Le 180 degrés de Jean-Luc Mélenchon sur les consignes de vote face au FN | INA adn
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Le 5 mai, il ne faut pas hésiter, alors mettez des gants si vous voulez, des pinces ou ce que vous voulez, mais votez, abaissez le plus bas possible le Pen. Chacun, chacune d'entre vous, c'est en conscience qu'elle est son devoir. Qu'est-ce qui a changé en 15 ans ? – Bon, le contexte. La première fois, je suis un dirigeant socialiste, je parle, j'étais ministre en plus, je crois, c'est le… oui, c'est ça. Donc j'étais vraiment très lié à toute la mouvance socialiste avec laquelle j'avais des divergences, mais surtout une adhésion assez profonde. Et puis nous étions absolument sidérés par ce qui venait de se passer, on n'arrivait pas à y croire.
On avait une conscience du danger, mais qui était… qui dépassait la raison. Moi, j'ai fait une tribune pour dire qu'il fallait aller voter Chirac. J'ai fait beaucoup de choses de cette nature. Quand on arrive à la dernière fois, la situation est complètement différente. La gauche est explosée. Je suis à la tête d'un ensemble politique qui, en gros, se situe dans la philosophie de gauche, mais n'a pas assez d'histoire. Il existe depuis à peine deux ans. Il n'a pas assez d'histoire pour qu'il se sente lié à une option que proclame le responsable, en l'occurrence, moi.
Donc je me suis dit comment je me sors de ça pour ne pas faire de bêtises, c'est-à-dire que si j'étais arrivé en disant « Ah ben écoutez, maintenant c'est clair, on fait comme la dernière fois, on vote pour Macron contre Le Pen », je provoquais une déflagration parce que plein de gens n'étaient pas prêts à entendre un discours pareil. Donc j'ai dit « Vous savez ce que vous avez à faire », et la ruse, c'est qu'on a ouvert, comme on le ferait sans doute dans d'autres occasions comparables, un vote parmi les gens qui parrainaient ma candidature. Et on n'a mis que deux options, hein, voter Macron ou s'abstenir.
Et on l'a dit « Ben voilà, la réponse, elle est là, c'est vous tous qui décidez quelle est la consigne que l'on donne ». Et je crois que c'est une méthode qui a assez bien fonctionné. Après, je dois à la loyauté de ne pas vous dire ce que moi-même j'ai fait. Mais la loyauté à l'égard de ceux qui ont voté pour moi et qui attendaient que j'aie cette façon de parler. Mes adversaires en ont profité pour dire que je mettais « je » égal, « signe égal » entre Macron et Le Pen. C'est, bon, c'est de la base polémique. D'ailleurs, vous auriez pu montrer l'extrait où je dis « il ne doit pas y avoir une seule voix pour Le Pen ».
Donc, écoutez, quand il y a deux candidats et que vous dites qu'il ne faut pas qu'il y ait une seule voix pour un des deux, bon, tout le monde comprend. Mais je ne pouvais pas, compte tenu de ce qu'était mon rapport à ceux qui m'avaient mandaté, 7 millions de voix. C'était la première fois qu'une chose pareille arrivait. Qu'un candidat, comme ils disent, de la gauche radicale, incarne à ce point un mouvement populaire aussi profond. Donc, je pense que j'ai réagi correctement parce que si j'avais agi autrement, j'aurais plutôt brutalisé ou indigné ce qui n'était pas le but de l'opération. Le but de l'opération, c'était que Mme Le Pen le perde.
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Jean-Luc Mélenchon