2027, candidature commune à gauche, prix du carburant...Yannick Jadot est notre invité
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Bonsoir Yannick Jadot, sénateur écologiste de Paris. Bonsoir Nathalie Saint-Cricq, éditorialiste politique à France Télé. On est ensemble jusqu'à 20h, on a beaucoup de questions politiques à vous poser évidemment Yannick Jadot. Mais d'abord, c'est l'heure de notre séquence Vrai ou Faux du soir, comme tous les soirs à 7h. Bonsoir Aubry Perrault, vous êtes membre de la cellule Vrai ou Faux. En plein festival de Cannes, une polémique a éclaté au berit. Des professionnels du cinéma s'inquiètent de la mainmise du milliardaire Vincent Bolloré, propriétaire de Canal Plus sur le cinéma.
Et le président du CNC, le Centre National du Cinéma, qui était invité ce matin chez nos confrères de France Inter pour évoquer ce sujet, a défendu le bilan du cinéma français. Ce matin, on écoute Gaëtan Bruel, donc le président du CNC.
Non seulement les Français aiment le cinéma, mais ils plébiscitent le cinéma français. Avec une part de marché 40% qui est unique en Europe, mais c'est presque unique en Europe. La France, elle a des champions mondiaux du cinéma.
Alors, la France, champion mondial du cinéma, c'est vrai ou c'est faux ?
C'est plutôt vrai, ce n'est pas un hasard. Si la France accueille le festival qui est considéré comme le plus grand festival de cinéma au monde, les Français sont cinéphiles assurément à l'échelle mondiale et européenne. Nous sommes parmi ceux qui allons le plus au cinéma. Vous le voyez en Europe, nous sommes devant le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie. Bref, nous sommes devant tout le monde. Selon les spécialistes que l'on a contactés, le 7e art en France bénéficie de deux grands avantages. D'abord, un maillage territorial, des salles de cinéma un peu partout en France. Et puis, une grande variété de films, beaucoup de genres, qui sont proposés aux Français.
En revanche, là où le président du CNC est peut-être un peu trop optimiste, c'est qu'il y a clairement eu un avant-après-Covid. Nous allons moins au cinéma qu'avant. Si on prend la période 2016-2025, regardez cette courbe, elle est plutôt triste à voir. On constate bien une baisse continue. Évidemment, elle est exceptionnelle lors du Covid et lors du confinement, mais les cinémas n'ont pas retrouvé leur niveau d'avant-crise. La tendance en disant qu'elle est là, les salles françaises ont enregistré 57 millions d'entrées en moins en 2025 qu'en 2016.
Ce que dit aussi le président du CNC, c'est que lorsque les Français vont au cinéma, ils vont surtout voir des films français et ça, ça serait assez exceptionnel.
Est-ce que c'est vrai ? Oui, ce sont les chiffres du CNC en 2025 et en 2026. Les films français représentent 46% des parts de marché du cinéma. On peut donc dire qu'un film sur deux qui est vu au cinéma est français. Et si on regarde ce même chiffre chez nos voisins européens, nous sommes dans le haut du tableau. En 2024, seuls les Britanniques nous devancent. Et vous le voyez, beaucoup de pays ne vont même pas voir leurs films locaux au cinéma. Ils vont plutôt voir des grosses productions américaines. Sauf que ça n'a pas toujours été le cas en France. Dans les années 80-90, il y a eu un désamour pour les films français. Et les spécialistes nous disent qu'il y a un regain.
Ces dernières années, les Français veulent voir des films français. Cette tendance, elle se confirme. Donc ça, c'est une bonne nouvelle. C'est confirmé, les films français cartonnent. Oui, certains cartonnent, certains moins en réalité. On a beaucoup parlé d'une année exceptionnelle en 2024. Pourquoi ? Parce qu'il y a deux films qui ont cartonné, Le Conte de Monte Cristo. Et puis, un petit truc en plus, ces deux films, ils ont fait plus de 10 millions d'entrées. Donc ça, ça porte évidemment les cinémas français. Mais si on prend les chiffres, en réalité, à chaque fois, c'est une poignée de films français qui marchent très bien. On a fait le calcul pour l'année dernière.
Le CNC, il a validé 290 longs métrages. Mais sur ces 290 films, une trentaine seulement dépasse les 500 000 entrées. Bon, 500 000 entrées, c'est beaucoup. Mais en tout cas, ça montre qu'une petite proportion de films porte le cinéma en termes d'entrées. Alors, on peut se dire que le CNC soutient des films qui n'attirent pas beaucoup de monde. Certains ont cet argument-là. Mais ce n'est pas si simple que ça, en réalité. D'abord, c'est difficile à prévoir à chaque fois ce qui va marcher.
Et puis, les spécialistes à qui on a parlé nous ont dit qu'au-delà du rayonnement culturel de la France, cette offre qui est très variée, en fait, elle permet de dynamiser le cinéma français, de faire revenir et de faire revenir les Français parce qu'ils ont du choix.
Merci beaucoup, Aubrey Perrault. On rappelle le rendez-vous tous les samedis avec toute l'équipe, l'émission ? Oui, à midi. À midi et la redif le dimanche soir à 20h. Merci beaucoup, Aubrey. Yannick Jadot, on a vu cette polémique à Cannes avec les propos du patron de Canal+, Maxime Saada, qui a déclaré qu'il ne souhaitait plus travailler avec les 600 signataires d'une tribune anti-Bolloré. Ça a jeté un froid sur le festival de Cannes, alimentant une crainte d'une liste noire de professionnels, acteurs, réalisateurs, techniciens qui se retrouveraient désormais blacklistés, exclus de certains tournages. Quel regard est-ce que vous portez sur cette affaire ?
Un, que des artistes s'inquiètent de la place que prend Bolloré sur l'ensemble du monde de la culture, des médias, de l'édition, ça me paraît être extrêmement simple parce que c'est un danger pour la démocratie. Les pétitionnaires ont moins ciblé Canal+, que l'Empire Bolloré. Et ce qu'ils ne veulent pas, c'est évidemment qu'arrive dans le système Canal+, qui est quand même un financeur très important du cinéma français, et le succès du cinéma français, c'est aussi une politique publique du cinéma et de son financement. Ce qu'ils ne veulent pas, c'est que Canal+, de fait, obéisse à l'agenda d'extrême droite de Bolloré.
Mais ce n'est pas le cas aujourd'hui, le président du CNC l'a redit ce matin, voilà, Canal+, soutient toujours tous les cinéastes.
C'est pour ça que je dis, les pétitionnaires n'ont pas ciblé leur pétition sur le fonctionnement de Canal+, mais sur les risques de l'Empire Bolloré. Et donc, il faut que tout le monde garde son calme dans cette affaire.
Est-ce que c'est garder son calme, pour me faire l'avocat du diable, que de traiter de crypto-fasciste ? Ce n'est pas un peu fort, surtout dans les périodes actuelles, où en gros, ça ne serait pas mal d'utiliser les bons mots pour les bonnes choses ?
Écoutez, chacun gardera les mots qu'il a envie de donner. Mais reconnaissons que l'agenda de M. Bolloré, à travers ses médias, on a vu ce qu'il a fait du JDD, on a vu ce qu'il a fait de CNews, c'est un agenda d'extrême droite. C'est un agenda clairement d'extrême droite. Et donc, on voit comment il prend la main aussi sur l'édition. On voit comment le rachat du GC, qui est un des éléments de la discussion, lui donnerait la mainmise à la fois sur le financement du cinéma français à travers Canal+, et sur la diffusion des films.
Il est sain dans notre démocratie, et la culture a ce rôle, en permanence d'être à l'avant-garde des revendications démocratiques, de la défense de sa diversité et de sa liberté d'expression.
Comment vous faites pour prévenir ce risque, si demain vous arrivez au pouvoir, dis-vous, et la gauche en général ?
Il y a un enjeu très clair d'encadrement de la concentration des médias. Aujourd'hui, on voit qu'il est assez facile quand même, entre les médias numériques, les journaux, la télévision, la radio, de construire un empire qui va au-delà de ce qui est sain en matière de...
Comme à la fille, vous voulez démanteler le groupe ?
En tout cas, aujourd'hui, il faut réduire l'emprise de cet empire-là, mais de n'importe quel milliardaire, de fait, sur la liberté d'expression. Et puis, il faut que l'ARCOM fasse son boulot. On a quand même une chaîne de télévision CNews qui, matin, midi et soir, se fait attraper dans des propos racistes qui sont des délits. Et cette chaîne continue à avoir écran ouvert, j'allais dire, alors qu'ils sont pénalement répréhensibles. Donc aujourd'hui, il faut à la fois agir sur la concentration des médias. Ça concerne Bolloré, bien sûr, parce qu'y compris avec son agenda d'extrême droite, mais ça peut concerner n'importe quel milliardaire.
Et puis, encore une fois, il faut que l'ARCOM fasse son travail sur le contrôle d'une chaîne de télévision particulière où, quasiment tous les jours, on a des propos qui sont racistes. Et le racisme est un délit dans notre pays, heureusement.
En parlant un peu politique, si vous étiez médecin, et que vous devriez trouver un qualificatif pour parler de l'état de la gauche, vous diriez quoi ?
Je dirais qu'il y a une forme de déprime qui s'est installée et que tout le monde a bien compris qu'il fallait un traitement de choc. Mais personne n'est d'accord sur la dosométrie du médicament. Pour ma part, si vous voulez, je considère que... Moi, je ne me résigne pas, évidemment, à ce que l'extrême droite préside ce pays et le gouverne par la suite. Je ne me résigne pas non plus à ce que, finalement, au premier tour, on doive aller voter Édouard Philippe parce que ce serait le seul candidat qui pourrait battre l'extrême droite au second tour.
Mais vous reconnaissez que c'est une option ?
Non, ce que je reconnais, c'est qu'aujourd'hui, c'est une option. Dans l'état actuel ? Mais je ne m'y résigne pas. C'est-à-dire qu'en fait, la différence par rapport à 2017 et 2022, pour l'élection qui vient, c'est qu'en 2017 et en 2022, il fallait être qualifié pour le second tour. Quand on était qualifié pour le second tour face à l'extrême droite, on gagnait. Mais là, celle ou celui qui sera qualifié au second tour sera un outsider par rapport à l'extrême droite. Et moi, je veux que cette qualification se construise sur une candidature d'une gauche écologiste, républicaine, démocrate et européenne. Et il y a l'espace. Aujourd'hui, on a un an de l'élection.
Ça pour avoir l'espace et l'espace, il y a des gens. Pour cette candidature commune qu'on appelle de nos voeux, j'ai qualifié la gauche que je veux porter avec d'autres. Donc, c'est à côté de la candidature de Mélenchon. Tout le monde l'aura compris. Mais cette candidature-là, on n'a jamais fait une candidature commune sur un spectre aussi large. Ça, c'est la réalité. On a fait des primaires dans les partis politiques, mais sur un spectre aussi large, on ne l'a jamais fait. Donc, c'est un peu difficile, c'est tendu, et ça crée de la confusion aujourd'hui. Reprenons pour que les gens comprennent. Donc, qu'est-ce qu'il nous faut pour qu'on ait une candidature commune ?
Il faut que, si on veut que tout le monde accède cette candidature commune, il y a pour moi trois conditions. Un, on se met d'accord sur le projet, le programme. Mais comment ?
On fait des réunions ? Bien sûr. Et qui va à ces réunions, par exemple ? Ah ben, il y a... Expliquez-moi dans les chefs, parce que les gens demandent, mais Jadot, il y avait qui ? Non, mais qui va à la réunion ? Avec Olivier Faure, avec Boris Vallaud. Là, je vois l'initant.
Mais on a aujourd'hui, Mme Saint-Cricq, on a aujourd'hui, entre les partisans et les partisanes de la primaire, qui ne sont plus vraiment convaincus de leur idée, mais faute d'alternative, ils hésitent. Mais il nous faut le Parti Socialiste, il nous faut les écologistes, il nous faut aussi la société civile engagée, il faut que le peuple de gauche et de l'écologie se mobilisent, les intellectuels.
Classe publique, peut-être ?
Classe publique, bien sûr. Les gens de chez Ruffin, les gens d'ailleurs. Donc, tout cet espace-là...
Les gens d'ailleurs, pardon, parce que c'est important. Vous dites les gens de chez Ruffin, donc c'est...
Non, mais Parti Feministe, je n'ai pas cité tous les partis politiques...
Donc, tout le monde, sauf LFI ?
Oui. Voilà. La gauche, je l'ai dit, écologiste, républicaine, démocrate et européenne. Bon. On travaille sur un projet. Parce que, vous voyez bien que le problème avec une primaire, c'est qu'en fait, chaque candidat porte une ligne politique. Et ce qu'on a vu toutes ces dernières années, c'est que quand la personne a gagné, les autres se disent, ah ben, ce n'est pas ma ligne politique, donc je ne soutiens pas. Donc, les perdants ne soutiennent pas la gagnante ou le gagnant. Bon. Vous voyez bien ce qui s'est passé avec les propos de Ruffin sur l'immigration.
Ils font tribune commune pour défendre la primaire, mais quand ils sont sur vos plateaux, parce que Ruffin a parlé d'immigration avec une mauvaise proposition, mais d'un seul coup, il était devenu d'extrême droite. Je veux dire, Ruffin peut avoir une mauvaise proposition sur l'immigration. Comment faire quoi l'immité ? C'est idiot. Donc, première condition, avoir une plateforme commune. Alors, la plateforme ? On est d'accord sur le fond. Deuxième condition, pour qu'il monte sur vous. Je vais vous expliquer, après vous poserez vos questions.
Il va y avoir des bouquins de tout le monde, vous allez vous mettre...
Mais non, on se met d'accord. Qu'est-ce qu'on fait ? Vous voyez, on est face à un bachat pétrolier.
Marine Tourdelier va venir discuter avec Raphaël Glucksmart.
Bien sûr. On est par rapport à un choc pétrolier. Bon, on a une opportunité extraordinaire de travailler sur le pouvoir d'achat des Françaises et des Français en sortant des énergies fossiles, en leur faisant accéder à une mobilité qui ne dépend pas des carburants importés, notamment la voiture électrique, les transports collectifs, en rénovant leur logement, en créant et en réindustrialisant autour de tous ces sujets de la décarbonation, tout ça. On peut remettre des... Bon, vous voyez, tous ces sujets-là, on peut se mettre d'accord.
Bon, après... Sur l'immigration, vous venez de citer ça avec François Ruffin. Sur l'immigration, on peut mettre d'accord tout...
Bien sûr qu'il faut se mettre d'accord.
Non, mais je ne dis pas... On n'a pas...
Mais c'est la condition d'une candidature commune. Pour que tout le monde se sente rassuré par rapport à la candidature qui sera à un moment choisie, il faut qu'on ait une plateforme commune. Il faut qu'on ait un accord législatif. C'est normal. Je veux dire, notre pays, il ne peut pas fonctionner qu'avec un président. On le voit bien. Il faut un accord législatif qui rassure tout le monde. Il faut une équipe qui va porter ce projet. Une équipe qui, sans faire de la nostalgie un peu régressive, mais on a tous en mémoire le gouvernement Jospin.
C'est la gauche plurielle.
Plurielle. Non, mais c'est intéressant parce que qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'en fait, pour l'intérêt du pays, pour l'intérêt de la France et des Français, des gens de sensibilité politique différente, qui pouvaient parfois se détester complètement, ont servi l'intérêt du pays. Mais une fois qu'on a ça, un programme, une équipe, un accord législatif, on peut désigner la candidature. Moi, ce que je propose, par exemple, c'est qu'il y a un conclave ou un comité des singes. Vous mettez évidemment les responsables des partis politiques. Vous mettez des personnalités de la société civile.
Et puis, à un moment donné, ils ont la responsabilité face au danger d'arrivée de l'extrême droite et d'absence d'une gauche de responsabilité. Eh bien, ils trouveront la bonne coordination.
Vous vous rendez comment dans votre conclave ? Parce que si vous mettez le congrès du PS, il a été gagné à 51% par Olivier Faure. Or, pour l'instant, on a l'impression qu'Olivier Faure est sur une ligne qui n'est pas celle de Boris Vallaud, qui n'est pas celle de Bernard Cazeneuve, qui n'est pas celle de François Hollande, qui est plutôt avec vous et Raphaël Gluckspann, même si vous n'êtes pas entièrement d'accord. C'est quoi ? En fonction de comment vous fabriquez votre conclave, on peut vous donner le résultat à l'avance.
Mais parce que si on a la capacité à se mettre d'accord sur un projet, à faire une équipe, à avoir un accord législatif, sous la pression à la fois des électrices et des électeurs de gauche qu'ils ne veulent pas être orphelins d'une candidature de responsabilité.
On votera pour celui qui a le plus de chance.
Et de leadership, et de capacité à animer cette équipe et à porter ce projet, mais aussi d'une rencontre avec les Françaises et les Françaises.
Comment on fera pour le voir à l'œuvre ? Mettons, on est au mois de mai, fin mai, il va y avoir juin, juillet. Ça veut dire qu'en gros, on ne saura pas qui est candidat avant novembre ?
Non. Pourtant qu'on le voit à la télé, on le connaisse. Un certain nombre de responsables disent finalement, novembre, décembre, ça pourrait aller. Non, ça n'ira pas. Pourquoi ça n'ira pas ? Parce que tous les autres seront en campagne. Mélenchon sera en campagne, Édouard Philippe sera en campagne, Attas sera en campagne, Bardella ou Le Pen seront en campagne. Et donc on ne peut pas ne pas être en campagne. Deuxièmement, si on n'est pas en campagne et si on n'a pas un accord, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'en fait, on va continuer la petite guéguerre encore tout l'automne. On ne peut pas simplement créer du ressentiment. C'est quoi le calendrier ?
À la fin de l'été, il faut qu'on ait une candidature. À la fin de l'été, il faut qu'on ait une candidature. Ah oui, c'est chaud, mais c'est notre responsabilité. On n'a pas le choix en vrai. Mais à partir du moment où on est tous d'accord dans ce spectre politique-là, dans cet arc politique-là, pour une candidature commune,
il n'y a pas de raison qu'on n'y arrive pas. Vous pensez que vous allez réussir à convaincre Glucksmann, Hollande, Cazeneuve, Tondelier, etc. de tous se mettre autour d'une table pour se dire, on va choisir le meilleur d'entre nous ?
Oui, eh ben oui. Eh ben oui, c'est comme ça.
Et vous avez des éléments concrets aujourd'hui qui vous permettent de le penser ?
Mais un, tout le monde le dit. Donc à un moment donné, chacun sera devant sa responsabilité.
Mais tout le monde regarde les autres. Tout le monde considère qu'il faut attendre gentiment les sondages et qu'en gros, ça sera le juge de paix. Ce qui n'est pas hyper démocratique, sur le fond.
Ce qui n'est pas... Mais si vous voulez, il n'y a pas de... Un, moi j'entends les uns et les autres dire, c'est absolument pas démocratique. Enfin pardon, quand on a fait le NFP, on n'a pas fait voter les Français.
C'est simplement si vous avez quelqu'un qui a la chance d'avoir accès aux médias. Mais il nous faudra quelqu'un. Ah si, le NFP, il y a eu des législatives.
Vous avez raison. À un moment donné, à partir de la fin de l'été, il faudra une personnalité qui soit en capacité, au premier tour, parce que c'est comme ça que ça va se passer, de prendre le vote utile à gauche. Moi, en 2022, j'ai bien vu, au cours de la campagne, à un moment donné, les électrices et les électeurs se disent « je vote pour celui qui monte et je quitte celui qui descend ». Donc Mélenchon avait pris l'ascenseur, j'avais pris le toboggan et je n'étais pas celui qui a pris le toboggan le plus rapide. Non, il y en a eu d'autres.
Et avant, vous aviez joué le jeu, la présidentielle d'avant, vous aviez joué le jeu, vous vous étiez retiré au profil de Benoît Hamon, donc vous aviez aussi, cette fois-ci, vous adoublier d'une certaine manière le mécanisme de la primaire, en considérant que c'est quelque chose de juste.
Oui, mais là, on voit bien, mais j'apprends aussi de l'histoire. Les primaires, vous voyez bien, quand vous parliez de Benoît Hamon, regardez la déflagration qu'a eue cette primaire au Parti Socialiste. Moi, j'ai aussi un peu subi la perdante de la primaire écologiste. Donc, et là, et en plus, là, pour le coup, on était au sein de formations politiques. Là, on va être sur plus large. Donc, sortons de cette idée, et je trouve un peu aberrant l'argument qui est mis dans les médias, qui est de dire, au fond, c'est la primaire ou la mort. Non, ce n'est pas la primaire ou la mort. La primaire, c'est un outil. Ce n'est pas un fétiche, ce n'est pas un totem.
C'est un outil, et on voit bien qu'aujourd'hui, il ne peut pas être l'outil efficace pour la candidature commune. Donc, donnons-nous les garanties que cette candidature commune que nous choisirons sera respectée et créera la mobilisation, justement parce qu'on a le projet, on a l'accord législatif, on a l'équipe.
Est-ce qu'il faut défendre coûte que coûte une candidature sociale libérale, s'il s'avère que dans six mois, le plus à même, d'après les sondages, de battre Marine Le Pen ou Jordan Bardella, c'est Édouard Philippe ?
Oui, parce que, si vous voulez, je considère que moi, je suis écologiste, et que depuis que les libéraux gouvernent ce pays, l'extrême droite n'a pas cessé de monter dans les scrutins. Donc, si vous voulez, la politique... Mais vous réfléchissez à ça ?
Vous vous dites, si jamais on se retrouve à un moment donné, accusé d'avoir favorisé un second tour Le Pen-Bardella face à Mélenchon ?
Mais non, ça ne sera pas ça. Moi, si vous voulez, je ne vais pas commencer à démarrer à un an de la présidentielle en ayant perdu. En ayant perdu sur mes idées, en ayant perdu pour le pays. Je veux dire, on doit sortir des énergies fossiles. Regardez l'explosion des inégalités. S'il y a un vote d'extrême droite, c'est aussi parce qu'on a abandonné les usines sur nos territoires. On a abandonné une partie des agriculteurs. On a créé des déserts médicaux, des services publics qui disparaissent. Vous avez un sentiment de relégation de la part des Françaises et des Français qui est profond, qui est à titre individuel et à titre collectif. Ils se sentent totalement déstabilisés par les guerres.
Je ne vais pas mettre au pouvoir si j'ai voté Macron au deuxième tour face à Le Pen deux fois. Mais reconnaissons que Le Pen n'a pas cessé de monter. Donc, si vous voulez, moi, je préfère Macron à Le Pen, mais je ne me résous pas à ce qu'à la fin, que ce soit Le Pen qui gagne parce qu'on aura fait des politiques qui désespèrent le pays.
Vous posez la même question que Sonia différemment. si ce n'était pas l'aile centre-droite, c'est-à-dire Adolphe Philippe, mais une aile centre-gauche à la Attal, qui fasse un certain nombre de choses. C'est centre-gauche, Attal ? Il se présente comme tel. Ah bon ? Non, il se présente au centre-gauche de la droite.
Il se dit libéral, sur le plan économique et progressiste sur le plan sociétal.
Mais pas sur le plan social. Non, mais moi, on ne va pas jouer les affiches du premier ou du second tour. On ne vous a même pas demandé si vous préfériez Raphaël Glucksmann à François Hollande. On ne vous l'a pas demandé. Mais vous pouvez répondre.
Non, parce que ça n'a pas de sens aujourd'hui. Moi, ce que je veux, c'est qu'encore une fois, pourquoi je me suis investi... Il y a bien quelqu'un avec qui vous travaillez.
Vous, vous êtes plutôt Glucksmann. Vous pouvez le dire.
Pourquoi je m'investis dans cette présidentielle ?
Mais il faut le dire, Yannick Zadot.
Pourquoi je m'investis dans cette présidentielle ? Sans être, a priori, candidat. Je m'investis dans cette présidentielle parce que je veux que mon pays soit réparé. Et pour qu'il soit réparé, il faut qu'on s'occupe des Françaises et des Français. Donc, quand je dis que je veux remettre des usines sur tous les territoires, c'est un sujet que nous partageons effectivement avec les écologistes, les socialistes et beaucoup d'autres, et les communistes. Les services publics, c'est la protection. La disparition des services publics crée du ressentiment, tout ça. Mais l'usine, c'est la fierté. Sur nos territoires, l'usine, c'est la fierté.
Et la chance que nous avons, l'opportunité historique, c'est que c'est la transition écologique qui permet de réindustrialiser notre pays. Ça, c'est un bon projet. Et ce n'est pas le projet d'Edouard Philippe, ce n'est pas le projet de Gabriel Attas. – Non, ce n'est pas très bien ce qu'ils vont proposer.
Pour reprendre la phrase de Gérald Darmanin, il n'y a pas d'idées et beaucoup de candidats.
– Oui, mais c'est comme ça, Madame Saint-Cric, si vous voulez, aujourd'hui, vous êtes candidat, vous faites le JT de TF1, vous faites une matinale, une grande matinale, le matin, probablement, sur France Inter. Donc, en fait, pardonnez-moi, mais vous êtes toutes et tous à dire « il y a trop de candidats, ça devient ridicule ». Mais quand vous êtes candidat, enfin, vous avez votre moment warolien. Eh bien, écoutez, moi, ce que je propose, c'est qu'on travaille sur le projet. – D'accord. – C'est ce que nous faisons, effectivement, avec Laurence Rossignol, Aurore Laluc, Laurence Tubiana, Boris Vallaud, Raphaël Glucksmann, Nicolas Meillard. – Bernard Cazeneuve, il est dedans.
– Bref, avec tous ces gens-là, notre idée, ce n'est pas que la gauche continue de se parler à elle-même et de s'invectiver, c'est que nous parlions aux Françaises et aux Français en étant sur le terrain.
– Alors, juste une précision. On a vu ce qui s'est passé en termes de programme au moment de la NUPS, au moment du Nouveau Front Populaire. En gros, il y a eu, si on était intellectuel, on dirait qu'il y a des impensés ou des non-écrises. En gros, on s'est mis d'accord sur cinq ou six trucs et tout ce qui était problématique, on ne l'a pas dit, genre le nucléaire, genre l'OTAN, genre tout ça. Là, vous considérez que le degré de finitude et le degré de profondeur du programme ou de votre plateforme doit aller jusqu'à tous ces cinq ou six idées sur lesquelles on est d'accord, des grandes orientations, ou qu'on doit aller sur l'immigration dans les détails, sur la sécurité dans les détails.
– Bien sûr. – Et bien sûr, oui, ça doit aller très profondément. – Madame Saint-Clic, je suis convaincu que vous avez lu mon livre. – Bien sûr. – Et j'ai dit à quel point nous ne devons pas, par exemple, laisser la question de l'identité à l'extrême droite. Parce qu'en fait, beaucoup de Françaises et de Français… – Et vous l'avez toujours dit ça ? – Bien sûr. Beaucoup de Françaises et de Français, aujourd'hui, se sentent paumés. Perte de repères, perte de sens, instabilité du monde, insécurité sociale, collective, globale, locale, tout est là. Et beaucoup s'interrogent sur c'est quoi notre pays ? Est-ce qu'il va se dissoudre dans l'obscénité de la mondialisation ?
Est-ce qu'il va être percuté ? C'est quoi être Français ? Et bien moi, je ne veux pas qu'on laisse juste l'extrême droite répondre à nos concitoyennes, à nos concitoyens, sur leurs angoisses. Et y compris, en plus, le pire, c'est que quand on parle d'identité, il va déborder là. Il vient braconner sur notre patrimoine politique. Il parle de De Gaulle, alors qu'ils sont pétains. Non, mais il parle de bloc. Il parle de… Donc moi, je ne veux pas laisser à l'extrême droite les réponses aux angoisses de nos compatriotes.
Yannick Jadot, vous êtes écologiste et de gauche. C'est parfois contradictoire. En tout cas, ça suscite parfois des contradictions internes, notamment en pleine crise pétrolière, quand les Français payent plus cher et tirent la langue pour remplir leurs réservoirs. Sébastien Lecornu doit faire des annonces jeudi. Comment on fait pour aider les Français à passer ce cap ? Vous allez me dire qu'il faut taxer les super-profits, mais vous savez bien dans le fond qu'il ne suffira pas d'une taxe aléatoire sur Total pour régler le problème de pouvoir d'achat des Français. Parce qu'aujourd'hui, c'est les automobilistes et les Français qui payent les dividendes
et l'exploitation pétrolière de Total. Ça ne sera pas.
Mais vous savez bien que ce n'est pas…
Ça ne va pas suffire.
Alors comment on fait ?
Un, il faut aider les Français dans l'urgence. Vous savez qu'il y a un chèque énergie dans notre pays. Ce chèque énergie, c'est en moyenne 150 euros. Ça va de 44 à 277 euros selon les revenus. Mais c'est vraiment pour les 6 millions de Français qui sont en grande difficulté. Ce chèque énergie, il n'a pas bougé depuis 2019. Le gaz a augmenté de 70 %, le carburant de 50 %. Donc moi, ce que j'ai proposé, il compre le Premier ministre, c'est de tripler ce chèque énergie pour cibler sur les 6 millions de Français les plus en difficulté. Il faut les aider. Et puis, c'est évidemment promouvoir de manière énorme la voiture électrique. Il faut enfin qu'on sorte du gasoil et de l'essence.
Finalement, si vous êtes sur la ligne du gouvernement, les aides-cibles.
Oui, mais enfin, quand ils font le leasing social, ils en font 50 000. C'est 1 % des Français qui sont en grande difficulté de mobilité. Donc, il faut mettre le paquet. Et vous voyez, quand je fais le lien avec l'industrie, reconstruisons des usines pour faire des voitures électriques abordables. Parce qu'il ne vous a pas échappé que les constructeurs français ont choisi de faire des voitures électriques de luxe. Enfin, ils se mettent aux voitures électriques. Enfin, ils se mettent.
Est-ce que vous téléphonez à Marine Tondulier ? Vous lui parlez souvent ?
On se parle, bien sûr. On a un désaccord assez lourd sur la ligne politique, mais on n'a pas de problème personnel.
Merci beaucoup, Yannick Zadot. Merci, Nathalie. Merci.
Yannick Jadot