Retraites : « Cette suspension est une victoire et permet d’envisager le blocage et l’abrogation. »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Monsieur les ministres, mes chers collègues, quelle folle semaine ! Alliance et mes alliances, participation sans soutien et soutien sans participation, nomination, démission, renomination, rifi et chanlit. Quel spectacle !
Celui d'un ministre de l'intérieur à peine nommé, s'abordant son propre gouvernement pour un Bruneau de Trop. un ancien premier ministre appelant à l'heure de servir à la démission de celui qui l'a pourtant servi. Un chef de parti présidentielle dans l'intérêt bien compris et de ne plus comprendre le président lui-même.
Voilà, un socle pas commun, un socle pas commode. Quel désordre ! Et le désordre appelle toujours le retour de l'ordre, le pire de l'ordre.
Monsieur le Premier ministre, votre mission était terminée. La voici qui reprend dans un contexte dont chacun mesure la gravité. Un monde menacé par l'égoïsme des nations, la remise en cause du multilatéralisme, du droite international et infiné par la guerre.
Un climat déréglé dont on peine à imaginer toutes les conséquences mais dont on éprouve déjà la brutalité mortelle. Une humanité percluse d'inégalité, rongée par la désespérance sociale, l'individualisme forcené, le ressentiment et à tout dire, la colère partout. des États-Unis à l'Europe, des ennemis mortels de la démocratie prêts à toutes les promesses pour tenir tous les mensonges.
Nous vivons dans un monde au bord du basculement. Nous vous avons écouté avec l'attention qu'appelle la situation. Nous vivons et nous vivrons dans une époque de crise, dites-vous.
Soit on les subit, soit on les utilise, soit on change, soit on sera changé. Dans le moment grave et incertain où nous sommes, ce qui se joue en effet, ce n'est pas l'avenir du macronisme, il se meur. Ce qui se joue est bien plus grand, c'est la démocratie elle-même.
Il faut entendre, monsieur le premier ministre, mes chers collègues du socle commun, la colère qui gronde, le sentiment de ne compter pour rien et de ne jamais être écouté, l'aspiration au changement précisément de nos concitoyens. Ils perdent les élections, ils gouvernent. Ils sont censurés, ils gouvernent.
Ils n'ont pas la confiance, ils gouvernent, ils démissionnent, ils gouvernent encore. Il est temps que ça s'arrête. Voilà ce que nous disent les Français excédés dont les regards se portent sur l'Élysée.
Car ils savent que les responsabilités ne se divisent pas et que celle du président de la République est éminente. Le mal n'est pas que le pouvoir lui échappe. Le mal c'est qu'il refuse de l'accepter.
Si ceux qui gouvernent refusent de partager le pouvoir et n'écoutent pas. Si ceux qui s'opposent loyalement et négocient sincèrement en républicains authentiques n'obtiennent rien, alors oui, c'est la démocratie elle-même qui s'en trouve emporté. Mes chers collègues élus dans l'élan de Front républicain, ne faisons pas comme si la plus grande crise qui nous menaçait n'était pas d'abord celle d'une extrême droite aux portes du pouvoir.
Pour reprendre vos mots, la défiance de nos concitoyens n'est pas une personne. Ce qui se joue, ce n'est pas une affaire ce n'est pas qu'une affaire de désaccord stratégique entre forces de gauche, de différence de lignes politiques entre le centre, la droite ou nous. C'est notre avenir comme démocratie, comme état de droit, comme République.
Et c'est ici toujours la même question qui vous est posé, collègue du socle commun, dans chaque débat parlementaire, présent et à venir. Que préférez-vous ? La soumission au maître chanteur du Rassemblement national ou la responsabilité républicaine au prix de négociation exigeante avec la gauche ?
Monsieur le Premier ministre, nous vous avons écouté. Les Français attendaient de votre déclaration et nous avec eux un signe que vous les entendiez. Ils attendaient un signe comme un commencement de réparation de ce qui a été vécu comme une brutalité.
La suspension de la réforme des retraites. La voici enfin. C'est une victoire assurément pour les centaines de milliers de Français qui en bénéficieront chaque année. 3,5 millions de nos concitoyens, ce n'est pas rien pour qui la vie va changer.
À ceux qui veulent tout ou rien et qui souvent n'offrent rien, j'hésite à le considérer en ces termes. C'est la reconnaissance du combat mené par les organisations syndicales que je veux remercier ici. C'est une fissure dans le dogme macroniste.
Nous prenons cette situation pour une victoire autant que pour un premier pas qui permet d'envisager les suivants, le blocage et l'abrogation. Nous vous avons égûté, monsieur le Premier ministre, comme un gage de confiance dans le Parlement, vous avez accepté une nouvelle règle du jeu renoncé au 493. Nous l'acceptons puisque nous l'avons demandé avec toute la gauche d'ailleurs et que nous avons la conviction que la démocratie ne meurt pas de mouvement mais d'immobilité.
Dans ce moment grave, les députés socialistes et apparentés assument de ne pas vouloir livrer sans combat ici dans l'hémicycle la République à ses ennemis mortels. Assume de croire encore que le débat parlementaire entre forces républicaines est possible et peut changer la vie. car je ne connais pas d'autres remèdes contre l'extrême droite, contre le fascisme que la justice, la République sociale, la reconnaissance de la valeur du travail, l'égale dignité, l'école publique, la solidarité nationale. que vous citez vous prend au mot ou bien la politique sert à quelque chose ou bien la déception se répand autant que l'impuissance si nous sommes tous attachés à la République, il nous faut faire se parer de donner un budget, un budget juste au pays.
Un budget qui protège les plus fragiles et fait contribuer les plus fortunés. Un budget qui donne aux services publics les moyens de leur mission et qui prépare l'avenir et d'abord la transition écologique. Depuis des mois, nous nous battons avec des principes simples.
Épargner les Français qui n'ont que leur force de travail pour vivre des efforts d'économie et soutenir leur pouvoir d'achat. Mettre à condistribution les grandes fortunes et les haut patrimoines qui ont trop longtemps été les passagers clandestins de la solidarité nationale. Réduire les déficits sans écraser la vie.
Nous avons des propositions qui sont plébiscitées par les Français. Dans les débats parlementaires, nous verrons bien qu'il se range du côté du peuple qui en défend la cause et qui protège les milliardaires parce qu'ils financent leurs médias, parce qu'ils financent leur signe tank, parce qu'ils défendent leur politique. Car oui, quand depuis des semaines nous défensons les Français qui travaillent, le RN défend les rentiers.
Parce que oui, quand nous défendons le pouvoir d'achat, le RN prépare une loi d'amnistie pour sa chef. L'établissement, c'est eux. La défense du capital, c'est eux.
La justice à deux vitesses et la trahison, c'est eux. Nous nous battrons, je vous le dis, de toutes nos forces, mais je le dis aussi de toutes nos armes. Vous nous renoncez au pas au 40 Vous nous renoncez pardon au 493.
Nous n'en demeurons pas moins dans votre opposition et maître d'une sanction du gouvernement tout au long du débat budgétaire. Nous ne croyons pas à la stabilité pour elle-même. Nous ne croyons qu'à la stabilité dans la justice qui fait reculer la misère et avec elle la colère.
Monsieur le Premier ministre, nous vous avons écouté et vous avez parlé de faire contribuer les patrimoines et les grandes entreprises et de la nécessité de soutenir le pouvoir d'achat. C'est heureux mais c'est bien trop peu. Nous avons défendu une idée simple avec la taxe Zukman et nous continuerons de le faire. que les classes moyennes ne payent pas les impôts des hyper riches qui ne les payent pas.
Que les PME ne payent pas les impôts des multinationales qui ne les payent pas. Je ne veux pas que mon voisin dans les landes paye les impôts de Bernard Arnaud. Je ne veux pas que mon boulanger à Air Suradou paye ceux de l'Oréal.
Nous voulions la garantie d'un débat loyal et ouvert. Vous nous en faites la promesse. Nous serons vigilants à ce que vos mots se traduisent en acte.
Ce que vous avez proposé là comme budget, je vous le dis sans phare, avec netteté, avec aussi ce qu'il faut de colère. Il est insupportable et gravement insuffisant. Il n'est pas question pour nous d'accepter le doublement des champs franchises médicales, le gel du barê de l'impôt sur le revenu, le gel des prestation en un mot, l'année blanche et donc le rythme insensé de réduction des déficites que vous avez inscrit dans votre budget sur les français de l'hexagone et des outres mères.
Faut confirmer la possibilité de l'assouplissement de cette trajectoire, nous vous prenons au mot parce que vous ne pouvrez pas demander 15 milliards d'économie sur le dos des hommes et des femmes qui travaillent et ne rien demander à ceux dont le patrimoine a doublé en 10 ans. Votre copie est amendable. Comptez sur nous que nous l'amendions et chacun devra assumer aux yeux des Français les choix qu'il fait.
Votre point de départ ne sera pas notre point d'arriver. Souvenez-vous-en, monsieur le Premier ministre, nous sommes capables de faire des compromis. Nous en avons fait la démonstration.
Nous sommes capables de renforcer un gouvernement. Nous l'avons fait par deux fois. Nous n'avons qu'une boussole.
L'intérêt du pays, l'intérêt des Français. Je mesure et nous en coûte. Nous faisons un paris, un paris risqué dont seul l'avenir nous dira ce qu'il est.
Chacun et chacun d'entre nous ici héritier de Gambetta ou de Jorè, de Mandel ou de Minds France, de Simon Veille ou de Giselle Anlimi, du général de Gaulle ou de François Mitteran représentant de la belle et grande nation française doit à cette heure se poser cette question simple, cette question exigeante. En sommes-nous capables ? Les socialistes répondent, il le faut.
Merci beaucoup monsieur le président Vallot. [Applaudissements]
Boris Vallaud