Olivier Faure (Parti socialiste) : "Toutes les occasions manquées sont liées à la division"
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Bonjour et merci d'être fidèle à Question politique, le rendez-vous du dimanche de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Notre invité jusqu'à 13h, que lui est-il permis d'espérer à la fois pour son parti et pour son camp ? Croit-il que l'avenir du PS passe par cette vieille idée du socialisme municipal ? Comment préserver ce qu'il reste encore de la précieuse implantation communale du PS ? Et comment rêver de reconquête face à la montée des écologistes en politique ? A la veille de l'examen du projet de loi sur les retraites à l'Assemblée Nationale, comment s'opposer au gouvernement ?
En s'alliant par exemple avec la France Insoumise, beaucoup de questions à poser au premier secrétaire du PS, Olivier Faure, qui est donc l'invité de Question politique ce dimanche, pour intervenir l'application mobile France Inter ou les réseaux avec le hashtag QuestionPol.
France Inter, Question politique, Alibadou.
Bonjour Olivier Faure. Bonjour Alibadou. Et bienvenue l'équipe de Question politique ce dimanche, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour Ali, bonjour à tous. Françoise Fressoz du journal Le Monde. Bonjour Françoise.
Bonjour Ali, bonjour à tous.
Yael Gauze, le chef du service politique de France Inter. Bonjour Yael. Bonjour Ali, bonjour Olivier Faure. Et Yael qui a préparé votre portrait, Olivier Faure, nous le découvrirons ensemble tout à l'heure. Ça fait sourire Françoise Fressoz qui s'en délecte d'avance. Si la politique, vous n'avez pas à trembler, ce sera juste un moment intéressant pour nous tous à suivre dans quelques minutes. Si la politique, Olivier Faure, était aussi une question de météo, quel est selon vous le climat qu'il fait en France aujourd'hui ?
Incendiaire. Le réchauffement climatique, c'est aussi un réchauffement politique. On a aujourd'hui un climat qui est absolument incroyable, une tension permanente depuis en réalité un an. Nous avons un président qui est lui-même à la fois la cause, la conséquence. En fait, il est en permanence celui qui alimente les tensions dans ce pays. Il est le pompier pyromane.
Il est le responsable des tensions qui traversent la France aujourd'hui ?
Il est celui qui n'apaisse pas ce pays. Il est celui qui, au contraire, à chaque fois le provoque le temps. Et non seulement à travers ses petites phrases, mais plus largement à travers les mesures qu'il prend. Pensez, depuis un an, on a eu la réforme de l'assurance chômage qui va priver une large partie de celles et ceux qui, malheureusement, tombent au chômage de leur indemnisation. Et maintenant, on a une réforme des retraites dont chacun comprend qu'elle allait être une formidable régression.
Et vous allez nous dire, justement, comment vous comptez vous y opposer à l'Assemblée Nationale. Nathalie Saint-Cricq, puis François Spassé.
Quand cette semaine, mardi, Robert Badinter, dans l'émission C'est à vous, fait une violente diatribe contre la haine, notamment en faisant référence à la tête d'Emmanuel Macron qui figurait en trophée au bout d'une pique, est-ce que vous considérez que, finalement, il a raison ou qu'il exagère ? Non, bien sûr. Puisque vous dites que cette haine qui existe est uniquement imputable à la façon dont l'exécutif gouverne le pays depuis trois ans.
Non, je dis, la haine préexiste à Emmanuel Macron, elle n'est pas une nouveauté. Mais, en revanche, je dis que ce président n'apaise pas et qu'il n'est pas celui qui permet le dialogue et qui permet de nourrir, en fait, effectivement, un dialogue avec le pays qui, au contraire, le brutalise. Et, effectivement, il y a une réaction qui est extrêmement violente de la part de ce pays aussi. Et vous condamnez ces violences même symboliques ? Bien sûr que je condamne ces violences même symboliques. On ne peut pas considérer que... Enfin, ce n'est pas Louis XVI.
Et donc, on ne peut pas, on est en démocratie, on est dans un état de droit, même s'il y a des choses à en dire et des critiques à porter, notamment sur la question dont est aujourd'hui maintenue l'ordre dans ce pays. Mais on ne peut, évidemment, pas considérer qu'il ne soit une image tolérable que d'avoir la tête du président de la République au bout d'une pique. Françoise Fressose.
On a quand même vu comment s'était terminé le quinquennat de François Hollande où le dialogue avait été assez intense et où il y avait presque une coopération entre le Parti Socialiste et la CFDT. Donc, est-ce que, au fond, ce n'est pas l'état réel du pays qui est comme ça, c'est-à-dire un pays qui, en permanence, va turbuler ? Et quand les macronistes disent, on fait les réformes que personne n'a osé faire et on œuvre, on est les seuls à œuvrer pour l'égalité réelle, qu'est-ce que vous répondez, vous ?
Olivier Faure. C'est une blague. En quoi est-ce qu'ils œuvrent pour l'égalité réelle ? Pouvez-vous me dire quel est le projet aujourd'hui qu'ils portent qui permet d'asseoir cette idée qu'ils seraient là pour l'égalité réelle ? Même leur système de retraite, on nous dit qu'il est universel. En quoi est-il universel ? Il n'est pas universel parce qu'il y a des régimes spécifiques qui se substituent aux régimes spéciaux. Il n'est pas universel parce que les revenus au-dessus de 10 000 euros ne seront plus appelés à cotiser dans ce régime solidaire mais à les capitaliser ailleurs.
Il n'est pas universel parce que les générations qui se suivront n'auront pas le droit aux mêmes pensions et ne seront pas soumises au même âge d'équilibre.
Alors comment expliquez-vous qu'un syndicat comme la CFDT défende ce système en estimant, moyennant certaines avancées sociales qu'il soit plus au fond juste que le système actuel qui était fait sur un certain nombre de rentes ?
Mais vous aurez remarqué François Sucrasso que le projet actuel n'est pas le projet de la CFDT mais le projet du gouvernement. Et quand même il y a un bras de fer qu'entame la CFDT avec le gouvernement sur la conférence de financement dans laquelle ils ne veulent pas rentrer réellement tant qu'ils n'auront pas obtenu des avancées notamment sur la question de la pénibilité. C'est bien la preuve que le système tel qu'il est conçu à ce stade est un système qui est profondément injuste. Comment voulez-vous parler d'égalité réelle quand vous savez qu'il y a une espérance de vie qui est de 13 ans différente entre les revenus les plus aisés et les revenus les plus modestes ?
Quand vous avez une espérance de vie pour un éboueur ou un égouttier tenez-vous bien, qui est de 17 ans inférieure à celle de la moyenne nationale. Comment pouvez-vous parler d'égalité réelle quand vous considérez que tous ces gens-là seront soumis au même régime ? L'égalité, ce n'est pas l'égalité réelle ce n'est pas de mettre tout le monde sur la même toise on ne peut pas considérer les gens quel que soit leur métier, quelle que soit leur pénibilité de la même façon.
Justement Olivier Faure, c'est demain que les députés commenceront en commission à examiner le texte sur la réforme des retraites qu'est-ce que vous avez comme espoir au cours de ces semaines qui vont commencer à l'Assemblée nationale d'abord en commission ensuite avec le dépôt de dizaines de milliers d'amendements contre le texte notamment par la France insoumise et puis ensuite éventuellement une motion de censure vous avez vraiment espoir ? Quel espoir au fond en menant cette guérilla parlementaire ?
Mon premier espoir, il est très simple c'est de permettre dans le débat de faire apparaître article après article les impasses, les impensées les improvisations de ce gouvernement il n'a pas entendu jusqu'ici les syndicats le mouvement social le conseil d'état le parlement il est en train de chercher à le contourner en faisant en sorte que ce débat soit le plus rapide possible mais je sais aussi qu'il y a un rendez-vous en mars ce rendez-vous c'est celui des municipales et s'il y a bien une voix qu'il ne peut pas ne pas entendre c'est celle des français
On va y venir Yael Gauze mais d'abord restons sur la question des retraites et de cette opposition qui s'organise au parlement
Et sur la guérilla parlementaire dont vous parliez à Lille quelle est la suite ? Les insoumis c'est clair c'est une motion de censure le 17 février vous c'est quoi le PS ? c'est une gradation jusqu'à une motion de censure on a du mal à comprendre ce que vous allez faire est-ce que vous voterez la motion de censure déposée par Jean-Luc Mélenchon ?
Jean-Luc Mélenchon ne peut pas déposer sans nous de motion de censure donc ça c'est le premier point ensuite pourquoi moi je ne veux pas la déposer maintenant ? parce que je veux le débat je ne veux pas que ce soit un débat caricaturel je veux que sur chaque article sur chaque disposition de ce projet nous puissions faire apparaître les impasses auxquelles nous conduit ce projet donc je veux le débat je ne suis pas simplement dans un débat de principe
Mais 19 000 amendements déposés par la France insoumise ça vous semble de bonne guerre une bonne méthode ? de nature à permettre le débat ?
vous verrez bien que la réalité c'est que le nombre d'amendements permet d'avoir une discussion et donc 22 000 prévus vous avez connu d'autres époques et vous savez très bien que le nombre d'amendements permet simplement d'avoir un temps de parole et que derrière ça permet d'avoir un débat approfondi et que s'il n'y avait pas eu le mouvement social depuis plusieurs semaines et bien le débat sur les retraites nous ne l'aurions eu nulle part et on serait parti droit dans le mur sans se poser de questions là aujourd'hui j'observe que parce que ce débat existe dans la société parce qu'il a été nourri par le monde syndical par les partis politiques et bien aujourd'hui il y a un vrai débat mais on ne va pas se mentir on lit qu'effort
vous allez constater qu'il n'y a pas de débat au parlement et vous voterez la motion de censure le 17 février j'imagine que c'est ça le plan en fait
moi je souhaite que la motion de censure soit une conclusion à l'absence d'avancée dans un débat et non pas un préalable c'est tout et je ne souhaite pas qu'on soude la majorité à l'entrée de ce débat et qu'on considère une fois la motion de censure votée que le débat est terminé parce que le débat il commence et je veux l'avoir jusqu'au bout les yeux dans les yeux avec ce gouvernement leur faire entendre leur faire comprendre et surtout faire comprendre aux français que ce projet est un projet qui est vraiment un projet régressif et qui nous conduit à un accident industriel
il y a deux sujets autour de cette motion de censure est-ce que ça vous gêne de la signer aux côtés de la France insoumise deuxième question est-ce que ça vous gêne de la signer si Marine Le Pen s'y rallie ?
Olivier Faure moi je ne signe jamais de motion de censure avec Marine Le Pen ça m'est déjà arrivé d'en signer avec Jean-Luc Mélenchon et avec les républicains sur l'affaire Benalla par exemple ça ne me gêne en rien c'est un outil qui permet de dire à un moment donné à la conclusion d'un débat écoutez puisque vous n'avez rien entendu vous n'avez rien compris et bien nous proposons la censure évidemment elle n'est pas votée parce qu'il y a une majorité parlementaire qui est là et qui est toujours une majorité absolue de la république en marche et donc c'est sans surprise c'est un élément de procédure qui permet de de symboliser une opposition ferme totale à la fin d'un débat mais ça ne peut pas être son entame
et pour ce qui en est aujourd'hui votre philosophie c'est quoi ? c'est demander d'être plutôt sur la logique du retrait comme la CGT l'a été ou est-ce que vous considérez qu'il y a du grain à moudre comme la CFDT le dit c'est-à-dire qu'en gros s'il y avait des efforts comme vous l'avez dit tout à l'heure sur la pénibilité sur un certain nombre de choses et bien finalement on pourrait suivre cette réforme on ne comprend pas très bien parce que la plateforme et les propositions que vous faites en face on ne voit pas quelle est votre philosophie profonde c'est retrait ou accommodement dans le bon sens
la philosophie elle est très simple qu'est-ce que nous avons proposé avec l'ensemble de la gauche et des écologistes nous avons proposé un projet qui permet d'améliorer le système existant parce que c'est une évidence il n'est pas parfait et il est même très largement imparfait s'agissant des carrières hachées notamment des femmes de la pénibilité parce que Mme Pénicaud est revenue en arrière par rapport à ce que nous avions fait dans la présente législature et donc nous voulons avancer et il y a une opportunité historique qui est celle de 2024 puisque pour la première fois de notre histoire le fameux trou de la sécu sera intégralement comblé et donc on aura la possibilité de faire mieux que ce que nous avons fait jusqu'ici et donc comment est-ce qu'on peut avancer on maintient le système actuel en l'améliorant notamment par exemple sur la pénibilité en faisant en sorte qu'on puisse reconnaître le fait que nous ne sommes pas égaux devant le travail et qu'on doit partir à des arrêts différents
vous considérez que
vous en pensez quoi ?
sur les régimes spéciaux il faudrait d'abord savoir de quoi on parle parce que j'observe que le gouvernement lui-même remet en place des régimes spéciaux sur la mesure de la discussion non je ne le demande pas parce que je considère qu'un militaire à 62 ans à 64 ans quand il va au Mali il n'est plus tout à fait opérationnel donc évidemment il faut maintenir des régimes spécifiques pour des métiers qui sont aussi spécifiques est-ce que vous pensez qu'une infirmière à 64 ans elle peut encore soigner est-ce que vous pensez qu'une aide soignante peut encore soulever des malades qui sont plus lourds qu'elle quand elle a fini quand elle est au-delà de 60 ans moi je pense que non donc il y a effectivement des métiers qui méritent d'être mis à part et de partir plutôt à la retraite
juste pour comprendre et que les choses soient très claires vous allez mener un combat et vous avez employé le mot il n'est pas neutre le mot de symbole vous avez présenté à l'instant les grandes lignes de votre contre-projet sur la réforme des retraites mais est-ce qu'au fond d'ores et déjà vous vous dites que le mouvement social a perdu que de toute façon ce texte sera voté il n'y a pas de doute là-dessus
j'espère que les parlementaires de la majorité il doit y en avoir quelques-uns qui se disent non mais répondez très simplement mais je vais vous répondre très simplement je pense qu'il y a des parlementaires j'espère qu'il y a des parlementaires dans la majorité qui aujourd'hui se posent des questions ils n'ont pas été élus simplement pour être des robots ils ont été élus pour représenter le peuple qui les a désignés pour cela et donc être parlementaire et aujourd'hui accepter de voter une réforme les yeux bandés c'est ce qu'il nous a demandé on n'en a pas le financement on n'en a pas les conséquences puisque les simulateurs arriveront six mois après le vote de la loi nous dit le gouvernement donc est-ce qu'il y a des parlementaires encore qui sont dignes de leur fonction et qui considèrent qu'ils n'ont pas les éléments pour voter et donc peut-être que les choses peuvent bouger et si elles ne bougent pas au parlement et bien j'espère que dans les urnes les françaises seront suffisamment claires pour exprimer les avis de ce gouvernement leur ras-le-bol et que le gouvernement sera obligé effectivement de lâcher on va y venir au municipal mais d'abord
Françoise Fresseuse
dans votre contre-projet vous excluez absolument toute mesure d'âge vous avez quand même fait partie d'une majorité qui a augmenté la durée de cotisation pourquoi est-ce que c'est pas dogmatique au fond de vous interdire d'agir sur cet élément à l'avenir sachant que on a quand même dans tous les pays la tendance à allonger la durée du travail notamment parce que l'espérance de vie augmente pourquoi est-ce que vous mettez cette barrière absolue ?
D'abord faites attention aux moyennes parce que l'espérance de vie elle n'est pas la même pour tout le monde et l'espérance de vie en bonne santé elle est à 62 ans et demi l'espérance de vie en bonne santé et la moyenne ça veut dire que vous avez des gens qui sont déjà très affaiblis quand ils arrivent à l'âge de la retraite et donc on ne peut pas mettre tout le monde dans le même sac il y a des métiers pour lesquels effectivement on peut considérer que partir plus tard n'est pas un problème mais il y en a beaucoup d'autres pour qui c'est une vraie difficulté et donc si nous avons nous allongé à 43 annuités l'âge de départ à la retraite c'était en échange d'un départ plus précoce pour les carrières longues 60 ans et plus précoce aussi pour les métiers pénibles avec le compte pénibilité c'était l'équilibre qui avait été trouvé et c'est la raison pour laquelle à l'époque il n'y avait pas eu de contestation ni dans la rue ni nulle part parce qu'il y avait un projet juste et aujourd'hui pourquoi nous ne demandons pas de mesure d'âge parce que tout simplement il n'en est pas besoin et que l'objectif dans la vie ce n'est pas spécialement de considérer qu'à chaque fois qu'on gagne en espérance de vie il faille le rattraper sur le moment où enfin les gens peuvent exister en dehors du travail parce que pour vous pour moi le travail c'est finalement peut-être qu'on n'existe pas notre travail mais il y a beaucoup de gens pour qui c'est après le travail qu'ils commencent à exister et donc à ces gens là aussi il faudrait commencer à penser
le premier secrétaire du parti socialiste le député Olivier Faure est l'invité de questions politiques ce dimanche
France Inter Alibadou questions politiques
midi 20 votre portrait Olivier Faure signé Yael Goz
Olivier Faure vous avez 16 ans quand vous vous encartez au PS mais votre passion d'ado et ça l'est toujours c'est la BD et si c'était à refaire c'est le dessin à l'école d'Angoulême et pas le droit à Orléans que vous auriez étudié Angoulême son festival vous y étiez pas plus tard que jeudi dernier la politique ces éléphants vous les croquez dans des petits carnets apparats chics discrets vous êtes toujours aux premières loges dans les cabinets d'Aubry Hollande héros et toutes ces planches donneront un album en 2007 dessiner c'est bien avoir un dessin pour la gauche c'est autre chose et le plus dur commence pour vous en mars 2018 quand vous êtes premier secrétaire du PS
la moitié de vos amis sont partis avec Macron voilà c'est à moi qui suis resté soyez prudent parce que si vous soyez dans l'opposition ferme ferme c'est le cas
et c'est le cas moi je suis resté au PS vous répondez Olivier Faure dans la rue alors que sifflet exfiltré en mars avril et mai 2018 vous êtes obligé de quitter les manifs de cheminots et de fonctionnaires on est en janvier 2019 ensuite et là tome 2 vous tuez le père
le contrat passé avec les français avait pour mot d'ordre le changement c'est maintenant le changement renvoyait à une ambition trop floue et trop large les impasses ont pesé et alimenté la rupture
l'inventaire blesse François Hollande mais permet d'éviter la déroute Olivier Faure vous en appelez un non-socialiste Raphaël Glucksmann pour sauver les socialistes tome 3 ric-rac mais ça passe
c'est un score qui surprend parce qu'il est au-delà des enquêtes d'opinion mais il est en deçà de ce qu'il nous faut faire on est sur un chemin qui est celui de la reconstruction mais on n'y est pas encore donc il faut travailler
27 mai 2019 sur France Inter 6,19% deux fois moins que les écolos ça rend modeste et il n'y a plus grand monde pour vous écouter présenter vos voeux à Ivry nouveau siège du PS le 21 janvier dernier tome 4 le dépassement
nous ne serons plus jamais les notaires de nos intérêts partisans face au tandem Macron Le Pen c'est bien de cela qu'il s'agira ouvrir une perspective
et dépasser le PS pour unifier la gauche à moins que le PS ne le soit déjà dépassé doublé même par Ségolène Royal déjà candidate par un Hollande qui ne renonce jamais l'histoire sans fin ça ferait une bonne suite à votre BD de 2007 qui s'appelait Ségol François Papa et moi et vous Olivier Faure à part un prix dans deux ans au festival d'Angoulême que briguez-vous si Jules était dans ce studio il dessinerait le rectus que vous venez de faire
Olivier Faure c'est un portrait sympathique mais oui effectivement ce que j'essaye de faire depuis un an et demi que je suis premier secrétaire c'est de réconcilier les français avec la gauche socialiste et j'essaye par ailleurs de constituer ce troisième pilier de la vie démocratique il y a un pilier qui est nationaliste avec Marine Le Pen un bloc libéral d'Emmanuel Macron et donc il faut maintenant un bloc social écologique démocratique au printemps 2018
on vous sifflait dans les manifs aujourd'hui est-ce que vous avez l'impression que vous y avez votre place ?
je n'ai pas reçu de nouveau sifflet mais je comprends que certains aient pu me confondre avec d'autres à d'autres époques et maintenant je crois que les choses sont claires ils ont dû me confondre avec des gens
des sociotraitres comme on les appelle parfois ou comme on les appelait parfois
l'extrait que vous avez passé à l'instant c'était un manifestant qui est venu m'interpeller en m'insultant et en me disant que j'étais effectivement un traître et je lui répondais mais pourquoi me parlez-vous comme ça puisque moi je suis justement resté je ne suis pas parti avec Emmanuel Macron et je n'ai aucune intention de le faire donc je crois que maintenant les gens ont compris qu'il y a des gens qui ont fait leur outing libéral et sont partis avec Emmanuel Macron et puis il y a ceux qui sont restés parce qu'ils ont des convictions solidement ancrées ce sont les miennes en revanche
ce que beaucoup n'ont pas compris c'est comment en étant arrivé à cette situation où on ne voit pas l'émergence d'une vraie force de gauche puissante dans le pays puisqu'il y a un espace politique gigantesque en l'occurrence entre Emmanuel Macron aujourd'hui et la France Insoumise et Jean-Luc Mélenchon bon c'est une situation qui est étonnante pour le moins alors qu'on est en plein mouvement social Olivier Faure
parce que tout simplement pour l'instant la gauche est beaucoup trop divisée et socialistes et écologistes continuent malheureusement trop souvent encore à s'affronter et ce que je porte comme projet c'est de faire en sorte qu'on puisse s'hybrider les uns les autres quels sont les grands enjeux s'hybrider se mélanger se mélanger oui effectivement arriver à faire en sorte qu'aujourd'hui ces deux cultures là s'hybrident qu'elles puissent partager un destin commun parce que quels sont les grands enjeux du siècle qui s'ouvrent ils sont à la fois sur le terrain social liés aux grandes mutations du travail et sur le terrain environnemental c'est notamment le combat contre le réchauffement climatique et ces deux combats là se complètent ils ne s'opposent pas c'est ce que j'essaie d'expliquer en permanence à la fois aux miens et aux français qui nous écoutent c'est que ce sont à la fois les mêmes victimes de la malbouffe de la pollution de l'exposition en matière chimique du climat et puis ce sont aussi les mêmes prédateurs qui sont ceux qui aujourd'hui sont les prédateurs de l'homme et de la nature
et pourtant ils ne veulent pas souvent se mélanger avec vous on va justement exprimer cette question c'est de moins en moins vrai
j'observe que aux élections municipales vous verrez il y a un nombre de villes où les choses sont déjà faites dans les villes de moins de 100 000 habitants dans les villes de plus de 100 000 il y a des débats encore de premier tour on va y venir
dans votre hybridation pour continuer on a l'impression qu'il y a un caractère dominant en ce moment un récessif et que le dominant ça serait plutôt les écologistes et que vous êtes un peu en train de perdre pied et que finalement la gauche serait plus trop le sujet et que maintenant c'est la force écologique qui monte comment est-ce que vous défendez votre parti par rapport à ça ou alors est-ce que vous prenez vous prenez acte du fait que maintenant la composante de gauche ça sera plutôt l'écologie et vous derrière
olivier non en fait le dépassement ce n'est pas l'effacement je m'explique la question écologique est devenue une question centrale c'est une évidence et tout le monde est obligé d'en tenir compte mais la gauche par exemple pardon l'écologie sans la gauche c'est un conservatisme un néo-conservatisme point je comprends pas c'est simple l'ordre naturel je dis simplement que l'ordre naturel n'est pas un ordre progressiste la nature elle-même ne dit rien sur les services publics ne dit rien sur la santé ne dit rien sur l'égalité ne dit rien sur toutes les conquêtes qui sont celles depuis les lumières mais ULV a un discours social aussi depuis longtemps je ne parle pas d'ULV je parle de l'écologie vous me demandez si la question environnementale va dominer tout le reste non elle ne peut pas dominer tout le reste non non je vous demande simplement
si les écologistes ne sont pas en train
de grimper partout
y compris aux municipales et qu'un jour ça soit la deuxième force ou la troisième de gauche et que vous vous fassiez tendre il n'y aura aucune victoire
pour quiconque les uns contre les autres la réalité électorale elle est celle-là et si vous voulez constituer s'il gagne Rouen c'est pas parce qu'il gagne une ville non mais Rouen je peux en citer d'autres je peux vous citer Paris je peux vous citer Nantes je peux vous citer Rennes je peux vous citer Clermont-Ferrand je peux vous citer beaucoup de villes c'est pas le sujet le sujet c'est est-ce qu'on est assez intelligent à un moment donné pour se dire qu'il y a une force qui doit se constituer et qui doit être plus homogène qu'elle ne l'est aujourd'hui pour pouvoir être la force qui brise le duo que sont aujourd'hui qu'est le duo aujourd'hui Marine Le Pen Emmanuel Macron est-ce qu'on veut ça ou est-ce qu'on veut être condamné à chaque fois aller au deuxième tour voter pour les uns contre les autres moi je pense qu'à un moment donné l'intelligence va triompher Françoise Fresseuse
soyons un peu plus concrets donc il va y avoir les élections municipales vous espérez conserver un certain nombre de villes les écologistes espèrent conquérir un certain nombre est-ce qu'au lendemain des municipales on peut imaginer que vous soyez à l'initiative d'un appel d'une refondation de la gauche comment est-ce que ça va se passer concrètement parce qu'on est quand même à mi-quinquennat et que si vous voulez avoir des objectifs pour la présidentielle il faut se mettre en ordre assez vite c'est quoi le scénario que vous avez en tête ?
Olivier Faure pour moi le scénario il est simple c'est que nous avons progressé lentement il va falloir une accélération au lendemain des municipales parce que le lendemain des municipales
quand avez-vous progressé pardon ?
il y a un an et demi quand j'appelais à une gauche des combats communs il y avait le silence pour me répondre un an et demi plus tard nous avons d'abord été ensemble sur ADP puis nous avons été ensemble sur les retraites maintenant nous sommes ensemble sur les municipales et donc nous allons nous avançons K1-Ka trop lentement à mon goût mais nous avançons et donc je dis simplement qu'au lendemain des municipales il faudra une accélération parce que si nous ne sommes pas capables si nous ne sommes pas capables de nous unir plus que nous ne le sommes aujourd'hui alors nous irons faire la campagne de Xavier Bertrand au deuxième tour dans les Hauts-de-France et celle de Renaud Muselier en PACA au deuxième tour des élections régionales est-ce que c'est vraiment ce que nous avons envie de faire ou est-ce que nous avons envie à un moment donné de faire la preuve la démonstration à la fois pour nos régions demain pour notre pays et plus largement pour l'Union Européenne est-ce qu'on a envie de montrer qu'il existe une autre voie un autre chemin et ce chemin n'est pas celui du libéralisme il n'est pas celui du populisme mais les dernières municipales Olivier Faure
était déjà une catastrophe sans précédent pour le parti socialiste vous avez perdu un très grand nombre de villes alors il reste évidemment des symboles extrêmement puissants comme celui de Paris mais c'était déjà une catastrophe qu'est-ce qui peut vous permettre d'espérer que au cours des prochaines élections municipales au mois de mars donc très bientôt il n'en sera pas de même
mais regardez ce qui se passe et regardez la façon dont les choses se composent sur le territoire si on en croit simplement les sondages moi ce que j'observe c'est que partout où nos maires sortants sont candidats ils se tiennent bien parce qu'ils sont reconnus dans ce qu'ils ont fait mais partout nous sommes en situation
sous l'étiquette socialiste vous le reconnaissez partout
nous sommes en situation de conquête j'y reviendrai nous sommes en situation de conquête il y a des cas je prends l'exemple de Nancy où c'est un socialiste qui est en mesure de l'emporter il y a d'autres endroits où nous avons fait le choix nous-mêmes de participer à un rassemblement large autour d'écologistes de communistes qui permettra demain de gagner et donc ça me permet d'arriver à quelle conclusion l'union permet la victoire et toutes les occasions manquées vous l'observerez au soir du deuxième tour toutes les occasions manquées parce que malheureusement il y en aura vraisemblablement elles sont liées à la division c'est ce qu'il nous faut comprendre les uns et les autres c'est quand même assez simple c'est quand même ce que nous disent à peu près tous les gens que nous rencontrons tous les jours de la semaine et je ne rencontre que des électeurs des électrices qui se disent je n'en peux plus d'avoir à choisir entre vous donc vous êtes plutôt
Jules Gued que Jean Jaurès en l'occurrence vous êtes plutôt comme il y a 120 ans à Tours quand on discutait déjà de la possibilité de s'allier avec d'autres et de s'implanter localement vous êtes d'accord Olivier Faure aujourd'hui sur la ligne guédiste qu'il faut créer des alliances et peut-être même avec des membres de l'aile de gauche de la République en marche pour conserver des villes ou en conquérir
puisque vous convoquez l'histoire moi je vais vous dire ce que je suis et de quoi je me rapproche il y a effectivement un siècle le mouvement ouvrier était extrêmement divisé il y avait Jules Gued d'un côté Jean Jaurès de l'autre Vaillant et beaucoup d'autres et qu'il y avait des différents qui étaient des différents profonds sur la République sur la démocratie sur la révolution sur le socialisme sa nature même et bien au congrès du globe qui portait bien son nom et qui serait assez inspirant pour nous aujourd'hui dans ce congrès du globe en 1905 ces gens là qui ne sont pas des copains qui ne pâtent pas en vacances ensemble ils disent et bien on va se retrouver ils se retrouvent et un siècle après on leur doit tant et tant de conquêtes et bien ce que je dis ce que je dis aujourd'hui c'est que nous avons exactement le même défi qui nous est posé est-ce qu'on est capable de faire à un moment donné ce pas là de réunir des gens qui ne sont pas si différents en réalité qui ont des points de vue des sensibilités qui doivent dialoguer et permettre d'avancer ensemble pour permettre de construire un autre chemin social écologique démocratique ça c'est l'après 22 mars
que vous rêvez vous dites hybridons nous et Yannick Jadot par exemple il dit recentrons nous c'est un peu la réponse qu'il fait aux socialistes en ce moment en prenant une alliance d'ailleurs nouvelle une coalition climat à Paris qui n'est pas du tout compatible en tout cas au premier tour aujourd'hui avec Anne Hidalgo comment vous expliquez ça que vous dites hybridons nous et Yannick Jadot qui sera peut-être le candidat des écolos en 2022 à la présidentielle vous dit non cherchons d'autres alliances et recentrons nous
Olivier Faure je ne sais pas si c'est ce que vraiment dit Yannick Jadot un petit peu aujourd'hui quand même il dit qu'il ne veut pas d'alliance à l'extrême droite pas à droite pas à la république en marche bon je vous laisse faire la soustraction et vous verrez que en réalité même s'il ne le dit pas avec les mêmes mots que moi il n'est pas si loin de ce que je dis bon après comment est-ce que on avance est-ce que vous pensez que si Yannick Jadot est candidat des écologistes et qu'il est un candidat socialiste un candidat des générations un candidat insoumis un candidat du NPA plus Ségolène Royal plus d'autres est-ce que vous pensez sérieusement que nous aurons un deuxième tour qui opposera quelqu'un ou Emmanuel Macron ou à Marine Le Pen non on aura une gauche qui aura montré une fois de plus qu'elle est incapable d'être au rendez-vous et donc nous serons la minée et donc nous vivrons dans une démocratie qui progressivement sera une démocratie à l'israélienne où vous n'aurez plus de gauche vous aurez une droite qui fera face à l'extrême droite et qui se battra
enfin on est loin d'un système à la proportionnelle intégrale comme en Israël et il n'y a pas en Israël l'élection d'un président de la république au suffrage universel comme en France prenez l'exemple américain si vous voulez
l'exemple américain qui n'est pas l'exemple israélien ils n'ont pas la proportionnelle et vous avez des démocrates qui sont des libéraux vaguement sociaux qui s'opposent à des trumpistes qui sont des populistes vaguement républicains
pour parler du fond ce que vous aimez bien en général plutôt que parler d'incarnation de personnalité mais ça va venir vous parlez de votre arc politique en disant il faut se rassembler pour ne pas être laminé est-ce que vous avez de Fabien Roussel à Jean-Luc Mélenchon en passant par les écoliers c'est quoi l'arc politique ça va d'où à où
Olivier Faure
qu'est-ce que vous avez de commun avec Jean-Luc Mélenchon en clair est-ce que vous n'êtes pas plus près d'un Jean-Yves Le Drian d'un Olivier Dussopt qui sont réunis sur cette espèce de courant de gauche de Macron
il lance une aile gauche de la majorité
les alcooliques anonymes territoire de progrès c'est le nom d'association des alcooliques anonymes c'est comme ça que vous appelez l'alliance que je lance Jean-Yves Le Drian et Olivier Dussopt
après la gueule de bois oui ça me donne un sentiment d'alcoolique anonyme
les deux ministres
vous dites les deux ministres qui ont participé à ça hier c'est un club d'alcooliques anonymes bah écoutez ça donne ce sentiment oui ça donne ce sentiment d'avoir d'être confronté à un club d'alcooliques anonymes qui au petit matin se retrouve après la gueule de bois j'appelle Jean et voilà j'ai découvert que j'avais trahi la gauche et c'est pas facile il y en a d'autres
qui sont alcooliques anonymes aussi qui se réveillent difficilement ma question c'est l'art politique
il y a beaucoup de mères socialistes vous allez d'où ? à où ? ex-mère puisqu'il s'en va il arrête
vous allez d'où ? votre coalition
moi je ne me pose pas d'exclusives je dis simplement qu'il faut à un moment donné construire cet arc qui doit être social écologique démocratique Olivier Faure
vous nous dites hors de question de s'allier avec La République En Marche où que ce soit et quelles que soient les circonstances
si demain il y a des gens qui se considèrent que La République En Marche est un chemin qui les a menés à une impasse et qu'ils veulent revenir et constituer ce pôle là je vois que vous êtes vraiment ouvert
au mélange à l'hybridation très très large
je vois qu'il y a aujourd'hui une hémorragie côté Macron avec des gens qui se demandent ce qu'ils font dans ce groupe et bien je leur dis effectivement si vous voulez constituer si vous êtes sincère si vous avez véritablement envie de constituer ce pôle là c'est des repentis
moi je vous pose la question sur la France Insoumise et sur le parti communiste est-ce que vous pensez la même chose
sur les retraites il n'y avait pas d'exclusives ils sont venus une partie des Insoumis Clémentine Autain et puis ceux qui appartiennent à l'aile morelliste de la France Insoumise qui sont venus avec Caroline Fiat dans ce regroupement dans cet intergroupe pour bâtir un contre-projet sur les retraites et donc voilà ceux qui veulent viennent ceux qui ne veulent pas font ce qu'ils veulent mais moi ce que je dis c'est que la seule façon de bâtir quelque chose qui permette enfin de ne pas dérouler le tapis rouge sous les pieds de Macron et de Le Pen c'est de constituer cet arc parce que moi je veux bien être le plus radical de la terre il y a des gens qui en ont fait même une quasi profession la radicalité c'est sympathique mais ça ne permet d'aller nulle part vous parlez de qui là ?
il y a des gens qui font sur tous les sujets de la surenchère qui sont toujours plus à gauche plus ceci plus cela etc et au bout du compte
ça va vers Marine Le Pen
au bout du compte ça ouvre un tapis rouge sous les pas de ce duo qu'on connait bien et qui a besoin justement d'une gauche archi divisée qui a besoin d'une gauche qui n'est plus en mesure d'être dans le combat de second tour pour pouvoir justement se maintenir les uns face aux autres et donc effacer progressivement ce qui a fait tous ceux qui ont construit le modèle social français et qui sont ces forces là communistes, socialistes, syndicalistes écologistes c'est nous qui sommes à l'origine de ce modèle français et donc c'est nous qui devons maintenant être les premières de son évolution Françoise
vous dites on doit être la troisième voie entre les libéraux et les nationaux quelle est l'analyse de la société française est-ce que vous adhérez à cette analyse au fond d'un groupe populaire face à un groupe élitiste et qui peut amener à quelque chose d'assez violent à la prochaine présidentielle est-ce que votre cible c'est récupérer de l'électorat populaire comment vous voyez la construction de la société aujourd'hui
deux choses différentes est-ce que l'objectif c'est de rassembler à nouveau un électorat populaire la réponse est oui est-ce que ça veut dire qu'il faut accepter l'idée d'un clivage qui oppose le peuple aux élites la réponse est non et pourquoi parce que y compris notre propre histoire celle de la gauche celle de la révolution française celle des lumières ça n'est pas l'opposition entre le peuple et les élites c'est le rassemblement entre une part des élites qui ont fait le choix de justement lutter contre les inégalités de se battre contre pour l'émancipation collective de se battre pour l'égalité humaine et ça c'est pas le fait d'une catégorie sociale c'est le fait de ceux qui croient
c'était le projet du parti socialiste pendant des années et au fond le quinquennat Hollande illustre l'échec de cette stratégie là comment est-ce que vous vous réadressez à l'électorat populaire pour lui dire on est vraiment sociaux
Olivier Faure il suffit simplement de dire à chaque étape pour qui on se bat pourquoi on se bat et ce qu'on propose sur les retraites je pense que tout le monde a compris où on était tout le monde a compris qu'on se battait de manière claire pour un système qui soit un système plus juste
mais il y a un brouillage Olivier Faure qui est certain c'est qu'on a l'impression que vous abandonnez le discours profondément social-démocrate qui était en train de choisir et de suivre le parti socialiste aujourd'hui on a du mal à vous suivre
je suis social-démocrate à Libadou
vous êtes social-démocrate mais le discours écologiste est en train de prendre le pas sur le discours social comme on a l'impression
de l'entendre c'est pas ce que je dis je dis que
c'est comme si vous renonciez à une ligne sans en présenter d'alternative ou sans présenter un autre chemin de manière claire
je vais essayer d'être plus clair mais ce n'est pas ce que je dis moi je ne dis pas qu'il faille effacer le message centenaire des socialistes au profit du message plus tendance qui est celui des écologistes parce que la question climatique ne peut pas résumer
tendance est péjoratif comment ? tendance est péjoratif dans votre bouche dans l'impression que c'est comme un phénomène de mode non
c'est vrai que c'est à la fois plus tendance et au sens mode mais ça n'est pas dans ma bouche péjoratif je suis totalement acquis à l'idée que la bataille pour le climat est une bataille essentielle et qu'elle doit générer des politiques publiques ambitieuses mais ce que je dis c'est qu'on ne peut pas considérer que la bataille pour le climat efface par exemple la lutte contre les inégalités ça n'aurait aucun sens et donc il faut marcher sur deux pieds un pied social un pied écologique et le faire dans un cadre démocratique voilà ce que je défends et donc il n'y a pas de volonté de substitution il n'y a pas une idéologie de remplacement mais il y a un complément à trouver dans l'écologie politique ce qui nous a manqué il faut bien le reconnaître parce que nous avons longtemps eu partie liée avec le productivisme parce que nous considérions que la croissance tout simplement permettait de créer des richesses et donc de pouvoir les redistribuer ensuite cette vision là est périmée et donc nous devons changer de modèle économique Gaël Gauze
l'arc dont vous parlez de manière hyper concrète appliquons-le au municipal Ivry-sur-Seine c'est la commune où vous avez fait déménager Solferino pour vous remettre plus près du peuple c'était ça l'idée aussi il y avait des économies dessous mais il y avait aussi ça c'est là où se trouve le nouveau siège du parti socialiste dans cette ville au municipal vous n'avez pas de tête de liste et vous êtes allié aux insoumis derrière une écologiste si je ne me trompe pas c'est ça le nouvel arc il est là dedans le PS n'a même pas de candidat dans la ville où il siège
Olivier Faure je ne suis pas sûr de saisir vraiment le sens de la question le lieu du siège oui alors sur l'arc je veux bien vous répondre sur le lieu du siège et sur la tête de liste non mais la politique c'est aussi une affaire de symboles
et la question que pose Yael c'est vrai elle vous renvoie quand même à une situation assez vertigineuse
vertigineuse non elle nous renvoie à ce que je construis à ce que je cherche à construire je sais bien que parce que vous interpellez le chef du parti socialiste vous voulez le renvoyer à l'idée d'un parti étroit et donc faire en sorte ah non c'est responsabilité de chef oui à la question justement dans la ville où il siège le PS est derrière les insoumis ça n'est pas derrière une écologie en l'occurrence allié aux insoumis derrière une écologie c'est allié aux insoumis donc voilà ce qui est la réalité de cet arc mais ce que je vous dis c'est que moi ce que je souhaite ça n'est pas être simplement le comptable étroit d'un parti mais être responsable de l'émergence d'un bloc qui soit social écologique démocratique ça veut dire que ma responsabilité ça n'est pas simplement de dire à chaque fois je veux moi être devant etc c'est qu'à chaque fois que c'est un écologiste qui peut l'emporter c'est le cas à Bordeaux c'est le cas à Perpignan c'est le cas à Besançon nous avons fait le choix dès le premier tour d'être avec eux à Metz nous avons fait le choix d'être derrière quelqu'un de la société civile est-ce que c'est problématique pour moi ?
Pas du tout je considère que c'est la meilleure façon d'être utile à ce pays en faisant émerger ce bloc dans lequel doivent dialoguer des sensibilités différentes et aucune ne doit considérer qu'elle doit se substituer à toutes les autres nous devons être dans un échange permanent c'est ça aussi le respect de l'altérité
Bientôt 12h45 le premier secrétaire du parti socialiste est l'invité de questions politiques ce dimanche
France Inter Alibadou questions politiques
Olivier Faure que pensez-vous de cette étude d'opinion qui montre que Ségolène Royal à gauche est l'une des rares qui pourrait faire mieux qu'Emmanuel Macron dans les réponses de très nombreuses personnes interrogées c'est-à-dire qu'à gauche beaucoup pour eux Ségolène Royal représente encore la possibilité d'une incarnation l'une des seules qui pourrait au fond faire mieux que le président de la république aujourd'hui qu'est-ce que ça vous inspire ?
ça veut dire que Ségolène Royal a marqué les esprits et qu'elle a été une femme d'intuition à de très nombreuses reprises sur la question environnementale sur la question démocratique et donc Passé composé
parfait
ceux qui nous écoutent
les enfants qui travaillent leur conjugaison aujourd'hui ont remarqué qu'elle a été au passé vous parlez au passé sans arrêt
parce que l'image que les français conservent de Ségolène Royal c'est cette image-là et c'est son passé qui plaide pour elle et donc ça ne veut pas dire qu'elle n'a pas d'avenir ça veut dire que dans le passé elle a fait la démonstration qu'elle avait eu des intuitions qui étaient des intuitions qui sont aujourd'hui reprises par beaucoup d'autres sur la question de la nation il y a beaucoup de sujets sur lesquels effectivement sur l'ordre juste est-ce que vous avez envie de la soutenir ?
Françoise Fresseuse et donc comme je me doute bien que la question d'après c'est la question de l'incarnation pour la liste présidentielle je vais faire une réponse qui vaut pour tous les candidats potentiels il y a beaucoup de candidats potentiels c'est toujours d'ailleurs comme ça que les choses démarrent mais c'est aussi comme ça que nous nous sommes perdus donc que des gens s'échauffent sur le banc de touche très bien mais il faudra qu'à un moment donné tous soient suffisamment disciplinés pour accepter l'idée que quand viendra le moment du match il y en a un seul ou une seule qui rentrera sur le terrain comment il sera sélectionné
au moment du match celui qui aura le droit de rentrer sur le terrain
ce sera celui ou celle qui sait rassembler ce bloc dont je parle depuis tout à l'heure qui sera rassemblé et c'est les sondages qu'ils montreront les socialistes les communistes qui sera rassemblés toutes celles et ceux qui veulent croire qu'il y a aujourd'hui un espace
pas tous en même temps en l'occurrence Françoise Fresseuse a posé une question très pertinente ce sont des sondages
qui vont départager ou une primaire
mais écoutez si je donnais la solution aujourd'hui ça voudrait dire que c'est moi vous seriez clair
et au moins on saurait à quoi s'attendre et vous pourriez vous préparer à l'étape majeure de la vie politique en France
si je ne suis pas clair à ce moment précis c'est à dessein c'est que je ne veux pas dicter aux autres une conduite si je le faisais je serais véritablement
sondage quand on interroge les gens de gauche ils disent que Ségolène Royal est l'une des rares bien sûr mais je l'entends à pouvoir faire mieux qu'Emmanuel Macron et Ségolène Royal
fait partie des atouts possibles mais encore faut-il il y a un mais c'est d'abord nous sommes encore loin de l'élection présidentielle le deuxième mais c'est encore faut-il savoir ce que Ségolène Royal défendrait dans le cadre d'une élection présidentielle elle a quand même parfois varié et donc aujourd'hui j'entends sa sévérité à l'égard du gouvernement et donc je la rejoins dans sa critique qu'elle fait notamment de la réforme des retraites mais ça n'a pas toujours été le cas et donc j'aimerais savoir ce qu'elle porte réellement donc on verra à ce moment-là et puis parce que je ne veux pas me lier à qui que ce soit à ce stade-là parce que je considère que ce qui nous a à chaque fois fait défaut c'est d'avoir nourri des écuries présidentielles et au bout du compte parce que nous étions des écuries qui s'affrontaient nous n'avons pas réussi à faire le rassemblement moi je veux le rassemblement que nous trouvions des règles claires entre nous qui permettent évidemment d'avancer vers une candidature unique de la gauche et de l'écologie et à cette condition-là je vous le dis la victoire elle est à nouveau possible et ce qui se passe au municipal ça peut être le démarrage le démarrage la préparation d'une alternance dans ce pays
est-ce qu'on peut imaginer qu'il n'y ait pas un candidat issu du PS c'est-à-dire quelqu'un comme François Hollande comme Bernard Cazeneuve comme Ségolène Royal même si vous considérez qu'elle a pris un peu large sur un certain nombre de choses est-ce que c'est possible pour vous dans votre logiciel que ça puisse ne pas y avoir de société c'est-à-dire qu'il y a Yannick Jadot ou Fabien Roussel ou je ne sais qui ou Jean-Luc Mélenchon et que vous soyez derrière c'est quand même c'est bientôt Olivier Faure c'est bientôt non mais moi je n'ai pas d'intérêt dans l'affaire François Hollande avait déjà démarré à ce stade du quinquennat du quinquennat Sarkozy à l'époque
tout le monde pensait que ce serait Dominique Schroeskane qui serait le candidat socialiste donc vous voyez que ça laisse beaucoup de surprises et donc
on a toujours il y a ce qui relève de l'imprévu de la contingence du monde Olivier Faure et puis il y a des scénarios qu'on peut envisager pour se préparer à la reconquête par exemple est-ce que dans les scénarios qui sont présents aujourd'hui devant vous vous vous dites par exemple que s'effacer derrière Yannick Jadot pour la prochaine présidentielle c'est quelque chose d'envisageable très simplement bien sûr
que si nous avons la possibilité de constituer bien sûr que oui j'y viens je vais vous répondre clairement je ne veux pas commencer par la réponse parce que je veux que vous entendiez le raisonnement moi ce que je veux c'est constituer un bloc social, écologique, démocratique je crois que tout le monde l'aura compris ça c'est clair à partir de là il faut effectivement qu'il y ait des règles du jeu entre nous de coexistence comment est-ce qu'on fait pour arbitrer un projet comment est-ce qu'on fait ensuite pour arbitrer un candidat d'accord mais ce candidat il sera le candidat de l'ensemble il ne sera pas le candidat des socialistes ou des écologistes il sera le candidat de ce bloc dès lors quelle sera son identité est-ce qu'il sera issu des rangs des uns ou des autres et ce sera le meilleur qu'on choisira moi je souhaite qu'on prenne le meilleur donc conclusion Yannick Jadot vous pourrez être le candidat toutes celles et ceux qui appartiendront à ce bloc là de tous ceux qui se sont mélangés avec vous qui porteront cette espérance commune et bien seront qualifiables pour l'échéance suprême et donc il n'y a pas de préalable pour qui que ce soit vous même Olivier Faure
vous même Olivier Faure
vous y pensez pour vous ou pas je ne rentre pas là-dedans je viens de dire que pour tout le monde je considère que c'est possible à une condition vous avez la déduction logique
comme on est au chapitre incarnation est-ce que si Anne Hidalgo remporte les municipales à Paris vous pensez et vous pourriez la pousser comme une candidate à la présidentielle
Olivier Faure à chaque jour suffit sa peine d'abord gagner l'élection municipale à Paris et je pense que c'est vraiment la volonté d'Anne Hidalgo elle l'a exprimée à plusieurs reprises elle a même dit qu'elle n'était pas candidate à l'élection présidentielle donc ne lui faisons pas dire ce qu'elle n'a pas dit mais vous personnellement
si vous sentez qu'elle a gagné à Paris est-ce que vous pensez qu'elle pourrait être la bonne candidate écologiste, sociale et démocratique ?
je ne vais pas tout à fait là non plus répondre à votre question parce que je ne veux pas l'handicaper pourquoi pas ?
mais non mais Olivier Faure l'émission s'appelle question politique mais c'est vrai qu'on n'a pas du tout on ne l'a pas baptisé réponse politique je ne veux pas non mais comprenez que si je dis ce matin qu'elle serait une excellente candidate à l'élection présidentielle ce que je peux penser à mon fort intérieur oui et bien vous aurez tout dans la dépêche qui suivra ce sera qu'on a déjà quelqu'un qui pense à Anne Hidalgo comme candidate à la présidentielle et dans l'élection municipale tout le monde dira Anne Hidalgo ne veut pas être maire elle veut être candidate à la présidentielle ce qui n'est pas son cas donc je ne veux pas la faire parler et je ne veux pas par mes propres envies décaler sa campagne vous êtes le chef du parti Olivier Faure mais je suis le chef du parti je ne suis pas donc c'est de vous qu'on attend la vision et la ligne de suite je crois vous avoir donné une vision suffisamment claire à Libadou je vous ai dit que j'étais prêt à envisager toutes les incarnations possibles à la condition de constituer ce bloc là et je crois que ce bloc là il peut être majoritaire dès les prochaines régionales dès les prochaines départementales dès les prochaines présidentielles et législatives et qu'il peut ouvrir une voie nouvelle et donc ça suppose simplement que toutes celles et ceux qui ont fait toujours depuis toujours malheureusement d'abord le choix de leur personne avant de faire le choix d'un projet collectif et bien si ces gens là voulaient bien changer de logiciel et faire d'abord le choix du collectif pour pouvoir ensuite nous entraîner vers la victoire nous aurions plus de raison de croire à la réussite ça c'est pour Ségolène Royal c'est pour tout le monde parce que franchement c'est assez partagé
il y a un libellé qui m'intrigue dans le blog que vous définissez social, écologique et démocratique pourquoi devoir préciser démocratique ? il y a une question démocratique très forte en France en ce moment ?
parce qu'il y a aujourd'hui une crise démocratique oui bien sûr
alors quand vous entendez Ségolène Royal dénoncer un régime autoritaire est-ce que vous êtes sur cette ligne ou pas ?
Olivier Faure il y a des traits autoritaires dans la politique que conduit ce gouvernement quand on a un gouvernement qui refuse d'entendre et qui ne tient pas compte y compris des conditions dans lesquelles Emmanuel Macron a été élu président de la république il n'a pas été élu seulement sur son projet j'entends bien qu'il y a des gens qui ont adhéré à son projet encore qu'il était très flou au moment de l'élection présidentielle
mais au début de l'émission vous disiez que nous étions encore en démocratie et qu'il ne fallait pas employer des mots à tort et à travers et là pour le coup quand Françoise vous interroge sur la déclaration de Ségolène Royal qui qualifie le régime macroniste de régime autoritaire vous semblez acquiescer et on a du mal à suivre
non je n'ai pas acquiescer j'ai dit il y a des traits autoritaires dans la politique du gouvernement et j'essaye de vous expliquer pourquoi maintenant est-ce que c'est un régime autoritaire au sens où on l'entend pour des dictatures ou des démocraties libérales etc l'évidence c'est que non on est en démocratie et la preuve c'est qu'on pourra voter au municipal et dire non à Emmanuel Macron on pourra le faire encore aux présidentielles on pourra le faire aux législatives on pourra le faire à chaque fois ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas un caractère autoritaire qui n'a pas un caractère jupitérien il n'y a pas une façon aujourd'hui de conduire ce pays qui est effectivement une façon autoritaire mais ça n'est pas un régime autoritaire c'est vrai Juste une petite incidence
il y a eu 815 000 créations d'entreprises on voit que le chômage baisse est-ce que tout est à jeter dans l'action de Emmanuel Macron ?
Olivier Jean certainement pas
est-ce que vous reconnaissez qu'entre l'impulsion sous François Hollande c'est-à-dire un certain nombre de choses qui ont commencé dans le quinquennat de François Hollande et la poursuite de cela il y a d'un point de vue économique un mieux en France c'est que ça peut être porté à son crédit
Mais moi je ne suis pas je ne suis pas un planificateur je ne suis pas un soviétique et je n'ai pas décidé de nationaliser l'ensemble d'appareils de production donc vous avez bien compris que je me suis situé dans une économie de marché et que je n'étais pas un ennemi du monde de l'entreprise C'est aussi bien que Jean Jaurès
on y revient toujours Mais je ne sais pas
si vous avez dit ça je veux savoir c'est politiquement Jaurès n'était pas ce que vous avez a l'air de penser
Non mais je plaisante mais je pensais en l'occurrence à Tour 1900 et une question donc de Yael Goz puisqu'il y a beaucoup de sujets sur la table et qu'on arrive bientôt à la fin de l'émission Nathalie Saint-Cricq
Juste, il y a un petit mieux économiquement vous le reconnaissez ?
Il y a des créations d'emplois dont je me félicite Malheureusement ce que je regrette c'est qu'il y ait aujourd'hui une tendance qui est au creusement des inégalités et que donc ce que moi je souhaite quel est le projet que je porte ce n'est pas simplement de faire de l'emploi bas de gamme c'est aussi de faire en sorte que les inégalités arrêtent de se creuser Vous avez vu le rapport d'Oxfam quand vous avez aujourd'hui une minorité qui détient l'essentiel du patrimoine mondial européen et national il y a quelque chose d'éminemment choquant et donc oui je continue à être de ceux qui croient que la politique ça sert aussi à réduire les inégalités et on en revient à l'ordre naturel l'ordre naturel c'est la loi du plus fort et moi je suis contre la loi du plus fort je suis aussi pour que nous créions du droit pour chacun et y compris pour les plus faibles
Il reste 5 minutes Thierry Rose Il y a 5 ans vous étiez Charlie est-ce qu'aujourd'hui en 2020 vous êtes Mila du nom de cette jeune fille qui s'est retrouvée clouée au pilori sur les réseaux sociaux après avoir critiqué avec des mots très crus la religion musulmane
Oui bien sûr je suis Mila je défends le fait que dans notre république on ait le droit y compris d'avoir des mots crus des mots durs sur une religion la limite c'est de ne pas insulter ceux qui croient et de ne pas être dans la stigmatisation de tel ou tel les musulmans les juifs les catholiques etc Pourquoi tant de temps
avant de réagir ? C'était très très lent l'affaire éclatée il y a plus de 10 jours maintenant pourquoi une réaction si tardive ?
Mais à chaque fois que j'ai été interrogé j'ai fait la même réponse après on a cherché plutôt à expliquer que la gauche était en retard sur ce sujet je ne crois pas qu'on puisse dire que la gauche était en retard sur ce sujet
Est-ce qu'elle est divisée
sur ce sujet à votre sens ? Elle est malheureusement parfois divisée sur ce sujet oui c'est la raison pour laquelle le 10 novembre dernier vous vous souvenez j'avais refusé de participer à une manifestation à laquelle beaucoup d'autres avaient appelé parce que je ne me reconnaissais pas dans l'appel qui avait été lancé et qui était un appel qui confondait à certains points de vue et il y avait des gens qui se battent contre des lois qu'ils considèrent comme islamophobes et qui font référence par rapport par exemple à la loi 2005 sur le voile à l'école et moi je considère que le bloc laïc doit être défendu intégralement
Est-ce que ce type de fracture n'est pas en train de justement émietter la gauche de façon assez importante ? Est-ce que vous lancez un cri d'alarme en disant attention ?
Olivier Faure Bien sûr attention mais je n'ai pas le sentiment que ça émiette la gauche j'ai même le sentiment que à partir du moment où nous reprenons nous des positions claires que nous n'avons pas toujours eues il y a eu parfois des errements des errements et donc des accommodements
avec la laïcité ?
Sans doute et donc il faut en finir avec tout accommodement avec la laïcité et donc je pense que si nous arrivons à être à nouveau une référence sur ce sujet là à expliquer ce en quoi nous pouvons par la laïcité vivre ensemble et bien je crois que nous pouvons aussi tirer à nouveau la gauche de ce côté là et ne pas la laisser parfois dériver sur des sur des sur des approches qui sont coupables
Est-ce que ça doit être un pilier ou un marqueur absolument indépassable la laïcité ? Et vous savez très bien que ça peut poser des problèmes avec un certain nombre de personnes du pôle de gauche que vous voulez constituer
là-dessus
vous serez intraitable ?
Oui je serai intraitable pour moi il n'y a pas d'autre possibilité en France que d'être un républicain et un laïc et que nous devons avoir le même traitement avec les musulmans que celui que nous avons avec les catholiques ou avec les juifs la même règle vaut pour tous et il n'y a pas à confondre telle ou telle religion avec le prolétariat ça n'est pas la même chose et donc il y a un combat social qu'il faut mener je l'ai dit assez longuement dans cette émission et il y a un combat aussi qui est le combat pour la liberté de penser pour la liberté d'expression nous devons être extrêmement clairs sur ce sujet là et ne jamais nous renier revenons pour finir
à la BD la BD en Goulême vous y étiez jeudi est-ce que vous auriez porté arboré en tout cas comme Emmanuel Macron le t-shirt polémique du dessinateur Jules sur lequel on voyait la mascotte du festival avec un oeil crevé par une balle de LBD LBD 2020 est-ce que vous auriez arboré de la même manière que le président l'a fait pour défendre la liberté d'expression
je l'aurais fait sans sourire pas comme le président donc parce que ça n'est pas drôle ça n'est pas une histoire qu'on se raconte simplement dans les bandes dessinées c'est une histoire réelle et quand je vois qu'aujourd'hui il y a des lycéens des lycéens qui occupent des lycées et qui se font tirer dessus avec des LBD je me dis que effectivement il y a quelque chose de grave dans le Royaume de France et que la moindre des choses serait que aujourd'hui le pouvoir révise sa doctrine de maintien de l'ordre
L'émission se termine merci Olivier Faure d'avoir été notre invité bon dimanche merci à Alexandre Gillardy et à toute l'équipe technique de questions politiques merci à tous les trois rendez-vous la semaine prochaine et à toute l'équipe
Olivier Faure