Présidentielle 2022 : Yannick Jadot répond à vos questions (interview complète)
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Bonjour, je suis Yannick Jadot, candidat écologiste à l'élection présidentielle et je suis avec Brut pour répondre à vos questions.
Bonjour Yannick Jadot, je vous remercie de répondre à ma question. Je suis lycéen et mon lycée chauffe énormément. Qu'est-ce que vous prévoyez contre les dépenses énergétiques des établissements scolaires ?
Bonjour, effectivement il faut faire attention au gaspillage et puis surtout faire attention à ce qu'on n'ait pas froid l'hiver ou trop chaud l'été. C'est mon programme de rénovation des logements et des bâtiments publics. Je veux mettre 10 milliards par an justement pour sortir du gaspillage, pour sortir de la précarité énergétique. 12 millions de Français qui n'arrivent pas à se chauffer correctement l'hiver et puis éviter d'avoir trop chaud l'été. C'est le programme de rénovation.
La solution ne serait-elle pas d'apprendre à recycler ses déchets à nucléaire ? Merci beaucoup.
Le nucléaire n'est pas la solution propre. Ce n'est pas la solution d'avenir. C'est plutôt un avenir radioactif. Les seules énergies de paix, les seules énergies de sécurité, on le voit d'ailleurs avec la guerre en Ukraine, ce sont les énergies renouvelables. Est-ce que le capitalisme est compatible avec une transition écologique ? Quel type d'économie est compatible avec l'écologie ? Dans quelle mesure la technologie doit être compatible avec l'équilibre de la planète ? Capitalisme écologique. Évidemment, il faut dépasser le capitalisme. Le capitalisme aujourd'hui, c'est la marchandisation de n'importe quel hectare de forêt dans le monde. C'est la marchandisation de données personnelles.
C'est la guerre de tous contre tous du point de vue social, économique. Donc moi, ce que je porte, c'est une économie régulée écologiquement et socialement. Et la responsabilité de la politique publique, ça sera d'appliquer avec mon projet la règle d'or climatique. C'est-à-dire qu'il n'y a pas un euro d'argent public. Que ce soit dans les aides à l'économie, dans les aides aux entreprises, comme dans l'ensemble des politiques publiques, qui ne seront pas conditionnées au climat, à la justice sociale, à l'égalité femmes-hommes. Pratiquement, ça veut dire que plus un euro n'ira sur Total.
Total, complice des crimes de guerre en Ukraine, en continuant son activité de gaz et de pétrole en Russie. Ou Total, qui développe des projets pétroliers en Afrique et ailleurs, alors que nous savons que pour le climat, il est impératif de sortir des énergies fossiles. La technologie, il y en a qui peuvent servir la lutte contre le dérèglement climatique, évidemment. Les panneaux photovoltaïques, l'éolien, les hydroliennes, les énergies marines. Et puis il y en a qui fracassent l'environnement.
On voit à quel point aujourd'hui dans la campagne, par exemple sur l'agriculture, les parties de droite, comme le candidat Macron, veulent faire pour l'agriculture le numérique, la robotique, la génétique. On remplace les paysans par des robots et c'est le retour des OGM. Avec les écolos, c'est paysans, biodiversité et alimentation saine et savoureuse. Pourquoi avez-vous tant de mal avec la liberté des autres ? Pourquoi ce besoin continu d'imposer, interdire, limiter, contraindre, taxer ? Pour moi, la liberté, c'est... La liberté pour chacune, pour chacun. La liberté de respirer un air pur, de manger sain, de pouvoir se déplacer.
La liberté d'aimer qui on veut, d'être qui on veut, la liberté de s'exprimer. Et le projet écologiste est un vrai projet de liberté. Parce qu'aujourd'hui, le dérèglement climatique, la pollution de l'air, la malbouffe, ce sont des maladies, évidemment. C'est, par exemple, ne plus pouvoir habiter là où on est normalement. On est nés parce que la terre n'est plus habitable. Et puis l'écologie, c'est le partage, c'est l'égalité, c'est la fraternité. Donc, mon écologie, c'est une écologie d'innovation. C'est une écologie qui émancipe individuellement et collectivement. Ce qui punit aujourd'hui, ce n'est pas l'écologie.
C'est la pollution de l'air, c'est le dérèglement climatique, c'est les mobilités contraintes, c'est ne pas pouvoir vivre dans un appartement digne. C'est ne pas recevoir un salaire digne.
Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent parfois qu'on parle d'écologie punitive ? On a vu, par exemple, en 2018, quand il y a eu le mouvement des Gilets jaunes, avec l'augmentation des taxes sur les prix de l'essence. On va taxer pour éviter qu'on utilise certaines substances qui peuvent polluer. Mais d'un autre côté, ça a un impact sur le pouvoir d'achat des Français. Comment on peut concilier pouvoir d'achat et fin du monde ?
L'écologie, aujourd'hui, c'est la meilleure alliée du pouvoir d'achat. Quand on rénove les logements. C'est du confort, c'est avoir moins froid l'hiver, moins chaud l'été. Mais c'est aussi 600, 700 euros d'économies par an. Quand on met en place, comme je le propose, le forfait mobilité durable dans les entreprises. C'est comme les transports collectifs, sauf que là, on est sur les autres mobilités. Le vélo, mais aussi le covoiturage. C'est jusqu'à 1000 euros de carburant économisé ou remboursé par l'entreprise tous les ans lorsqu'on se met au covoiturage. Quand je développe. Je développe. Et je reconstruis du logement social. C'est évidemment accéder plus facilement au logement.
Comme l'encadrement des loyers ou la garantie universelle sur les cautions. Quand je baisse la TVA sur l'alimentation bio, sur ce qui est réparable, sur ce qui nous sort du gaspillage. Et que je l'augmente sur ce qui a fait des dizaines de milliers de kilomètres. Ce qui est de l'obsolescence programmée. Et bien, ça démontre que l'écologie, c'est bien l'allié du pouvoir d'achat. Au fond, il y a dans mon projet. Ce que j'appelle le 13ème mois écolo. Ce n'est pas un 13ème mois de revenus en plus. C'est un 13ème mois dans l'année lié aux économies qu'on va faire grâce à l'écologie. Donc, ce qui punit, je l'ai dit, c'est les mobilités contraintes.
Parce qu'on est obligé d'habiter loin de son logement. Ce qui punit, c'est de ne plus avoir des commerces de centre-ville. Mais des zones commerciales loin. Ce qui punit, c'est de ne plus accéder à des services publics de proximité. Ce qui punit, c'est de ne plus avoir d'entreprise dans sa région, sur son territoire. Et bien, l'écologie, c'est exactement l'inverse. C'est la joie. C'est l'enthousiasme. C'est retrouver du lien. C'est retrouver de la fraternité. De la bienveillance. De l'entraide. Au-delà, évidemment, de sauver le climat et la biodiversité. Un monde sans pétrole, c'est possible ? Oui, c'est même indispensable. C'est même l'Agence Internationale de l'Energie qui le dit.
Aujourd'hui, il faut totalement stopper tout projet d'exploration, d'exploitation d'énergie fossile. Mais il faut en sortir au plus vite. Et c'est indispensable. Si on veut rester sous les 1,5 degrés maximum de réchauffement climatique. Ce qui est la limite que posent les scientifiques avant le chaos climatique. Et c'est aussi s'affranchir des dépendances aux pays pétroliers. De dépendance à des multinationales. Qui ont pas simplement pourri l'environnement. Mais ont pourri les démocraties et une bonne partie de nos modes de vie.
Quelle est l'alternative du coup ? On parlait justement de l'essence. On pense à celui qui doit prendre sa voiture pour aller au travail tous les matins. Comment on fait pour l'accompagner vers la transition écologique ?
Moi, je viens de Picardie. Donc la dépendance aux voitures, je sais ce que ça veut dire. Un, ça veut dire qu'il faut évidemment, au maximum, développer les transports collectifs. Donc moi, je mets le paquet sur les transports collectifs. Notamment le train. Les trains du quotidien. Les trains de marchandises. Les trains de nuit. Ça veut dire aussi développer le vélo, l'épicyclable. Partout où c'est possible. Et puis il y a plein de Françaises et de Français qui continueront à avoir besoin d'une voiture. Donc là, ça veut dire aller vers la voiture électrique, le biogaz, l'hydrogène. Autant de technologies qui ne relèvent plus du pétrole. Donc il faut innover.
C'est un champ magnifique d'innovation. Mais c'est aussi pousser au changement de comportement. D'ailleurs, je propose le pass Liberté Climat. C'est un pass qu'il fait pour les jeunes de 16 à 25 ans. Qui fait qu'on aura une seule carte. Si vous avez les moyens, c'est 100 euros par mois. Si vous n'avez pas beaucoup de moyens, c'est 50 euros par mois. Et vous pourrez vous balader en Vélib, en TER, en TGV, en train de nuit. En France, en Europe. Avec ce forfait-là, ce sera la même carte pour tout le pays. C'est un vrai forfait de liberté. Et c'est une mobilité respectueuse du climat.
La question des trains de nuit, justement. Ce serait quoi votre projet en termes de développement sur le territoire français ? Peut-être même l'international ?
Les trains de nuit, nous on veut faire 15 trains de nuit en France. C'est une belle alternative pour les longs trajets. On sait que parfois, si on veut aller à Nice, si on veut aller à Toulouse, parfois c'est long. Et le train de nuit, c'est une alternative qui permet évidemment d'éviter de prendre du temps dans la journée. Évidemment d'éviter de prendre l'avion. Mais c'est aussi une formidable opportunité pour bouger en Europe. Et moi, je veux que les jeunes, ils aient cette mobilité européenne. L'Europe, c'est magnifique. La France, c'est magnifique. Il faut pouvoir bouger.
La question de la sécurité aussi dans ces trains, comment on assure aussi ?
Écoutez, moi je n'ai pas vu dans les trains de nuit des problèmes particuliers de sécurité. J'en ai déjà pris. Bien sûr, il faut qu'il y ait du personnel. Ça, c'est la question du personnel dans les trains. Ça, c'est la base, j'allais dire, du service public. C'est que ce ne soit pas simplement des portes, des machines, des numéros, des codes, mais aussi des personnes qui sont là pour garantir à la fois l'accueil et puis évidemment la sécurité.
Pourquoi le droit de vote dès 16 ans ?
Pourquoi le droit de vote dès 16 ans ? Pourquoi le droit de vote dès 16 ans ? Pourquoi le droit de vote dès 16 ans ? Il s'engage pour le climat, il s'engage contre les violences faites aux femmes, il s'engage pour le bien-être animal, il s'engage contre le racisme. Donc, il y a déjà un engagement dès 16 ans. Et puis, moi je veux que le premier vote ait lieu dans le cadre du lycée. Parce que ça permettra, dans le cadre du lycée, d'avoir tous les débats, toute l'information, c'est quoi la démocratie, à quoi ça sert de voter, comment fonctionnent nos institutions. Je trouve que ce serait un excellent projet.
exercice au sein du lycée de poser la question de la démocratie du vote et des institutions. Souhaitez-vous vouloir réduire les heures de cours à l'école due à votre ambition de vouloir réduire le temps des vacances scolaires ? Alors l'école c'est essentiel.
Une société qui n'investit pas sur l'école c'est une société qui va décliner et on a vu combien toutes ces dernières années l'école était maltraitée, les enseignants étaient maltraités, les élèves étaient maltraités et au fond ce qui doit être le joyau de la république on le voit dans les classements européens internationaux on perd des places à chaque fois donc moi je veux un réparer l'institution de l'école c'est à dire augmenter de 20% les salaires des enseignants des enseignants de augmenter de 65 mille les effectifs à l'école parce que c'est pas possible c'est ces classes surchargées c'est pas possible ces absences de remplacement l'incapacité organisationnelle des enseignants des enseignants des enseignants des enseignants des enseignants simplement à travailler ensemble parce qu'ils n'ont pas le temps parce que c'est pas disponible mais je veux aussi qu'on puisse à l'école avoir plus de nature plus de travaux manuels plus de sport plus de culture moi je veux qu'il y ait la possibilité pour chaque enfant de faire une heure de sport par jour parce que les équipements seront là les temps seront là au delà des cours d'EPS et si à un moment donné cette réorganisation doit nous amener par exemple à ce qu'il y ait un réorganisation des cours d'EPS et si à un moment donné cette réorganisation doit nous amener par exemple à ce qu'il y ait un réorganisation des cours d'EPS et si à un moment donné cette réorganisation doit nous amener par exemple à ce qu'il y ait un de sport nature, c'est-à-dire que ce n'est pas des heures de cours en plus pour les enseignants, c'est l'organisation d'une semaine où on va découvrir des sports de plein air, on va découvrir la nature, on va être ensemble, c'est une façon de s'épanouir, une façon de se construire, et donc, mais tout ça, pour moi, ça passe par ce qu'on appelle une conférence de consensus, c'est-à-dire que moi je mets tous les acteurs autour de la table et qu'on rediscute de tous ces sujets-là.
Mais d'abord, on protège les enseignants, on les paye mieux, on engage plus de personnel, mais cette conférence de consensus où on se pose la question des méthodes, on se pose la question des matières, on se pose la question de l'organisation du temps, et bien c'est ce qu'a fait la Finlande, et ça leur a beaucoup, beaucoup, beaucoup réussi.
Est-ce que ce projet passe justement par la réduction des vacances scolaires ?
Il ne passe pas forcément, je veux dire, moi ce n'est pas le cœur de mon projet, moi le cœur de mon projet, c'est qu'on arrête un peu d'avoir des enfants qui partent à l'école à 8h, qui ont 10 kilos sur le dos, qui reviennent à 17h ou 18h, ils sont exténués, et ils n'ont pas appris, ou pas suffisamment, la vie affective, la différence, la tolérance, le consentement, ils n'ont pas assez appris les questions d'environnement, ils n'ont pas assez accès à l'art, à la culture, au sport, et donc je pense qu'il faut, on peut avoir une école qui est plus épanouie, épanouissante, pour les enseignants, pour les enfants, ou une école qui est plus ancrée dans le XXIe siècle, ça peut à la fin passer sur la question des vacances scolaires, mais ce n'est pas du tout le cœur de mon projet.
Fin de Parcoursup ? Oui. Oui, parce que c'est une boîte noire qui exclut entre 60 000, 70 000, 80 000 étudiants tous les ans, et que, au fond, c'est une sélection qui ne dit pas son nom, et dont on ne connaît pas les contours.
Donc la question n'est pas de revenir au tirage au sort, c'est pas de revenir à faire la queue pendant des heures pour déposer son dossier, mais c'est à la fois d'avoir un système clair, transparent, un système évidemment qui privilégie ses voeux, mais de toute façon, je l'ai dit pour l'école, pour l'enseignement supérieur, on est l'un des très rares pays européens, l'un des pays au monde, l'un des seuls pays de l'OCDE où on a réduit notre investissement ces dix dernières années par étudiant. C'est totalement aberrant. On a réduit de 12-14% l'investissement par étudiant, alors que tous nos voisins investissaient évidemment.
On veut une société de la connaissance, on veut une société de l'intelligence, on veut une société épanouie. Et donc il faut réinvestir sur l'enseignement supérieur, et ça veut dire à la fois, là aussi, des places, changer les statuts et les services, et donc il faut réinvestir sur l'enseignement supérieur, et ça veut dire à la fois, là aussi, des places, changer les statuts et les services, changer les salaires des enseignants, et ça veut dire aussi créer 80 000 à 100 000 places dans l'enseignement supérieur pour que tout le monde trouve sa place.
Et Parcoursup, vous le remplacez par un autre système ?
Oui, on le remplacera par un autre système. Il faut un autre système, moi je n'exclus pas qu'il y ait de l'algorithme dedans, mais la question c'est sa transparence, la question c'est qu'on ne soit pas dans un système où finalement les plus agiles du point de vue du numérique, les mieux intégrés dans la société, eux arrivent à gérer Parcoursup, et il y a des élèves qui n'y arrivent pas, et qui se retrouvent sur le carreau, et ça ce n'est pas acceptable. On ne peut pas laisser à des machines décider de l'avenir de nos enfants, pour ce qui me concerne, moi mes enfants sont étudiants, donc c'est à leur âge que ça arrive.
La difficulté c'est justement les algorithmes, c'est les algorithmes qui sont souvent critiqués, de dire...
Non mais l'idée ce n'est pas de... l'idée c'est que ce ne soit pas une boîte noire, l'idée ce n'est pas de repasser, moi quand je me suis inscrit à la FED, on se baladait avec des dossiers épais comme ça, et on faisait trois heures de queue, donc ce n'est pas de revenir à ça. On peut parfaitement numériser, on peut parfaitement réfléchir à ça, mais il faut reposer un cadre transparent, un cadre qui valorise les vœux, évidemment, un cadre qui soit accessible à tout le monde, et puis...
Mais vous savez, la question de l'orientation, ça doit se penser maintenant, dès le début du lycée, pas en disant qu'est-ce que vous voulez, qu'est-ce que vous voulez pas, mais au fond qu'il y a un accompagnement, y compris sur tous les nouveaux métiers liés à l'économie du soin, à l'économie écolo, toutes ces filières, il faut aussi les développer pour favoriser les réorientations dynamiques.
Pour M. Jadot, que pensez-vous de mettre en place un congé parentalité qui remplacerait les congés respectifs maternité et paternité, et ainsi de laisser à tous les couples, qu'ils soient hétérosexuels ou homosexuels, le choix de se répartir les congés liés à la licence d'un an ? Oui.
Congé parentalité, oui. D'ailleurs, dans mon projet, c'est 16 semaines, dont 8 obligatoires pour chaque parent. Moi, je veux que les deux parents assument et partagent cette responsabilité. Et donc, ce sera 16 semaines possibles, dont 8 obligatoires pour chaque parent. C'est un enjeu essentiel d'égalité, et c'est un enjeu essentiel aussi, au fond, de retrouver du sens à sa vie. Il faut pouvoir donner cette possibilité en sortant de la pression, notamment des entreprises, qui évidemment voudraient éviter que les mamans fassent des enfants et que les parents s'occupent de leurs enfants. Il y a déjà à ce jour plus de 17 féminicides en France pour l'année 2022.
Quelle campagne allez-vous mettre en place pour mettre fin aux violences conjugales ? Les violences faites aux femmes. Les violences faites aux femmes, ça devait être la grande cause nationale de ce quinquennat. Il y a eu plus de 600 féminicides pendant ce quinquennat, parce qu'on n'y a pas mis les moyens. Moi, ce que je propose, c'est de mettre un milliard d'euros sur la table. C'est la proposition, le projet porté par les associations. C'est aussi ce qui a démontré son efficacité en Espagne. Ça permet quoi, ce milliard ? Ça permet de former tous les personnels, notamment dans les services publics. Ça permet d'avoir une police spécialisée et une justice spécialisée.
Parce qu'on voit qu'aujourd'hui, on est à moins de 1% des tentatives de viol qui sont punies de fait par la justice. Ça permet aussi de créer de l'accueil, de l'hébergement d'urgence. 4 femmes sur 10 aujourd'hui qui appellent au secours du fait des violences conjugales ne trouvent pas d'hébergement d'urgence. Ça permet aussi de pouvoir porter plainte, pas simplement au commissariat. Je l'ai dit, il faut améliorer l'accueil, la formation des policières et des policiers. Mais trop souvent, c'est ce qu'on appelle la double peine. Mais il faut aussi qu'on puisse porter plainte à l'hôpital, dans des centres médicaux.
C'est évidemment les bracelets d'éloignement, toutes les mesures d'éloignement de l'homme violent. C'est enfin les téléphones. Et puis c'est travailler, je le disais tout à l'heure, à l'école pour faire en sorte qu'il y ait une vraie éducation à la vie affective, une vraie éducation justement contre les violences, pour la tolérance, et une vraie éducation sur le consentement.
Il y a aussi la question des logements qui est importante.
Oui, la question du logement, la question du logement d'urgence. Vous savez qu'aujourd'hui, le 3919 renvoie, qui est le numéro d'appel pour les violences, renvoie sur le 115, qui est au fond le SAMU social qui traite de l'hébergement d'urgence. Pour avoir passé une nuit avec les gens qui s'occupent du 115, il n'y a déjà pas assez d'hébergement d'urgence pour les sans-abris. C'est honteux ce qu'on fait dans notre pays, en laissant des dizaines de milliers de personnes dormir dans les pires conditions, simplement parce qu'on ne met pas en place du logement social, du logement d'urgence. Et puis là, au fond, on a rajouté les logements d'urgence.
Et puis là, au fond, on a rajouté les logements d'urgence. Les femmes qui sont en situation dramatique de risque dans cette situation-là, vous concrètement, ce serait quoi l'idée ?
Vous allez créer, parce c'est fondamentalement l'un des problèmes, l'une des problématiques les plus importantes, qui coûte les plus chère aussi. Et on entend souvent les associations qui disent justement dans ce milliard là, ce qui manque beaucoup, c'est des logements pour pouvoir permettre à ces femmes.
Des logements et de l'accompagnement. Des logements et de l'accompagnement. Il ne faut pas simplement trouver une chambre. Il faut qu'on ait des personnes qui accompagnent, accompagnent, qui accompagnent parce que quand il y a, y compris quand il y a plainte, c'est toute une vie qu'il faut reconstruire en fait. Comment on va éloigner l'homme violent ? Parce que évidemment on peut trouver un hébergement d'urgence pour la femme, mais on va pas laisser la femme dans un hébergement d'urgence et le mari ou le conjoint violent continuer à profiter du lieu d'habitat commun. Donc il faut tout cet accompagnement, mais oui il faut des moyens, c'est pour ça qu'on met un milliard.
Qu'allez-vous faire pour notre armée, monsieur Jadot ? Alors pour l'armée, moi je maintiens la loi de programmation militaire parce que c'est une loi qui aujourd'hui permet de rattraper un certain nombre d'équipements militaires, y compris l'équipement de nos soldats. Donc il faut absolument rattraper ça, on a trop de trop d'équipements vieillissants, beaucoup en maintenance, et donc il faut remettre notre armée au niveau. Et puis je défends une politique européenne de la défense, parce qu'on le voit bien avec les atrocités, les crimes de guerre que fait Poutine en Ukraine, on le voit bien sur pas mal de situations.
C'est l'Europe aujourd'hui qui doit se donner les moyens de protéger, d'intervenir, et pas simplement la France, on l'a vu au Sahel, ça pose des problèmes quand c'est uniquement la France. Évidemment la France, elle a des problèmes, elle a des problèmes, elle a des problèmes, elle a des problèmes, elle a des problèmes, elle a des problèmes, elle a des problèmes, elle a des problèmes. Jouera un rôle important là-dedans, mais pour moi, il faut d'urgence construire cette politique européenne de défense pour que l'Europe puisse peser sur les affaires du monde. Et puis vous voyez bien comment l'environnement, le voisinage de l'Europe est percuté par l'instabilité, donc c'est une urgence.
Et sur le plan français, justement, est-ce qu'on recrute, est-ce qu'on augmente le budget de l'armée ? On a vu hier le... J'ai dit qu'on maintient la loi de programmation militaire, qui est un rattrapage en termes de budget de l'armée, donc moi je maintiens la programmation militaire qui est faite aujourd'hui.
Vous, j'imagine que vous avez écouté le programme des malmacrons hier, vous vous opposez à cette idée de renforcer, d'un point de vue budgétaire, d'un point de vue du nombre d'effectifs de ces armées ?
Je pense qu'il faut... Le gain qu'on doit avoir en termes d'efficacité de politique de défense, aujourd'hui, c'est l'investissement qu'on doit faire, à l'échelle européenne. Il faut convaincre, y compris nos voisins allemands, il faut convaincre les autres pays d'aller vers cette politique de défense européenne, y compris armée, équipée par une industrie européenne, et c'est tout le débat qu'on doit avoir avec les Allemands, qui se relance sur ces sujets-là, mais qui, comme vous le voyez, s'équipe auprès des États-Unis. C'est pas compatible avec la souveraineté européenne qu'on doit construire, et notre capacité à mieux gérer les conflits qu'il y a, autour de nous.
Est-ce que c'est-à-dire qu'en parallèle, on sort de l'OTAN ?
Pour l'instant, on sort pas de l'OTAN, parce qu'il nous faut des alliés. Mais c'est à travers la politique de défense européenne, une politique de défense forte, y compris qu'on pourra s'affranchir de la nécessité absolue, aujourd'hui, d'avoir les Américains comme alliés permanents, y compris pour n'importe quelle opération. Vous savez, on... Mais nous, on... Quand les Américains ont décidé de... De quitter l'Afghanistan, je sais pas si vous vous souvenez des évacuations, l'armée française n'a pas pu rester, parce que l'armée française n'avait pas les moyens de rester pour évacuer ses propres ressortissants, sans les Américains. Ces situations-là, c'est pas possible.
C'est-à-dire que, quelque part, pour vous, on a une dépendance diplomatique aussi, au niveau des armées, qui est trop importante vis-à-vis des États-Unis ?
Y a que, à travers l'Europe, qu'on sera non-alignés, ou qu'on pèsera. La France toute seule, on le voit dans la guerre en Ukraine, tous ceux qui parlent du non-alignement, au fond, c'est qu'ils abandonnent les Ukrainiens, au crime de guerre de Poutine. Ils s'en lavent les mains. Parce qu'ils considèrent que le non-alignement, c'est de considérer que la Russie fait ce qu'elle veut, sur son territoire, et dans son entourage. Pour moi, si on veut effectivement peser de manière autonome dans les affaires du monde, ça veut pas dire sans alliés, mais peser de manière autonome, c'est à l'échelle de l'Union Européenne qu'on peut le faire. Sinon, on pèsera pas.
Se replier sur la France aujourd'hui, c'est, au fond, à un moment donné, céder aux grandes dictatures, aux grandes puissances économiques.
C'est pas ce que je veux pour mon pays.
Alors, avant le 24 février, date de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, moi, j'avais demandé à ce que le président de la République, président de l'Union Européenne, s'organise collectivement avec les autres dirigeants européens pour organiser un sommet à Kiev, montrer notre solidarité, notre fermeté, notre unité, et même pour rencontrer Vladimir Poutine. Moi, j'ai pas aimé un président de la République française qui tutoie Vladimir Poutine. Vladimir Poutine, il a massacré, rasé Grozny en Tchétchénie, il a bombardé les populations civiles à Alep, il empoisonne ses opposants, il avait déjà fait une guerre en Ukraine.
Pour moi, Poutine, ça peut pas être un copain, c'est un dirigeant avec qui il faut parler, mais il faut lui parler de manière collective. Maintenant, on voit bien qu'on va pas déclarer la guerre à la Russie. Ni la France, ni l'OTAN, ni l'Union Européenne. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en fait, il faut faire tout le reste. Les sanctions, on a déjà commencé, il faut aller traquer les milliardaires absolument partout, dans n'importe quel paradis fiscal, il faut traquer leurs fortunes, leurs patrimoines. Deuxièmement, ça veut dire soutenir la résistance ukrainienne. C'est jamais simple de prendre cette décision.
Mais ce sont des femmes et des hommes qui défendent leurs maisons, leurs rues, qui défendent leurs libertés, qui défendent la démocratie, et à défaut d'aller faire la guerre contre la Russie, il faut leur donner les moyens de se défendre. Moi, je ne capitule pas face à un tortionnaire, face à un criminel. J'aide les ukrainiennes et les ukrainiens à se défendre. C'est ce que la France aurait dû faire à l'époque de la guerre d'Espagne. Aider les républicains face aux fachos. Et au fond, c'est ce que les anglais et les américains ont fait quand on était occupés pendant la seconde guerre mondiale. Et puis dernièrement, c'est imposer l'embargo sur le gaz et le pétrole venant de Russie.
Depuis le début du conflit, on doit être autour de 15 milliards d'euros de factures, que nous avons payées à Poutine pour son gaz et son pétrole. C'est ce qui lui permet d'alimenter, vous en doutez bien, son effort de guerre. Alors, comme on a du gaz jusqu'à l'hiver prochain, il faut s'organiser. Il faut s'organiser pour réduire notre consommation de gaz. Moi, je veux qu'il y ait un acheteur de gaz unique européen, pour favoriser notre approvisionnement potentiellement ailleurs. Qu'on mette le paquet sur l'isolation des bâtiments publics, des logements, pour les rénover. C'est bon pour le confort. C'est bon pour le pouvoir d'achat. C'est bon pour le climat.
Mais c'est aussi bon pour réduire notre dépendance face au gaz russe. Et puis je veux, ce que je ferai là, c'est de sortir Total de Russie. Un grand groupe national français qui est complice des crimes de guerre en Russie, en allant chercher toujours plus de gaz, toujours plus de pétrole. Total, c'est 15 milliards d'euros de bénéfices l'année dernière sur le dos des consommateurs, sur le dos du climat et maintenant sur le dos des Ukrainiens. Ça suffit. Il faut imposer à Total un minimum d'éthique, de responsabilité dans le monde d'aujourd'hui. Bonjour. Qu'allez-vous mettre en place pour lutter contre le suicide au sein de la police ? La police, comme la plupart des services publics, va mal.
Elle va mal, y compris... Je rencontre beaucoup de policières et de policiers, leurs syndicats. Il y a un sentiment vraiment d'avoir perdu le sens de leur mission, de leur engagement, ce pourquoi ils se sont engagés dans la police. Parce qu'on leur impose de la paperasse en permanence, on leur impose une politique du chiffre qui ne répond ni aux enjeux de prévention, ni aux enjeux d'être sur la voie publique, ni aux enjeux d'enquête et évidemment de capacité à interpeller. Et donc, c'est quand même...
Par exemple, là, il y a une élection qui arrive, je ne sais pas pourquoi, on peut aller dans un commissariat pour avoir une procuration de vote, ça occupe des policiers qui pourraient faire autre chose. Donc, redonner du sens à la police, c'est redéfinir sa mission. Sa mission, c'est la prévention, l'intervention, c'est d'être sur la voie publique, c'est ce à quoi je m'engage avec les policières et les policiers. C'est mieux les rémunérer, c'est mieux les équiper. C'est aussi un enjeu, évidemment, d'effectif. Et c'est mieux gérer les carrières.
Quand vous êtes né ou vous avez grandi à Carcassonne, votre première affectation, ça va être sur les quartiers les plus difficiles, ce qui est déjà aberrant de mettre les moins expérimentés. Là où il y a le plus d'insécurité. Et vous ne savez même pas le jour où vous pouvez retourner à Carcassonne. Eh bien, il faut mieux gérer aussi les conditions de travail et les carrières. Que pensez-vous du Bitcoin et des crypto-monnaies ? Écoutez, là, on a vu quand même que dans la séquence, après quelques années d'envolée, c'était plus instable. Pour moi, j'appelle ça au fond des crypto-actifs. C'est du placement, mais il y a la volonté derrière. C'est un peu comme toute cette...
Cette nouvelle économie. Il y a parfois une volonté de liberté derrière, une volonté de sortir des contrôles des institutions, des États. Mais attention, c'est aussi hautement spéculatif. Et ça peut mettre en danger pas mal d'épargnants à travers notamment le Bitcoin. Il y en a d'autres. Et puis attention à l'impact climatique de tout ça, parce que ça bouffe beaucoup, beaucoup, beaucoup d'énergie.
Monsieur Jadot, j'aimerais savoir si vous comptez légaliser la GPA
au même titre que la mettre en place.
Est-ce qu'il y aura des conditions ?
GPA ? Non, je ne compte pas légaliser la GPA à partir du moment où il y a une marchandisation du corps des femmes. Cette marchandisation-là, je m'y oppose totalement. La seule GPA que je pourrais entrevoir, c'est par exemple deux sœurs qui s'organisent pour qu'il y en ait une qui porte le bébé de l'autre. Là, il est clair que ce n'est que de la générosité. Il n'y a aucun échange monétaire. On ne peut pas marchandiser le corps des femmes.
Bonjour, Monsieur Jadot. Je suis Blaise Baudala, qui lève de troisième à Montpellier. Je suis un grand fan de politique. Et je voulais savoir si vous étiez pour l'euthanasie.
Je suis pour l'euthanasie. Il faut évoluer par rapport aux lois Leonetti notamment, parce qu'aujourd'hui, le système n'est pas clair. À partir du moment où il y a une loi Leonetti, à partir du moment où il y a une volonté exprimée sur le dernier moment de sa vie, ça a quand même un moment sacrément important, il faut pouvoir le choisir sans renvoyer la responsabilité soit à la famille, soit au corps médical. Donc oui pour l'euthanasie. Merci à Monsieur Jadot d'avoir oeuvré la désunion de la gauche et donc de son échec en 2022. Il y a un an, je réunissais toute la gauche autour de la table pour travailler sur un projet commun.
De réussite d'un rassemblement qui porte l'écologie et la justice sociale au pouvoir. Il ne vous a pas échappé que ni Jean-Luc Mélenchon ni Anne Hidalgo n'ont souhaité travailler à ce projet commun. Donc à partir de là, moi j'ai participé à une primaire citoyenne de tous les écologistes pour porter une candidature écologiste parce que face au dérèglement climatique, face à l'effondrement de la biodiversité, face aux injustices sociales criantes, et parce que l'écologie est indissociable de la démocratie, eh bien oui, je porte un projet spécifique dans cette campagne présidentielle.
Comment vous expliquez l'état de la gauche aujourd'hui qui semble aujourd'hui si faible dans les sondages ?
Écoutez, on verra le 10 avril, comme on dit chez moi.
Est-ce qu'il n'y a pas déjà une certaine autocritique générale à pouvoir se faire ?
Non, moi je ne fais pas d'autocritique en pleine campagne. On a déjà du mal à imposer la campagne, dans le débat public général. Évidemment la pandémie, évidemment la guerre en Ukraine, qui d'ailleurs montre à quel point le diagnostic des écolos était au fond valide, sur les dépendances aux énergies fossiles, sur les complaisances aux dictateurs, sur la nécessaire souveraineté alimentaire. Donc il nous reste un peu plus de trois semaines pour faire campagne. Moi je ne fais pas un bilan à mi-parcours d'une campagne.
Il y aura la question législative qui va vite arriver. Écoutez, là c'est la présidentielle.
Moi je suis candidat à l'élection présidentielle.
Mais ça se passe déjà dès maintenant.
Écoutez, moi je suis candidat à l'élection présidentielle pour porter l'écologie. Il y aura des candidats écologistes parce qu'en 2022, quand les rapports du GIEC nous disent à quel point il faut agir très très vite, on a un président de la République qui a été condamné deux fois pour inaction climatique. Donc à un moment donné, il faut savoir ce qu'on veut. Moi je porte l'écologie. Je porte le climat. Le climat, la biodiversité, la justice sociale et la démocratie parce qu'on voit bien que dans ce moment, chacune, chacun des candidats n'a pas la même relation à la démocratie. Et puis on verra après pour la législative.
Mais ça passera justement aussi par l'Assemblée nationale. Vous dites on verra après, mais ça se passe déjà dès maintenant. On a des candidats. On a des candidats. Dans le nord de la France, on sait que par exemple par rapport à la France insoumise, il y a votre porte-parole Benjamin Lucas qui va être face à Hugo Bernalicis. Ah bon ? Très bien. A priori, c'est évoqué comme tel.
C'est un excellent Benjamin Lucas. C'est un excellent candidat.
Ce n'est pas ça qui est remis en cause. C'est le fait qu'il serait face à un candidat de la France insoumise. Est-ce que quelque part, ce n'est pas de se dire que de mettre peut-être deux candidats avec des sensibilités assez proches n'est pas peut-être faire perdre le camp ?
Là, on parle de gouverner la France, de la présider, de la gouverner. Justement, pour la gouverner, c'est important. D'accord. Mais par exemple, on le voit par rapport à Poutine, je n'ai pas la même relation au dictateur, à la Russie, à la Chine. A Xi Jinping que Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon et ses députés à l'Assemblée nationale n'ont pas voté la reconnaissance du génocide sur les Ouïghours. Pardonnez-moi, mais moi, je fais de la politique depuis 30 ans. J'ai un engagement internationaliste depuis 30 ans. J'ai travaillé et vécu en Afrique. J'ai travaillé et vécu en Asie. Ça a toujours été au cœur de mon engagement. La démocratie, les libertés fondamentales.
Ce n'est pas un sujet à part. Ce n'est pas un sujet à côté. C'est un sujet à côté de tous les autres. Quand on voit que Poutine fait la guerre pour annihiler la démocratie, les libertés, voire un peuple en Ukraine, eh bien moi, j'ai toujours combattu Poutine. Je n'ai jamais dit que les bombardements à Alep, c'était une bonne façon de résoudre les problèmes. Je n'ai jamais dit que la Crimée et l'Ukraine devaient tomber dans le giron de la Russie. Je défends un peuple et des femmes et des hommes qui veulent vivre libre dans un pays libre. Et puis, il y a la question de l'Union européenne. L'Union européenne, ce n'est pas rien dans le monde d'aujourd'hui. Pour moi, la France, c'est ma maison.
L'Europe, c'est mon village. Et je pense que pour peser dans les affaires du monde, pour régler les grands défis auxquels nous sommes, on a aussi besoin de l'Union européenne. Jean-Luc Mélenchon est plutôt sur un projet d'affaissement de l'Union européenne. Donc, ce sont des projets différents. Ce sont des projets différents qui, légitimement, doivent être tranchés par les électrices et les électeurs.
De juifs de service.
J'ai qualifié Éric Zemmour de juif de service. L'expression n'était peut-être pas heureuse, mais en vrai, je n'en ai pas trouvé d'autre. Parce qu'on m'a dit « idiot utile ». Mais, en fait, Éric Zemmour est tout sauf un idiot. Pourquoi j'ai dit ça ? Parce qu'Éric Zemmour, et notamment toute la droite antisémite qui le soutient, au fond, justifie ce soutien par la judéité d'Éric Zemmour. Lui-même dit « mais je ne peux pas avoir des nazis autour de moi ». « Je ne peux pas avoir des antisémites autour de moi parce que je suis juif ». Eh bien, vous savez, j'ai dit ça.
Et dans la communauté juive, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de personnes qui m'ont remercié du combat que j'ai mené pour dénoncer toute la duplicité d'Éric Zemmour. Éric Zemmour, il considère que Dreyfus était coupable. Il considère que Pétain, dans la déportation des juifs, est innocent. Eh bien, désolé. Il est... Il sert aujourd'hui toute une extrême droite qui s'assume, qui s'affirme antisémite. Eh bien, j'ai voulu le dénoncer. Je ne l'ai peut-être pas fait avec les meilleurs mots. Mais il est impératif de... Dans ce moment où les médias tentent à considérer que ce qui est radical, que ce qui est disruptif, c'est sympa. Ben non, ce n'est pas sympa.
Le racisme, l'antisémitisme, le révisionnisme, ce n'est pas sympa.
– Bonjour, je suis Annie Gadeau. Je voudrais savoir ce que vous pensez du fait que quatre candidats à l'élection présidentielle sur douze ne soient pas invités au débat télévisé. Est-ce que vous trouvez que c'est très démocratique comme décision ?
– Non, ce n'est pas démocratique comme décision que des candidats n'aient pas accès au même temps de parole que les autres quand là, on est en période de campagne. Je le regrette. Ce n'est pas démocratique que des candidats refusent de débattre premier tour, alors qu'il y a tellement de colère, d'interrogation, d'angoisse dans notre pays et d'enthousiasme, d'aspiration par ailleurs. Avec les Gilets jaunes, avec la pandémie, avec la guerre en Ukraine, ça pose beaucoup de questions sur notre modèle de société.
Nous, évidemment, on va en changer profondément et ce serait bien que les Françaises et les Français puissent, le 10 avril, se projeter sur un nouveau projet de société issu d'un débat démocratique. Donc, effectivement, notre démocratie ne va pas très bien en ce moment dans notre pays. Le candidat écologiste qui fait venir un photographe américain pour sa photo de campagne, il est où le bilan carbone ? Il n'y a pas assez de photographes en France pour ces trop made in France. Ok. Alors, Jonathan Mannion, qui a fait ma photo de campagne, est régulièrement à Paris. Il fait largement cette prestation pro bono. Comme on dit, et c'est un formidable photographe.
Alors oui, évidemment, d'excellents photographes en France. Mais voilà, Jonathan est aussi un photographe qui a photographié toute la scène rap et tout ça. Et voilà, ça donnait aussi une tonalité à notre campagne.
C'est l'image que ça pouvait renvoyer vis-à-vis de certains. On parle tout le temps d'essayer de prendre ce qu'il y a de plus proche de soi. C'est ce qu'on dit justement.
Oui, mais Jonathan, comme je disais. Jonathan est très souvent en France. Il a des activités en France. Donc, il n'y a pas de sujet de bilan carbone.
Bonjour, Monsieur Jadot. Voici ma question. Quelles mesures concrètes proposeriez-vous contre la chasse ?
Alors, contre la chasse, j'ai proposé d'interdire la chasse le week-end et pendant les vacances scolaires. Parce que je veux que tout le monde puisse accéder à la nature. Vététiste, randonneur. Donc, le week-end et les vacances scolaires, c'est sans chasse. On interdit toutes les chasses cruelles, comme la chasse à cour. On interdit l'élevage pour la chasse, avec près de 20 millions d'animaux qui sont élevés chaque année dans notre pays pour être tirés dès qu'ils sont sortis de la cage. Et puis, évidemment, on interdit l'élevage pour la chasse. On a un contrôle beaucoup plus strict sur la capacité des chasseurs, au fond, à tenir une arme et à chasser.
On a quand même eu, ces derniers temps, une jeune femme tuée, d'autres. Il y a un an, c'était Morgan Kinn qui était tué. Et tout ça est profondément choquant, le fait de se faire tirer dessus simplement parce qu'on aime la nature.
Bonjour, Monsieur Jadot. Je m'appelle Laetitia et voilà ma question aujourd'hui. N'est-ce pas difficile de se considérer écologiste, quand on soutient...
Alors, j'ai toujours dit dans cette campagne, ma première mesure serait d'engager la sortie de l'élevage industriel. Cet élevage industriel qu'on voit à travers les vidéos d'L214, qui montre une souffrance absolument insupportable. Je l'ai dit aussi, on mettra immédiatement fin à l'élevage en cage. D'aller vers une agriculture, un élevage paysan, un élevage de qualité, un élevage où les animaux voient l'extérieur pour, effectivement, qu'il y ait plus de respect des animaux. C'est aussi la réforme de l'abattage, des abattoirs, pour qu'au fond, on fasse cette transition qui respecte davantage les animaux.
Mais c'est vrai que c'est aussi un processus d'éducation, d'apprentissage, de réduire sa consommation de viande dans notre pays. Il faut le faire, parce que la consommation de viande, c'est mauvais pour la santé, si c'est excessif, évidemment, c'est mauvais pour le climat, c'est de la souffrance animale. Donc il faut faire ce travail d'éducation pour réduire notre consommation carnée.
Mais est-ce qu'on réduit ou on arrête de manger de la viande ?
Moi, je suis pour réduire la consommation de viande. Je ne suis pas pour interdire la consommation de viande. Je crois que là, c'est la société. On n'est pas prête. Et puis, il y a des éleveurs. Ça permet aussi de faire vivre nos territoires. Ça permet de faire vivre nos campagnes. Donc moi, je suis pour la réduction de l'élevage. Je suis pour la réduction de la consommation de viande. Je suis pour un élevage paysan. Mais je ne suis pas pour l'interdiction de la consommation de viande. Alors, au pouvoir, quelles seront vos premières mesures concernant le bien-être animal ? Alors, je l'ai dit. Suppression de l'élevage. Élevage en cage. Sortie de l'élevage industriel.
Évidemment, au-delà de l'élevage, c'est la protection des animaux de compagnie. Il faut fortement renforcer les sanctions sur la maltraitance ou évidemment sur l'abondance qui doit être lourdement punie. Ça veut dire aussi réduire, travailler comme on l'avait fait avec les cosmétiques, travailler avec la pharmacie pour réduire les tests sur les animaux. Et donc, de mon côté, il y aura un ministère au bien-être animal avec compétences transversales parce qu'on voit bien que c'est un sujet transversal. Et puis, il y aura aussi un défenseur des droits des animaux parce que c'est un formidable contre-pouvoir pour justement nous amener à corriger quand la loi est mal appliquée.
J'ai une question à vous poser. Comptez-vous prendre des mesures pour arrêter les tests sur les animaux de laboratoire, en particulier sur les chiens ? Je trouve ça aberrant que ça existe toujours en France et que c'est une jeune personne, que rien ne soit fait. Merci pour votre réponse.
Alors, il faut réduire les tests sur les animaux. D'ailleurs, avec Cédric Villani, on en discutait il n'y a pas longtemps parce qu'il menait des manifestations, des mobilisations contre certains élevages, effectivement, de chiens dirigés vers les tests. Il faut contraindre au maximum. Sortir des tests sur les animaux. Ce qui est intéressant aussi, j'avais rencontré une start-up à Rennes qui justement invente des procédés extrêmement modernes pour éviter les tests sur les animaux. Et c'est vers ça qu'il faut aller parce que cette souffrance-là, elle est insupportable.
Vous déclarez vouloir stopper la production électrique des centrales nucléaires et de la remplacer par des énergies renouvelables. Pouvez-vous de manière concrète, car énergie renouvelable, c'est tout et rien à la fois, nous expliquer par quels procédés pensez-vous garantir une indépendance énergétique de la France ? Alors, l'indépendance énergétique de la France, c'est effectivement dépendre du soleil, du vent, de la géothermie, de l'eau, de la biomasse, des énergies marines, donc tout le spectre des énergies renouvelables, plutôt que de Poutine, des pétromonarchies du Golfe ou du Kazakhstan. L'indépendance énergétique, ça ne peut pas être le nucléaire.
La moitié de notre nucléaire, tout notre uranium, les 8 à 9 000 tonnes d'uranium que nous utilisons chaque année, c'est 100% importé. Importé du Kazakhstan, de l'Ouzbékistan, sous tutelle russe, importé du Niger, où ça a parfois des conséquences absolument dramatiques sur les populations locales. On a aujourd'hui, parce que le nucléaire est une faillite financière, industrielle, En ce moment même, en pleine guerre en Ukraine, on a Rosatom, qui est le géant russe public lié à Poutine du nucléaire, qui est en train de reprendre 20% de l'entreprise française Geast, qui fabrique les turbines nucléaires.
Quand on a fait des projets d'EPR en Grande-Bretagne et Inclay Point, on s'est associé avec deux entreprises chinoises liées à l'État chinois et condamnées aux États-Unis pour espionnage. Donc je pense que notre indépendance énergétique, elle ne peut pas se faire évidemment sur les énergies fossiles, il faut en sortir pour le climat, ni sur le nucléaire. Alors on a un parc nucléaire vieillissant, on a aujourd'hui 25% du parc nucléaire qui est à l'arrêt parce qu'il est vieillissant et qu'il faut faire de la maintenance. Et bien mon projet, c'est évidemment d'éviter la construction de nouveaux EPR.
Ce que propose Macron, ça donnera des EPR au mieux pour 2040-2045, ça résume ni le climat, ni le pouvoir d'achat, ni la dépendance aux énergies fossiles. Moi je veux mettre le paquet sur les économies d'énergie et déployer massivement les énergies renouvelables. Et petit à petit, on fermera les réacteurs nucléaires quand on n'en aura plus besoin. Ça prendra 20 ans, 25 ans, mais il faut y arriver. Et puis toujours se rappeler qu'une centrale nucléaire, quand ça pète, c'est une région qui est dévastée, une éolienne. Quand ça tombe, au pire, c'est des vers de terre et un lapin qui étaient au mauvais endroit, c'est grave. C'est beaucoup moins grave.
Juste une petite question avant la prochaine, parce qu'il y a une information qui vient de tomber. C'est Zelensky, le président ukrainien, qui va s'adresser aux députés français ce mercredi. Je veux dire, qu'est-ce que vous pensez du président ukrainien, du lien avec l'Ukraine que doit avoir la France aujourd'hui et demain ?
Ecoutez, Zelensky, il est héroïque. Très clairement, un président qu'on n'attendait pas, avec une telle stature, il est à la tête de la résistance ukrainienne qui est héroïque. En quelques jours, Poutine pensait envahir et détruire l'Ukraine, en tout cas en tant qu'État, en tant que peuple libre. En quelques jours, ils sont là, partout, dans les rues, dans les maisons, ils se battent. Beaucoup sont sur la route de l'exode, vous le savez, des millions aujourd'hui. Et donc Zelensky, on le sait ce qu'il va demander. Il va demander évidemment d'être davantage soutenu pour la résistance, pour cette perspective, à un moment donné, d'intégrer l'Union européenne. Pardon.
Et évidemment, qu'il soit aidé, y compris contre les avions russes qui bombardent son pays. Mais c'est un sacré bonhomme. Franchement, respect, respect, respect.
J'ai une question à vous poser sur les biocarburants. Donc voilà, on voit bien aujourd'hui avec la guerre en Ukraine qu'on a une forte dépendance énergétique vis-à-vis des énergies fossiles. Voilà, on voit bien aujourd'hui avec la guerre en Ukraine qu'on a une forte dépendance énergétique vis-à-vis des énergies fossiles. Voilà, on voit bien aujourd'hui avec la guerre en Ukraine qu'on a une forte dépendance énergétique vis-à-vis des énergies fossiles. Et donc je voulais savoir si l'utilisation des biocarburants pouvait être une option pour faire face à cette dépendance.
Voilà, maintenant, malgré les problèmes qui se posent vis-à-vis du fait que ça utiliserait une partie des terres agricoles pour produire ces biocarburants.
Vous avez parfaitement raison. Le biogaz peut être une solution, évidemment, pour remplacer les carburants. Mais attention, pas n'importe quel agrocarburant, parce que vous avez des agrocarburants qui sont liés, par exemple, à de la méthanisation de petite taille. Tout ça fait du sens. Mais si c'est pour, alors qu'il y a un enjeu de souveraineté alimentaire majeur qui se joue, si c'est pour dédier des hectares et des hectares de terres agricoles pour remplir des méthaniseurs ou pour faire des agrocarburants, ça n'a pas de sens. Là, on a un problème alimentaire. En Europe, on a un problème alimentaire mondial.
Ce n'est pas pour détourner des terres agricoles, des hommes et des femmes, pour remplir les réservoirs des voitures. Pouvez-vous assurer vos électeurs que vous ne ferez pas partie d'un gouvernement Macron ? Écoutez, c'est toujours assez étonnant comme question, vu, vous savez, le seul débat qu'il y aura dans cette campagne avec Macron, c'est le débat qu'il y aura dans cette campagne avec Macron. C'est moi qui l'ai eu au Parlement européen. Je vous invite à regarder cette vidéo. Vous verrez qu'avec Emmanuel Macron, on ne porte pas du tout, mais pas du tout, le même projet de société.
C'est-à-dire que si demain, on vous propose d'être ministre de l'écologie...
Ben non.
Non.
Je ne vais pas être le ministre de l'écologie qui va construire de nouveaux réacteurs nucléaires. Le ministre de l'écologie qui va soutenir le fait qu'il y ait moins de paysans, plus de pesticides. Le ministre de l'écologie qui ne fait rien contre la pollution de l'air, parce qu'il y a des lobbies derrière. Le ministre de l'écologie qui ne défend pas la nature. Le ministre de l'écologie qui va aller déjeuner tous les midis avec le lobby de la chasse, parce que c'est l'instruction du président de la République. Non. Ça, ce n'est pas mon écologie. D'ailleurs, je pense que ce n'est pas l'écologie du tout.
Si la question vous est posée, j'imagine que c'est aussi parce que par le passé, on a pu voir des personnes qui étaient parfois très critiques envers le président de la République. On l'a vu, par exemple, pendant la campagne 2017, des Gérald Darmanin, d'Edouard Philippe, qui a des propos très... très véhéments, même parfois plus véhéments que les vôtres, et qui, au final, ont été Premier ministre, ministre de l'Intérieur.
Je ne suis pas... Je n'ai pas fait ma vie en politique. Moi, j'ai 30 ans d'engagement écolo, en fait. J'ai 30 ans d'engagement écolo. J'ai été en Afrique, j'ai été en Asie, j'ai participé à la construction du mouvement altamondialiste, j'ai dirigé les campagnes de Greenpeace, et les combats que je porte au Parlement européen, je veux dire, ne laissent aucune ambiguïté sur mes convictions, sur ma détermination. Que Macron ait réuni en 2017 des gens qui pensaient au fond la même chose et qui avaient gouverné de la même façon entre socialistes et républicains, ça n'était pas surprenant.
Qu'aujourd'hui, il continue à réunir un peu plus de gens, mais là, qui sont vraiment ceux qui veulent leur dernier ticket pour monter sur le manège, c'est le dernier tour de manège pour eux, ils sont prêts à venir, et ils sont prêts à monter sur la péniche, dans l'hélicoptère, sur la licorne, pour être sûrs d'avoir un ticket dans le quinquennat qui vient. C'est pas... Ça n'est ni ma vie, ni mes convictions, et je pense que 30 ans d'engagement pour l'écologie et la solidarité m'exonèrent de tout ce type de rumeurs ou de possibilités.
Une dernière question, justement, comment on fait aujourd'hui pour lutter contre les lobbies ? On voit qu'aujourd'hui, la puissance des lobbies, elle est très importante, notamment par rapport à l'écologie.
Il faut extirper les lobbies des politiques publiques. C'est vrai que ce quinquennat, particulièrement, a vu les lobbies gouverner. Les lobbies des pesticides, les lobbies de l'élevage industriel, les lobbies de la chasse, le lobby du nucléaire, le lobby du pétrole. En permanence, chaque décision publique a été impactée, parfois même décidée directement par les lobbies. Eh bien, dans mes 100 premiers jours, il y aura une loi de séparation de l'intérêt général et des intérêts privés, donc une loi anti-lobby, pour justement, à la fois qu'il y ait une transparence courte, mais aussi complète, sur les processus d'élaboration des lois, les processus de décision.
Et puis, c'est évidemment arrêter tous ces allers-retours entre le public et le privé, qui fait que, par exemple, d'anciens conseillers à l'Élysée, d'anciens conseillers à Bercy, à Matignon, ou dans les ministères, se retrouvent dans les entreprises sur les mêmes sujets qu'ils étaient censés traiter au nom de l'intérêt général avant. Eh bien, ça, c'est profondément choquant. Ça n'arrivera pas avec les écologistes qui gouvernent. Là aussi, 30 ans de combat contre les lobbies font que, si on accède au pouvoir, c'est pas pour gouverner avec eux ou pour eux.
Merci beaucoup Yannick Jadot.
Yannick Jadot