Le Grand Jury de Raphaël Glucksmann I intégral
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse directe
Mais de quoi avez-vous envie, vous Raphaël Glucksmann ? A moins d'un an de l'élection présidentielle, est-ce le livre d'un candidat supplémentaire ?
- 2:49OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous retenez de cette soirée ? C'est les images de la joie populaire à Budapest ou les débordements dans les rues de Paris ?
- 3:36OuverteRéponse directe
Mais qu'est-ce que ça dit de notre société aujourd'hui ? On ne sait plus faire la fête calmement, Raphaël Luxman ?
- 4:16OuverteRéponse directe
Vous lui donnez raison ce matin ? Marine Le Pen a écrit cette nuit sur le réseau social X qu'il n'y a qu'en France où la victoire d'un club de foot provoque des émeutes.
- 5:24OuverteRéponse directe
Est-ce que le dispositif policier était adapté selon vous ? Est-ce que la réaction des policiers était la bonne ?
- 7:14OuverteRéponse directe
Est-ce que vous diriez, comme Marine Tondelier, que la France est en retard, mal préparée face à la canicule ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:21InvitéChiffre
« La France est en retard. On a divisé par trois le fond vert, la France d'adaptation au changement climatique. »
- 8:48InvitéFait
« On a aujourd'hui des écoles qui sont des passoires thermiques. »
- 9:32InvitéChiffre
« 40 milliards, exactement. »
- 11:25InvitéChiffre
« En 2021-2022, on a dépensé 72 milliards en subvention aux énergies fossiles. »
- 11:47InvitéFait
« Est-ce que c'était une erreur du quinquennat Hollande d'avoir voulu renoncer à l'énergie nucléaire pour augmenter le renouvelable ? »
- 11:58InvitéFait
« On aura besoin du nucléaire et du renouvelable. »
- 12:15InvitéPromesse
« aux Françaises et aux Français qui touchent moins de 2000 euros par mois et qui ont besoin de leur voiture pour travailler et qui font plus de 30 km par jour d'avoir accès contre un loyer de 100 euros par mois à une voiture électrique. »
- 15:22InvitéPromesse
« qui veut gouverner ce pays, qui veut le transformer »
- 17:05InvitéFait
« j'ai levé un espoir en 2024 »
- 18:21InvitéFait
« il y a une volonté de changement, parce que les gens n'en peuvent plus en réalité de ce qui s'est passé depuis dix ans »
- 25:08InvitéFait
« celui qui est le plus à même à gauche à se qualifier au second tour, c'est Jean-Luc Mélenchon. »
- 26:06InvitéFait
« aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon est le meilleur agent électoral de l'extra-droite. »
- 30:41InvitéFait
« le service civique parce que je crois qu'on ne peut pas former un peuple si un jeune qui naît à Trappes, un jeune qui naît dans le 7ème arrondissement de Paris et un jeune qui naît à Montgaubert dans l'Aisne ne se croisent jamais à aucun moment de leur vie. »
- 34:27InvitéFait
« C'est une réforme qui est fondée sur la pénibilité et qui prend en compte le fait que nous sommes dans une situation d'inégalité face au travail et face à la retraite. »
- 34:35InvitéFait
« une femme de ménage qui aujourd'hui à 67 ans n'arrive pas à partir à taux plein alors qu'elle a le dos brisé et qu'elle a des horaires infernales, elle doit être la bénéficiaire numéro un. »
- 34:45PrésentateurChiffre
« la France comptait 4 actifs pour 1 retraité. Elle compte aujourd'hui 1,7 actifs pour 1 retraité. »
- 41:16InvitéChiffre
« Aujourd'hui, nous avons des enseignants en primaire en France qui sont payés 17% de moins que la moyenne de l'OCDE. »
- 41:24InvitéFait
« Un enseignant français en primaire est payé moins qu'un enseignant portugais en primaire ou un enseignant slovène. »
- 43:36InvitéFait
« Le moteur principal quand on inscrit ses enfants dans le privé, c'est la fuite du public. »
- 46:03InvitéPromesse
« Pour célébrer les hussards noirs de la République et pour rendre hommage à Samuel Paty, je suis pour. »
- 48:00InvitéPromesse
« Il faut arrêter l'offensive israélienne. »
- 48:03InvitéFait
« La France a raison de convoquer le Conseil de sécurité. »
Temps de parole
- Invité71 %
- Présentateur15 %
- ?5 %
- Invité 25 %
- Invité 35 %
≈ 22,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Présenté
par Thomas Després Bonjour à tous et bienvenue dans ce Grand Jury en direct comme chaque dimanche sur RTL et sur Public Sénat, canal 8 de la TNT. Bonjour Raphaël Glucksmann. Bonjour. Bienvenue, vous publiez cette semaine Nous avons encore envie, un livre dans lequel vous parlez de la France. Vous proposez, je cite, un nouveau contrat patriotique. Mais de quoi avez-vous envie, vous Raphaël Glucksmann ? A moins d'un an de l'élection présidentielle, est-ce le livre d'un candidat supplémentaire ? Vous vous êtes donné trois mois pour répondre à cette question.
Mais pourquoi attendre, à l'heure où pour la première fois, un sondage annonce un deuxième tour entre l'extrême droite et Jean-Luc Mélenchon ? Bienvenue dans ce Grand Jury, Raphaël Glucksmann. Merci à vous.
A
mes côtés pour vous interroger aujourd'hui, Perrine Tarnot de Public Sénat et
Jim Jarrassé
du Figaro dans ce Grand Jury. Nous reviendrons également sur cette vague de chaleur, cette semaine avec des records battus dans plus de la moitié des départements. Nous vous interrogerons également sur les propositions que vous formulez dans votre livre. Propositions qui peuvent surprendre pour quelqu'un qui se dit homme de gauche. Il y aura également des questions express et notre séquence dédiée au Parlement.
Le
Grand Jury, l'actualité de la semaine.
Mais
d'abord, Raphaël Glucksmann, l'actualité de ce dimanche, c'est cette victoire du PSG hier soir au tir au but face à Arsenal en finale de la Ligue des Champions. Victoire fêtée toute la nuit dans les rues de la capitale, mais émaillée une fois encore de débordement. Au moins un mort selon le parquet de Paris à l'instant. 219 blessés, dont 8 grièvement selon le ministre de l'Intérieur. D'abord, vous avez regardé le match hier soir ?
J'ai regardé le match. Vous êtes supporter parisien ? Je suis supporter parisien depuis longtemps.
C
'est-à-dire depuis l'époque où on se sauvait à la dernière journée sur un but d'Amaradiané contre Sochaux, si je me souviens bien. Et j'ai regardé le match avec mes enfants et des amis et je leur ai dit la chance qu'ils avaient quand même. Parce que moi, quand j'étais ado, ce n'était pas tout à fait l'enchaînement des Champions League tous les ans. Donc, il faut qu'ils aient conscience qu'ils sont des enfants gâtés et qu'ils ont l'occasion de vibrer sur des victoires. Et qui sont d'ailleurs des victoires très signifiantes à mon avis. Parce que quand on avait les trois meilleurs attaquants du monde dans l'équipe, on était incapables de remporter la Ligue des Champions.
Et par contre, aujourd'hui, on a une équipe. Et Luis Enrique a installé un esprit qui est celui du collectif. Peut
-être quelques messages politiques derrière.
Non mais oui, il
y
a un message sur la société en fait. C'est-à-dire que quand on voit Kvara Chkelia dans la finale de l'année dernière, qui fait une course à la 80e minute,
alors
qu'il mène 4-0 de 80 mètres pour récupérer un ballon en défense. En réalité, c'est une leçon. C'est une leçon de football. C'est ce qu'il a dit. D'ailleurs, Kvara, après le match hier, il a dit « je n
'ai
pas marqué, mais je me suis donné pour l'équipe ».
Qu'est-ce que vous retenez de cette soirée ? C'est les images de l'IS en France, à Budapest ou les débordements dans les rues de Paris ? Qu'est-ce que vous retenez, vous ? Parce qu'il y a ces débordements aussi.
Je retiens les deux. Je retiens les deux. Les deux sont importants. C'est-à
-dire
qu'il y
a
une vraie joie populaire. Mais bien au-delà de Paris, il y a la fierté d'une équipe que les gens apprécient parce qu'elle dégage cet état d'esprit collectif et que ce n
'est
pas juste une collection de stars qui sont achetées des dizaines et des dizaines de millions. Mais
219 blessés.
Mais il y a les blessés, il y a les interpellés, il y a les casses, il y a les cambriolages, il y a les voitures en feu. Et il y a cette minorité de casseurs qui vient polluer la fête, comme à chaque grand événement public. Et c'est proprement insupportable.
C
'est-à-dire qu'on n'a plus l'occasion de faire une fête collective qui soit un vrai moment de pur
bonheur. Mais qu'est-ce que ça dit de
notre société aujourd'hui ? On ne sait plus faire la fête calmement, Raphaël Luxman ?
Alors déjà, ce n
'est
pas totalement nouveau qu'il y ait des débordements et des émeutes.
Il y en a
eu pendant la finale en 1998 aussi,
il
y
avait
eu
à l'époque un mort, une cinquième blessée. Voilà, c'est ce que je veux dire. Les gens sont semblant que
c'est totalement nouveau, ce n
'est
pas vrai. Mais il n'empêche que ça signifie des fractures de notre société et qu'on est une société sous tension. La France vit sous tension, on le voit partout. On est une cocotte minute prête à exploser. Je pense qu'il va falloir faire baisser cette tension et ce sera l'un des grands objets de l'élection à venir. D'ailleurs, Marine Le Pen a écrit cette nuit sur le réseau social X qu'il n'y a qu'en France où la victoire d'un club de foot provoque des émeutes. Vous lui donnez raison ce matin
?
Non, parce qu'il n'y a pas qu'en France où il y a des débordements dans les grands événements publics. Ça,
c
'est faux. Par contre, que ce soit profondément insupportable, ça je le dis, je le répète. Et qu'il faille agir contre cette minorité, je le répète aussi, parce qu'il ne faudrait pas non plus faire un amalgame avec l'ensemble des dizaines de milliers de personnes qui sont descendues dans les rues de Paris et
d'ailleurs
en France. Raphaël Guzman, il y
a
quand même eu 780 interpellations. C'est en hausse de 32% par rapport à cette même finale il y a un an. Là aussi, ça veut dire que la société se tend encore plus.
La société se tend encore plus et il y a un besoin de sécurité qui émane de la société française et il faut totalement y répondre. Donc moi, je n
'ai
aucun problème à dire que c'est une société qui se fracture et qui se brutalise de plus en plus avec des casseurs qui viennent pas du tout pour fêter la victoire du Paris Saint-Germain, mais pour attaquer les forces de l'ordre ou cambrioler des magasins.
Alors, on
a évoqué la réaction de Marine Le Pen. De l'autre côté du spectre politique, l'insoumise Clémence Guettet dit aux forces de l'ordre laisser aux parisiens la fierté et la joie de célébrer cette victoire. Pas de répression violente. Est-ce que le dispositif policier était adapté selon vous ? Est-ce que la réaction des policiers était la bonne ? Alors, je lis plein de polémiques parce qu'on explique qu'il aurait fallu une fanzone pour encadrer. Moi, je pense que c'est extrêmement compliqué. En rien, par exemple, une fanzone n'aurait empêché dans la suite de la soirée des débordements. Donc, il faut arrêter d'être les champions du monde de la polémique.
Il y a à la fois la mairie de Paris, la préfecture, le ministère de
l
'Intérieur qui ont établi un diagnostic. Il va falloir qu'ils expliquent. Le gouvernement
avait refusé et a refusé tout rassemblement sur les Champs-Elysées. Vous auriez pris la même décision
?
Moi, je ne sais pas parce que je ne suis pas là aux manettes. Donc, en fait, je n'aime pas les gens qui font semblant d'avoir toutes les informations à disposition d'un gouvernement simplement pour le plaisir de critiquer. Ce que je sais, c'est qu'il faut laisser la fête se dérouler. Mais que quand vous avez des groupes mobiles de casseurs, il y a une nécessité d'intervention policière. Peut-être que oui, il y
a
une réflexion à avoir sur la doctrine de maintien de l'ordre parce qu'on voit bien qu'on n'arrive pas à contrôler ces groupes de 10, 15, 20, 30 qui se déplacent et dont le but est juste la violence en réalité.
Vous avez dit que le gouvernement devra expliquer. Qu'est-ce qu'il a expliqué
?
Il doit rendre des comptes, comme après chaque événement. Rendre des comptes, ça veut dire expliquer ce qu'a fait M. Nouniès tout à l'heure, par exemple. Expliquer la mobilisation, la stratégie, le résultat. Mais moi, je ne veux pas déclencher de polémiques politiciennes à chaque événement. Ce n
'est
pas ma manière de concevoir la politique. J'ai beaucoup de choses à reprocher à ce gouvernement. J'ai beaucoup de choses à reprocher au pouvoir macroniste. Donc, je ne vais pas me sauter sur chaque opportunité pour simplement faire un tweet qui me fait plaisir.
On va y venir, Raphaël Luxman. L'autre actualité de la semaine, c'est aussi cette vague de chaleur qui a touché la quasi-totalité du pays. Jusqu'à 37,8 degrés, relevé un record pour un mois de mai avec des conséquences très concrètes dans les salles de classe, dans les usines, dans les entreprises. Est-ce que vous diriez, comme Marine Tondelier, que la France est en retard, mal préparée ? Marine Tondelier, c'est la secrétaire nationale des écologistes.
Oui, la France est en retard. On a divisé par trois le fond vert, la France d'adaptation au changement climatique. La France est en retard. La France n'a pas pris la mesure ces dix dernières années de l'impératif écologique. C'est une évidence. Je pense que c
'est
d'ailleurs le bilan le plus désastreux d'Emmanuel Macron.
C'est de sa faute. Non, ce n'est pas de sa faute. Le réchauffement climatique n'est pas la
faute d'Emmanuel Macron. Les émissions de gaz à effet de serre sont en réduction en France depuis plusieurs années. On parlait d'adaptation au changement climatique. On va parler ensuite de ce qu'on peut faire pour lutter contre le réchauffement climatique. Et je ne pense pas là non plus qu'on soit au niveau. Mais sur l'adaptation au changement climatique, ce qui est évident, c'est qu'il faut développer de manière massive les initiatives locales qui fonctionnent. Par exemple, on a coutume maintenant dans les médias de se moquer du verdissement des villes. Je suis désolé, c
'est
la seule manière de s'adapter à une société en mutation climatique. On a l'habitude aujourd'hui d'expliquer que l'écologie est punitive. Non, l'écologie n'est pas punitive. L'écologie, c'est justement ce qui va nous permettre de faire face à une mutation extrêmement profonde.
Il fait 35 degrés. Vous proposez
concrètement, par exemple
sur
les écoles. Dans votre livre, vous proposez la rénovation thermique de tous les établissements scolaires. Qu'est-ce qu
'il
y
a
dans votre programme, dans votre livre en tout cas ?
Un
grand plan sur la rénovation thermique des bâtiments. Et on commence par les écoles. C'est insupportable ces écoles où on cuit en salle de cours dès le mois de mai. On a aujourd'hui des écoles qui sont des passoires thermiques. Moi, j'étais dans un collège des Deux-Sèvres il y a deux mois et les élèves étaient en doudoune dans la salle de classe parce qu'ils faisaient 12 degrés. Et là, on a des écoles qui sont transformées en micro-ondes. Donc, en réalité,
il faut... Selon une
étude menée par le principal
syndicat
des collèges lycées, 80% des classes, dans 80% des classes, la température a dépassé les 30 degrés cette semaine.
Et on a 30% du bâti scolaire qui est considéré,
par
toutes les études, comme étant délabré. Ce sont des passoires thermiques délabrés.
Donc, il faut un véritable plan bâtisseur d'école. Est-ce que vous connaissez
le coût global ? Effectivement, de rénovation thermique des bâtiments scolaires. Ça a été chiffré. Ça chiffre en milliards. En dizaines de milliards. 40 milliards, exactement.
Donc, effectivement,
ça suppose un plan de financement sur 10 ans. Ça suppose un plan de financement sur 10 ans, mais c'est une urgence absolue. Et ça sera des économies, des économies pour l'ensemble de la société. Et surtout, ça permettra à nos élèves de suivre leurs cours dans des conditions normales aujourd'hui par rapport à nos voisins européens. Parce que moi, j'ai un poste d'observation qui me permet justement de comparer. La France n'est pas une île. Par rapport à nos voisins européens, nous sommes extrêmement en retard sur le bâti scolaire. Mais j'espère que ce n
'est
pas la seule manière qu'on aura d'aborder la question scolaire. Sur le bâti scolaire, sur le salaire des enseignants, sur les... On
aura
l
'occasion de parler sur le niveau d'encadrement des questions,
une question. On est en retard sur tout ce qui concerne l'éducation. Et c'est une catastrophe pour la France parce qu'on sacrifie notre avenir. Mais pour revenir sur la canicule et sur la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique, quand on nous explique que l'écologie est une lubie, aujourd'hui, nous sommes dans un état d'urgence climatique. Nous avons deux crises. La canicule et le prix à la pompe. Ces deux crises témoignent de l'urgence de la transformation écologique. Est-ce que ce qu'on appelle la fin du mois, on a souvent tendance à opposer la fin du mois et la fin du monde, est-ce que les questions de pouvoir d'achat sont en train de prendre le pas sur l'écologie ?
Mais les deux se rejoignent. Prenez la question du prix à la pompe.
Nous
avons aujourd'hui des Français qui payent le prix, quand ils vont faire leur plein, des décisions de Donald Trump et de Benjamin Netanyahou.
Comme
on a payé le prix hier des décisions de Vladimir Poutine en 2021-2022, puisqu'on a maintenant un choc gazier ou pétrolier tous les cinq ans. Ce que je veux, moi, c'est que nous devions indépendants, que nous devions autonomes, que nous ne payions plus le prix de décisions iniques de dirigeants étrangers quand nous utilisons notre voiture. Et c'est pour ça qu'il faut sortir du gaz et du pétrole.
En
2021-2022, on a dépensé 72 milliards en subvention aux énergies fossiles. 72 milliards. Si on avait investi ne serait-ce que la moitié de cette somme, si on avait un État stratège capable de planifier, nous aurions permis aux Françaises et aux Français qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler d'avoir accès à des voitures électriques. Est-ce que c'était une erreur du quinquennat Hollande d'avoir voulu renoncer à l'énergie nucléaire pour augmenter le renouvelable ? On aura besoin du nucléaire et du renouvelable. Moi, je pense que le mix énergétique français, ça doit être du nucléaire et un développement rapide
des
énergies renouvelables puisque là-dessus, nous sommes en retard. Mais j'aimerais revenir à la question du pouvoir d'achat. Aujourd'hui,
nous
ce que nous proposons, c'est une mesure simple qui permet
aux
Françaises et aux Français qui touchent moins de 2000 euros par mois et qui ont besoin de leur voiture pour travailler et qui font plus de 30 km par jour d'avoir accès contre un loyer de 100 euros par mois à une voiture électrique.
C
'est
le leasing électrique,
c'est ce que fait déjà
le gouvernement depuis des années.
À une échelle microscopique, comme d'habitude, avec Emmanuel Macron, nous avons des effets d'annonce. Leasing social, rénovation thermique des bâtiments et le résultat est minuscule. Nous,
ce
que nous proposons, c'est un plan pour que 1 million de Françaises et de Français qui ont besoin de leur voiture et qui n'ont pas les moyens de s'acheter une voiture électrique puissent y avoir accès. On commence par exemple par les auxiliaires de vie.
On
a 1 million de voitures dans les 5 prochaines années et ça relance en plus l'industrie automobile française. Ça permettra de faire de la R5 électrique, l'objet culte du
XXIe siècle. On va parler
de vos propositions et de la manière aussi dont toutes ces mesures seront financées parce que ça va coûter beaucoup d'argent. Une dernière question sur la canicule. Question très simple, réponse si possible rapide. Est-ce que vous êtes favorable à ce que les salariés bénéficient de jours de congés climatiques en période de canicule notamment
?
C'est une proposition des écologistes. La possibilité de débloquer jusqu'à 5 jours de congés en cas de fermeture de classe par exemple pour assurer la garde des enfants. L'Espagne l'a mis en place il y a quelques années. Est-ce que vous y êtes favorable ?
Je
ne
sais
pas si j'appellerais ça congés climatiques parce qu'en réalité c'est lié à une catastrophe en Espagne qui était les inondations de Valence.
Et
donc que dans des phénomènes climatiques extrêmes il y ait la possibilité, oui, d'avoir des jours de congés, je trouve ça absolument rationnel. Et ça sera nécessaire. Ce qu'il faut que les Françaises et les Français qui nous écoutent comprennent,
c
'est qu'en fait on va rentrer dans une société qui sera très différente.
Le
réchauffement climatique, ce n
'est
pas une vue de l'esprit. Ça se matérialise déjà aujourd'hui. Et donc il va falloir qu'on s'adapte. Qu'on s'adapte tout en préservant l'outil économique. Et ça, ça supposera
une forme de flexibilité.
À ces jours ?
Mais on appelle ça, si on dit congé climatique, les gens vont penser que c'est à nouveau une idée pour travailler moins.
Non,
c'est une idée pour travailler mieux. C'est-à-dire adapter aussi nos rythmes, et on pourra parler de l'école, adapter nos rythmes à cette société où, oui, il fera plus chaud et où ce sera plus compliqué. On aura des phénomènes climatiques extrêmes de plus en plus rapprochés. Et il faut qu'on s'y prépare. C'est ça, être réaliste et rationnel. Et c'est ça aussi, d'ailleurs, faire preuve de rigueur.
Le
Grand Jury, 2027, c'est demain. 2027, c'est demain, Raphaël Ruxman. Vous avez publié cette semaine un livre « Nous avons encore envie » aux éditions Alary. Vous y formulez un certain nombre de propositions. On va y revenir. Vous évoquez notamment un contrat patriotique. Mais d'abord, une question simple. Vous parlez d'envie. Envie de quoi, Raphaël Ruxman, d'être candidat à la prochaine présidentielle ?
Envie de se battre pour notre pays. Et je pense que cette envie, elle est partagée par des millions de Françaises et Français qui n'en peuvent plus.
Et on se bat
comment ? En étant candidat ? En étant spectateur ?
En faisant tout pour que mon espace politique, la ligne que j'incarne, qui est celle d'une gauche démocratique, républicaine, qui veut gouverner ce pays, qui veut le transformer, remporte cette élection. Et je suis convaincu d'ailleurs que nous sommes l'espace qui peut vaincre l'extrême droite en 2027.
Vous vous êtes donné
trois mois pour répondre à cette question. On a du mal à comprendre ce délai. Soit vous en avez envie, soit vous êtes attentif, soit vous êtes frileux.
Alors
je vais vous l'expliquer.
Pourquoi
trois mois ? Parce que je ne veux pas être simplement un candidat de plus dans un espace politique qui en compte déjà trop. Ce n
'est
pas une aventure personnelle. J'aurais pu arriver et dire je suis candidat à la présidence de la République, suivez-moi. Moi, ce que je veux faire, c'est rassembler. Rassembler les dirigeants de gauche, démocrates et républicains qui pensent qu'on peut gagner en 2027. Les rassembler et enchaîner sur une campagne extrêmement rapide et puissante. Bérine Tarnot.
Si
on prend le problème à l'envers, à Félix Bussmann, quelles conditions ? Qu'est-ce qui ferait que finalement vous ne pourriez pas être candidat ? Quelles conditions selon vous ? Je vais vous répondre de manière franche et directe.
Que
je ne sois pas la bonne personne dans trois mois pour porter mon espace politique à la victoire. Donc ça,
c
'est une hypothèse que vous envisagez ? Moi, j'envisage toutes les hypothèses. Vous savez, je crois qu'il y a en France un réel problème
qui
est l'obsession de la candidature.
Ce
que je veux, moi, c'est l'obsession du gouvernement de la France, de l'exercice des responsabilités.
Vous
publiez un livre cette semaine, vous faites un certain nombre d'interventions. Vous préparez un meeting. C'est le début d'une candidature présidentielle, soyons honnêtes. Parce que je pense que j'ai une responsabilité particulière. Sur cet espace politique, je suis celui qui est le seul qui a fait un score à deux chiffres à une élection nationale depuis plus de dix ans.
J'ai levé un
espoir en 2024.
Et
ma responsabilité, c'est de faire en sorte que nous gagnons. Et moi, j'assumerai jusqu'au bout cette responsabilité. Mais est-ce qu'avec ce délai de réflexion de trois mois, vous ne vous fragilisez pas quelque part ? Parce qu'au moindre faux pas, vos adversaires, notamment à gauche, diront que vous n'êtes pas le bon candidat. Est-ce que ce n
'est
pas un délai
de trois mois de
réflexion
? Est-ce qu'il
vous fragilise ? Mais ce n
'est
pas de la réflexion,
c
'est de l'action. Je vais sillonner le pays avec ce nouveau contrat patriotique et on va dialoguer avec les Françaises et les Français. Et on va rassembler concrètement notre espace. Moi, ce que je veux faire, c'est créer une équipe. C'est qu'on puisse voir d'emblée qu'on aura un gouvernement qui sera crédible avec des hommes et des femmes qui sont prêts à prendre les manettes. Et ça, ça se construit. Je veux dire, ça ne se décrète pas. Moi, je vois là, les
anciens premiers ministres Il peut être amorcé un début de
candidature pour
allier des personnalités de gauche
autour de vous. Je vois les anciens premiers ministres d'Emmanuel Macron se livrer à une course de petits chevaux. Je pense que nous, on peut faire plus et mieux. Et je pense que c'est notre responsabilité. Pourquoi ? Parce que je ne crois pas que les Françaises et les Français voteront pour les anciens premiers ministres d'Emmanuel Macron pour barrer la route au Rassemblement National. Je pense que nous avons une responsabilité immense parce qu'il y
a
une volonté de changement, parce que les gens n'en peuvent plus en réalité de ce qui s'est passé depuis dix ans, qu'ils ne veulent pas les mêmes dirigeants, les mêmes ministres, les mêmes politiques que depuis dix ans et que donc, nous portons l 'alternative à l'extrême droite. Raphaël Glucksmann, est-ce que ce délai de trois mois est lié à l'avenir de Léa Salamé, votre compagne à la tête du JT de France 2 ? Est-ce que c'est pour lui laisser le temps de terminer sa saison sur France 2
? Non.
Et d'ailleurs, je veux dire, puisque vous me posez la question, à quel point, déjà j'admire sa carrière et je sais à quel point elle travaille de manière complètement indépendante de toute considération liée à mon cas personnel ou à mes opinions personnelles. Je veux dire à quel point je suis donc admiratif et à quel point je suis aussi admiratif de sa volonté de protéger ses équipes en annonçant qu'elle se retirerait le cas échéant. Mais là, il n'y a pas du tout de lien entre les deux.
Mais est-ce que vous,
ça
fait partie de votre réflexion de vous dire « je sais que ça aura
des
conséquences
sur sa
carrière ».
J'allais y venir et comme je fais profession de sincérité radicale,
ce
qui me distingue de bon nombre de membres de cette classe politique, eh bien oui, évidemment que ça fait partie de ma réflexion. En réalité, c'est
un
sacrifice immense qui serait exigé. Et en 2027, 2026, j'ai des difficultés, moi, en tant qu'homme féministe, d'ailleurs, à demander ce genre de sacrifice à une femme. Et donc, bien sûr que ça rentre en ligne de compte.
Ça
ne fait que renforcer une certitude, c'est que je ne veux pas être
une
candidature de témoignage.
Je
ne considère absolument pas cette candidature éventuelle comme étant un moment warolien pour une petite gloriole personnelle ou une aventure qui serait limite adolescente et rêveuse. Moi, ce que je veux, c'est que nous gagnions cette élection. Et je vais préciser parce que c'est important parce que souvent, la gauche parle à la gauche.
L
'enjeu n'est pas d'être premier à gauche. Ce n
'est
pas une compétition avec Jean-Luc Mélenchon. Dans trois mois. L'enjeu, c'est de gagner cette élection. Et moi, j'aimerais convaincre les auditeurs, les auditrices. Dans trois mois, Raphaël Gluckman, de façon très précise, à quel moment vous vous dites je suis candidat, je ne suis pas candidat ? C'est quoi ? C'est les sondages ? À quel niveau
?
Comment vous allez prendre votre décision
? Ce
sera un consensus avec mes partenaires et ce sera aussi lié au sondage. On ne
va
pas se mentir. Tous les politiques qui ne regardent pas les sondages, honnêtement, vous mentent. On va
essayer de faire
quelque chose qui est l'inverse,
c
'est-à-dire d'être sincère. Oui, les sondages entreront en ligne de compte, mais aussi la capacité à rassembler, aussi la capacité à fédérer une équipe, à porter un projet,
la
capacité à ce que ce contrat patriotique reçoive un écho dans la société française, que les mesures ou les grands choix qu'on propose soient portés, discutés, débattus et qu'on arrive à créer une dynamique politique. La première étape vers cette candidature, ce sera le grand meeting à Paris le 13 juin prochain. Quels sont vos objectifs ? Est-ce que vous espérez lors de ce meeting afficher vos soutiens à gauche et peut-être au-delà ? Ou alors, est-ce que c'est un meeting aussi pour convaincre ceux qui ne vous ont pas encore rejoint
? Déjà, le
premier objectif, c'est de montrer de l'enthousiasme, de l'envie, de l'appétit pour la politique. Et j'invite réellement celles et ceux qui nous écoutent ou qui nous regardent à
nous rejoindre le samedi
13 juin à 18h. Parce que je crois qu'il y a
un
enjeu immense qui n
'est
pas simplement celui de faire barrage.
Ce
ne sera pas une élection où on pourra juste appeler à ne pas faire barrage. Il faudra qu'on redonne de l'envie. de
l'envie de république, de l'envie
de liberté, de l'envie de fraternité, de l'envie d'égalité.
Et
ce meeting, il nous permettra de montrer qu'il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de Françaises et de Français, que nous ferons des milliers à dire une chose simple. Arrêtez avec cette petite musique de
on
a le choix entre Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella.
Il va falloir attirer plus de
monde que Jean-Luc Mélenchon par exemple la semaine prochaine à Saint-Denis.
Et nous montrerons
quoi qu'entre Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella, contrairement à tous leurs fantasmes, il n'y a pas rien. Il y a même l'essentiel. Il y a la république. Il y a cette quête de solidarité sociale, de transformation écologique, d'Europe qui est majoritaire à gauche. Et je veux le rappeler parce que des fois ceux qui parlent le plus fort ou qui crient le plus fort peuvent impressionner. Je veux rappeler que lorsqu'il y a eu la dernière confrontation électorale entre notre gauche et les Insoumis, nous les avons battus à plate couture. Et nous allons le faire
à
nouveau. On va rentrer dans le détail justement de ces candidatures. Vous parlez de Jean-Luc Mélenchon,
vous
pourrez aussi citer Marine Tondelier, Fabien Roussel, François Ruffin, on parle même de François Hollande. Qu'est-ce que vous leur dites ce matin à ces autres candidats de gauche ? Parlons-nous ?
Déjà de venir le 13 juin.
Ils sont
tous invités ?
Ils seront tous
invités ? Même Jean-Luc
Mélenchon
?
Non.
Jean
-Luc
Mélenchon, il n
'est
pas invité à votre point. Non, je viens de préciser qu'il y avait de toute façon deux
espaces
politiques qui étaient irréconciliables, qui est le nôtre et celui de Jean-Luc Mélenchon qui a quitté les rives de la gauche démocratique et
républicaine. Donc, qu'est-ce
que vous leur dites à ces autres candidats ? Il a fait chaud récemment. Allons boire un verre, allons prendre une citronnade, on discute. Certains parlent d'un conclave pour se mettre d'accord. Comment vous
allez faire ? Il
y a
des
grands mots conclaves ou rendez-vous secret. On peut juste se parler et se voir normalement. Et ensuite, il y a des militantes et des militants dans nos partis politiques respectifs et on leur demandera de valider le consensus auquel nous avons abouti.
Vous dites des choses, se
parler. Simplement, vous dites se parler. Est-ce qu'il
y a
des choses de prévues concrètement, des initiatives
pour faire ?
Déjà, je vais vous surprendre. Je vous donne rendez-vous dans trois mois et je pense que vous serez tous étonnés autour de cette table, enfin, qui n
'est
pas vraiment une table. Vous serez tous étonnés par notre capacité à s'unir. Parce qu'en fait, on se rassemblera. Là, quand on regarde à l'instant T, on a l'impression que c'est impossible. Les enjeux sont tellement immenses.
Le
risque est tellement grand d'une bascule de la France dans le camp des poutinistes et des trumpistes que je n'imagine pas une seconde que par désir de gloriole personnel, nous empêchions la personne la mieux placée pour représenter notre famille politique, notre espace qui, encore une fois, je le répète,
est
en mesure de faire barrage à l'extra-droite et de gouverner ce pays et donc de changer l'avis des Françaises et des Français.
Je
n'imagine pas une seule seconde que nous laissions passer cette
opportunité.
Pour l'instant, celui qui est le plus à même à gauche à se qualifier au second tour, c'est Jean-Luc Mélenchon. C'est d'ailleurs la première fois dans deux sondages cette semaine qu'il commence à remonter depuis sa déclaration de candidature. Finalement, comme quoi ça sert de se déclarer candidat.
C'est le seul qui est en
campagne. Voilà. Et dans le sondage Harris Interactive pour RTL et M6, il est pour la première fois en capacité de se qualifier au second tour. Qu'est-ce que cela vous inspire ? Vous vous êtes crédité pour l'instant de 10-11 points. Vous êtes derrière systématiquement Jean-Luc Mélenchon. Comment vous allez réussir à élargir votre sotte de l'électorat ?
En
nous mettant en dynamique que nous cessions de nous parler à nous-mêmes et
que nous parlions aux
Françaises et aux
Français. Et
moi, je sais que les électrices et les électeurs de gauche en France
ne
veulent pas de la brutalisation permanente de Jean-Luc Mélenchon.
Et
je sais aussi
qu
'ils ne veulent pas la prise du pouvoir par le Rassemblement National. Or, aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon est le meilleur agent électoral de l'extra-droite. L'envoyer au second tour de l'élection présidentielle, c'est garantir le triomphe de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen. Et donc, il y aura nécessairement un moment de prise de conscience, plus on se rapprochera de l'élection, qui conduira les électrices et les électeurs de gauche, y compris ceux qui pensent que nous ne sommes pas assez radicaux, que nous ne sommes pas assez révolutionnaires, à ne pas envoyer Jean-Luc Mélenchon au second tour, parce qu'en fait, c'est la certitude du triomphe de l'extrême droite. Vous
avez dit tout à l'heure que les militants de gauche auront un moment à choisir, à voter. Il faut passer par une primaire ? Vous dites encore qu
'il
y aura une primaire ?
Il
n'y aura pas de primaire.
Cette primaire
n'existera pas et c'est une machine à perdre. Moi, je l'ai dit depuis le début, je savais qu'elle n'allait pas avoir lieu, elle n'aura pas lieu. Il faut trouver donc
un
mode de désignation alternatif. et pour ça, il faut juste se parler. Ce n
'est
pas si compliqué que ça. En réalité,
de toute façon, nous avons... Vous avez des rendez-vous
prévus dans les prochains jours, les prochaines semaines pour vous
parler ? Déjà,
on se parle souvent. Ce n'est pas non plus la peine de scénariser ces rendez-vous. Je pense que l'échéance que j'ai donnée de trois mois convient
aux
autres acteurs de la gauche démocratique et républicaine et que nous travaillerons et que dans trois mois, nous aurons une candidature commune. Il n'y a pas, pour moi, de dramatisation de la division à ce moment-là. Nous sommes encore loin de l'élection. Ce que je dis juste, c'est que si nous ne sommes pas capables, après la rentrée,
de
nous mettre en campagne de manière commune et efficace, alors oui, il y aura un risque pour notre espace. Vous
dites qu'il y a encore le temps. On parlera du fond, notamment de vos propositions sur l'école en seconde partie d'émission et puis on vous interrogera nos questions express, des questions courtes et des réponses rapides.
Ce
sera...
Comme vous avez vu, ce
n'est
pas mon fort, mais
je vais... On va essayer. Ce sera dans la deuxième partie
de cette émission. A tout de suite. Suite du Grand Jury présenté par Thomas Després. Et toujours avec nous ce dimanche, Raphaël Glucksmann, eurodéputé, place publique et auteur de Nous avons encore envie chez Alary Édition. Dans un instant, nous vous interrogerons sur le projet de loi fin de vie en cours d'examen à l'Assemblée nationale et au Sénat. Mais d'abord, on va reparler politique, Raphaël Glucksmann.
Le
Grand Jury 2027,
c
'est demain.
Dans
votre livre, vous évoquez beaucoup la France. Vous proposez un contrat patriotique, le titre d'un de vos chapitres « Fiers d'être français ». À quoi ressemblera la France de Raphaël Glucksmann ? Pas encore candidat, mais presque.
Ce
sera une puissance qui aura renoué avec son destin. Avec son destin d'être une locomotive. Ce sera une puissance qui réhabilitera l'idée démocratique dans un moment où basculent les pays les uns après les autres dans l'autoritarisme. Ce sera une puissance indépendante qui poussera l'Europe à proclamer son indépendance numérique face à la Chine et face aux États-Unis. Ce sera une puissance industrielle qui aura renoué avec ces usines qu'on a laissées partir depuis les années 90.
Ce sera une puissance qui réhabilitera les travailleurs, qui les remettra au cœur du contrat social et ce sera une puissance éducative parce qu'en fait la crise actuelle de la nation française est largement liée à la crise de l'école publique. Ce sera une puissance qui réhabilitera la notion de solidarité entre les générations, entre les riches et les pauvres, entre les territoires. Et je crois que c'est ainsi qu'on renouera avec ce pacte 20 fois séculaire dont parlait le général de Gaulle qui lie la grandeur de la France et la liberté du monde c'est
tout mon
combat.
Dans
votre livre vous parlez de conventions citoyennes, d'introduction de la proportionnelle, d'une refonte du financement de la vie politique, d'un service civique aussi obligatoire de 10 mois pour tous les jeunes français. Est-ce que ce pacte patriotique que vous proposez c'est un peu une sixième république plus citoyenne ? C'est un retour à la république, c'est une refondation républicaine.
Une
nouvelle république ? En fait, les numéros m'intéressent franchement fort peu. Ce
qui compte c'est le retour à l'esprit de la république
française.
C
'est le retour à l'esprit républicain où nous sommes plus que des individus ou des communautés. Nous sommes une collectivité nationale. Vous et moi, nous sommes plus que simplement ce que nous sommes individuellement. Nous sommes des citoyens et on a perdu ce sens-là d'appartenance à un collectif et c'est pour ça le service civique parce que je crois qu'on ne peut pas former un peuple
si
un jeune qui naît à Trappes, un jeune qui naît dans le 7ème arrondissement de Paris et un jeune qui naît à Montgaubert dans l'Aisne ne se croisent jamais à aucun moment de leur vie.
Jean
-Luc Mélenchon,
il parle
d'une nouvelle France.
Il
dit aujourd'hui la France qu'on a connue n'est plus celle-ci. C'est une nouvelle France qu'il faut écrire. Vous parlez de la même France avec Jean-Luc Mélenchon
?
Moi, je parle de la France. Je ne parle pas de nouvelle France, je ne parle pas d'ancienne France photoshopée en couverture de valeurs actuelles. C'est pour l'extrême droite ? Je parle de la France, de la France républicaine, celle qui nous rend fiers, celle qui dit à tous ses enfants d'où qu'ils viennent, quelles que soient leurs origines, leurs religions, leurs conditions sociales, qu'ils ont tous le stylo dans les mains pour écrire le destin de notre pays. Et c'est pour ça que je veux qu'ils se rencontrent, qu'ils soient au service de la nation.
Et c'est pour ça aussi que je veux une France qui soit profondément antiraciste, qui soit profondément hostile aux discriminations pour dire à tous les Français, tous les Français qu'ils sont français et qu'ils peuvent en être fiers. Et depuis la cité de la Vise dans les quartiers nord de Marseille jusqu'à Lens, eh bien, il faut qu'on soit tous fiers d'être français.
Et
moi,
je reprends ce slogan... Cette France, elle s'incarne
aussi dans un
cadre dans des institutions. Laissez-moi finir parce que
c'est important. Je reprends ce slogan
au
Rassemblement national. Pourquoi ?
Pourquoi je le reprends ? Il se dit fier d
'être français. Il se
dit
fier d'être français. Pourquoi ?
Parce
qu'en fait, je n'en peux plus que les démocrates et que la gauche, d'ailleurs, n'expriment plus cette fierté française. J'en peux plus. Et ce que je veux, c'est qu'on reprenne le drapeau tricolore à ceux qui sont en train de l'avivir, c'est-à-dire l'extrême droite. Parce qu
'en fait, ce
sont des patriotes de pacotille et j'aimerais vraiment qu'on m'entende quand je dis ça. Jordan Bardella au Parlement européen vote contre eux. tout ce qui permet de défendre la France, de défendre les industries françaises.
Le
Rassemblement national, à l'Assemblée nationale, vote contre même la taxe sur les petits colis de Chine. Chine est en train de détruire l'industrie de la mode française. Chine est en train de détruire les petits commerces dans l'ensemble des villes moyennes de notre pays. Et le Rassemblement national, qui se dit patriotique, vote contre la taxe sur les petits colis. Il vote contre la défense européenne au Parlement européen. Il vote contre le fait, moi je sais, j'étais rapporteur sur les questions de défense européenne, contre le fait que pour la première fois, on réserve les fonds européens aux productions d'armements réellement européennes, contre la dépendance aux Etats-Unis d'Amérique.
Eh bien, il vote contre. Et il propose Elon Musk, le patron de X et de Tesla, eh bien, comme prix Sakharov, qui est le prix qui est décerné pour les combattants de la liberté
et
qui est combattant des valeurs européennes, Elon Musk, l'homme qui est en train de déstructurer notre débat public et le débat
public dans tous les
pays européens, ce ne sont pas les patriotes. Nous serons, nous, les patriotes. Et je veux que la gauche renoue avec ce patriotisme.
Voilà,
on va justement évoquer un certain nombre de propositions. Vous parlez de patriotisme, vous parlez de France, vous citez davantage De Gaulle que Jaurès, j'ai compté six fois. Ah si, vous citez six fois le
général De
Gaulle,
cinq fois Jean Jaurès. J'invite en tout cas dans le livre à lire l'armée nouvelle de Jaurès. Si on veut comprendre ce que c'est qu'un patriotisme de gauche, c'est absolument éclairant et totalement adéquat à la situation qui est la nôtre aujourd'hui.
Dans
ce livre,
vous assumez qu'il faudra augmenter l'âge de départ à la retraite, vous êtes pour rendre obligatoire, on l'a dit, un service civique de dix mois pour une convention citoyenne pour l'immigration. Ce n
'est
pas vraiment un discours habituel quand on se dit de gauche. Comment vous allez réussir à
convaincre ? C'est profondément de gauche parce que la réforme des retraites que je propose n'est pas la réforme borne-Macron. Alors c'est quoi ?
Justement, expliquez-nous.
C'est une réforme qui est fondée sur la pénibilité et qui prend en compte le fait que nous sommes dans une situation d'inégalité face au travail et face à la retraite et que donc une femme de ménage qui aujourd'hui à 67 ans n'arrive pas à partir à taux plein alors qu'elle a le dos brisé et qu'elle a des horaires infernales, elle doit être la bénéficiaire numéro un. La réforme doit être pensée pour elle. Vous écrivez en 1945
la France comptait 4 actifs pour 1 retraité. Elle compte aujourd'hui 1,7 actifs pour 1 retraité. Ceux qui ont une espérance de vie en bonne santé plus longue doivent partir plus tard. Plus tard, ça veut dire quoi Raphaël Luxouane ? 65 ?
Vous
inquiétez pas, on proposera notre réforme. Ce que je veux dire dans ce livre, c'est qu'en fait si on veut être crédible quand on dit qu'on va abroger la réforme de Macron, ce que nous allons faire, eh bien il faut insister sur ce fait que nous proposerons nous une réforme qui
sera
juste, qui permettra aussi à la France d'investir dans l'éducation, d'investir dans la transition écologique, d'investir dans les industries de l'avenir et qui favorisera ceux qui sont défavorisés aujourd'hui, c'est-à-dire d'abord les femmes aux carrières hachées. Mais donc
pour le moment, vous ne répondez pas très concrètement sur cette
question. Mais je ne
vais
pas vous répondre maintenant parce qu'on aura un moment de présentation de notre programme et vous aurez des détails, mais moi ce que je veux vous dire,
c
'est qu'on est en train de travailler avec la CFDT, avec les partenaires sociaux et que nous ferons exactement l'inverse, mais d'ailleurs comme sur tous les sujets de la stratégie politique d'Emmanuel Macron qui a été de braquer les partenaires sociaux, de casser le dialogue social et le résultat, c'est qu'en fait on est dans l'incapacité de réformer parce qu'on ne respecte pas
ce
qui fait le cœur de la démocratie française, c'est
-à-dire les partenaires sociaux et les
corps intermédiaux. Il y a un autre sujet sur lequel vous renvoyez aussi à d'autres, de nouvelles consultations, c'est la question de l'immigration. Vous proposez une convention citoyenne qui débouchera, je cite, sur des propositions votées au Parlement. On a envie quand même d'en savoir plus. Ça veut dire quoi ? Que vous n'avez pas encore défini votre vision de ce qu'est votre politique migratoire pour la présidentielle
? Si,
nous aurons une politique migratoire. Mais ce que je veux dire, c'est qu'on ne met pas sous le tapis un débat qui polarise à ce point la société française. Nous faisons l'inverse. Il faut assumer ce débat, l'encadrer. Ce n'est pas le déni, mais ce n'est pas non plus le concours de fantasmes auquel nous assistons aujourd'hui. Et ce dont je me rends compte,
c
'est que plus on parle longuement d'immigration avec les Françaises et les Français, plus finalement, la discussion produit un point de vue qui est relativement modéré. Parce qu'en réalité, même chez celles et ceux qui sont les plus choqués par l'impression de chaos, quand on leur dit « Mais vous vous rendez compte ? » Les travailleurs immigrés, qu'est-ce que vous voulez en faire
?
Les travailleurs qui permettent à l'hôpital de tenir debout, les travailleurs qui permettent à la restauration...
Il faut
une immigration de travail, c'est ce que vous dites aujourd'hui. François Ruffin, par exemple, dit l'inverse. Je sais, et c'est un désaccord que j'ai avec François Ruffin. On peut avoir d'autres accords, mais là-dessus, c'est un désaccord que j'ai parce qu'en réalité, non seulement on a besoin d'une immigration de travail,
l
'économie française s'écroulerait s'il n'y avait pas d'ailleurs quand Mme Mélanie fait campagne en expliquant « Immigration zéro » et qu'ensuite, elle invite 500 000 travailleurs immigrés parce que son économie a besoin d'immigration. Et
d'autre part, je suis... au
moratoire sur l'immigration demandé par Gérald Darmanin ? Mais c'est encore un gadget total parce qu'en fait, on annonce comme ça fièrement un moratoire sur l'immigration.
On
sait que c'est impossible quand on le prononce. Ça,
c
'est... M. Darmanin, c'est typique du macronisme,
c
'est-à-dire des effets de manche, de la com permanente sur du vide. Et derrière, quand on est questionné, quand ils sont questionnés, qu'est-ce qu'ils font ? Ils disent « Ah non, mais en fait, c'est juste le regroupement réuniel. » Le regroupement réuniel, c'est quoi ? C'est 5% seulement de l'immigration globale. Donc en fait, faire des effets d'annonce sur un supposé moratoire sur 5%, ça veut dire que finalement, il n'y a aucun résultat. Le seul but de cela, c'est de finalement monopoliser l'attention publique et de faire croire qu'on agit en parlant. Vous évoquez quand même...
Je
pense que c'est le problème du macronisme et que les gens n'en peuvent plus en fait de
cette communication
permanente autour du vide. Il y a un moment où il va falloir quand même qu'on soit capable
de
parler moins et de faire plus. Mais concrètement, vous évoquez quand même dans le livre une régulation, c'est votre mot de l'immigration. Comment, concrètement, sur quoi vous allez réguler ? Et par exemple, on sait qu'on a besoin d'une immigration de
faille.
Donc
on va arrêter
l'hypocrisie
qui
consiste aujourd'hui à faire une sorte de darwinisme. C'est-à-dire qu'on dit à des êtres humains que s'ils survivent à la Libye, s'ils survivent à la traversée de la Méditerranée et qu'ils survivent ensuite à dix ans dans l'illégalité, dans une zone grise en France en trouvant un travail, eh bien, ils finiront par être régularisés. Là, on assumera le fait que, oui, nous avons besoin d'immigration de travail et que, donc, nous allons installer... D'accord, mais c'était pas ma question. Non, mais laissez-moi faire parce que ça va rejoindre votre question. On a un mot à faire.
Nous allons instaurer des visas pendulaires qui permettront de faire des allers-retours, de venir en France normalement, légalement,
de
pouvoir travailler en France, de retourner chez soi et en échange de cette politique-là, eh bien, ce que nous demanderons aux pays de provenance, c'est de fournir les laissés-passés consulaires qui, aujourd'hui, manquent et rendent totalement inopérantes, par exemple, les OQTF. C
'est
ça, Raphaël. Et finalement, mine l'État de droit français puisque, en réalité, nous prenons des décisions, le gouvernement prend des décisions, l'État prend des décisions qui ne sont pas appliquées faute de coopération avec les pays de provenance.
Pour ça,
il faut justement des bonnes relations avec ces pays.
Il
faut qu'on avance. Et notamment
impliquer l'Union européenne. Donc, à nouveau, ceux qui nous prônent à une sorte de frexit déguisé seront hostiles aux intérêts de la France parce qu'en réalité, avec beaucoup de pays, vous l'avez souligné, il faut dépassionner les relations et passer par l'Europe.
Autre thème que vous abordez dans ce livre, l'école, Raphaël Luxman, vous avez souhaité en parler ce dimanche matin. Vous écrivez « Le travail de l'enseignant n'est plus valorisé. La République a soumis sa propre école à une concurrence déloyale. »
On
comprend que vous voulez en faire un des thèmes de votre future campagne. « Vous promettez plus de personnel face aux élèves tout en réduisant les postes administratifs. » C'est une formule qui plaît à tout le monde, mais « Quel poste vous supprimez concrètement dans l'éducation nationale ? »
Qui
perd son emploi ? Raphaël Luxman, président.
Non,
non,
il n'y a pas de mammouth à dégraisser comme ça a été dit d'antiques occasions. En réalité, l'éducation nationale, contrairement à ce qu
'on
pense, n'est pas l'administration la plus fournie en personnel. Vous dites qu'il faut redéployer. Voilà. Il s'agit d'être flexible et de redéployer.
Mais
il s'agit
surtout... Il va changer de travail pour devenir
professeur. Surtout ce qu'il s'agit de voir. Et là, j'aimerais vraiment qu'on m'écoute parce que c'est proprement sidérant sur les choix qui ont été faits dans notre pays. Aujourd'hui, nous avons des enseignants en primaire en France qui sont payés 17% de moins que la moyenne de l'OCDE. Un enseignant français en primaire est payé moins qu'un enseignant portugais en primaire ou un enseignant slovéne. Nous avons des professeurs qui sont les plus mal payés en rapport à notre richesse de tout le continent européen. Revaloriser les salaires
de
combien
et avec quel argent. Pour
un pays qui a été façonné, créé par l'école publique. Donc, revalorisation. Ensuite, on a le taux d'encadrement.
Non, c'est pas la revalorisation.
Non,
mais
il faut partir du constat parce que moi, ce que j'entends sur l'école aujourd'hui dans cette campagne ou pré-campagne, c'est en fait qu'une série de gadgets où on explique l'uniforme pas l'uniforme, le brevet pas le brevet.
Le constat, tout le monde en est d'accord. Mais en réalité, tout
le monde n'est pas d'accord et
un taux d'encadrement
qui est le plus faible des élèves qui est le plus faible d'Europe, des écoles qui sont délabrées et une école, deux choses, l'école de la République
qui
reproduit le plus les inégalités sociales dans toute l'Europe
et qui
voit ses résultats dans les matières fondamentales et dans les savoirs fondamentaux, notamment en maths, s'effondrer. Et pourquoi il s'effondre, ses résultats ? Il s'effondre, non pas parce que les meilleurs élèves seraient moins bons qu'avant, mais parce qu'en fait, il
y
a un décrochage et que les inégalités sociales se
reproduisent
dans les classements
et font
chuter le classement
de la force. Donc l'enjeu... Vous
dites qu'il faut revaloriser les salaires des enseignants.
Il faut revaloriser les salaires des enseignants de manière substantielle, mais il faut faire plus que cela.
On a soumis l'école
publique à une concurrence déloyale parce qu'on finance le privé à hauteur de 75%. Donc vous
voulez relancer
quelque part un peu la guerre pour le
privé ? Non, pas du tout.
Je ne veux absolument
pas renoncer. Ce que je veux, c'est l
'égalité. Il y a 43% des collégiens du public qui sont issus de milieux défavorisés quand ce n'est que 18% dans le privé. Et vous savez quoi ? Cette part
a baissé dans le privé et a augmenté
dans le public. Parce qu'en fait, je vais vous dire une chose très simple. À l'époque, par exemple, on pouvait mettre son enfant dans l'école privée parce que c'était une conviction religieuse, par exemple, dans les écoles privées catholiques. Aujourd'hui, ce n
'est
plus le moteur principal. Le moteur principal quand on inscrit ses enfants dans le privé, c'est la fuite du public. C'est qu'on veut, c'est qu'on veut,
il faut remettre de la mixité. Vous voulez
conditionner
le financement de l
'école privée à plus de
mixité sociale pour être clair ? c'est que l
'école publique soit la meilleure et que donc les élèves restent dans le public. Moi, je comprends les choix individuels des parents. Mes enfants sont dans
une école publique. Pour éviter cette fuite du
public vers le privé, vous voulez conditionner donc le financement du privé à quoi ? À plus de mixité sociale
? À plus de
mixité sociale parce qu'en fait, sinon, on organise une concurrence déloyale entre des écoles qui sont financées par le public et qui n'ont
à
respecter aucun critère social. Et ça, c'est impossible parce que le résultat de cela, c'est l'affaissement et l'affaiblissement de l'école publique. Et moi, je vous le dis, sans école publique, il n'y a plus de république. Et en plus, aujourd'hui, on demande à l'école de porter sur ses frêles épaules déjà mal traitées l'ensemble des crises de la société. Quand vous parlez avec les enseignantes et les enseignants partout en France, ils vous le disent. C'est-à-dire qu'avant, au moment de la Troisième République et des Hussards Noirs, il y avait toute une série d'institutions dans la société qui tiraient dans le même sens que l'école. Aujourd'hui,
il y a
l'école et face à l'école,
il
y a TikTok. Mais si vous n'agissez pas sur les réseaux sociaux, si vous... Vous-même,
vous
voulez interdire, bannir le réseau social TikTok ? Ce que je veux, moi, c'est que TikTok, comme tous les autres réseaux sociaux, respecte nos lois. Et si TikTok, comme c
'est
le cas aujourd'hui, il ne respecte pas nos lois, il faudra le bannir. Donc, il faut accepter le rapport de force face à cette
industrie
algorithmique qui est en train de déstructurer notre société. Quand vous êtes enseignante aujourd'hui et que vous faites cours et qu'ensuite, vous avez un influenceur qui capte l'attention de votre élève et votre élève vous dit « Mais non, ce n
'est
pas vrai, j'ai lu l'inverse sur TikTok
»,
vous êtes en permanence face à des boîtes noires qui sont contrôlées à Pékin ou dans la Silicon Valley et qui déstructurent l'objet même de la République qui est l'émancipation de l'élève et du citoyen français.
Et
donc ça, c'est insupportable. Nous, nous protégerons l'école, nous revaloriserons les enseignants et nous ferons de l'école publique le pilier de la République, ce qu'elle
n
'aurait jamais dû cesser d'être.
Alors, on aurait dû à ce moment-là avoir un petit jingle qu'on n'a pas entendu mais que nos téléspectateurs ont vu. Question express, Raphaël Glucksmann,
des
questions courtes et des réponses très courtes pour qu
'on
puisse ensuite vous interroger sur l'international parce qu'on a aussi quelques questions à vous causer. Raphaël Glucksmann, pour ou contre faire rentrer Samuel Paty au Panthéon ? C'est une demande faite par une partie de sa famille soutenue par Edouard Philippe.
Pour ? Pour
?
Pour célébrer les hussards noirs de la République et pour rendre hommage à Samuel Paty, je suis pour, pour, pour. Si vous étiez élu président, qui feriez-vous rentrer au Panthéon ? Est
-ce
que vous avez une idée
?
Je n'y ai pas réfléchi. Comme ça, vous n'avez pas instinctivement... Je suppose que... Je ne sais pas quand Samuel Paty rentrera au Panthéon, mais...
Ça
pourrait être votre première
décision. Est
-ce qu'il faut retirer son titre de séjour à la Russe, Xenia Federova, qui est
l
'ancienne patronne de la chaîne RT ? Elle multiplie les positions pro-russes contre la France sur les médias du groupe Bolloré.
En
tout cas, ce que je sais, c'est qu'il faut lui retirer le micro. Parce qu'en réalité, ce n'est pas une journaliste, ce n'est pas une... une commentatrice, c'est une agente russe. Et c'est une agente russe depuis le début. Donc, les médias de M. Bolloré, quand ils ouvrent grand les vannes à Mme Federova, en fait, se font les caisses de relais de la propagande poutinienne. Et si c'est ça, ce que l'extrême droite appelle du patriotisme, eh bien, ça confirme juste une chose, c'est que ces gens sont au service d'intérêts étrangers hostiles à ceux de notre nation et en particulier d'un régime qui menace, et là, je veux vraiment qu
'on
m'entende, qui menace directement la France, qui menace directement l'Europe et donc qui menace la sécurité des Françaises et des Français.
Le Grand Jury, tout est politique.
Tout
est politique, Raphaël Luxman. Juste avant de se quitter, un mot de politique étrangère. Il y a quelques instants, la France, à travers la voix de Jean-Noël Barraud, chef de la diplomatie, demande une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation au Liban. Israël poursuit son offensive et a franchi le fleuve Litanie, un axe symbolique et stratégique. Plus de 3 000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit en mars. Jusqu'où peut encore aller le combat contre le Hezbollah ? Et est-ce que c'est encore de ça dont il s'agit à l'heure où on se
parle ? Il faut arrêter l'offensive israélienne.
Il
faut arrêter Benjamin Netanyahou. La France a raison de convoquer le Conseil de sécurité. Et ce qu'il faut, parce que la France peut le faire et parce que c'est sa responsabilité historique, il faut une grande initiative internationale pour soutenir la souveraineté libanaise. On a la chance d'avoir un gouvernement libanais, d'avoir un président libanais qui veulent affirmer la souveraineté du Liban face au Hezbollah, mais on a face à eux Israël, dont le gouvernement a décidé une fuite en avant et en réalité menace l'existence même du Liban au moment où on se parle. Et donc il faut que la France soit aux côtés du peuple libanais, aux côtés de l'État libanais.
Sur l'Iran, les négociations patinent toujours avec les États-Unis. Est-ce qu'il faut décorréler le sujet de la réouverture du détroit d'Ormuz des autres sujets de négociations, notamment le nucléaire, pour accélérer cette réouverture
? Ce
qu'il faut surtout, c'est que Donald Trump acte une chose.
C
'est que quand on lance une guerre sans aucun objectif stratégique, on la perd. Et que donc, il faut sortir de l'ornière maintenant. Et je suis, moi, convaincu que le danger de Trump, c'est le danger d'un empire américain qui, finalement, n'a plus de sens des réalités, de sens stratégique, qui s'est noyé dans son propre spectacle et qui menace aujourd'hui la stabilité du monde. Et c'est pour ça que je me bats pour l'indépendance de l'Europe. C'est pour ça que je me bats pour la souveraineté européenne. C'est pour ça que je me bats pour que notre pays, la France, soit la locomotive de la puissance européenne.
Quand on veut faire un nouveau contrat patriotique, c'est aussi pour que la France puisse à nouveau affirmer sa voix en Europe, mobiliser les Européens pour affirmer notre indépendance. Parce que sinon, nous serons entraînés par Donald Trump dans une spirale qui est un gouffre.
Pour
la
première
fois, cette semaine, un immeuble résidentiel en Roumanie a été touché par un drone russe. Est-ce que vous diriez que cet incident qui est officiellement accidentel à la frontière de l'OTAN est un avertissement des Russes
? En
tout cas, c'est un acte grave.
Et
je pense que nous faisons tous preuve de légèreté
en
France
en
zappant la question de la guerre en Ukraine. Pourquoi pas ?
Par
solidarité vis-à-vis des
Ukrainiens. On est en train de ouvrir l
'Ukraine aujourd'hui
? Aujourd
'hui, les dirigeants politiques n'en parlent quasiment plus. Aujourd'hui, ça ne fait plus les grands titres dans les médias. Mais ce que je veux rappeler,
c
'est que l'ensemble des services de sécurité du continent européen nous alertent sur le risque d'une guerre sur le sol de l'Union européenne avant 2029. Et que nous sommes dans une situation où nous devons soutenir massivement les Ukrainiens, non pas simplement par solidarité envers une nation dont le seul crime est de vouloir vivre libre, mais parce que c'est notre intérêt vital que chaque euro que nous investissons dans la résistance ukrainienne aujourd'hui
est
en réalité un euro investi dans notre propre sécurité. On
dit que l'OTAN n
'est pas prête pour une guerre par drone interposé par exemple. Ça vous inquiète
?
Ça m'alerte et ça m'alarme. Et j'aimerais que nous ayons tous conscience de la gravité de la situation. Quand on fait des entraînements conjoints avec les forces ukrainiennes, elles nous expliquent à quel point nous ne sommes pas prêts à la guerre telle qu'elle se pratique aujourd'hui. Or, les menaces qui pèsent sur nous sont extrêmement pressantes et réelles. Et donc, il faut un effort, un effort commun de l'Europe pour pouvoir se défendre seul.
Un
effort, un emprunt
commun ? Et ça, un emprunt commun à l'échelle européenne pour investir massivement dans la défense du continent européen. Et ça, la France a une responsabilité particulière. Pourquoi ? Parce que nous sommes le seul pays européen réellement indépendant. Notre base industrielle de défense est indépendante vis-à-vis des Etats-Unis. Nous sommes la seule puissance dotée et nous sommes la seule puissance européenne.
Il
faut la partager cette arme nucléaire ? Non pas la partager au sens où il y aurait 27 personnes qui décident d'appuyer sur un bouton.
Ça
ne marchera pas.
Ce
sera toujours le privilège du président de la République.
Mais
par contre, il faut une dimension européenne à la dissuasion française. Et d'ailleurs, c'est déjà l'intuition du général de Gaulle lui-même. Et donc, ce qu'il faut faire, c'est que la France s'appuie sur cet héritage extraordinaire que lui a légué, notamment le gaullisme, pour pouvoir conduire l'Europe vers l'indépendance. Et c'est ça le sens de notre nation, le destin de notre nation. En fait, on va être réellement, si nous faisons les réformes à l'intérieur, si nous sommes convaincus que nous pouvons à nouveau donner un destin à notre pays, on va réellement être à nouveau les locomotives du monde libre.
Ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup, Raphaël Glucksmann, pour ce temps passé avec nous. On n'aura pas obtenu la réponse de savoir si vous êtes candidat, mais vous nous avez promis la réponse dans trois mois. Merci beaucoup. On se retrouve la semaine prochaine. Merci à vous.