L'interview du député des Algériens de France en intégralité
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 69 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:19OuverteRéponse directe
Comment qualifiez-vous aujourd'hui la relation franco-algérienne ?
- 1:26RelanceRéponse partielle
Pour vous, l'explication de la situation actuelle est due à Bruno Retailleau ?
- 4:21OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez l'impression que la rupture est consommée avec la France côté algérien ?
- 5:36RelanceÉludée
Ces derniers temps, l'Algérie a refusé des ressortissants algériens malgré les documents en règle. Pourquoi ?
- 7:28OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce qui est reproché à Doualem, cet influenceur algérien ?
- 11:25OuverteRéponse directe
Abdelouad Diagoubi, qui doit changer de ton aujourd'hui d'après vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45Invité politiqueFait
« Monsieur Retailleau qui parle de l'Algérie matin, midi, soir. Il verse dans la confrontation. »
- 1:23Invité politiqueChiffre
« on a 30 vols quotidiens entre les deux capitales. »
- 2:00Invité politiqueFait
« l'Algérie est un pays indépendant maintenant »
- 2:21Invité politiqueFait
« l'Algérie c'est la France de Tamaracet à Dunkerque. »
- 3:34IntervenantFait
« je reconnais que le Maroc, l'État marocain, a un droit, la marocanité du Sahara occidental. »
- 6:34IntervenantFait
« le ministère de l'Intérieur français s'était mis en contravention »
- 6:57IntervenantFait
« la justice administrative française a reconnu qu'il n'y avait pas de caractère d'urgence. »
- 10:42IntervenantFait
« dans cette vidéo, il appelait ses concitoyens algériens à la violence contre un opposant politique. »
- 10:57IntervenantFait
« il cautionnait et légitimait les actes de torture qui seraient commis par les policiers algériens. »
- 16:41InvitéChiffre
« des réquisitions à dix ans de prison pour une des incriminations. »
Temps de parole
- Invité politique28 %
- Intervenant20 %
- Présentateur17 %
- Invité12 %
- Intervenant 28 %
- Intervenant 36 %
- Invité 26 %
- Invité 35 %
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– Viens de nous rejoindre, Abdelwab, Yagoubi, bonsoir. – Bonsoir. – Et soyez le bienvenu, vous êtes député algérien. Alexandra González nous accompagne aussi, bonsoir Alexandra. – Bonsoir. – Dans quelques instants on parlera de Doualem, l'un des influenceurs refoulés par l'Algérie en janvier, qui a été interpellé jeudi dans le sud de la France en vue de son expulsion vers l'Algérie. Monsieur le député, comment vous qualifiez aujourd'hui la relation franco-algérienne ?
– Déjà je vous remercie de me donner la parole sur ce dossier si sensible. Je crois que les relations entre les deux États doivent passer par la diplomatie et qu'on évite la provocation qu'on vit tous les jours avec Monsieur Retailleau qui parle de l'Algérie matin, midi, soir. Il verse dans la confrontation alors que nos deux pays ont une histoire singulière qui peut se construire sur un respect mutuel des deux États, un échange serein parce que ce qui lie nos deux peuples est très très important. Je crois qu'il n'y a pas deux pays dans le monde qui ont en fait un pont aérien, moi je viens de l'aéroport directement, on a 30 vols quotidiens entre les deux capitales.
– Pour vous la relation, l'explication de la situation actuelle, c'est dû à Bruno Retailleau pour vous ? – Je pense… – Pas du tout à la façon de faire des autorités algériennes qui renvoient systématiquement malgré les accords les ressortissants algériens qui devraient rentrer chez eux.
– On revient à l'histoire aussi. En fait, normalement, ce sujet doit être traité par la diplomatie française et heureusement que Monsieur Macron et Monsieur Barraud ont une approche plus mesurée que le ministre de l'Intérieur. Je rappelle que l'Algérie est un pays indépendant maintenant et donc toute déclaration du ministre de l'Intérieur pourrait être interprétée comme un avis néocolonialiste parce que ça rappelle la déclaration de François Mitterrand quand il a dit que l'Algérie c'est la France de Tamaracet à Dunkerque. Donc, je crois qu'il est temps de laisser les diplomates sages, sereins, travailler sur le dossier loin des déclarations médiatiques qui ajoutent l'huile sur le feu.
– Monsieur le député, permettez-moi un petit peu de vous contredire. – Oui. – Pour ce qui est de Bruno Retailleau, Bruno Retailleau ne s'est jamais émissé dans les affaires algériennes, jamais, jamais. Il a dit, voilà, nous avons un certain nombre de ressortissants algériens qui sont soit dans l'illégalité, soit qui ont commis des forfaits ou des délits en France et je veux les renvoyer dans leur pays. – Oui, permettez-moi. – C'est tout ce qu'il a dit.
– En revanche, là où le dossier, où je dirais, où le différent franco-algérien prend sa source, en dehors du passé historique qui est extrêmement chargé, c'est quand le président de la République française, parce que c'est de là que ça part vraiment, l'été dernier, décide d'un revirement d'une certaine façon diplomatique, mais il a le droit, on est un pays souverain aussi, la France. – Oui. – Et il dit, voilà, je reconnais que le Maroc, l'État marocain, a un droit, la marocanité du Sahara occidental.
Ce qui a fortement déplu à l'Algérie, puisque l'Algérie, pour des raisons aussi historiques sur lesquelles on ne va pas revenir, eh bien, estime que ce territoire, qui appartenait à l'Espagne jusqu'en 1975, ne doit pas être marocain. Et donc, ça a fâché l'Algérie, alors que le président Macron était plutôt dans une relation de réconciliation avec le président Tebboune, et ça a tout fracturé. Et à partir de là, il y a eu un enchaînement avec, il faut le dire quand même aussi, de la part de l'Algérie, la volonté de l'Algérie, pour montrer sa mauvaise humeur, de ne pas reprendre les ressortissants qui étaient jugés indésirables en France.
– M. le député, est-ce que vous avez l'impression, pour rebondir sur ce que dit Yves Tréard, que la rupture est consommée, avec la France côté algérien, qu'il y a plus qu'une brouille, une rupture aujourd'hui ?
– Oui, je crois qu'on est parti très très loin dans, en fait, cette relation, malheureusement. Ce que je voulais dire à M. Tréard, c'est que la question du Sahara occidental est une question qui est au niveau des Nations Unies. Donc les Nations Unies, c'est eux qui décident du sort du peuple sahraoui. Maintenant, pour revenir aux déclarations de M. Rotaillot, vous m'avez dit qu'ils ne s'immiscent pas dans les affaires intérieures. Je rappelle juste qu'il y a le principe de la territorialité de la loi. Donc la loi française, elle s'applique en France. En Algérie, il y a une loi algérienne. – Il y a des accords. – Il y a des accords, tout à fait.
Et dans les accords, il y a la protection consulaire. Il y a, donc, il faut que les consulats algériens s'assurent que les ressortissants algériens épuisent toutes les voies de recours. Donc on est obligé d'avoir le laissé passé. On ne peut pas envoyer des gens comme des colis.
– Ces derniers temps, l'Algérie a refusé des ressortissants algériens venant de France, malgré tous les documents, si je puis dire, en règle, qui étaient en la possession des autorités françaises. – Ce n'est pas avec des laissés passés consulaires. – Le renvoi est désormais systématique de la part de l'Algérie, comme une sanction. – Mais je suis… – Non, non, non, du tout. – Dans le cadre de ce qui semble être une noture.
– Non, non, je ne suis pas d'accord avec vous sur ce propos de sanction. Pour qu'une personne soit, donc, arrive expulsée en Algérie, elle doit avoir un laissé-passer consulaire. Il faut qu'on vérifie que la protection consulaire est faite et que la personne, elle a épuisé toutes les voies de recours dans le pays d'accueil. – C'est là… – Et ça a commencé avec l'affaire de Rouen-Main.
– C'est là où on peut considérer. – Oui. – Mais vu de l'Algérie, c'est ce qui a été dit, que le ministère de l'Intérieur français s'était mis en contravention parce que, par exemple, pour l'affaire de l'influenceur Doualem, – Oui, dont on va entendre la fille dans quelques instants, d'ailleurs. – Au tout début, enfin au tout début, il y a un mois, un mois et demi, il y a eu une procédure d'urgence qui a été enclenchée. – Par le ministre de l'Intérieur.
– Tout à fait.
– Et l'Algérie a estimé que ce n'était pas conforme à l'usage. – Exactement. – Et d'ailleurs, la justice administrative française a reconnu qu'il n'y avait pas de caractère d'urgence. Donc il s'est heurté non seulement au refus algérien, mais il s'est aussi heurté à la justice administrative française. Donc voilà, on peut effectivement ratiociner à l'envie, mais ce que je veux surtout dire, c'est que jamais Bruno Retailleau, dans les faits, si on s'en tient au fait, n'a tenu un propos sur les procédures algériennes.
– Puisque l'on parle de Doualem, de son vrai nom, Doualem Naaman, l'un des influenceurs refoulés par l'Algérie, en janvier interpellé jeudi à l'aube dans le sud de la France en vue de son expulsion vers l'Algérie. Maxime Wernstetter, bonsoir. Vous avez recueilli pour BFM TV, et en exclusivité, ce soir, les confidences de la fille de Doualem, c'est bien ça ?
– Oui, exactement, de la fille de Doualem Naaman, de son vrai nom. C'est la toute première fois qu'elle s'exprime. Au début, elle refusait absolument, et puis aujourd'hui, elle en a ressenti le besoin. C'était chez elle qu'était hébergée l'influenceur Doualem lorsque les policiers sont venus le chercher jeudi matin. Elle a vu ses 15 policiers rentrer, perquisitionner son domicile. Elle a voulu aujourd'hui prendre la parole. Elle nous a raconté qui est son père, au-delà de ce qu'on en sait de cette affaire. Elle a raconté que c'était un grand-père attentionné qui, à la base, faisait simplement des vidéos sur les réseaux sociaux à propos du football, dont elle ignorait la teneur.
Et puis, il y a eu cette vidéo, il y a eu cet emballement, puis le procès, puis qu'il a été placé en centre de rétention administrative, qu'il y est retourné. Et tout ça, elle le vit aujourd'hui extrêmement difficilement. Elle nous l'a raconté, écoutez-la.
J'espère de tout cœur que Rotaillot regardera ce que je dis aujourd'hui. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on joue avec la vie d'un homme qui a déjà tout perdu. Il a perdu son travail. Il a perdu sa dignité. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, mon père est un homme qu'on cible du doigt, qu'on a affiché impunément, sans mettre en avant la présomption d'innocence, bien avant qu'il soit jugé. Et ça, je remets la faute justement au maire de Montpellier, M. Delafosse, qui a fait ce signalement sans même attendre que la justice s'en mêle, ne serait-ce que pour les traductions. Et ça, c'est quelque chose que je prends à cœur parce que je suis Montpellieraine de souche.
Je contribue beaucoup au mouvement de ma ville. Et aujourd'hui, je trouve ça déplorable et scandaleux que la tête de mon père ait été affichée dans tous les journaux de Montpellier avec le titre « Appel au meurtre » sans avoir une décision de justice. Et à savoir, et c'est important de le dire, c'est que mon père, après ce lanceur d'alerte, s'est présenté, parce qu'il a toujours été présent à toutes ses convocations devant le juge, qui a jugé, au vu du profil de mon père, qu'il avait le droit d'être libre.
Elle nous l'assure, elle ne comprend pas son père. Pour elle, ce n'est pas un danger pour l'ordre public. Il est encore moins un agent d'Alger qui voudrait déstabiliser ou cibler des opposants au régime algérien. Pour elle, c'est simplement un homme qui s'est emporté sur les réseaux sociaux et qui n'en fera plus jamais. Aujourd'hui, ils sont dans l'attente. Elle l'a régulièrement au téléphone, son père du centre de rétention industrieuse, mais elle ne savent pas ce qui va se passer. Elle ne savent pas s'il va être finalement expulsé vers l'Algérie, si l'Algérie va l'accepter ou pas.
Elle nous assure que sa vie est en France et qu'en Algérie, il n'a que très peu de famille et même pas de domicile.
Merci Maxime, merci également à Vincent Gauthier qui nous accompagne à Montpellier. Alexandra, rappelez-nous ce qui est reproché à Doualem, c'est son surnom, cet influenceur algérien ?
Oui, alors Doualem qui faisait des vidéos sur les réseaux sociaux et dans l'une de ces vidéos qui avait été signalée, comme le disait sa fille, par le maire de Montpellier mais aussi par le préfet de Léros. C'est une chaîne qui est suivie par 168 000 personnes à ce moment-là au moment du signalement et d'après l'arrêté d'expulsion que BFM TV avait pu consulter, dans cette vidéo, il appelait ses concitoyens algériens à la violence contre un opposant politique au régime algérien dans cette même vidéo, toujours selon cet arrêté d'expulsion, il cautionnait et légitimait les actes de torture qui seraient commis par les policiers algériens envers ses opposants.
La justice est passée sur ces faits qu'il a admis en garde à vue et la justice l'a condamnée le 24 février dernier enfin le procès, pardon, avait lieu le 24 février, la justice l'a condamnée le 6 mars dernier à 5 mois de prison avec sursis pour provocation non suivie des faits à commettre un crime ou un délit.
Abdelouad Diagoubi, qui doit changer de ton aujourd'hui d'après vous ?
Les deux. Donc il y a deux parties. Je crois que du côté algérien, le président Tebboune a exprimé lors de son dernier entretien avec l'opinion une envie de reconstruire mais de rester aussi dans l'apaisement, dans le respect mutuel, dans le respect des deux États souverains. Les diplomates algériens et français des deux côtés essayent de dépasser en fait ces déclarations provocatrices et pour revenir aux influenceurs, je crois que les relations entre les États ne se font pas sur des propos des uns et des autres qui n'engagent qu'eux-mêmes. Malheureusement, les médias et donc les réseaux sociaux
l'emportent sur... Ce qui s'ensuit qui pose problème. Oui, mais là... Le cas de Doualem comme des autres, c'est le fait qu'ensuite, étant expulsé, il est renvoyé vers la France dans la foulée.
Oui, mais là, par exemple, la décision, normalement, je n'ai pas commenté les décisions de la justice. Mais là, dans le cas de l'espèce, le tribunal a déclaré qu'il n'a pas été suivi des faits. Donc on est en train de stigmatiser tous les Algériens de France pour des propos qui, en fin de compte, n'ont eu rien d'effet sur le terrain.
Yves, est-ce qu'Emmanuel Macron ne va pas finir par être gêné par la méthode Bruno Retailleau, qui est une volonté claire et assumée et soutenue par une majorité de Français dans des coudres avec l'Algérie
sur la scène publique ? Oui, je pense que c'est lui... Et non en coulisses. Je pense que vraiment, c'est les deux présidents qui ont la clé de la relation et la clé de la libération, d'abord, de Boilem Sansal, qui est tout à fait arbitrairement, il faut le dire, complètement arbitrairement retenu là-bas parce que, certes, il a contesté un pan historique. Il y a un débat sur le sud algérien. Est-ce que, historiquement, il appartenait au Maroc et tout ? C'est ce qu'il a contesté. C'est pour ça qu'il est aujourd'hui retenu en prison, Boilem Sansal, c'est parce qu'il a dit que le sud algérien, normalement, il aurait dû revenir au Maroc. Bon, très bien. Mais est-ce que ça, ça vaut de rester...
La vérité, c'est qu'il y a une brouille terrible entre les deux pays, que toutes les arguties judiciaires et tout ne tiennent pas debout. Sincèrement, ça ne tient absolument pas debout et que tout ça devrait se régler. J'interroge un changement de ton
du président de la République. Je vous laisse continuer, mais écoutons précisément Emmanuel Macron, Yves, en janvier, puis hier, sur le même sujet. Écoutez.
J'ai une pensée singulière pour un combattant de la liberté, écrivain, franco-algérien, qui est Boilem Sansal. Il est détenu de manière totalement arbitraire par les responsables algériens. L'Algérie que nous aimons tant et avec laquelle nous partageons tant d'enfants et tant d'histoires, entre dans une histoire qui la déshonore à empêcher un homme gravement malade de se soigner. Et ça n'est pas à la hauteur de ce qu'elle est. Et nous qui aimons le peuple algérien et son histoire, je demande instamment à son gouvernement de libérer Boilem Sansal. J'ai confiance dans le président Tebboune et sa clairvoyance pour savoir que tout ça n'est pas sérieux.
Et je souhaite qu'on puisse trouver une issue rapide à cette situation qui est une situation humaine, humanitaire et de dignité, de dignité pour tout le monde. Voilà. Je pense que c'est très important. Et c'est très important aussi pour l'Algérie.
Georges-Marc Médamou, bonsoir. Bonsoir. Bienvenue. Vous nous rejoignez un petit peu en retard. Donc voilà, je file droit vers vous. Il nous reste seulement quelques minutes. Je sais que le retard n'est pas de votre fait. Soyez le bienvenu. Vous êtes journaliste et essayiste. Vous avez collaboré à l'ouvrage collectif pour Boilem Sansal avec un chapitre intitulé de Camus à Sansal, le même procès. Allons droit au but. Quel message adressez-vous ce soir à la fois à l'Algérie mais aussi aux autorités françaises, la toile de fond étant ces tensions qu'on n'avait pas connues depuis très longtemps voire jamais entre la France et l'Algérie.
Ça fait quatre mois que ce très grand écrivain, vieil homme, pardon j'ai un peu perdu ma voix, atteint d'un cancer est emprisonné, embastillé. Ça ne se passe plus comme ça dans les civilisations occidentales. Donc on appelle dans ce comité avec une manifestation le 25 mars près de l'Assemblée nationale auquel se tourneront beaucoup de personnalités. On vient d'apprendre que le président Larcher et Mme Bonne-Pivet seront présents et beaucoup de politiques à la libération sans condition. Je n'en sais rien, je ne sais pas s'il faut la méthode douce, la méthode pas douce, je veux dire, il faut arrêter de se perdre dans ces choses byzantines.
La vie de Boilem Sansal est en danger, non pas parce qu'il a un cancer et qu'il est mal soigné ou pas soigné, on n'en sait rien, tant c'est opaque, mais parce qu'on vient de prendre aujourd'hui ou hier des réquisitions à dix ans de prison pour une des incriminations. Donc il y en aura peut-être d'autres. Ça équivaut à une condamnation à mort. Il y a deux scénarios, soit il est libéré très vite, soit il est condamné et le président Taboun dans sa bienveillance lui donnera une grâce qui serait pas mal, mais vite. Moi je ne veux pas rentrer dans des querelles byzantines, je me fous de la ligne Retailleau, de la ligne du ministre...
Vous n'avez pas l'impression que ça a une influence tout de même ?
Ça peut avoir une influence sur le sort de Boilem Sansal ?
Écoutez, s'il est condamné... La stratégie... Écoutez, il n'y a pas de stratégie. Il y a des gens qui disent « chut, il ne faut pas faire de vagues », il y a des gens qui disent « il faut cogner, moi je n'en sais rien ». Je sais que le pays d'Albert Camus, de Mouloud Ferraoun, de Katab Yassine, de Moabedib, de tous ces grands écrivains, ne doit pas embastiller un homme libre. Voilà. Et que le président de la République, visiblement, on n'y arrive pas. Donc on en appelle au président, on appelle à tout le monde, au président Tebboune, à qui vous voulez, pour qu'on libère Boilem Sansal qui est en danger de mort. Donc le 25 mars, dans la rue, tout simplement... À l'avant-veille
de la décision judiciaire le concernant en Algérie. Il sera fixé sur le confort le jour prochain.
On a été beaucoup joué quand la députée Constance Grip a fait voter une motion de soutien à Boilem Sansal que le Parti Socialiste, moi, LFI, ce n'est pas étonnant, ce soit abstenu. Le parti de François Mitterrand ne soutenant pas Boilem Sansal, c'est le comble pour une certaine gauche qui a refusé de se tourner vers ce grand écrivain et d'essayer de le sauver.
Merci. Merci à tous les cas. Sous-titrage Société Radio-Canada