Traversées illégales de la Manche: la prise de parole de Bruno Retailleau en intégralité
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Je pense qu'il était très important qu'elle puisse se rendre compte, par elle-même, du dispositif très important que la France déploie pour lutter contre l'immigration illégale. Et on a essayé ce matin, à travers un certain nombre d'illustrations, de présenter les différents moyens, chère Yvette, de lutte contre cette immigration. C'est une très grosse mobilisation de la part de la France qui donne des résultats, puisque sur les sept premières semaines de l'année 2025, les traversées réussies ont diminué de 41%. Et le nombre de migrants qui ont traversé sur ces sept premières semaines de 2025 ont diminué de 32%.
C'est donc le fruit de notre pleine mobilisation, de nos forces, qui sont toujours de plus en plus confrontées à la violence. Et je sais qu'Yvette a été très, très touchée par cette violence. Elle a d'ailleurs tenu à remercier nos forces de l'ordre, les gendarmes, les policiers, pour leur courage, pour leur bravoure, et aussi pour les vies qu'ils sauvent. Puisque, certes, ce sont des forces de maintien de l'ordre, mais ce maintien de l'ordre, précisément, aboutit à sauver des vies. Et je pense qu'il était important que nous le rappelions ce matin. La France tient donc ses engagements. Et je sais que le Royaume-Uni tient aussi ses engagements.
Je suis très, très heureux que nous ayons pu nous entendre, notamment pour porter des investissements immobiliers qui, pour nous, sont importants. Je pense au centre de rétention administratif de Dunkerque. La procédure a abouti. Et vous savez qu'en France, ce sont les procédures qui sont les plus longues. Les travaux vont beaucoup plus vite que les procédures. Mais voilà, cette phase-là a abouti. C'est une première chose. Nous avons trois projets aussi immobiliers qui concernent la gendarmerie nationale. sur le centre de soutien automobile à Nien, sur le centre de formation des réservistes à Calais, et sur la brigade de Zulicote.
Et un point qui était très important, on en a beaucoup parlé, chère Yvette, ces derniers jours, c'était le cantonnement de nos CRS. Parce qu'on ne peut pas accueillir de plus en plus de forces de l'ordre sans avoir les moyens de les loger correctement. Et en plus, c'est de bonne gestion puisque chaque année, on paye à peu près 11 millions d'euros de location. Lorsque nous aurons cet investissement, ça permettra de ne plus payer de location. Et ça nous permettra justement de faire autant d'économies. J'ai parlé des engagements français, du côté français. Je voudrais quand même les rappeler, puisque j'étais venu le 29 novembre dernier.
Et j'avais fait notamment devant les élus que je voudrais saluer. Ici, je vois le maire de la commune, que je veux saluer. Je vois aussi, il était là tout à l'heure, le sénateur qui ne doit pas être très très loin. Quelques maires aussi qui sont ici, je veux vraiment les saluer tous. Lorsque j'étais venu, en fait, je m'étais engagé sur trois points. Des moyens supplémentaires pour la sécurité du quotidien. Des moyens supplémentaires d'investigation, d'enquête, pour démanteler notamment dans la profondeur les filières. Et enfin, j'avais fait, là encore, j'avais pris des engagements pour la population vis-à-vis des agriculteurs, vis-à-vis du SDIS, des sapeurs-pompiers.
J'en parlerai dans quelques instants. Au total, en réalité, chaque jour, on mobilise 1200 effectifs. Et sur ces 1200, 730 sont financés par les accords de Sanders, par le Royaume-Uni. Donc, si je commence par la sécurité du quotidien, je vais être très précis, parce que je pense que c'est important pour qu'on puisse montrer que les annonces correspondent à la réalité. D'abord, il s'agit de la sécurisation dans les transports. J'y tenais beaucoup.
Et depuis le 31 janvier dernier, 32 policiers et bientôt 13 gendarmes vont pouvoir patrouiller, patrouillent déjà, et vont pouvoir patrouiller quotidiennement dans les transports des agglomérations de Calais, de Dunkerque, et dans les transports régionaux. S'agissant de la police aux frontières, j'avais annoncé 75 effectifs supplémentaires pour la PAF de Calais. Et ces effectifs sont déjà là. Ils sont arrivés depuis le 2 décembre dernier. Pendant la période estivale, dont on sait que c'est une période propice, notamment avec les fenêtres météo aux traversées, nous renforcerons nos dispositifs avec des compagnies de marche à hauteur de 75 effectifs supplémentaires.
Et je m'étais aussi engagé sur les renforcements des commissariats de Calais et de Dunkerque, qui sont dédiés à la lutte contre l'immigration clandestine. Et je veux là encore confirmer que 47 policiers adjoints seront bien déployés, très précisément 25 en mars, 8 en avril, 14 en mai. C'est une comptabilité précise. Donc ça, c'est le renforcement des moyens de la sécurité du quotidien. Ensuite, l'investigation. L'investigation, c'est fondamental parce que ça nous permet, dans la profondeur, de démanteler les filières de trafiquants de migrants. Et je m'étais engagé là aussi à renforcer les effectifs d'enquêteurs dans ce cadre-là. 14 enquêteurs supplémentaires pour le GAO de Dunkerque.
Le GAO, ça signifie groupe d'appui opérationnel, voilà, vont être affectés dans les tout prochains jours, au 1er mars. Et je veux annoncer que le chef du GAO sera d'ailleurs issu du RAID. Le RAID étant une unité d'élite d'intervention de la police nationale. Toujours en matière d'enquête, les capacités de l'ultime, l'office de lutte contre les trafics illicites de migrants vont être renforcés. Et à la même date, tout début du mois de mars, ce sera des enquêteurs supplémentaires, 6, sachant que par ailleurs, ils recevront le soutien complémentaire de l'unité nationale.
Et j'ai annoncé, il y a 3 semaines, la création, et j'ai présidé à la constitution du CERTIM, c'est la cellule d'échange de renseignements sur le trafic de migrants qui va être rattachée à l'ultime. Cette cellule, elle va réunir, pour l'ultime, l'ensemble de nos services de renseignement, du ministère de l'Intérieur, mais aussi de Bercy, voilà, des finances, et ce sera donc interministériel, et ce qui va nous permettre, là encore, d'avoir une action beaucoup plus efficace, parce qu'elle sera beaucoup plus globale, et parce qu'on va additionner l'ensemble des moyens de renseignement, y compris militaires, dédiés justement à la lutte contre le trafic d'immigrants.
Donc, premier bloc d'annonce, c'était la sécurité du quotidien. Ensuite, le dispositif d'enquête pour démanteler les filières, et enfin, vis-à-vis des élus, vis-à-vis des forces vives locales, je voudrais saluer le nouveau préfet délégué pour la défense et la sécurité, Vassin Lagoguet, qui, avec trois personnes, se tiendra auprès des élus pour les aider dans leur action quotidienne. Là encore, c'était un engagement que j'avais pris. Nous aurons un dispositif d'indemnisation qui sera proposé pour les agriculteurs, pour la part, non pris en compte par les assurantes. Et ce dispositif sera financé par des moyens uniquement français.
Et nous le proposerons, nous l'acterons, dans la prochaine loi de finances. Et enfin, je voudrais remercier le Royaume-Uni qui a accepté de prendre à sa charge les interventions du SDIS, du département, puisque j'avais rencontré le président du SDIS le 29 novembre, qui m'indiquait qu'environ 12% des interventions sont dédiées, très précisément, au sauvetage des migrants, soit en mer, soit à terre. Mais c'est 6756 migrants qui sont secourus. Et il n'était pas normal que la défense, la dépense afférente au sauvetage de ces migrants soit prise en compte par le département, par le SDIS. Et je remercie Yvette Cooper d'avoir accepté le principe de cette prise en charge.
Voilà ce que je voulais vous dire. Je terminerai peut-être pour indiquer que je considère, moi, que nous défendons pas seulement une frontière entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi une des frontières extérieures de l'Europe. 30% de l'immigration illégale de toute l'Europe, 30% des 27 États membres se retrouvent ici, sur cette côte du nord de la France. Il y a le Brexit, et malheureusement, aucun des mécanismes migratoires après le Brexit n'avait été reconstruit.
Donc, pour moi, c'est un chantier important qui progresse, mais sur lequel nous travaillons pour faire en sorte que demain, il puisse y avoir un cadre, des pistes de travail pour impliquer, là aussi, l'Union européenne dans la défense de cette frontière extérieure, sachant que le pacte, comme vous le savez, immigration-asile, va nous permettre de disposer de nouveaux outils pour la défense de nos frontières extérieures. Voilà ce que je voulais vous dire. Je suis très heureux d'accueillir Yvette ici, en France. Je suis très sensible à sa présence. Voilà.
De temps en temps, nos discussions sont un peu âpres dès qu'il s'agit d'argent, mais nous sommes d'accord sur les objectifs et nous parvenons toujours, au final, à nous entendre, ce qui est très bien. Voilà. Merci Yvette. Sous-titrage Société Radio-Canada
Bruno Retailleau