, ça va être produit dans des conditions environnementales et sociales qui ne sont pas les mêmes qu'en Europe.
Par exemple, il y a des pesticides qui sont autorisés en Nouvelle-Zélande. De quoi ? C'est le cas je crois de l'atrazine et qui est interdit, qui sont interdits. Il y en a plusieurs des pesticides qui sont interdits sur le sol européen. Donc on va autoriser ces produits à venir sur notre marché alors qu'ils ne sont pas autorisés ici. Donc on voit à quel point la folie de leur modèle ne fonctionne pas et ne remettent pas en cause puisque non seulement on a parlé de Nouvelle-Zélande, mais aussi d'autres accords de libre échange qui vont être signés dans les mois prochains.
On pense à celui qui est un peu connu aussi avec le Mercosur, qui conduit à la déforestation au Brésil, etc avec toute la zone d'Amérique latine. Deux Dernier petit exemple pour montrer l'incohérence de la Commission européenne. Elle nous a parlé de réforme des règles budgétaires européennes. Les règles budgétaires européennes, c'est en fait le cadre de gouvernance économique au niveau européen, à partir duquel la Commission contrôle en fait le budget des Etats membres. Donc, à la Commission, on va dire à la France il ne faut pas dépasser les 3 % de déficit et il faut respecter un certain nombre de conditions. Par exemple, faire des économies en faisant la réforme des retraites.
Ça fait des années qu'on dénonce ce cadre budgétaire austéritaire. Il a été suspendu pendant la crise de comédie. Ils sont aperçus que quand même c'était bien d'investir dans nos infrastructures de santé. Et là enfin, ils nous parlent de réformes. Comme d'hab. En fait, avec eux, ils nous parlent de réformes. Oui, ils vont réformer, ils vont donner plus de flexibilité en échange de quoi ? Davantage d'engagements des Etats. Donc on fera un petit peu plus flexible sur les 3 %. Mais on aura davantage de contreparties, donc davantage par exemple de réformes à faire comme la réforme des retraites. Et clairement on nous prend pour des buses.
Derrière c'est il y a des Etats comme l'Allemagne qui poussent à ce que ce cadre budgétaire revienne le plus vite sur la table. Et puis, dernier exemple en date, elle l'a mentionné aussi la question de la réforme des traités et notre question pour laquelle on pose depuis des années de nouveau elle utilise une partie de notre rhétorique, tous en même temps. Comment on peut la croire quand en pratique, elle n'a jamais entamé la moindre procédure de réformes.
Quand il y a eu une grande conférence sur l'avenir de l'Europe ces derniers mois, et vous, vous n'avez probablement pas entendu parler parce que, précisément, en fait, ils n'ont pas réussi à mettre en place les nécessaires, la nécessaire initiative pour on prend les traités européens et puis on reprend une feuille blanche et on réécrit le nouveau traité parce qu'ils ont peur de la démocratie. Donc moi, ce que je retiens dans l'ensemble de ce discours, c'est que on a un modèle qui est dépassé, qu'ils commencent à s'en rendre compte, qu'ils essaient de mettre des rustines. Mais qu'en fait le pneu, il est plus que crevé, c'est toute la jante du pneu qui est à jeter.
Mais eux, ils essaient de colmater comme d'hab avec quelques quelques rustines pour qu'à la fin, en fait, ils ne changent pas le cœur du problème qui est un modèle économique qui est libéral et qui saccage la planète et qui produit les inégalités qu'on connaît. Mais le gros sujet de ce discours sur l'état de l'Union, c'était aussi et d'abord la question de la taxation des super profits. Et j'ai plutôt une bonne nouvelle pour vous, les amis, puisque notre combat et notre travail commence ici à payer au Parlement européen, puisque c'est la grande nouvelle de cette semaine, la Commission européenne annonce une taxation sur les super profits.
Alors si vous avez regardé dans le détail, si jamais vous avez la patience de regarder le discours d'Ursula Von der Leyen, vous noterez qu'elle ne parle pas de taxation des super profits. Je pense qu'elle a ouvert son petit dico des synonymes. Et puis aller chercher la taxation à la trouvé contribution obligatoire à superprofits, la trouver, bénéfice indu. Donc ça fait un truc avec un nom à dormir debout, dont, seule la commission européenne a le secret, mais quand même. Il faut noter c'est une victoire culturelle de notre qu'on peut vous dire. Ça fait des mois ici qu'on mène la bataille au Parlement européen pour une taxation pour les super profits.
En fait, ça date même de la crise du colis dont on avait commencé à mener la bataille, notamment sur les entreprises pharmaceutiques qui faisaient déjà des tonnes de profits sur la crise sanitaire. Et puis ensuite, on a commencé à le faire sur les entreprises énergétiques et à l'élargir à d'autres secteurs qui font des surprofits. Je pense qu'on peut dire que si on n'avait pas été là pour mener cette bataille, alors la Commission européenne n'aurait pas proposé cela. Parce qu'il y a eu une pression populaire, parce que vous êtes mobilisés, parce que vous avez signé la pétition que vous pouvez encore signer en France.
Il y a eu une pression, il y a eu l'ONU qui l'a demandé, le FMI qui l'a demandé, des Etats membres qui l'ont déjà mis en place en Europe. Et moi, je suis très fier de vous dire que, en fait, ça sert à ça aussi des députés insoumis de réussir à gagner cette bataille culturelle. Et je dis bien le culturel, parce que la bataille politique, elle, n'est pas tout à fait gagnée. Je vous explique. Mais d'abord faut en finir là dessus parce qu'on ne va pas s'arrêter trop vite quand même sur nos victoires, il y a quand même un premier enjeu qui est un enjeu qui n'est pas négligeable. C'est que la Commission européenne reconnaît que les grandes entreprises font des super profits.
Donc j'avais envie de lui dire passe un petit coup de fil à Bruno Le Maire. Vous savez, c'est lui qui dit il n'y a pas de super profits qui sont faits en France. Là, on va vous faire à peu apparaître ces citations exactes. Donc bon, la Commission européenne a un message pour le gouvernement français. Le président de la République et Bruno Le Maire, il existe bien des superprofits. Première victoire. Après, dans le détail, quand on regarde la proposition de la Commission européenne. En fait, il y a deux choses je ne vais pas aller dans le détail. Est ce que c'est assez technique ?
Il y a d'abord un plafond de revenus maximums pour les entreprises énergétiques qui est fixé à 180 € du kilowatt heure. Ça ne va pas vous parler, mais pour vous donner une idée, on estime que c'est entre 15€ et 100 € le coût de production. Donc vous voyez quinze ou cents euros la production, 180 € le revenu maximum, ça laisse quand même des marges super important. Et puis la deuxième partie, c'est ce qui s'appelle la contribution de solidarité qui est en fait la vraie taxe sur les superprofits qui, elle, va concerner les entreprises des énergies fossiles, le gaz, le pétrole etc Ils estiment avec cette taxation ou cette contribution solidaire qu'on on va récupérer.
Je crois que c'est je vous dire, le montant exact 24 milliards d'euros. Si ma mémoire est bonne, c'est ça 23 milliards d'euros à l'échelle de l'Union européenne, déjà 23 milliards d'euros, ça fait pas beaucoup. Nous, on estime qu'une véritable taxation sur les super profits, on pourrait récolter au moins 50 milliards d’euros à l'échelon européen. Et puis, dans le détail, en fait, c'est une toute petite taxe de 33 % sur juste la partie des bénéfices qui est au dessus de 20 % du surplus de bénéfices. C'est un peu compliqué, mais mettons qu'ils ont fait.
Les entreprises ont fait 100 € de bénéfices les années dernière, elles font 120 € de bénéfices, donc là ça se déclenche, mais uniquement sur la partie au dessus des 120 €. Ça va être taxé à 33 %. Autant vous dire que c'est une toute petite partie très marginale. Et puis évidemment, vous l'avez bien compris, le cœur du problème, c'est que tout ça, c'est limité aux entreprises énergétiques et en particulier aux entreprises des énergies fossiles, alors que tous les secteurs sont concernés par les super profits. Prenez le top dix des entreprises du CAC40, vous avez des entreprises comme LVMH, BNP Paribas, Crédit Agricole.
Toutes ces entreprises ont fait des méga surprofit, des dizaines ou des milliards d'euros avec plus de 20 %, plus 50 %, plus 100 % parfois de bénéfices. Et puis tout ça c'est calculé sur évidemment la base des bénéfices déclarés. Mais prenez Total. Ils viennent de faire leurs bénéfices record en France et dans le monde 18 milliards d'euros au premier semestre. Mais ils n'ont pas payé un seul euro d'impôts sur les deux dernières années, alors qu'ils étaient déjà extrêmement bénéficiaires. Pourquoi ? Parce qu'ils ont ce mécanisme qui est de l'évasion fiscale. On va appeler un chat un chat de transfert des bénéfices pour s'arranger et payer moins d'impôts.
Donc c'est pour ça qu'il y a une des propositions qui est intéressante, qui était celle de l'Italie qui était d'imposer sur la base des revenus, donc des ventes en fait. Donc on regarde ce qu'ils ont vendu réellement. D'ailleurs, vous avez peut être vu les travaux de la commission d'enquête ou de la mission Flash à l'Assemblée nationale sur les super profits a commencé. Est ce que ça a déjà révélé cette semaine ? C'est quand on demande à d'autres entreprises pétrolières comme Shell, qui nous disent c'est quoi l'effet de la ristourne totale ? Mais en fait, les faits, c'est que Total a piqué des parts de marché aux autres vendeurs d'essence avec leur ristourne.
Et comme ça, en fait, ils ont de nouveau maximiser leurs profits puisqu'il y a plus de clients qui sont venus chez eux, alors ils ont baissé la marge pour chaque litre d'essence. Ils en ont encore, rassurez vous pour eux et en plus, comme ils ont plus de clients au final, ils font quand même plus de bénéfices au final. Qu'est ce que je retiens ? Qu'on a gagné une victoire culturelle. Que c'est une évidence maintenant, à part pour Bruno Le Maire, qu'il faut taxer les super profits. Ça, on doit capitaliser là dessus. On doit aller partout, dire que c'est notre victoire politique.
Ensuite, là dessus, on doit capitaliser pour que dans les modalités, dans ce qui va être discuté dans les prochaines semaines et les modalités que je vous ais expliqué, on ait le modèle le plus ambitieux possible. D'ailleurs, rien n'empêche à la France d'aller plus loin que la proposition de la Commission européenne en proposant une taxation sur les super profits qui concerne tous les secteurs. Et un petit rappel à notre ami Gabriel Attal, ministre du Budget, qui dit que tout ça, ça ne sert à rien, que ça ne change pas la vie des gens. Et c'est un clin d'œil aussi pour Ursula Von der Leyen, qui veut nous faire envoyer nos factures à Vladimir Poutine.
Tout ça, en fait, ça change la vie des gens parce qu'avec l'argent récolté, vous pouvez baisser les prix pour les gens ou pour faire des aides pour les gens. Vous pouvez faire. On a calculé par exemple une allocation d'autonomie pour tous les jeunes avec la taxation des superprofits des grandes entreprises. Voilà à quoi ça sert.
Et je me dis que dans l'effervescence de cette semaine au Parlement européen, vous voyez peut être mettrai un peu de Siret et de ce grand discours de politique générale de la Commission européenne que pour une fois, on était peut être un peu moins tout seul, qu'on a mené la bataille, que ça valait le coup de la mener et que nous, on va continuer ici à demander des comptes à la Commission européenne pour lui dire qu'il faut changer de disque, qu'il est marrant. Bien rayé. C’est de la fin de ce, je ne sais plus “combientième” puisque je ne compte plus Aubry qui court quasiment en direct depuis le parlement européen à Strasbourg.
J'espère qu'il vous a plu, que ça a surtout été utile pour un peu décrire et déconstruire ce que fait ou ne fait pas la Commission européenne. Dans un contexte assez agité pour l'Union européenne. N'hésitez pas à partager cet épisode autour de vous, n'hésitez pas un petit pouce bleu si vous avez bien aimé un petit commentaire, moi je vous propose qu'on lance un petit mouvement. Dites nous ce que vous en pensez ou on envoit tous en se filmant, nos factures d'électricité. À Vladimir Poutine, puisque Ursula Von der Leyen nous a conseillé ça, on verra si ça a un impact à la fin du mois pour pouvoir payer nos factures.
Je crois qu'on connaît le résultat, mais peut être qu'on fera un petit doublon. Justement, on enverra aussi Ursula Von der Leyen et aussi Emmanuel Macron en France. Et puis je vous retrouve très bientôt pour continuer les batailles puisque la taxation des super profits est loin d'être terminée. On va lancer le référendum d'initiative partagée dans le cadre de la NUPES. Et en attendant, vous pouvez continuer à signer en ligne. Et puis, on va se donner bientôt rendez vous évidemment pour les mobilisations sociales. Le 29 septembre, vous avez ces dates en tête ? Dans tous les cas, on se retrouve très bientôt en forme pour venir un peu secouer le Parlement européen.
Du coup, je me suis dit, vu qu'on a un peu secoué la présidente de la commission, que vous allez vous mettre une chanson qui va avec Shake It Shake it. Secouez, secouez
Manon Aubry