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Audition parlementaireBFM TV (sur YouTube)· 9 avril 2025 78 minContradictoireFond programmatiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & électionsJustice

🟡 Situation internationale: suivez l'audition de Dominique De Villepin par la commission des Affa...

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 15:01OuverteRéponse directe

    Vous mentionnez plusieurs risques géopolitiques. Pouvez-vous préciser les quatre principaux ?

  • 17:00OuverteRéponse directe

    Comment analysez-vous la situation française d'un point de vue ultramarin face aux nouveaux empires ?

  • 23:00RelanceRéponse partielle

    À quoi dites-vous précisément oui dans votre combat pour la démocratie et la République ?

  • 27:00OuverteRéponse directe

    Comment la France peut-elle défendre le multilatéralisme face à la politique américaine ?

  • 33:00OuverteRéponse directe

    Quelles priorités pour une France indépendante face à l'effondrement de la Pax americana ?

  • 39:00OuverteRéponse directe

    Comment la France peut-elle retrouver son influence dans le monde arabe et face à la Russie ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:30Dominique De VillepinChiffre
    « Nous sommes maintenant à des taux de droits de douane de 104 % pour la Chine. »
  • 3:00Dominique De VillepinFait
    « un responsable gouvernemental puisse s'inscrire dans un discours qui ne débouche pas sur une politique publique »
  • 4:00Dominique De VillepinFait
    « la notion de puissance, on voit bien qu'elle est à la fois un mot chargé de beaucoup de vanité »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

de gestion de la puissance avec un effacement des seuils de conflictualité. Et cette marche vers la guerre hybride globale totale et bien tous les jours on voit qu'elle fait des pas plus importants. Le troisème risque, c'est celui de la prolifération nucléaire qui a été considérablement accru par la crise ukrainienne puisque la perception d'un manque de crédibilité des garanties de sécurité qui ont été offertes par le mémorandum de 1994 peut bien sûr inciter un certain nombre de puissances dans la planète à chercher la dissuasion par leur propre moyens.

C'est donc en matière de prolifération horizontale un pas en avant considérable. Le 4è risque, il faut malheureusement en reparler, c'est la résurgence d'un terrorisme structurel ou conjoncturel. Dans un monde disloqué, les marges deviennent des foyers d'opportunisme violents, qu'il s'agisse d'acteurs non étatique ou semi-étque.

Euh le terrorisme, loin d'avoir disparu, change de forme toujours. Il est à la fois plus diffus, plus stratégique, parfois même adossé à des logiques étatiques indirectes. Il faut donc là aussi parer à à tous les toutes ces menaces qui s'accumulent.

Dernier élément, c'est le risque de voir un effacement progressif de la démocratie telle que nous la considérons qui est miné par la question identitaire et ne vous a pas échappé en regardant l'évolution du modèle américain que la question identitaire a été la clé du triomphe de Donald Trump. C'est en appuyant sur la question identitaire. certainement pas en promettant des politiques publiques raisonnées, c'est en promettant d'agir sur cette question identitaire, tout en prétendant régler la guerre culturelle auquelle faisait face les États-Unis depuis déjà un certain nombre d'années.

Mais cette instrumentalisation de l'identité conduit inévitablement à à un nouveau risque pour nos modèles démocratiques. le risque d'une gouvernance sans citoyenneté, d'un pouvoir réduit à une représentation contestée et d'un dial et d'un dialogue public fragilisé par la fatigue civique. Dans cette nouvelle logique impériale, il y a une question qui se pose immédiatement pour nous, c'est la question du commerce international.

Donc je l'aborderai en priorité avec déjà les débuts d'une escalade. On le voit en ce qui concerne la Chine qui a choisi de répondre avec vigueur rendant coup pour coup aux hausses américaines. Nous sommes maintenant à des taux de droits de douane de 104 % pour la Chine et se pose donc la question de savoir ce que nous allons faire nous-mêmes.

L'Union européenne a choisi la patience. Elle doit être capable de mobiliser tous les outils qui sont les siens et ils sont nombreux qu'ils soient de l'ordre tarifaire ou non tarifaire qu'il s'agisse des services financiers ou des services numériques. Et il y a par ailleurs le fameux instrument anticoercition qui s'ajoute à la panoplie des des différents outils possibles.

La stratégie de la Roste graduée me paraît, c'est ma conviction, la plus adéquate dans la mesure où nous savons que la hausse des droits de douane impacte au premier chef les consommateurs. C'est donc les consommateurs américains qui vont être les premiers touchés par les décisions de Donald Trump. Et dans la ROST que nous pourrions engager, ce sont les consommateurs européens qui seront les plus touchés, même s'ils seront moins touchés que ne le seraient également les consommateurs américains.

Donc nous avons euh n'avons pas intérêt à rentrer dans une escalade où nous serions perdants. Je crois que une nouvelle fois, comme le fait la culture européenne s'inspirant d'Ulis contre Achil, la ruse paraît plus adaptée et nous avons un certain nombre de dispositifs, je pense en particulier à ce dispositif avancé par un certain nombre d'experts concernant l'Union européenne qui pourrait écarter les entreprises américaines de ces offres publiques qui nous préservent de cette logique d'escalade et d'engrenage. La gradation de notre réponse devrait prendre en compte la différenciation des différentes hausses.

Il y a une première hausse qui est la hausse universelle de 10 % qui a pour but de réduire l'impôt aux États-Unis. Il y a une deuxième tranche, les 20 % qui nous concernent, les 34 % qui concernent les Chinois qui eux ont pour but de réindustrialiser les États-Unis. C'est la partie qu'il faut prendre le plus au sérieux et qu'il faut traiter la plus directement.

Mais il y a une troisème tranche qui est celle qui vise pour les États-Unis à réduire euh leur déficit commercial et qui a pour but aussi d'entraîner la baisse du dollar, la baisse des prix du pétrole et de rendre donc l'économie américaine plus compétitive. Dans ce domaine, on voit bien à quel point il est important que la coordination et l'unité des Européens soient défendue. Madame Mélonie sera aux États-Unis dans les prochains jours.

Rien ne serait pire que de voir les Européens négocier en ordre dispersé. Ce qui permettrait évidemment aux Américains de diviser les Européens à bon compte, sachant que les positions sont assez différentes selon qu'on est allemand, français ou italien et qu'il y a donc de la marge pour les Américains à jouer entre les uns et les autres. Le deuxième enjeu stratégique pour l'Europe aujourd'hui, c'est l'enjeu de la nouvelle architecture de sécurité et de défense dans un contexte où l'héritage français nous place dans une position presque idéale à la suite des décisions du général de Gaulle puisque c'est une situation d'indépendance et de à disposition d'outils d'instruments à commencer par la force de dissuasion qui nous place dans une bonne position.

Je tiens de ce point de vue à saluer euh à la fois l'intuition et la ligne défendue par le président de la République concernant la défense d'une autonomie stratégique européenne. Je crois que c'est la bonne ligne. Aujourd'hui, les Européens commencent à comprendre la nécessité d'avancer dans ce sens et donc il importe d'être capable d'ouvrir deux chapitres complémentaires avec beaucoup de prudence et beaucoup de mesures. premier chapitre sur la une réflexion sur l'extension de notre protection nucléaire mais qui bien évidemment passe par une réflexion sur les intérêts vitaux mais qui ne doit pas modifier notre capacité à décider seul de l'emploi de la force.

Deuxème chapitre c'est une nouvelle politique de défense européenne. J'évoque rapidement deux points. C'est le premier point celui sur les opérations compte tenu du fait qu'il faut œuvrer à deux niveaux d'interopérabilité.

Le premier niveau de base, c'est celui entre les Européens et l'Alliance. Le deuxième niveau, c'est entre le pilier européen et les États-Unis avec la constitution d'une avant-garde européen. Car on voit bien que ce n'est qu'à quelques-uns qu'on pourra véritablement doter l'Europe d'un moteur crédible dans ce domaine avec le Royaume-Uni, avec d'autres pays en dehors de l'Union européenne, la Turquie ou la Norvège.

Deuxème dimension, c'est en matière d'équipement où nous devons être capable d'effectuer un partage du fardeau avec de grands choix collectifs. Je pense en particulier aux priorités dans le domaine du réarmement, la défense antiaérienne, les capacités aéronautiques, les capacités en matière de reconnaissance et de communication satellitaire. Donc on voit bien qui nous devons être capable de définir des projets et d'être crédible dans la mise en œuvre de ces projets.

Au-delà de ces différents enjeux, il y a je crois quatre principes qui doivent nous guider nous français dans la conduite de notre politique étrangère. Le premier principe, c'est un principe de continuité. Nous sommes dans un monde de sidération, d'effroid, de chaos.

Nous avons nous avons pu voir à quel point dans les dernières années le fait d'osciler, le fait de vouloir tantôt jouer une carte, tantôt une autre, lasse un peu nos partenaires comme nos adversaires et créent un trouble. Nous devons donc avoir de la constance et de la durée dans notre vision. C'est l'enjeu face à Donald Trump. euh on ne fait d'une manière générale souvent que réagir alors qu'il faudrait poser poser un cadre et définir des stratégies le plus possible avec les Européens.

De la même façon, il faut de la continuité, de l'engagement dans la gestion des crises. On on le voit à Gasal. Là aussi, nous avons adopté plusieurs tons, plusieurs stratégies.

Nous ne pouvons pas avoir sur des crises aussi graves un intérêt à éclipse qui alterne entre compassion, engagement et indifférence. Nous devons là aussi, si l'on veut, être efficace et peser véritablement être cohérent dans notre engagement. Troisièmement, il faut de la continuité dans la vision et les objectifs sur l'Ukraine.

Depuis 3 mois, on évoquait régulièrement l'idée d'un déploement de troupe au sol, d'un réarmement d'une économie de guerre. Tout ça paraît déjà quasiment des choses antiques dans le contexte de la nouvelle équation sur l'offensive commerciale américaine. Donc là encore, ne lâchons pas les fils que nous estimons devoir tenir.

Il faut de la cohérence et de la continuité. Le deuxième principe c'est celui d'unité. Il n'y a pas de politique étrangère sans l'unité du pays.

Et je vois avec inquiétude que le golo mitérerando chirakisme a malheureusement volé en éclat depuis 2007 pour laisser place à des séquences clignotantes et souvent un désaveux de notre diplomatie. En 2003, le message de la France était un message collectif multilatéral. Il faut garder les fondamentaux qui sont les nôtres.

Et de même au niveau européen, il faut chercher à embarquer tout le monde. On a bien vu qu'en cherchant à jouer les uns contre les autres ou à privilégier les uns et les autres, au bout du compte, nous étions perdants. Troisème principe fondamental, défendre notre souveraineté française et européenne en nous donnant les moyens sur le plan sécuritaire, économique et technologique de faire face aux nouveaux empires.

Quatrièmement, fidèle à notre exigence de défense de l'ordre international fondé sur les piliers de l'humanisme, de l'universalisme, du multilatéralisme contre les tentations qui sont devant nous, nous devons véritablement nous mobiliser pour revoir l'ordre de 1945, l'ordre de 91 qui se sont effondrés et il est dommage que la France n'ait pas pris le leadership de cette recomposition, de cette restructuration de l'ordre mondial. C'était, j'allais dire dans l'ordre des choses. C'était écrit, c'était fait pour c'était fait pour nous et c'était fait pour l'Europe.

Sachant que la France et l'Europe sont prises en étau entre la Chine et les États-Unis et que nous avons intérêt à redessiner cet ordre mondial en n'oubliant pas que dans ce contexte, le vivier, les partenaires privilégiés avec lesquels nous devons travailler, c'est bien sûr le sud global. On a beaucoup glosé sur l'existence ou la non existence de ce sud global. Ce sud global, on va le voir de plus en plus, il existe et l'Europe avec ce sud global doivent devenir les piliers d'un monde équilibré.

Je terminerai par quelques mots sur les deux principales crises qui nous préoccupent et il y en a bien d'autres en Afrique et ailleurs. Deux crises qui sont l'Ukraine et Gaza qui doivent nous conduire à marquer notre différence de français et d'Européens. Pour l'Ukraine, nous devons à mon sens avancer selon trois axes.

D'abord, affirmer notre soutien à l'Ukraine qui répond à une nécessité stratégique. Il y a bien une guerre d'agression auxquelles nous faisons face. Ce n'est pas un simple conflit territorial.

Cette agression remet en cause les fondements même de l'ordre international. Et face à cette entreprise de déstabilisation, la position de la France doit rester claire. Un soutien à l'Ukraine impératif, stratégique, politique et moral.

Il s'agit pas de faire une quelconque faveur à l'Ukraine. Euh, il s'agit d'apporter à l'Ukraine une aide militaire, industrielle, euh, diplomatique, humanitaire. Et parallèlement, nous devons avancer pour défendre l'idée d'une paix juste.

Deuxièmement, il faut un accord de paix qui ne peut être garanti sans la participation active de l'Ukraine et des Européens. Et de ce point de vue, je ne crois pas que la question de la paix puisse à aucun moment être confisquée par quelque puissance que ce soit. Ça veut dire que la France pourrait participer à un accord de cesser le feu ou de paix avec le Royaume-Uni, avec d'autres Européens, mais dans un cadre multilatéral, légitime, incluant l'Union européenne et avec une pleine participation aux discussions et la définition des termes de l'accord.

En revanche, il ne me paraît pas envisageable d'engager une présence militaire au sol en dehors de ce cadre multilatéral pour garantir un accord auquel nous n'aurions pas contribué. Une telle situation nous exposerait à la fois un engrenage militaire, nous placerait en situation de grande vulnérabilité vis-à-vis du pouvoir russe et ferait de la France, comme de toute force européenne, une variable d'ajustement dans le jeu stratégique entre les Américains et les Russes. Enfin, 3è axe, engager une refondation de l'architecture de sécurité européenne.

Cela concerne l'avenir de la sécurité collective en Europe et cela veut dire bien sûr une architecture crédible, coordonnée autonome, en coopération avec l'Ukraine et avec une capacité diplomatique et stratégique collective qui qui évite à l'Europe d'être marginalisé ou instrumentalisé par les grandes puissances. Deuxième crise, il s'agit il s'agit de donner une chance à la paix en reconstruisant le cadre politique face à ce qui ressemble chaque jour davantage, il faut le dire fortement, à une guerre sans fin. On ne voit plus aujourd'hui ni les objectifs militaires et bien évidemment certainement pas les objectifs politiques qui sont derrière la poursuite de cet engrenage.

Alors il ne faut pas accepter aucune forme d'ambigué face à ce qui se passe à Gaza. dans sa brudalité, dans son impasse, dans son extension, il est le résultat dans la période qui s'est ouverte après le 7 octobre d'une attaque terroriste du Hamas qu'il faut condamner sans ambiguïé et qui est aujourd'hui à la source d'une catastrophe humanitaire qui frappe des dizaines de milliers de civils et qui détruit les infrastructures. Et aujourd'hui, on le voit, ce conflit débord de Gaza touche l'Ass Jordanie, le sud du Liban, la Syrie, l'ensemble de la région et pourrait conduire à une escalade avec l'Iran.

Donc la poursuite de l'intervention israélienne dans ce contexte, en dehors de toute stratégie militaire et en l'absence de tout objectif politique autre que celui d'un départ des populations palestiniennes et d'un grignotage du territoire Gazaoui ne fait qu'acroître le drame humanitaire avec la reprise du blocus au mépris total des populations civiles et il faut le rappeler aussi de la vie des derniers otages. La seule issue crédible reste à mon sens la solution à deux états. Il s'agit de créer un état israélien et un état palestinien vivant côte à côte avec des garanties de sécurité, ce que ne cesse de rappeler la diplomatie française depuis longtemps.

Or, cette solution, elle est aujourd'hui activement contrecarrée par le gouvernement israélien et par l'administration américaine. Le plan Trump Riviera Gaza a servi de diversion utile. plan tout à fait farfelu qui envisage comme vous le savez la reconstruction d'un Gaza débarrassé de ses habitants, démilitarisé mais sans souveraineté réelle qui constitue donc une impasse à la fois moral et politique.

Il est ce plan d'autant plus utopique qu'il ne répond à aucune des revendications des Palestiniens. Il est dangereux car il est car il légitime le fait accompli et enterre la perspective d'un état et le droit d'une population à s'autodéterminer. et il est il est illégal également par le déplacement forcé de population entières.

Dans ce contexte, il y a deux questions à mon sens qui se posent. D'abord la question de la reconnaissance de l'État palestinien et le président de la République sur place et je salue cette visite auprès du maréchal El Siss du président égyptien avec le roi de Jordanie a pu mesurer en s'approchant de la région de Gaza à quel point le désastre humanitaire était important et à quel point aujourd'hui la véritable raison de ce désastre c'est l'engrenage de la violence et la seule issue pour empêcher cet engrenage de la violence et bien c'est de transformer cette violence en perspective politique et la seule perspective politique qu'on connaisse dans cette région c'est la reconnaissance de l'État palestinien qui réaffirmerait du droit du peuple palestinien à l'autodétermination qui redonnerait une légitimité politique à l'autorité palestinienne et qui ouvrirait la voie ou qui suivrait une conférence internationale. Vous savez que cette conférence elle est fixée pour le mois de juin dans le cadre de l'ONU.

Il y a donc aujourd'hui euh une perspective qui est ouverte, qui est malheureusement encore lointaine, mais qui est ouverte pour le mois de juin dans une conférence copilotée par l'Arabie Saoudite et la France. Euh en attendant, nous ne sommes pas sans capacité d'agir. Et là aussi, comme pour chaque crise, nous devons être capable de nous mobiliser avec fermeté et nous savons tous que nous disposons d'outils dans le cadre européen pour remettre les choses d'aplom s'agisse des leviers en matière de coopération comme l'accord d'association Union européenne Israël ou qu'il s'agisse de mesures spécifiques face à l'intensification de la politique de colonisation en si Jordanie.

J'ai été déjà trop long, monsieur le président. Donc je m'arrête là. Merci beaucoup.

Euh merci pour cette euh première euh intervention qui balaye un grand nombre de sujets. Beaucoup de questions que j'aurais à vous poser, mais vu le nombre de euh d'inscrits, je vais m'en m'en tenir à à donner la parole de façon à ce que chacun puisse s'exprimer. Vous allez voir une grande diversité bien évidemment euh de questions problématiques qui vont être abordées.

Le premier à intervenir pour la gauche démocrate et républicaine est monsieur Riman. Monsieur le député, c'est à vous. Ensuite, monsieur Sébastien Chenu et madame Marie-Aange Rousselot se prépare.

Merci monsieur le président. Bon, monsieur le Premier ministre, chers collègues, monsieur le premier ministre, vous soutenez à juste titre que partout des hommes des des formes impériales ressurgissent qu'ell soit politique, économique, technologique ou culturelle. Plusieurs grandes puissances sont en effet renoué depuis le début du 20e siècle avec une politique impérialiste.

L'exemple le plus frappant est bien sûr celui de la Russie qui a lancé une évasion totale sur l'Ukraine en 2022. Même si même si la Chine, la Turquie et bien sûr les États-Unis ne sont pas en reste. Le retour de ces postures impérialistes menace bien sûr la stabilité internationale et la négation de la souveraineté des États visés fait craindre la multiplication des conflits.

Dans le même temps, la crise démocratique et politique gagne du terrain dans plusieurs pays tandis que la gestion des finances publiques risque d'exacerber les tensions sociales déjà existantes. Dans réflexion sur les raisons qui ont mené à ce que vous désignez comme une bascule d'époque, vous mentionnez beaucoup d'éléments qui ont tout particulièrement raisonnés chez moi. Je pense notamment aux fractures sociales que vous soulevez la fin d'un idéal d'émancipation d'une dignité humaine mise à mal.

La montée du ressentiment de ceux qui voi les bénéfices de la mondialisation se concentrer toujours plus dans les mains d'une élite métropolitaine. Ces mots sont ceux qui sèment dans nos territoires ultramarin depuis la fin de l'ère coloniale et l'annonce toujours différé de l'impératif d'égalité effective entre tous les citoyens français. Nous incarnons à nous seul de par nos singularités les deux mondes que vous décrivez et qui se regardent. des sociétés qui vieillissent d'un côté, une jeunesse qui s'impatiente de l'autre.

Par contre, l'une comme l'autre est marquée par un non développement qui injecte méfiance et ressentiment au sein de la population. Mais l'une et l'autre sont trop souvent envisagés sous un prisme purement utilitaire et utilisatrice par la France qui les voit avant tout comme des relais de puissance et d'influence plutôt que comme des composantes de l'ensemble national. Au regard du contexte international actuel de la réorganisation du monde autour des nouveaux empires et des revendications territoriales récentes des États-Unis.

Comment analyseriez-vous la situation française d'un point de vue ultramarin ? Quel regard posez-vous sur l'attention qui pourrait animer plusieurs territoires d'outre mer de se tourner vers d'autres pays plus offrs que la France pour envisager leur développement économique et social ? Plus globalement, pensez-vous que la guerre commerciale et son escalade quotidienne ne sont qu'un prélude à une guerre cette fois-ci militaire ?

Le cas échéant, comment envisagez-vous la reconfiguration des alliances entre grandees puissances sur la scène internationale les pays du sud ? pourrait-il avoir un rôle de faiseur de roi ? Je vous remercie.

Merci monsieur le député. Monsieur de Villepin. Merci monsieur le député.

Vous avez raison de souligner dans ce monde fracturé et dominé par l'équation impériale l'importance du monde ultramarin pour la France. C'est pas seulement un élément de puissance, c'est un élément constitutif de notre puissance. Imaginez la France sans la capacité à maintenir cette unité nationale à travers le monde ultramarin serait véritablement rentrer dans ce que j'appellerais un autre pays.

Et c'est dire que nous avons à travers ce rayonnement euh mondial qu'offre à la France euh ce monde ultramarin euh à euh privilégier tout ce qui euh peut maintenir l'unité entre la métropole et euh ce monde ultramarin. Nous savons tous les mouvements qui ont agité diversement pour des raisons différentes à la fois statutaire mais aussi de coup de la vie un certain nombre de territoires. Il faut donc à chaque fois prendre la mesure de ces enjeux et être capable de faire en sorte que cette présence française à travers le monde qui nous donne la possibilité d'avoir la deuxème zone exclusive maritime mondiale, c'est dire à quel point cela compte pour la puissance française.

Mais au-delà de cela, j'ajouterai la composante humaine privilégiée que cela donne à la France. cette euh dimension euh euh de diversité française, cette div cette dimension euh d'universalisme français est un élément sur le plan de la représentation de la France et de la vision de la France dans le monde. Un élément de puissance et de rayonnement et de conviction dans la capacité que la France aujourd'hui par sa diplomatie a à convaincre un certain nombre d'États. cette prise en compte de la diversité est un élément majeur.

Donc je pense véritablement que il y a là des piliers fondamentaux dans la définition de de l'identité française qui doivent être défendu, soutenu et qu'à ce titre, il faut sur tous les fronts qu'il s'agisse des fronts économiques, de la question sociale, de la question de la sécurité à travers ces ce monde ultramarin doivent être pris en compte, accru, défendu. Donc là, je crois que oui, il y a il y a des ressources qui sont encore insuffisamment exploitées en terme politique et stratégique et nous devons chaque jour davantage prendre la mesure de ce que de ce que cela apporte, à quel point cela contribue à la France. Merci beaucoup pour votre question.

La parole à présent pour le Rassement national, monsieur Sébastien Chenu. Merci monsieur le président. Prenez le micro.

Oui. Merci monsieur le président. Monsieur le Premier ministre, dans votre exposé ce matin, mais aussi dans votre nouvel essai, dernier essai le pouvoir de dire non, vous proclamez mener un combat existentiel pour la démocratie et la République.

C'est une ambition que nous pouvons évidemment partager, mais à lire vos prises de position ou à écouter vos vos discours, une question demeure. À quoi précisément dites-vous oui ? Vous êtes de ceux, monsieur le premier ministre, qu'on peut qualifier d'insaisissable.

C'est plutôt une qualité d'ailleurs, en réalité. Ancien premier ministre de droite, applaudit aujourd'hui par la gauche radicale à la fête de l'huma, gauliste autoproclamé, révendu une Europe fédérale, patriote revendiqué, prompt a dénoncé l'unilatéralisme un peu américain, mais étonnamment discret sur l'activisme religieux, j'y reviendrai, et politique de certaines puissances du golfe. Euh l'ambiguïté semble être devenue finalement une marque de fabrique.

Vous plaidez pour une Europe indépendante, capable de dire non aux États-Unis, très bien. Et comment concilier cette exigence de souveraineté avec votre foi fédéraliste qui appelle à une Europe fiscalement harmonisée, politiquement unifié, autrement dit une Europe qui dissoute les souverainetés nationales. On est là plus proche de de l'or que de Gaulle.

Vous dénoncez avec vigueur, on l'a entendu ce matin, l'hystérie identitaire et les dérives d'une droite que vous jugez tenté par l'extrême. Vous affirmez lutter contre ceux qui érigeraient l'ordre en valeur suprême au détriment des libertés. Pourtant, cette dénonciation systématique semble frapper d'un étrange déséquilibre.

Là où vous condamnez l'unilatéralisme occidental, vous restez muet sur celui de puissances étrangères bien plus opaques, parfois théocratiques, qui pèse sur la France et l'Europe à coup de financement, de soft power ou d'influence communautaire. Vous nous dites, vous l'avez redit ce matin, refusez le glissement identitaire, mais en réalité, ne niez-vous pas l'angoisse identitaire réelle d'un peuple qui voit sa culture, son histoire, son mode de vie remis en question. Vous condamnez souvent d'ailleurs le Rassemblement national en excluant de fait des millions de Français qui votent pour lui.

Est-ce que c'est votre conception du pluralisme républicain ? L'unité dans l'effacement, la démocratie sans le peuple. Je note ne rien avoir entendu dans votre discours, monsieur le premier ministre, sur deux défis majeurs que représentent la crise migratoire actuelle et àir et l'islamisme conquérant ou lié au terrorisme que d'ailleurs vous n'avez lui-même pas qualifié.

Vous critiquez euh ce qui selon vous utilise des sujets comme l'immigration, le voile ou la mémoire de l'Algérie à des fins électoraliste. Mais ces sujets, n'est-ce pas, les laisser pourrir. Euh je conclurai, monsieur le premier ministre, en vous disant que pour nous, la France est une abstraction.

Elle attend qu'on cesse de parler d'elle au nom de la République, qu'on la protège comme vous avez d'ailleurs su le faire à certains moments de notre histoire. Merci monsieur le député. Monsieur de Villepin.

Merci infiniment monsieur le député. Je passe sur la foi fédéraliste et autres éléments qui ne correspondent pas à la vérité de l'engagement qui est le mien. Je crains que l'engagement qui est le mien ne soit pas trop clair.

Donc là encore sur l'ambivuité, je passe aussi. Mais j'en viens à ce qui constitue pour moi l'essentiel à la fois la question de la souveraineté, la question de l'identité. Sur la question de la souveraineté, il faut ouvrir les yeux et comprendre dans quel monde nous sommes.

J'empie un terme qui peut paraître un peu barbare qui est celui de l'hypercratie. L'hypercratie c'est quoi ? C'est un monde où la puissance est à ce point importante, sublimée, qu'elle en devient diffuse et qu'elle s'exprime sans respect pour les frontières et et l'intérieur et l'extérieur sont aujourd'hui mélangés.

C'est la caractéristique de notre monde. Vous pouvez rêver du monde ancien et et continuer à faire croire que l'on peut travailler dans ce monde ancien. Ce monde ancien, il a disparu.

Et aujourd'hui, nous sommes dans un monde où la souveraineté, si on veut, est efficace suppose que nous prenions toutes les composantes de cette souveraineté, c'est-à-dire bien sûr la souverainetéale nationale qui reste le pilier, mais la souveraineté nationale, elle est le point de départ de ce qui depuis 1648 constitue l'organisation de la société mondiale. Elle a donc considérablement évolué cette société mondiale et il faut y ajouter aujourd'hui la souveraineté des peuples, la souveraineté populaire qui constitue là encore un ensemble beaucoup plus vaste et il ne vous échappe pas que dans la relation que la France a l'Union européenne, c'est se donner plus de souveraineté que d'agir à travers l'Europe. Le levier d'Archimède comme je le dis dans le petit texte auquel vous faites référence et dont parlait le général de Gaulle peut devenir aussi pour nous français un bouclier d'Archimède.

Donc ne négligeons pas cette dimension qui peut être tout à fait utile dans la défense de la souveraineté. Et puis bien sûr parce qu'aujourd'hui c'est elle qui est menacée aussi beaucoup, c'est la souveraineté des individus. dans la philosophie contemporaine, elle occupe une place importante et il faut savoir la défendre en évitant que ces individus par la technologie, par l'idéologie ne soient réduit à des souris blanches à qui on met une électro une une électrode à la queue et qui au coup d'impulsion lèvent la main dans un sens ou dans un autre.

Donc vous voyez bien que la défense de la démocratie aujourd'hui passe par des souverainetés assumées. Le deuxième point c'est l'identité. Euh vous avez raison quand vous dites que on ne peut pas ignorer la peur et la colère de population de peuple sur un certain nombre de sujets.

Vous citez la question migratoire. Je suis sans fois d'accord. Simplement, il y a une chose, il y a il y a deux choses très différentes.

La première, c'est d'agiter la question identitaire sans apporter la moindre réponse à ses peurs et ses colères. Et la deuxième ce que suppose d'apporter des réponses sur les enjeux. Je pense à la question du voile, je pense à la question de l'immigration et nous voyons bien que ceux qui agitent le plus fortement ces questions identitaires ne veulent surtout pas apporter des réponses à travers les politiques publiques, c'est-à-dire n'intègre jamais d'autres réponses que la sortie de l'état de droit.

C'est-à-dire on change la loi, quand on peut pas changer la loi, on change la constitution. Quand on peut pas changer la constitution, on change la hiérarchie des normes, c'est-à-dire la surenchère. À partir de là, il n'y a pour le citoyen et pour la démocratie plus aucun contrôle sur les mesures qui sont proposées.

Donc moi, ce que je crois, c'est la nécessité de rester dans le cadre démocratique, de rester dans le cadre d'un état de droit qui n'est pas négociable au quotidien, contrairement à ce que nous a dit le ministre de l'intérieur encore il y a pas très longtemps. Et donc, je crois que ce cadre doit être respecté sur l'immigration. On le voit bien, il y a des solutions et certains pays y compris en Italie apportent des solutions et notamment par le biais de la diplomatie.

Malheureusement, c'est pas dans la surencher sécuritaire que se trouvent les réponses les plus efficaces, mais dans des politiques publiques structurées, organisées et républicaines. Merci. La parole à présent pour ensemble pour la République, madame Mariange Rousselot, vous avez la parole.

Prenez le prenez le micro, il est ouvert. Merci monsieur le président. Monsieur le Premier ministre, nous assistons aujourd'hui à une remise en cause alarmante du respect du droit international.

La guerre d'agression menée par la Russie en Ukraine, l'attitude de plus en plus coercitive de la Chine vis-à-vis de ses voisins ou encore les récentes menaces des États-Unis à l'encontre du Canada et du Groennland pourtant allié et souverain témoigne d'un basculement vers une logique de rapport de force où la loi du plus fort supplend celle du droit. Dans le même mouvement, c'est une certaine idée des relations diplomatiques qui vaillent. Celle fondée sur la prévisibilité, la loyauté entre partenaires, la réciprocité et la recherche d'équilibre.

Elle cède de la place à une pratique plus unilatérale, plus brutale où l'on peut d'un tweet ou d'un décret imposer des droits de douane à ses alliés comme à ses rivaux ou acter un désengagement massif du financement d'organisation internationale essentielle. Depuis plusieurs semaines, l'administration Trump annonce des coupes budgétaires drastiques visant de nombreuses organisations de coopération multilatérales et onusienne dont un certain nombre sont basés à Genève dans ma circonscription. Ces annonces ne sont pas de simple ajustement budgétaires.

Elles mettent en péril tout un écosystème et surtout des actions concrètes menées auprès des populations parmi les plus vulnérables. Il s'agit des programmes du haut- commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés, de l'Organisation internationale pour les migrations, de l'OMS, de l'ONUCIDA, du Global Fund ou de Gavi, l'alliance du vaccin. Les causes défendues par ces organisations sont vitales au sens où elles sauvent des millions de vies.

Le désengagement américain fait peser un risque réel d'affaiblissement durable de la voie multilatérale alors qu'elle nous est plus que jamais nécessaire. La pandémie de Covid-19 nous l'a rappelé violemment. Les crises sanitaires ne connaissent pas de frontière.

Résistance antimicrobienne, régurgence de maladies que l'on croyait disparu, effet sanitaire du dérèglement climatique. Tous ces défis appellent une réponse globale concertée et coordonné. Monsieur le Premier ministre, vous avez souvent rappelé l'importance de la voix de la France et de l'Europe dans le monde.

Aujourd'hui, comment cette voix peut-elle se faire entendre pour défendre les fondements du multilatéralisme dans un monde de plus en plus polarisé et fragmenté ? Quelle stratégie pour que l'Europe assume pleinement son rôle dans la gouvernance internationale face à ceux qui cherchent à imposer la loi du plus fort au détriment du droit, du dialogue et de la solidarité ? Je vous remercie.

Merci madame député pour votre question monsieur le premier ministre. Merci beaucoup madame Lèv les députés. vous vous abordez un sujet que je considère tout à fait essentiel et qui a aujourd'hui une gravité exceptionnelle du fait même de la politique américaine démantelant l'US et adoptant une stratégie à nouveau très agressive vis-à-vis de l'ordre multilatéral.

Je crois qu'il faut prendre acte de cette position américaine. C'est pas la première fois ni la première administration qui s'en prend ainsi au multilatéralisme. Donc il faut véritablement en tirer les leçons et se poser la question aujourd'hui d'une reconstruction de ce multilatéralisme dans un nouveau cadre international.

Euh une majorité des États de la planète souhaitent vivre dans un monde organisé. Près de 85 % euh des États sont aujourd'hui dans ce souci. La France là encore a une occasion d'assumer un leadership avec les autres pays européens pour poser les bases de ce à quoi pourrait ressembler ce nouvel ordre mondial.

Sachant que il y a des grandes puissances y compris néoimpériales qui restent convaincu de la nécessité de cet ordre multilatéral. je pense en particulier à un pays comme la Chine et on voit l'engagement dans le domaine de l'écologie qui a été celui de la Chine au cours des dernières décennies avec des progrès très substantiels sur le terrain, même s'il reste parmi les principaux euh les principaux problèmes Oui. et fauteur de difficultés aujourd'hui dans le monde.

La responsabilité qui est la nôtre dans l'urgence, c'est d'abord de voir comment nous pouvons apporter une réponse avec les autres États de l'Union européenne à la coupure dans les budgets internationaux à la suite de la défection de l'USD. Là, il y a des réponses immédiates à apporter dans le secteur de la santé, dans le dans le secteur de l'éducation qui touche euh des malades à travers le monde, qui touchent euh des femmes, des enfants, des orphelins. Il y a là véritablement une mobilisation d'urgence et j'aimerais que l'Union européenne puisse décider rapidement de constituer une cellule de crise pour essayer de faire face dans l'urgence à et apporter une réponse à toutes ces organisations humanitaires dont beaucoup d'organisations européennes et françaises qui sont aujourd'hui dans le désarroi avec des dettes considérables qui parfois les menacent de mettre la clé sous la porte dans la reconstruction du multilatéral. isme.

Je crois que il y a un point de départ, c'est de retrouver une représentativité dans ce que doit être l'action mondiale. Nous ne pouvons pas avoir un conseil de sécurité qui laisse de côté un certain nombre des des grandes puissances mondiales ou des grands continents. L'Afrique qui n'est pas représenté, l'Amérique qui n'est pas représentée.

Donc il y a une question d'organisation, de structuration, il y a une révision nécessaire aussi en ce qui concerne les organisations du système de Breton Woods. On voit bien que le FMI, on voit bien que la Banque mondiale vivent selon les règles d'un ordre ancien, c'est-à-dire d'un ordre occidental. L'Europe s'honorerait et la France s'honorerait également à prendre le lead dans un monde où nous affirmerions que l'idée de partenariat entre l'Europe et le reste du monde puisse se faire sur une base d'égalité.

On voit bien que nous nous sommes recroquvillés depuis trop longtemps avec depuis 2007 des dérapages constants sur cette idée d'Occident. Euh cet occidentalisme qui a conduit par ailleurs au militarisme et au moralisme euh à détourner la diplomatie française et la diplomatie européenne euh de leurs objectifs et a fait perdre énormément de crédibilité euh à la France sur la scène internationale. Donc je pense que cela fait partie euh des enjeux majeurs.

Il y a un deuxième enjeu et je termine là-dessus, je le fais que le mentionner, c'est de revoir complètement nos politiques de développement. euh nos politiques de développement euh sont devenues de plus en plus euh réduites et euh elles sont de simples logique d'accompagnement. revenir à une logique de partenariat et de codéveloppement qui puisse véritablement nous permettre avec d'autres États européens de montrer des résultats.

Vous savez ce qui fait défaut sur la scène mondiale, c'est des politiques qui donnent des résultats et qui entraînent et créent un effet d'entraînement pour le reste de la communauté internationale. En Afrique, la logique du sous-poudrage qui consiste à distribuer et disperser quelques millions ici, quelques millions là, on le voit bien, bah ça fait pas la maille. Et donc il faut revenir à une stratégie qui nous permet véritablement de changer l'ordre des choses.

Merci. Je donne la parole à présent pour la France insoumise à monsieur Lien Tâché. Ensuite aurons le plaisir d'entendre monsieur Julien Goquel et monsieur Michel Herbillon.

Et ben c'est ce qu'on va je vous donne le micro tout de suite monsieur Tacher et je confirme que j'ai le plaisir bien évidemment mais je suis pas le seul de pouvoir vous écouter. Merci monsieur le président. Monsieur le premier ministre merci d'être parmi nous ce matin et merci à la commission d'organiser cette audition.

Vous venez de publier un texte dans lequel vous dites que le trumpisme n'est pas la cause mais la conséquence d'une crise beaucoup plus profonde de l'ordre international. Et à la France insoumise, nous partageons ce constat. Depuis que vous avez quitté vos fonctions, vous l'avez d'ailleurs rappelé ce matin, la France a en quelque sorte trompu avec la doctrine de nonalignement qui était celle du général de Gaulle et qui avait été prolongée en son temps par François Mitteran puis par Jacques Chirac.

En réintégrant notre pays au commandement intégré de l'OTAN, puis en violant le droit international pour répandre le chaos en Libye, Nicolas Sarkozi a en effet opéré un virage néoconservateur sans précédent. Son successeur François Hollande l' en quelque sorte prolongé à travers l'opération Barca au Mali que vous avez été avec Jean-Luc Mélenchon l'un des seuls à contesté et en refusant de reconnaître l'état de Palestine alors que sa majorité l'y invitait. Emmanuel Macron n'a pas non plus remis ce virage en question et au fond sa politique internationale a surtout été marquée par les voltef et l'inconstance.

Alors monsieur le premier ministre ma question est simple. Maintenant que le mythe de la Pax américana s'effondre pour de bon quelles sont selon vous les priorités pour retrouver la voie d'une France indépendante ? Quelle attitude la France devrait par exemple adopter face à la rivalité qui pourrait tourner au conflit entre les États-Unis et la Chine et qui sera sûrement la grande affaire de ce début de siècle ?

Alors que tout se passe aussi comme si le nord avait ses morts et le sud les sien. Quel rôle peut jouer la France dans cette situation ? De très nombreux États africains ont par exemple refusé de voter les résolutions condamnant l'agression de l'Ukraine par la Russie et bon nombre de pays occidentaux à commencé par nous ne reconnaissent toujours pas l'état de Palestine.

Que dire aussi des guerres qui ravagent le Soudan où la République du démocratique du Congo plus grand pays francophone au monde envahi par son voisin Randa dans la quasi indifférence. Avec mes collègues insoumis, nous sommes convaincus que la réponse française ne peut être le refuge dans un un occidentalisme étroit et béliciste dans lequel s'enferme d'ailleurs une très large part de la classe politique aujourd'hui dont vos anciens amis politiques. Pas plus d'ailleurs que de laisser monsieur Poutine prendre la tête de ce qu'il appelle désormais la majorité mondiale.

Donc monsieur le premier ministre, je vous le demande pour redevenir elle-même, à quoi la France doit-elle dire non ? Et a-t-elle encore selon vous quelque chose de singulier à dire au monde ? Et puisque vous êtes avec nous ce matin, comptez-vous vous-même jouer un rôle dans cette expression singulière de la France ?

Merci monsieur le le député. Les concepts qui font de la réflexion dans la vie internationale on ont vocation à évoluer en fonction des rapports de force qui déterminent cette équation stratégique internationale. Vous faites référence au concept de nonalignement qui lui-même fait référence à la situation qui était celle d'un monde qui était divisé en deux blocs à l'époque de la guerre froide.

Le monde a changé. et y compris le sud global a changé. Et aujourd'hui, la revendication de ce sud global, c'est moins le nonalignement que le multialignement.

Pourquoi ? Parce que dans un monde où les blocs entretiennent des relations complexes, la nécessité pour beaucoup de pays du sud, c'est d'optimiser leur relation avec l'ensemble des partenaires du monde et donc l'ensemble des blocs. Le multialignement qui est un concept qui est parti d'abord d'un pays comme l'Inde, il permet ou la Turquie qui l'applique également, il permet en permanence de jouer entre ces entre ces deux possibilités.

Le général de Gaulle, vous avez bien fait de le rappeler, lui euh se déterminait à partir de ce qu'il appelait une politique d'indépendance qui lui permettait de jouer de la bascule entre l'un et l'autre, mais sans jamais se mettre au-dessus du jeu, mais avec la volonté constamment de modifier le jeu. Donc, nous n'étions pas dans une logique, en tout cas dans une doctrine dont on peut dire strictement qu'elle serait ou qu'elle relèverait du nonalignement. Aujourd'hui, vous avez raison de le dire, nous retrouvons dans une équation entre la Chine et les États-Unis qui tous deux ont des ambitions internationales mais de nature différente.

Les États-Unis, c'est une logique de prédation parce qu'ils prennent en compte le fait que nous sommes dans une planète à ressources limitées et que nous sommes dans une planète où la bataille de la puissance est engagée. Il s'agit de savoir pour 2040 2050 quelle sera la première puissance mondiale et ils veulent considérer que cette puissance mondiale ne serait être autre que les États-Unis, c'est-à-dire une puissance qui soit véritablement capable de porter le leadership mondial et qu'une puissance non cauasienne comme la Chine ne serait pas capable de porter ce leadership mondial. Donc l'opposition, elle est frontale et on le voit sur la question des droits de douane, elle sera extraordinairement rude.

Nous face à cela, nous avons intérêt à rester fidèle à nos principes. Nos principes, c'est quoi ? le multilatéralisme, un universalisme.

Et nous voyons bien que aucune de ces deux zones, aucun de ces deux espaces ne répond absolument à ce que nous souhaitons. Et donc, il faut que nous soyons capables pragmatiquement d'utiliser les différents leviers qui sont aujourd'hui offerts à nous pour maximiser la défense de nos intérêts. Mais pour ça, il faut être lisible et cohérent.

Et vous avez eu raison de rappeler la nécessité face aux crises d'être dans la continuité de cette cohérence. Ce qui veut dire de refuser le depoid de mesure qui nous a fait tellement de mal au cours des dernières années parce que nous payons le prix de ce qui apparaît à beaucoup de pays du sud comme la marque d'une duplicité. Les deux pieds, les deux jambes sur lequelles nous devons avancer, je termine par là, c'est le droit international.

Vous l'avez rappelé, le droit international doit constituer notre référence. Il ne s'agit pas de considérer que la puissance c'est la possibilité de tout faire dans un illimitisme qui est aujourd'hui celui des Américains. Et le deuxème pilier, il est temps que la France y revienne, c'est l'exigence de justice.

Nous ne pouvons pas embarquer, nous ne pouvons pas convaincre et c'est une des raisons de la désaffection des Africains pour nous sans être respectueux et exemplaire sur la question de la justice. Et là, nous avons au Proche-Orient et dans d'autres régions la possibilité de reprendre langue, de recréer notre unité autour des ces principes fondamentaux qui permettent à la France effectivement de redevenir elle-même. Merci pour votre réponse.

Je note que n'avez pas pu pas eu le temps de répondre à la dernière question de monsieur Tacher, mais ce n'est pas le cadre bien évidemment de cette enceinte non plus. Euh la parole à présent pour les socialistes et apparentés à monsieur Julien Gokel. Je vous donne la parole.

Allez-y, prenez le micro, vous devez Ça y est, vous avez le micro. C'est bon, c'est bon. C'est bon, ça va mieux.

Monsieur le premier ministre, ce n'est pas tous les jours qu'un socialiste salue une personnalité plutôt éthique ta droite, mais vous avez incarné à un moment décisif de notre histoire diplomatique une certaine idée de la France sur la scène internationale. Une France indépendante, fidèle à ses valeurs, à ses principes, capable de porter une voix forte, singulière, cohérente et courageuse, notamment lors de votre discours à l'ONU en 2003 contre la guerre en Irak à une époque où les logiques impérialistes contribuaient déjà au désordre mondial. 20 ans plus tard, cette voix semble s'être affaiblie.

Monsieur le premier ministre, nous assistons à un recul de l'influence française dans de nombreuses régions du monde, y compris dans celle où nous étions historiquement bien implantés. Dans le monde arabe notamment, notre position est de plus en plus contestée. Là où la France incarnait une forme d'équilibre et de justice au proche- orient est aujourd'hui perçue comme étant-il quand elle n'est pas décrite en raison de prise de position changeante ayant embrouillé notre image à l'international.

Et avec l'Algérie, les revirements diplomatiques précipités depuis 2017 ont nuit à la construction d'une relation apaisée tournée vers l'avenir alors que l'histoire lit profondément nos deux pays. Les discours incantatoires et l'incapacité de la France à clarifier sa position ont contribué à affaiblir encore notre influence. Face à la Russie encore, la France a sans doute tardé à prendre la véritable mesure de la menace.

Les efforts de médiation ont pu sembler parfois déconnectés de la réalité stratégique au risque d'affaiblir notre crédibilité notamment auprès de nos partenaires européens, en particulier ceux de l'Europe de l'Est. Et quelle est aujourd'hui la voie de la France dans un monde où le commerce international est transformé en champ de bataille permanent par le néocolonialisme économique américain ? Comment se faire entendre lorsque les États-Unis relèvent leurs droits de douane à des niveaux sans précédents ?

Vous avez récemment parlé d'une diplomatie de la papouille, d'une stratégie du bisou pour qualifier l'approche française à l'égard de Donald Trump. Compte tenu de votre expérience et de votre connaissance intime de relations franco-américaine, votre analyse n'est pas de nature à nous à nous rassurer. Alors, monsieur le premier ministre, comment la France peut-elle à nouveau se faire entendre ?

Comment peut, pour emprunter votre expression, peut-elle réapprendre à dire non ? Non, à la logique transactionnelle qui régit pour certains les relations internationales, non à l'épuisement de la planète quand autres souhaitent déréguler nos normes. Non à la dérive autoritaire de certaines démocraties historiques.

Comment la France et notre vieux continent peuvent-il faire de ce nom un avantage sur le plan compétitif ? Enfin, le en même temps a pu être une méthode de gouvernance interne. Peut-elle en être appliquée en matière diplomatique sans que la France puisse paraître hésitante ou contradictoire sur la scène internationale ?

Je vous remercie pour vos éclairages. Merci monsieur le député. Monsieur le premier ministre.

Merci infiniment monsieur le député. Euh le défi, vous le rappelez, est immense. Le défi est immense parce qu'il s'agit à la fois d'inventer une nouvelle voie multilatérale avec l'ensemble des États qui sont aujourd'hui orphelins du système ancien et qui aspirent à cette refondation.

Et là encore, je crois que il appartient à la France, il appartient à l'Europe d'être véritablement chef de fil ou en tout cas de poser les bases eux-mêmes de ce que pourrait être une nouvelle société internationale euh qui euh se ferait très largement, même si la porte reste ouverte, très largement sans les États-Unis et sans les États qui ne souhaitent pas aujourd'hui avancer collectivement dans le casre de ce multilatéralisme. La deuxième exigence, me semble-t-il, c'est retrouver la capacité à faire sur le plan diplomatique. L'une des difficultés des dernières années, c'est le peu de capacité de peu de capacité qu'a eu la diplomatie à marquer des points sur un certain nombre de crises.

Une diplomatie, si elle ne permet pas de régler des grandes crises, et bien elle n'entraîne pas. et vous me permettrez de prendre quelques exemples sur un continent que j'affectionne particulièrement qui est l'Afrique pour montrer comment nous pourrions nous investir davantage sur les crises africaines. Je pense à un pays comme le Soudan qui est aujourd'hui la plus grande crise humanitaire mondiale où la France devrait davantage soutenir une médiation régionale forte portée par l'Union africaine accompagnée d'un plan humanitaire d'urgence. de la même façon euh en Éthiopie où le risque est encore grand de voir à la fois le conflit tigréen mais aussi le conflit lié à la volonté de l'Éthiopie d'avoir un accès à la mer et donc d'enflammer l'ensemble de la sous-région avec le Somaliland d'un côté mais aussi l'Égypte de l'autre.

Nous devons être capable d'accompagner, nous avons bonne relation avec euh le euh premier ministre éthiopien, accompagner là aussi un dialogue et bien sûr la République démocratique du Congo où la France doit soutenir le processus qui a été lancé par DEOA, proposer un mécanisme régional qui euh permette à la fois d'avancer dans la voie du désarmement, de la réintégration et renforcer la gouvernance des ressources naturelles. Enfin, et je termine par là, le Sahel reste emblématique d'un échec de la diplomatie française. C'est une région où nous avons perdu beaucoup de crédibilité et aujourd'hui où le s'affronte le libéralisme international contre l'islamisme transnational et qui a accouché d'une nouvelle force, ce qui montre à quel point les choses évoluent rapidement. une nouvelle force, c'est-à-dire un souverainisme national autoritaire après les six coups d'état qui ont frappé le Sahel, la transition brutale qui s'est opérée au Tchad.

Donc, il faut souligner aujourd'hui la convergence qui existe entre tous ces États qui euh crée une situation nouvelle et euh crée les conditions d'un combat plus violent que jamais, très déstabilisateur pour la sous-région sahélienne, mais aussi pour l'ensemble de l'Afrique. Et donc la problématique de la France doit être de faire face au nouveau souverainisme sahélien et africain qui est à la fois un dégagisme antifrançais et une aspiration à un état nation fort et fonctionnel. Il faut donc éviter la radicalisation et de ce point de vue-là, nous devons être pragmatique pour engager un dialogue que nous avons refusé à l'époque avec toutes les forces qui sont susceptibles de nous écouter et euh euh à partir de là nouer ce dialogue.

Il faut également euh éviter la possibilité de sortie de crise qui conduirait à une alliance ou à une fusion entre les forces souverainistes et les forces islamistes qui risquent de déstabiliser un peu plus cette région. Donc vous, on le voit, nous sommes à la fois dans une exigence de construction d'un nouvel ordre et en même temps dans la microchirurgie régionale qui doit nous permettre de penser les PLA et d'avancer en cicatrisant euh euh jour après jour euh le désordre mondial. Merci pour votre réponse.

Je dois quand même dire que sur la nombre de crise que vous avez cité, la diplomatie française est très présente sur la question de la RDC par exemple, sur la question du Soudan. La France a fait une grande conférence l'année dernière, elle est présente sur le terrain notamment avec les Imérats arabes unis. Donc il y a quand même des actions qui sont faites non pas publiquement mais sur le terrain la France envoie un grand nombre de diplomates.

Voilà. J'entends monsieur le président, il y aurait beaucoup à dire. J'entends j'entends je pas la diplomatie des conférences n'est pas toujours la diplomatie ce point mais je pas engager un débat bien sûr avec vous aujourd'hui dans le cadre et le temps qui nous est imparti pour la droite républicaine.

Je donne la parole à monsieur Michel Herbillon. C'est ça. C'est ce micro là.

C'est le bon micro. Euh monsieur le Premier ministre, merci de votre présence et de la vision que vous nous faites partager des relations internationales. Je voudrais revenir avec vous sur la relation de la France avec l'Algérie et je dans à laquelle nous uniss tant de liens historiques, culturels de longue date et je voudrais vous dire que dans ce cadre-là, nous nous sommes toujours parlé franchement, monsieur le Premier ministre, jeis assez sidéré pour reprendre un adjectif que vous utilisez souvent Quant à votre grande véhémence à l'égard du ministre de l'intérieur que vous donnez que vous accusez de donner un spectacle d'impuissance, de faire le show, je vous cite dans votre essai à défaut, ce n'est pas votre genre, à défaut d'obtenir des résultats tangibles contre la criminalité et le trafic de drogue.

Pire encore, vous l'accusez de participer à la logique d'enracinement, parfois xénophobe et cetera. J'arrête là les citations, elles sont nombreuses et je dois vous le dire, monsieur le premier ministre, je regrette que vous vous soyez inscrit dans cette charge dans les pas d'un de vos illustres prédécesseurs Taleran, qui indiquait que tout ce qui est excessif est insignifiant. Euh car cette charge, elle est non seulement contre le ministre de l'intérieur, mais elle est contre l'ensemble contre le premier ministre et contre l'ensemble du gouvernement qui a pris un certain nombre de décisions à la suite du comité interministériel sur l'immigration.

À la mi-mars, l'Algérie a refusé de réadmettre sur son territoire une soixantaine de leurs ressortissants étrangers les plus dangereux. Un pays avec qui nous entretenons une coopération migratoire. extrêmement dégradé puisque le taux d'exécution des EQTF est de seulement 7 %.

Depuis novembre dernier, notre compatriote Boem Sansal est détenuirement alors qu'il est lui-même âgé et gravement malade. Face cette situation, le ministre de l'intérieur a instauré un rapport de force. Il a exercé le pouvoir de dire non.

Non à la non application des accords de 94. Non à ce que reproduise une situation comme un mulose, monsieur le Premier ministre, où l'auteur de l'attentat avait été refusé 14 fois par l'Algérie. Non à ce que notre pays ne soit pas convenablement considéré et respecté car ceci est une exigence légitime de l'opinion de la majorité des Français, monsieur le Premier ministre.

Et vous êtes sensible évidemment à l'opinion. Alors, la critique est aisée. Je trouve plus.

La critique est aisée mais l'art est difficile et je vous ai entendu souvent dire cela et vous le savez en tant que premier ministre. Alors, dites-nous précisément et concrètement les solutions que vous préconisez pour, je vous cite, inventer des solutions dans notre relation avec l'Algérie. Merci monsieur le député.

Monsieur le Premier ministre. Merci. Merci monsieur le député.

Il ne s'agit en aucun cas pour moi de personnaliser une critique mais d'illustrer mais d'illustrer à travers la charge qui a été celle du ministre de l'intérieur sur cette question de l'Algérie de ZQTF le risque qu'il y a de l'engrenage et de la surenchère sur la question ou sur les questions identitaires. Car en effet euh nous avons pu le constater à plusieurs reprises lors des différents 20hures ou des différentes grandes émissions. Quand il s'agit pour un homme politique non pas d'apporter des réponses mais d'agiter des menaces, encore faut-il être sur son territoire, c'est-à-dire sur son portefeuille.

Et en l'occurrence, ce n'est pas le cas puisque cette question des relations avec l'Algérie, elle relève, on le sait bien, d'abord du qued d'ors et bien sûr sous l'égente. Donc on complique un peu plus les choses dans quelque chose qui doit être maîtrisé, construit et où on ne peut pas imaginer que dans un gouvernement comme le gouvernement français, on joue la stratégie du good cop. C'est pas à la hauteur d'un enjeu aussi important que les relations avec un pays comme l'Algérie.

Deuxièmement, ce que je critique, c'est qu'un responsable gouvernemental puisse s'inscrire dans un discours qui ne débouche pas sur une politique publique, qui est de son ressort, qu'il décide de mettre en avant et de prendre un certain nombre de mesures qui dépendent de son ministère en liaison avec le premier ministre. C'est une chose. En espérant qu'ils ont que cela permettra d'avoir des résultats.

Mais quand c'est purement virtuel, quand c'est purement spéculatif, ça ressemble à des menaces, ça ressemble à des chantages qui ne sont pas aussi véritablement les outils que nous devons utiliser avec un pays comme l'Algérie. Nous connaissons l'histoire, nous connaissons la complexité. Il y a donc un principe de responsabilité.

Face à cette crise algérienne, la première chose c'était de revenir de là d'un point de départ que nous n'aurions pas dû quitter, c'est-à-dire à un traitement normal d'indifférent avec un état comme l'Algérie. Et ça ça implique de rendre au qu d'orse et de rendre au président de la République la conduite de ces affaires. Deuxièmement, on constate un dysfonctionnement dans le domaine de la sécurité, un dysfonctionnement très grave, j'en conviens, et qui n'est pas acceptable en ce qui nous concerne.

Et il faut donc essayer de trouver les moyens d'y répondre. Comment y répondre ? Bien évidemment, c'est en prenant en compte l'ensemble des facteurs puisque nous sommes aujourd'hui dans une crise qui fait qu'il n'y a pas un différent mais tous les différents sont sur la table.

Donc, on ne peut pas séparer les questions de sécurité, des questions euh diplomatiques comme celles du Sara occidental, des questions de mémoire qui sont un enjeu euh récurrent dans la relation avec l'Algérie, des questions économiques euh qui sont en panne maintenant depuis un certain nombre de mois. Donc on voit bien qu'il faut une vision globale, une stratégie globale et ce n'est pas en appuyant sur la plie là où ça fait le plus mal et où là c'est un irritant qui mobilise les opinions publiques des deux côtés que l'on fera avancer les choses. C'est au contraire par la sérénité, par un traitement euh que nous pourrons le faire.

Et nous savons que tant sur l'immigration, évidemment nous sommes dépendants euh de la volonté des Algériens, mais c'est pas en euh tapant sur la table, en trépignant euh aux 20h ou ailleurs que nous arriverons à faire avancer les choses. Donc une fois de plus, une exigence de responsabilité et je pense qu'avec un peu d'expérience, n'importe quel responsable gouvernemental évitera ce type d'excès qui met une fois de plus non pas le ministre de l'intérieur dans une situation humiliante, mais qui met notre pays dans une situation embarrassante. Et moi ce que je n'ai pas admis, c'est que la France puisse être dans une situation embarrassante au mépris des procédures et des règles gouvernementales.

On a vu que le premier ministre avait été obligé de suivre parce qu'évidemment il tient la stabilité de son gouvernement et puis le président de la République fort heureusement a signé signaler la la fin de la récréation. C'est une heureuse chose et ce que je veux croire le chemin est encore difficile c'est que nous aurons le sang froid d'avancer pour trouver les réponses. Merci.

Merci. prendrez le micro demander la parole pour commenter s'il vous plaît je donne la parole à présent pour écologiste et social à madame Clémentine Hautin puis nous aurons ensuite les trois derniers représentants des groupes madame petit monsieur Laurent Mazori et monsieur Lunel Fuibert pour les indépendants. Madame Clémentine Autin c'est à vous.

Merci. Je voudrais d'abord saluer votre voix, monsieur de Villepin, qui est extrêmement précieuse parce qu'elle prend la mesure de la bascule du monde. et vous dire aussi qu'à titre personnel, je suis très heureuse de vous entendre aujourd'hui dans cette commission puisque mon premier engagement était contre la guerre en Irak en 1990 et et j'ai en mémoire votre discours aux Nations-Unies en 2003 qui fera date et qui devrait faire réfléchir l'ensemble de la commission sur les moments euh où on croit être dans le juste et où en fait on a une stratégie de court terme qui amène plus de mal qu'il ne résorbe les difficultés.

Euh dans votre texte sur The Continent, ce qui est très intéressant, c'est de voir comment vous êtes capable de nommer le mal, à savoir les néoimpérialismees, l'extractivisme, ce que vous appelez le capitalisme hybride. Et donc la question qui nous est posée, c'est de savoir comment faire face à ces nouveaux empires. Et ma première question est sur justement faut-il créer un petit Occident au fond, c'est-à-dire être dans une logique de puissance qui consisterait à montrer les muscles face à ceux qui montrent les muscles ou faut-il une a stratégie ?

Ce qui est évidemment plutôt mon point de vue, c'est et que je pense à la fois à l'échelle stratégique globale, géopolitique, mais aussi du point de vue commercial. D'ailleurs au fond, est-ce que l'enjeu est de gagner la guerre commerciale ou est-ce que l'enjeu est de sortir de la guerre commerciale par une nouvelle logique économique qui repose sur la coopération et sur la fin du grand déménagement du monde ? Donc je voudrais vous interroger d'abord sur quelques termes.

La notion de puissance qui me tarote depuis très longtemps. Est-ce que vous pensez qu'elle est toujours adaptée ? Est-ce qu'il faut que la France retrouve de la puissance ou de l'influence et de la grandeur par notre modèle, c'est-à-dire notre capacité à nous-même mettre en œuvre dans notre pays cette transition nécessaire, ce changement essentiel qui ne soit pas fondé sur la guerre des identités mais plutôt sur la relance de l'esprit public et qui soit capable d'assumer la transition écologique.

Donc premier terme, la notion de puissance. La deuxième c'est est c'est sur le sud global. Vous avez redit tout à l'heure que vous étiez favorable à cette alliance avec le sud global.

Alors c'est clair qu'on a perdu tellement de temps, hein. La Chine, elle elle s'est occupée des pays dit du sud global. Néanmoins, peut-on parler encore de sud global alors que on peut pas dire que l'Afrique du Sud ou le Brésil, c'est la même chose que l'Inde ?

Donc moi je ne crois pas je ne crois pas qu'il y ait encore d'Occident mais je ne crois pas que le la notion de su globale soit correcte. Et une dernière question sur l'autonomie de l'Union européenne, l'autonomie stratégique. Le problème devant lequel on est, c'est que il y a parlez de souveraineté mais où est la souveraineté européenne et comment faire avec Mélanie et Orban à l'intérieur de l'Union européenne ?

Merci pour vos questions. J'attire juste attention, je vais pas couper à à 230, je laisse un peu les expressions, mais le le décalage intervenant après intervenant fait que on en a jusqu'à 11h30 à mon avis au moins. Il y a 21 ou 22 intervenants inscrits ensuite.

Donc je demande vraiment de de rester dans le Espagne. Volonté de ma part de de brider les expressions mais c'est une discipline collective. Monsieur le premier ministre, votre réponse.

Merci madame la députée. Un petit Occident sûrement pas. Nous voyons d'ailleurs que dans la vision néo-impériale américaine pour un certain nombre de grands acteurs, l'objectif c'est de bien distinguer deux des Occidents, c'est-à-dire les États-Unis et la Russie avec une collusion qui est manifeste sur le plan civilisationnel et un troisème tout petit Occident que serait l'Europe vassalisée et dominée par le jeu des puissances.

Donc c'est pas l'objectif. L'objectif, c'est bien d'affirmer euh une vision euh qui est celle de l'Europe depuis toujours, riche de son expérience, à la fois humaniste et universaliste, en euh entraînant et en créant la possibilité d'une nouvelle dynamique internationale où l'Europe et la majorité des États dit du sud global pourrai constituer une nouvelle enceinte internationale avec de nouvelles règle du jeu, une nouvelle représentativité et ceci est d'autant plus impératif aujourd'hui que dans la relation que nous avons en matière commerciale avec la Chine, on voit bien que le risque de la guerre engagé par les Américains, c'est avoir en retour tous les produits qui ne sont pas acceptés par les Américains sur leur territoire venant de la Chine venir en Europe à très bas coup et on voit à quel point ça peut déstabiliser le marché européen. Donc de ce point de vue-là, il y a évidemment une négociation avec à la clé le fameux mot réciprocité qui doit être engagé extrêmement rapidement avec la Chine qui est un partenaire essentiel de la reconstruction d'un ordre international.

Alors puissance, vous avez raison de questionner le terme, d'autant plus que nous entrons dans un monde qui doit être aujourd'hui celui des limites. Donc la notion de puissance, on voit bien qu'elle est à la fois un mot chargé de beaucoup de vanité. Je l'avais dénoncé dès 2002.

Euh Bertrand Badi avait ajouté impuissance de la puissance. On le voit en matière de force militaires. Donc vous avez 100 fois raison.

Mais il faut se doter des leviers qui rendent euh à nos pays la possibilité à la fois d'être libre euh et d'être actif. Et pour ça, ça veut dire travailler à tous ces leviers de sécurité et de souveraineté qui sont des constituants de la puissance traditionnelle. Et une des composantes de cet équilibre indispensable, c'est bien sûr le levier écologique.

Nous voyons bien la tentation qui existe aujourd'hui compte tenu de l'accélération de la confrontation internationale, de passer par pertes et profit, de marginaliser l'enjeu écologique, ce serait totalement irresponsable. Et de ce point de vue-là, avec l'ensemble des pays de la planète, nous devons trouver la possibilité de réactiver une vision positive de cette écologie. En ce qui concerne le sud global, je crois que vous avez raison.

Il y a effectivement rien de commun entre un pays comme l'Inde, le pays comme l'Afrique du Sud et d'autres. Mais néanmoins, il y a un élément commun, c'est qu'aujourd'hui ce global, il l'a fait très largement sécession par rapport au monde occidental et il nourrit un ressentiment très profond. Et si nous n'y mettons pas fin par un changement de positionnement par rapport au su global, c'est-à-dire une capacité à engager un partenariat tout à fait audacieux, et bien nous retrouvons alors tout seul sur la scène mondiale, c'est-à-dire vassalisé par les États-Unis et par la confrontation avec la Chine et sans capacité d'appui sur le Moyen-Orient, l'Asie du Sud-Est, l'Afrique ou l'Amérique latine.

Cette compréhension du monde, elle suppose que nous soyons capables de développer les passerelles. Je termine d'un mot sur l'autonomie. Vous avez raison, l'autonomie stratégique, elle est très importante.

Que faire avec des pays comme la Hongrie, la Slovaquie ou voir l'Italie ? Je crois que cette unité, elle doit être posée sur le plan du respect des valeurs et en particulier de la démocratie et que peu à peu à travers l'évolution notamment d'une avant-garde européen, il doit être clair que ces pays ne peuvent pas participer à ce cheminement nouveau, donc seront nécessairement laissés de côté dans le cadre des avancées de l'Union européenne. Merci.

Je donne la parole à présent à madame Petit pour les démocrates. Madame la député, c'est à vous. Je vous donne le micro.

Président, monsieur le Premier ministre, je suis très honorée de vous interroger ce matin et je crois d'ailleurs que je ne suis pas la seule. Je je vois la la salle de commission quasiment pleine. Euh alors, probablement avez-vous déjà répondu, mais je vais je vais quand même dérouler ma question.

La rélection de Donald Trump le 5 novembre dernier à la présidence des États-Unis présageait des lendemains mouvementés sur la scène internationale. Mais à peine 3 mois après son investiture, il était difficile d'imaginer qu'elle provoquerait de tels et de si nombreux bouleversements. Comme vous l'avez indiqué récemment, nous ind nous assistons à un basculement historique du monde qui a des répercussions importantes sur l'Europe et la France en particulier à plusieurs niveaux.

Au niveau de la sécurité du vieux continent, près de 80 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la guerre est revenue aux portes de l'Europe le 24 février 2022 avec l'offensive de la Russie sur le territoire ukrainien. Une attaque qui constitue une menace pour tout le continent européen parce que rien ne dit que Vladimir Poutine n'a pas d'autres ambitions territoriales. Dans ce contexte, la nouvelle politique des États-Unis vis-à-vis de l'Ukraine a été symbolisée par l'humiliation infligée à Volodomir Zelenski il y a quelques semaines de cela à laquelle s'ajoute une proximité à géométrie variable entre le président des États-Unis et son homologue russe qui ne font que renforcer les menaces pour la sécurité de l'Europe. au niveau des démocraties européennes aussi, puisque l'administration Trump n'hésite pas à combattre les régimes qui ne correspondent pas à l'idée qu'elle se fait de la démocratie et de la liberté.

Nous avons vu récemment les interventions d'Elon Musk au Royaume-Uni en Allemagne et celle de JDV à Munich. Autre menace inquiétante venant d'un pays qui se présentait pourtant comme le défenseur du monde libre, la détermination de Donald Trump à vouloir conquérir le territoire danois du Groenland. Enfin, au niveau économique avec l'entrée en vigueur des droits de douane majoré de 20 % sur les marchandises exportées vers les États-Unis.

Face à tout ça, vous invitez donc la France et l'Europe à tirer les leçons de ce bouleversement afin de pouvoir défendre notre indépendance. Vous militez pour un réveil européen. Monsieur le Premier ministre, première question.

Quelle forme doit à votre sens prendre ce réveil ? vous parliez de défense européenne à côté de ce de ce côté militaire, vous parlez aussi d'un réveil économique. Donc, comment l'imaginez-vous ?

Et puis j'ai une petite question bonus parce que je sais que vous connaissez bien la Martinique. Donc, je vais plutôt orienter sur l'autre mè l'outre mer dans tout ça. D'après vous, quelle est la place des outresemères au sein de la diplomatie française ?

Je vous remercie. Merci monsieur le premier ministre. Une question sur les outreemères.

Donc, je sais pas si vous voulez développer de la même façon. Euh ben j'ai j'ai répondu déjà à la question euh de Mar. Oui oui oui oui, j'ai bien compris.

Je vous donne la parole. Merci infiniment. Euh dans la bataille impériale que nous voyons, vous avez à juste titre rappelé à quel point elle déstabilise le monde, madame la députée.

Et elle le déstabilise sur le plan économique et commercial. nous le vivons, elle le déstabilise sur le plan stratégique, elle le déstabilise sur le plan technologique où la course est engagée à une vassalisation accrue puisque la technologie permet aux États-Unis d'imaginer, comme pour la Chine d'ailleurs, la logique de l'interrupteur. C'est-à-dire qu'à un moment donné, la technologie devient tellement avancée, tellement sophistiquée qu'elle permet véritablement en jouant sur le bouton de maîtriser la la régulation mondiale.

Et puis il y a un dernier élément qui est central dans l'analyse que je fais, c'est la question idéologique. On voit bien que dans la bataille engagé par Donald Trump, cette question idéologique, elle est centrale et c'est pas un hasard si Donald Trump veut agir en liaison avec Elon Musk, monsieur Jans, sur les populismes européens, sur les extrêmes droites européennes en activant en permanence la question identitaire. Et c'est pour cela que je prends position de façon aussi forte sur la question identitaire parce que c'est un moyen de neutralisation de la démocratie libérale et je crois qu'il ne faut pas être dupe.

La bataille identitaire, elle est l'outil par lequel aujourd'hui les États-Unis veulent soumettre les démocraties. Partant d'un principe très simple. Soumettre un pays, vous pouvez le faire en déclarant la guerre.

Vous pouvez le faire en menant euh des embargots commerciaux ou des droits de douane augmentés, mais vous pouvez le faire aussi en changeant un régime politique à travers une élection. Et la bataille qui consiste à changer celui qui dirige le pays, elle atteint son sommet avec la l'hypothèse qui est la principale hypothèse russe en Ukraine qui consiste à simplement changer Volodimir Zelinski, ne rien changer d'autre et le tour est joué. Et bien la même chose pourrait avoir lieu en Allemagne, au Royaume-Uni ou en France à travers l'activation de cette question identitaire qui mobilise bien évidemment le refus populiste.

Et à partir de là, vous tenez dans votre main l'ensemble de ces États qui obéissent à cette logique impériale de la façon la plus claire. Donc je pense que il faut que ni les droites ni les extrêmes droites, pas plus que toute forme d'extrême, ne tombent dans le panneau et comprennent que derrière l'activation de ce logiciel identitaire et on voit bien le clavier qui va en France depuis le voile, l'immigration qui ne passerait pas par des réponses à travers les politiques publiques, mais qui passerait simplement par l'agitation de chiffon rouge conduisent à la division de la nation et à partir de là à la possibilité pour les États-Unis de tirer leur épingle du jeu. Je termine juste sur à quoi pour ressembler le réveil.

Réveil économique, vous l'avez dit, réveil en matière de souveraineté. Et de ce point de vue-là, il faut moins parler d'économie de guerre qui ne me paraît pas le sujet que de se doter de tous les outils de la souveraineté économique, de la souveraineté technologique qui permet à la France d'affirmer la ses intérêts avec des champions européens, avec une économie forte et désendetté. Donc là, il y a une bataille qu'il faut mener et qui est beaucoup plus large que la simple économie de guerre qui donne un côté passé et archaïque, même si bien évidemment il faut prendre le fait que la guerre est à nos portes.

Merci. La parole à présent pour liberté indépendant, outreem et territoire à monsieur Laurent Mazori. Monsieur le premier ministre, ma question portera spécifiquement sur la Chine que l'on a tendance à oublier en Europe et particulièrement en France avec tous les rembourdissements ératiques que nous impose monsieur Trump.

Pourtant, pourtant lesour sont toujours persécutés et enfermés dans des camps et je n'ose imaginer d'ailleurs le sort des 40 d'entre eux qui ont été expulsés vers la Chine par la Thaïlande fin février dernier. Pourtant, les Hong Konggais exilés en Grande-Bretagne s'inquiètent pour leur liberté et s'inquiètent de plus en plus pour leur sécurité du fait du projet d'une grande ambassade chinoise en plein cœur de Londres. Pourtant, Taïwan est toujours et de plus en plus menacé d'invasion par la Chine.

Par ailleurs, son meilleur allié. Les États-Unis ont décidé de la surtaxer elle-même de 32 % et Donald Trump la menace d'imposer des draps de douane allant jusqu'à 100 % sur les importation de semi-conducteurs en provenance de Lille. Sur le sujet des taxes, les États-Unis appliquent donc depuis cette nuit un taux de 104 % pour la Chine et Pékin a décidé de répondre à la phase précédente par un taux de 34 % entraînant justement l'escalade, exemple du puissant fond que ce que sont toujours les guerres de taux en matière de droite de douane aussi.

Que pensez-vous de cette escalade et quelles conséquences pourrait-elle avoir pour ces deux pays mais également pour Taiïwan et pour l'Europe ? Il semble notamment que madame Mursela Vanerleyen est appelé à éviter cette escalade lors d'un entretien téléphonique qu'elle a eu avec le premier ministre chinois Lik Yang et qu'elle est plaidée pour une résolution négociée de la solution actuelle. Ah bon ?

Qu'impliquerait un rapprochement de la Chine et de l'UE pour cette dernière ainsi que pour la France ? Enfin, comment la France peut-elle contribuer davantage à la protection des minorités persécutées par la Chine et menacé à l'extérieur ainsi que pour soutenir Taïwan qui a décidé pour le moment de ne pas imposer de droits de douane réciproques sur les importations américaines ? Je vous remercie.

Merci monsieur le député. La réponse monsieur de Vilpin. Merci monsieur le député.

La règle concernant la défense de nos valeurs et la défense des minorités doit rester la même pour notre diplomatie. C'est une exigence historique et de ce point de vue-là bien évidemment cela fait partie des combats et des nécessités de rappel permanent quand nous entrons en dialogue avec un état concerné qu'il s'agisse de la Chine, qu' s'agisse de l'Inde, qui s'agisse de n'importe quel état de la planète qui à un moment ou à un autre pour une raison ou pour une autre contrevient à ce que nous considérons comme central, c'est le respect des droits de l'homme et des valeurs démocratiques. En ce qui concerne l'escalade à laquelle nous assistons en matière de droit de douine, il y a un impératif qui est celui de trouver des alliés avec lesquels nous pourrons résister de la meilleure façon possible face à l'offensive commerciale américaine.

Il faut noter que les les États-Unis se retrouvent aujourd'hui face à la Chine dans une logique qui est inévitablement celle de l'escalade parce que il est hors de question compte tenu du positionnement chinois que la Chine cède un temps soit peu vis-à-vis des États-Unis. Donc nous avons en quelque sorte le laboratoire en matière d'escalade commerciale que nous offre la relation entre la Chine et les États-Unis. À noter que la Chine est en avance de ce point de vue-là et par rapport aux États-Unis et par rapport aux principaux pays du monde.

Pourquoi ? Parce que la Chine depuis 2013 quand la Chine a lancé sa grande politique de la ceinture et la route et depuis 2015 où la Chine a lancé son programme Made in China 2025, la Chine a pris conscience de ce phénomène nouveau qui est celui de la rareté des ressources mondiales. Et la Chine a anticipé par ses politiques cette nécessité qu'il y a de construire des réseaux qui permet de véritablement avoir prise sur l'ensemble du monde.

Et c'est pas un hasard si les nouvelles routes de la soie vont jusqu'en Afrique et jusqu'en Amérique latine. Aujourd'hui, l'influence de la Chine en Amérique latine est absolument incontournable. Donc nous avons besoin d'engager un dialogue comme français et comme européen avec la Chine qui a anticipé ce phénomène de rareté et qui a anticipé cette exigence Yeah.