L'invité politique Sud Radio - Thomas Portes, Député LFI de la 3e circonscription de Seine-St-Denis, est l'invité politique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:30OuverteRéponse directe
Edouard Philippe en visite à Mayotte, il veut suspendre les demandes d'asile ou le regroupement familial. Sa ligne signe-t-elle un vrai virage à droite en vue de 2027 ?
- 1:21ComplaisanteRéponse partielle
La suspension des demandes d'asile ou de regroupement familial, on sait que c'est une vraie question parce qu'elle génère plus d'immigration.
- 2:01RelanceRéponse directe
Est-ce que ça vous étonne, ce positionnement d'Edouard Philippe, qui reprend une thèse défendue par le RN ?
- 2:54OuverteRéponse directe
Sur quels critères tracez-vous la frontière entre extrême droite et droite classique ?
- 3:02RelanceRéponse directe
Est-ce que cette frontière n'est pas devenue un outil pour disqualifier tous les adversaires plutôt que pour argumenter ?
- 3:28ComplaisanteRéponse directe
Peut-être qu'Edouard Philippe dit quelque chose que les Français ont envie d'entendre.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:36Invité politiqueFait
« Oui, je crois que la rentrée politique d'Edouard Philippe, elle se fait sur les thématiques de l'extrême droite. »
- 0:56Invité politiqueChiffre
« 77% des écoles accueillent des enfants le matin qui doivent partir l'après-midi pour accueillir d'autres enfants. »
- 1:30Invité politiqueFait
« Il y a une demande très claire qui est faite par les élus Mahorais, qui est ce qu'on appelle la déterritorialisation du titre de séjour. »
- 2:10Invité politiqueFait
« Edouard Philippe a toujours eu des positions très proches de l'extrême droite sur les questions migratoires. »
- 2:20Invité politiqueFait
« Qu'a fait Edouard Philippe pour Mayotte ? »
- 2:30Invité politiqueFait
« Le droit du sol, c'est constitutionnel à l'identité républicaine de la France. »
- 3:33Invité politiqueFait
« Ce n'est pas la question migratoire, c'est la question du pouvoir d'achat, c'est la question de la santé, c'est la question de l'éducation. »
- 5:12Invité politiqueFait
« D'abord je veux redire ici ma solidarité totale avec mon camarade et ami Bali Bagayoko. »
- 6:09Invité politiqueFait
« Avant d'être député, je travaillais à la SNCF, et le statut des élus dans des groupes assimilés à la fonction publique, ça a toujours existé. »
- 7:11Invité politiqueFait
« Jean-Luc Mélenchon a eu des mots très forts sur la question écologique. »
- 7:21Invité politiqueFait
« En 2012, Jean-Luc Mélenchon parlait déjà de règles vertes. »
- 7:42Invité politiqueFait
« Pour refroidir les centrales nucléaires, vous avez besoin d'avoir des cours d'eau qui sont autour. »
- 8:24Invité politiqueChiffre
« La CGT des sapeurs-pompiers dit qu'il faudrait recruter 16 000 pompiers professionnels. »
- 9:43Invité politiqueFait
« Le fait que cette audience soit renvoyée, c'est une victoire pour Rima Hassan et son équipe. »
- 9:59Invité politiqueChiffre
« Elle a eu 22 procédures judiciaires, 16 qui ont été classées sans suite. »
- 11:01Invité politiqueFait
« Non, Gérald Darmanin a évacué la question parce que ce qu'il devait interpeller toutes celles et ceux qui sont attachés à l'État de droit, c'est qu'au moment de sa garde à vue, Rima Hassan, on pouvait la suivre à la télé en direct. »
- 12:18Invité politiqueFait
« Non, parce que quand Edouard Philippe était Premier ministre de la France, le salaire des enseignants a baissé. »
- 12:35Invité politiquePromesse
« Ça fait des années qu'on propose d'augmenter les enseignants, qu'on propose la revalorisation, notamment de l'indice des fonctionnaires. »
Temps de parole
- Thomas Portes58 %
- Présentateur42 %
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Sud Radio, l'invité politique, Jacques Cardoz. Il est 8h16, comme promis, c'est le grand entretien de 8h15 avec Thomas Porte aujourd'hui. Bonjour Thomas Porte, vous êtes député de la France Insoumise, auteur de l'ABCDR de l'extrême droite paru aux éditions Arcane 17, on en parlera dans un instant. D'abord, question d'actualité, Edouard Philippe en visite à Mayotte, il dit qu'il veut la suspension des demandes d'asile ou du regroupement familial. Sa ligne, est-ce qu'elle signe un vrai virage à droite en vue de 2027, Thomas Porte ?
Oui, je crois que la rentrée politique d'Edouard Philippe, elle se fait sur les thématiques de l'extrême droite. Et quand vous voulez répondre aux préoccupations des Mahoraises et des Mahorais, il y a un certain nombre de sujets, notamment sur la question des services publics, de l'accès à l'eau. Au moment où on se parle, c'est la rentrée scolaire à Mayotte. Le cyclone Chido a détruit un certain nombre d'écoles. Il n'y a pas assez d'écoles pour tous les élèves, par exemple, et on organise des tours d'école. C'est-à-dire que 77% des écoles accueillent des enfants le matin qui doivent partir l'après-midi pour accueillir d'autres enfants. Quelle proposition a fait Edouard Philippe ?
Je dis un mot important parce qu'on parle de la question migratoire à Mayotte, qui est une vraie question, mais il faut apporter des vraies solutions. Il n'est pas d'extrême droite, Edouard Philippe ? Je n'ai pas dit qu'il était d'extrême droite, j'ai dit qu'il fait aujourd'hui la propagande du Rassemblement National et qu'il va chasser sur les terres de l'extrême droite. Et il y a une proposition concrète sur Mayotte qui est demandée par l'ensemble des élus Mahorais et Mahorais.
La suspension des demandes d'asile ou de regroupement familial, on sait que c'est une vraie question parce qu'elle génère plus d'immigration.
Mais vous savez, aujourd'hui, il y a une demande très claire qui est faite par les élus Mahorais, qui est ce qu'on appelle la déterritorialisation du titre de séjour. C'est un peu technique, mais pour que les gens qui nous écoutent comprennent. Quand vous arrivez, par exemple, dans ma circonscription en Seine-Saint-Denis, que vous obtenez un titre de séjour d'un an, vous pouvez après vous déplacer pour aller à Pau chercher du travail, à Toulouse vous faire soigner, vous déplacer sur l'ensemble du territoire national à Mayotte. Quand vous avez un titre de séjour, vous ne pouvez pas quitter le 101ème département de France. C'est absolument inacceptable.
Nous, on demande à ce qu'il y ait une déterritorialisation, c'est-à-dire que l'effort migratoire ne soit pas supporté que par Mayotte, mais par l'ensemble de la solidarité nationale.
Est-ce que ça vous étonne, ce positionnement d'Edouard Philippe, qui reprend une thèse qui a longtemps été défendue et qui l'est encore par le RN ?
Non, ça ne me surprend pas, parce qu'Edouard Philippe a toujours eu des positions très proches de l'extrême droite sur les questions migratoires. Mais quand vous avez été Premier ministre de la France pendant trois ans, qu'avez-vous fait pour Mayotte ? Qu'a fait Edouard Philippe pour Mayotte ? Donc aujourd'hui, il se présente comme candidat à la présidence de la République, alors qu'il n'a rien fait comme Premier ministre. Et c'est vraiment important de dire qu'on ne grandit pas la France en réduisant la taille de la République. Le droit du sol, c'est constitutionnel à l'identité républicaine de la France. C'est ce qui fait que nous sommes une nation républicaine et pas une nation ethnique.
Donc si vous voulez répondre au quotidien des Maoraises et des Maorais, faites des propositions sur l'eau comme nous faisons, sur la question de l'école, des services publics, sur la déterritorialisation du titre de séjour. Donc il y a plein de choses à faire, pas simplement instrumentaliser la crise migratoire à des fins politiques.
Thomas Porte, je le disais, vous êtes auteur de l'ABCDR de l'extrême droite qui sort le 28 août. Sur quels critères tracez-vous la frontière entre extrême droite et droite classique ? Justement, on vient de le voir à travers ce que vient de nous dire et ce que dit Edouard Philippe. Est-ce que cette frontière n'est pas devenue chez certains insoumis un outil pour disqualifier finalement tous les autres, tout adversaire plutôt que pour argumenter ?
Non, puisque je viens de dire qu'Edouard Philippe, je ne le considère pas comme un candidat d'extrême droite. Il reprend des propositions, mais effectivement, vous avez raison de dire, et ce n'est pas nous qui le mettons en lumière, c'est que la porosité entre la droite et l'extrême droite, elle est de plus en plus tendue.
Ce n'est pas moi qui ai choisi... Peut-être que ça correspond aussi à une volonté des Français, peut-être qu'Edouard Philippe dit quelque chose que les Français ont envie d'entendre.
Prenez toutes les enquêtes d'opinion sur la priorité des Françaises et des Français, ce n'est pas la question migratoire, c'est la question du pouvoir d'achat, c'est la question de la santé, c'est la question de l'éducation. Ça, c'est des priorités concrètes. Et les questions migratoires, nous, on est ouvert au débat. Mais là, on a une instrumentalisation de la question migratoire à des fins politiques, et ça, ce n'est pas sérieux. Et c'est indigne, je crois, d'un candidat de la République qui se dit du camp républicain.
Alors, question d'actualité, Thomas Porte, Bali Bagayoko, qui est élu la France insoumise, est visé par une enquête du parquet national financier, et sa réaction sur les réseaux sociaux... Alors, je précise qu'il fait l'objet d'une enquête au sujet d'un emploi occupé à la RATP, parallèlement à son emploi, à ses fonctions d'élu. Une enquête a été ouverte par des plaintes, après des plaintes de l'association AC anti-corruption. Lui-même dit qu'il est très serein face à tout ça, mais j'ai envie de vous faire réagir à sa façon, à lui, de se défendre. Il a dénoncé une campagne de calomnie, et en même temps, il a publié une vidéo qui reprend les propos de Booba. On écoute.
J'ai pas besoin de parler, je suis grand séducteur, le shit c'est du filtre et la coke c'est du beurre. Voilà, je reprends les titres, ce qu'il dit exactement, j'ai pas besoin de parler, je suis grand séducteur, le shit c'est du filtre, la coke c'est du beurre. Ça c'est une vidéo que Bagayoko a publiée sur ses réseaux, en expliquant que les socialistes n'avaient pas digéré la défaite, et que la machine à remonter le temps n'existe pas, accompagnée donc de cette musique. Voilà ce qu'il a dit. Ça a fait beaucoup réagir sur les réseaux sociaux. Est-ce que vous aussi, vous reprenez les termes qu'il utilise, et que Booba utilise ?
D'abord je veux redire ici ma solidarité totale avec mon camarade et ami Bali Bagayoko, vous savez cette campagne de calomnie, il l'a subie. C'est pas une campagne de calomnie, il est accusé. Il l'a subie depuis qu'il a été élu maire, et tout cela vient de l'ancien directeur... Il est accusé des tournements de fonds publics, monsieur Thomas Porte. Tout cela vient de l'ancien directeur de cabinet de Mathieu Anotéen, avec des échanges avec le pseudo-journaliste Frédéric Aziza, qui est en campagne permanente contre la France insoumise.
Ça c'est le dessous des cartes, mais le fait est... Le fait est, c'est que la RATP elle-même a réagi pour... Le fait est, c'est qu'il y a peut-être des emplois qui ont été occupés,
qui n'auraient pas dû être occupés, puisqu'il était élu parallèlement. Je vous invite à lire ce qu'a communiqué la RATP, qui a dit que Bali Bagayoko travaillait à la RATP, un certain nombre d'élus, y compris qui ne sont pas des élus insoumis, qui sont des maires de droite et des anciens députés de droite, ont dit que Bali Bagayoko travaillait, avec qui ils avaient des échanges sérieux. Donc tout ça...
Oui, mais la question est de savoir si c'est légal de pouvoir travailler parallèlement lorsque vous avez des occupations d'élus, et que vous êtes payés également à ce moment-là par la puissance publique.
Avant d'être député, je travaillais à la SNCF, et le statut des élus dans des groupes assimilés à la fonction publique, ça a toujours existé. Bali Bagayoko a travaillé. Moi je redis ce que dit Bali Bagayoko, nous sommes très sereins. L'enquête démontrera qu'il n'y a rien. Et c'est simplement des enquêtes qui visent à salir. Il est quand même accusé de détournement de la République, c'est pas rien. Oui, mais vous savez, mon collègue député Carlos Martin Bilongo a subi la même accusation sur des dénonciations calomnieuses. Et finalement la quête s'est avérée vide, il a été blanchi. Donc on voit la mécanique qui s'opère.
Et oui, le Parti Socialiste n'a pas digéré la défaite à Saint-Denis et utilise tous les moyens pour salir Bali Bagayoko, alors que ces gens ont été balayés dès le premier tour.
La conscription écologique, on en a beaucoup parlé ce week-end, c'est le terme utilisé par Jean-Luc Mélenchon, qui propose une conscription écologique face aux incendies. Alors, on a envie de dire, bon, c'est bien cette conscription écologique. D'abord, il y a le terme qui est utilisé. Est-ce que ce n'est pas contradictoire avec le discours qui a toujours été pacifiste et antimilitariste de LFI ? C'est étonnant de retrouver dans la bouche de Jean-Luc Mélenchon le terme conscription.
D'abord, Jean-Luc Mélenchon a eu des mots très forts sur la question écologique. Et je veux dire à toutes celles et ceux qui nous accusent, nous disent, vous faites une campagne sur l'écologie, vous n'avez jamais parlé d'écologie avant. Je rappelle qu'en 2012, Jean-Luc Mélenchon parlait déjà de règles vertes. En 2021, il fait un meeting consacré intégralement à la question de l'eau et la planification écologique qui est aujourd'hui...
Tout ça est vrai, mais il a aussi eu des propos assez changeants sur le nucléaire, notamment où il a considéré à un moment donné que ça n'était pas une énergie stable, alors que la France reste exportatrice, nette d'électricité.
Aujourd'hui, vous avez une question de rarification en ressources en eau, de diminution des cours d'eau. Et vous savez que pour refroidir les centrales nucléaires, vous avez besoin d'avoir des cours d'eau qui sont autour. Et ça fait depuis plusieurs étés de manière consécutive que des centrales nucléaires sont à l'arrêt parce qu'il n'y a pas assez d'eau. Donc c'est un danger qui pèse sur des bassins entiers de population. Mais Jean-Luc Mélenchon n'est pas quelqu'un qui fait un parallèle avec la question militaire. Ce que nous disons, c'est que nous avons besoin de former une génération à l'écologie pratique.
Pour les gens qui nous écoutent, on sort quand même d'un été qui nous a tous marqués. Mais 115 000 hectares qui sont partis en fumée. Ça pose la question de quelle politique écologique et comment on fait...
Sur le fond, oui, mais sur la pratique, en fait, il fait appel à une conscription écologique, j'ai envie de dire, qui existe déjà, puisque les pompiers volontaires existent déjà.
Mais on a besoin de renforcer. On n'a pas assez d'effectifs. Et d'ailleurs, y compris des pompiers professionnels, la CGT des sapeurs-pompiers dit qu'il faudrait recruter 16 000 pompiers professionnels.
Vous voyez bien que ce n'est pas le sujet. Il s'agirait d'avoir des pompiers professionnels et pas des amateurs.
Il y a deux aspects. Vous avez besoin de plus de pompiers professionnels et de former une génération entière à l'écologie pratique parce que vous savez que des crises...
Ce n'est pas contradictoire avec ce que vient de proposer Jean-Luc Mélenchon.
Non, c'est absolument complémentaire d'un comté des pompiers professionnels. Vous n'allez pas avoir toute la population française qui va être des pompiers professionnels.
Les professionnels, en tous les cas, réclament plus de professionnels. Exactement.
Oui, mais ça ne va pas couvrir 60 millions d'habitants. Donc il faut à la fois une génération formée à l'écologie pratique et des pompiers professionnels. Parce que vous savez, des événements comme on a connu encore hier avec une tornade, il va y en avoir de plus en plus. Donc il faut avoir une solidarité populaire qui s'organise. Et je veux quand même profiter de ce moment pour dire merci à tous les pompiers, les bénévoles, les militaires, les policiers qui ont été déployés au cœur de l'été, qui est parfois au péril de leur vie, ont été en première ligne pour combattre ces incendies. Et nous l'en devons un grand merci.
Thomas Porte, député de la France Insoumise, j'aimerais vous faire réagir à Rima Hassan, élu LFI, renvoyé en correctionnel pour apologie du terrorisme. Ce sera en octobre. Est-ce compatible avec votre statut du président de l'Observatoire de l'extrême droite, c'est aussi un des titres que vous avez, qui est censé pourfendre les discours qui banalisent la violence d'une certaine façon ?
D'abord, le fait que cette audience soit renvoyée, c'est une victoire pour Rima Hassan et son équipe. Elle n'est pas jugée encore. Puisqu'il y avait un certain nombre de parties civiles qui ont présenté leurs éléments au dernier moment et avec des irrégularités. Elle est renvoyée pour apologie du terrorisme. Mais vous savez, Rima Hassan, elle est poursuivie depuis qu'elle est élue. Elle a eu 22 procédures judiciaires, 16 qui ont été classées sans suite. Ça, c'est la réalité du dossier de Rima Hassan.
Sur le fond, sur cette contradiction et sur cette apologie du terrorisme.
Mais Rima Hassan ne fait pas l'apologie du terrorisme et le procès le démontrera. Rima Hassan, elle est poursuivie pour une chose. Pour son engagement au service du peuple palestinien contre le génocide à Gaza. Et oui, elle combat un gouvernement d'extrême droite. Celui de Netanyahou, qui est un gouvernement suprémaciste, qui aujourd'hui mène une opération de nettoyage ethnique en Cisjordanie, dénoncée par un certain nombre de gouvernements européens.
Vous n'êtes pas obligé de le faire en utilisant des termes qui sont peut-être, qui enfreignent la loi. C'est le sens de ces tweets qui ont été retirés.
Au moment où nous nous parlons, Rima Hassan n'a jamais été condamnée par la justice française. Non, mais elle a retiré ses tweets en l'occurrence. Rima Hassan n'a jamais été condamnée par la justice française. Et moi, je lui redis, ici, ma solidarité est la plus totale et nous serons toujours aux côtés de celles et ceux qui sont aujourd'hui attaqués parce qu'ils défendent le peuple palestinien.
Oui, mais à ce sujet, vous-même, vous avez été rappelé à l'ordre par Gérald Darmanin, après une vague de messages jugés antisémites, contexte de l'affaire Rima Hassan.
Ça, c'est absolument faux. L'épisode dont vous faites état, je posais une question au gouvernement pour savoir comment se fait-il...
Vous n'avez pas été rappelé à l'ordre à ce moment-là par Gérald Darmanin ?
Non, Gérald Darmanin a évacué la question parce que ce qu'il devait interpeller toutes celles et ceux qui sont attachés à l'État de droit, c'est qu'au moment de sa garde à vue, Rima Hassan, on pouvait la suivre à la télé en direct, via des live tweets, puisqu'il y avait des informations qui fuitaient alors qu'il y a normalement un secret de l'instruction. Et ces fuites, elles ont été organisées au plus haut niveau de l'État par le porte-parole du ministère de la Justice. C'est ça que j'ai dénoncé. Et d'ailleurs, dans ma question, Gérald Darmanin a dit qu'il y aurait des enquêtes administratives. Où sont aujourd'hui les enquêtes administratives ? Qui a organisé les fuites ?
Est-ce que des sanctions ont été prises ? Est-ce qu'il est normal que quand il y a une députée qui est en garde à vue, sa garde à vue soit retranscrite en direct à la télé ? Ça, c'est inadmissible.
C'est ça que j'ai dénoncé. Sur le fond, vous dites que vous combattez l'extrême droite et une forme de violence. Et vous-même, de l'autre côté, vous êtes ambigu sur ces questions-là. Et vous prenez partie d'une certaine façon...
Sur quel sujet nous sommes ambigus ?
Sur la question... Lorsque vous défendez...
Un peuple victime de génocide, oui, tout à fait.
Oui, mais en utilisant aussi, en frôlant parfois avec les règles. Et vous le savez très bien. J'aimerais qu'on termine cette interview par cette proposition d'Edouard Philippe qui, ce matin, à la une du Figaro, promet d'augmenter le salaire des enseignants de 20%. Il est bien plus social que la France insoumise, Edouard Philippe ?
Non, parce que quand Edouard Philippe était Premier ministre de la France, le salaire des enseignants a baissé. Donc le temps de campagne et le temps des grandes promesses est arrivé. Mais si vous voulez un service public de l'éducation de qualité avec des salaires augmentés, il n'y aura qu'un bulletin de vote à mettre dans l'isoloir. C'est celui de Jean-Luc Mélenchon.
Parce que vous aussi, vous promettez une augmentation de 20% pour les enseignants ?
Ça fait des années qu'on propose d'augmenter les enseignants, qu'on propose la revalorisation, notamment de l'indice des fonctionnaires, qu'on demande plus d'enseignants devant des classes, des AESH, des CPE, des moyens pour un service public de l'éducation nationale. Donc Edouard Philippe peut promettre ce qu'il veut. Il a un bilan, celui du Premier ministre de la France. Et ce bilan, il est pitoyable. Donc si vous voulez des enseignants augmentés devant chaque classe dans les prochaines entrées scolaires, il faudra voter Jean-Luc Mélenchon dès le premier tour.
Merci Thomas Porte, député La France Insoumise. Et je rappelle que vous êtes auteur de l'ABCDR de l'extrême droite et que ça paraît aux éditions Arcane 17 le 28 août. Belle journée à vous. Merci à vous. Il est 8h29. Dans un instant, bien sûr, la météo et le journal est juste après. Le hashtag, les réseaux sociaux d'Albin Texera. A tout de suite.
Thomas Portes