Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 2 mai 2024 23 min

Raphaël Glucksmann pris à partie, audition pour apologie du terrorisme, smic régionalisé... Le "8h30 franceinfo" de Mathilde Panot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info Bonjour Mathilde Panot. Bonjour. Hier à Saint-Etienne, Raphaël Glucksmann, tête de l'ISPS, place publique aux Européennes, a dû être exfiltré de la manifestation du 1er mai, violemment hué. Il a aussi reçu des projectiles de peinture. Pour lui, il n'y a pas de doute, vous, la France Insoumise, êtes responsable de cet accueil glacial.

0:24
Mathilde Panot

Il y avait le drapeau de Révolution Permanente et de la France Insoumise. Donc voilà, c'est leur conception du débat démocratique, ce n'est pas la nôtre. Ils ont décidé de faire une campagne qui électrisait tout. Alors qu'on a une extrême droite à 40%, 80% de leurs tweets à la FI sont consacrés à Raphaël Glucksmann et à la liste socialiste place publique. Donc à un moment, ils ont choisi leur adversaire. Nous, notre adversaire, ça reste Jordan Bardella. Nous, notre adversaire, ça reste la montée de l'extrême droite.

0:52
Présentateur

Qu'est-ce que vous lui répondez, Mathilde Panot ?

0:53
Locuteur non identifié

Vous voyez la manœuvre politicienne. Il explique que l'extrême droite serait son adversaire tout en tapant sur la France Insoumise, ce qui, tout le monde le comprendra, ne va absolument pas. D'autant que Raphaël Glucksmann a menti, puisque ceux qui ont revendiqué d'avoir expulsé M. Glucksmann de la manifestation, ce ne sont absolument pas la France Insoumise, qui le déplore parce qu'on voit bien ce qui se passe. Nous avons eu un 1er mai avec des centaines de milliers de personnes qui ont défilé. Et la seule chose qu'on retient, c'est M. Glucksmann et sa petite polémique. Ceux qui ont revendiqué, ce sont les jeunes communistes. Donc vous devez demander à M. Fabien Roussel ce qu'il en pense.

Moi, ce que je veux retenir de ce 1er mai, c'est des centaines de milliers de personnes qui manifestent pour augmenter les salaires, pour faire en sorte que la France ne soit plus championne d'Europe. On va en parler, ça m'a-t-il pas nommé ?

1:40
Présentateur

Mais ce qui s'est passé hier, ce n'est pas anodin. Pardon, mais ce qui s'est passé hier, un représentant, un élu de la République qui doit être exfiltré parce qu'agressé violemment, ce n'est pas anodin. Vous dites, ça ne vient pas de chez vous. D'ailleurs, vous demandez des excuses publiques à Raphaël Glucksmann, sauf qu'un de vos militants vient contredire votre version. Il s'appelle Lionel Jamont. Il a été candidat suppléant à la France Insoumise de la 6e circonscription de la Loire en 2022. Et lui, drapeau LFI à la main, il dit « Oui, j'ai participé à l'expulsion de Raphaël Glucksmann ».

2:14
Locuteur non identifié

Alors, je ne connais pas ce militant, mais il ne vous a pas échappé. Je vais vous relire le tweet qu'a fait Jean-Luc Mélenchon. Je désapprouve totalement l'expulsion de Raphaël Glucksmann. Je crois que c'est très clair. Et il dit « Cette action fournit une diversion médiatique contre le 1er mai et un rôle de victime à Glucksmann pour, encore une fois, nous accuser. L'ennemi, c'est l'extrême droite, celle qui a attaqué à 40 personnes. Notre réunion de Beson hier où était Rima Hassan avec une attaque extrêmement violente puisque ce sont nos réunions qui sont régulièrement attaquées.

De même que nous-mêmes qui sommes régulièrement victimes dans notre intégrité physique de cette extra-droite de plus en plus violente.

2:51
Présentateur

Vous pouvez être attaqué d'une part, mais ce qui s'est passé autour de Raphaël Glucksmann hier, ce n'est pas le symbole, l'illustration qu'il y a deux gauches irréconciliables ?

2:58
Locuteur non identifié

C'est le symbole peut-être que M. Glucksmann devrait s'encourager à venir plus souvent en manifestation. Il verra que si vous allez souvent dans les manifestations contre la réforme des retraites avec le mouvement des Gilets jaunes, à force, les gens vous reconnaissent. Et plus M. Raphaël Glucksmann connaîtra les manifestations, plus les manifestations le reconnaîtront. Donc je désapprouve le fait qu'il ait été exclu de cette manifestation parce que hier c'était le 1er mai, que le 1er mai n'est pas contrairement à ce que dit la Macronie et l'extrême droite la fête du travail.

Le 1er mai, c'est la fête de la lutte des travailleurs qui ont conquis des droits et aucun droit ne nous a jamais été donné. Il a toujours été conquis de haute lutte. Mathilde Panot, est-ce que vous reconnaissez une forme de responsabilité dans la brutalisation du débat, pour reprendre les mots de Raphaël Glucksmann, et est-ce que vous estimez qu'il est temps, dans les dernières semaines de la campagne, de tous baisser d'un ton, si j'ose dire ? Écoutez, ceux qui avons proposé jusqu'au dernier moment, ça ne vous a pas échappé que d'habitude nous faisons des longues campagnes à la France Insoumise.

Nous avons l'habitude de commencer un an et demi, un an avant les élections à chaque fois, pour justement pouvoir faire preuve de conviction, pouvoir rentrer le plus possible en contact avec les gens, et que cette fois-ci nous faisons une campagne très courte. Pourquoi faisons-nous une campagne très courte ? Parce que nous avons jusqu'au dernier moment essayé d'avoir une liste unique de la NUPES, dont tous les sondages montraient que si nous étions unis autour du programme de gouvernement de la NUPES, que nous continuons de porter, eh bien nous serions la première force politique du pays. Et je crois que ce n'est pas nous qui avons choisi de diviser.

Donc maintenant, ils ont choisi de faire autrement, eh bien nous, nous continuons à la fois de porter le programme de la NUPES, et la stratégie de l'Union populaire.

4:37
Présentateur

La violence, vous êtes d'accord avec ça ?

4:38
Locuteur non identifié

Mais je viens de désapprouver. Je ne sais pas s'il faut que je le dise dans une autre langue, peut-être, pour que ça soit compris. Mais lui, il ne vous croit pas, donc c'est pour ça que j'insiste là. Oui, non mais lui, il ne nous croit pas, mais vous êtes d'accord que ça a été revendiqué ? C'est la première fois qu'on nous demande de nous excuser pour une action qui n'est pas revendiquée par nous. Non mais par exemple, le militant dont parlait Salia tout à l'heure, qui a encore une fois été candidat suppléant LFI, lors des dernières législatives, qu'est-ce que vous lui dites ce matin ? Mais toute la direction du mouvement a désapprouvé son exclusion.

Et je le dis, j'aimerais qu'on puisse parler de l'augmentation des salaires, de la misère sociale qui augmente dans ce pays. On ne va pas rester 25 ans sur un incident qu'il monte lui-même en épingle pour encore une fois accuser les insoumis qui ne sont responsables de rien. Alors justement, comme chaque année, les syndicats hier ont fait valoir leur revendication sur les salaires au moment du 1er mai. Hier sur France Info, on a entendu un patron de PME qui proposait la mise en place d'un SMIC régionalisé qui était à ses yeux seul à même de répondre à la question du salaire décent. Quelle est votre position sur ce sujet ?

Alors je ne suis pas d'accord du tout avec la régionalisation du salaire. Je vais vous expliquer pourquoi. D'abord parce que tout le monde peut comprendre qu'on a l'impression que par exemple à Paris, la vie vaut beaucoup plus cher ou dans des grandes villes qu'à d'autres endroits. Mais qu'est-ce que ça va créer ? Ça va créer un dumping social dans un propre pays.

Et je rappelle que par exemple pour des gens qui vivent par exemple dans des zones plus rurales, ils ont des frais qui sont des frais, par exemple des frais kilométriques, puisque le nombre d'écoles qui a fermé, d'hôpitaux, de services publics, les force à utiliser sans cesse la voiture, d'autant que vous avez vu, il y a un effondrement du rail et des transports en commun en général. Ça pourrait être pris en compte dans le salaire minimum en question ?

Eh bien non, moi je suis pour augmenter le salaire minimum de tout le monde, pour ne pas baisser des droits à des endroits, pour ne pas créer nous-mêmes une forme de délocalisation dans notre propre pays, ce qui se passe d'ailleurs dans l'Union Européenne, et donc augmenter le SMIC et partager les richesses. Vous avez vu le rapport d'Oxfam qui dit que les PDG des 4,40 gagnent 130 fois en moyenne ce que gagnent leurs salariés. Mais sur cette proposition précisément, ça part d'une bonne intention, ce patron disait par exemple le logement coûte beaucoup plus cher, c'est le poste principal, le logement coûte beaucoup plus cher dans certaines régions que dans d'autres.

Mais oui, mais je crois que si nous le prenions de cette manière-là, vraiment nous aurions un risque de dumping social à l'intérieur de notre propre pays. Et donc je préfère le prendre d'un tout autre bout, c'est-à-dire augmenter le SMIC, faire ensuite une conférence sur les salaires pour augmenter l'ensemble des salaires, et ensuite faire en sorte que par exemple on agisse sur la question justement des prix des loyers. et par exemple réguler les loyers, ça existe, ça a été fait dans d'autres villes, faire en sorte que par exemple... Il y a l'encadrement des loyers, oui. Oui, voilà. Mais ça existe déjà.

7:20
Présentateur

On prend l'exemple de l'augmentation du SMIC.

7:23
Locuteur non identifié

Franchement, l'encadrement des loyers n'est pas fait sérieusement dans notre pays. Si on faisait l'encadrement des loyers sérieusement dans notre pays, alors on n'aurait pas des millions de gens qui dépensent un tiers, voire plus d'un tiers de leur revenu dans du logement. On n'aurait pas la France qui en 2017, quand Emmanuel Macron a été élu pour la première fois Président. Seulement, on avait... Alors aujourd'hui, on a 330 000. À l'époque, on avait beaucoup moins de gens qui étaient personnes sans abri et sans logement. Donc on a une augmentation qui est extrêmement forte et qui est notamment due au fait qu'on ne veut pas réguler la question du logement.

7:57
Présentateur

Sur la faisabilité d'augmenter le SMIC, très rapidement, vous connaissez la difficulté des entreprises. On parlait de PME tout à l'heure, une augmentation de 100 euros pour un salarié, c'est plusieurs centaines d'euros qui doivent être payés par l'entreprise et elles n'y arrivent pas pour la plupart. Comment on fait pour ces entreprises qui ne peuvent pas suivre le mouvement que vous voulez mettre en place ?

8:15
Locuteur non identifié

Alors vous avez tout à fait raison, c'est pour ça que nous nous proposons d'avoir une caisse de solidarité inter-entreprise où justement, les grandes entreprises peuvent aider les petites entreprises qui permettent justement d'aider les PME et TPE à faire en sorte de pouvoir supporter l'augmentation du prix du travail. Et je vais vous dire pourquoi est-ce que c'est intéressant pour eux. Aujourd'hui, vous avez beaucoup de petites et moyennes entreprises qui souffrent des prix de l'énergie, qui souffrent de l'augmentation des prix en général et du refus du gouvernement de lutter sérieusement contre l'inflation. Mais ils souffrent d'une autre chose.

Ils souffrent du fait, et ça a été très bien dit dans un rapport cet automne, d'un niveau de déconsommation populaire qui est très inquiétant dans le pays. Or, qu'est-ce qui fait l'économie du pays ? C'est justement le carnet de commandes. Et quand on redonne de la respiration aux gens, notamment quand on leur réaugmente les salaires, eh bien c'est ce qui permet derrière aux gens de pouvoir consommer et de pouvoir faire vivre ces petites et moyennes entreprises.

9:10
Présentateur

Le 830 France Info, Jérôme Chapuis, Saliad Rakhia

9:14
Locuteur non identifié

et la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, vous n'avez pas encore raconté à la radio ou à la télé votre audition par la police avant-hier. Ça s'est très bien passé. Assure Rima Hassan qui était convoquée comme vous. Vous dites la même chose ? Alors, oui, techniquement ça s'est bien passé, mais je trouve que cette audition a été très inquiétante sur plusieurs points. La première chose, c'est que j'ai eu confirmation dans cette audition que ma convocation pour apologie du terrorisme venait d'une plainte qui avait été déposée le 11 octobre.

Si réellement je faisais une apologie du terrorisme, croyez-vous vraiment qu'ils auraient attendu qu'un jour, un mois, deux mois, non, sept mois pour me convoquer ? Ce n'est pas sérieux. Et de même,

9:56
Présentateur

quand vous regardez les questions... C'est-à-dire qu'ils ont attendu qu'on soit en pleine campagne pour les Européens ? Bien sûr, je les accuse de faire une manœuvre politicienne

10:04
Locuteur non identifié

et d'attendre... Je les accuse qui sont-ils ? Eh bien, notamment le pouvoir puisque vous savez que les convocations... Pourquoi ces convocations arrivent-elles ? Elles viennent d'une circulaire qui a été faite au magistrat du parquet le 10 octobre 2023 par Éric Dupond-Moretti, le garde des Sceaux, qui a appelé, même dans le cadre de débats politiques, à poursuivre systématiquement pour apologie du terrorisme. Or, je le dis quand même, la France a déjà été condamnée en 2022 sur la manière dont elle poursuivait l'apologie du terrorisme avec la rapporteure de l'ONU qui s'inquiétait sur les atteintes à la liberté d'expression.

Et je vous fais un appel à ce qu'a écrit le président de la Commission nationale consultative des droits de l'homme le 3 avril 2024 qui a écrit au garde des Sceaux pour lui demander de changer sa circulaire et en disant que ce n'était pas aux autorités judiciaires de rentrer dans des débats politiques. Donc ce calendrier, ce calendrier, Mathilde Panot, c'est quelques mois d'attendre jusqu'à votre convocation et elle a constitué une preuve selon vous d'une intervention du garde des Sceaux ? Mais bien sûr, quand vous faites une circulaire, vous demandez des choses au magistrat du parquet. Donc bien sûr que c'est une attaque politique.

Mais j'ose espérer qu'ils vous envisez vous particulièrement via la circulaire. Bien sûr, je suis présidente d'un groupe parlementaire. Vous croyez qu'ils ne sont pas du tout au courant et ça n'arrive dans aucun autre pays qu'une présidente de groupe parlementaire pour la première fois de la Ve République se retrouve devant une brigade criminelle pour devoir répondre de ses opinions judiciaires. La police judiciaire. Oui, c'est une brigade criminelle. C'est une brigade criminelle. On peut intervenir dans des affaires criminelles mais elle intervient aussi la police judiciaire dans des affaires de ce type. La brigade criminelle de la police judiciaire. Donc en fait,

11:37
Présentateur

Macron a réinventé la police de la pensée et c'est très inquiétant. Parce que là, vos accusations sont graves. Les mots que vous utilisez sont importants. Des avocats qui ont l'habitude de ce genre de procédure suggèrent que vous en faites des tonnes. C'est le cours normal des choses. Il y a une plainte, elle est instruite et vous êtes reçue par la police. C'est arrivé à plusieurs autres personnalités politiques et même lors de campagne. Pourquoi vous, vous en faites des tonnes ? C'est ce qu'ils se demandent.

12:00
Locuteur non identifié

Je n'en fais pas des tonnes. Quand la rapporteure de l'ONU dit qu'il y a un problème avec la manière dont on utilise l'apologie du terrorisme, quand la Commission consultative nationale des droits de l'homme s'inquiète de la dérive qui est en train d'apparaître dans notre pays de la dérive autoritaire, je n'en fais pas des tonnes. Je suis à la hauteur de la situation que nous avons dans notre pays qui fait suite à des centaines de personnes qui ont été convoquées pour l'apologie du terrorisme, qui fait suite à des annulations de conférences.

Et je vais vous dire, j'espère, j'ose espérer dans mon pays que si quelqu'un faisait véritablement l'apologie du terrorisme, on n'attendrait pas sept mois pour le convoquer. J'espère que vous êtes d'accord avec moi. Donc bien sûr qu'il y a une manœuvre et une instrumentalisation de la police et de la justice en vue d'un résultat électoral. Je le déplore parce que c'est très grave la dérive qu'ils sont en train de faire prendre au pays des lumières.

12:46
Présentateur

Le fait de demander à vos soutiens, à vos militants de se réunir devant les locaux de la police judiciaire le jour J, ce n'est pas une manière de faire une pression sur la justice, de mélanger les pouvoirs, de remettre en cause la séparation des pouvoirs. Vous qui êtes député de la République ?

13:01
Locuteur non identifié

Ce qui attaque la séparation du pouvoir c'est justement ce gouvernement notamment avec la circulaire qui a été faite. Je rappelle que normalement les parlementaires sont protégés depuis la Révolution française non pas par privilège mais justement pour qu'ils puissent protéger leur liberté de parole et les protéger des pressions de l'exécutif. Et je veux remercier ici à votre micro toutes les organisations qui se sont élevées et qui comprennent qu'il faut une mobilisation populaire pour faire face à cette volonté de censure dont Flaubert disait déjà à l'époque que la censure était un attentat contre la pensée.

Vous dites que vous ne changeriez pas un mot au communiqué de votre groupe parlementaire publié le 7 octobre vous l'avez dit hier à Mediapart. Ça signifie que vous considérez toujours que le 7 octobre était une offensive armée de forces palestiniennes quand d'autres parlent d'attentats terroristes ? Alors nous avons à d'autres moments dit que nous n'avions aucun problème pour parler d'actes terroristes. Ce sur lequel nous ne voulons pas aller c'est le débat qu'essaye de placer l'extrême droite notamment sur le choc des civilisations entre un combat entre le bien et le mal dans lequel le droit international n'aurait plus cours. Mais là ce n'est pas la question de communiquer.

Je vais vous dire il y a deux choses qui m'ont étonnée aussi dans l'audition que j'ai eue mardi la convocation. La première c'est que lorsque j'ai demandé au vu de la gravité des faits qui me sont reprochés quels mots ou quelles phrases m'étaient reprochés dans le communiqué de presse on m'a dit l'ensemble du communiqué de presse de mon groupe parlementaire qui m'était reproché. Donc appeler au cessez-le-feu dire il faut une désescalade dire nous déplorons les morts israéliens et palestiniens serait une apologie du terrorisme dont tout le monde comprend que c'est ridicule et qu'ils n'ont même pas pris la peine de cibler certaines des choses.

Deuxième chose sur la question précise du tout début du communiqué. s'appelle de l'apologie du terrorisme qu'il faudrait ensuite convoquer l'ONU l'AFP vos collègues de l'AFP qu'il faudrait ensuite convoquer Amnesty International pour l'apologie du terrorisme ce n'est pas sérieux. Ce n'est pas sérieux et je dois dire nous devons protéger la vie politique de ce pays d'une judiciarisation qui est très grave. Et je vais vous dire il y a un sentiment de deux poids et de mesures dans le peuple français sur des gens qui font de l'apologie du génocide et bien moi je vais vous dire je ne suis pas d'accord pour qu'on les judiciarise.

Moi ce que je veux c'est qu'on batte les gens par les dirhommes qu'il y ait des débats d'idées qui puissent être faites et puis on vous parle De qui parlez-vous sur l'apologie du génocide ? Meilleur Habib excusez-moi une apologie du génocide Députée des Français de l'étranger ? Oui Mais moi je suis pour les débats démocratiques Quand vous parlez du génocide vous parlez de ce qui se passe à Gaza pour que tout soit clair Oui Quand vous avez quelqu'un qui vous dit ça va continuer qui se monte sans cesse à côté de M.

Netanyahou qui fait des violations du droit international tellement sévères que la Cour internationale de justice parle de risque de génocide Oui Par exemple on pourrait se poser la question Pourquoi est-ce nous les voies pour la paix qui sommes systématiquement poursuivies au point qu'un responsable syndical a été condamné à un an de prison avec sursis En dehors de la convocation

15:49
Présentateur

Sur la Palestine En dehors des convocations Mathilde Panot il y a un autre reproche qui vous est fait notamment avec la mobilisation étudiante que vous soutenez largement avec des élus qui se déplacent des élus de la France Insoumise qui se déplacent sur les campus ce qui fait dire à certains que vous instrumentalisez cette mobilisation de la jeunesse voire vous la suscitez pour en tirer un profit électoral dans cette campagne Alors déjà

16:11
Locuteur non identifié

je pense qu'il va falloir choisir son angle Soit c'est mauvais pour nous d'axer sur la Palestine Soit c'est électoraliste Mais il faut choisir entre les deux On ne peut pas avoir les deux en même temps Nous nous sommes conséquents Nous disons nous parlons d'un génocide en cours contre le peuple palestinien et donc ce n'est pas une échéance électorale qui nous fera taire Et ce qui se passe dans les universités de Columbia à Sciences Po à Tolbiac et dans beaucoup d'autres à la Sorbonne Eh bien c'est le même mouvement anti-guerre qui s'est passé lors de la guerre du Vietnam Et j'ose espérer que tout le monde comprend que les étudiants avaient raison à l'époque de s'indigner de se soulever contre la guerre au Vietnam comme ils ont raison aujourd'hui de dire que pour l'égale dignité des êtres humains pour notre humanité commune nous ne pouvons pas laisser se passer ce qui se passe actuellement par le gouvernement Et donc les blocages Et donc les blocages

17:00
Présentateur

Oui

17:00
Locuteur non identifié

Et des blocages D'ailleurs vous avez vu que Mme Valérie Pécresse était elle aussi en train de bloquer l'ENA en 1991 Donc je trouve absolument scandaleux qu'elle-même propose d'enlever les subventions à Sciences Po Ce n'est pas possible Ce n'est pas parce qu'on est en désaccord avec des étudiants qu'on enlève des subventions

17:14
Présentateur

Le 830 France Info

17:17
Locuteur non identifié

Jérôme Chapuis Saliha Brachia Et la présidente du groupe LFI à l'Assemblée Mathilde Panou Le rappeur iranien Thomas Saalehi a été condamné à mort en Iran pour son soutien au mouvement Femmes, Vie, Liberté Les artistes, des intellectuels interpellent Emmanuel Macron pour que la France agisse au plus vite C'est une tribune qui était publiée avant-hier Cette tribune vous pourriez la signer ?

Évidemment Et nous étions présents au rassemblement dimanche pour ce rappeur Comme nous marrainons nous sommes plusieurs élus à parrainer et à marrainer des condamnés à mort Je rappelle que le régime iranien a exécuté l'année dernière 834 personnes soit une augmentation de 172% par rapport à 2020 et que bien souvent ce sont des manifestants qui demandent juste la liberté et la démocratie notamment suite au meurtre de Massa Amini donc oui bien sûr que je signerai cette tribune bien sûr que j'appelle là aussi à faire une pression internationale maximum pour arrêter y compris avec des manifestations par exemple bien sûr il faut absolument arrêter vous savez je suis pour l'abolition de la peine de mort universelle donc je ne suis absolument pas d'accord avec le fait que ce rapport qui combat juste pour la liberté et la démocratie soit aujourd'hui condamné à mort qu'est-ce que peut faire la France alors beaucoup de choses vous savez que moi j'ai manifesté à de nombreuses reprises notamment contre les exécutions sur ces jeunes qui sont dans les couloirs de la mort et il se trouve que parfois avec des manifestations quand il y a une attention internationale sur des condamnés à mort cela fait reculer le régime iranien nous avons réussi parfois à faire reculer sur des condamnations à mort et donc à sauver des personnes et donc plus que jamais même lorsqu'on vous explique que ça ne sert à rien il faut se mobiliser se mobiliser parce que c'est aussi comme ça que la pression internationale joue et fait en sorte qu'on arrête des condamnations à mort comme on arrête des génocides

19:04
Présentateur

Mathilde Panot nombreux sont ceux à vous critiquer vous l'avez dit parce que vous focalisez votre campagne des européennes sur la cause palestinienne et pas sur le pouvoir d'achat par exemple ou la défense des travailleurs sauf pour le 1er mai hier et pendant ce temps là il y en a un qui caracole en tête des sondages il s'appelle Jordan Mardella et il veut rassembler les français qui ont le coeur à gauche c'est ce qu'il a dit hier en meeting à Perpignan vous n'êtes pas en train de perdre cet électorat là ?

19:31
Locuteur non identifié

Alors déjà je le disais tout à l'heure nous sommes conséquents il y a un génocide en cours nous ne nous tairons pas et nous continuerons de le dénoncer mais ça ne vous a pas échappé non plus que nous sommes la seule liste à avoir un programme complet alors je sais qu'il paraît bizarre maintenant de concurrir à une élection avec un programme mais nous avons un programme complet qui comprend justement des mesures sur comment est-ce que on harmonise socialement l'Europe comment est-ce qu'on arrête et qu'on fait un moratoire sur les traités de libre-échange qui laissent les agriculteurs libres et une concurrence déloyale ?

Non c'est pas vrai si vous écoutez nos meetings vous verrez que dans tous nos meetings par exemple à Grenoble où il y avait plus de 1000 personnes Manon Aubry parlait de la désinstitualisation et de justement des conséquences de la politique macroniste sur cette question et de la nécessaire réindustrialisation et relocalisation de l'économie française Et le sens de la question de Salia c'était qu'aujourd'hui beaucoup de gens quand ils entendent LFI ils entendent Gaza Palestine et pas pouvoir d'achat Ben non je crois qu'ils devraient se le dire justement en écoutant Jordan Bardella et Valérie Hayé les macronistes puisque ce sont eux qui votent main dans la main contre tous nos amendements et toutes nos propositions de loi pour augmenter les salaires et le SMIC ce sont eux qui votent ensemble contre le rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune ce sont eux qui ont voté ensemble pour augmenter les loyers dont on parlait tout à l'heure de 3,5% sur plusieurs années donc je crois qu'au contraire ceux qui s'allient pour refuser tout partage des richesses et bien à chaque fois c'est le Rassemblement National et la Macronie main dans la main et donc la seule alternative qu'il reste dans ce pays au monde de malheur que construit Emmanuel Macron et son gouvernement c'est justement l'alternative que nous représentons avec l'Union Populaire

21:00
Présentateur

Par rapport au partage des richesses ça bouge hier à Beaujancy dans le Loiré Gabriel Attal s'est dit favorable à taxer davantage exceptionnellement dès cette année les énergéticiens et les multinationales qui font de l'optimisation en rachetant leurs propres actions est-ce que c'est une réponse qui vous satisfait ?

21:17
Locuteur non identifié

Alors le problème c'est que on va regarder précisément mais que la taxe dont ils parlent rapporterait 600 millions d'euros or il se trouve c'était juste pour les énergéticiens oui il se trouve que nous avons calculé et que des associations ont calculé notamment Attac que nous la taxe sur les super profits que nous proposons pourrait rapporter entre 15 et 20 milliards donc vous comprenez qu'on est très très très loin du compte nous demandons depuis des années à chaque fois ils l'ont refusé dans l'hémicycle quand nous l'avons proposé et qu'on arrête d'avoir certains qui se gavent jusqu'en en plus pouvoir pendant que le reste du peuple français est en train de souffrir d'une manière que nous n'avons pas vue depuis des années avec un gouvernement qui annonce une cure d'austérité comme n'a jamais notre pays connu notre pays dans l'histoire récente donc je crains que ce que propose monsieur Attal pour en quelque sorte dire qu'il fait quelque chose est une sorte de poudre aux yeux qui ne résoudra absolument pas la question du partage des richesses et je le dis il faut aller chercher l'argent là où il est alors que la France est championne du monde de versements de dividendes et alors que l'homme le plus riche du monde et la femme la plus riche du monde sont français je crois que c'est indigne quand vous voyez que le nombre d'enfants à la rue explose c'est pas une fierté ça ?

mais pas du tout parce que je vais vous dire ce qu'il y a une fierté c'est justement si la France était championne du monde sur le nombre de médicaments à produire sur le nombre de médecins qui seraient qualifiés qui pourraient aller aider dans le monde entier sur le partage des richesses qui fait que par exemple il y ait zéro personne qui dorment à la rue sur une éducation de qualité voilà ce qui serait je crois une fierté pour la France mais elle continue d'attirer beaucoup comme on l'a vu dans un baromètre qui a été publié hier il y a un encore numéro 1 pour l'attractivité des grandes entreprises mais vous savez même avec des changements de règles la France attirerait et je ne crois pas qu'aucune des multinationales se priverait d'un marché de 60 millions de consommateurs parce qu'il y aurait des nouvelles règles donc je le dis et y compris je rappelle que le tissu économique français c'est surtout des TPE et des PME et ce sont eux qui en doivent aider qui payent beaucoup plus d'impôts que les multinationales Mathilde Panot présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale vous étiez l'invité du 8.30 France Info ce matin à l'Assemblée nationale