EN DIRECT - Serge Papin est l'invité du Face à Face d'Apolline de Malherbe
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 30 %Défensif 25 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Ces aides seront-elles vraiment versées ? Question à Serge Papin.
- 0:07FerméeRéponse directe
Est-ce que ces aides seront vraiment perçues ?
- 1:00FerméeRéponse directe
Est-ce que ces cibles seront vraiment touchées ?
- 1:16OuverteRéponse directe
Êtes-vous satisfait ? Vous estimez que tout le monde en a pour ces difficultés ?
- 1:53RelanceRéponse partielle
Il va falloir que vous m'expliquez comment c'est très simple.
- 3:21RelanceRéponse partielle
Pourquoi c'est si compliqué ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:27Invité politiqueChiffre
« on passe de 20 centimes d'aide à 40 centimes. »
- 1:30Invité politiquePromesse
« on augmente le nombre d'ayants droit. »
- 1:40Invité politiqueChiffre
« Ça concerne 5 millions et demi, pratiquement 6 millions de Français versus 3 millions dans la première période. »
- 2:26Invité politiqueChiffre
« C'est 4000 et quelques pour un couple, 4030 précisément. »
- 2:40Invité politiqueFait
« Une fois qu'elles ont rentré les critères, c'est déclaratif, l'argent est versé à partir du mois d'octobre. »
- 3:35Invité politiqueFait
« Alors, il y a eu, l'administration a mis un petit peu de temps, c'est réglé. »
- 3:52Invité politiquePromesse
« Là, c'est versé là, dès la fin de ce mois. »
- 7:30Invité politiqueChiffre
« Ça coûte 1,4 milliard globalement qui sont financées. »
- 8:38Invité politiquePromesse
« Il va demander à sa ministre de l'énergie, Maude Bréjon, d'organiser un événement pour parler de la transparence, qui finance, à qui ça va, etc. »
- 11:54Invité politiqueFait
« Total, il vend le gasoil 2,25 aujourd'hui. »
- 12:02Invité politiqueChiffre
« Il doit faire 60% des volumes en France et il a 30% des stations-services. »
- 15:37Invité politiqueFait
« on est sur un prix, je l'ai redit, avec 2,25 chez Total, en moyenne, on est à 2,40 et avec le paquet d'aides, on fait baisser les choses. »
- 16:49Invité politiqueFait
« Il y en a eu en septembre. Parce que je vous rappelle qu'il y a du travail aussi qui se fait. »
- 17:03Invité politiqueChiffre
« plus 40 ou 50% de ventes de véhicules électriques. »
- 17:11Invité politiquePromesse
« On a mis en place le leasing social grâce aux 50 000 voitures. »
- 20:11Invité politiqueChiffre
« on n'a peut-être pas gagné la guerre mais on a une belle victoire parce qu'ils sont en chute en vente en France de 40% à peu près. »
- 20:26Invité politiqueFait
« C'est dû aux sanctions qui ont été portées par l'Europe et par la France. »
Temps de parole
- Serge Papin48 %
- Présentateur36 %
- ?7 %
- Invité3 %
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Ces gens particulièrement concernés par la crise du carburant, je lui poserai la question, Sophie Binet qui disait à l'instant que c'était une usine à gaz, est-ce le cas ? Et est-ce que ces aides seront vraiment versées ? Question à Serge Papin.
Votre rendez-vous avec le nouveau Mazda CX-6i, le nouveau SUV 100% électrique.
BFM première avec qui nous garde ? Spécialiste de la garde d'enfants après l'école et la crèche. Qui nous garde ? Garde les enfants, on détend les parous.
Il
est 8h29 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Serge Papin.
Bonjour à
Pauline. Vous êtes
le ministre en charge de tous ceux qui se lèvent tôt le matin et qui bossent particulièrement les PME, le commerce,
l
'artisanat, le tourisme et le pouvoir d'achat. Et qui souvent, et qui souvent doivent prendre leur voiture pour aller travailler. Bref, l'une des cibles de ces aides hier. Est-ce que ces cibles seront vraiment touchées ? Et surtout, est-ce que ces aides seront vraiment perçues ? Voilà parmi les questions que je voudrais vous poser ce matin. Essayons de tirer aussi les leçons de ce qui a été annoncé hier.
Vous
êtes satisfait ? Vous estimez que tout le monde en a pour ces difficultés ? Va réussir à être aidé ? Toutes les catégories ?
Alors écoutez, on augmente la somme.
Donc
on passe de 20 centimes d'aide à 40 centimes. Et on augmente le nombre d'ayants droit. Donc c'est 40 centimes quand même. Pour ceux qui effectivement travaillent, comme vous l'avez dit, il faut faire 30 kilomètres par jour. Ça concerne 5 millions et demi, pratiquement 6 millions de Français versus 3 millions dans la première période. Et tout le monde y a droit. C'est très simple. Alors je profite de votre antenne.
J'aime
beaucoup votre « c'est très simple ». Il va falloir
que vous m'expliquez comment c'est très simple. Parce qu'on part quand même d'un
constat. Vous dites que ça va concerner 5 millions, puisque la précédente
concernait
3.
Sauf que sur les 3 millions qu'il y avait droit, il n'y
en
a que 1,5 qui
l'ont demandé.
Voilà, parce qu'il y a eu aussi, je vous rappelle, on a pensé à un moment, sans doute, les Français qui auraient droit, on pensait que le conflit allait s'arrêter, parce que ce serait ça la vraie solution. Et après, il est reparti. Aujourd'hui, on ouvre jusqu'à ces 2050 pour une personne seule par mois qui a droit. C'est 4000 et quelques pour un couple, 4030 précisément. Donc ça veut dire que ces personnes, elles vont sur le site impôts.gouv, elles sont .fr. Une fois qu'elles ont rentré les critères, c'est déclaratif, l'argent est versé à partir du mois d'octobre. Ceux qui se sont inscrits sur la première période, ils auront le renouvellement automatique.
Donc c'est vraiment très simple, 40 centimes, c'est quand même pas rien. Les aides sont doublées, donc ça concerne un grand
nombre de Français. Vous dites que c'est hyper
simple, on y va, on clique et on y a droit.
C'est
déclaratif.
C'est déclaratif et en plus, c'est automatique. Une fois
que
vous êtes enregistré, et c'est jusqu'au mois de décembre, vous touchez les 100 euros. Et donc, voilà, en un clic, on peut être
sur le site. Alors moi, j'adorerais que ce soit
aussi simple que ce que vous nous dites. Mais vous l'avez peut-être vu, ce matin,
il
y a notamment dans le sud-ouest, en Occitanie, la fédération des transports routiers qui interpelle le gouvernement. Pourquoi ? Parce que les aides promises n'ont toujours pas été versées, celles d'il y a six mois.
Alors, il y a eu, l'administration a mis un petit peu de temps, c'est réglé. Donc elles vont être versées. C'est réglé. Vous nous dites
ce matin, c'est réglé. J
'ai eu une discussion avec mes collègues de Bercy sur ce sujet-là. C'est réglé, ça va être versé. Et donc,
il y a eu... Ça
va être versé quand ?
Là, c'est versé là, dès la fin de ce mois. C'est
-à-dire que c'est les aides d'urgence, c'est comme ça qu'on le rappelait, dans le mois de mai. Et maintenant que c'est en route,
certaines ne l'ont pas été spécifiquement les transports. Le reste, l'a été. Donc, une fois que, maintenant, les choses sont en route, ça va se
passer
d'une manière mécanique.
Mais pour qu
'on
puisse être sûr qu'on parle de quelque chose de concret,
c
'est-à-dire que, moi, je suis quand même frappée. On fait des promesses, mais si le sonant est trébuchant, il
n
'arrive jamais
dans la poche des Françaises, ça n'a aucun intérêt. Bien
sûr, mais il a fallu
un petit peu de temps. Mais vous nous dites ce matin, oui, elles
seront versées.
Et les aides de 40 centimes seront versées en octobre.
OK, en
octobre.
Et ceux qui se sont inscrits pendant la première période n'auront même pas besoin. Les 1,5
millions
qui sont inscrits quand l'aide était à 20 centimes, ils auront leurs aides renouvelées mécaniquement dans la version 2 à 40 centimes.
Il y a tous ces secteurs qui estiment avoir été abandonnés. Oui, les transporteurs routiers, mais vous dites ce matin, ça va être réglé. Les taxis, les auto-écoles, qu'est-ce que
vous leur dites à eux ?
Les transporteurs routiers, au passage, c'est que le carburant est ce qu'on appelle un pied de facture. Donc en principe, il y
a
une obligation à ce qu'il y ait une facturation supplémentaire s'il
y a
des coûts supplémentaires du gasoil. Je le dis parce que je me suis occupé de cette partie-là quand j'étais...
Alors oui, parce que pour ceux
qui ne l'auraient pas encore réalisé, vous étiez à ce micro dans votre précédente casquette, le patron des magasins U. Mais Serge Papin, ça veut dire qu'en fait, ce que vous dites, c'est qu'il va falloir répercuter aussi ces coûts sur... Ça
veut dire que la facture
du transporteur va augmenter et donc mécaniquement,
c'est de l'inflation.
Non, mais il y a des coûts qui vont être répercutés. Bien sûr, sur la logistique, les coûts de transport ont un peu augmenté.
Alors
on va y venir parce qu'évidemment, je vais vous interroger sur l'inflation puisque certains de vos ex-confrères de la grande distribution commencent à estimer qu'on va au-devant d'une inflation nette, voire même d'un chiffre, enfin de deux chiffres,
c'est ce que dit
le patron d'Intermarché. Je vais vous interroger sur l'inflation mais je voudrais qu'on reste précisément sur la question des aides au carburant. Je ne
sais
pas si vous avez vu ce que fait le Japon.
Je
me suis dit au fond, quand j'ai lu l'article de mes excellents confrères des Echos sur le Japon, je me suis dit mais en fait, comment c'est possible que nous, ce soit encore si compliqué ? Le Japon, ils ont décidé et ils ont aujourd'hui l'essence la moins chère de tous les pays du G7 et pourtant, ils sont 100% importateurs. Ils n'ont même pas un seul raffineur ou entreprise sur la péninsule du Japon. Et pourquoi ils sont moins chers ? Parce qu'ils ont décidé de bloquer les prix. Ils ne
sont
pas communistes les Japonais mais ils ont décidé de bloquer les prix en payant directement, notamment les raffineurs et les distributeurs, la différence. Au final, depuis le début de la crise,
ça
leur a coûté 6 milliards. Alors ok, 6 milliards c'est beaucoup, mais ça leur a coûté 6 milliards mais ça n'a freiné en rien ni la consommation ni la croissance. Et c'est surtout hyper visible, hyper simple.
Pourquoi nous
c'est si compliqué
? Non
mais bloquer les prix, c'est qu'ils financent le blocage.
D
'ailleurs soit vous bloquez
les prix... Ah non mais ils le financent en effet.
Oui alors c'est financé par l'État.
C'est l'État
qui paye directement la différence.
Non mais vous proposez, le Japon n'a pas l'économie la même que la nôtre, ça veut dire que là on paye par la dette. On est d'accord ?
C
'est-à-dire on demande aux contribuables de payer ce que le consommateur...
Enfin là vous allez en faire quand même de la dette aussi,
un peu moins.
Ah ben non, elle est financée cette dette. Là les 450 millions qui sont ceux, le coût des 40 centimes là, plus des aides ciblées, c'est financé par des dépenses moindres, notamment les dépenses de l'État. Ça coûte 1,4 milliard globalement qui sont financées. Donc là tout ce qu'on fait comme dette compte tenu des finances publiques, on ne
va
pas recréer en plus de la dette pour la laisser à qui la dette ? Aux successeurs, pour la laisser aux
contribuables, pour la laisser aux enfants. Si vous étiez
remarquable sur la dette, ça se saurait.
Attendez...
Non
mais la situation est quand même épouvantable.
Et elle est bien plus
épouvantable encore
que
vous n'aviez promis qu'elle le serait.
Non mais c
'est
pour ça qu'on fait du ciblage aux travailleurs. 40 centimes,
vous
vous rendez compte ? C'est quand même important comme aide pour ceux qui vont au travail. Je réponds à votre première question, qui est de dire qu'est-ce que vous faites pour ceux qui se lèvent le matin et qui prennent leur voiture ? Ben on fait 40 centimes.
Serge Papin, il y avait deux autres options, donc le blocage des prix,
je
viens d'en parler, la question de la baisse des taxes ou la baisse des CEE, c'est
-à
-dire des certificats d'économie d'énergie. L
'un
de vos anciens confrères, Michel-Édouard Leclerc, dit que
c
'est ça qu'il faut faire. C'est aussi la position de M. Retailleau. Suspendre, c'est 17 à 20 centimes par litre. Et ça, ça peut être suspendu du jour au lendemain, c'est sur décret. Ce qui finance la transition écologique, non ?
Non, je vais vous dire pourquoi. Bon, alors tous les débats sont bons. D'ailleurs, sur cette histoire des CEE, il faudrait qu'il y
ait
une opération de transparence. Je pense que le Premier ministre l'a souhaité. Il va demander à sa ministre de l'énergie, Maude Bréjon, d'organiser un événement pour parler de la transparence, qui finance, à qui ça va, etc.
Parce qu'on ne sait pas très bien où on sait 17 centimes. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est la Cour des comptes. La Cour des comptes qui dit que c'est une usine à gaz.
Il y
a
besoin de transparence. À quoi ça sert ? Aujourd'hui, c'est les énergies fossiles, donc le carburant, qui financent notre immunité, si je puis dire, aux futures crises, en développant l'usage à l'électrique. Je vais vous dire, il
y
a une usine ArcelorMittal, qui est à Dunkerque,
qui
est en cours de construction, qui va créer un four à arc électrique pour l'acier. Ces 50% c'est financé par les... Par
les certificats d'énergie. Vous
avez beaucoup d'auditeurs, ce sont des artisans, qui nous écoutent là ce matin. Eux,
ils
vont sur leur chantier. Qu'est
-ce
qu'ils vont faire sur leur chantier ? Ils vont mettre en place des pompes à chaleur. Comment sont aidés ces pompes à chaleur ? Par les C2E. Qu'est-ce que vous croyez ?
C
'est des devis qui ont été passés il y a trois mois, qui ont été acceptés. Ils vont mettre un mois de chantier. Et vous croyez qu'au claquement de doigts, on peut dire, on arrête. Si c'était aussi simple que ça, vous croyez qu'on ne l'aurait pas fait ? Alors moi, et Michel Édouard, qui dit, OK, on va arrêter les C2E, parce que ça va faire baisser un peu les prix des carburants. Pendant ce temps-là, il dit, on va monter des bornes sur les parkings, pour vendre de l'électricité aux voitures électriques, qui progressent de 40%, et je vendrais l'électricité moins chère. Comment est-ce qu'ils financent les bornes sur le parking ? Par les C2E. Donc il faut avoir conscience de tout ça.
Donc dire qu'on ait un débat sur les C2E, moi j'y suis favorable aussi. Le Premier ministre aussi, bien sûr. Mais qu'on dise, au claquement de doigts, on puisse l'arrêter par des grès, on ne peut pas. Voilà, c'est aussi simple que ça.
On ne peut pas, et je sens aussi chez vous, le fait de pointer du doigt, une forme d'hypocrisie de certains.
Bien sûr, parce qu'évidemment, il y a un côté démagogique à ça. Parce qu'on a besoin de financer les usages de l'électricité. Notre indépendance énergétique en dépend. Là, on vit une transition. Et s'il y a une vertu à cette crise, c'est qu'on est d'ailleurs le seul pays d'Europe à pouvoir le faire, parce qu'on produit suffisamment d'électricité. Donc il faut qu'on aille vers l'énergie électrique, pour les voitures, pour le chauffage, et pour les engins
de chantier, etc. Vous
promettez de faire toute la transparence sur la façon dont sont utilisées ces 17
à
20 centimes.
C
'est la Cour des comptes qui le demande. Et qui dit qu'au fond, tout ça est quand même une certaine usine à gaz et qu
'on
ne sait pas sur les 17 centimes ce qui va vraiment à la transition énergétique.
Je suis d'accord. Il faut qu
'on
mette en place une opération de transparence pour que tout le monde comprenne et qu'on ait conscience qu'on a besoin. Je rappelle que les C2E,
c
'est une contribution. Ce n
'est
pas une taxe. Une contribution qui est donnée. Donc le budget de l'État n'a rien à y voir.
Il
y a un autre point sur lequel on se demande de plus en plus s'il
y a
une vraie transparence. C'est sur la marge des raffineurs et notamment de Total. Est-ce que là, il y aura une mission flash qui va être à l'Assemblée nationale ? S'il y a trouvé de LFI qui va la mener. Mais du côté de LR et notamment des porte-parole de Bruno Rotaillot, ils disent exactement la même chose. Ils disent qu'il faut la transparence aussi sur les marges. Donc honnêtement, quand et LR et LFI se posent à peu près la même question, c
'est
peut
-être
qu
'il y a
un sujet quand même avec les marges de Total.
Non ?
Moi, je vais vous dire une chose. Total, il vend le gasoil 2,25 aujourd'hui. Il doit faire 60% des volumes en France et il a 30% des stations-services. Effectivement, il y
a
la queue chez Total. Moi, je lui dis, heureusement, on a la principale major d'Europe. Il n'y
en
a pas en Europe. Est-ce que Total ? Il faut, si Total, moi, ce que je souhaite, c'est que Total continue pendant cette période de crise à plafonner son prix à 2,25 pour le gasoil et 1,99 pour le sans-plomb. Et moi, ça me va. Et donc, d'ailleurs, au passage, le produit que fait Total, le bénéfice fait Total, il le fait sur le monde entier, il ne répercute ces 2,25 qu'en France. Donc moi,
je
suis ministre du pouvoir d'achat, ça me convient qu'on puisse trouver dans notre pays du carburant gasoil à 2,25
euros.
Donc,
je
n
'ai
pas envie d'embêter Total.
Ça, vous le dites en tant que ministre, comme vous dites, ministre du pouvoir d'achat, sauf que pendant longtemps, vous étiez de
l
'autre côté, je le disais, et du côté des distributeurs. Vous avez peut-être entendu Alexandre Bompard, votre ex-confrère, le patron des magasins Carrefour. Il était au micro de Maxime Switak hier soir. Il dit que Total déséquilibre le marché. Je le cite, c'est bien pour les Français, je ne suis pas dans le Total bashing, mais comme nous ne pouvons pas plafonner, il y a un déséquilibre du marché.
Oui, Total, je vais vous dire, il produit, il raffine, il distribue. Donc, il maîtrise l'ensemble de la filière. Il est le seul à pouvoir le faire. Alors, évidemment, moi, je souhaiterais si c'était possible que Total puisse vendre aussi assez, ce qu'on pourrait appeler des concurrents, qui puissent eux aussi faire le prix.
Mais c'est une
décision que
je ne vais pas prendre à la place.
Est-ce que ça, vous le lui avez demandé ? Parce qu'honnêtement, dans ces cas-là, ce serait juste. C'est
-à-dire de dire,
au fond,
ce que moi, je peux faire dans mes
stations, je vais en faire profiter mes confrères. Et donc, puisqu'il est à la fois en effet distributeur, mais aussi celui à qui les autres achètent l'essence.
Ça serait... Mais pour l'instant, Total, évidemment, on est dans une économie de marché. Et évidemment, il favorise son enseigne, sa marque, comme d'autres le font quand ils ont des produits qui
ne sont pas chers. Enfin, vous avez les moyens, j'allais
dire, vous avez les moyens aussi de le faire bouger, Total. Vous pouvez lui dire, écoutez, soit vous acceptez de vendre à vos concurrents l'essence au même prix que vous la vendez pour que les autres distributeurs puissent eux aussi retenir les prix, soit vous avez aussi les moyens de taxer les surprofits de Total.
Je n'ai pas
envie... Alors, il participe à la surindexation de l'IS Total.
Tout à fait. Moi, je
n
'ai
pas envie de menacer Total.
Enfin, oui, ils n'hésitent pas à le faire
avec vous.
Total ? Total, ils n'hésitent pas à
le faire.
M.
Pouyanné, régulièrement, fait quand même une forme de chantage en disant, écoutez, si jamais vous remettez une forme de fiscalité supplémentaire, j'arrêterai de plafonner.
Je ne sais
pas qui fait du chantage à
qui. Enfin, lui, il n'hésite pas.
Il dit Total qui remet les bénéfices en France du raffinage dans les prix bloqués à 2,25
euros.
Je rappelle qu'aujourd'hui, 2,25 euros, si vous prenez une aide de 40 centimes, on est d'accord, si vous allez chez Total, aujourd'hui, le gasoil, il est à 1,85
euros.
Voilà, et ça, moi, c'est quelque chose de factuel qui existe.
Et ça vous va. Serge Papin, sur la question des prix, on va en venir aux prix dans les rayons et de la question de la menace d'une inflation forte, mais déjà sur les prix du carburant, quand on est déjà à 2,40
euros
le gasoil, 2,20 euros pour le sans-plomb, est-ce que vous vous dites mécaniquement, ça va continuer à monter ou est-ce qu'on peut espérer qu'à un moment, ça se tasse, voire même ça baisse
? Vous
parlez des prix alimentaires, là
?
Non, là, je parle d'abord des prix à la pompe, mais je vais vous
interroger
aussi
sur les prix alimentaires. Des prix
à la pompe, ce qui serait formidable, c'est que les étroits d'Ormouz se
réouvrent. Oui, évidemment.
À aujourd'hui, on est sur un prix, je l'ai redit, avec 2,25 chez Total, en moyenne, on est à 2,40 et avec le paquet d'aides, on fait baisser les choses. Pour l'instant, la visibilité que l'on a, c'est que ça risque de durer au moins le mois qui vient. Une crise,
ça
se gère au moins le mois. Là, les aides qui sont prévues, c'est jusqu'au mois de décembre. Donc voilà, maintenant, rien n'indique, contrairement à ce qui se dit ici ou là, que le gasoil, un jour, va coûter 3 euros. Parce que ça, je l'entends ici ou là, rien n'indique ça. Pour l'instant, il est à 2,25 chez le distributeur le moins cher. Voilà. Et je pense que ça va rester comme ça.
Serge Pavin, ça a entraîné une baisse de la consommation. Les derniers chiffres sont abyssaux, moins 19% depuis le début du mois
de
consommation du carburant. Ça veut dire des déplacements en moins, ça veut dire des moments familiaux peut-être auxquels on renonce, ça veut dire parfois des soins. Voir même, et on en a de plus en plus le témoignage, des gens qui renoncent à aller bosser parce que ça leur coûte trop cher d'aller travailler.
Les 19%, c'est au mois de septembre. Moi, je vais vous parler de juillet et août quand les gens étaient en vacances.
En vacances pour ça. Il
n
'y a
pas eu de baisse de la consommation en juillet et août, d'accord ? Il y en a eu en septembre. Parce que je vous rappelle qu'il y a du travail aussi qui se fait. Il y a du covoiturage. C'est-à
-dire
que les gens s'organisent aussi. Je rappelle qu'il y a beaucoup de véhicules électriques qui sont vendus.
C
'est la preuve. Aujourd'hui, plus 40 ou 50% de ventes de véhicules électriques. On a mis en place le leasing social grâce aux 50 000 voitures. Donc à un moment, il ne
va
pas falloir être surpris. Il y a une baisse du carburant fossile parce qu'on développe l'énergie électrique. Donc il y a aussi cette mécanique qui va beaucoup plus vite. Et les choses
s'accélèrent. Et comme vous le
disiez, c'est peut-être le seul point vertueux de cette crise. Allons-nous vers un retour de l'inflation. Thierry Cotillard, le patron des magasins intermarchés, dit que tous les indicateurs, je le cite, sont dans le rouge et il n'exclut pas une inflation à deux chiffres.
Est
-ce que c'est
aussi... On ne
va
pas jouer à se faire peur tout le temps comme ça. Moi, je
ne
suis pas du tout d'accord avec cette vision des choses. Pour l'instant. Pourquoi il dit
ça ?
Je ne sais pas. Parce que probablement, il
est en train de préparer les négo. Les
négo qui s'ouvriront le 1er décembre. On est bien d'accord. Là, à l'heure où on se parle, c'est ça que je regarde moi, l'inflation est de moins de 1% dans les produits alimentaires. Et la conso alimentaire, elle tient. D'ailleurs, il y a eu un autre de ses collègues qui a parlé hier, vous parliez d'Alexandre Bompard, qui s'est exprimé, je crois, sur votre antenne hier soir.
Il
disait à peu près la même chose que moi dans ce domaine-là sur l'inflation.
C'est très intéressant ce que vous dites, quand même, Serge Papin.
Ça
veut dire, attention, quand chacun de ses grands patrons de la distribution s'exprime et vous êtes très bien placé pour le savoir parce que vous avez été à leur place. Il y a ce qu'ils disent pour les Français et il y a ce qu'ils disent pour alerter ceux avec qui ils vont être dans les négos, notamment les grands industriels de l'agroalimentaire avec qui ils vont négocier pour prévenir des
jeunes.
Oui, je trouve qu'il y a
l
'attaque de bonheur. Mais évidemment, il va y avoir toutes les négos. Alors bien sûr qu'il y
a
des choses dont il faudra tenir compte. Bien sûr qu'il y
a
des conséquences. Je vais vous dire, il y a des conséquences climatiques sur la
production
agricole. bien sûr qu'il y
a
des conséquences de ce côté-là. Parce
qu
'on a de l'autre côté quelqu'un comme Arnaud Rousseau, le patron de la FNSEA qui a ce même micro la semaine dernière disait il faudra accepter une petite inflation sur les produits alimentaires parce que ça ne
peut
pas se faire au détriment
des agriculteurs.
Petite inflation, ce n'est pas une inflation à
deux chiffres. ce n'est pas une inflation à deux chiffres. Donc il alerte
excessivement. Excessivement. Puis je vais vous dire, les agriculteurs, j'ai discuté avec eux, vous savez ce qu
'ils
disent ? Attention à ne pas trop parler d'inflation parce que ça casse l'image notamment dans les fruits et légumes. On se dit ça y
est
les fruits et légumes sont chers parce qu'il y
a
eu la sécheresse, etc. Alors que les agriculteurs, il y en a plein qui produisent quand même, pas tout à fait dans la même quantité. Mais ils ne voudraient pas que les produits soient condamnés à une mévente parce qu'on imagine que tout d'un coup tout a progressé. Moi je peux vous trouver, j'ai téléphoné à des magasins, il y
a
des produits de fruits et légumes qui sont moins chers que l'an dernier.
Qui sont moins chers que l'an dernier, c'est important de le dire. Allez-y, vous avez votre liste de course.
J'ai les prunes Renclaude qui sont moins chères. C'est le moment d'en acheter. J'ai les carottes qui sont moins chères à 1,35 et j'ai les petits marrons qui sont à 1,19 qui
sont moins chers. C'est le début de l'automne.
Le problème, c
'est
qu
'il
faut avoir le discernement.
D'accord, mais en tout cas ces produits-là sont moins chers que l'an dernier et c'est bon aussi de le noter. Un mot Serge Papin parce que je regardais les chiffres des ventes notamment de Chine. Je sais que c'était un de vos combats. Est
-ce
que vous estimez aujourd'hui l'avoir gagné
?
Écoutez, on n'a peut-être pas gagné la guerre mais on a une belle victoire parce qu'ils sont en chute en vente en France de 40% à peu près.
C
'est dû à quoi ? C
'est Chine, c
'est Tému,
c'est
Tému, AliExpress, etc. C'est dû aux sanctions qui ont été portées par l'Europe et par la France. Surtout
par l'Europe
parce que celles de la France ont été largement contournées. Mais enfin, ça donnait un signal.
Oui, et puis on est allé se battre à l'Europe pour qu'ils... C'est
pour ça que je dis que celles de
l
'Europe
ont eu une efficacité
et les nôtres
pas de grand-chose. Et puis, tout le déploiement qu'on a fait sur les petits colis, etc., ça compte aussi. Et puis, je vais vous dire, il y a un éveil des consciences. Moi, je suis content de ça parce que les gens voient bien que c'est des produits qui ne sont pas conformes vis-à-vis de notre code de la consommation dont certains sont dangereux. On va faire des prélèvements avec la DGCCRF, etc., qui contrôlent. À chaque fois, c
'est
les mêmes choses qui ressortent. Attention, ils ne sont pas conformes,
ils
sont dangereux. Donc, les gens... Vous
pensez que c
'est par prise de conscience et ce n
'est
pas parce que tout simplement, ils n'ont plus de sous et qu'ils sont obligés de renoncer à des
achats qui
peut-être n'étaient pas absolument nécessaires ? Oui.
Et
puis, il
y
a du Made in France actuellement qui est de plus en plus accessible. On a des industries françaises qui vendent du textile. Je pense au slip français. Je pense à des jeans qui sont faits à moins de 40 euros, etc. Donc, il y
a de nouveau un redémarrage. Il y
a un retournement un petit peu de situation.
Je vais vous laisser partir, Serge Papin, mais j'avais quand même une dernière question. Est-ce que le pape et Céline Dion vont sauver la France
?
En tous les cas, ça fait venir, moi qui suis ministre du tourisme, ça fait venir beaucoup de tourisme dans ce qu'on appelle les ailes de la saison, l'arrière-saison. C'est sûr qu'en termes d'événements, c'est quelque chose qui
contribue à l'attractivité. Vous avez des chiffres ? Vous avez pu regarder un peu ? Ah
oui, le mois de septembre en matière d'activité touristique singulièrement à Paris va très bien.
Merci beaucoup Serge Papin. Ministre des PME, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat. Vous dites ministre du pouvoir d'achat d'avoir répondu à mes questions. Il est 8h50 tout court d'ailleurs sur RMC et BFM TV. Et sur BFM TV, je continue à vous accompagner.
Je
vous accompagne jusqu'à 10h avec plaisir. On va d'abord revenir sur ces trous dans la raquette. La colère des agriculteurs ou des transporteurs routiers après l'annonce des nouvelles aides hier. Ils veulent se mobiliser. On verra comment. Même si peut-être auront-ils été un peu calmés par la promesse de Serge Papin à l'instant qui à mon micro disait que notamment les aides aux routiers allaient, oui, bel et bien, être versés dans les tout prochains jours. Et puis à deux jours de la venue du pape, Emmanuel Macron fait l'église buissonnière si vous pouvez me permettre cette expression parce qu'il n'ira pas à la messe ni samedi à la Concorde ni dans les autres messes du pape.
Et puis cette question qui va payer ? On y revient dans un instant sur BFM TV.
A
tout de suite.
C
'était votre rendez-vous avec le nouveau Mazda CXI quand l'art se met en mouvement.
C
'était BFM 1ère avec Qui nous garde ? Spécialiste de la garde d'enfants après l'école et la crèche. Qui nous garde ? Garde les
enfants, détend les parons.
De
vendredi à lundi, la France va vivre un événement exceptionnel. La visite du pape Léon XIV.
C'est un très grand honneur qu'ils viennent.
De Paris à Lourdes jusqu'à Metz, BFM TV déploie un dispositif exceptionnel pour vous faire vivre ces quatre jours au plus près du pape.
C'est maintenant que l'excitation prend une toute autre ampleur.
À
Paris, après une grande veillée de prière avec 80 000 jeunes au Stade de France, BFM TV sera en direct Place de la Concorde pour vous faire vivre la grande messe célébrée devant plus de 500 000 fidèles. Puis les équipes de BFM TV suivront le pape à Lourdes et à Metz au cœur des moments forts de sa visite. Envoyés spéciaux, directs et reportages, BFM TV sera au plus près de l'événement. Qui a il potere discatenare guerre chelga la pace. La visite du pape Léon XIV en France c'est à suivre en direct sur BFM TV.
Et
donc, les 60 euros, c'est pour moi. Oh bah dis donc !
Vous
êtes plutôt du genre
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vous
? Pardon
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Serge Papin